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JAZZ LADIES
          THE SINGING PIANISTS
1926-1961


BLOSSOM DEARIE - ARETHA FRANKLIN - CAMILLE HOWARD - SHIRLEY HORN - NINA SIMONE - ROSE MURPHY - CLEO BROWN - JULIA LEE

Lorsque l’on épluche l’histoire du jazz, la voie royale vers la reconnaissance est souvent, pour les femmes du jazz, celle du vocal. Ensuite viennent les pianistes. Parmi elles, quelques-unes, ajoutant le chant à leur palette, ont su s’attirer les faveurs d’un large public. Ouvrant ainsi le chemin à quelques stars d’aujourd’hui. À ces pionnières, pianistes-chanteuses, Jean-Paul Ricard et Jean Buzelin rendent hommage dans cette rétrospective 3 CD.   
Patrick FRÉMEAUX


When you peel away the layers in jazz history, you often find that the ideal path to recognition followed by the ladies in the genre was… singing. Playing the piano came a close second, but among the pianists there were a few who, after adding songs to their palette, succeeded in attracting a wide audience. And in so doing, they also paved the way for more than one of today’s stars. This 3CD retrospective prepared by Jean-Paul Ricard and Jean Buzelin is a tribute to those pioneering singer-pianists.   
Patrick FRÉMEAUX


JAZZ LADIES
THE SINGING PIANISTS
1926-1961
Par Jean-Paul Ricard et Jean Buzelin

Si, dans le jazz, chanter n’interdit pas à une femme la voie d’accès à une large popularité, l’affaire est beaucoup plus compliquée dès lors qu’il s’agit de s’y afficher instrumentiste. Et pourtant, depuis que se sont développées les différentes formes de la musique populaire afro-américaine, on ne peut que constater l’omniprésence (discrète mais bien réelle) de représentantes incontournables dans une histoire trop souvent narrée de façon lacunaire en ce qui les concerne. Y trouver leur juste place n’a jamais été une partie de plaisir tant les résistances étaient fortes, de la famille à la scène, dans un milieu qui s’est toujours affiché profondément machiste.
Nous avons évoqué dans un précédent coffret (Jazz Ladies 1924/1962, FA 5663) la saga des femmes instrumentistes dans le jazz et les multiples obstacles rencontrés pour accéder à un minimum de reconnaissance. Si le chant et la pratique du piano étaient relativement bien perçus, l’accès aux autres instruments (trompette, trombone, saxophone…), considérés comme masculins, n’allait franchement pas de soi.
Historiquement, de la fin du XIXe siècle aux pre­mières années du XXe, si l’on se réfère aux souvenirs recueillis auprès des musiciens qui ont vécu cette époque(1) la plupart des noms de femmes qui sont cités sont ceux de chanteuses ou de pianistes. Car c’est un fait avéré qu’il existe des femmes pianistes depuis que le piano a été inventé. Et des femmes pianistes de jazz (et des musiques sources, blues, gospel) depuis les débuts de celui-ci, autour de 1900.

Tout a débuté il y a donc plus d’un siècle lorsque de nombreuses familles d’anciens esclaves se sont procurés de petits orgues, souvent joués par la mère qui l’enseignait aux enfants. C’est ainsi que débutèrent Eubie Blake, Jelly Roll Morton, W.C. Handy, Nat King Cole (pianiste-chanteur) ou Mary Lou Williams.
Dans son livre Jazz Women at the Keyboard, Mary Unterbrink(2) rapporte l’anecdote de Jelly Roll Morton visitant sa marraine pour écouter sa voisine chanter et jouer le blues. La voisine était Mamie Desdoumes qui n’avait que trois doigts à la main droite et qui, malgré cela, jouait de mélancoliques accords avec cette main droite et des basses ronflantes de la main gauche pour accompagner son triste chant.
Ces femmes pianistes (ou organistes) on les retrouve dans les églises et le gospel, interprètes de ragtime ou accompagnatrices de nombreuses chanteuses de blues. Lovie Austin a accompagné Ida Cox, Ma Rainey, Bertha “Chippie” Hill, Ethel Waters et Alberta Hunter. Ella Sheppard dirigeait les Fisk Jubilee Singers lors de leur première tournée en 1871. Pianiste, organiste et chanteuse, Sippie Wallace enregistre pour OKeh dans les années 20.
À la Nouvelle-Orléans les premières pianistes de la ville étaient des femmes, souvent aussi chanteuses. Dans ses mémoires(3), Louis Armstrong, outre Lil Hardin, en cite quelques-unes qui l’ont impres­sionné (Edna Frances, Wilhelmina Bart Wynn). On peut évoquer aussi Sweet Emma Barrett (1897-1983), pianiste et chanteuse autodidacte qui a travaillé avec l’Original Tuxedo Jazz Band (entre 1923 et 1936), Armand Piron et John Robichaux, puis a connu, tout comme sa consœur Billie Pierce (1907-1974), la célébrité avec le Preservation Hall Jazz Band des années 60, devenant l’une et l’autre des figures emblématiques du jazz traditionnel de la Nouvelle-Orléans.
Présentes sur les scènes du gospel et du blues, chanteuses et pianistes vont aussi chercher à faire leur place sur la scène du jazz. Peu nombreuses à y parvenir dans un premier temps (Lovie Austin, Lil Hardin Armstrong, Mary Lou Williams font presque figures d’exceptions), la Swing Era des années 30 va voir émerger nombre de chanteuses au sein des grandes formations, mais réduites le plus souvent à la fonction de « canari » attendant sagement contre le piano le moment de pousser la chansonnette.

La seconde guerre mondiale et le départ des hommes au front va paradoxalement imposer l’arrivée massive des musiciennes dans l’industrie du spectacle et du divertissement. Et même si elles seront peu enclines à céder leur place lorsque les hommes vont rentrer du front elles y seront contraintes par la pression sociale et masculine.
Ainsi la fin des années 40 voit se développer, porté par le succès public et l’appétit de quelques labels indépendants, l’engouement pour les pianistes-chanteuses. Championnes du hit et attractions privilégiées du circuit des clubs et cabarets, elles sont plusieurs à se partager les faveurs d’un public enthousiaste.
Souvent formées à l’école du boogie-woogie, elles savent imposer un jeu de piano original au service d’un travail vocal très personnel. Qui les rend populaires dans le champ de la musique de danse, du jazz et du rhythm and blues. C’est à cette époque que triomphent Cleo Brown, Julia Lee, Christine Chatman, Martha Davis, Nelly Lutcher, Hadda Brooks, Camille Howard, Paula Watson, Una Mae Carlisle et quelques autres, toutes pianistes et chanteuses.
Si les plus gros succès sont pour les filles proches du rhythm and blues on va, parallèlement et dans la suite de l’histoire, voir émerger un certain nombre de musiciennes à la vocation de concertiste classique contrariée et dont le choix de chanter aura souvent été le fruit d’une forte pression commerciale pour celles qui sont issues de la communauté blanche (Audrey Morris, Jerry Southern) ou d’un interdit de nature franchement raciste pour celles d’origine afro-américaine (Nina Simone, mais d’autres aussi). Pour certaines, ce fut simplement leur choix (Rose Murphy, Blossom Dearie), parfois dicté par la maladie (Dardanelle).

Car même si les contraintes restent importantes, même si la situation évolue (trop) lentement pour les musiciennes il n’en reste pas moins que le chant reste la voie privilégiée sur la route du succès commercial. Et cela, l’industrie du disque et les majors l’ont si bien assimilé qu’aujourd’hui les investissements consentis dans le domaine du jazz ne se font plus, quasi exclusivement, que dans le domaine vocal.
À ce titre, l’ensemble des pionnières réunies dans ce coffret, pianistes-chanteuses qui ont su faire de leur style un art à part entière et ont ouvert la route, ont bien mérité qu’hommage leur soit rendu.

Jean-Paul RICARD
© Frémeaux & Associés 2021
Notes :
(1) Louis Armstrong, Ma vie à La Nouvelle-Orléans (Éditions Coda, 2006)
(2) Mary Unterbrink, Jazz Women at the Keyboard (McFarland & Company, Inc., Publishers, 1983)
(3) Nat Shapiro & Nat Hentoff, Ecoutez-moi ça ! (Éditions Buchet-Chastel, 2015)



BIOGRAPHIES

HARDIN (ARMSTRONG) Lilian « Lil » (1898-1971), pianiste et chanteuse américaine. Après sa formation au piano classique elle débute aux côtés de Freddie Keppard (1917) puis joue avec le Creole Jazz Band de King Oliver (1920) et y rencontre Louis Armstrong qu’elle épouse en 1924. Elle participe aux enregistrements des Hot Five et Hot Seven du trompettiste puis, après son divorce (1938), elle dir

BROOKS Hadda (1916-2002) de son vrai nom Hadda Hopgood prend ses premières leçons de piano à 4 ans, étudie la musique classique et commence à jouer professionnellement au début des années 40, dans le studio du danseur et chorégraphe Willie Covan. Pour dix dollars la semaine elle y interprète les chansons populaires pour Fred Astaire, Gene Kelly et Shirley Temple. Même si elle préfère les ballades, elle forge son style à l’écoute des disques de Pete Johnson, Albert Ammons et Meade Lux Lewis. En 1945 elle réalise son premier enregistrement, Swingin’ the Boogie pour le label Modern que Jules Bihari fonde à cet effet. Suivent, avec succès, plusieurs instrumentaux (le plus souvent des boogies) puis, en 1946 et 1947 une série de chansons (proches du blues et des torch songs) qui se classent aux premières places du Top Ten (Out of the Blue, That’s my Desire). Le succès de ses enregistrements s’accompagne, son physique y contribuant, de quelques rôles au cinéma. En 1949 elle grave quatre faces pour Capitol puis, durant les années 50, tourne dans le circuit des nightclubs. Occultée par la vague du rock and roll elle émigre en Australie et y passe douze ans avant de regagner Los Angeles (en 1971) où elle reprend ses activités. Sa carrière connaît un regain d’intérêt dans les années 90, elle enregistre à nouveau et fait son entrée au Hall of Fame du Rhythm & Blues.

BROWN Cleo (1909-1995). Fille de pasteur elle apprend le piano à 4 ans et joue dans les églises. Son frère aîné, ami de Clarence « Pinetop » Smith, l’initie au boogie-woogie. À 14 ans, contre l’avis de ses parents, elle se produit avec une troupe de vaudeville et dans les clubs de Chicago. Souvent comparée à Fats Waller, elle remplace celui-ci à
New York pour une émission de radio sur CBS (1935). Sa puissante main gauche et sa voix sensuelle impressionnent ses auditeurs. Elle se produit au Three Deuces de New York et réalise plusieurs séances pour les labels Decca et Capitol. Accompagné du jeune batteur Gene Krupa, elle y dévoile un style original, ancré dans le boogie-woogie, mais pas seulement. Des éléments du stride sont aussi présents dans son jeu finalement assez sophistiqué.. Durant les années 40 des ennuis de santé l’amènent à gagner la Californie où, touchée par la foi elle rejoint l’Église Adventiste du Septième Jour et devient infirmière (de 1953 à 1973). Elle revient ensuite à la musique mais infléchit son style vers une inspiration religieuse et se produit dans les églises, sous le nom de C. Patra Brown, à Denver dans le Colorado. C’est là que la retrouve, avouant son influence sur elle, Marian McPartland qui l’invite dans son émission « Piano Jazz ». Le programme, enregistré, fait l’objet de l’ultime album de Cleo Brown (Living in the Afterglow, sur le label Audiophile).

CARLISLE Una Mae (1915-1956) est découverte par Fats Waller à Cincinnati (1932). Elle travaille avec lui et se produit en club comme pianiste et chan­teuse. En 1937 elle traverse l’Atlantique, grave ses premières faces à Londres (1938) puis s’installe à Paris où elle joue au Bœuf sur le Toit et enregistre avec le clarinettiste Danny Polo. En 1939 elle regagne New York, obtient un contrat avec le label Bluebird et enregistre avec Fats Waller, Benny Carter, Lester Young et le sextet du contrebassiste John Kirby. Pianiste subtile dans la tradition stride, elle fait penser vocalement à Billie Holiday mais avec une charge émotionnelle moindre.
Elle tourne dans les clubs à New York, produit des émissions à la radio et à la télévision et, en 1950, enregistre pour Columbia. Mais, atteinte d’un cancer, elle cesse sa carrière en 1954.

CHATMAN Christine (?-?), surnommée la « Boogie Woogie Queen » a effectué sa première séance de disques pour Decca, à New York en avril 1944, sous la supervision de Sammy Price ; aussi on a cru longtemps que ce dernier tenait le piano, alors que c’était bien la chanteuse qui s’accompagnait soli­dement sur les quatre titres. On la retrouve ensuite à Chicago en février 1949 en compagnie de l’orchestre du saxophoniste Gene Ammons lors d’une session Aristocrat/Chess. Ses autres faces ont été réalisées à Los Angeles en 1953/54 avec le batteur Peppy Prince, et en 1955 avec le saxophoniste Jack McVea. Elle semble ensuite avoir dirigé sa propre formation et, d’après son neveu, jouait dans un show dans les années 70.

DARDANELLE (Marcia Marie Mullen Hadley) (1917-1997) chanteuse, pianiste et vibraphoniste est née à Avalon (Mississippi). Fille d’un pianiste spécialiste du ragtime, elle étudie le piano en vue de faire une carrière de concertiste. Une attaque de polio met fin à ses ambitions et elle travaille comme pianiste dans une radio locale. Au début des années 40 elle gagne New York, joue dans les clubs et, à l’occasion, remplace Dinah Washington dans l’orchestre de Lionel Hampton au Café Zanzibar. Signée par Joe Glaser, manager de Louis Armstrong, elle forme un trio inspiré par celui de Nat King Cole avec Tal Farlow à la guitare. Elle enregistre ses premières faces en 1945 (pour Audiophile), 1946 (pour Victor) et 1950 (pour Columbia). Au milieu des années 50 elle s’installe à Chicago où elle travaille pour la radio et la télévision (elle y anime un show pour les enfants sous le nom de Tante Dody) jusqu’en 1961. Elle se retire alors de la scène musicale pour se consacrer à sa famille. Puis, installée dans le New Jersey, elle reprend ses activités, en trio (avec son fils à la batterie) avant d’enregistrer avec le guitariste Bucky Pizzarelli, le contrebassiste George Duvivier et le batteur Grady Tate. Suivent, dans les années 80 et 90, une dizaine d’albums pour les labels Stash et Audiophile.

DAVIS Martha (1917-1960) est née à Wichita (Kansas) mais elle grandit à Chicago où elle fréquente le lycée Du Sable aux côtés de Dorothy Donegan. Au début des années 30 elle rencontre Fats Waller qui lui fait partager sa dextérité pianistique et lui permet d’intégrer le circuit des clubs et d’interminables jam-sessions. Au cours de l’une
d’elle (1939) elle rencontre le contrebassiste Calvin Ponder et l’épouse. Celui-ci, membre de l’orchestre d’Earl Hines, ne l’accompagnera qu’à partir de 1948. Installés en Californie, Martha effectue ses débuts discographiques sur le label indépendant Urban Records. Le couple enregistre ensuite (1947) pour Jewel Records et Martha grave une série de duos avec Louis Jordan. Leur succès facilite la signature de Martha par Decca. Suit une grande popularité (radio, télévision) pour Martha Davis & Spouse (surnom de son mari), jusqu’au milieu des années 50. Il faut néanmoins attendre 1957 pour qu’ils enregistrent à nouveau, deux albums pour ABC Paramount.

DEARIE Marguerite « Blos­som » (1926-2009) débute le piano à 5 ans, écoute les big bands à la radio et, encore adolescente, rejoint les Blue Flames, le groupe vocal de Woody Herman. Elle décide alors de chanter en jouant du piano et, au début des années 50, se produit dans les clubs de Greenwich Village. À l’invitation de Nicole Barclay elle vient à Paris (1952) et y forme les Blue Stars de Paris, groupe vocal composé de quatre hommes et quatre femmes. En 1956 elle regagne New York, accompagné de Bobby Jaspar qu’elle vient d’épouser. Elle enregistre alors six albums pour le label Verve (jusqu’en 1960) qui lui assurent l’attachement fidèle d’un public charmé par sa voix acidulée, juvénile et fragile. Et qu’elle séduit aussi lors de ses passages en club, au Village Vanguard de New York, comme en Europe et en France où elle revient régulièrement à partir de 1982. Dans les années 80 elle fonde son propre label, Dafodil, sur lequel sont publiés une quinzaine d’albums.

DRANES Juanita « Arizona » (1894 ou 89/91-1969), aveugle de naissance née à Dallas, d’origine africaine-américaine et mexicaine. Elle apprend le piano vers 10 ans et commence à jouer dans les meetings reli­gieux au Texas. Fréquente la Church On God In Christ, église sanctifiée renommée, Elle enregistre à Chicago pour OKeh en 1926, en soliste et avec une chorale, puis en 1928 à Dallas. Outre ses prestations remarquées aux conventions annuelles de la COGIC à Memphis, elle tourne continuellement dans le Sud jusqu’à la fin des années 40. Son style de piano syncopé, polyrythmique, nourri de ragtime et de barrelhouse boogie, marquera profondément Roberta Martin, Clara Ward et Alex Bradford, et son expression vocale influencera notamment Sister Rosetta Tharpe qui la croisera à plusieurs reprises.

FRANKLIN Aretha (1942-2018), fille du célèbre révérend C.L. Franklin, née à Memphis. Avant de devenir la Queen of Soul puis, plus généralement, d’être considérée comme l’une des plus grandes chanteuses de l’histoire de la musique amé­ricaine, Aretha a fait ses armes à l’église, tandis que passaient à la maison Mahalia Jackson, Sam Cooke, Clara Ward son idole… mais aussi Art Tatum et Oscar Peterson. Cette atmosphère stimulante lui permet de s’affirmer très jeune, et c’est âgée de 14 ans qu’elle est enregistrée dans l’église de son père, la New Bethel Baptist Church de Détroit. S’orientant ensuite vers le jazz et la pop, elle réalise ses premiers disques dès 1960 pour Columbia avant de bifurquer chez Atlantic en 1967 dans l’univers de la soul music qui lui apportera une renommée planétaire. Renouant régulièrement avec le gospel, elle publie en 1972 un album, « Amazing Grace », qui sera un énorme succès.

HORN Shirley (1934-2005). Née à Washington, encouragée par sa grand mère organiste amateur, elle prend ses pre­mières leçons de piano à l’âge de 4 ans. À 12 ans elle étudie l’instrument et la composition à l’université de Howard. Inspirée par Erroll Garner, Oscar Peterson et Ahmad Jamal, elle dirige un trio dès 1954. Soutenue par Miles Davis et quelques musiciens elle joue à New York et y réalise ses premiers enregistrements (1960). Signée par Mercury, Quincy Jones la produit seulement comme chanteuse. Elle interrompt alors sa carrière pour s’occuper de sa famille, ne jouant plus que dans les clubs de Washington. En 1978 elle reforme un trio et, jusqu’en 1984, enregistre plusieurs albums pour le label danois SteepleChase. Relancée, on la voit alors dans les grands festivals et elle connaît enfin la notoriété grâce à une série d’albums magnifiques réalisés pour le label Verve. Elle y affirme son univers vocal raffiné et son art pianistique avec une rare maîtrise. Jusqu’à sa disparition suite à des complications diabétiques.

HOWARD Camille (1914-1993), de son vrai nom Camille A. Browning, émigre, comme beaucoup, du Texas vers la Californie et devient, en 1943, la pianiste du chanteur-batteur Roy Milton, future grosse vedette du R&B. Pilier de la formation jusqu’en 1955, elle chante occasionnellement – Thrill Me obtient un n° 5 au Top R&B – et son patron l’accompagne lui-même dans les disques qu’elle grave sous son propre nom pour Specialty comme lui. L’essentiel de sa carrière se déroule donc à l’ombre de Milton et, après l’avoir quitté, elle enregistre encore quelques faces à Chicago en 1956 avant de se retirer définitivement du monde musical. Pianiste de premier ordre, excellente dans les boogie-woogies instru­mentaux, Camille Howard, au-delà d’un swing naturel et d’un sens du tempo parfait, dynamise son entourage tout en nourrissant la musique produite.

JOHNSON Louise (?-?), était, au dire des rares témoignages, une petite femme d’une vingtaine d’années qui, au tournant des années 20 et 30, jouait et chantait dans les plantations de la région de Clarksdale, au cœur du Delta. Nous n’aurions jamais entendu parler d’elle si elle n’avait pas accompagné, en mai 1930, son petit ami Son House et le fameux Charley Patton (avec qui elle fut également liée) ainsi que Willie Brown, à Grafton (Wisconsin) où ces grands bluesmen étaient convoqués par Paramount pour une séance d’enregistrement. Par chance, elle put graver quatre morceaux, témoignages puissants et étonnants du style de piano primitif robuste et syncopé qu’elle pouvait jouer dans les barrelhouses. Seule femme pianiste du Mississippi connue à cette époque grâce à ses deux 78 tours, Louise Johnson retomba aussitôt dans l’anonymat ; elle aurait vécu à Memphis dans les années 40.

KANSAS CITY KITTY (?-?), de son vrai nom Thelma Holmes paraît-il, est encore un personnage mystérieux. Elle aurait enregistré sous ce même surnom pour Vocalion en 1930 et 1931 – 9 disques parus – accompagnée au piano par Georgia Tom (Thomas A. Dorsey). Et peut-être, à la même époque, toujours avec Georgia Tom (et Big Bill Broonzy) sous le nom de Jane Lucas pour Champion et Paramount. Mais cette Jane Lucas se confondrait avec une certaine Hannah May, et les deux pourraient être en fait la chanteuse Mozelle Alderson ! Impossible de s’y retrouver, l’audition n’étant pas fiable avec les disques de cette époque, tous gravés à Chicago. Toujours est-il que celle qui nous intéresse s’accompagne elle-même au piano et a enregistré uniquement 4 faces pour Bluebird en 1934. Son jeu reste assez primitif mais s’inscrit dans une forme déjà classique.

LEE Julia (1902-1958) chante, dès l’âge de 4 ans, avec le trio à cordes de son père, violoniste. Elle étudie le piano et joue avec un orchestre de jeunes. À 14 ans (et pendant une quinzaine d’années) elle est la pianiste de l’orchestre de son frère aîné, George E.Lee. En 1934 elle est engagée au Milton’s de Kansas City où elle reste jusqu’en 1948, jouant à l’occasion avec Ben Webster, Lester Young, Count Basie et Hot Lips Page. En 1945 elle réalise, pour Capitol, ses premiers enregistrements sous son nom, accompagné par des musiciens de Kansas City. Avec Gotta Gimme Whatcha Got elle s’installe au sommet du Hit Parade, catégorie Rhythm & Blues, enchaînant les succès de 1946 à 1949 dans le style typique de Kansas City, proche au piano de Jay McShann et Count Basie et, vocalement, dans une veine jubilatoire où abondent paroles à double ou triple sens.

LITTLEJOHN Ira Mae (?-?), qui enregistra en 1947 sous ce nom pour Modern et en 1950, toujours pour la même maison, sous le nom de Lillie Mae Littlefield, grava également des disques en 1950 et 1952 pour Manor sous celui de Sister Lillie Mae Littlejohn. Difficile de s’y retrouver si ce n’est que l’on a affaire à une chanteuse particulièrement puissante et déterminée, qui se double d’une pianiste tout aussi vigoureuse. Entre église et « bastringue », on peut la considérer, malgré sa faible notoriété, comme une sorte de chaînon entre Arizona Dranes et Clara Ward.

LUTCHER Nellie (1912-2007) est née en Louisiane dans une famille de musiciens (père contrebassiste, mère pianiste). Elle est très tôt initiée à la musique, débute dans l’orches­tre familial avant de rejoindre, à 14 ans, l’Imperial Jazz Band de Clarence Hart. En 1935 elle gagne la Californie, chante et joue du piano dans les clubs de Los Angeles. Signée par Capitol, dès sa deuxième séance elle connaît le succès avec He’s A Real Gone Guy (1947) puis enchaîne les hits. Très populaire durant les années 50, le public adore son jeu de piano swinguant et ses effets vocaux aussi sophistiqués que plein d’humour Elle effectue une tournée en Grande-Bretagne et en Europe avec son trio et celui de Nat King Cole. En 1952 elle quitte Capitol pour Columbia, investit dans l’immo­bilier, s’active au sein du syndicat des musiciens de Hollywood et réduit progressivement son activité de musicienne. Avant de se relancer dans les années 70 et d’effectuer de longs engagements au Cookery de New York.

MARTIN Madonna (?-?), malgré son surnom de « Sepia Sophie Tucker » figurant sur un petit pavé publicitaire, est une obscure pianiste-chanteuse qui se produisait alors au Silver Frolics de Chicago. C’est pourtant à Los Angeles, en juillet 1949, qu’elle participa à sa seule séance d’enregistrement, laquelle donna deux 78 tours. Robuste pianiste, elle s’exprime sur le boogie-woogie dans un esprit proche d’Albert Ammons.

MORRIS Audrey (1928-2018). Dès son enfance à Chicago elle étudie le piano classique, écoute la radio et se nourrit des chansons populaires. Pianiste dans l’orchestre de son école, elle rejoint un ensemble de filles dont l’arrangeur lui demande de chanter. Dès lors (1950) elle chante et joue du piano dans les clubs de la ville, se spécialisant dans l’interprétation de ballades. En 1954 elle est engagée au Mister Kelly’s où viennent l’écouter Billie Holiday et Duke Ellington. En 1955 elle enregistre son premier album Bistro Ballads pour le petit label « X », filiale de RCA et, l’année suivante The Voice of Audrey Morris pour Bethlehem. Elle y dévoile une belle sensibilité et une diction impeccable au service de mélodies originales. Suit un long engagement au London House de Chicago, jusqu’à la fin des années 60, date où elle réduit ses activités pour élever son fils. Elle effectue son retour en 1981, crée son propre label (FancyFree) et enregistre à nouveau. Signant quatre albums qui témoignent de son art et de ses qualités intactes.

MURPHY Rose (1913-1989). L’étude du piano à 7 ans et l’écoute de la radio (Art Tatum, Ella Fitzgerald, Billie Holiday) la conduisent à abandonner sa for­mation à l’enseignement pour se produire (1933) dans les clubs de Cleveland puis de Los Angeles et de New York. Elle s’y forge un style original de pianiste (appréciant Teddy Wilson et Mary Lou Williams) en marquant le rythme avec le pied frappant une tablette de bois. Le succès (1948) de Busy Line puis de I Wanna Be Loved By You (1950) imposent le charme de sa voix acidulée de gamine malicieuse, ses onomatopées et gazouillis qu’imiteront affectueu­sement Marylin Monroe (poo-poo-pee-doo) et Ella Fitzgerald. Devenue la « Chee-Chee Girl » elle se produit, souvent accompagnée des contrebassistes Major Holley et Slam Stewart, dans les clubs américains les plus huppés et en Europe. En France elle enregistre pour Black and Blue (1980).

SIMONE Nina (Eunice Kathleen Waymon) (1933-2003). Dès 4 ans elle étudie le piano, avant de poursuivre sa formation musicale à la Juilliard School de New York avec l’ambition de faire une carrière de soliste classique. Rêve brisé dans l’Amérique blanche et qui va en faire une personnalité forte dans les luttes pour les droits civiques. En 1954 elle débute comme pianiste dans un club d’Atlantic City où le public lui demande de chanter. Prenant le pseudonyme de Nina Simone elle enregistre pour Bethlehem (1957), puis Colpix (9 albums de 1959 à 1964) et Phillips ( de 1964 à 1966) et se produit dans les festivals et salles de concert du monde entier avec un répertoire empruntant au jazz, au blues, aux variétés et aux musiques du monde. De 1966 à 1974, sous contrat chez RCA, elle grave neuf albums associant blues, pop et chansons militantes. De plus en plus virulente, sa personnalité taciturne et tourmentée la conduit, lassée de l’Amérique, à s’établir en France (1993) où elle termine sa vie, celle de l’une des légendes de la musique noire.

SMITH La Vergne (?-?). De cette chanteuse, native de La Nou­velle-Orléans on ne connaît guère que les trois albums qui constituent sa discographie. Créole, autodidacte, elle s’est produite, à partir de 1947 et tout au long des années 50, dans la plupart des clubs et cabarets du quartier français. Et notamment, à partir de 1954, à l’Absinthe House où, dans un style intimiste et proche du blues elle servait à merveille un répertoire de torch songs et de standards.

SOUTHERN Jeri (Genevieve Lillian Hering) (1926-1991). Née dans le Nebraska elle com­mence à jouer du piano à 3 ans avant d’étudier la musique et le chant classique à Omaha. Elle débute professionnellement en 1944 mais l’écoute d’un pianiste de jazz dans un club change ses intentions. Elle gagne Chicago et se produit dans les clubs où, à l’occasion, elle accompagne Anita O’Day. Convaincue de chanter par son agent, elle adopte son nom de scène et se spécialise dans l’interprétation de chansons senti­mentales (torch songs) d’une voix embrumée, intimiste et à l’articulation parfaite. Signée par Decca elle obtient son premier grand succès avec You Better Go Now (1951). Après sept albums pour le label elle le quitte pour Roulette (1957) puis Capitol (1958). En 1961, installée en Californie, elle cesse de se produire en public et devient coach vocal, enseignant technique vocale et piano à Hollywood. Jusqu’à sa disparition, d’une pneumonie, à l’âge de 64 ans.

SPIVEY Victoria
(1906-1976), originaire de Houston (Texas), jouait déjà du piano à l’âge de 12 ans au Lincoln Theater de Dallas. Son premier disque, Black Snake Blues, enregistré en 1926, obtient un succès considérable auprès de la population noire et lui ouvre les portes des grands théâtres new-yorkais. En 1929, elle joue l’un des premiers rôles du film « Hallelujah » de King Vidor. Jusqu’en 1937, Victoria Spivey grave de très nombreux disques avec des accompagnateurs de premier plan, comme Louis Armstrong ou Lonnie Johnson, mais, sauf exceptions, ne tient pas le piano. Toujours présente sur les grande scènes (Apollo en 1948) et effectuant de nombreuses tournées, elle réduit ses activités durant les années 50 avant de réapparaître, à la faveur du blues revival, dans les clubs de Greenwich Village. Elle réenregistre à nouveau abondamment, en s’accompagnant à présent au piano (et aussi à l’orgue et au ukulele) et fonde sa propre maison de disques, Spivey Records, en 1961, donnant leur chance à de nombreux jeunes musiciens dont Bob Dylan ! Elle vient en France en 1963 avec la tournée de l’American Folk Blues Festival, et en 1974 pour un show TV réalisé par Jean-Christophe Averty. Chanteuse à la voix aiguë, claire et acide, elle s’accompagne à la manière de la compositrice qu’elle a toujours été.

THOMAS “Frantic” Fay (?-?), n’est connue que par une photo. Imitatrice de Rose Murphy (petits bruits vocaux, siffle­ments, scat…) en plus bluesy, elle était active sur la côte Ouest et obtint un modeste hit au Top R&B du Billboard en juillet 1949 avec I Don’t Want Your Money Honey, premier des trois 78 tours qu’elle grava chez Exclusive. Elle enregistra également pour Swingtime.

THOMAS Lillette (?-?), aussi peu connue que son homonyme, elle n’enregistra que quatre 78 tours pour Sterling Records, à Los Angeles en 1945/46. Cette petite maison de disques lui fit toutefois de la publicité dans les revues musicales, la présentant comme une « maîtresse » du piano, de l’orgue et du solovox (!), et insistant sur sa tournée de 14 mois qui la conduisit de Casablanca à Téhéran, en passant par l’Égypte et la Palestine pour soutenir le moral des G.I.’s, puis l’emmena en Amérique du Sud. Elle fit également, durant de longs mois, les belles soirées du Carlton Cocktail Lounge de Reno (Nevada). Sans être une pure spécialiste du boogie-woogie, elle le joue parfaitement dans un style assez élaboré grâce à une excellente technique classique qui lui permet de s’exprimer dans d’autres genres musicaux.

WARD Clara (1934-1973), est née dans une famille pauvre de Philadelphie. Sa mère Gertrude, sa sœur Willa, et elle-même vont former un groupe en 1937, les Ward Singers, qui feront sen­sa­tion à la National Baptist Convention en 1943. À partir de 1949, avec des formules et personnels variables, elles enregistrent un nombre considérable de disques, obtenant d’énormes succès, et deviennent le groupe de gospel le plus populaire du pays, Clara, qui a pris la tête de l’ensemble, est une personnalité exceptionnelle : chanteuse, pianiste, animatrice, arrangeur, elle a mené ses chanteuses sur les scènes les plus prestigieuses, du Carnegie Hall au Newport Jazz Festival, en passant par l’Apollo, les théâtres de Broadway et les clubs chics de Las Vegas. En dehors de son exubérance et de l’aspect tapageur du groupe, elle a su faire entendre sa voix caractéristique un peu nasale, notamment dans ses enregistrements solistes. Aretha Franklin, qui l’a beaucoup fréquentée chez son père, l’a reconnue comme sa principale inspiratrice.

WATSON Paula (1927-2003), est l’une des nombreuses chan­teuses-pianistes qui appa­raissent sur la côte Ouest après-guerre à la suite de Nellie Lutcher, Julia Lee, Rose Murphy ou Martha Davis. Elle obtient avec A Little Bird Told Me, un N° 2 R&B et un N° 6 Pop dès son premier disque pour Supreme, A Little Bird Told Me, dont nous avons choisi l’autre face, Pretty Papa Blues où son jeu de piano est mieux mis en valeur. Un piano qu’elle abandonnera plus ou moins lors de ses séances de disques pour Decca en 1949/50, puis pour MGM à New York en 1953. Mais sa carrière phonographique est de courte durée et Paula Watson quitte les États-Unis pour le Royaume-Uni – elle enregistre un LP à Londres en 1962 – où elle se produit dans les cabarets durant les années 60 et 70. Cette vocaliste rowdy au jeu vigoureux résidait à Hambourg vers la fin de sa vie.

WEBSTER Katie (1939-1999), née Kathryn J. Thorne à Houston, s’installe à Lake Charles, au cœur du bayou louisianais, en 1958. Ses talents de pianiste – elle joue également de l’orgue – sont rapidement mis à contribution pour accompagner, sur disques, la plupart des artistes du swamp blues (Lightnin’ Slim, Lonesome Sundown, Slim Harpo, Clifton Chenier…), tandis qu’elle enregistre sous son nom pour divers petits labels. Très éclectique et dotée d’une excellente formation musicale, elle dirige un petit ensemble et a l’occasion d’accompagner Otis Redding en concert. Mais elle doit attendre le début des années 80 et une première tournée européenne pour obtenir enfin une reconnaissance internationale qui se traduit par la publication d’une bonne dizaine d’albums.

WHITE Georgia (1903-ca. 1980), émigre de sa Géorgie natale à Chicago dans les années 20. Elle se produit à l’Apex Club avec l’orchestre du clarinettiste Jimmie Noone et enregistre avec lui en 1930. Mais c’est à partir de 1935 qu’elle entame une fruc­tueuse carrière discographique pour Decca, obtenant plusieurs succès, notamment sa reprise de Trouble in Mind avec le compositeur de ce grand classique, Richard M. Jones, au piano. Parmi les quelques 90 faces qu’elle grave jusqu’en 1941, elle ne s’accompagne pas toujours elle-même, alors que son jeu de piano solide, chantant, dynamique et swinguant, hérité de la tradition barrelhouse, colle parfaitement avec sa voix de contralto forte, parfois rauque, à l’intonation mordante. Très active dans les clubs de la Cité du Vent durant les années 30 et 40, elle forme un all-girl band à la fin de la décennie, et joue avec le Big Bill Broonzy’s Laughing Trio en 1949/50. Georgia White se retire de la scène à la fin des années 50.

Jean-Paul RICARD & Jean BUZELIN
© Frémeaux & Associés 2021

Photos & collections : Jean-Paul Ricard, Jean Buzelin, X (D.R.)
Remerciements à Étienne Peltier

Nous dédions cette anthologie à la mémoire de notre ami et collègue Alain Tercinet avec qui nous avons partagé tant de moments fraternels et musicaux depuis de si longues années.


JAZZ LADIES
THE SINGING PIANISTS
1926-1961
By Jean-Paul Ricard et Jean Buzelin

In the jazz world, while singing doesn’t prevent any woman from becoming highly popular, the issue is much more complicated when the lady also bills herself as an instrumentalist. However, ever since different forms of Afro-American popular music have been developing, you can’t help but notice the omnipresence — discreet, but quite real — of the female representatives of the genre who are unavoidable figures, even though their story, when told, is all too often incomplete. For artists like these, finding their rightful place was never particularly pleasant: they met with strong resistance, both in family circles and onstage, in a milieu that had always shown itself misogynist.
In a previous set (Jazz Ladies 1924/1962, FA 5663) we related the saga of female instrumentalists in jazz, and the many obstacles they encountered before they met with even minimal recognition. While the fact they sang and played the piano was perceived relatively well, it was quite a different matter when the ladies played other instruments (the trumpet, trombone or saxophone, to name only three) because those were considered to be a masculine domain.
Historically, from the end of the 19th century to the beginning of the 20th, and if you refer to the memoirs of those musicians who lived in that era (1), most of the women’s names that have a mention belong to singers or pianists. And it’s a fact: not only have there been female pianists ever since the invention of the piano, but female jazz pianists (and musical sources like blues and gospel) have with us ever since the beginnings of jazz, in around 1900.
So it all began more than a century ago, when numerous homes and the families of former slaves acquired little organs, often played by mothers who in turn taught their children to play also. This was how Eubie Blake began, along with Jelly Roll Morton, W.C. Handy, Nat King Cole (a singer-pianist) and… Mary Lou Williams. In her book Jazz Women at the Keyboard, Mary Unterbrink(2) relates how Jelly Roll Morton, on a visit to his grandmother’s home, heard her neighbour singing and playing the blues. The neighbour was Mamie Desdoumes, who had only three fingers on her right hand and who, despite her handicap, used that same hand to play chords filled with melancholy, accompanying her sad songs with the sonorous bass line she played with her left.
You could find these musicians sitting at the piano (or organ) in churches and in gospel music, either playing ragtime or else accompanying some of the many female blues singers. Lovie Austin played with Ida Cox, Ma Rainey, Bertha “Chippie” Hill, Ethel Waters and Alberta Hunter; Ella Sheppard conducted the Fisk Jubilee Singers on their first tour in 1871; and Sippie Wallace, who was a pianist, an organist, and also a singer, used to record for the OKeh label in the Twenties. In New Orleans, the city’s first pianists were women, and they often sang too. In his memoirs(3), Louis Armstrong names a few who made an impression on him, apart from Lil Hardin, such as Edna Frances and Wilhelmina Bart Wynn. One can also mention Sweet Emma Barrett (1897-1983), a self-taught pianist and singer who worked with the Original Tuxedo Jazz Band (between 1923 and 1936), with Armand Piron and John Robichaux, and then, like her peer Billie Pierce (1907-1974), reached fame with the Preservation Hall Jazz Band of the Sixties. Both ladies became emblematic figures in traditional New Orleans jazz.
Singers and piano-players on the gospel and blues circuits would also try to make their way into the spotlight on the jazz scene. In the early days, only a handful would make it, and Lovie Austin, Lil Hardin Armstrong and Mary Lou Williams can almost be considered exceptions. The Swing Era of the Thirties would see the emergence of a number of female vocalists in the ranks of the big bands, although their role was most often that of a “canary”, a singer reduced to leaning quietly against the piano until it was time to warble…
The Second World War, and almost every male’s departure to the Front, was a paradox in that in the entertainment industry it imposed the introduction of female musicians en masse. And even if those ladies were little inclined to give up their places once the menfolk returned from war, social (and masculine) pressures obliged them to do so. The end of the Forties saw a taste develop for lady singer-pianists, carried by the public success and appetite of a few independent record-labels. These female musicians were champions of the hit parade as well as privileged attractions on the club circuit, and there were several of them to share the favours of an enthusiastic audience. Often schooled in boogie-woogie, they skilfully established an original style of piano- playing that served their highly personal work as vocalists. It made them popular in dance music, jazz and rhythm & blues. This was the period that saw Cleo Brown triumph, along with Julia Lee, Christine Chatman, Martha Davis, Nelly Lutcher, Hadda Brooks, Camille Howard, Paula Watson, Una Mae Carlisle and a few others. All of them played piano and sang.
The biggest hits were reserved for the girls close to rhythm & blues, but in parallel, as a kind of sequel to that first chapter, came the emergence of a number of female musicians whose vocations as classical concert pianists had been thwarted; and their choice to also take up singing was often guided by strong commercial pressures, like those exerted on women from white communities (Audrey Morris, Jerry Southern), or by the censorship of a frankly racist nature that affected musicians who were African-American in origin (Nina Simone, of course, but there were others.) For some of them, it was simply a matter of choice (Rose Murphy, Blossom Dearie), sometimes dictated by illness (Dardanelle).
Even if the constraints were important, and even if their situation evolved all too slowly for the female musicians concerned, it is still true that singing remained the royal road that led to commercial success. And the major companies in the recording industry assimilated that truth so well that today their investments in the jazz sphere are almost exclusively devoted to the vocal domain. In that respect, every one of the pioneers gathered in the present set — these singing, lady jazz-pianists who turned their style into an art form all of its own and opened up the way for the others — deserves the tribute that is made to her here.
Jean-Paul RICARD
© Frémeaux & Associés 2021


Notes:
(1) Louis Armstrong, Satchmo: My Life In New Orleans (Da Capo)
(2) Mary Unterbrink, Jazz Women at the Keyboard (McFarland Publishing)
(3) Nat Shapiro & Nat Hentoff, Hear Me Talkin’ To Ya! (Souvenir Press)
Photos & collections: Jean-Paul Ricard, Jean Buzelin, X (D.R.)
Thanks to Étienne Peltier

We dedicate this anthology to the memory of our friend and colleague Alain Tercinet, with whom we shared so many moments of friendship and music for so many years.



DISCOGRAPHIE

CD 1 - 1926-1961

1. (LOOKIE, LOOKIE, LOOKIE,) HERE COMES COOKIE (M. Gordon)    39395-A
2. THE STUFF IS HERE AND IT’S MELLOW (W. Smith - W. Bishop Jr - C. Williams)     39398-A
3. MAMA DON’T WANT NO PEAS AN’ RICE AN’ COCOANUT OIL (L. Wolfe Gilbert - L. Charles)    39580-A
4. WHEN HOLLYWOOD GOES BLACK AND TAN (L. René)    DLA-270-A
5. HARLEM ON SATURDAY NIGHT (F. Johnson - C. Smith)    64606-A
6. CLIP JOINT (Lil Armstrong)    371
7. LOVED WALKED IN (G. & I. Gershwin)     DR-3657-1
8. PAPA’S IN BED WITH HIS BRITCHES ON (J. Stone)     054676-2
9. I MET YOU THEN, I KNOW YOU NOW (U.M. Carlisle - L. “Stuff” Smith) 057642-1
10. I’M A GOOD, GOOD WOMAN (U.M. Carlisle - B. Young)    7172
11. DREAM LUCKY BLUES (J. Lee)    20240
12. GOTTA GIMME WHATCHA’ GOT (J. Lee)    1371-1
13. A PORTER’S LOVE SONG (J.P. Johnson - A. Razaf)    1378-2
14. NOBODY KNOWS YOU WHEN YOU’RE DOWN AND OUT (J. Cox)    2045-2
15. PAGAN LOVE SONG (N.H. Brown - A. Freed)    2441-1
16. PRETTY PAPA BLUES (A. Hunter)    AP-140-A
17. STICK BY ME BABY (D. Williams - P. Stansel)    AP-142-A
18. THRILL ME (C. Howard)    3 / SP 518
19. YOU DON’T LOVE ME (L. Glenn - D. Albert)    SP 318
20. WITHIN THIS HEART OF MINE (E. di Capua - G. Capurro, arr.C. Howard) SP 352
21. I’M BLUE (C. Howard)    SP 370
Gospel Roots
22. IT’S ALL RIGHT NOW (B.F. Butts - adapt. J. Dranes)    9738-A
23. I WANT TO SEE JESUS (Trad.)    MM826
24. BLESSED ASSURANCE (P. Knapp - F.J. Crosby)    12523
25. WHILE THE BLOOD RUNS WARM (J. White)    13240
26. YIELD NOT TO TEMPTATION (H.R. Palmer)    13241
(1-2) Cleo Brown (p, vo), Perry Botkin (g), Artie Bernstein (b), Gene Krupa (dm). New York City, 12/03/1935.
(3) Cleo Brown (p, vo), Mike McKendrick (g), Leonard Bibbs (b), Albert “Tubby” Hall (dm). NYC, 08/06/1935.
(4) Cleo Brown (p, vo), Bobby Sherwood (g), Mannie Stein (b), Vic Berton (dm). Los Angeles, CA, 20/11/1936.
(5) Lil Armstrong (p, vo) & Her Swing Orchestra: Reunald Jones (tp), J.C. Higginbotham tb), Buster Bailey (cl), Wellman Braud (b), O’Neil Spencer (dm). NYC, 09/09/1938.
(6) Lil Hardin Armstrong (p, vo) & Her Orchestra: Bill Martin, Ray Nabors (tp), Preston Jackson, Al Wynn (tb), Darnell Howard, Franz Jackson (cl), Pops Foster (b), Booker Washington dm). The Birdhouse, Chicago, 07/09/1961.
(7) Una Mae Carlisle (p, vo) & Her Jam Band: Dave Wilkins (tp), Bertie King (cl,ts), Alan Ferguson (g), Len Harrison (b), Hymie Schneider (dm). London, 20/05/1938.
(8) Una Mae Carlisle (p, vo), John “Bugs” Hamilton (tp), Albert A. “Al” Casey (g), Cedric Wallace (b), Wilmore “Slick” Jones (dm). NYC, 02/08/1940.
(9) Una Mae Carlisle (p, vo), Everett Barksdale (g), Leroy “Slam” Stewart (b), Zutty Singleton (dm). NYC, 13/11/1940.
(10) Una Mae Carlisle (p, vo), Ray Nance (tp), Albert “Budd” Johnson (ts), Eugene “Snags” Allen (g), Basic Robinson (b), Rosiere “Shadow” Wilson (dm). NYC, 23/05/1944.
(11) Julia Lee (p, vo) & Instrumental Trio: Efferge Ware (g), Ben Curtis (b), Sam “Baby” Lovett (dm). Kansas City, MO, Summer 1945.
(12) Julia Lee (p, vo) & Her Boy Friends: Vernon “Geechie” Smith (tp), Henry Bridges, Jr (ts), Hilton “Nappy” Lamare (g), William K. “Billy” Hadnott (b), Baby Lovett (dm). Los Angeles, CA, 23/08/1946.
(13) Same, but Leonard “Lucky” Enois (g) replaces Lamare. LA, 26/08/1946.
(14) Julia Lee (p, vo). LA, 11/06/1947.
(15) Julia Lee (p, vo) & Her Boy Friends: Vernon “Geechie” Smith (tp), Benny Carter (vtb), Dave D. Cavanaugh (ts), Jack W. Marshall (g), Billy Hadnott (b), Baby Lovett (dm). LA, 11/11/1947.
(16-17) Paula Watson (p, vo), Tiny Webb (g), unknown band. LA, 1948.
(18) Roy Milton & His Solid Senders: Hosea Sapp (tp), Clifton Noel (as), Bill Gaither (ts), Camille Howard (p, vo), Clarence Jones (b), Roy Milton (dm). LA, 01/08/1947.
(19) Camille Howard (p, vo), Dallas Bartley (b), Roy Milton (dm). LA, 31/12/1947.
(20) Camille Howard (p, vo), Johnny Rogers (g), Winston Williams (b), Walter Murden (dm). LA, 26/01/1950.
(21) Same but Rogers omit. LA, 01/03/1950.
(22) Arizona Dranes (p, vo). Chicago, 17/06/1926.
(23) Madam Ira Mae Littlejohn (p, vo), unknown (g). Los Angeles, CA, 12/1947.
(24) Clara Ward (p, vo), unknown (org). NYC?, 06/02/1959.
(25-26) Aretha Franklin (p, vo). New Bethel Baptist Church, Detroit, ca. 1956.
DISCOGRAPHIE


CD 2 - 1930-1961

1. THE BE-BOP BOUNCE (Horne)     MAS-359
2. I’M FER IT (M. Davis)    MAS-360
3. CINCINNATI (J. Livingston - R. Evans)    L-4639
4. KITCHEN BLUES (F. Stewart - H. Collins)    L-4736
5. EXPERIENCE (C. Demetrius)    80993
6. HURRY ON DOWN (N. Lutcher)    1824-2
7. SLEEPY LAGOON (E. Coates)    1876-3
8. DO YOU OR DON’T YOU LOVE ME (N. Lutcher)     2177-5
9. ALEXANDER’S RAGTIME BAND (I. Berlin)    3037-6
10. THAT’S A PLENTY (L. Pollack - R. Gilbert)    5361-2
11. THAT’S MY DESIRE (H. Kresa - C. Loveday) MM 516
12. TRUST IN ME (J. Schwartz - M. Ager - N. Wever) MM 518
13. I CAN’T GIVE YOU ANYTHING BUT LOVE (J. McHugh - D. Fields) T 1470
14. BUSY LINE (M. Semos - F. Stanton)    D8 VB 3454
15. HONEYSUCKLE ROSE (T. Waller - A. Razaf)    D8 VB 3457
16. I WANNA BE LOVED BY YOU (B. Kalmar - H. Ruby - H .Stothart) W76678
17. AFTER YOU GET WHAT YOU WANT, YOU DON’T WANT IT (I.Berlin) 20-1969
18. I LOST MY SUGAR IN SALT LAKE CITY (L. René - J. Lange)    EXC-1452
19. BLUES IN THE NIGHT (H. Arlen - J. Mercer) LP Cook 1014
20. ONE FOR THE ROAD (H. Arlen – J.Mercer)     LP Cook 1014
21. MOBILE (La Vergne Smith)     Savoy MG-12031
Blues Roots
22. ON THE WALL (L. Johnson)     L-419-1
23. DOUBLE TROUBLE BLUES (T. Holmes)     80959-1
24. IF YOU CAN’T GET FIVE, Take 2 (G. White)    60374-A
25. WHEN YOU’RE AWAY (W. Warfield)    93578-A
26. THAT MAN (Trad. - arr. V. Spivey)    LP 1054

(1-2) Martha Davis (p, vo) & Her Torrid Trio: poss. Ulysses Livingston (g), unknown (b)(dm). NYC, 08/1946.
(3) Martha Davis (p, vo), unknown (g)(dm). LA, 09/12/1947.
(4) Martha Davis (p, vo), unknown (g)(b)(dm). LA, 26/12/1947.
(5) Martha Davis (p, vo), John Collins (g), Calvin Ponder (b), Art Blakey (dm). NYC, 10/05/1951.
(6) Nelly Lutcher (p, vo) & Her Rhythm: Ulysses “Gwinn” Livingston (g), Billy Hadnott (b), Leonard R. “Lee” Young (dm). Hollywood, CA, 10/04/1947.
(7) Same, but Nappy Lamare (g) replaces Livingston. Hollywood, 30/04/1947.
(8) Nelly Lutcher (p, vo), Ulysses Livingston (g), Billy Hadnott (b), poss. Sidney “Big Sid” Catlett (dm). Hollywood, 19/08/1947.
(9) Nelly Lutcher (p, vo), Hurley Ramey (g), Charles “Truck” Parham (b), Alvin Burroughs (dm). Chicago, 27/12/1947.
(10) Nelly Lutcher (p, vo), Stanley Morgan (g), Benny Booker (b), Earl Hyde (dm). Hollywood, 04/01/1950.
(11-12) Hadda Brooks (p, vo), Teddy Bunn (g), “Basie” Day (b), Al Wichard (dm). LA, 1946-47.
(13) Rose Murphy (p, vo), unknown (g)(b)(dm). 1947.
(14-15) Rose Murphy (p, vo), Quincy “ Major” Holley (b), Jack Marshall (g). Hollywood, 31/12/1948.
(16) Rose Murphy (p, vo), unknown (b)(dm). NYC, 21/07/1950.
(17) The Dardanelle (p, vo) Trio: Joe Sinacone (g), Sandy Block (b). NYC, 12/08/1946.
(18) “Frantic” Fay Thomas (p, vo), Leonard Bibbs (b), Lee Young (dm). LA, 1949.
(19-20) La Vergne Smith (p, vo). New Orleans, late 1954.
(21) La Vergne Smith (p, vo) unknown (g)(b)(dm). 24/05/1955.
(22) Louise Johnson (p, vo). Grafton, WIS, 28/05/1930.
(23) Kansas City Kitty (p, vo). Chicago, IL, 01/11/1934.
(24) Georgia White (p, vo), unknown (g)(b). NYC, 21/01/1936.
(25) Georgia White (p, vo), unknown (g)(b). Chicago, 11/03/1941.
(26) Victoria Spivey (p, vo). NYC, 26/09/1961.


CD 3 - 1944-1961

 1. THOU SWELL (R . Rodgers - L. Hart)    20276-3
 2. PLUS JE T’EMBRASSE (B. Ryan - M. François)    21405-2
 3. MOONLIGHT SAVING TIME (I. Kahal - H. Richman)    22456-4
 4. JUST IN TIME (J. Styne - B. Camden - A. Green)    26337
 5. SOMEONE TO WATCH OVER ME (G. & I. Gershwin)    26491
 6. LET’S FALL IN LOVE (H. Arlen - T. Koehler)    L 8228
 7. I DON’T KNOWS WHERE TO TURN (J. Southern - R. Hutchinson)    L 8226
 8. GOOD MORNING HEARTACHE (I. Higginbotham - E. Drake - D. Fisher)    LP “X” LXA 1028
 9. COME IN OUT OF THE RAIN (B. Russell - C. Sigman)    LP “X” LXA 1028
10. LIKE SOMEONE IN LOVE (J. Van Heusen - J. Burke)    LP Stere-O-Craft ST-16
11. I THOUGHT ABOUT YOU (J. Van Heusen – J.Mercer)    LP Stere-O-Craft ST-16
12. GOD BLESS THE CHILD (A. Herzog - B. Holiday)    LP Stere-O-Craft ST-16
13. DAY IN DAY OUT (J. Mercer - R. Bloom)    LP Can-AM 6106
14. MAKIN’ WHOOPEE (W. Donaldson - G. Kahn)    LP Can-AM 6106
15. MOOD INDIGO (D. Ellington - A. Bigard - I. Mills)    6490
16. DON’T SMOKE IN BED (W. Robinson)    6497
17. LOVE ME OR LEAVE ME (W. Donaldson - G. Kahn)    6427
18. BLACK IS THE COLOUR OF MY TRUE LOVE’S HAIR (Trad., arr. N. Simone) CP 409
19. I LOVE TO LOVE (Baker – Hayton)    LP Colpix CP 419
Boogie-Woogie Roots
20. BOOTIN’ THE BOOGIE (S. Price - J. Mayo Wiliams - C. Chatman)    71949A
21. BOOGIE-WOOGIE TIME DOWN SOUTH (Spikes - McCoy)    SR 108A-1
22. MADONNA’S BOOGIE (M. Martin)    SE 15
23. BABY COME ON (K. Webster)    R 7044?
24. THE KATIE LEE (K. Webster)    LH 1696
(1-2) Blossom Dearie (p, vo), Herb Ellis (g), Ray Brown (b), Jo Jones (dm). NYC, 12-13/09/1957.
(3) Blossom Dearie (p, vo), Mundell Lowe (g), Ray Brown (b), Ed Thigpen (dm). NYC, 12-13/09/1958.
(4) Blossom Dearie (p, vo), Ray Brown (b), (Ed Thigpen ‘dm). NYC, 8-9/04/1959.
(5) Blossom Dearie (p, vo), same; Kenny Burrell (g) added. NYC, 21-22/05/1959.
(6-7) Jeri Southern (p, vo) Trio: Cliff Hills (b), Lloyd Morales (dm). LA, 9 (2) & 10 (1)/03/1955.
(8-9) Audrey Morris (p, vo), Johnny Pate (b), Charles Walton (cymbals). Chicago, 31/03 & 01/04/1955.
(10-12) Shirley Horn (p, vo), Joe Benjamin (b), Herbie Lovelle (dm). NYC, c.1960.
(13-14) Shirley Horn (p, vo), John Mixon (b), Gene Gammage (dm). NYC or St.Louis, 08/1961.
(15-17) Nina Simone (p, vo), Jimmy Bond (b), Albert Heath (dm). NYC, 1957.
(18) Nina Simone (p, vo), same. NYC, Town Hall, 12/09/1959.
(19) Nina Simone (p, vo), Al Shackman (g), Chris White (b), Bobby Hamilton (dm). NYC, early 1961.
(20) Christine Chatman (p, vo) & Her Orchestra: Reginald Adams (tp), Ralph Bowden, Bill Moore (ts), Roger Johns (b), Horace Washington (dm). NYC, 06/04/1944.
(21) Lillette Thomas (p, vo) & Her Escorts: Herman “Tiny” Mitchell (g), Bill Davis (b), Sam Joshua (dm). LA, 1946.
(22) Madonna Martin (p, vo), unknown (ts)(g)(b)(dm). LA, ca. 07/1949.
(23) Katie Webster (p, vo). Crowley, LA, 1959/1960.
(24) Katie Webster (p, vo), unknown (tp), prob. Lionel “Torrence” Prevost (ts), poss. Al Foreman or Ben Singleton (g), poss. Sherman Webster (b), Warren Storm (dm). Crowley, 1961.


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SWING - LE LABEL DE JAZZ FRANÇAIS CRÉÉ PAR CHARLES DELAUNAY
SWING - LE LABEL DE JAZZ FRANÇAIS CRÉÉ PAR CHARLES DELAUNAY
Enregistré en avril 1937, le quatuor de saxophones dirigé par Coleman Hawkins devait être...

SCOTT HAMILTON PLAYS WITH THE DANY DORIZ CAVEAU DE LA HUCHETTE ORCHESTRA
SCOTT HAMILTON PLAYS WITH THE DANY DORIZ CAVEAU DE LA HUCHETTE ORCHESTRA
Dany Doriz, patron du Caveau de la Huchette depuis 1970, vibraphoniste hors pairs adoubé par Lionel Hampton, invite Scott...

RIBON IN THE WIND
RIBON IN THE WIND
Découvert au Festival de Montreux, Nicolas Meier fait partie de la nouvelle génération de guitariste...

QUINTET - INTÉGRALE ROMANE VOL. 2
QUINTET - INTÉGRALE ROMANE VOL. 2
Le deuxième disque sous son nom est la confirmation du talent incomparable de Romane et de son aptitude à...

PARIS MA MUSE
PARIS MA MUSE
Cet enregistrement réunit autour de Jean-Charles Capon et six de ses compositions, deux musiciens d’exception sur des...

OMBRE - INTÉGRALE ROMANE VOL. 3
OMBRE - INTÉGRALE  ROMANE VOL. 3
Avec Ombre, troisième volume de son Intégrale, Romane affirme sa place de digne héritier...

NEW ORLEANS REVIVAL 1940-1954
NEW ORLEANS REVIVAL 1940-1954
Si la musique syncopée est jouée dans tous les Etats-Unis depuis le début du XXe siècle, c’est...

MAMBO A PARIS 1949 - 1953
MAMBO A PARIS 1949 - 1953
« Après Amours, bananes et ananas et Roots of mambo, Eric Rémy propose un nouveau...

LES FILS DU VENT, UN FILM DE BRUNO LE JEAN - DVD NTSC
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Portraits croisés d’artistes libres qui perpétuent l’héritage tutélaire...

LE TRIO DE CLARINETTES : RAMDAM
LE TRIO DE CLARINETTES : RAMDAM
Les clarinettistes Jean-Marc Folz, Sylvain Kassap et Armand Angster se sont réunis sous l'égide...

LATCHO DROM - LA LEGENDE DU SWING MANOUCHE
LATCHO DROM - LA LEGENDE DU SWING MANOUCHE
"Latcho Drom représente à n’en pas douter un important jalon dans l’histoire...

KAMLO BARRÉ
KAMLO BARRÉ
L’art de Kamlo participe de cette forme de créativité, sa guitare est le prolongement de...

JAZZ FROM CARNEGIE HALL LIVE IN PARIS 1ER OCT. 1958
JAZZ FROM CARNEGIE HALL LIVE IN PARIS 1ER OCT. 1958
Initiée par le producteur britannique Harold Davison, qui voulait concurrencer les...

JAMAICA JAZZ 1931-1962
JAMAICA JAZZ 1931-1962

Les meilleurs musiciens jamaïcains ont apporté au jazz une substantielle et magistrale...


FRANÇOIS CHASSAGNITE QUARTET - SAMYA CYNTHIA
FRANÇOIS CHASSAGNITE QUARTET - SAMYA CYNTHIA
Pensez donc : en novembre 1983, dans Jazz Hot, on demandait à Chet Baker : – Tu entends...

ELLINGTON MOODS
ELLINGTON MOODS
Pour cette ellingtonisation qui ne laisse personne intact mais force chacun à se décanter, Claude Tissendier...

ECUME
ECUME
Le premier disque de Franck Tortiller, 15 ans avant qu'il ne prenne la direction des musiciens de l'Orchestre National de...

DJANGO REINHARDT - L'EDITION DU CENTENAIRE - SAISON 1
DJANGO REINHARDT - L'EDITION DU CENTENAIRE - SAISON 1
Cette boîte regroupe les coffrets de 1 à 7.
Egalement disponible :
-Intégrale...

DANIEL JOHN MARTIN - DOUBLE CREAM
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Double Cream est une gourmandise signée Daniel John Martin.
Après « Urban Gypsy...

CLAUDE BOLLING BIG PIANO ORCHESTRA PLAYS RAY CHARLES
CLAUDE BOLLING BIG PIANO ORCHESTRA PLAYS RAY CHARLES
Enregistré en 1962, cet album est détonnant de vitalité.
A l’heure où la...

CHARLIE PARKER - INTEGRALE VOL 9
CHARLIE PARKER - INTEGRALE VOL 9
« C’est vrai que je pense de Charlie Parker qu’il est indépassable. »

CHARLIE PARKER - INTÉGRALE VOL 12
CHARLIE PARKER - INTÉGRALE VOL 12

« Charlie Parker a arraché la musique au plancher des dancings pour l’envoyer dans la...


BUCK & JO, THE COMPLETE PANASSIÉ SESSIONS 1971-1974
BUCK & JO, THE COMPLETE PANASSIÉ SESSIONS 1971-1974
« Il n’y a pas eu, dans toute l’histoire du jazz, un team comparable à celui...

BILLIE HOLIDAY - LESTER YOUNG
BILLIE HOLIDAY - LESTER YOUNG
... Trop émerveillés d'être ensemble pour ne pas rester des amants chastes, qui n'enlacent que leurs musiques....

BEAT GENERATION L’ANTHOLOGIE MUSICALE 1936-1962
BEAT GENERATION L’ANTHOLOGIE MUSICALE 1936-1962

Ce mouvement littéraire s’est construit autour de la culture jazz souterraine, qui exprimait la...


AURÉLIE CLAIRE PROST
AURÉLIE CLAIRE PROST
C’est à la croisée des mondes musicaux, le jazz, le slam, le lyrique, que la compositrice...

ACCORDINA JAZZ
ACCORDINA JAZZ
« En 1989, Patrick Tandin et Franck Bergerot lançaient le concept Paris-Musette, où se créaient les...

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