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INTÉGRALE HENRI SALVADOR 1946-1950
LE LOUP, LA BICHE ET LE CHEVALIER








Quelle idée, aussi sotte que grenue, de se montrer péremptoire, catégorique comme un Pape du Jazz, autoritaire enfin, ainsi que je l’ai fait – avec un adorable mouvement du menton, tout de même – à la fin du texte consacré au premier volume de la présente intégrale. Affirmer (même inplicitement) avec l’incons­cience de mes cinquante-trois hivers (à l’époque) que La Samba de là-bas du 7 octobre 1948 chez Polydor closait définitivement le chapitre Ray Venturesque dans la carrière d’Henri Salvador relevait, avouons-le, de la plus infecte méconnaissance de la théorie du chaos! Certes, on savait qu’il restait cette participation (ici inscrite, à la fin du disque 1) au film Nous irons à Paris, en 1949. On soupçonnait aussi quelques faces rarissimes, introuvables, de la période sud-américaine (1941-1944) de faire la part belle au crooner-fantaisiste de l’orchestre, mais enfin, on pensait tout de même avoir grosso modo fait le tour de la question. Grave erreur. A peine l’album livré en pâture aux fanatiques d’Henri Salvador – à la grande joie de celui-ci –, d’impénitants, d’invétérés fouineurs firent feu des quatre fers et mirent impitoyablenent le doigt sur d’impardonnables oublis. Gérard Roig ouvrit la danse dans son magazine Phonos­copies, signalant cette chanson intitulée Vingt Ans, interprétée sur les ondes dans l’émission Constellation 48 du 21 mars 1948 par la bande à Ray, avec en vedettes Henri, Max Elloy, Lucien Jeunesse. Par chance, il existe encore de cet air, jamais gravé semble-t-il sur disque du commerce, un acétate en état moyen, ce qui nous autorise à en reproduire ici la modulation. Roig, emporté par sa fougue juvé­nile, mentionne également une autre aria, composée par Mireille, parolée par Jean Nohain, tout à la gloire du Tour de France en son ère pré-pharmaceutique : Bon Voyage Messieurs du Vélo, que l’on entendait, dit-il, tous les jours de juillet 1950 sur les antennes de la radio nationale dans une délectable salvadorienne mouture. Cette fois, eu égard à la date, Ventura n’était sans doute plus dans le coup. De toute façon, il n’a pas été possible jusqu’ici de retrouver trace de ce document... A ceux désireux de connaître tout de même la dite chanson, on peut conseilller de l’écouter par Mireille elle-même, dans le recueil à elle consacré (Frémeaux & Ass. FA043)... C’est cependant un autre Gérard, Monsieur Gérard Roussel, de Longue­nesse dans le Pas-de-Calais, qui, admettons-le humblement, nous en a bouché un coin! Dans le texte du volume 1, il a assez souvent été question de cette imitation de Popeye, marin mangeur d’épinards, héros de nombreux cartoons imaginés par les frères Fleischer, à laquelle Henri se livrait avec délices. A ce que tout le monde raconte, c’est même ce numéro désopilant qui aurait sauvé, à la fin de 1941, la prestation de l’orchestre Ventura lors de ses débuts catastrophiques au Casino de la Urca de Rio de Janeiro. Plus tard, au cours de l’hiver 45-46, en Autriche cette fois et devant un nombre impressionnant d’officiers alliés, Salvador, toujours avec ce même morceau, aurait réussi le tour de force inimaginable de dérider – et même de faire franchement se fendre la poire – ceux de la délégation soviétique... Etonnant, non? Bref, on laissait entendre qu’il existait quelque part (sans préciser où) une version enregistrée du sketch en question – probablement une version radiophonique là encore, car on ne trouve aucune trace d’un quelconque Popeye dans les disques destinés au public... Comme personne n’était arrivé à mettre la main sur l’enregistrement présumé, je m’étais montré quelque peu dubitatif, allant jusqu’à écrire : “on peut se demander quel impact devait avoir le version radiophonique d’une chose essentiellement vi­suelle”. A présent, grâce à Gérard Roussel, on ne se le demande plus, on est convaincu : ça marche!.. Car elle existe bien cette radio, offerte par la Suisse romande en date du 18 décembre 1946. Certes, nous avions sûrement quelque excuse à ne point connaître cette merveille : les laques, aussitôt que diffusées en leur temps, durent promptement gagner de fort douillets tiroirs (ceux de la radio suisse le sont bien davantage que ceux de toutes les autres stations du monde entier réunies) et s’abandonner à un bienheureux oubli. Même les chercheurs d’élite du lieu paraissent avoir achoppé sur cet épineux problème : Popeye or not Popeye? Aucun, en tous cas, ne nous a confirmé l’existence de la chose, non plus d’ailleurs que notre ami Iwan Frésart qui, de sa Belgique natale, est à l’écoute de la terre entière dès qu’il s’agit de débusquer les incunables.

Version radiophonique, évidemment, mais en public tout de même. Et les rires de la salle aident à imaginer ce que l’oreille seule ne peut voir!.. Ray Ventura a beau déplorer, présentant son cinglé de prédilection, que la télévision ne soit pas encore au rendez-vous (notez bien qu’il n’a pas tort), le courant passe tout de même. Cette sorte de raz de marée irrésistible, fait de folie et de borborygmes sait fort bien retourner conme un gant en un clin d’œil jusqu’aux plus rétifs, aux plus grognons... Il y a un Salvador avant Popeye et un Salvador après Popeye. Et après, rien n’est plus tout à fait comme avant (ainsi que l’on disait, non sans quelque naïveté, aux jours anciens où l’on croyait encore à quelque chose). Même Billy Costello, qui fut la voix à l’écran du mataf ronchonneur et dégingandé pendant des lustres, en prend un sacré coup à la réputation : Henri sait si bien le faire oublier que l’on regrette que ce ne soit pas plutôt lui qui ait décroché le rôle... Même si Gérard Roussel ne nous avait envoyé que ce seul Popeye, nous eussions été comblés. Mais c’est qu’il ne s’est pas arrêté en si bon chemin, ce diable d’homme! C’est l’émission dans son entièreté qu’il nous a dépêchée. Ce qui nous permet d’apprécier de quelle manière Henri calme le jeu, après sa prestation déchaînée, en offrant au public encore pleurant de rire sa sereine et tendre Maladie d’Amour. Le régime de la douche écossaise, en somme... On remarquera que cette version-ci est antérieure d’une bonne année à celle (voir volume l) enregistrée à Paris chez Polydor, c’est-à-dire au tout premier disque d’Henri Salvador édité sous son nom. En vérité, les différences sont assez minimes, car tout devait être parfaitement au point depuis longtemps. On notera également que lors du petit échange d’amabilités entre Ventura et Henri, ce dernier insiste fortement sur le fait qu’il est guadeloupéen... Or, dans son livre de souvenirs (Attention ma Vie - Ed. J.C. Lattès, 1994), il est formel sur ce point de sa naissance : “ce n’était ni la Guadeloupe ni la Martinique, mais la Guyane(...) Je naquis dans la rue de la Liberté, au numéro 19, dans un beau quartier de Cayenne”... Pourquoi avoir, en décembre 46, affirmé le contraire? Peut-être parce que sachant les Français nuls en géographie, Henri pensait alors que le nom de la Guadeloupe, associé au délicieux rhum blanc, leur évoquait davantage que celui de la Guyane, tristement lié au bagne... Outre les deux morceaux de bravoure salvadoriens, l’émission permet encore d’entendre par deux fois le “Sextette Swing Ray Ventura”, avec Henri en soliste à la guitare. Le thème de Benny Goodman, Ray McKinley et Mel Powell intitulé My Guy’s Come Back, avait déjà été enregisté chez Polydor, à Paris, le 14 juin 1946 par l’orchestre au complet. La mouture ici présentée, en formation plus restreinte, est évidemment assez différente. Quant au second morceau, Is You Is Or Is You Ain’t My Baby, il n’en existe pas de version en disque du commerce. Présentant les participants, Ventura indique Max Geldray comme joueur d’harmonica. Celui-ci, musicien hollandais, avait fait parti en 1938-39 de ses “Collégiens” (un nom symbolisant l’insouciante jeunesse, que le chef se promit de ne plus jamais employer dès lors que l’impitoyable guerre fut mise en chantier). Il participa alors à quelques séances de disques et parut dans les deux films mettant le groupe en vedette, Feux de Joie et Tourbillon de Paris (1939). Pendant les hostilités, il se retrouva à Londres, où il joua abondamment dans différentes formations. C’est très probablement au sein de l’une d’elles que Ventura le récupéra lors de son retour en Europe en 1945. Au cours de la période de l’exil, en Suisse d’abord puis en Amérique du Sud, Hubert Giraud avait tenu le poste d’harmoniciste occasionnel, ce qui pouvait laisser supposer qu’il avait retrouvé sa place dans la nouvelle équipe réunie à la fin de l’an 45. Il n’en est rien: c’est bien Max Geldray qui reprit le rôle et c’est certainement lui que l’on entend aussi dans le My Guy’s Come Back parisien de juin 46. Prière de rectifier dans la discographie... Geldray, pour en finir avec lui, repartit bientôt, non pour son pays natal, mais bien pour l’Angleterre où on l’appréciait fort. Il y devint dans les années 50-60 un très actif producteur d’émissions radiophoniques de variétés dont les indigènes se souviennent encore avec émotion et qui accueillirent peut-être, qui sait, Henri Salvador de temps en temps...

Popeye, Maladie d’Amour, les deux prestations du sextette swing... Le rêve!.. Et pourtant, ce n’est pas tout. Il reste les “tubes” de l’orchestre, dans lesquels notre future vedette ne joue qu’un rôle modeste, ainsi qu’il le fait dans Maria de Bahia, Elle est laide, Les six petits Oeufs ou encore Chanson d’un Sou, tous titres délivrés en une ou plusieurs versions dans notre volume 1. Il y a même, dans cette émission suisse décidément prolifique, quelques arias de choix où malheureusement, Henri reste sagement coi, comme Insensiblement, Tchiou Tchiou ou le très chopinesque Soir d’avril. Nous ne les avons pas retenus, comme il se doit. Tant pis pour Frank Ténot et tous les cinglés de Ray Ventura: ce sera pour une autre fois. Ici, nous nous contenterons de la Chanson des sept Jours et de C’est au Marché aux Puces. On y entend certes davantage Max Elloy que Salvador, mais celui-ci, dans le premier titre, s’intéresse tout de même aux sept collines de Rome entourées de pins jolis. Signalons au passage que cette Chanson des sept Jours était loin d’être une nouveauté, surtout pour les auditeurs helvètes. Dès la fin de 1940 ou le début de 1941, Ventura et sa bande d’exilés avaient déjà donné là-bas, à Zürich pour la maison Elite-Spécial, une première mouture de cet air misrakien en diable. Mais à cette époque-là, le joyeux Henri n’était pas encore de la partie... Au fait, quels petits bouts chante-t-il dans C’est au Marché aux Puces (déjà enregistré lui aussi, mais à Bruxelles cette fois, au printemps de 1946), entre les interventions d’Elloy et de Billy Toffel? Pas très facile à préciser, mais soyons sans crainte, il est bien là... On sait qu’à la fin de mars 1947, Ray Ventura dut dissoudre son orchestre, celui-là même que l’on entend ici, dans cette émission rare. Par la suite, il ne le réunit plus guère qu’occasionnellement, en récupérant les anciens dans la mesure du possible, notamment pour les séances d’enregistrement, quelques galas exceptionnels ou encore des passages sur les ondes (le Vingt Ans d’avril 48 est un bon exemple de cette pratique). Henri Salvador, bien que pris par l’évolution de sa propre carrière, s’arrangea pour répondre présent chaque fois que son ex-patron eut besoin de ses services. Ce fut le cas lors du tournage de deux des premiers films produits par Ventura et destinés à mettre son orchestre en vedette, Mademoiselle s’amuse (1947), dont des extraits figurent dans le volume 1, et Nous irons à Paris (1950), au scénario prémonitoire faisant la part belle à “Radio X”, poste pirate auquel Ventura et sa troupe prêtent main forte. Réalisée comme la précédente par le prolifique Jean Boyer, cette nouvelle bande sans prétention étoilant quelques petits nouveaux comme Françoise Arnoul, Philippe Lemaire (doublés l’une et l’autre pour les passages chantés), Henri Génès et Christian Duvaleix, fut tournée au cours de l’été de 1949 dans les jungles de l’Aveyron. Le petit Claude Carrière se rappelle avoir assisté, du haut de sa première décennie, à la mise en boîte de quelques moments mémorables... Les scènes en studio donnèrent également lieu, au début de l’automne, à des instants d’extrême dissipation. Au point que le vénérable Marcel Carné, réalisant sur un plateau voisin La Marie du Port et gêné par le bruit (ça devait être du jazz!), s’en vint tirer les oreilles des vilains gamins qui, en retour, lui tirèrent la langue. Nous irons à Paris fut sur les écrans en février 1950 et remporta sans doute un plus grand succès que La Marie du Port... Contrairement au film précédent, Henri n’est plus ici un des musiciens de l’orchestre mais un invité d’honneur, au même titre que Martine Carol ou George Raft, qui font une brêve apparition. Salvador, quant à lui, intervient en compagnie des trois très dodues Peters Sisters (également invitées) lors d’une émission clandestine dans laquelle l’orchestre, après avoir évoqué quelques-uns des anciens succès venturesques (Comme tout le Monde, Sur deux Notes, Qu’est-ce qu’on attend?...), s’attaque à une nouveauté, une samba intitulée A la mi-août. La samba en question se transforme d’ailleurs rapidement en un sympathique exercice de swing échevelé dès lors que les invités entrent en lice. Si Salvador, se livrant à un désopilant nu­méro de danse en compagnie des trois dames, est très présent à l’image, il n’est guère, avouons-le, particulièrement audible sur la bande-son. Il est vrai qu’ici, le quatuor vocal n’a à prononcer que le seul mot “miaaou-ou”!... Et, quand à la fin du numéro, Henri, groggy, sort sur les genoux, traîné par l’une des impitoyables frangines Peters, il a beau faire un petit signe “au revoir” de la main, on sait bien que cette fois c’est fini, qu’il ne reviendra plus, que le chapitre Ray Ventura est définitivement clos.

L’ultime enregistrement d’Henri chez Ray fut, on l’a dit, La Samba de là-bas, en octobre 1948. Cette autre samba, due à Paul Misraki et André Hornez, était extrai­te du Chevalier Bayard, opérette loufoque qu’interprétèrent à l’Alhambra Yves Montand, Ludmilla Tcherina, Félix Oudart et Henri. On sait que tout le monde fut enchanté, la critique comme le public et pourtant, moins d’un mois après la première, il fallut plier bagage, la salle ressemblant de plus en plus au Sahara... Montand eut à peine le temps d’enregistrer deux de ses airs (voir “Intégrale Yves Montand, vol. 1” - Frémeaux FA 199) et Henri sa samba, puis tout le monde se sépara. Salvador se paya le luxe, dans la foulée, de refuser de faire en vedette l’ouverture de l’Olympia récemment racheté par Bruno Coquatrix. Il se rattrapa sans mal à l’A.B.C., au Club des Champs-Elysées et Chez Carrère, ses trois lieux de prédilection à l’époque. Il lui arriva même assez souvent de passer sans molir de l’un à l’autre au cours de la même soirée. Cette boîte de la rue Pierre Charron appelée «Chez Carrère», qui avait déjà connu une gloire certaine durant les jours sombres, paraît avoir eu sa préférence, car, dit-il, “tout Paris se pressait dans la salle, avec des filles sublimes dont je faisais une consommation gourmande, à tel point que j’avais choisi d’habiter l’hôtel Frontenac qui se trouvait juste en face”. A ce moment de ses souvenirs, Henri précise : “j’avais récemment divorcé de Lili, cette redoutable épouse que je m’étais coltinée pendant sept ans”... L’endroit dut par certains côtés rappeler à Henri cet autre club, le “Jimmy’s”, dont Johnny Hess fut un temps directeur artistique et où lui-même s’était souvent produit avant la guerre. Mais l’établissement du 6 de la rue Huyghens, affirme Henri, était surtout le rendez-vous des snobs, tandis que Carrère attirait plutôt les artistes, les écrivains en renom, les comédiens célèbres, voire les gens de science. Sorti de son purgatoire, Sacha Guitry, qu’Henri avait assez férocement brocardé dans son sketch de 1945 intitulé Le Collaborationniste (voir volume 1), y faisait de fréquentes apparitions fort remarquées. Pas rancunier, celui-ci fut enthousiasmé par le fantaisiste-funam­bule, allant même certain soir jusqu’à le dessiner, le croquer en pleine action... Parmi les nombreux souvenirs liant Henri Salvador à cette boîte, il en est un qui, dit-il, peut surprendre ses lecteurs, celui des parfums : “Les femmes qui venaient là s’accompagnaient de parfums discrets et merveilleux, dont j’avais perdu l’habitude au Brésil”... Quel qu’ait pu être le plaisir qu’éprouva Henri Salvador à faire le fou chez Carrère, c’est tout de même à l’ABC que l’amour répandit dans son cœur son parfum insidieux et subtil. C’est là qu’en 1949 il croisa la femme de sa vie. Passionnée de littérature et de civilisation françaises, cette dame prénommée Jacqueline était venue de son Egypte natale visiter le pays de ses rêves avant que de convoler en justes noces avec un de ses compatriotes. Elle ne repartira pas. Là-bas, à Alexandrie, la radio diffusait assez souvent les premiers disques d’Henri. Passant un jour devant l’ABC où celui-ci se produisait au côté de Mistinguett, elle eut envie de voir à quoi ressemblait ce garçon dont la voix lui avait plu. Henri, dont le côté matou n’a sûrement échappé à personne, ne fut pas insensible au charme de “ce petit bout de femme” aux cheveux courts installé au deuxième rang, dont les yeux lumineux le fixaient. D’autant que le petit bout de femme en question revint plusieurs fois... Deux chansons, Comme j’aimais et Avec un tout petit rien, rendent assez bien compte de l’état dans lequel se trouvait notre homme en ces jours bénis! De fil en aiguille, de chansons cocasses en rendez-vous heureux, d’amourettes qui passaient par là en grandes amours folles, Jacqueline devint Madame Salvador le 24 janvier 1950 (enfin une date précise Henri, merci!) et se mit aussitôt à s’occuper activement de la carrière de ce grand garçon qui se plaît, en disciple convaincu du gendre de Karl Marx, à faire l’éloge de la paresse et qui s’était pourtant bien juré de ne jamais se remarier...

Un paresseux donc, lequel, comme tous les flemmards dignes de ce titre, n’arrêtait pas de bosser! Car, outre ses différentes casquettes dans les music-halls et les boîtes à la mode, il continuait à enregistrer tout plein de galettes chez Polydor, Henri Salvador... Et puis, si la télévision était encore dans ses langes en 1949-50, la radio, devenue grande fille depuis belle lurette, ne cessait quant à elle de faire appel aux nombreux jeunes talents révélés depuis la Libération, les plus explosifs compris. Ce bâton de dynamite répondant au nom de Salvador (Henri) se trouva évidemment rapidement en première ligne. L’ennui, c’est que lorsqu’il évoque cette période de sa carrière – que l’amour à n’en point douter, a dû lui faire traverser comme sur un nuage – il se montre très peu locace et n’est pas deux ou trois ans près!.. Ainsi, par exemple, il lui arrive de mentionner un été calamiteux au cours duquel aucun casino des lieux de villégiature, tout plein de foule en cette période estivale, ne lui proposa le moindre engagement. Chose d’autant plus incompréhensible qu’à cette époque heureuse la tournée des casinos était encore un rituel pour les artistes en renom et qu’il avait peu auparavant fait un tabac à l’ABC... De plus, dit-il, il venait d’engager un jeune pianiste (éventuellement également arrangeur) du nom de Michel Legrand pour l’accompagner. Catas­trophe, que Jacqueline sut immédiatement conjurer en louant, tout simplement, la salle Pleyel afin d’y organiser quatre jours de galas exceptionnels. Coup d’essai transformé en coup de maître(sse), car ce fut un triomphe. Coup d’essai qui décida Jacqueline à s’instituer définitivement impresaria de son Henri. Il y aura bien d’autres galas... Quoi de bizarre là-dedans, demanderez-vous, haletants? Rien, évidemment, à cela près que cette histoire, Henri la conte juste après avoir narré sa rencontre avec Jacqueline et avoir donné la date de leurs épousailles. Si bien que l’on serait tenté de croire que l’été en question était celui de l’an 1950... Erreur. Je pencherai plutôt pour 1954! D’abord parce que c’est à peu près à ce moment-là que Michel Legrand fit un bout de chemin avec Salvador. Au cours des années précédentes, celui-ci se faisait plutôt accompagner par Emil Stern ou par Jack Diéval, ainsi qu’un rapide coup d’œil sur la partie discographique de ce recueil peut en témoigner. De plus, Henri signale que le succès à Pleyel fut si complet que la maison Philips lui “demanda d’enregistrer un disque en live, ce qui n’était pas encore fréquent à l’époque”. Or, le disque sus-mentionné, un microsillon 33 tours, 25 centimètres, ne fut bel et bien commercialisé qu’en 1954. Et puis, de toute façon, notre gaillard ne passa chez Philips que vers le milieu de l’an 1952; auparavant, on l’a dit, il enregistrait en exclusivité pour Polydor... Pour les histoires de radio, c’est à peu près le même flou artistique : Henri parle bien, dans les mêmes pages, d’une émission sur Europe 1. Or, cette station au ton très nouveau en ce temps-là ne commença réellement à émettre que dans la seconde moitié des années 50... Ce qui est exact en revanche et dont il ne parle guère, c’est qu’à la fin de 1949, treize semaines durant, il fut la vedette, le meneur de jeu et Maître de cérémonies d’une série d’émissions réalisée par les Programmes de France et proposée sur l’antenne de Radio-Luxembourg (pas RTL, qui ne prendra la relève que dans les années 60!) par une pâte dentifrice fort connue. Heureusement, l’ami Jacques Lubin, qui fut l’ingénieur du son de la dite série, se rappelle quant à lui parfaitement bien les événements. Du reste, on trouvera quelque part dans le présent livret une photo le représentant dans l’exercice de ses fonctions, auprès d’un Salvador ravi et rigolard... Et Jacques ne s’est point contenté de nous dépêcher cette image heureuse, il nous a également permis de reproduire quatre acétates provenant de sa collection, copiés directement par ses soins à l’époque à partir des bandes originales. Sage précaution car, précise-t-il, la bande magnétique était alors rare et chère, ce qui fait qu’après diffusion, on l’effaçait pour pouvoir réenregistrer!.. Triste pratique, partagée au demeurant par la plupart des radios et des frileuses maisons de disques... Ces quatre laques, nettement mieux conservées que celle donnant à entendre Vingt Ans, sont donc tout ce qui reste de ces réunions informelles, chaleureuses et souvent épiques. Jacques Lublin affirme en avoir recopié plusieurs autres, sur lesquelles il n’a hélas pu mettre la main. Parmi ces titres disparus, il se rappelle un certain De La Villette à Pantin, chanson qu’Henri semble n’avoir jamais confiée à la gomme-laque des “Disques de l’Elite”. Mais après tout, on ne sait pas trop : il y a en effet quelques trous ici et là dans la séquence des numéros de matrices... Les versions ici présentées de Tout ça (déjà enregistré en 1948), C’est Noël M’Amie et Re-bonjour (deux arias qui feront l’objet d’une gravure “commerciale” l’année suivante) sont passablement différentes de celles offertes aux discophages dans les bacs des revendeurs spécialisés. Re-bonjour, en particulier, ne présente qu’une partie de la chanson... Quant à cette samba (c’était la grande mode ici, à la fin des anneés 40!) inti­tulée Ai que Sodades da Amelia, qu’Henri ne manqua pas de s’injecter dans le conduit de l’oreille lors de ses séjours au Brésil entre 1942 et 1945, il n’en a pas non plus donné de version disque (à moins, là encore, que l’un des “trous”...). Adressant tout un tas de reproches à cette dame prénommée Amelia, Henri, amoureux amer, donne ici un bon exemple de sa parfaite maîtrise de la langue portugaise. Les quatre chansons retrouvées ne proviennent pas nécessairement de la même émission et il est assez probable qu’une chose comme C’est Noël M’Amie ait dû être interprétée aux alentours du 25 décembre...

Et puis, naturellement, il y a les disques. Le premier, Maladie d’Amour couplé avec Clopin Clopant (Polydor 560039), fut gravé, on l’a vu le 12 décembre 1947, alors que Ray Ventura avait depuis déjà plusieurs mois rendu leur liberté à ses musiciens. Pour une raison inconnue, Salvador refit ces deux titres un mois plus tard, le 15 janvier 1948. Ce sont ces secondes versions que l’on trouve encore très facilement aujourd’hui, tant la galette se vendit bien. On ne sait si les moutures de décembre 47 furent jamais commercialisées... Peu à peu, Henri prit sa vitesse de croisière dans les studios, enregistrant sept nouvelles faces sous son nom (huit, en comptant Silence, on tourne, partagé sur l’étiquette avec Ventura) entre février et mai 48. Cette année-là, le 23 novenbre, il fit encore Prends-Moi dans tes Bras et Cheveux dans le Vent, utilisant pour la première fois une assez volumineuse formation de studio placée sous la direction de Paul Durand (compositeur de Seule ce Soir, grand “tube” de l’0ccupation, et employé régulier de la maison Polydor), comprenant un nombre respectable de cordes suaves. Le côté sentimental de la personnalité multiforme d’Henri s’en trouve ainsi accentué et, même s’il préfère la formule du trio ou sa seule guitare, il ne manquera pas à l’occasion de recourir aux violons enchantés, ainsi qu’en témoignent les ultimes titres de ce recueil. Revenant aux groupes plus réduits, Salvador fit un nombre assez important de nouveaux disques au cours des mois suivants. Le registre regroupant les feuilles de séances pour la période allant de la fin de 1948 au début de 1951 n’ayant pu être retrouvé par Jacques Primack et Gérard Roig qui écumèrent il y a une bonne vingtaine d’ans les archives Polydor, il nous faudra nous contenter de dates approximatives. De même, il devient impossible de préciser si c’est bien Henri qui enregistra les matrices 809 ACP et 1093 ACP et de savoir quel était leur contenu... Quelqu’un posséderait-il des tests de ces rarissimes raretés? On n’ose l’espérer. Quand Henri Salvador grave, vers la fin de 1950, Bon à Rien, une de ses chansons tendres qu’il sait comme pas un faire alterner avec les choses les plus farfelues, il a mis en place les quatre grandes orientations qui désormais gouverneront sa carrière. A savoir : 1) La chanson jazz/swing/be-bop (largement ouverte pour laisser le rock s’engouffrer plus tard); 2) La chanson sentimentale, mettant en avant la tendresse et le talent du crooner; 3) La chanson marrante, foldingue, faisant sa part belle à l’ironie et à la parodie; 4) La chanson aux accents exotiques (les Iles bien sûr, mais aussi la samba, le Brésil...). Tout ceci semble parfaitement limpide, mais il va de soi que, dans les faits, les choses se compliquent et que nombre de chansons ressortirent de plusieurs de ces catagories à la fois. C’est le Be-Bop, certes, paie son tribut au jazz nouveau qui vient d’arriver, alors que Prends-Moi dans tes Bras, Cheveux dans le Vent, Comme J’aimais, C’est Noël M’Amie, Si Jolie, Léger, Le Loup, la Biche et le Chevalier ou encore Enfance de mon Cœur s’inscrivent sans mal dans la veine sentimentale, tandis que Ela diz que tem, Ai que Sodades da Amelia, Ti Paule, Qui sait, qui sait, qui sait ou Que si, que no illustrent à merveille la tendance exotique. En revanche, l’ironie mêlée de sentimentalisme de Bédélia, l’exotisme teinté de tristesse de Ma Doudou et de Adieu Foulards, adieu Madras, la chute vacharde (et passablement misogyne!) du Scaphandrier, se plaisent à mélanger les genres. Et puis, où donc ranger l’étonnante Vie Grise, le doux-amer Saint-Germain-des-Prés ou l’adorable Rebonjour (ainsi orthographié, sans trait d’union, sur l’étiquette du septante-huit tours), où la nostalgie perce sous la désinvolture?

La proportion d’airs venus des Antilles (Adieu Foulards, ou Ti Paule, composition du célèbre Stellio) ou des deux Amériques étant tout de même assez faible, il fallait d’urgence constituer un répertoire tout neuf. Certes, Henri avait déjà Le petit Souper aux Chandelles et Le Portrait de Tante Caroline, offerts par Paul Misraki et qui ne le quitteront plus guère. Par la suite, il n’eut plus tellement l’occasion de s’attaquer à d’autres chansons du papa de Tout va très bien (Madame la Marquise), mais il est vrai qu’à partir de 1948-49 Misraki s’intéressa bien davantage à la musique de film qu’à ces refrains joyeux ou nostalgiques qui lui valent cependant aujourd’hui la reconnaissance de la postérité. Salvador avait aussi Parce que ça me donne du Courage, qui lui valut un Grand Prix du Disque et dont il grava, pour une raison inconnue, une nouvelle version (ici reproduite) fin 1948 ou début 1949, annulant et remplaçant celle (voir volume 1) enregistrée en mai 48. Les différences sont en vérité des plus minces, tant, là encore, les choses avaient été mises au point au petit poil entre le chanteur et ses accompagnateurs. Mais dans ce que nous espérons bien être une “intégrale”, il nous semblait inconcevable de passer sous silence ce “refait”... Dans ses bagages Henri a également plusieurs de ses propres compositions, Maladie d’Amour en tête. Il en engrangera bien d’autres au fil du temps, parolés par Bernard Michel (déjà collaborateur de Misraki pour, entre autres, Monsieur de La Palice), Maurice Pon ou Boris Vian... Car c’est surtout aux nouveaux venus, à ceux qui ont émergé depuis la Libération, qu’il fera appel. Certes, quelques vétérans comme Bruno Coquatrix (Prends-Moi dans tes Bras, Cheveux dans le Vent), Emil Stern et Henri Lemarchand (Vingt-quatre Heures par Jour, Quand Je Me souviens), Mireille (Rebonjour), Géo Koger (Avec un tout petit Rien), Marc Lanjean et Maurice Vandair (Comme J’aimais) ou encore David Bee, pionnier du jazz belge (Son p’tit Bonhomme de Chemin), auront parfois le plaisir d’entendre leurs œuvres – paroles et/ou musique – interprétées et confiées à la cire par notre vedette. Mais dans bien des cas, Henri s’adressera en priorité aux plus jeunes, peut-être parce que leur esprit correspond mieux au sien et qu’ils sont davantage susceptibles de lui écrire des choses sur mesures... Bernard Michel et Maurice Pon furent des années durant ses paroliers attitrés et leurs noms se trouvent associés à un nombre considérable d’incontestables succès. Pour ne pas déborder le cadre de la présente réédition, on se contentera de citer Ma Doudou, Tout ça, C’est Noël M’Amie, Léger, Un Clin d’Œil, Le Marchand de Sable, Bon à rien et, surtout, Le Loup, la Biche et le Chevalier, “tube” géant que toutes les mamans de France et de Navarre du début des années 50 durent chanter aux tout petits pour leur faire faire dodo... Etonnez-vous après qu’il y ait eu tant de pouces déformés à force d’être sucés dans la génération du “baby boom”!.. Moi, je m’en souviens, c’était mon papa qui s’y collait, parce que ma maman, elle, chantait comme une seringue...

A propos de Michel et Pon, il y a le cas assez bizarre de Bédélia, que l’étiquette du septante-huit tours Polydor 560119 leur attribue à tous les deux. Nous avons évidemment reproduit l’information telle quelle dans la partie discographie, tout en notant que les duettistes en question étaient plutôt auteurs (paroliers, si l’on préfère) que compositeurs. Curieux en vérité. D’autant plus curieux même que Jacques Lubin possède (toujours sur acétate!) une interprétation par Josette Daydé de la dite chanson, créditée cette fois à Jacques (“Djack”) Diéval et... Boris Vian. Ce qui, eu égard au propos quelque peu ironique de la chose, n’aurait rien d’étonnant. Affaire à suivre... Tout en remarquant en passant que les jolies étiquettes rouges de ces disques fragiles ne sont pas toujours très fiables : par exemple, certaines éditions du 560184 spécifient que l’accompagnement pour Le Loup, la Biche... est fourni au piano par le Diéval sus-mentionné alors que, dans ce titre, aucun piano n’est audible. Sur le Polydor 560196, l’accompagnenent de Enfance de mon Cœur est crédité au trio Emil Stern, mais dans cette chanson, Henri s’accompagne lui-même à la gui­tare... En cherchant bien, on en trouverait sûrement quelques autres. Tiens, justement, à l’endroit de ce trio dirigé par le pianiste Emil Stern. Normalement, dans un trio on est trois, c’est même pour cette raison que cela s’appelle comme ça. Dans celui de Stern il devrait donc y avoir, outre lui-même, Fred Ermelin à la contrebasse et Jean-Jacques Tilché (un vieux pote à Henri, avec qui il faisait des paris stupides à longueur de journée vers 1940-41) à la guitare. Le bassiste est bien de la partie, mais le premier qui arrive à déceler une guitare, même simplement effleurée, a gagné la reconnaissance éternelle du syndicat des trios. On sait que Tilché était souvent d’une exemplaire discrétion, mais là, tout de même... Lubin signale que, lors des émissions de la fin 1949 sur Radio-Luxembourg, Stern et Ermelin venaient à deux et, que pour les chansons nécessitant l’emploi d’une guitare, Henri avait toujours la sienne à portée de la main... En ce temps-là – c’est-à-dire entre 1945 et 1950, quand il parcourut le chemin le menant de la vingt-cinquième à la trentième année de son âge –, Boris Vian, admirateur inconditionnel de Bix Beiderbecke, passait ses nuits en troglodyte à animer, infatigable, celles des caves germanopratines, où il dut bien croiser Salvador plus d’une fois. Le reste du temps, contrairement à l’un de ses héros, il ne dormait pas. Il donnait régulièrement au magazine Jazz Hot une revue de presse drôle et féroce, souvent d’une délectable injustice, et il écrivait aussi, sous pseudonyme, des romans noirs à l’américaine – trop américain peut-être, pour être tout à fait vrais! – que la cen­sure s’empressait de faire interdire. Il lui arrivait encore, parfois, de s’attaquer à une autre littérature, d’imaginer des textes étranges et beaux, que l’on tient aujourd’hui pour des classiques et que l’on donne à lire aux enfants des écoles alors qu’en leur temps ils passèrent à peu près inaperçus, bien qu’ils fussent édités par Gallimard ou les Editions de Minuit et que Raymond Queneau ait estimé que l’un d’eux était en somme “le plus poignant des romans d’amour contemporains”... Tout ceci pour signaler qu’à ce moment-là, Boris Vian n’avait pas encore vraiment trouvé le temps de pondre ces palanquées de chansons tendres, méchantes, tristes ou à hurler de rire, qu’il inventait avec une déconcertante facilité et qui ravirent (ou agacèrent prodigieusement) au cours de la décennie suivante un public encore attaché à la magie des mots. Une espèce en voie d’extinction...  Il parvint quand même, Boris Vian, à voler à un emploi du temps si chargé trois ou quatre minutes pour griffonner en vitesse au coin d’une table, sur un bout frippé de nappe en papier, quelques gentilles bricoles à l’intention de copain Henri. Pour l’instant, on ne relève encore que trois titres (peut-être quatre, si l’on compte Bédélia) dont l’un, Ma Chansonnette, n’est que l’adaptation de Sam’s Song, petit “tube” états-unien de Lew Quadling. A propos de ce mot “tube”, qui servit à partir des années 50 dans le monde du “showbiz” à la française à désigner les gros succès du disque, il convient de préciser qu’il fut mis à la mode par Boris Vian justement, lequel trouvait obscène le terme “saucisson” en usage jusqu’alors dans le dit milieu...

C’est le Be-Bop et La Vie grise se révèlent évidemment d’une tout autre originalité. La seconde moitié de la cinquième décennie du vingtième siècle de l’ère chrétienne fut marquée par les débuts de ce que l’on appela la “guerre froide”, mais aussi par une autre guerre nettement plus chaude, une “guerre hot” en quelque sorte, celle des jazz. Certes, aux U.S.A., en Angleterre et dans nombre de contrées proches ou lointaines, les échanges entre “figues moisies” (partisans d’un jazz dit classique, voire traditionnel) et “raisins aigres” (tenants d’un jazz plus “mo­derne”, également désigné par les vo­cables “re-bop” et “be-bop”) furent souvent des plus vifs, mais ne connurent guère l’ampleur paroxystique qui plongea des années durant dans un bain de doubles croches pointées, de quintes diminuées, d’injures pittoresques, de scatologie larvée et de diffamation en stock la Patrie des Droits de l’Homme et du rationalisme cartésien. C’est qu’ici en effet, dans notre bienheureux Hexagone où la Raison, dit-on, l’emporte toujours, “la querelle des Anciens et de Modernes prit une dimension toute particulière du fait de l’existence d’un mage”, ainsi que le note Lucien Malson dans sa présentation des Chroniques de Jazz de Boris Vian (La Jeune Parque, 1967). Le mage en question, Hugues Panassié, membre fondateur du “Hot Club de France”, ex-directeur de la revue Jazz Hot créée en 1935, organisateur à partir de 1937 de séances d’enregistrements pour la nouvelle firme “Swing”, possédait un “charisme” certain et savait parler du jazz avec une telle conviction qu’on aurait pu croire qu’il en était l’inventeur. Il finit d’ailleurs par le croire et certains autres avec lui. Hugues Panassié est souvent parvenu à consacrer des pages passionnées aux jazzmen qu’il aimait, Louis Armstrong en tête, tentant d’analyser leur musique, leur style, en termes d’amateur plutôt que de musicologue, en mots de tous les jours si l’on préfère, accessibles à tous. On lui a reproché cet aspect “impressionniste”. Plus grave sans aucun doute est la prétention à l’infaillibilité qu’il affichait volontiers en matière de jazz, cette propension à se vouloir démiurge, cette vision idéale des choses, immuable, statique, fossilisée, bref “réactionnaire” aux yeux des tenants de l’évolutionnisme... Tout comme le reste du monde, le jazz avait bougé, le plus souvent il est vrai sous la pression d’éléments extérieurs à la logique de la musique elle-même. Il sembla aux Européens, coupés depuis cinq bonnes années des forces vives du genre, qu’il avait encore plus bougé que d’habitude entre 1940 et 1945!.. Si bien qu’assez rapidement Panassié refusa de considérer les nouveaux courants comme ressortissant du jazz. La rupture était inévitable, d’autant qu’il y eut des tentatives de “coups d’état” au sein des différents Hot Clubs. Toute réconciliation se révéla bientôt impossible, comme c’est presque toujours le cas dans les affaires d’ordre religieux. La rupture consommée aux alentours de l’an 47, Hugues dans ses diverses publications (La Revue du Jazz, puis le Bulletin du HCF) et le jeune Boris dans Jazz Hot (repris en main par son fondateur Charles Delaunay) eurent maintes occasions de s’affronter joyeusement à plumes venimeuses rabattues. Il n’est évidemment pas question ici d’entrer dans le détail d’un conflit qui opposa (encore qu’il leur soit arrivé de tomber d’accord!) les deux fauves pendant près d’une douzaine d’ans, mais on peut conseiller la lecture des Chroniques de Vian, tirées par Malson de la Revue de Presse (1947-1958) mentionnée plus haut (il doit en exister une réédition assez récente) : c’est sain, frais, pas toujours de bon goût ni politiquement correct, vachard et souvent très marrant. Contentons-nous pour cette fois d’indiquer qu’Hugues avait pris l’habitude de surnommer Vian “Baryton zazotteux” (la revue qu’il avait naguère dirigée étant elle-même devenue “Zazott”). André Hodeir (parfois aussi qualifié de “mauvaise hodeir”) était quant à lui “Pédant zazotteux n° 1” et Malson “Pédant zazotteux n° 2”. J’ai eu l’insigne honneur, à ce qu’on m’a dit, d’être bien plus tard (dans la première moitié des années 70) “Pédant zazotteux n° 3”... Vian ne fut point en reste qui, outre “Nunugues”, “Pana”, “Pape”, se plut au fil des ans à déraper sur “Papane”, “Popone”, “Papanana”, “Papanassié”, “Papenassié”, “Pane d’Acier”, “Gugusse Peine-à-Scier”, “Hugues le Montalbanais” (le grand penseur s’était en effet retiré dans son manoir du paisible chef-lieu du Tarn-et-Garonne), ou le si joli “Pédant Montalbanais numéro zéro”... Un peu plus tard, le toujours modeste Pierre Lafargue ajouta sa petite pierre à l’édi­fice: “Panaploum”. Pas de quoi fouetter un greffier dans tout cela, bien que là encore on frôle parfois la scatologie, mais il est vrai que le Maître, en bon disciple de Léon Bloy qu’il était, ne se priva jamais de donner l’exemple... On peut évidemment, au-delà de cet humour de potache, se demander pourquoi quelqu’un comme Boris Vian, plutôt enclin comme musicien à interpréter un jazz relativement traditionnel, éprouva le désir de prendre la défense des modernes. On a quelquefois parlé de snobisme. Faux : tout en ayant ses préférences affichées, le futur auteur de J’suis snob refusait les œillères et n’admettait pas que l’on figeât en une seule formule, aussi belle soit-elle, cette musique dont il était amoureux – “il ne vivait que pour le jazz, n’entendait, ne s’exprimait qu’en jazz”, rappelle à point nommé à son propos Henri Salvador. Et puis, à défaut de se prétendre infaillible, il possédait au plus haut point, comme nombre de gens de sa génération, le goût de la polémique et de la provocation. Sans compter qu’au fond de lui-même, il aimait follement ces trouvailles ébouriffantes des Dizzy Gillespie, “Fats” Navarro, Charlie Parler, Dexter Gordon, “Bud” Powell et autres Thelonious Sphere Monk... Le pire, le plus triste, c’est que Panassié ne les détestait sûrement pas non plus... C’est assez dire qu’une chanson comme C’est le Be-Bop, qu’Henri dut éprouver un malin plaisir à inscrire à son répertoire, va nettement au-delà du simple aspect anecdotique, de la musique (dûe, cette fois la chose est sûre, à Jack Diéval) en dents de scie, de la description clinique de l’apparence vestimentaire du bopper-type, pour se donner comme un véritable manifeste, le symbole même de ce qui modifie irrémédiablement, de l’intérieur, la véritable musique du siècle... Petit détail qui a son importance : à l’époque de l’enregistrement de cette chanson, le batteur du trio Jack Diéval s’appelait Kenny Clarke...

En comparaison, La Vie grise, qui ne semble pas chargée d’autant de sens, pourrait presque paraître de la même couleur. Pourtant, cet essai plutôt réussi n’en est pas moins fort caractéristique de ce ton doux-amer, un tantinet fataliste, un poil désespéré, que Vian et quelques complices de son âge sauront conférer à la chanson française nouvelle manière. Il est simplement regrettable que, si l’on en juge par sa rareté, ce disque-ci n’ait sûrement pas connu les ventes phénoménales (pour l’époque) de Maladie d’Amour, Ma Doudou ou Le Loup, la Biche et le Chevalier. Etait-ce encore trop tôt? Bernard Michel et Maurice Pon déjà très opérationnels; Boris Vian bien en place sur sa rampe de lancement : avec de telles munitions, Henri Salvador, ses arrières assurés, put s’offrir le luxe de prendre d’autres bonnes arias concoctées le plus souvent par de petits jeunes prometteurs. Ainsi relève-t-on les noms de Norbert Glantzberg (Les Maris, les Papas et les Chats) davantage associé à Edith Piaf, de Philippe Gérard, Eddie Marnay et René Rouzaud (Je ne suis pas, Charlot, Les Maris,... Que si que no, Si jolie...), voire celui de Francis Lemarque en rupture de Montand (Un p’tit Air dans la Caboche). Comme il se doit, Pierre Dudan, sorte de “Suisse errant” vaguement anarchiste a qui l’on devait déjà cet énorme “tube” intitulé Clopin-Clopant, fut de nouveau à l’honneur en 1950 avec Monsieur le Bon Dieu et Ciel de Paris. Dudan et Salvador se connaissaient bien, qui avaient eu l’occasion de passer en 1948 au même programme du Théâtre de l’Etoile... Monsieur le Bon Dieu ne connut pas le même succès que Clopin-Clopant, bien que son auteur (également interprète) l’eût enregistré de son côté. En revanche Ciel de Paris, jolie mélodie, est encore dans bien des mémoires. Parmi les “petits jeunes prometteurs”, il s’en trouve un qui promet peut-être encore plus que les autres. Quand fin 1949 Salvador grave son Saint-Germain des Prés et l’année suivante Le Scaphandrier, Léo Ferré avait déjà donné des chansons à Dame Piaf (Les Amants de Paris) et enregistré pour une petite firme plusieurs de ses œuvres, mais il n’était pas encore cette sorte de monstre de scène qui fera par la suite frémir toute la fédération anarchiste et bien au-delà. Une espèce de fausse modestie de poète maudit le cantonnait alors dans une douce humilité, comme un feu couvant sous la cendre, attendant patiemment son heure. L’heure viendra. Les méchantes langues ont parfois prétendu que les chansons du Grand Ferré n’étaient jamais aussi bonnes que quand d’autres en écrivaient les paroles. L’adaptation de textes d’Apollinaire ou de Rimbaud n’étant pas encore de saison, allusion devait être faite à ce Scaphandrier (paroles de Robert Baër) ou à Monsieur William et au Temps du Tango (paroles de Jean-Roger Caus­simon). Les mêmes langues vipérines ont également laissé entendre que Léo était quand même mieux chanté par d’autres que par lui-même... Sur ce plan, on ne leur donnera pas complètement tort en affirmant que la voix d’ange d’Henri fut pour beaucoup dans le succès mérité que rencontra, même auprès des femmes, le Scaphandrier imprudent, noyé dans le vide absolu du cerveau de sa belle! Au fait, tant que nous y sommes : Saint-Germain des Prés est, musique et paroles, de Léo Ferré et, quand même, ce n’était pas si mal, non? Ce Saint-Germain des Prés-là était-il le même que celui dont Boris Vian connaissait par cœur toutes les caves à musique? Est-ce qu’on sait...
Daniel NEVERS

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001

english notes
Whatever were we thinking of when in Volume 1 we implied that Henri Salvador closed the Ray Ventura episode with La Samba de là-bas on 7 October 1948.  Chaos broke loose with this humble yet incorrect statement.  Of course, we were aware of his participation in the film Nous irons à Paris in 1949 (included here in CD 1) and of the probable existence of some extremely rare sides dating from his South American adventure (1941- 44), but in all honesty we believed that we had covered the rest of the story.  Shame on us - this was not the case. As soon as the album was released, Salvador activists began ranting and raving.  As Gérard Roig hastened to indicate, Vingt Ans was broadcast on the programme Constellation 48 on 21 March 1948, played by Ray’s band and starring Henri, Max Elloy and Lucien Jeunesse.  Fortunately, an acetate of relatively good quality exists, though the tune was never recorded commercially.  We were also informed of a Mireille composition entitled Bon Voyage Messieurs du Vélo, an ode to two-wheeled transport and the glorious Tour de France.  The Salvadorian version was apparently broadcast every day during July 1950, but although it would appear that Ventura was not present, no trace of this document can be found. Another more important omission was pointed out by Gérard Roussel concerning Salvador’s splendid impersonation of Popeye.  As related in Volume 1, this act actually saved the day during the Ventura orchestra’s debuting concert in Rio de Janeiro’s Casino da Urca.  Later, during the winter of 1945-46, Henri managed to tickle the likes of a crowd of allied officers including Soviet delegates with the same number - this time in Austria.  The sketch was later broadcast over Swiss radio to be sadly forgotten in the Helvetian vaults (which partially excuses our oversight).  Indeed, this is a radio version of a public performance where the visual aspect is of great importance, but the punters’ laughter indicates how sailorman Salvador managed to bring the house down. Moreover, Mr. Roussel sent the acetates of the entire show, so we may witness how Henri calms his fans after their moments of mirth, coming out with the serene and tender Maladie d’Amour.  This version was made a good year before that (see Volume 1) cut in Paris for Polydor - Henri Salvador’s first disc issued in his name. The same programme equally includes two titles by the ‘Sextette Swing Ray Ventura’, with Henri as guitar soloist.  Benny Goodman, Ray McKinley and Mel Powell’s tune, My Guy’s Come Back, had already been recorded for Polydor in Paris on 14 June 1946 with the whole orchestra.  This rendering is interpreted by a smaller set-up and is thus quite different.  The second piece, Is You Is Or Is You Ain’t My Baby had never been commercially released.  During the introductions, Ventura presents Dutch Max Geldray as the harmonica player.  Geldray had been a member of the ‘Collegian’ team in 1938-39, participating in several recording sessions and appearing in two films starring the group, Feux de Joie and Tourbillon de Paris (1939).  During the war he stayed in London, playing in various bands.  During the Ventura tribe’s exile in Switzerland followed by South America, Hubert Giraud occasionally held the harmonica seat but in late 1945 was replaced in the new group by Max Geldray, and it is most certainly the latter we hear in My Guy’s Come Back in the June 1946 version.  Shortly after, Geldray was to return to England where he was highly-rated, and became a popular radio producer.

The swing sextet was then replaced by the entire orchestra which covered some of their ‘hits’, though our future star only holds modest roles as in Maria de Bahia, Elle est laide, Les six petits Oeufs and Chanson d’un Sou, all of which were included in Volume 1.  We have excluded other choice numbers such as Insensiblement, Tchiou Tchiou and Soir d’Avril as Henri lay particularly low, but have selected Chanson des sept Jours and C’est au Marché aux Puces. In March 1947, Ray Ventura had to dissolve his band to occasionally summon them back for recordings, galas or radio broadcasts (as for Vingt Ans in April ’48).  By this time Henri Salvador’s own career was taking shape, but was forever obliging when his ex-boss called for him.  This was the case with Ventura’s films, Mademoiselle s’amuse (1947) and Nous irons à Paris (1950).  In the latter movie, Henri’s status was raised to that of guest star, alongside Martine Carol and George Raft.  Salvador appears with the Peter Sisters, while the orchestra interprets their new samba, A la mi-août.  But whereas the shooting highlights Salvador in a rip-roaring dance act accompanied by the fleshy sisters, he is not particularly audible on the sound track - indeed the vocal quartet only intervene with the unique feline ‘miaow’!  And when at the end of the number, Henri is dragged away by the girls, waving good-bye, this truly indicates the ending of the Ventura chapter. As previously mentioned, Henri’s ultimate recording with Ray was La Samba de là-bas in October 1948.  This samba was taken from the operetta Le Chevalier Bayard starring Yves Montand, Ludmilla Tcherina, Félix Oudart and Henri.  Despite the show’s excellent critics, it ran for less than a month the house became deserted.  Yves had just enough time to cut two of its songs (see ‘Intégrale Yves Montand, Vol. 1 - Frémeaux FA 199) and Henri recorded his samba.  He then went on to perform in his three favourite hang-outs - the A.B.C., the Club des Champs-Elysées and Chez Carrère.  He especially esteemed this third club, frequented by artists, writers, celebrated actors and ravishing girls (Henri had recently divorced Lili). However, despite these pleasurable moments Chez Carrère, it was in A.B.C. in 1949 that he encountered the light of his life.  The lady in question, Jacqueline was simply visiting France to nourish her passion for the country’s literature and civilisation, with every intention to return to her natal Egypt where she was to wed a compatriot.  She had already heard Henri’s first discs on Alexandria radio so decided to see him in person at the A.B.C. where he was performing along with Mistinguett.  Henri could not but fall under the charm of this little lady in the second row, her eyes aglow, particularly as the same little lady returned several times.  Fate ran its course and on 24 January 1950 Jacqueline became Madame Salvador, and immediately began to look after the career of the man who had sworn to never get married again!

To add to his hectic lifestyle, running from one music-hall or club to another, Henri continued recording in quantity for Polydor.  Moreover, the radio was in full boom and was forever calling upon young talent, so Henri was a major target.  Unfortunately, Henri’s recollections are somewhat vague concerning this period.  For example, he speaks of one summer when he was not offered the slightest contract and he had just hired the young pianist Michel Legrand to accompany him.  Jacqueline resolved this problem by renting the Salle Pleyel for four days of gala, which proved triumphant.  However, Henri relates this episode just after talking about his union with Jacqueline, which would situate the Pleyel tale in summer 1950.  Yet the year in question was most probably 1954 as this was when Michel Legrand started working with Salvador (who was previously accompanied by Emil Stern or Jack Diéval).  Henri also indicates that the Pleyel success was such that the label Philips ‘asked to record him live’, which was uncommon at that time.  The aforementioned LP was released in 1954.  In any case, our artist only started to collaborate with Philips in mid 1952 - prior to this date he worked exclusively for Polydor.  His recollections of the radio coverage are again hazy :  in the same part of his book, Henri mentioned a programme on Europe 1, when in fact this station only truly began broadcasting in the second half of the decade. One undeniable fact, although he hardly speaks of it, is that for thirteen weeks in late 1949 he was the star on a series of radio shows broadcast by Radio Luxembourg.  The sound engineer, Jacques Lubin clearly remembers his participation and has kindly lent us four acetates which he copied from the original tapes.  We can thus appreciate versions of Tout ça (already recorded in 1948), C’est Noël M’Amie and Re-bonjour which differ from the marketed renditions.  The fourth title, a samba entitled Ai que Sodades da Amelia, inspired by his Brazilian experience, demonstrates Henri’s perfect mastery of Portuguese.  These four retrieved songs may not come from the same show, but C’est Noël M’Amie probably dates from around 25th December. He also made records, of course.  The first, Maladie d’Amour was coupled with Clopin Clopant (Polydor 560039) on 12 December 1947.  For some unknown reason, Salvador cut these titles again a month later, on 15 January 1948.  The pace increased from February and May ’48 when he cut another seven sides in his name (eight including Silence, on tourne, where Ventura shared the label).  In the same year, on 23 November, he came out with Prends-Moi dans tes Bras and Cheveux dans le Vent, using for the first time a sizeable studio orchestra, led by Paul Durand (composer of the Occupation hit, Seule ce Soir).  This formula accentuated the sentimental side of the versatile Henri, though he personally favoured trios or simply his own guitar accompaniment.

Going back to smaller groups, Salvador made a quantity of new records during the months that followed, though the session sheets for the late 1948 to early 1951 period have not been retrieved, so the dates are approximate.  Furthermore, it is impossible to certify whether Henri recorded matrices 809 ACP and 1093 ACP and to know exactly what was on them.  If any reader could enlighten us regarding these mysterious rarities we would be most obliged. When in 1950 Henri Salvador cut the tender Bon à Rien, he in fact defined the four styles which were to dominate his career, i.e. jazz/swing/be-bop, sentimental songs which revealed his crooning art, humorous songs and songs with an exotic touch.  This may appear perfectly reasonable until a number of his songs belonged to several categories at the same time.  It goes without saying that C’est le Be-bop is in honour of the new jazz which had just appeared on the scene, whereas Prends-Moi dans tes Bras, Cheveux dans le Vent, Comme J’aimais, C’est Noël M’Amie, Si Jolie, Léger, Le Loup, la Biche et le Chevalier and Enfance de mon Coeur can be filed under the sentimental heading and his exotic tendencies are superbly illustrated in Ela diz que tem, Ai que Sodades da Amelia, ti Paule, Qui sait, qui sait, qui sait and Que si, que no.  However, we discover a pot-pourri of genres in the ironically sentimental Bédélia, Ma Doudou and Adieu Foulards, adieu Madras where exoticism is tinged with sorrow and Le Scaphandrier.  And then, in which category can we place the astonishing Vie grise, the bitter-sweet Saint-Germain-des-Prés or the adorable Rebonjour which finds indifference masking nos­talgia? The number of tunes from the West Indies and America (both North and South) were limited, so Henri had to quickly look for new material to add to his repertory.  He had a handful of numbers which Paul Misraki had rustled up (Le petit Souper aux Chandelles, Le Portrait de Tante Caroline), yet after 1948 Misraki was more attracted towards scoring for films.  Salvador also had his award-winning Parce que ça me donne du Courage, cutting a second version towards the end of 1948 or beginning of 1949 and which replaced that of May ’48 (see Volume 1).  There may be little discrepancy between the two sides but the complete works deserve the inclusion of both.  He also boasted a number of his own compositions (topped by Maladie d’Amour) with lyrics by new post-Liberation talent such as Bernard Michel, Maurice Pon and Boris Vian .  But the veterans of the trade still had the occasional pleasure of hearing our songster interpret their works (lyrics and/or music) such as Bruno Coquatrix (Prends-Moi dans tes Bras, Cheveux dans le Vent), Emil Stern and Henri Lemarchand (Vingt-quatre Heures par Jour, Quand Je Me souviens), Mireille (Rebonjour), Géo Koger (Avec un tout petit Rien), Marc Lanjean and Maurice Vandair (Comme J’aimais) and Belgian jazz pioneer David Bee (Son p’tit Bonhomme de Chemin).  Nevertheless, Henri principally turned to the younger creators, perhaps as their mentality was closer to his and their flexibility enabled them to write made-to-measure pieces.  For years Bernard Michel and Maurice Pon acted as his appointed lyricists and were involved in a great number of hits.  In this boxed edition, we may appreciate Ma Doudou, Tout ça, C’est Noël d’Amie, Léger, Un Clin d’Oeil, Le Marchand de Sable, Bon à rien and above all Le Loup, la Biche et le Chevalier, a smash hit which all French mothers adopted in the early fifties to lull their little ones to sleep. While still on the subject of Michel and Pon, the label on Bédélia (Polydor 560119) strangely gives them the credits, whereas the artists in question were lyric writers rather than composers. Stranger still, an acetate of the same song exists, this time interpreted by Josette Daydé, where the credits are attributed to Jack Diéval and Boris Vian.  Admittedly, the pretty red labels on these fragile discs are not always reliable.  Take certain copies of 560184, for instance, which indicate Diéval’s piano accompaniment whereas not the slightest keyboard tinkle can be heard.  Similarly, Polydor 560196 specifies that the Emil Stern trio provide the accompaniment on Enfance de mon Coeur, yet in this song Henri accompanies himself on the guitar.  And there are most certainly other slips of this order.

During the 1945 to 1950 period, Boris Vian, an avid fan of Bix Beiderbecke, spent much of his time entertaining in Parisian jazz haunts and must have regularly come across Salvador.  The rest of his time was spent reporting for the spiteful and witty magazine Jazz Hot, then using a pen-name he wrote American-style thrillers.  Then occasionally he put his hand to other strange and beautiful literary works, now considered as classics.  His timetable did not yet allow him to turn to the abundance of tender, wicked, sad or hilarious songs which he was to churn out in the years to come.  But he did sometimes find a minute or two to scribble down some ideas for his friend Henri.  Pertinent to this volume, we may consider three titles (or four if we count Bédélia), one of which, Ma Chansonnette, was an adaptation of Lew Quadling’s minor hit in the States, Sam’s Song. On the other hand, C’est le Be-Bop and La Vie grise are remarkably original.  In this latter part of the forties, what was known as the Cold War surfaced and on a totally different note, there was also the ‘hot war’ with a certain confrontation between the traditional jazz fiends and the aficionados of the more modern jazz sounds.  As a musician Boris Vian tended to play traditional tunes but nevertheless defended the modern school of thought.  Henri delighted in including the self-explanatory C’est le Be-Bop in his repertoire (music composed by Jack Diéval), and in this recording with Diéval’s trio we may also appreciate Kenny Clarke on the drums. La Vie grise is somewhat comparable to the aforementioned song and is characterised by the sweet and sour and fatalist tone, with a touch a despair which Vian and a few of his contemporaries managed to confer on the new style of French song.  Judging by its rarity, its marketing appeal was regrettably low compared to the success of Maladie d’Amour, Ma Doudou and Le Loup, la Biche et le Chevalier.  Perhaps the timing was wrong. With Bernard Michel and Maurice Pon’s active collaboration and Boris Vian well placed on the starting block, Henri Salvador could comfortably dip into concoctions written by others, often promising newcomers.  We may thus find the names of Nobert Glantzberg (Les Maris, les Papas et les Chats), Philippe Gérard, Eddie Marnay and René Rouzaud (Je ne suis pas, Charlot, Les Maris, ..., Que si que no, Si jolie...) and Francis Lemarque (Un p’tit Air dans la Caboche).  Pierre Dudan, behind the mighty hit Clopin-Clopant returned in 1950 with Monsieur le Bon Dieu and Ciel de Paris.  The former title may not have been as successful as Clopin-Clopant but the melodic latter number is still remembered by many. One of the young arrivals stood out more than the others.  When in late 1949 Salvador cut Saint-Germain des Prés and then Le Scaphandrier the following year, Léo Ferré had already offered some songs to Edith Piaf (Les Amants de Paris) and had recorded some of his compositions for a small record company, but he was far from being the charismatic star who was to stir the entire anarchist movement.  Certain tattlers claimed that Léo’s best songs were those with lyrics by others, maybe referring to Le Scaphandrier (lyrics by Robert Baër) or to Monsieur Williams and Le Temps du Tango (lyrics by Jean-Roger Caussimon).  These same tale-bearers suggest that Ferré’s works were improved when sung by other artists.  Here, they were not completely wrong, as Henri’s angelic voice certainly added to the success of Le Scaphandrier   There again, Léo Ferré is responsible for both the music and words of Saint-Germain des Prés - and the result really isn’t as bad as all that!
English adaptation by Laure WRIGHT from the French text of Daniel NEVERS
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001

DISCOGRAPHIE - CD1
CD1
01. INDICATIF & CHANSON DES SEPT JOURS (P. Misraki) (Radio/Broadcast)  Acetate 5’30
02. MY GUY’S COME BACK (Goodsan-McKinley-Powell) (Radio/Broadcast)  Acetate 3’09
03. POPEYE (S.Lerner) (Radio/Broadcast)  Acetate 2’00
04. MALADIE D’AMOUR (H. Salvador-G. Soime-M. Lanjean) (Radio/Broadcast)  Acetate 2’29
05. C’EST AU MARCHÉ AUX PUCES  (Radio/Broadcast)  Acetate 5’08 (M. Lanjean-J. Boyer-A. Horniez)
06. IS YOU IS OR IS YOU AIN’T (B. Austin-L. Jordan) (Radio/Broadcast)  Acetate 2’36
07. VINGT ANS (A. Schwab-M. Chevalier)) (Radio/Broadcast)  Acetate 3’05
08. PRENDS-MOI DANS TES BRAS (B. Coquatrix-A. Hornez) (Polydor 560110)  0385-2 ACP 2’32
09. CHEVEUX DANS LE VENT  (Polydor 560110)  0385-3 ACP 2’49 (B. Coquatrix-J. Chabannes-F. Chardon)
10. UN P’TIT AIR DANS LA CABOCHE (F. Lemarque-M. Gérard) (Polydor 560118)  0424-3 ACP 2’29
11. PARCE QUE çA ME DONNE DU COURAGE   (Polydor 560116)  0425-2 ACP 3’16 (Mireille-J. Nohain)
12. 24 HEURES PAR JOUR (E. Stern-H. Lemarchand) (Polydor 560119)  0426-2 ACP 2’30
13. MA DOUDOU (H. Salvador-B. Michel) (Polydor 560118) 0427-2 ACP 2’52
14. QUI SAIT... QUI SAIT... QUI SAIT! (O. Farrès-J. Larue) (Polydor 560130)  0489-2 ACP 3’08
15. ELA DIZ QUE TEM (ELLE A DIT QU’ELLE AVAIT) (Folklore) (Polydor 560130)  0490-2 ACP 2’11
16. BÉDÉLIA (B. Michel-F. Pon) (Polydor 560119)  0491-2 ACP 3’00
17. COMME J’AIMAIS (M. Lanjean-M. Vandair) (Polydor 560133)  0492-2 ACP 3’04
18. SON P’TIT BONHOMME DE CHEMIN (D. Bee-Cl. Alix) (Polydor 560133)  0493- 1ACP 2’57
19. A LA MI-AOÛT (P. Misraki- A. Hornez) (Hoche Production) Film 4’52
20. TOUT çA (B. Coquatrix-B. Michel) (Radio/Broadcast)  Acetate 2’48
21. RE-BONJOUR (Mireille-R. Lanzac) (Radio/Broadcast)  Acetate 2’21
22. C’EST NOËL M’AMIE (H. Salvador-B. Michel-J. Lacroix) (Radio/Broadcast)  Acetate 2’48
23. AI QUE SODADES DA AMELIA (A. Alvez-M. Lago) (Radio/Broadcast)  Acetate 1’50

FORMATIONS, VOCALISTES & DATES D’ENREGISTREMENT / PERSONNEL, VOCALISTS & RECORDING DATES
1 & 5  - RAY VENTURA ET SON ORCHESTRE 
Adrien TERMES, Henri FRIGARD, Louis DEHAES (tp); Gabriel MASSON, André SMIT, Guy PAQUINET (tb); Gérard LÉVÊQUE (cl, ts, arr); Rodolphe CHAPPE, Marcel COESTIER, Max HUGOT, Guy MOULEYRAERT (cl, fl & saxes); Max GELDRAY (hca); Claude DENJEAN, Serge MEUNIER, Jacques HURIAUX (vln); Raymond BERNARD (p, arr); Henri SALVADOR (g); Bob KAY (b); Robert SOLAT (dm); Max ELLOY, G. PAQUINET, Paul MATTEÏ, Billy TOFFEL, Bob JACQUEMAIN Quartet & «les Voix du Rythme». Radio/Broadcast (RSR - prob. studio de Lausanne). Prob. LAUSANNE, 18/12/1946.
2 & 6 - LE SEXTETTE «SWING» RAY VENTURA 
Gérard LÉVÊQUE (cl); Max GELDRAY (hca); Raymond BERNARD (p); Henri SALVADOR (g); Bob KAY (b); Robert SOLAT (dm). Radio/Broadcast (RSR - prob. studio de Lausanne). Prob, LAUSANNE, 18/12/1946.
3 & 4 - HENRI SALVADOR, voc, scat voc, g. Radio/Broadcast (RSR - prob, studio de Lausanne). Prob. LAUSANNE, 18/12/1946.
7 - RAY VENTURA ET SON ORCHESTRE (orch. de studio / Studio band) 
Formation difficilement identifiable, mais comprenant une partie des musiciens de l’orchestre de 1946 / Personnel not easily identifiable, but including several musicians of the 1946 period. Parmi les présents / Among those present : A. TERMES, L. DEHAES, G. PAQUINET, M. COESTIER, R. BERNARD, H. SALVADOR, Bob KAY, M. ELLOY... Vocalistes : Lucien JEUNESSE, Henri SALVADOR, Max ELLOY, Bob JACQUEMAIN. PARIS, 21/03/1948 (Radio/Broadcast - Emission «Constellation 48»- Studio RDF, 116, avenue des Champs-Elysées, VIIIe arr.).
8 & 9 - HENRI SALVADOR, avec PAUL DURAND et son Orchestre 
PARIS, 23/11/1948 (Studio Polydor, Salle Chopin-Pleyel - 252, rue du Faubourg St-Honoré, VIIIe arr. - Enregistreur/Recorder : Georges CAILLY).
10 à/to 13 - HENRI SALVADOR & le Trio Emil STERN (10, 11, 12) / & sa guitare (13)  PARIS, fin décembre 1948 ou début janvier 1949 / Late Dec. 1948 or early Jan. 1949 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : prob. Georges CAILLY).
14 & 15 - HENRI SALVADOR - GRAND PRIX DU DISQUE 1949 - avec les rythmes de Katherine DUNHAM 
PARIS, février ou mars / Feb. or March 1949 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : prob. G. CAILLY).
16 à/to 18 - HENRI SALVADOR & le Trio Emil STERN 
Henri SALVADOR (voc), acc. par/by : Emil STERN (p); Jean-Jacques TILCHÉ (g); Fred ERMELIN (b). PARIS, fév. ou mars / Feb. or March 1949 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : prob. G. CAILLY).
19 - RAY VENTURA ET SON ORCHESTRE 
Formation probablenent similaire à 7 / Personnel probably same as for 7. Vocalistes : Lucien JEUNESSE, Monique DARVAL, Henri GÉNÈS, Christian DUVALEIX, Henri SALVADOR, The PETERS SISTERS & Orch. PARIS, mi-août / Mid-August 1949 (bande-son originale / 0riginal film soundtrack).
20 à/to 23 - HENRI SALVADOR, voc & g (20 & 23) 
Henri SALVADOR (voc & g), acc. par/by Emil STERN (p) & Fred ERMELIN (b) (22); Henri SALVADOR (voc), acc. par/by STERN & ERMELIN (21). PARIS, entre fin septembre et fin décembre / between late Sept. and late Dec. 1949 (Radio/Broadcast - Emission “Pirouette Colgate”, prod. “Les Programmes de France” - Studio n° 2 “Maurice Chevalier”; 22, rue Bayard, VIIIe arr. - Enr./Rec. : Jacques LUBIN).

CD2
01. JE NE SUIS pas (E. Marnay-P. Gérard-R. Denoncin) (Polydor 560140) 0597-1 ACP 2’30
02. CHARLOT (P. Gérard-R. Rouzaud) (Polydor 560140) 0598-2 ACP 2’27
03. LES MARIS, LES PAPAS ET LES CHATS (DING DONG SAMBA) (Polydor 560156) 0656-2 ACP 2’31 (N. Glantzberg-P. Gérard-E. Marnay)
04. ADIEU FOULARDS, ADIEU MADRAS (folklore antillais) (Polydor 560165) 0657-2 ACP 2’19
05. TI PAULE (Stellio) (Polydor 560165) 0658-1 ACP 2’09
06. SAINT-GERMAIN DES PRÉS (L. Ferré) (Polydor 560181) 0659-2 ACP 3’08
07. QUE SI QUE NO (P. Gérard-E. Marnay-R. Vivès) (Polydor 560156) 0715-1 ACP 2’46
08. QUAND JE ME SOUVIENS (E. Stern-B. Michel-H. Lemarchand) (Polydor 560182) 0733-1 ACP 3’30
09. C’EST NOËL M’AMIE (H. Salvador-B. Michel-J. Lacroix) (Polydor 560180)  0734-2 ACP 3’02
10. SI JOLIE (P. Gérard-E. Marnay) (Polydor 560182) 0735-1 ACP 3’12
11. LÉGER (H. Fabrice-B. Michel) (Polydor 560180) 0736-2 ACP 3’09
12. AVEC UN TOUT PETIT RIEN (R. Lucchesi-G. Koger-A. Salvet) (Polydor 560183) 0808-3 ACP 2’29
13. LE LOUP, LA BICHE ET LE CHEVALIER (H. Salvador-M. Pon) (Polydor 560184) 0810-3 ACP 2’27
14. UN CLIN D’ŒIL (H. Salvador-B. Michel) (Polydor 560183) 0811-1 ACP 2’45
15. C’EST LE BE-BOP (J. Diéval-B. Vian) (Polydor 560181) 0839-2 ACP 2’06
16. LE MARCHAND DE SABLE (H. Salvador-B. Michel) (Polydor 560184) 0840-2 ACP 2’48
17. REBONJOUR (Mireille-R. Lanzac) (Polydor 560196) 0897-2 ACP 2’38
18. ENFANCE DE MON CŒUR (M. Fabrice-J.C. Deret) (Polydor 560196) 0898-2 ACP 2’34
19. CIEL DE PARIS (P. Dudan) (Polydor 560268) 1035-2 ACP 3’35
20. LA VIE GRISE (J. Diéval-B. Vian) (Polydor 560253) 1036-2 ACP 2’42
21. LE SCAPHANDRIER (L. Ferré-R. Baër) (Polydor 560253) 1037-2 ACP 2’53
22. MONSIEUR LE BON DIEU (P. Dudan) (Polydor 560268) 1091-2 ACP 2’57
23. MA CHANSONNETTE (SAM’S SONG) (L. Quadling-B. Vian) (Polydor 560246) 1092-2 ACP 2’46
24. BON À RIEN (H. Salvador-M. Pon) (Polydor 560246) 1094- 3 ACP 2’34

FORMATIONS, VOCALISTES & DATES D’ENREGISTREMENT / PERSONNEL, VOCALISTS & RECORDING DATES
1 & 2 - HENRI SALVADOR avec Philippe GÉRARD et son Trio 
PARIS, juin ou septembre / June or September 1949 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : prob. Georges CAILLY).
3 à/to 6 - HENRI SALVADOR et ses Rythmes (3) / et sa guitare (4, 5, 6) PARIS, ca. Oct. 1949 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY).
7 - HENRI SALVADOR et l’Ensemble typique Henri LECA 
PARIS, ca. Dec. 1949 ou/or Jan. 1950 (Studio Chopin-Pleyel).
12 - HENRI SALVADOR et le Trio Emil STERN 
Trio Emil STERN : Emil STERN (p), Jean-Jacques TILCHÉ (g); Fred ERMELIN (b). PARIS, ca. mars ou avril/March or April 1950 (Studio Chopin-Pleyel).
13 & 14 - HENRI SALVADOR (voc, g) et ses Rythmes (bass & perc) 
PARIS, ca. mars ou avril/March or April 1950 (Studio Chopin-Pleyel).
15 & 16 - HENRI SALVADOR et le Trio Jack DIÉVAL (15) / et Jack DIÉVAL (p) (16) 
(15) Trio Jack DIÉVAL : Jack DIÉVAL (p), Emmanuel SOUDIEUX (b), Kenny CLARKE (dm). PARIS, ca. mai/May 1950 (Studio Chopin-Pleyel).
17 & 18 - HENRI SALVADOR et le Trio Emil STERN (17) / et sa guitare (18) 
(17) Trio Emil STERN : comme pour 12 / Same as for 12; (18) Henri SALVADOR, voc & g. PARIS, ca. juin ou juillet/June or July 1950 (Studio Chopin-Pleyel).
19 à/to 21 - HENRI SALVADOR avec JO BOYER et son Orchestre 
PARIS, ca. Oct. ou/or Nov. 1950 (Studio Chopin-Pleyel).
22 & 23 - HENRI SALVADOR avec JO BOYER et son Orchestre 
PARIS, ca. Nov. ou/or Dec. 1950 (Studio Chopin-Pleyel).
24 - HENRI SALVADOR et sa Guitare 
PARIS, ca. Nov. ou/or Dec. 1950 (Studio Chopin-Pleyel).

REMERCIEMENTS : Alain ANTONIETTO, Jean-Christophe AVERTY, Olivier BRARD, Alain DÉLOT, Yvonne DERUDDER, Iwan FRÉSART, Freddy HAEDERLI, Pierre LAFARGUE, Dany LALLEMAND, Jacques LUBIN, Jean-Pierre MEUNIER, Gérard ROIG, Gérard ROUSSEL, Anne SÉCHERET.

CD INTÉGRALE HENRI SALVADOR 1946-1950 / LE LOUP, LA BICHE ET LE CHEVALIER © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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LES ZAZOUS - SWING OBSESSION 1938-1946
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Clin d’œil à ces gentils effrontés qui eurent le goût de chanter sous l’Occupation :...

LA MARELLE - QUINTETTE A CAPELLA CONTEMPORAIN POUR CHANSONS TRADITIONNELLES
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« Aborder maintenant le chant monodique de tradition populaire, décider de...

LA FETE FORAINE ET LE CIRQUE
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La magie de la fête foraine et du cirque n’opère pas sans l’onirisme sonore propre à ces univers....

L' ARGENT
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Coffret 2 CD avec livret 32 pages et 20 photos.

Les plus grands artistes de music-hall se dépensent pour vous...

JOHNNY HESS
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Lequel, de Charles (Trenet) ou de Johnny (Hess), était le plus 'fou chantant' des deux ? Moi, j'ai toujours pensé...

HUGUES AUFRAY - INTÉGRALE CHRONOLOGIQUE 1958-1962
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Des musiques du Nordeste du Brésil, au skiffle et à la folk, Hugues Aufray est de ceux qui...

HENRI SALVADOR - INTEGRALR - VOL 4
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« Il aimait mon côté un peu fou, un peu burlesque… Du reste, ce couple que nous...

GILBERT BECAUD - LIVE IN PARIS 1956-1962
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Gilbert Bécaud, est l’auteur-compositeur français le plus repris dans le...

GEORGES MOUSTAKI ET SES PREMIERS INTERPRÈTES - 1955-1962
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Georges Moustaki est l’un des plus brillants auteurs-compo-siteurs-interprètes français....

FRENCH CAFE MUSIC
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Qui n’a, à Paris, pour découvrir sa propre ville, jamais pris un bateau mouche ? Ne...

FRANCIS BLANCHE CHANTE ET FAIT CHANTER…
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« J’ai rêvé ma vie les yeux grands ouverts, me suis réveillé quand...

FELIX LECLERC
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Vous avez entre les mains un corpus unique d’enregistrements inédits de celui qui a placé...

DE L’AMOUR FOU AU FOL AMOUR
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Rêves d’amour... Rêve d’une vie meilleure, plus légère ou rêve en quête...

DANIELLE DARRIEUX INTÉGRALE 1931-1951
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“Quelle sublime comédienne. Regardez ce tendre mouvement de l’épaule... et ce sourire qui ne sourit pas...

CHARLES TRENET - INTEGRALE VOL.12- 1956-1959
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 Charles Trenet, je t’ai vu pour la première fois à l’Olympia le 1er mai 1955...

CHARLES TRENET - INTEGRALE VOL 10 - 1949-1955
CHARLES TRENET - INTEGRALE VOL 10 - 1949-1955
Trenet est habillé comme les anges bleus quand ils se mettent en civil.
Une veste et un...

BORIS VIAN ET SES INTERPRÈTES 1950-1959
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Boris Vian est un de ces aventuriers solitaires qui s’élancent à corps perdu à la...

ARAN, UN OPÉRA SIGNÉ BÉCAUD 1962 - LA RÉÉDITION OFFICIELLE
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Gilbert Bécaud, est l’artiste français le plus chanté dans le monde et...

ANTHOLOGIE DU ROCK FRANÇAIS 1960-1962
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Depuis la Libération, les yeux d’une partie de la jeunesse française sont rivés vers la musique...

ANTHOLOGIE DES MUSIQUES DE DANSE DU MONDE VOL.1 EUROPE ET AMERIQUE DU NORD
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De tous temps, la danse a été rythmée par la musique, et les danseurs ont toujours...

ACCORDEON JAZZ
ACCORDEON JAZZ
Quand les premiers accordéons succombèrent au 'chant du swing' !... L'anthologie de référence qui...

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