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ALAIN JEAN-MARIE
biguine reflections










BIGUINE REFLECTIONS
On imagine à l’avance la surprise et la joie que procurera cet album à tous les fervents du piano d’Alain Jean-Marie, qu’ils soient amateurs de jazz, de musique antillaise, ou des deux à la fois. C’est en effet un Alain Jean-Marie trop rarement entendu qui nous est ici présenté. Nous connaissons le pianiste accompagnateur, recherché par les plus prestigieux jazzmen américains en tournée à Paris. Nous connaissons le soliste, l’un des plus inspirés de la présente génération du jazz français, qui se produit régulièrement en trio ou en petite formation dans les clubs de la Capitale et dans de nombreux concerts en France et dans le monde. Mais cette aura de jazzman pourrait nous faire oublier qu’Alain Jean-Marie est antillais, profondément fidèle à ses racines. Et comment, pour un musicien antillais, affirmer cet attachement sans nous montrer sa conception de la biguine, figure de proue du patrimoine musical des Antilles Françaises ?

Pour élaborer ce disque, Alain Jean-Marie s’est livré à une véritable introspection sur la biguine. Il nous en dévoile un côté inexploré, par une approche personnelle et novatrice, il nous en donne une interprétation moderne qui en surprendra plus d’un. Par la même occasion, il rend hommage à ceux qui la firent progresser et avec qui il débuta sa carrière. Parmi eux, figurent en bonne place le saxophoniste Robert Mavounzy et le tromboniste Albert Lirvat, tous deux guadeloupéens. Sept des douze titres de cet album ont été créés et enregistrés par eux au début des années cinquante, dans ce style “wabap” qui bouscula les idées passéistes de la biguine et lui redonna une nouvelle jeunesse. C’est ce souffle avant-gardiste qu’Alain Jean-Marie nous restitue, travaillant son piano comme un or­chestre à sa manière inimitable, sans jamais trahir l’esprit des compositions originales.       
Jean-Pierre MEUNIER (avril 1992)       
© 2006 frémeaux & associés - GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS


1.  Bégonia  (Robert Mavounzy)    
Dès les premières notes, on est emporté par l'atmosphère d'allégresse et de jubilation qui se dégage de cette composition de Robert Mavounzy où, après avoir exposé le thème, Alain Jean-Marie développe une ligne mélodique aérienne, tout en légèreté et en mobilité.

2.  Doudou pa pléré  (Al Lirvat)       
Composée à la fin de l'année 1949, c'est l’une des plus belles mélodies d'Albert Lirvat, en tout cas la plus poignante. Parfaitement soutenu par l'accompagnement sobre et dépouillé de la batterie de Serge Marne, Alain Jean-Marie fait ressortir avec magnificence l'émotion contenue dans ce joyau de la biguine, tandis que la basse d'Éric Vinceno semble converser en toute sérénité avec lui.

3.  Ta ta ta  (Alain Jean-Marie)    
Les oreilles antillaises reconnaîtront une mazurka, mais composée et traitée de façon ô combien originale par Alain Jean-Marie ! Retenez votre souffle, et écoutez attentivement le contrepoint fugitif de la main gauche.

4.  Tou sa sé pou Doudou  (Al Lirvat)        
De toutes les biguines wabap de cet album, celle-ci est la plus tardive, composée par Albert Lirvat dans les années soixante. Il s'en dégage un swing intense mais contenu, tout en retenue et en modération, continuellement relancé par les effets de break.

5.  Tiéri an lan démil  (Alain Jean-Marie) 
Sur un tempo de samba, de bossa nova, et de biguine à la fois, c'est une autre composition d'Alain Jean-Marie. Le caractère obsédant et envoûtant de la mélodie en leitmotiv ouvre à la batterie de Serge Marne un champ illimité pour s'exprimer.

6.  Ka i fè-w  (Al Lirvat, Robert Mavounzy) 
Cette biguine est caractéristique du style wabap des années cinquante. Une tension ininterrompue est maintenue d'un bout à l'autre du morceau tant par le rythme implacable de la batterie que par les effets orchestraux du piano atteignant leur paroxysme dans les accords plaqués.

7.  Bonè an mwen pati  (Aurelli et Kenn, Al Lirvat)     
Sur un tempo médium, cette biguine est de la même veine que “Doudou pas pléré”. Elle fut composée par un pianiste d'Europe Centrale qui avait côtoyé Albert Lirvat à Paris. Ce dernier en écrivit seulement les paroles. Alain Jean-Marie, emporté par le lyrisme de la mélodie, la développe et l'embellit à l'infini. Le mouvement flexible et cadencé de la basse et de la batterie nous entraîne irrésistiblement à la danse.

8.  Haïtian child  (Alain Jean-Marie)      
Composé par Alain Jean-Marie, c'est le morceau le plus étrange et inédit du disque. Sur un fond de grosse caisse, la basse se marie intimement au piano dans un balancement lancinant et inquiétant tiré du rythme “kaladja” de tambour gwoka guadeloupéen.

9.  Pa ban mwen kou  (Traditionnel)         
Avec cet arrangement d’un air du folklore, Alain Jean-Marie nous prouve de quelle manière il peut transfigurer une mélodie pourtant simple au départ. C'est aussi pour Éric Vinceno l'occasion de nous montrer ses qualités d'improvisateur.

10.  Gwadloup an nou  (Al Lirvat et Robert Mavounzy)  
Cette biguine et la numéro 12, “Chofé bigin la”, jouées sur un tempo particulièrement rapide, sont sans nul doute les biguines wabap les plus connues. Alain Jean-Marie y exploite à fond les possibilités orchestrales du piano. Tout comme dans les versions originales de 1952 et 1953, la tension rythmique y est sans cesse entretenue par des successions de riffs percutants.

11.  Driv  (Éric Vinceno)  
Cette très belle composition d'Éric Vinceno est construite sur un rythme de mazurka. Alain Jean-Marie nous y démontre une fois de plus qu'il est toujours possible de swinguer, même sur une mesure à trois temps.

12.  Chofé bigin la  (Robert Mavounzy)   
On notera au milieu du morceau l'originalité et la recherche d'Alain Jean-Marie dans son interprétation : deux descentes chromatiques tout à fait inattendues et superbement amenées.


Alain JEAN-MARIE
Alain Jean-Marie est né le 29 octobre 1945 à Pointe-à-Pitre, d’une mère guadeloupéenne et d’un père martiniquais. Il suit des cours de piano à l’âge de huit ans mais les abandonne au bout de deux ans, dès le moment où il se sent suffisamment sûr pour reproduire de lui-même les musiques à la mode entendues à la radio, parmi lesquelles apparaissent les toutes nouvelles biguines wabap. C’est en autodidacte qu’Alain poursuivra son évolution, mais aussi avec l’exemple et les conseils des musiciens professionnels qu’il aura l’occasion de côtoyer. Il dé­couvre le jazz à treize ans en écoutant des disques de Benny Goodman avec des amis et commence à jouer dans les bals de Guadeloupe. Dès l’âge de quinze ans, Alain Jean-Marie devient professionnel et crée son propre orchestre, le “Sabor Combo”, avec le saxophoniste guadeloupéen Édouard Benoit. Au programme : latin jazz, biguines, mazurkas créoles, boléros, cha cha cha... enfin tout le répertoire propre à chauffer les salles de danse de Pointe-à-Pitre ou de Basse-Terre. Un premier enregistrement pour accompagner le chanteur martiniquais Géno Exilie dans sa composition “Tout ti krab déwò”, élue meilleure biguine du carnaval 1960. À partir de 1961, Alain joue régulièrement à “La Tortue”, la boîte de nuit animée par le clarinettiste, saxophoniste et pianiste Édouard Mariépin sur la commune du Gosier. Celui-ci le fait bénéficier de son expérience de chef d’orchestre à Paris. Parallèlement, avec ses amis musiciens, Alain Jean-Marie élargit son horizon en écoutant les disques de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thélonius Monk, Wynton Kelly, Bud Powell, Sonny Rollins, Miles Davis...

Entre 1963 et 1965, il fera successivement deux rencontres déterminantes : celles des saxophonistes Émilien Antile et Robert Mavounzy, revenus en Guadeloupe à l’occasion de diverses prestations. En jouant avec eux, il apprend les standards et se crée des bases musicales presque définitives. Il commence à appliquer à la biguine les multiples possibilités d’évolution offertes par le jazz et apporte son concours à de nombreux orchestres locaux, comme l’orchestre Esperanza de Stéphane Benoit. Cette période des années soixante est ponctuée de multiples séances d’enregistrement, presque exclusivement de musique traditionnelle, pour la marque CÉLINI notamment, en accompagnement de Robert Mavounzy, Émilien Antile, Barel Coppet, Gaby Siarras, Henri Guédon… Tous ces enregistrements sont aujourd’hui de précieuses archives so­nores pour l’histoire de la musique des Antilles. Son premier engagement à l’étranger, Alain Jean-Marie l’obtient en 1967 pour jouer durant six mois à l’Exposition Internationale “Terre des Hommes” de Montréal. Là, une nouvelle rencontre qui comptera dans son parcours : celle du pianiste martiniquais Marius Cultier, installé au Canada depuis 1966. Alain Jean-Marie le considère comme le plus créatif, le plus brillant, le plus doué des pia­nistes antillais.

Depuis son décès en décembre 1985, Marius Cultier reste inégalé à ses yeux. Autre rencontre : celle du batteur martiniquais de l’orchestre, Jean-Claude Montredon, avec lequel il se lie d’amitié. L’été 1967 terminé, retour aux Antilles, à la Martinique cette fois, pour diriger l’orchestre Tropicana, mi martiniquais, mi haïtien, qui animait “La Bananeraie”, la célèbre paillotte de Monsieur Nayaradou au Lamentin. Musique tous les soirs en semaine ainsi que pour le “Punch en Musique” et le “Thé dansant” du dimanche. Alain Jean-Marie réalise en trio un premier disque à son nom, intitulé “Piano Biguine”, pour la marque DEBS en 1968. Trois étés de suite, de 1968 à 1970, Alain Jean-Marie reviendra se produire au Canada. Mano Césaire, un cousin du côté de son père, lui demande de tenir le piano dans les premiers enregistrements de l’orchestre Malavoi chez Célini en 1969. En 1971, toujours à la Martinique, Alain Jean-Marie crée le trio “Liquid Rock” avec Jean-Claude Montredon et le bassiste Winston Berkeley. Ils seront bientôt rejoints par le saxophoniste martiniquais Bib Monville, détenteur de tout un vécu de jazzman à Paris avec Bobby Jaspar et René Thomas dans les années cinquante. Dans le sillage des bouleversements sociaux de mai 1968, on se pas­sionne pour le free jazz, les remises en cause de toutes natures, tant sociales que musi­cales, et le groupe emprunte cette voie. Alain Jean-Marie se souvient non sans une certaine nostalgie de cette période, plus à cause de l’esprit de vie communautaire, libre et fraternel, qui l’accompagnait, que pour l’expérience musicale qu’il considère comme non significative.

En 1973, au terme d’une tournée au Maroc pour accompagner le chanteur haïtien Jho Archer, le trio aboutit à Paris et se sépare. Alain Jean-Marie retrouve alors Robert Mavounzy à “La Cigale”, la célèbre brasserie de Pigalle, et rencontre pour la première fois Al Lirvat. Ce dernier l’engage dans sa formation après la défection de son pianiste. Commence alors pour Alain son marathon de pianiste de jazz. Soir après soir, il réapprend tout le répertoire, depuis les classiques de la Nouvelle-Orléans jusqu’aux thèmes bop les plus percutants, réarrangés de main de maître par Al Lirvat. C’est pour Alain une nouvelle école de discipline et de rigueur, qui portera ses fruits. Cette période est marquée en mars 1974 par la mort de Robert Mavounzy puis par la fermeture définitive de La Cigale, le 28 septembre 1975. Mais Alain Jean-Marie a acquis suffisamment d’expérience pour voler de ses propres ailes. C’est le début de sa carrière d’accompagnateur et de soliste. Son nom commence à être connu. Il devient le partenaire obligé d’une multitude de géants du jazz français et américain dont la liste serait trop longue à énumérer ici.

Il obtiendra une forme de consécration en recevant le prix Django Reinhardt de l’Académie du Jazz en 1979. Alain Jean-Marie est un perfectionniste dans l’âme, avide de création, toujours à la recherche de sonorités inédites. Quand on le voit se recueillir sur son piano, s’intérioriser en une méditation presque douloureuse avant de faire jaillir de son clavier des gerbes de notes étincelantes, inattendues, ciselées comme le cristal, ou créer en un accord transcendant une atmosphère chargée de sens profond, on a chaque fois l’impression d’assister à un événement unique. Précision du toucher, élégance du phrasé, sobriété d’expression, finesse harmonique, Alain Jean-Marie est la générosité même. Il joue pour son plaisir mais aussi pour le nôtre, sans artifice, dévoilant sa sensibilité à fleur de peau. À ses qualités d’interprète, il allie les dons d’un compositeur original et raffiné. Il n’a pas encore donné la pleine mesure de son talent. Gageons qu’il continuera de nous étonner, et que nous entendrons parler de lui.  
Jean-Pierre MEUNIER (avril 1992)     
© 2006 frémeaux & associés - GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

english notes
BIGUINE REFLECTIONS
We can already anticipate the surprise and pleasure of Alain Jean-Marie’s fans, the jazz lovers, aficionados of West Indian music, or both.  Here, we present a side of Alain Jean-Marie which is too rarely heard.  We know the accompanying pianist, solicited by the most prestigious American jazzmen on tour in Paris.  We know the soloist, one of the most inspired of today’s generation of French jazz who is regularly billed in a trio or small band in Paris and in numerous concerts both nationally and internationally.  Yet his aura of jazz could veil his West Indian roots of which he is deeply attached.  And how could a West Indian musician demonstrate this bond without revealing his concept of the beguine, the insignia of the musical heritage of the French West Indies?In the making of this disc, Alain Jean-Marie introspected the beguine.  He imparts an unexplored part of the genre, using a personal and novel approach and presents a modern interpretation which will surprise many.  At the same time, he gives tribute to those who assisted in his advancement and with whom he debuted his career.  Included are saxophonist Robert Mavounzy and trombonist Albert Lirvat, both from Guadeloupe.  Seven of the twelve tracks in this album were created and recorded by them in the early fifties, adopting the ‘wabap’ style, giving a new lease of life to the beguine.  Alain Jean-Marie brings back this avant-garde ambience, using the piano like an orchestra in his peerless manner, without for so much circumventing the original compositions.

Alain JEAN-MARIE
Alain Jean-Marie was born on 29 October 1945 in Pointe-à-Pitre, his mother being Guadeloupian and his father from Martinique.  At the age of eight he took piano lessons for a couple of years, stopping when he felt confident in his ability to play the tunes in vogue as heard on the radio, including the new wabap beguines.  Alain pursued his path as a self-taught lad, also following the example and advice of professional musicians he encountered.  At the age of thirteen he discovered jazz, listening to Benny Goodman’s discs with friends, and began playing in dances held in Guadeloupe.  When fifteen, Alain Jean-Marie turned professional and founded his own group, the ‘Sabor Combo’, with the Guadeloupian saxist Edouard Benoit.  Their repertory included Latin jazz, beguines, Creole mazurkas, boleros, cha-cha-cha – everything to heat the dance floors in Pointe-à-Pitre and Basse-Terre.  A debut recording was made to accompany the Martinique-born singer Géno Exilie in his composition ‘Tout ti krab déwo’, voted the best beguine in the 1960 carnival.   As from 1961, Alain was regularly billed in ‘La Tortue’, the nightclub fired by clarinettist, saxophonist and pianist Edouard Mariepin in Gosier.  The latter shared his experience as a band leader in Paris.  At the same time, and with his musical friends, Alain Jean-Marie extended his horizon by listening to the records by Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonius Monk, Wynton Kelly, Bud Powell, Sonny Rollins, Miles Davis, etc.  Between 1963 and 1965, he met two artists of significance : saxists Emilien Antile and Robert Mavounzy.  Through playing with them, he learnt the standards and created his personal musical grounding.  He started adding the multiple evolutive facets of jazz and used his savvy in numerous local orchestras such Stéphane Benoit’s Esperanza. 

The sixties also witnessed many recording sessions, almost all of traditional music and mainly for the CELINI label, accompanying Robert Mavounzy, Emilien Antile, Barel Coppet, Gaby Siarras and Henri Guédon among others.  The recordings are now classed among the precious sound archives of the history of West Indian music.In 1967 Alain Jean-Marie received his first contract abroad – a six-month stint in the International Exhibition ‘Terre des Hommes’ held in Montreal.  There, he met the Martinique pianist Marius Cultier who had been living in Canada for a year.  Alain Jean-Marie considered him as the most creative, brilliant and gifted West Indian pianist.  Another encounter was that with the band’s Martinique-born drummer, Jean-Claude Montredon, who became his friend.  At the end of summer, Alain returned to the West Indies, this time to Martinique, to lead Tropicana, the half-Martiniquais, half-Haitian band playing at the ‘La Bananeraie’.  Music every night on weekdays and ‘Punch en Musique’ and musical afternoons on Sunday.  In a trio Alain Jean-Marie made a debut disc in his name entitled ‘Piano Biguine’ for the DEBS label in 1968.  For three summers running, from 1968 to 1970, he returned to perform in Canada.  His cousin, Mano Césaire, requested he played the piano in the first recordings of the Malavoi orchestra in 1969.  In 1971, still in Martinique, Alain Jean-Marie founded the ‘Liquid Rock’ trio with Jean-Claude Montredon and bassist Winston Berkeley.  They were soon to joined by the Martinique-born saxophonist Bib Monville, who had been known as a jazzman in Paris, along with Bobby Jaspar and René Thomas in the fifties.  After the upheavals in May 1968, free jazz was all the rage and the group followed suite.  Alain Jean-Marie fondly recalls this period for its accompanying liberty and fraternity rather than for the musical experience which he considered insignificant.In 1973, following a Moroccan tour accompanying the Haitian singer Jho Archer, the trio ended up in Paris and split. 

Then Alain Jean-Marie found his old accomplice Robert Mavounzy in Pigalle’s famous brasserie ‘La Cigale’ and met Al Lirvat for the first time.  The latter had just lost his pianist and hired Alain in his band as jazz pianist.  Night after night Alain went over the entire repertoire, from the New Orleans classics to trenchant bop numbers, masterfully rearranged by Al Lirvat.  This was a new school of discipline for Alain which bore its fruit.  In March 1974 Robert Mavounzy passed away and ‘La Cigale’ closed its doors on 28 September 1975.  By this time Alain Jean-Marie had sufficient experience to set off alone and his career as an accompanist and soloist debuted.  His name began to be recognized and he became the partner of countless French and American jazz icons.  This acknowledgement of his talent was confirmed when he received the Jazz Academy’s Django Reinhardt award in 1979. Alain Jean-Marie is a natural perfectionist, keen to create and always on the lookout for new sounds.  When he is seated on his piano stool, in an almost racking form of meditation before bringing the keys to life, one has the impression of perceiving something quite unique.  The precision of touch, the elegance of phrasing, the sobriety of expression and the harmonic finesse all demonstrate Alain’s munificence.  He plays for his own pleasure but also for ours.  He is furthermore a gifted and original composer.  He will undoubtedly continue to astound us – Alain still has much in store!
English adaptation by Laure WRIGHT   
© 2006 frémeaux & associés - GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

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