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Les caractères - La Bruyère
lu par Denis Podalydès
(Coffret 3 Cds)







Portraits en musique, pièces de François Couperin (la distraite, la ténébreuse, le turbulent, l’auguste, la coquette, la galante, l’insinuante, la précieuse...) de Marin Marais (la superbe, la rêveuse), d’Elisabeth Jacquet de la Guerre (l’inconstante) et de Jacques Champion de Chambonnières (la rare, la coquette). Interprétés par les étudiants du cursus de musique ancienne du CNR de Paris sous l’oreille complice de Noëlle Spieth, Ariane Maurette et David Simpson. Clavecin : Tomoko Nozawa, Sylvie Eymard, Antoine Bonnardot, Gabriel Roure Viole de gambe : Amandine Lesne, Robin Pharo. Théorbe : Kira Shveyn. Remerciements à Xavier Delette.


“Pas de vie privée”
À l’occasion de l’oraison funèbre de la princesse Palatine prononcée par Bossuet (Monsieur de Meaux), La Bruyère écrit à Condé, son maître : “Je n’ai pu entendre l’oraison funèbre de Monsieur de Meaux, à cause de l’enterrement de ma mère, qui se rencontra le jour même de cette cérémonie. Je vous fais, Monseigneur, mes remerciements très humbles, et avec un très grand respect, des bontés que Votre Altesse daigne me marquer sur cette perte dans sa dernière lettre. Pour l’action de Monsieur de Meaux, elle a passé ici et à Paris pour une des plus belles qu’il ait faite… J’ai mené un vrai deuil d’avoir échappé au plaisir d’entendre une si belle pièce (A Condé, 18 août 1685)”. “Tout est dit” : la vie privée de l’écrivain, précepteur dans la maison des Condé, est insignifiante comparée à la performance rhétorique de Bossuet devant la Cour. De lui-même, La Bruyère s’exclut du monde qu’il décrit, préfère cacher le deuil de sa mère pour porter celui d’une princesse, persuadé qu’il n’est rien par sa condition, au service de toutes les morts illustres. La conscience de sa situation sociale donne le ton humble et pondéré de ses maximes et de ses portraits : La Bruyère n’a pas assez d’importance pour être le sujet de son écriture. On ne parle pas du privé, mais du public : jusqu’au succès de ses Caractères, rien ne l’autorise à faire état de sa personne ; il n’existe pas, faute de nom ; on ne le connaît pas. Ou plutôt, la littérature contrôlée par la monarchie absolue du Roi soleil est retenue dans les limites du service royal et divin : hors de cette “clôture” pas d’écriture. C’est ainsi qu’il  prend conscience, rétrospectivement, à partir de la sixième édition des Caractères (1691), du rôle qu’il a à jouer, insistant dans ses additions sur les dérives de la fausse dévotion et du libertinage : il met un sens à son projet littéraire, le destine à être une défense des valeurs chrétiennes, manière de trouver, sur le tard, sa place, un nom, un caractère dans le monde : “l’inland de la mondanité, quoique plein d’êtres à craquer, est un territoire étroit et faiblement peuplé; il s’y produit un phénomène dont nos sociétés de masse perdent de plus en plus l’idée : tout le monde s’y connaît, tout le monde y a un nom (Barthes, Essais critiques, La Bruyère)”. La Bruyère se met à l’ombre de la matière de son livre : pas assez détaché des vanités pour en être – comme Bossuet – le censeur, pas assez introduit dans les affaires et les intrigues du monde pour en être le mémorialiste (le rapporteur mondain), il se retrouve au milieu de nulle part. De là sa modération, juste milieu malaisé entre sa critique chrétienne des mœurs de son temps et le respect qu’il doit aux grands, aux notables. Entre le fragment pascalien et la maxime de La Rochefoucauld, modèles de son écriture discontinue faite d’une addition aléatoire de caractères collectés et rassemblés au gré du temps, il s’empêche d’aller trop loin, dans les profondeurs de l’âme humaine, à la recherche des mystères de Jésus ou d’un irréductible amour-propre ; parlant de Pascal, puis de La Rochefoucauld : “L’un, par l’engagement de son auteur, fait servir la métaphysique à la religion, fait connaître l’âme, ses passions, ses vices, traite les grands et les sérieux motifs pour conduire à la vertu, et veut rendre l’homme chrétien. L’autre, qui est la production d’un esprit instruit par le commerce du monde et dont la délicatesse était égale à la pénétration, observant que l’amour-propre est dans l’homme la cause de tous ses faibles, l’attaque sans relâche, quelque part où il le trouve (Discours sur Théophraste)”. S’en tenant à la surface des vices, La Bruyère n’est ni un apologiste, ni un moraliste. Il a trop peur de juger, de condamner : “C’était un bon homme dans le fond, mais que la crainte de paraître pédant avait jeté dans un autre ridicule opposé, qu’on ne saurait définir, en sorte que, pendant tout le temps qu’il a passé dans la maison de Monsieur le Duc, où il est mort, on s’y est toujours moqué de lui (Lettre de Valincour au président Bouhier, 31 août 1725)”. La marginalité d’un ridicule qu’on ne peut “caracté­riser” faute de “paraître”, ce manque d’autorité revendiqué par l’auteur – modestie mal placée ? – fait rire : “Ce ne sont point au reste des maximes que j’ai voulu écrire : elles sont comme des lois dans la morale, et j’avoue que je n’ai ni assez d’autorité ni assez de génie pour faire le législateur (préface aux Caractères)”.

Service public
La Bruyère “veut être  peuple (Les Caractères, Des Grands 25)”; à cette condition, ni le roi, ni Dieu cautionnent ses actes. D’où ose-t-il alors parler ?  Au “je suis moi-même la matière de mon livre” des Essais Montaigne, La Bruyère répond  : “Je rends au public ce qu’il m’a prêté; j’ai emprunté de lui la matière de cet ouvrage : il est juste que, l’ayant achevé avec toute l’attention pour la vérité dont je suis capable, et qu’il mérite de moi, je lui en fasse la restitution. Il peut regarder avec loisir ce portrait que j’ai fait de lui d’après nature, et s’il se connaît quelques-uns des défauts que je touche, s’en corriger (préface aux Caractères)”. La référence à Montaigne est claire et pourtant infidèle; La Bruyère n’assume pas d’être un auteur, au commencement de son livre, peintre de lui-même ; le parti des modernes, conduit par Fontenelle, ne s’y est pas trompé : “ils crurent pouvoir insinuer au public, ou que les Caractères faits de la même main étaient mauvais, ou que s’ils étaient bons, je n’en étais pas l’auteur, mais qu’une femme de mes amies m’avait fourni ce qu’il y avait de plus supportable (préface au Discours de réception à l’Académie française)”. Le “public” l’a précédé, l’a jugé avant qu’il n’en parle : c’est le vrai sujet de son écriture, sa matière mais aussi son auteur. Rien sans lui, La Bruyère lui doit tout – sa charge, sa pension –, ne faisant que lui prêter sa plume pour qu’il puisse se corriger à travers le portrait que l’écrivain-précepteur fait de lui. L’écriture est un service; l’écrivain, un serviteur. Rien de plus faux que de croire La Bruyère libre de critiquer : la monarchie absolutiste rend tout public, même l’opinion privée. La “retraite” de Montaigne, manière stoïcienne de ménager sa volonté en séparant le privé du public – ce qui dépend et ce qui ne dépend pas de nous –, n’est plus envisageable sous le règne de Louis XIV. La littérature est une affaire d’Etat, le classicisme une ébauche du totalitarisme artistique moderne : des académies contrôlent les formes d’expressions pour les mettre au service des bons plaisirs du souverain. La dépendance des œuvres est complète. Seule échappatoire : prendre Dieu pour centre. Là encore, dans ses Dialogues sur le quiétisme, La Bruyère est plus royaliste que le roi : en suivant Bossuet dans sa campagne dirigée contre le quiétisme de Fénelon et de son entourage, il réaffirme la supériorité du public sur le privé, de la religion d’Etat sur le mysticisme hérétique : il faut préférer la confession de ses fautes à la contemplation intérieure qui conduit à une union essentielle à Dieu, et permettre ainsi un contrôle politique des convictions : “Le Gentilhomme. –  Ne vous l’avais-je pas bien dit d’abord, que nos mystiques soulageaient les hommes du joug pesant de la confession et de la pénitence, et qu’ils les délivraient de toute sorte de scrupules et de remords de conscience ? (Dialogue sur le quiétisme IX). Les pratiques cultuelles (la confession, la pénitence…), parce qu’elles sont visibles, montrées en société, sont des pratiques civiles comme les autres, soumises aux lois du royaume : “on reconnaît au roi le privilège d’“avoir Dieu à ses côtés” et “auprès de soi”… Les institutions politiques utilisent les institutions religieuses, y infiltrent leurs critères, les dominent de leur protection, les destinent à leurs objectifs (Michel de Certeau, L’Ecriture de l’histoire, deuxième partie)”. L’autoritarisme étatique verrouille toutes les initiatives : l’étouffement est à son comble. Il n’y en a plus que pour le roi. Tout se rapporte à lui. La Bruyère assiste, impuissant, à ce déplacement du centre de l’adoration vers la personne de Louis XIV, seul interlocuteur de Dieu, passage obligé vers un sacré qu’on perçoit à travers les lorgnettes de la soumission courtisane : “les grands forment un vaste cercle au pied de cet autel, et paraissent debout, le dos tourné directement au prêtre et aux saints mystères, et les faces élevées vers leur roi, que l’on voit à genoux sur une tribune, et à qui ils semblent avoir tout l’esprit et tout le cœur appliqués. On ne laisse pas de voir dans cet usage une espèce de subordination ; car ce peuple paraît adorer le prince, et le prince adorer Dieu (Les Caractères, De la Cour 74)”. La reconnaissance d’un ordre social fondé sur la subordination de la multitude anonyme (le peuple) au contrôle du plus petit nombre (les grands) lui-même subordonné au pouvoir d’un seul (le monarque) – qui deviendra avec Hegel la dialectique du maître et de l’esclave –, est le dernier mot de la conception politique conservatrice de La Bruyère : “si vous établissez que de tous les hommes répandus dans le monde, les uns soient riches et les autres pauvres et indigents, vous faites alors que le besoin rapproche mutuellement les hommes, les lie, les réconcilie : ceux-ci servent, obéissent, inventent, travaillent, cultivent, perfectionnent ; ceux-là jouissent, nourrissent, secourent, protègent, gouvernent : tout ordre est rétabli, et Dieu se découvre (Les Caractères, Des esprits forts 48). Il faut des travailleurs et des jouisseurs qui profitent du travail des autres pour que Dieu s’y retrouve. À la charité, au secours, à la protection de la veuve et de l’orphelin, vertus traditionnelles de la cheva­lerie (de la noblesse christianisée), La Bruyère ajoute, dans sa description du “maître”, le gouvernement, attribut royal par excellence : le passage du féodalisme à la monarchie est accompli. Les fragments 128 (De l’homme) et 47 (Des Biens de fortune) des Caractères ré­putés démocratiques, en faveur du peuple, n’ont rien de l’insolence de la lettre de Fénelon adressée à Louis XIV en 1694 (“Au lieu de tirer de l’argent de ce pauvre peuple, il lui faudrait faire l’aumône et le nourrir. La France entière n’est plus qu’un grand hôpital désolé et sans provision”) : ils ne remettent pas en question le partage des richesses, se contentent juste de sermonner le bourgeois égoïste et de reconnaître aux paysans le droit de vivre, façon de ne pas  attaquer directement les crimes de la Cour : “il manque à quelques-uns jusqu’aux aliments ; ils redoutent l’hiver, ils appréhendent de vivre. L’on mange ailleurs des fruits précoces ; l’on force la terre et les saisons pour fournir à sa délica­tesse ; de simples bourgeois, seulement à cause qu’ils étaient riches, ont eu l’audace d’avaler en un seul morceau la nourriture de cent familles (Les Caractères, Des Biens de fortune 47)”.

Le désordre des raisons
La Bruyère s’arrête aux effets du mal social, n’essaie pas de remonter jusqu’à sa cause – jusqu’au gouvernement du roi – : en spectateur, il constate, n’explique ni le pourquoi ni le comment des injustices. Cartésien en paroles, plus empiriste qu’il ne veut le croire, il prétend suivre un ordre déductif – raisonnement partant des premières causes ou principes – qu’il n’observe jamais : “L’on s’est plus appliqué aux vices de l’esprit, aux replis du cœur et à tout l’intérieur de l’homme que n’a fait Théophraste… les nouveaux Caractères, déployant d’abord les pensées, les sentiments et les mouvements des hommes découvrent le principe de leur malice et de leurs faiblesses, font que l’on prévoit aisément tout ce qu’ils sont capables de dire ou de faire, et qu’on ne s’étonne plus de mille actions vicieuses ou frivoles dont leur vie est toute remplie (Discours sur Théophraste)”. Ses analyses ne vont pas jusqu’à sonder l’intérieur de l’âme humaine, cause et explication des comportements extérieurs. La Bruyère étudie les hommes en éthologue, “caracté­rise” des animaux sociaux comme on classe les espèces animales dans des tableaux afin de définir leur place dans l’ordre créationnel qui “découvre” Dieu, son auteur. Pas de psychologie, aucun partage des raisons qui motivent les faits et gestes des hommes. Juste une description à distance de leurs faiblesses. Ne prenant aucun parti véritable – se voulant peuple quand il justifie le système monarchique, pourfendeur de l’hérésie en restant dans l’ombre de Bossuet, défenseur des anciens quand il part de Théophraste pour écrire ses propres Caractères  – on le suspecte de vouloir faire ce qu’il n’entreprend pas. Boileau, parlant de Maximilien, surnom de La Bruyère (“le faiseur de maximes”), relève ainsi le défaut qu’il a de mimer des qualités qu’il n’a pas : “Maximilien m’est venu voir à Auteuil et m’a lu quelque chose de son Théophraste. C’est un fort bon homme, et à qui il ne manquerait rien, si la nature l’avait fait aussi agréable qu’il a envie de l’être (A Racine, 19 mai 1687)”.
La Bruyère est dans le négatif de son projet : pas assez exemplaire ou saint pour juger les hommes moralement ou chrétiennement, il prétend relever leurs ridicules en oubliant les siens, reproduit anonymement leur petitesse, en retrait, comme s’il ne faisait pas partie du “public” qu’il égratigne. Ses ennemis – le parti des modernes – lui reproche précisément de ne pas jouer cartes sur table en donnant les clés de ses portraits : on devine qu’il écrit moins des caractères que des satires dirigées contre des individus réels et connus de tous ; ses attaques sont plus ouvertes qu’il ne le laisse entendre. Ni public, ni  privé, sa pruderie exaspère : on aimerait qu’il se démasque, qu’il arrête de se réfugier dans la prétendue généralité de ses peintures : “Qu’on me permette ici une vanité sur mon ouvrage : je suis presque disposé à croire qu’il faut que mes peintures expriment bien l’homme en général, puisqu’elles ressemblent à tant de particuliers, et que chacun y croit voir ceux de sa ville ou de sa province. J’ai peint à la vérité d’après nature, mais je n’ai pas toujours songé à peindre celui-ci ou celle-là dans mon livre des Mœurs… Me rendant plus difficile, je suis allé plus loin : j’ai pris un trait d’un côté et un trait d’un autre ; et de ces divers traits qui pouvaient convenir à une même personne, j’en ai fait des peintures vraisemblables, cherchant moins à réjouir les lecteurs par le caractère, ou comme le disent les mécontents, par la satire de quelqu’un, qu’à leur proposer des défauts à éviter et des modèles à suivre (préface au Discours de réception à l’Académie française)”. La mode est aux allégories, manière de peindre généralement les vivants (“d’après nature”) en ménageant leurs susceptibilités : l’espace public (les places, les scènes théâtrales, les plafonds, les allées des jardins…) est rempli d’images, de sculptures qui em­pruntent à l’Antiquité et à la Bible des lieux communs (scènes, figures saintes ou héroïques) composant un langage culturel compris de tous les honnêtes gens. Ce détour par les anciens est un code de politesse pour glorifier les grands en les associant à des héros antiques ou pour ramener les contemporains à l’exemplarité des premiers hommes. On loue ou l’on sermonne indirectement, en tendant un miroir au public pour qu’il se voie. La Bruyère adopte ce procédé quand il donne des noms grecs aux personnages qu’il peint, suivant une litté­rature très fleurissante à son époque spécialisée dans les galeries de portraits : au moment de la publication de la sixième édition des Caractères (1691), est ainsi réédité un répertoire d’icônes, galeries de saints, de rois, de sages : La Cour sainte du père Caussin paru en 1624. En 1642, Georges de Scudéry, avait établi une galerie de personnages tirée de la littérature antique destinée à la société mondaine (Les Femmes illustres ou Harangues héroïques). Barthes constate que “La Bruyère a peut-être été lui aussi le dernier moraliste à pouvoir parler de tout l’homme, enclore toutes les régions du monde dans un livre (Essais critiques, La Bruyère)”. La prétention à l’universalité concerne pourtant moins la matière du livre (l’homme) que l’écrivain. C’est parce que La Bruyère n’a pas trouvé de place dans la société de son époque – qu’il ne s’est pas prêté à son jeu (la caractérisation) –, qu’il a vu tous les hommes, systématiquement, de nulle part. Son point de vue a la généralité de la neutralité, n’étant d’aucun parti, sans origine, ni courtisan, ni citadin : “La cour ou ne connaît pas la ville, ou, par le mépris qu’elle a pour elle, néglige d’en relever le ridicule… et si au contraire l’on peint la cour, comme c’est toujours avec les ménagements qui lui sont dus, la ville ne tire pas de cette ébauche de quoi remplir sa curiosité (Discours sur Théophraste)”. Omniscient, il a le pouvoir de tout observer, là même où on ne l’attend pas : dans le cabinet des dames. Ses intrusions ne dérangent personne : trop discret pour parler en son nom, on oublie de le présenter. Le seul portrait qu’on possède de lui le montre retiré, à Paris, dans les airs, re­fuge de Socrate selon Aristophane ; pas de meilleure image d’Epinal pour situer son anonymat : “Il n’ y avait qu’une porte à ouvrir et qu’une chambre proche du ciel, séparée en deux par une légère tapisserie. Le vent, toujours bon serviteur des philosophes, courant au-devant de ceux qui arrivaient, levait adroitement la tapisserie, et laissait voir le philosophe, le visage riant et bien content d’avoir occasion de distiller dans l’esprit et le cœur des survenants d’élixir de ses méditations (Bonaventure d’Argonne, Mélanges d’histoire et de littérature)”. C’est La Bruyère qui est universel : n’étant nulle part, il est partout ; son insignifiance le rend disponible, parfaitement libre : “L’homme de Lettres… est trivial comme une borne au coin des places ; il est vu de tous, et à toutes heures… il ne peut être important, il ne veut point l’être (Les Caractères, Des Biens de fortune 12)”.
Alexandre WONG
© 2008 Frémeaux & Associés – Groupe Frémeaux Colombini SAS

Denis Podalydès
Denis Podalydès – Entré à la Comédie-Française le 27 janvier 1997 / Sociétaire depuis le 1er janvier 2000
Il a joué à la Comédie-Française :  
Lenz, Léonce et Léna chez Georg Büchner, m.e.s. Matthias Langhoff (2002), Ruy Blas, Victor Hugo, m.e.s. Brigitte Jaques-Wajeman (2001), Monsieur de Pourceaugnac, Molière, m.e.s. Philippe Adrien (2001), le Misanthrope, Molière, m.e.s. Jean-Pierre Miquel (2000), le Révizor, Nikolaï Gogol, m.e.s. Jean-Louis Benoit (1999), les Fourberies de Scapin, Molière, m.e.s. Jean-Louis Benoit (1998), Arcadia, Tom Stoppard, m.e.s. Philippe Adrien (1998).
Il a présenté une série de lectures :
Présences de Kateb Yacine, Jude Stefan, Un millé­naire de cris : le Chant des femmes afghanes, Beaumarchais, Olivier Cadiot.
Au cinéma, il a notamment joué dans : 
Versailles Rive-Gauche, réal. Bruno Podalydès, 1992 ; Mayrig, réal. Henri Verneuil, 1992; Pas très catholique, réal. Tonie Marshall, 1993 ; Comment je me suis disputé, réal. Arnaud Desplechin, 1994 ; Dieu seul me voit, réal. Bruno Podalydès, 1995 ; la Divine poursuite, réal. Michel Deville, 1996 ; la Mort du chinois, réal. Jean-Louis Benoit, 1997 ; Jeanne et le garçon formidable, réal. Olivier Ducastel et Jacques Martineau, 1997 ; Rien sur Robert, réal. Pascal Bonitzer, 1998 ; Les Frères sœurs, réal. Frédéric Jardin, 1998 ; En cas de malheur, réal. Pierre Jolivet, 1998 ; les Enfants du siècle, réal. Diane Kurys, 1998 ; Liberté-Oléron, réal. Bruno Podalydès, 1999 ; À l’attaque, réal. Robert Guédiguian, 1999 ; la Chambre des officiers, réal. François Dupeyron, 2000 ; Laissez-passer, réal. Bertrand Tavernier, 2000 ; Un monde presque paisible, réal. Michel Deville, 2002 ; Une affaire qui roule, réal. Éric Veniard, 2002 ; Embrassez qui vous voulez, réal. Michel Blanc, 2002 ; Le Mystère de la chambre jaune, réal Bruno Podalydès, 2003 ; Les Ames Grises, réal. Yves ?Angelo, 2004.
Récompenses et décorations : 
Molière de la révélation masculine, 1999, pour son interprétation dans le Révizor. Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres. Il a enregistré pour les Éditions Frémeaux & Associés le Voyage au bout de la nuit de Céline (texte intégral), participe à l’Anthologie de la poésie en langue française, ainsi que Le contrat social, de Rousseau, en version intégrale.

Ecouter Les Caractères - La Bruyère (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore est partenaire de Radio France, Radio France Internationale, L’Institut National de l’Audiovisuel, l’Assemblée Nationale, l’Historial de la Grande Guerre, le Mémorial de Caen et assure l’édition sonore d’ouvrages en accord avec les ayants droit ou les successions ainsi que les grands éditeurs (les éditions Gallimard, Grasset, Plon, Le Seuil,…). Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La Librairie Sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouter par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com, Virginméga et iTunes.

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ANTHOLOGIE SONORE DE LA PENSEE FRANCAISE PAR LES PHILOSOPHES DU XXeme SIECLE
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L’ETRANGER - ALBERT CAMUS
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