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MARC AURÈLE
PENSÉES À MOI-MÊME

lu par Jacques Gamblin







L’écriture de Pensées pour moi-même : remémoration des préceptes de vie et des théories de l’école stoïcienne ou journal d’un empereur aux prises avec les événements de son règne ? Ni l’un ni l’autre. Marc Aurèle transmet un héritage philosophique en y mettant du sien : son style, ses préoccupations, ses peurs de tous les jours. Pourquoi graver dans la cire ou dans le bois un enseignement qu’il ne connaissait que trop bien ? Fixer ses pensées : dans quel but ? Pas pour les consigner dans le souci de les rendre éternelles : « Bientôt tu auras tout oublié ; bientôt tous t’auront oublié (Pensées pour moi-même VII 21) ». Pour occuper ses loisirs ? Sûrement pas. L’écriture des pensées l’accompagne à la guerre, le conseille sur son trône. Plus que des pense-bêtes, ces notes le remettent à sa place. Elles lui rappellent, à chaque instant, le rôle qui lui est échu au sein de la Nature, comment s’en tenir à la Raison universelle, du moins essayer : comment être indulgent, par exemple, lui qui est de tempérament irritable, « envers ceux qui tenteraient de te faire obstacle ou de te causer d’autres ennuis (Pensées pour moi-même XI 9) ». « Il supportait avec patience les insolences de certains » dit l’Histoire Auguste (Vie de Marc Antonin le philosophe XII 2).

L’écriture met à distance des pensées qui, inopérantes dans la tête, simples idées, s’imposent comme des représentations objectives quand on les écrit. Incontournables, évidentes, impératives, elles agissent d’autant mieux sur soi qu’on s’en sépare. Pareilles à des événements, replacées dans la Nature, devant soi, à portée de main, visibles, elles font partie de l’ordre des choses, à la différence près qu’elles ne s’adressent qu’à un seul individu (Marc Aurèle, leur auteur), qu’elles ne peuvent être que bénéfiques, en accord avec les lois universelles, puisqu’elles sont formulées dans le dessein de s’y conformer.  Le manuscrit des Pensées, composé au deuxième siècle de notre ère, connaît d’abord un destin byzantin avant de s’occidentaliser à partir du XVIe siècle. On le lit et le copie au Xe siècle dans le reste asiatique de l’empire romain. C’est à Zurich, chez Andreas Gesner, en 1559, qu’il est imprimé pour la première fois. L’ordre pas toujours logique qui lui est maintenant donné est l’œuvre d’un de ses traducteurs (Thomas Gataker) qui en propose une version latine à Cambridge, en 1652.

 Hypomnéma – L’absence de plan des Pensées pour moi-même déroute. Comment s’y retrouver ? Pourquoi tant de nonchalance dans un livre qui est censé représenter l’ordre harmonieux du cosmos ? Précisément, ces pensées sont « pour moi-même » ; Marc Aurèle ne les destine qu’à lui. D’où l’incohérence de leur exposition, le peu de clarté apparent de leur sens (les références à la tradition stoïcienne étant seulement pointées), l’inégalité de leur traitement littéraire, une fois soignées, une fois jetées : de courtes formules côtoient des analyses développées qu’il propose moins à l’empereur qu’il est qu’au philosophe qu’il cherche à être. Elles répondent au genre antique des Hypomnéma, notes privées prises quotidien­nement. Au Ier siècle après J.C., sous le règne de Néron, Pamphila en donne un exemple en racontant au jour le jour les treize ans de vie commune avec son mari « qui ne s’interrompit ni un jour ni une heure ». Y sont rapportées les actions de l’époux, les visites des amis et les livres consultés : « Elle consignait sous forme de notes, sans ordre, sans les répartir et les distinguer par sujet traité, mais à l’occasion, et dans l’ordre où chaque chose se présentait ». Même procédé dans les Nuits attiques d’Aulu-Gelle au siècle suivant : « Selon que j’avais eu en main un livre, grec ou latin, ou que j’avais entendu un propos digne de mémoire, je notais ce qui m’intéressait, de quelque sorte que ce soit, sans ordre, et je le mettais de côté pour soutenir ma mémoire ». 

Les Hypomnéma prennent un autre sens sous la main de Marc Aurèle : ne sont-elles pas appelées pour affronter droitement les coups du Destin, pour consoler des douleurs, des déceptions, des angoisses de tous les jours dans l’ordre où ces événements arrivent. D’où ces indications « Au pays des Quades », « A Carnuntum » au début ou à la fin de certains des livres des Pensées, manières pour l’auteur de situer temporellement et géographiquement ses notes comme dans un journal. Exercices spirituels, Pierre Hadot a raison de le dire, elles parlent au présent des imprévus, des déconvenues. Thérapie de l’âme plus recommandable que ne pouvait l’être le traitement au thériaque, antidote à base d’opium, que Galien préparait à Marc Aurèle pendant les campagnes sur le Danube pour calmer ses maux d’estomac et de poitrine, elles sont tout le contraire d’une drogue : elles amènent petit à petit à se libérer des jugements ou représentations trompeuses qui mettent à distance du cosmos.

La liberté des stoïciens n’est pas une évasion hors du monde, mais sa reconnaissance comme seule réalité possible. En dialoguant avec lui-même, Marc Aurèle ne s’invente pas une subjectivité imaginaire tellement intérieure qu’elle échapperait à l’ordre des choses : il s’efforce bien au contraire de coïncider avec l’objectivité du réel, d’y trouver sa juste marque, là préci­sément où il doit être, selon la place naturelle et sociale octroyée, pas plus haut, pas plus bas. Etre empereur, parce que c’est sa fonction alors qu’il aurait aimé se consacrer à la seule étude de la philosophie. Se préparer à la mort, parce qu’elle est inévitable, le lot des générations passées et à venir. Si Marc Aurèle a l’air de se répéter d’une manière obsessionnelle d’une pensée à l’autre sur des thèmes similaires, c’est qu’il considère son écriture au présent, moins pour être relue ou cataloguée que pour répondre à la discipline de façonnage de son âme qu’il sait rebelle, insatisfaite de sa nature et de sa fonction, la domptant par là perpétuellement pour la remettre à sa place. Etre ce qu’il est au lieu de se refuser, voilà l’exercice journalier qui l’oblige à réitérer plus efficacement les notes qui les jours précédents n’avaient pas opéré en lui, comme si son âme redemandait des doses plus fortes pour soulager ses déviances passionnelles. Le stoïcisme, paradoxalement, accepte ce qu’il rejette : l’entièreté du réel. Jamais assez maître de la contingence des passions que les événements suscitent en lui, le sage stoïcien ne retient que la partie de son âme la plus spirituelle, la plus parente de la Raison universelle (l’hégemonikon ou principe directeur), s’y réfugiant et s’y enfermant, de peur d’être au-dessous de sa véritable condition. Les passions ne sont pas tolérées.

Histoire Auguste – Le règne de Marc Aurèle (160-180 après J.C.) fut loin d’être le plus facile : confronté à la menace des Parthes et des Germains aux frontières, à des épidémies de peste à Rome propagées lors du retour des légions d’Orient, à la crue du Tibre qui « engendra une terrible famine », à la mort prématurée de beaucoup de ses enfants, à la gouvernance de familiers et d’amis pas toujours à la hauteur de leur charge, il eut pour souci de se mettre au service de l’intérêt général de l’empire comme il se soumettait aux lois universelles de la Nature, cette première Cité. « Ainsi s’attachait-il plus à amender les anciennes lois qu’à en créer de nouvelles (Histoire Auguste, Vie de Marc Antonin le philosophe XI 10) ». Pas de différence entre la cité et le cosmos. Mêmes obligations. « Il n’eut pas la chance qu’il aurait méritée, dit Cassius Dion (LXXII), … je l’admire plus que tout autre, car dans ces difficultés extraordinaires et hors du commun, il parvint à survivre et à sauver l’empire ».  Sa rigueur toute stoïcienne transparaît dans beaucoup de ses actions. Et tout d’abord dans sa volonté de mourir : « il s’abstint de manger et de boire – car il voulait mourir – ce qui aggrava son mal. Au sixième jour, il convoqua ses amis et, ironisant sur les affaires humaines et montrant son mépris de la mort, il leur dit : « Pourquoi pleurez-vous à cause de moi au lieu de réfléchir à la peste et à notre destin commun de la mort ? ». Comme ils voulaient se retirer, il soupira : « Puisque vous me quittez déjà, je vous dis adieu et vous précède » (Histoire Auguste, Vie de Marc Antonin le philosophe XXVIII) ».

Pas plus immortel que les autres hommes, il ne conçoit pas le pouvoir autrement que comme une discussion de la décision, une participation plurielle au bien public : « il est plus juste que je suive l’avis de tant d’amis de cette qualité que si tant d’amis de cette qualité ne suivaient les ordres que de moi seul (ibid. XXII 4) ». Chose remarquable, il partage la fonction d’empereur avec son frère d’adoption Lucius Verus : « Ils se mirent aussitôt à gouverner ensemble, à égalité. Et c’est alors que l’empire romain commença pour la première fois à avoir deux Augustes (ibid. VII 6) ». La conscience de ne pas être parfaitement sage, raisonnable l’entraîne plus d’une fois à être indulgent, à comprendre les faiblesses humaines, à ne pas les comparer à sa vertu, à la sévérité des normes civiles : « Antonin avait coutume de sanctionner tous les crimes par des peines inférieures à celles qu’infligeaient normalement les lois, mais il restait parfois inexorable vis-à-vis d’accusés qui s’étaient montrés coupables de délits particulièrement odieux (ibid. XXIV 1) ». D’où l’incompréhensible bienveillance qu’il a lorsqu’il fait mine de ne pas voir la débauche de son frère Lucius Verus, l’infidélité sans doute inventée de sa femme Faustina, l’indignité de son fils Commode : « Faustina, épouse de Marc, voyant un jour défiler des gladiateurs, se prit de passion pour l’un d’eux… elle mit au monde Commode, qui fut moins un empereur qu’un gladiateur (ibid. XIX) ». Et Renan d’ajouter : « Il voyait bien la bassesse des hommes, mais il ne se l’avouait pas. Cette façon de s’aveugler volontairement est le défaut des cœurs d’élite. Le monde n’étant pas comme ils voudraient, ils se mentent à eux-mêmes, pour le voir autrement qu’il n’est (Marc Aurèle et la fin du monde antique) ». Enfin, ne se considérant pas comme la meilleure partie de son empire, il assure la liberté de chacun comme il préserve la sienne propre : « il établit des garanties pour les procès touchant à la liberté des hommes : il fut le premier à décider que les citoyens devraient donner un nom à leurs enfants nés libres, puis les déclarer devant les préfets du trésor de Saturne (Histoire Auguste, Vie de Marc Antonin le philosophe IX 7) ».

Cette conception de la communauté des actions et des natures au sein de la cité romaine est l’un des trois dogmes fondateurs de la philosophie de Marc Aurèle, avec le consentement au destin et le contrôle de ses représentations. Puisque chaque homme, libre ou esclave, possède une raison qui découle en droite ligne d’une Raison universelle, il fait partie de la même famille, participe à son niveau à la vie sociale, ayant une place retenue dans le concert des ser­vices rendus à la cité. Pas d’exclusion, pas de marges. On n’est rien de ne pas se rendre utile, de ne pas s’inclure dans un corps social qui rassemble les êtres raisonnables avant même qu’ils l’aient décidé. Peines perdues que d’être égoïste : on agira toujours, malgré soi, selon les fins que la Raison universelle s’est proposées. Fonder une famille, défendre son pays, remplir ses devoirs de citoyen, révérer les dieux, faire bien son métier, autant de devoirs qui sont commandés par le besoin naturel « d’être avec », d’appartenir à un groupe, une corporation, un Etat, une lignée. Consentement au destin – Si le destin, sous la figure de catastrophes naturelles, de révoltes (celle par exemple d’Avidius Cassius, chef de l’armée d’Orient qui se proclama empereur, faisant courir le bruit de la mort de Marc Aurèle)… contrecarrent la volonté d’agir en vue du bien de tous, il reste encore la volonté d’accepter les coups du sort, de ne pas se croire lésé ou rejeté par lui. Ce consentement à l’événement imprévu, Marc Aurèle le pratique en usant de clémence envers les associés et les cités qui s’étaient ralliés à l’entreprise de Cassius : « Antonin ne se montra pas autrement affecté par la rébellion de Cassius et ne sévit pas contre ses proches… Il pardonna également aux cités qui avaient donné leur appui à Cassius, et même aux habitants d’Antioche qui s’étaient hautement proclamés contre lui… Qu’il les considérât comme des rebelles, c’est ce qui ressort de propos adressés par Marc à ses amis (Histoire Auguste, Vie de Marc Antonin le philosophe XXIV, XXV).

Reprenant à Epictète cette idée qu’il y a des choses qui dépendent et d’autres qui ne dépendent pas de nous, Marc Aurèle ne concentre pas toute sa volonté sur la réalisation de ses actions, voyant qu’il n’est pas la seule cause effective productrice d’événements. C’est en se replaçant dans la chaîne causale qui constitue la Nature, cette Cité au-dessus de la cité, qu’il définit son pouvoir : il a beau désirer le bien-être du peuple romain, il ne peut toutefois pas empêcher la crue du Tibre ou la propagation de la peste. Du moins aura-t-il tout fait, selon l’idée de son devoir, pour le protéger de ces fléaux. La volonté stoïcienne est intérieure, s’applique à faire le plus raisonnablement, sans exiger que la bonne intention trouve un écho dans les affaires publiques et les phénomènes naturels. Si on est puissant, on n’est pas tout-puissant. On perd son temps à tout vouloir contrôler. L’empereur, lui-même, n’est qu’une infime parcelle de l’univers. « Si toutefois, quelqu’un a recours à la force pour te contrecarrer, passe à l’aménité et à la sérénité, sers-toi de cet obstacle pour une autre vertu, et souviens-toi que tu ne te portais pas sans réserve à l’action et que tu ne visais pas des choses impossibles (Pensées pour moi-même VI 50) ».

La résignation stoïcienne, loin d’être, comme on le pense souvent, l’impuissante acceptation du destin, est bien plutôt un consentement, c’est-à-dire l’application de sa volonté à la volonté plus générale de la Nature, une façon d’agir plus harmonieusement, moins égoïstement. On a agi avant qu’on agisse. Et on agira après nous. Le mieux à faire est d’accompagner l’événement plutôt que de lui résister à contre-courant, car le rebelle est moins extérieur qu’intérieur : le rebelle, c’est l’homme qui s’empêche d’être content en sortant de son contexte originaire (de l’ordre cosmique). Oubliant qu’il n’est pas la seule cause agissante, loin de là, il limite son action à trop diriger sa volonté hors des sentiers battus, de ce qui ne dépend pas de lui, de ce qu’il ne peut être ou faire. Descartes s’en souvient lorsqu’il établit sa méthode et sa morale par provision : « ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien (Discours de la Méthode I) ; « Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l’ordre du monde (ibid. III) ». La permanence du stoïcisme est bien là, dans une discipline, une bonne application de sa propre volonté, seul véritable espace d’action. Paradoxalement, la Raison universelle est plus en l’homme qu’on ne le croit. L’erreur est de la rejeter hors de soi, comme on croit le monde à distance de l’âme. Précisément, c’est parce que la Raison universelle est le bien le plus partagé qu’on peut y revenir à loisir sans que rien ne fasse obstacle à la volonté de s’y soumettre. Le plus subjectif (la volonté propre) est le plus objectif (le plus raisonnable).

Contrôle des représentations – Le stoïcisme propose de trouver la vérité dans la liberté : c’est en s’écoutant, en se retranchant dans le privé de sa « citadelle intérieure », qu’on perçoit le mieux sa filiation au cosmos. La raison en est que tout est affaire de représentation. Les événements sont à la mesure de la manière dont on les pense. Il suffit de ne pas charger sa vision du monde, de recevoir les impressions qui en émanent telles qu’elles se présentent, objectivement, pour ne pas en dépendre. La liberté est au prix d’un rattachement volontaire à l’évidence. Pas de salut hors du monde. D’où l’importance, dans la philosophie de Marc Aurèle, accordée à la délimitation du temps présent. La réalité n’est ni à regretter, ni à espérer : elle se donne toute entière à chaque instant en ce qu’on suppose que chaque partie de l’univers, chaque événement exprime intégralement un cosmos qui, parce qu’il n’est pas doublé par un Eden ou un paradis, s’impose immédiatement comme la seule nourriture à accepter. Rien d’autre que l’ordre causal toujours effectif de sa marche. Se présentant perpétuellement, identique à lui-même, en chacune de ses parties, dans un maintenant qui le contient tout entier, le moindre événement est comme une vague incluse dans le mouvement de la mer ou comme une goutte de vin qui, tombant dans la mer, gagne le monde entier. Une fois compris que l’événement ne « diffère » pas de celui qui le subit, reste à reconnaître la parenté qui les lie. L’événement devait arriver. Ce n’est ni un bien, ni un mal ; ou plutôt, c’est ni bien, ni mal. C’est en jugeant qu’on se représente l’événement comme un bien ou un mal : « Que le principe directeur et souverain de ton âme reste indifférent au mouvement qui se fait, doux et violent, dans ta chair… éviter que le principe directeur n’ajoute de lui-même cette présomption qu’il y a là bien ou mal (Pensées pour moi-même V 26) ». Etre indifférent, c’est se représenter l’indifférence des choses qui ne dépendent pas de nous, c’est-à-dire l’indistinction des causes mises en présence. On n’a pas choisi de souffrir. On souffre comme on pourrait ne pas souffrir. À la raison particulière (ou principe directeur) d’y voir une manifestation de la Raison universelle : une cause qui ne diffère pas d’elle en dernière instance. On est raisonnable de vouloir ce que la Raison universelle veut et déraisonnable de remplacer cette Raison par sa raison. À ne considérer que ses propres jugements de valeur, ses préjugés sociaux, ses mouvements passionnels, on pervertit sa raison. En vérité, ce n’est pas un mal de souffrir. Les Pères de l’Eglise reprennent à leur compte, à la même époque, la liberté stoïcienne de jugement qu’ils appellent libre arbitre : il dépend de nous d’obéir aux commandements de la Raison (de Dieu) ou de fauter. L’homme n’a pas d’avenir tout tracé ; c’est dans sa liberté qu’il puise l’énergie de se reconnaître divin ou marginal, hôte ou parasite d’un monde céleste ou cosmique qui l’accueille. « L’âme de l’homme se fait surtout injure, lorsqu’elle devient, autant qu’il dépend d’elle, une tumeur et comme un abcès du monde. S’irriter en effet contre quelque événement que ce soit, est se développer hors de la nature (Pensées pour moi-même II 16) ».
Alexandre Wong
© 2007 Frémeaux & Associés / Groupe Frémeaux Colombini SAS

Jacques Gamblin
Jacques Gamblin est né le 16 novembre 1957 à Granville, au nord-ouest de la France. Il découvre le métier d’acteur et se prend de passion pour la comédie en travaillant comme technicien au Théâtre du Totem à Saint-Brieuc. Il commence alors des études au Centre dramatique de Caen. En 1978, Jacques Gamblin joue son premier rôle au Théâtre national de Bretagne dans La Ballade de Billy peau d’argile avant de partir pour les planches à Paris. A l’âge de 31 ans, il apparaît pour la première fois au cinéma dans le film Périgord noir de Nicolas Ribowski. Depuis 1988 on l’a vu dans une série de films très différents les uns des autres. Récemment, Jacques Gamblin a créé des personnages inoubliables. Citons, par exemple, son interprétation de Garris, homme simple et généreux dans Les Enfants du Marais (1998) de Jean Becker ou son incarnation du jeune père adoptif Pierre dans Holy Lola (2003) de Bertrand Tavernier. Mais c’est son rôle d’André Lemoine dans le film Pédale douce de Gabriel Aghion, qui l’a fait découvrir du grand public. Son interprétation de Jean Devaivre dans le film Laissez-passer de Bertrand Tavernier est un autre grand succès. Il remporte d’ailleurs le Prix d’interprétation au Festival de Berlin en 2002 pour ce rôle. Parallèlement à son travail d’acteur, il s’est également lancé dans l’écriture. En 1992 il publie sa première pièce, Quincaillerie, avec laquelle il sillonne les théâtres de France. En outre, il publie ses livres : Le toucher de la hanche et Entre courir et voler, y’a qu’un pas, papa en 1997 et 2003. En 2001 Jacques Gamblin a réalisé son premier enregistrement pour les éditions Frémeaux & Associés en prêtant sa voix au célèbre héros de Maurice Leblanc, Arsène Lupin (Maurice Leblanc, Arsène Lupin – La Demeure mystérieuse, FA8018). En outre, il a lu les Contes de Perrault (Cendrillon – Barbe bleue – Riquet à la houppe - Les Fées, FA832) aux côtés de Catherine Frot. A la suite de ces textes pour enfants, il prête sa voix à Rachilde et l’un de ses romans les plus célèbres, La Tour d’amour (Rachilde, La Tour d’amour, FA8040).
Anja Otto, Benjamin Goldenstein – 2007 Frémeaux & Associés
© 2007 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

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