Fremeaux.com

MAR HUMANO

DO MONTEBELLO

Adamah









“L’album Adamah est un hommage à la Terre et à la Vie. Je regarde la Terre comme un être précieux et je la compare à un être humain. N’a-t-elle point un noyau brûlant, comme ce cœur moteur qui nous fait vivre, des strates de terre comme nos muscles et des rivières, des océans, des mers comme nos veines et nos artères… La Terre, j’ai voulu la chanter, l’honorer, réunir des musiciens d’exception qui ont, en commun avec moi, d’être très mobilisés quant à son devenir. Etre artiste ne m’aurait pas suffi ; et si j’ai voulu écrire et chanter l’eau, les arbres, les océans, les êtres inouïs que j’ai eu la chance de rencontrer, c’est aussi parce que je ne peux imaginer la musique éloignée du mouvement de la vie.”
Do Montebello


Do a dessiné une grande barque et elle est montée dedans. C’est un exercice très ancien. La philosophie chinoise nous parle déjà d’un maître et de son disciple qui, ayant atteint le point extrême de l’oubli de soi-même, purent monter dans la barque qu’ils venaient de peindre et disparaître dans le tableau. Une grande barque, parce que pour atteindre le Nordeste, il faut affronter la mer. Suffisamment grande pour que Do puisse emporter ses poèmes, les musiciens qu’elle aime, et les musiques du monde qu’elle sait habiter depuis toujours. Grande enfin, parce qu’il faut faire place à tous ceux qu’elle convie au voyage, et à qui elle demande pour seul passeport d’avoir le sens du partage.

ADAMAH est une aventure qui vous  donne envie de ne pas rester sur le quai. Il faut donc vous préparer à embarquer, guidé par une voix qu’il vous reste à découvrir, et qui fera passer en vous le souffle de l’émotion. Une voix qui nous demande d’être généreux, fraternels, et de veiller sur cette terre qui nous porte depuis si longtemps. Il y a des messages qu’il faut savoir entendre au bon moment, c’est à dire avant qu’il ne soit trop tard. Puisse ce disque faire de vous des messagers...
Jean-Louis Wiart
Axolotl Jazz


CORRENTEZA
Do Montebello - Patrick Favre
HA TANTA CORRENTEZA NO TEU AMOR
HA TANTA FLORESTA, AVES COLORIDAS
NOITES ESCURAS PARA NAVEGAR
VOCÊ ME DEIXA FEITO FOGO E AR

HOMEM, MEU IMPLACÁVEL PRANTO
QUE NUNCA AMENIZOU
A FORÇA DE UM OLHAR
A GRAÇA DE UM SORRISO
ME CONTE COMO PARTIU
AO LONGE DAS ESTRADAS
DE TANTOS AMORES SACRIFICADOS
HOMEM LIVRE, ME DEIXE EM HERANÇA
SUA LINGUA, SEU SEGREDOS
SUA PAZ COMO TESOURO

E SE TALVEZ ACONTECE
DE ME VER SAIR A FRANCESA
SEU CARINHO ME FEZ NASCER
FRUTO VERDE E AMARELO
E AQUELE MEU JEITINHO
E DE BRASILEIRA MESMO

RAPIDES
IL Y A TANT DE RAPIDES DANS TON AMOUR
TANT DE FORÊTS, D’OISEAUX TOUT BIGARRÉS
DES NUITS OBSCURES À NAVIGUER
TU ME FAIS FEU ET AIR

HOMME, MON IMPLACABLE CHAGRIN
QUE JAMAIS N’ADOUCIT
LA FORCE D’UN REGARD
LA GRÂCE D’UN SOURIRE
DIS-MOI COMMENT TU AS VOYAGÉ
AU LONG DES CHEMINS
DE TANT D’AMOURS SACRIFIÉES
HOMME LIBRE, LAISSE-MOI EN HÉRITAGE
TA LANGUE, TES SECRETS
TA PAIX COMME UN TRÉSOR

ET SI PAR HASARD IL ARRIVE
QU’ON ME VOIT FILER À L’ANGLAISE
TA TENDRESSE M’A FAIT NAÎTRE
FRUIT JAUNE ET VERT
ET CETTE FAÇON D’ÊTRE
EST BIEN CELLE D’UNE BRÉSILIENNE


MAR HUMANO
Do Montebello - Sergio Farias
DE ONDE EU VENHO
DE ONDE EU SOU

RESPIRO O MAR DA MINHA INFANCIA
NAS VERDES ONDAS DE MINAS

OUÇO NA CHUVA PAULISTA
AS GARGALHADAS DAS GAIVOTAS

VEJO NO BAILE DAS NUVENS
O CONVITE DOS PEIXES

DEIXO O COMPASSO DAS HORAS
PRESO NO RELÓGIO DOS HOMENS

VIVO NO CONCERTO DO MUNDO
COMO UMA ONDA NO MAR HUMANO

MER HUMAINE

D’OU VIENS-JE ?
D’OU SUIS-JE ?

JE RESPIRE LA MER DE MON ENFANCE
DANS LES VERTS ONDOIEMENTS DE MINAS GERAIS

J’ENTENDS DANS LA PLUIE PAULISTE*
LES ÉCLATS DE RIRE DES MOUETTES

JE VOIS DANS LE BAL DES NUAGES
L’INVITATION DES POISSONS

JE LAISSE LE TIC TAC DES HEURES
PRISONNIER DU TEMPS DES HOMMES

JE VIS DANS LE CONCERT DU MONDE
COMME UNE VAGUE DANS LA MER HUMAINE

* PAULISTE : originaire de São-Paulo


MUSICALIDADE
Do Montebello - Sergio Farias

QUANDO NUM GESTO ELA DESFAZ
NA PAUTA SEUS CABELOS AZUIS
E TODO O OCEANO QUE TRAZ
A DOR DAS VOZES DO BLUES

ELA É SÓ MUSICALIDADE
E VOCÊ PERGUNTA BAIXINHO
COMO SE JUNTAM COM TANTA FORÇA
CORPO, BALANÇO E POESIA

NUM MOVIMENTO, ELA TE LEVA
AOS JARDINS DO MAR DE COURO
ONDE SE REFLETEM RAIOS DE OURO
E DE TANTO AMAR, VOCÊ CHORA

ELA É SÓ MUSICALIDADE
E VOCÊ PERGUNTA BAIXINHO
COMO SE JUNTAM COM TANTA FORÇA
CORPO, BALANÇO E POESIA

MUSICALITÉ
QUAND DANS UN GESTE ELLE DÉNOUE
SES CHEVEUX BLEUS SUR LA PORTÉE MUSICALE
C’EST TOUT L’OCÉAN QUI CHARRIE
LA DOULEUR DES VOIX DU BLUES

ELLE N’EST QUE MUSICALITÉ
ET TU T’INTERROGES TOUT BAS
COMMENT SE REJOIGNENT
AVEC TANT DE FORCE
CORPS, RYTHME ET POÉSIE
    
DANS UN MOUVEMENT, ELLE T’EMPORTE
AUX JARDINS DE LA MER DE CUIR
OÙ SE REFLÈTENT LES RAYONS D’OR
ET DE TANT AIMER, TU PLEURES

ELLE N’EST QUE MUSICALITÉ
ET TU T’INTERROGES TOUT BAS
COMMENT SE REJOIGNENT AVEC TANT DE FORCE
CORPS, RYTHME ET POÉSIE


JUAZEIRO

Luiz Gonzaga - Humberto Teixeira
Juazeiro, juazeiro,
me arresponda, por favor,
Juazeiro, velho amigo,
onde anda o meu amor
Ai, juazeiro ela nunca mais voltou,
Diz, juazeiro
onde anda meu amor
Juazeiro, não te alembra
Quando o nosso amor nasceu
Toda tarde a tua sombra
Conversava ela e eu
Ai, juazeiro
como dói a minha dor,
Diz, juazeiro
onde anda o meu amor
Juazeiro, seje franco,
ela tem um novo amor,
Se não tem, porque tu choras,
solidário a minha dor
Ai, juazeiro
não me deixa assim doer,
Ai, juazeiro
tô cansado de sofrer
Juazeiro, meu destino
tá ligado junto ao teu,
No teu tronco tem dois nomes,
ela mesmo é que escreveu
Ai, juazeiro
eu não güento mais doer,
Ai, juazeiro
eu prefiro inté morrer

Juazeiro, juazeiro, s’il te plaît réponds-moi
Juazeiro, vieil ami, que devient celle que j’aime ?
Hélas, juazeiro, elle n’est plus jamais revenue
Dis, juazeiro, que devient celle que j’aime ?

Juazeiro, ne te souviens-tu pas
Du jour où notre amour est né ?
Tous les après-midis, à l’ombre de ton feuillage
On conversait tous les deux, elle et moi
Hélas, juazeiro, j’en ai gros sur le cœur
Dis, juazeiro, que devient celle que j’aime ?

Juazeiro, dis-le-moi franchement, a-t-elle trouvé un autre amour ?
Sinon, pourquoi pleures-tu, en prenant part à ma douleur ?
Hélas, juazeiro, épargne-moi cette douleur
Hélas, juazeiro, je suis fatigué de souffrir

Juazeiro, mon sort ne fait qu’un avec le tien
Sur ton écorce on voit deux noms, c’est elle-même qui les a gravés
Hélas, juazeiro, je n’en peux plus de douleur
Hélas, juazeiro, si c’est comme ça, plutôt mourir...


AVELEIRA
Do Montebello - Sergio Farias
Atrás do antigo casarão
Tinha uma linda aveleira
Nas horas quente do verão
Refugiada nas folhagems
Com bússola e pão na mão
Viajava num mundo de imagens

O mar de trigo ondulava
Aos pés da minha embarcação
As andorinhas eram gaivotas
Batendo asas no coração
A terra toda girava
Embriagada

Quando sua voz me chamava
Já era plena escuridão
As luzes da casa piscavam
Como estrelas na imensidão
O paraíso de repente
Era você me dando a mão

Anos ligeiro passaram
Ventando na aveleira
Levando gerações embora
Belas almas que no verão
Deixam no clarão do céu
Raios da infancia

LE NOISETIER
Derrière la vieille demeure
il y avait un beau noisetier
aux heures chaudes de l’été
refugiée dans les feuillages
boussole et quignon de pain à la main
je voyageais dans un monde d’images

La mer de blé ondulait
au pied de mon embarcation
les hirondelles étaient  des mouettes
qui de leurs ailes faisaient battre mon cœur
la terre entière tournoyait
ivre

Quand ta voix m’appelait
il faisait déjà nuit
les lumières de la maison brillaient
comme autant d’étoiles dans l’immensité
le paradis tout entier
c’était quand tu prenais ma main

Les années filèrent agitant le noisetier
emportant avec elles les générations
belles âmes qui dans l’été
dessinent dans la clarté du ciel
les rayons de l’enfance


Terra
Do Montebello - Sergio Farias
TERRA, VOCÊ ME DEVORA
ME LAVA
ME AMA

CHAMO-TE TERRA
BELEZA CONVULSIVA
QUE DE SOFRIMENTOS MORDERÁ

TERRA, SENDO A UNICA CHANCE
TERRA, MINHA SEDE
MINHA REDE
FEITA DO TEU ALUVIÃO

TERRA MÃE, NOSSO CANTO
VELA IÇADA NO MUDO UNIVERSO
TERRA COMO PONTO NO I
DO GRITO DA VIDA

TERRA, TERRA
GIRA, GIRA
QUADRIL MUSICAL
TERRA, TERRA
GIRA, GIRA
RITMO CELESTIAL
TERRA, TERRA
GIRA, GIRA

Terre

TERRE, TU ME DÉVORES
TU ME LAVES
TU M’AIMES

JE T’APPELLE TERRE
BEAUTÉ CONVULSIVE
QUI DE SOUFFRANCES, MORDRA

TERRE, NOTRE UNIQUE CHANCE
TERRE, MA SOIF
MON HAMAC
FAIT DE TES ALLUVIONS

TERRE-MÈRE, NOTRE CHANT
VOILE HISSÉE VERS L’UNIVERS MUET
TERRE COMME LE POINT DU I
DU CRI DE LA VIE

TERRE, TERRE
TOURNE, TOURNE
HANCHE MUSICALE
TERRE, TERRE
TOURNE, TOURNE
RYTHME CÉLESTE
TERRE, TERRE
TOURNE, TOURNE


ADAMAH
Do Montebello - Sergio Farias
UM DIA AS LÍNGUAS SE CALARÃO
CANSADAS DE TANTO TEREM FALADO
INDIGNADAS DOS PODERES VORAZES
DE TANTOS SÉCULOS GUERREIROS

UM DIA AS LÍNGUAS SE CALARÃO
DEIXANDO O ESPAÇO AO SILENCIO
DE CADA UM
DOCE PENUGEM
E PODERÁ SE OUVIR AO LONGE
A VOZ DE UM ANTIGO VIAJANTE
SENTADO NA BEIRA DAS ALMAS

ADAMAH
UN JOUR LES LANGUES SE TAIRONT
EPUISÉES D’AVOIR TANT DIT
INDIGNÉES DES POUVOIRS VORACES
DE TANT DE SIÈCLES GUERRIERS

UN JOUR LES LANGUES SE TAIRONT
LAISSANT L’ESPACE AU SILENCE
DE CHACUN
DOUX DUVET
ET L’ON POURRA ENTENDRE AU LOIN
LA VOIX D’UN ANCIEN VOYAGEUR
ASSIS SUR LE BORD DES ÂMES


HILDA FRANCISCO ACENA

Do Montebello - Sergio Farias
NA MESA, UMA FLOR DE MARVÃO
EM UM BARRACO EM SANDY GROUND
À BEIRA DO MAR DO CARIBE
O AZUL NÃO TINHA GRAÇA
E A GRANA SEMPRE FALTAVA
NESSA VIDA ESCAQUEIRADA

QUANTOS ANOS TRABALHANDO
NUMA LOJA DA MARINA
LIMPANDO PÉS DESCALÇOS
UM MÁRMORE DA ITÁLIA

TEU CHÃO É A TERRA
TEU CANTO LIGEIRO
POR ONDE ANDAS HOJE,
HILDA FRANCISCO ACENA

SUR LA TABLE, UNE FLEUR D’HIBISCUS
DANS UN BIDONVILLE DE SANDY-GROUND
AU BORD DE LA MER DES CARAÏBES
LE BLEU N’AVAIT PLUS D’IMPORTANCE
ET L’ARGENT MANQUAIT SANS CESSE
DANS CETTE VIE EN MILLE DÉBRIS

COMBIEN D’ANNÉES TRAVAILLAS-TU
DANS CETTE BOUTIQUE DE LA MARINA
OÙ TU LAVAIS NUS PIEDS
UN MARBRE D’ITALIE

TON SOL C’EST LA TERRE
TON CHANT SI LÉGER
OÙ VIS-TU AUJOURD’HUI
HILDA FRANCISCO ACENA ?


MANKIND HAS ITS WAY

Do Montebello - Patrick Favre
LATE AT NIGHT, AS IT MIGHT
I TIP TOE TO YOUR DOOR
LISTENING TO THIS OLD GUITAR
THERE ARE BIRDS SOMEWHERE OUT
AND YOUR FINGERS TO REACH MY HEART

ALL KIND OF TUNES YOU WHISPER
CAUSE YOU’VE GOT THEM ALL
THOSE INFLECTIONS IN YOUR VOICE
LIGHTING UP DEEP INSIDE
DREAM-TRAVELS TO FREE MY MIND

“BE AS YOU ARE”, YOU OFTEN SAY
AS WE SMILE STARVING FOR IT
CAUSE OUR FREEDOM MADE OUT OF WAR
JUST KNOWS HOW LOVE RESISTS
WAITING FOR US THROUGH ALL THESE YEARS

MANKIND HAS ITS OWN WAY
BLOOD TAKES PART OF BIRTHING
IT TAKES PART OF KILLING
MANKIND AT ITS BEGINNING

L’HUMANITÉ A SES RAISONS
TARD DANS LA NUIT, COMME PARFOIS
JE GLISSE SUR LA POINTE DES PIEDS
JUSQU’À TA PORTE
ET J’ÉCOUTE CETTE VIEILLE GUITARE
DES OISEAUX GAZOUILLENT QUELQUE PART  
ET TES ARPÈGES TOUCHENT MON COEUR

TU MURMURES DIFFÉRENTS AIRS
CAR LA PLUPART VIVENT EN TOI
LES INFLEXIONS DE TA VOIX
ÉCLAIRENT AU PLUS PROFOND
DES RÊVES D’AILLEURS QUI LIBÈRENT MA PENSÉE

 “SOIS TOI MÊME” TU AS COUTUME DE DIRE
ET NOUS SOURIONS CAR DE CELA
NOUS SOMMES AFFAMÉS
BIEN QUE NOS LIBERTÉS FAITES DE QUERELLES
SAVENT PARFAITEMENT QUE L’AMOUR RÉSISTE
EN NOUS ESPÉRANT TOUT AU LONG DES ANNÉES

L’HUMANITÉ A SA FAÇON D’ÊTRE
LE SANG S’INSCRIT DANS LA NAISSANCE
IL S’INSCRIT DANS LE MEURTRE
L’HUMANITÉ À SES BALBUTIEMENTS


ESTRELAS
Tico DA COSTA
ESTRELAS, ESTRELAS, ESTRELAS, ESTRELAS DO CEU
ALEM DO TEMPO, DO TEMPO, DO TEMPO
DO TEMPO EM QUE MEU CANTO ERA AO LEU
SEM TEMPO

ME LEMBRO, ME LEMBRO, ME LEMBRO, ME LEMBRO
EU SORRINDO, EU CANTANDO
E ATÉ HOJE, PASSO A VIDA CANTANDO

QUE BRILHAM O MEU CAMINHO ESTRELAS
EU SOU UM PASSARINHO ESTRELAS
CANTANDO BEM CEDINHO ESTRELAS
PRO MUNDO MELHORAR

ÉTOILES
ÉTOILES, ÉTOILES, ÉTOILES, ÉTOILES DU CIEL
AU-DELÀ DU TEMPS, DU TEMPS, DU TEMPS
DU TEMPS OÙ MON CHANT
ÉTAIT À L’AVENTURE
HORS DU TEMPS
JE ME SOUVIENS
JE ME SOUVIENS
JE ME SOUVIENS
JE SOURIAIS
JE CHANTAIS
ET JUSQU’À CE JOUR
JE PASSE MA VIE
À CHANTER

QUE LES ÉTOILES
ÉCLAIRENT MA ROUTE
JE SUIS UN OISEAU, ÉTOILES
QUI GAZOUILLE
AU PETIT JOUR, ÉTOILES
POUR QUE LE MONDE
SOIT MEILLEUR


MINAS
Do Montebello - Ivans Silva
NOITE CLARA, SUA VOZ INSTALA
UMA VIAGEM DE PELE ENTRE VOCÊ E EU

AGORA MESMO, VOCÊ ME CONVIDA
AO CÉU DO CORPO
À IMENSIDÃO DO GRITO

MINAS ME LEVA NO SEU MOVIMENTO
VASTO PENSAMENTO, DE VALES E MONTES
DIAS DE TERRA VERMELHA ANOITECENDO

E ROXAS QUARESMAS COLORINDO ESSE SEU AR
QUE SOBE
NOS VALES E MONTES
E MORRE NO MAR.

NUIT CLAIRE, TA VOIX INSTALLE
UN VOYAGE DE PEAU ENTRE TOI ET MOI

À CET INSTANT, TU M’INVITES
AU CIEL DU CORPS
A L’IMMENSITÉ DU CRI

MINAS M’EMPORTE DANS SON MOUVEMENT
VASTE PENSÉE DE VALLÉES ET DE MONTS
JOURS DE TERRE ROUGE QUI LENTEMENT DÉCLINENT

ET LES FLEURS DE CARÊME VIOLETTES
QUI COLORENT TON AIR
CET AIR QUI COURT
PAR LES VALLÉES ET LES MONTS
SE JETER DANS LA MER


TRAVESSA DOS CALAFATES

Tico DA COSTA
Travessa dos calafates
Emboca na boca do mar
Do mar do mar ou ou ou do mar

E a vida do calafate
É bater martelo no mar
No mar no mar ou ou ou no mar

Se não fosse o calafate
Afundava o barco no mar
No mar no mar ou ou ou no mar

No samba do calafate
Tubarão se remexe no mar
No mar no mar
Ou ou ou no mar

Cuida do barco
Calafate cala a boca
Cala a boca da madeira
Que é pra água não entrar

Botando piche na estopa
Estopora o estopor
Passou da hora
A maré tá pra chegar

Cata cavaco
Cara-a-cara
Caranguejo, baiacu tá cutucando
Meu tutu meu mocotó

Meu mocotó no tôco tôco
Tic-tac toco toco violão
Porque meu pai calafetou

Bateira bateira na beira da maré
Ruim maruim medonho aqui no pé

L’ALLÉE DES CALFATS *
L’allée des calfats
Débouche sur la mer
La mer, la mer, ô, ô, la mer

Et la vie du calfat,
C’est de colmater en mer
En mer, en mer, ô, ô, en mer

Si le calfat n’existait pas,
La barque sombrerait en mer
En mer, en mer, ô, ô, en mer

Dans la samba du calfat
Le requin se trémousse
dans la mer
Dans la mer, dans la mer
Ô, ô, dans la mer

Prend soin de ta barque
Calfat, ferme sa brèche
Ferme la brèche du bois
Pour que l’eau n’y entre pas

Enduis de goudron l’étoupe
Et ta poupe en proie à la stupeur
Car l’heure est déjà passée
La marée va bientôt monter

Avançant de guingois
Yeux dans les yeux
Le crabe et le poisson globe
S’en prennent à moi,
pincent mon talon

Mon talon, ma souche
Tic-tac, si je joue de la guitare
C’est que mon père l’a calfatée

Pinasse, pinasse, aux prises
avec la marée
Vilain maringouin,
lâche donc mon pied.

* Dans cette chanson qui emprunte à l’embolada (traditionnel folklore du Nordeste du Brésil), Tico da Costa établit un parallèle entre le travail du calfat qui répare les barques et celui du luthier qui répare les guitares.


1 RAPIDS
Do Montebello - Patrick Favre
There are so many rapids in your love
So many forests, so many
multicoloured birds
Dark nights to navigate
You turn me into fire and air

Oh man, my relentless sorrow
Never soothed by
The weight of a gaze
Never graced by a smile
Tell me how you traveled
Along the roads
Of so many sacrified loves
Oh free man, let me inherit
Your language, your secrets
Your peace as a treasure

And if I happened to be seen
Taking french leave
Your sweetness has given birth to me
As a green and yellow fruit
And the way I am today
Is truly that of a brazilian


2 HUMAN SEA
Do Montebello - Sergio Farias
Where do I come from ?
Where am I from ?
I breathe the sea of my childhood
In the green waves of Minas Gerais

In the rain of São Paulo I hear
The laughter of the seagulls

I see in the dance of the clouds
The beckoning of the fish

I leave the ticking of the clock
Prisoner of time of men

I live in the concert of the world
Like a wave in the human sea


3 MUSICALITY
Do Montebello - Sergio Farias
When she moves to untie
Her blue hair on a musical staff
It’s the ocean’s waves breaking
With the pain of the voice of the blues

She is nothing but musicality
And you wonder
How body, rythm and poetry
Merge with such force

In a swift move, she carries you away
To the gardens of the glaring leather sea
Where golden beams are reflected
And because of so much loving, you cry

She is nothing but musicality
And you wonder
How body, rythm and poetry
Merge with such force


4 JUAZEIRO
Luiz Gonzaga
Juazeiro, Juazeiro, please answer me
Juazeiro, my old friend, what happened
to the one I love?
Alas, Juazeiro, she never returned
Tell me Juazeiro, how is she the one I love?

Juazeiro, dont’ you remember
The day our love was born ?
Every afternoon, under the shadow
you provided us
The two of us were talking, her and I
Alas, Juazeiro, I have a heavy heart
Tell me Juazeiro how is she the one I love ?

Juazeiro, tell me frankly did she
find another love ?
If not why do you cry sharing my pain ?
Alas, Juazeiro save me from this suffering
Alas, Juazeiro I am tired of suffering.

Juazeiro my fate is one with yours
On your bark we can read two names,
she engraved them
Alas, Juazeiro I can’t take this pain
Alas, Juazeiro if it’s like this I’d rather die

* Juazeiro is a tree from the « Caatinga », a north east region of Brazil. This tree which remains green, even in the warmest period of the year, symbolizes in the song the perpetuity of love.


5 THE HAZEL TREE
Do Montebello - Sergio Farias
Behind the old house
There was a lovely hazel tree
In the hottest hours of summer
Shelted by leaves
Compass and bread in hand
I traveled in a world of images

The sea of wheat rippled
At the foot of my boat
Swallows became seagulls
Flapping their wings in my heart
The whole earth  was turning
Drunken

Each time your voice called out to me
It was already pitch dark
The lights in the house were flickering
Like stars in the vast universe
And suddenly paradise
It was you, who held my hand

The years have gone by so fast
Swaying  the hazel tree
Lifting generations
Beautiful souls which in summer
Leave in the clear sky
The lightning of childhood


6 EARTH
Do Montebello - Sergio Farias
Earth, you devour me
You wash me
You love me

I name you earth
Convulsive beauty
Who from suffering will bite

Earth, our only chance
Earth, my thirst
My hammock
Made from your silt

Earth, our mother, our song
Sail hoisted towards the mute universe
Erath, as the dot of the i
Of the cries of life

Earth, earth
Turn, turn
Musical jive
Earth, earth
Turn, turn
Celestial rythm
Earth, earth,
Turn, turn


7 ADAMAH
Do Montebello - Sergio Farias
One day, tongues will remain silent
From having spoken so much
Outraged by the voracious power
Of so many war ridden centuries

One day, tongues will remain silent
Allowing everyone their silence
Soft as down
And in the distance we will hear
The voice of an ancient traveler
Sitting at the edge of our soul.


8 HILDA FRANCISCO ACENA
Do Montebello - Sergio Farias
On the table, one hibiscus flower
In the shanty town of Sandy-Ground
On the Carribean coast
The blue colour of the sea
didn’t make any difference
for money was running out
In this shattered life

How many years did you work
In this boutique on the marina
Where, barefoot, you cleaned
An Italian marble floor

Your land is the earth
Your singing so light
Where are you now
Hilda Francisco Acena


9 MANKIND HAS ITS WAY
Do Montebello - Patrick Favre
Quando Num Gesto Ela Desfaz
Na Pauta Seus Cabelos Azuis
E Todo O Oceano Que Traz
A Dor Das Vozes Do Blues

Ela É Só Musicalidade
E Você Pergunta Baixinho
Como Se Juntam Com Tanta Força
Corpo, Balanço E Poesia

Num Movimento, Ela Te Leva
Aos Jardins Do Mar De Couro
Onde Se Refletem Raios De Ouro
E De Tanto Amar, Você Chora

Ela É Só Musicalidade
E Você Pergunta Baixinho
Como Se Juntam Com Tanta Força
Corpo, Balanço E Poesia


10 STARS
Tico da Costa
Stars, stars, stars, stars in the sky
Beyond time, time, time, time,
When my song was beyond time
I remember, I remember, I remember
I was smiling, I was singing
And until today I spend my life singing

Let the stars light up my road
I am a small bird, stars
Twittering at dawn, stars
For the world to be better


11 MINAS
Do Montebello - Ivans Silva
Clear night, your voice creates
A skin deep journey between
you and me

At this very moment,
you’re inviting me
To the heaven of the body
To the immensity of a cry

Minas carries me off in its movement
Infinite thoughts of valleys and hills
Days of red earth which slowly become night

And these purple flowers
Colouring the air
This air which races
Through valleys and hills
And flows into the sea


12 THE CAULKERS’ ALLEY
Tico da Costa
The caulkers’ alley
Leads to the sea
The sea, the sea oh, oh, the sea

And the caulker’s life,
Is to seal the cracks at sea
At sea, at sea oh, oh, at sea

If the caulker did not exist,
The boat would sink at sea
At sea, at sea oh, oh, at sea

In the caulker’s samba
The shark shimmies at sea
at sea, at sea, oh, oh, at sea

Take care of your boat
Caulker, seal the gap
Seal the gap in the timber
So water won’t seep in

Coat the oakum with tar
And your stern gripped by fear
For it’s late
And already, the tide is rising

Moving askew
Face to face
The crab and the porcupine fish
Are picking at me, pinching my heel

My heel, my support
Tic-tac, if I can play the guitar
It’s because my father caulked it

Pinnace, pinnace, struggling with the tide
Nasty gnat, leave my foot alone.


DO MONTEBELLO                   
CHANT, AUTEUR

SERGIO FARIAS                    
GUITARE, COMPOSITION & ARRANGEMENTS


PATRICK FAVRE                    
PIANO & COMPOSITION


RICARDO FEIJÃO                    
BAIXOLÃO


CHRISTOPHE DE OLIVEIRA        
BATTERIE


JULIO GONÇALVES                
PERCUSSION


JEAN FERRY                        
VIOLONCELLE SUR « ESTRELAS »


Production DO MONTEBELLO & Axololt Jazz pour Label La Lichère/ Frémeaux & Associés.

Enregistrement Studio Sextan la Fonderie novembre 2012 & Studio Audiolane février 2013
 

Enregistrement & Mixage : ALBAN SAUTOUR | Mastering : RAPHAËL JONIN


OSSIANE www.ossiane.fr : © Photos 2ème de couverture, page des remerciements, avant dernière de couverture du livret, Mar Humano, Musicalidade, Aveleira, Adamah, Estrelas, pages des textes en traduction anglaise, Minas, Travessa dos calafates.

CLARA ANTONELLI www.claraantonelli.fr : © Photos avant dernière de couverture jaquette extérieure, Correnteza, Juazeiro, Terra, Hilda Francisco Acena.

VINCENT COPYLOFF www.vincentcopyloff.book.fr : © Photo 1ère de couverture réalisée au Mont sacré du Donon & photo de la jaquette extérieure.

MARCELLO LUNIERE : © Photo studio.
 
IVANS SILVA : © Photo Mankind has its way.

Conception graphique : FRED KEMPF pour FKweb.net

Traductions : GERMAINE MANDELSAFT

WWW.DOMONTEBELLO.COM


Ma gratitude à JEAN-LOUIS WIART pour son soutien à ADAMAH.

Merci à BRIGITTE PERY EVENO et à GÉRARD SIMOES pour l'élan avec lequel ils ont ouvert les champs de la faisabilité.

Merci à VINCENT MAHEY et à HERVÉ MARTIN pour leur accueil chaleureux à Sextan.
Merci à ALBAN SAUTOUR, magicien du son.

Merci à toute l'équipe musicale pour son talent et sa générosité !
 
Merci à SERGIO FARIAS et PATRICK FAVRE, mes complices.

Merci à LYDIE CALLIER pour son accompagnement sur mesure.


CE DISQUE EST DÉDIÉ AUX ENFANTS ACCUEILLIS, SOIGNÉS ET GUÉRISGRÂCE À L’ASSOCIATION MÉCÉNAT CHIRURGIE CARDIAQUE

Le cœur d’ADAMAH bat aussi grâce à Barbara Albasio, Gérald André, Robert Antoine, Clara Antonelli, Sonia Araujo, Fleur Arcaro, Paulette Assié, Mireille Badou, Agnès Bastien, Saadane Benbabaali, Chantal Bendimerad, Braham Benmerabet, Elisabeth Besset, Renée Besset, Christian Billon, Erick Boccara, Lorena Borges da Rocha, David Bortolotti, Karine Bourdeleau, Carlos Braga, Virgil Brill, Patricia Bucco, Jocelyne Cabaret, Yolande Cazaux, Myriam Charon, Corinne-Marie Chatonnet, Bruce Cherbit, Michel Ciucci, Jean-Pierre Claudon, Marie-Laeticia Claudon, Gérard Colin, Vincent Copyloff, Tico da Costa, José da Rocha, Daphné Dauvillier, Monique de Saint-Ghislain, Michèle Deschamps, Catherine Duvauchelle, Anne Dijon, Dominique Dubé, Philippe Fabre, Laure Fauchard, Jean Ferry, Françoise Fognini, Luc Fouarge, Sara Fracchia, Sylviane Friederich, Claudine Gross, Christophe Guiot, Georges Grunenwald, Gerald Henry, Jacotte Houplain, Dominique Javel, Gilles Jucla, Camille Julien, Elisabeth Kerhervé, Sophie Khiar, Suzy Kremp, Elisabeth Kerherve, Michel Kirch, Noémie Knauss, Anne Lebeaupin, Francine Leca, Martine Legrand, Joël Le Maux, Brigitte Le Meur, Michèle Lemoux, Adèle Le Roux, Marc Loescher, Yanou Loescher, Yves Lesieur, Laura Limido, Laura Littardi, Marcelo Luniere, Frédérique Machy, Henri Magne, Odile Magne, Brigitte Maillard, Myra Mandana, Germaine Mandelsaft, Pascal Mary, José Matos Da Silva, Nicole Montineri, Nathalie Morel, Jean-François Mousseau, Christine Mysselin, Pierre Myszkowski, Marie-Aude Nallard, Alzeny Nelo, Paulo-henrique Nelo Farias, Caroline Neumann-Nassoy, Salim Nour, Jeanne Orient, Ossiane, Richard Palomo, Monica Passos, Francis Pearron, Michèle Pérez, Paule Pérez, Brigitte Pery-Eveno, Benoît Philippe, Pierre Philippon, Fabienne Piotet, Monica Plaza, Hélène Poincin, Macha Polivka, Mariana Polivka, Felipe Quaglietta, Ligia Quaglietta, Isabelle Prost, Marie Reveillaud, Virginia Rigot-Muller, Bénédicte Rivet, Francisco Rocco, Henri-Pierre Rodriguez, Marie-Pascale Rogier, Fabiola Ruggiero, Jean-Paul Sabatier, Julia Sarr, Nourdine Senoussi, Anne-Lise Schmitt, Kyara Schmitt-Luniere, Chantal Sciubukgian, Guta Severino Clerisse, Ivan Silva, Gérard Simoes, Catherine Smet, Hervé Stanciu, Françoise Tartainville, Nuno Teixeira, Jérôme Teyssier, Stéphane Thomas, Claude Touili, Valerio Vantaggi, Céline Villette, Angelo Visconti, Jean-Louis Wiart, Annie Yankébian, Nicolas Zeller, Xavier Zimbardo.

Voici le premier disque de Do Montebello, artiste à l’âme vagabonde, dont la poésie sensible et onirique questionne l’humanité en profondeur sur son rapport au monde et à la vie. Une œuvre produite avec le talent et la rigueur de Jean-Louis Wiart (Axolotl jazz), pour laquelle Do Montebello s’est entourée du guitariste et arrangeur Sergio Farias (Edu Lobo, Márcio Faraco, Dominique Fillon, San Severino) et du pianiste Patrick Favre («Valse nomade», « Humanidade » et « Origines », sur le label La Lichère). Un disque d’une rare justesse, voluptueux, organique et aérien, dans lequel l’auditeur se laisse bercer avec quiétude par des mélopées savoureuses aux confins du jazz et des musiques brésiliennes.
Augustin BONDOUX.


This is the first album from Do Montebello, an artist with a nomad soul whose sensitive, dreamily poetic songs raise deep questions for humanity about our relationships with the world and life. The production owes much to the talent and rigour of Jean-Louis Wiart (AxolOtl Jazz), and Do Montebello is accompanied here by guitarist and arranger Sergio Farias (Edu Lobo, Márcio Faraco, Dominique Fillon, San Severino), and pianist Patrick Favre (cf. "Valse nomade", "Humanidade" and "Origines", on the La Lichère label). A rare record, precise, voluptuous, organic and ethereal, which cradles the listener in songs whose savours lie at the confines of jazz and Brazilian music.
Augustin BONDOUX.


CD Adamah, Do Montebello © Frémeaux & Associés 2014


PRESSE

Interview de Do Montebello sur Culturebox (France télévisions) par Annie YANBEKIAN

La chanteuse Do Montebello a sorti au printemps son premier album intitulé "Adamah", un disque poétique, politique, empreint de ses convictions écologistes et de ses inquiétudes pour l'avenir de la Terre. Elle présente ce disque très brésilien, essentiellement enregistré en portugais, trois soirs de suite à Paris. Rencontre avec une citoyenne du monde.
Native d'Albi, installée à Paris depuis des années, Do Montebello a grandi bercée par les musiques arabo-andalouses, la chanson française puis le jazz, avant que son cœur ne s'ancre au Brésil où elle a passé plusieurs années.

Chanteuse voyageuse et baroudeuse, voyant la nature de plus en plus malmenée, cette écologiste dans l'âme a pensé ce disque comme un appel à destination de ses prochains, les enjoignant à se souvenir de leur connexion avec la nature et à reprendre leurs esprits avant qu'il ne soit trop tard.

Dans son disque, Do Montebello signe les paroles portugaises de chansons composées par le pianiste Patrice Favre et les guitaristes Sergio Farias et Ivans Silva. L'album comporte aussi une chanson de Luis Gonzaga ("Juazeiro") et deux de Tico Da Costa ("Estrelas", "Travessas dos Calafates"). Presque tout le disque est en portugais - le livret du CD renferme les traductions - excepté un titre en anglais ("Mankind has its way") et un couplet de la chanson "Adamah" récité en français.

- Culturebox : Que signifie "Adamah" ?
- Do Montebello : C'est un terme hébreu qui parle de la terre rouge dans laquelle l'Adam, c'est-à-dire le coeur de la vie, l'être, est enfermé. Il est dedans et à un moment donné, cette terre le nourrit, le fabrique. L'être est à la fois fabriqué de cet Adamah et s'en nourrit. J'ai voulu à la fois crier mon amour pour cette Terre et le péril que nous lui faisons vivre.

- Pourquoi avoir employé l'hébreu ?

- Parce que ce mot est venu, je l'ai rêvé, curieusement. Je me suis réveillée avec ce mot, je suis allée voir ce qu'il voulait dire. Or je connais très peu l'hébreu. Je connais surtout, comme tout le monde, la magnificence de certains auteurs, les Écritures, j'essaye de comprendre un peu, même si je suis néophyte.

- Avez-vous écrit les paroles directement en portugais ?
- Absolument. Pour rappeler une phrase de Valéry, le premier vers est un don des dieux. C'est comme pour le mot "Adamah". Quand cela me vient, je le prends, comme un enfant. On ne le choisit pas, on est choisi. Je suis le canal. Quand j'ai reçu par exemple les mots "Terra, você me devora" (première phrase de la chanson "Terra", ndlr), je n'ai pas pensé une seconde "Terre, tu me dévores". C'est venu en portugais, comme tout le reste. Je parle tout le temps le portugais. Je le parle à la maison.
- Et la musique brésilienne est le genre musical de prédilection dans lequel vous vous exprimez depuis des années...
- Quand j'entend les accords de la musique brésilienne, j'ai l'impression de nager dans des draps en soie ! Je ne vais pas me priver de luxe ! Surtout que c'est un luxe gratuit, une chose vaporeuse, subtile, intelligente, fine, racée... Je ne vais pas dire non à ça, je ne peux pas.

- Toutes les chansons vous sont-elles inspirées par des vers et des mots ?

- Oui, ou par des images. Patrick Favre (pianiste et compositeur, ndlr) me dit souvent que dans mes textes, on voit des séquences de films. J'ai toujours des images qui me viennent. C'est le cas pour "Hilda Francisco Acena", le texte que j'ai écrit pour les migrants. La première image qui m'est venue, c'est une fille qui marchait, que je voyais de dos. Il s'avère que la photographe Clara Antonelli, qui a travaillé pour l'album, avait photographié une femme de dos qui m'a interpellée et m'a rappelé cette image (la photo illustre les paroles dans le livret du CD, ndlr). Pour moi, migrer, ça ne veut pas dire se courber, ça veut dire regarder vers son destin. C'est l'image que j'ai eue, cette femme face à son destin.

- Votre disque semble donc raconter une véritable histoire...
- C'est venu comment on fabrique un enfant, c'est d'abord un ovule et un spermatozoïde. Quand la vie naît, l'ovule n'est pas passif, contrairement à ce qu'on croit. Tous les principes sont actifs, homme, femme. Les chansons se sont fabriquées comme un être humain. Petit à petit, la terre Adamah s'est faite. L'être Adamah s'est fait. L'album s'est fait.

- L'enchaînement des chansons était donc mûrement réfléchi...
- J'ai voulu commencer par les courants ("Correnteza"), je crois que nous ne sommes que courants. Le sang qui circule, la salive que nous avalons, les larmes que nous versons... La mer humaine ("Mar humana"), c'est aussi ça, un mouvement, comme la musicalité ("Musicalidade"). Ensuite, l'ancrage. De ce mouvement, naissent les choses, les arbres ("Juazeiro" de Luis Gonzaga, "Aveleira"), les forêts primaires... Ensuite, parler du péril. Donc il y a "Adamah". Puis "Hilda Francisco Acena", pour parler de ces migrants qui viennent nous aider, et sur qui on tire à bout portant.

- C'est alors que surgit un titre en anglais. Pourquoi ce choix ?
- Parce que quand on ne ratifie pas les accords de Kyoto et qu'on s'appelle l'Amérique, quand on est aussi intelligent que ce pays, je veux croire que les Américains portent en eux une force incroyable de retournement, qu'ils peuvent nous surprendre. J'ai voulu leur dire en anglais ce qu'ils pouvaient entendre, et ce vers, "Mankind has its own way", m'est venu ainsi. C'était politique. Bien sûr, l'humanité a ses raisons, et le sang existe dans la naissance comme dans le crime, nous ne sommes qu'à notre balbutiement d'existence. Je demande à cette Amérique de bien vouloir amener le monde à évoluer, puisque c'est elle qui a la parole forte actuellement, qu'on le veuille ou pas.

- Le disque s'achève sur une touche plus optimiste...
- Il arrive cette chose incroyable, au-delà du péril qui plane... "Estrelas", c'est quand on peut regarder la voûte étoilée, ces étoiles qui guident nos pas et qu'on devrait regarder tout le temps, comme dit Tico Da Costa, l'auteur de la chanson. Enfin, "Minas", c'est cette Terre qui m'a tellement appris. Et "Travessas dos Calafates" parle de ces bateaux, les jangadas, qui prennent la mer. Avant, les barques étaient réparées avec du goudron et de l'étoupe, cette espèce de chanvre : pour ne pas que le bateau prenne l'eau, on le "calfatait". Tico compare les calfats à son père qui avait réparé sa guitare pour qu'elle prenne la haute mer... C'est une très belle image. Et en effet, j'ai envie de dire que je suis optimiste parce que je pense que les millions de personnes que nous sommes sont beaucoup plus nombreuses que les intrigants au pouvoir. J'espère que cela nous donnera la chance, à un moment donné, de renverser la vapeur.

Par Annie Yanbékian - CULTUREBOX

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