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Claude Bolling big band / Duke Ellington
A Tone Parallel to Harlem









01. Harlem / A tone parallel to Harlem  14’12
(Duke Ellington) United Artists Music Ltd
02. Ring dem Bells  3’53
(Duke Ellington - I. Mills) Harms Inc. (Ascap) / André Villégrer (clar), Claude Tissendier (AS), Michel Delakian, Michel Bonnet (Tps), J.-Christophe Vilan (tb).
03. Things ain’t what they used to be / Time’s a wastin’  3’22
M. Ellington - T. Persons) Campbell-Connelly and C° Ltd / Claude Tissendier (AS), Guy Bodet (Tp), Benny Vasseur (Tb).
04. Creole love call  3’43
(D. Ellington - B. Miley - R. Jackson) Gotham Music (Ascap) / Maud (vocal), Michel Bonnet (Tp), J.-Christophe Vilain Tb).
05. Drop me off in Harlem  3’29
(Duke Ellington - Nick Kenny) Tempo Music Inc. (Ascap) / Claude Bolling piano solo.
06. It don’t mean a thing / if it ain’t got that swing  3’45
(D. Ellington - I. Mills) Gotham Music (Ascap) / Marc Thomas (vocal), Pierre Schirrer (TS).
07. Just squeeze me / but please don’t tease me  3’37
(Duke Ellington / Lee Gaines), Robbin Music Corp. (Ascap) / Marc Thomas et Maud (vocal)
08. Caravan  4’14
(Duke Ellington - J. Tizal - I. Mills) Boosey et Hawkes Ltd / Claude Bolling piano solo.
09. Harlem air shaft  3’32
(Duke Ellington) Tempo Music Inc. (Ascap) / Michel Camicas (Tb), Michel Delakian (Tp), Pierre Schirrer (clar).
10. Moon mist  4’37
(M. Ellington - J. Mercer) Campbell-Connelly and C° Ltd / Stéphane Grappelli (violon), Claude Tissendier (AS), André Paquinet (Tb).
11. Jungle traps  5’43
(Claude Bolling) / Fernand Verstraete (Tp), Gérard Badini (TS).
12. Duke on my mind  4’33
(Claude Bolling) / Max Hediguer (bass).
13. Lot o’ fingers  2’47
(Duke Ellington) Tempo Music Inc. (Ascap) / Claude Bolling piano solo.
14. Magenta haze  3’13
(Duke Ellington) United Artists Music Ltd / Claude Tissendier (AS).
15. Diminuendo in blue - Blow by blow / Crescendo  8’00
(Duke Ellington) Tempo Music Inc. (Ascap) / Pierre Schirrer (clar).

Tracks 1, 2, 3, 4, 6, 7 : Studio Davout, Paris - Claude Ermelin assist. Nicolas Djemane & Stéphane - 24 mai 1999
Tracks 5, 8, 13 : Studio Acousti, Paris - Alain Cluzot - 2 juillet 1999
Tracks 9, 10 : Studio Artistic Palace, Boulogne - Xavier Escabasse - 21 mai 1990 (9) - 3 décembre 1991 (10)
Tracks 11, 12 : Studio Davout, Paris - Roger Roche - 12 octobre 1976
Tracks 14, 15 : Concert public Studio 104 Radio France - 17 octobre 1991
Mastering : Digital Edge, Paris - Wilfrid Harpaillé.

Harlem : Duke Ellington a enregistré “A tone parallel to HARLEM” à Paris salle Wagram, dans une version qui associait son orchestre à l’orchestre symphonique de l’Opéra de Paris. Duke m’avait invité à superviser la scéance dans la cabine de son. La qualité de l’enregistrement n’ayant pas été satisfaisante, je ne sais pas s’il a été publié. L’œuvre m’avait beaucoup impressionné et Mercer – le fils de Duke – m’a confié un relevé qui m’a permis de la reconstituer, en me référant aux enregistrements des concerts de Seattle (25/3/1952) et de Londres (21/2/1964).
Ring dem bells : Nouvelle interprétation de ce morceau des années 30, que je jouais avec Rex Stewart en 1948.
Things ain’t what they used to be : Thème de Mercer, emmené par le saxophone alto de Claude Tissendier.
Creole love call : Ce thème de blues, repris d’un solo de clarinette de Johnny Dodds dans un enregistrement de King Oliver. Permet de découvrir la voix de Maud.
Drop me off in Harlem / Caravan / Lot O’fingers : Dans cette année Ellington, j’ai à plusieurs reprises joué des récitals de piano. Drop me off in Harlem et Lot O’ fingers rappellent l’influence des pianistes “strides” de Harlem (James P. Johnson et Willy Smith “the Lion”) sur Duke Ellington. Caravan est une adaptation personnelle de ce grand classique co-signé par le tromboniste cubain Juan Tizol.
It don’t mean a thing : Arrangement libre de ce titre qui permet de découvrir la personnalité du vocaliste Marc Thomas dans un dialogue avec le saxophone ténor de Pierre Schirrer.
Just squeeze me : Chanson créée par le trompettiste-violoniste-chanteur de Duke Ellington, Ray Nance, dans une interprétation des deux voix de l’orchestre, Marc Thomas et Maud.
Harlem air shaft : Extrait de l’album “Warm up the Band” enregistré en 1991.
Moon mist : Stéphane Grappelli aimait beaucoup le violon de Ray Nance dans la version d’origine de Duke Ellington, c’est pour cela qu’il voulut l’inclure dans notre album “FIRST CLASS” dont ce titre est extrait.
Jungle traps / Duke on my mind : Compositions originales, inspirées par deux aspects de l’univers ellingtonien. Enregistrées en octobre 1976.
Magenta Haze : Mélodie destinée à Johnny Hodges et reprise par Claude Tissendier au saxophone alto. 
Diminuendo in blue : est suivi d’un crescendo par une improvisation au saxophone ténor de Pierre Schirrer sous le titre de BLOW BY BLOW.
Ces deux derniers titres, extraits d’un concert à Radio France au retour de la tournée du Big Band aux USA en février 1991, ont été choisis pour conclure ce programme.
Claude BOLLING

Une fois de plus Claude Bolling a magnifiquement gagné son pari. Pourtant, le défi était de taille. Interpréter Duke Ellington en grand orchestre et en solo. Ce n’est pas la première fois que Claude Bolling défie ce genre de gageure, mais c’est sans doute, la plus achevée de ses réussites. Acteur majeur de ce siècle finissant, Duke fut un révolutionnaire qui contribua non seulement à créer une musique originale et neuve mais aussi à améliorer la civilisation du Nouveau Continent en contribuant à faire céder les barrières raciales. Son œuvre conte à tous les peuples du monde l’histoire de son peuple en partant de l’origine : l’Afrique. Ce n’est pas un hasard que l’on a désigné par l’adjectif jungle le style Ellington. Trois jungles l’inspirent : Celle de l’Afrique. Celle des esclaves déportés, emportant leurs rythmes avec eux. Le son des tambours mystifiant les propriétaires qui auraient bien voulu traduire ces échanges qui racontaient le chant du coton, le blues, la revendication, la ségrégation. Celle des villes, celle de l’argent. Claude Bolling, dès son plus jeune âge de musicien, a été plongé dans cette potion magique. Et il en extrait les pages les plus fascinantes. Ce CD en est la preuve. Après Harlem, joué dans une version originale dont Claude Bolling a retrouvé la partition, tous les joyaux du répertoire défilent : Ring dem bells, Thing’s aint what they used to be, Creole love call, It don’t mean a thing, Just squeeze me... On admirera la fidélité, aussi les nuances, le respect des sonorités, le swing. Et ce qui paraît le plus étonnant : la qualité des parties vocales que l’on pouvait imaginer être d’une originalité inimitable. On admirera particulièrement la décontraction de l’interprétation d’It don’t mean a thing. Cette irréfutable devise, qui est au jazz ce que Liberté, Fraternité, Égalité est à la République. Bravos à tous les musiciens. Bravos à Claude Bolling qui se surpasse en solos dans Drop me off in Harlem, Lot o’fingers et dans Caravan. Un bel hommage. Un très grand disque.
Frank TENOT

Que Claude Bolling soit aujourd’hui un des plus éminents représentants du jazz en France, je pense que personne n’en puisse sérieusement douter, tant par son jeu de piano que par ses qualités de chef d’orchestre, d’arrangeur, de découvreur de talents, il s’impose à l’attention des amateurs de jazz, et du public en général – et en cela il ressemble à son maître Duke Ellington. Un de ses maîtres devrait-on dire, car il en a eu plusieurs, tel Earl Hines ou Willie Smith, et il a tiré le meilleur parti pour développer sa propre individualité artistique. Il a su s’entourer d’une équipe soudée, instrumentistes et vocalistes, où chacun est heureux d’apporter sa coopération active et talentueuse à l’édifice commun. Par un savant dosage de succès éprouvés et de pièces rares, il récolte l’adhésion d’un large auditoire, et ce sans aucun dommage pour la qualité de la musique : c’est rare ! Les interprétations que nous vous proposons ici offrent un large éventail de ses talents. Cet album est consacré à Duke Ellington, dont le 100e anniversaire est célébré en cette année 1999 : d’une part avec des morceaux en grand orchestre reprenant d’inoubliables chefs-d’œuvre comme “Creole love call”, “It don’t mean a thing”, ou “Harlem air shaft”, et  d’autre part avec une composittion en son honneur, “Duke on my mind”. Après avoir entendu Bolling jouer du piano stride, Wyton Marsalis déclarait qu’aucun musicien noir américain ne serait capable d’en faire autant aujourd’hui. On en aura un exemple avec le solo de piano sur “Drop me off in Harlem” – deux autres solos du chef montrent sa riche versatilité : “Lot o’ fingers” se déroule dans le style des pianistes “stride” de Harlem, et dans “Caravan”, habituellement joué en orchestre à grand renfort de percussions, la seule main gauche assure toute la complexité du soutien rythmique. La pièce maîtresse, c’était un pari osé et il est gagné, c’est la suite “Harlem” relevée d’après la partition originale. C’est une évocation du quartier noir de New York, Ellington la présentait ainsi : “Harlem, bien sûr, est un endroit cher à notre cœur dont nous nous sentons très proches et dont nous avons beaucoup assimilé l’esprit et la lettre. C’est un endroit merveilleux. Imaginez que nous nous trouvions à l’angle de la 110e rue, allant vers la 145e entre les extrémités nord et sud de Harlem. Imaginez aussi que nous sommes dimanche, que nous voyons les gens aller à l’Église, c’est très paisible. Et là, une fille, un canon, au coin de la rue. Elle bloque la circulation. Puis imaginons des funérailles et, vous savez, c’est une atmosphère générale unique au monde, des gens heureux, d’autres qui ont le blues, certains sont à l’aise, d’autres ont la vie dure. Et en écoutant bien, vous pouvez entendre nos revendications pour nos droits civiques dans notre manière de jouer cette musique. L’introduction est exprimée par la trompette de Michel Bonnet qui prononce les deux syllabes du nom de “Harlem”. Il fallait un orchestre comme celui-ci pour jouer cette œuvre avec la fidélité, la finesse et l’exubérance nécessaires. Les solistes de la formation se font entendre à leur avantage tout au long du disque, par exemple Claude Tissendier sur “Magenta Haze” ou Pierre Schirrer sur “Blow by Blow” et, cerise sur le gâteau, Stéphane Grappelli illumine de ses majestueux rayons de lumière “Moon mist”. Un vrai florilège !
Jacques PESCHEUX

english notes
Once again Claude Bolling has magnificantly achieved the seemingly impossible. And it is no small undertaking. To perform the works of Duke Ellington with large orchestra and solo. It’s not the first time Claude Bolling has attempted the impossible, but it is without doubt his most shining success. One of this century’s major figures, Duke started a revolution which contributed not only to the creation of an original style of music, but also to the improvement of civilization in the New World through the destruction of racial barriers. His body of work retells to the people of the world the history of his people begining from the begining : Africa. It’s not for nothing that we use the adjective jungle to describe Ellington’s style. He was inspired by three jungles : The jungle of Africa. The jungle of the deported slaves, carrying with them their rhythms. The sound of drums mystified the slave-owners, who struggled to translate these exchanges which spoke of cotton, the blues, revindication, segregation. The jungle of the city and money. Early on his career as a musician, Claude Bolling was plunged into this magic potion. And he has extracted the most fascinating pages. This CD is proof. After “Harlem”, performed as intended from the original sheet music rediscovered by Claude Bolling, every gem from Ellington’s repertoire are presented : “Ring Dem Bells”, “Thing’s Ain’t What They Used To Be”, “Creole Love Call”, “It Don’t Mean A Thing”, “Just Squeeze Me”... Bolling’s loyalty, his nuance, his respect for sonority, the swing are admirable. And what is most surprising is the quality and inimitable originality of the vocal parts. Particularly admirable is the laid-back interpretation of “It Don’t Mean A Thing”, this irrefutable slogan which is to jazz music what “Liberty, Equality and Fraternity” is to the French Republic. Bravo to each of the musicians. Bravo to Claude, who outdoes himself with solos like those of “Drop Me Off In Harlem”, “Lot Of Fingers” and “Caravan”. A beautiful tribute. A splendid disc.
Frank TENOT

That Claude Bolling is one of today’s premier representatives of jazz music in France, there cannot be any doubt. With his piano skill and his qualities as a conductor, arranger and discoverer of talent, he has demanded the attention of jazz amateurs and the general public alike – and in so doing he seemingly resembles his mentor Duke Ellington. One of his mentors, it should be said, because he had many, from Earl Hines to Willie Smith, and from each one he extracted the best elements to develop his individual style. He surrounded himself with a united troop of instrumentalists and vocalists, a group in which each member is happy to cooperate and donate their talent to the common good. With a knowing dose of proven success and rare compositions, he has gathered the allegiance of a large audience, and all of this without making any sacrifices in the quality of the music : very rare indeed ! The pieces presented on this album exemplify a large portion of his talent. This record is dedicated to Duke Ellington, whose Centienarial we celebrate this year (1999) : in part with big orchestral works like the unmistakable “Creole Love Call”, “It Don’t Mean a Thing”, or “Harlem Air Shift”, and in part with a composition in his honor, “Duke on My Mind”. Upon hearing Bolling play the stride piano, Wynton Marsalis declared that no contemporary Afro-American musician could play it as well. We have an example of this with the piano solo on “Drop Me Off In Harlem”. Two other solos equally demonstrate his rich versatility : “Lot O’ Fingers” in the style of the Harlem “stride” piano players and “Caravan”, normally played with an orchestra supported by percussion, but here, with just his lef hand, Bolling provides all of the complex, rhythmic support necessary. The centerpiece of the album, a daring and successful challenge for Bolling, is the “Harlem” suite, and revived here from the original sheet music. It evokes images of New York’s famous black neighborhood, of which Ellington said : “Harlem of course being a place that we have lived very close to and with we have absorb many of their qualities and quantities. It’s a wonderful place. Just imagine that we are standing at the corner of the 110th street and going to the 145th street into North and the South extremity of Harlem. We start up through the Latin Quarter and up to the 125th street and we imagine also that we are on Sunday and we see the people going to Church, and it’s very peaceful and there is a girl, hit chick, standing at the corner. She stops the traffic. Then we imagine a funeral and, you know it’s a general atmosphere like any other place in the world : some happy people, some are blue, some are pretty well off and some not too well off. And if you watch closely you may see us in our civil rights demands as we pound away. The opening statement is Cootie Williams as he pronounces the word “Harlem”. To play a work like this with all the necessary honesty, finesse, and exuberence, one must have an orchestra like this one. The soloists stand out throughout the disc. For example, Claude Tissendier on “Magenta Haze” or Pierre Schirrer on “Blow by Blow”, and the cherry on the cake, Stéphane Grappelli shining majestic light on “Moon Mist”. A true anthology !
Jacques PESCHEUX

Le Big Band
Saxophones/clarinets : Philippe Portejoie, Claude Tissendier, Pierre Schirrer, Romain Mayoral, André Villéger
Trumpets : Christian Martinez,  Guy Bodet,  Michel Delakian,  Michel Bonnet
Trombones : André Paquinet,  Benny Vasseur,  J.Christophe Vilain,  Emile Vilain
Guitar : J.Paul Charlap
Double bass : Pierre Maingourd
Drums :  Vincent Cordelette
Vocal :  Marc Thomas,  Maud
Piano/Direction : Claude Bolling

1. Harlem / A tone parallel to Harlem 14’12 • 2. Ring dem Bells 3’53 • 3. Things ain’t what they used to be / Time’s a wastin’ 3’22 • 4. Creole love call 3’43 • 5. Drop me off in Harlem 3’29 • 6. It don’t mean a thing / if it ain’t got that swing 3’45 • 7. Just squeeze me / but please don’t tease me 3’37 • 8. Caravan 4’14 • 9. Harlem air shaft 3’32 • 10. Moon mist 4’37 • 11. Jungle traps 5’43 • 12. Duke on my mind 4’33 • 13. Lot o’ fingers 2’47 • 14. Magenta haze 3’13 • 15. Diminuendo in blue - Blow by blow / Crescendo 8’00.

CD Claude Bolling Big Band / Duke Ellington - A Tone Parallel to Harlem© Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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FRANK TENOT / 30 JUILLET 2003 (Bolling Story)
J’ai dû voir pour la première fois Claude, alors que j’étais secrétaire de Charles Delaunay au Hot club de France, rue Chaptal où il venait régulièrement, c'est-à-dire toutes les semaines. Je le voyais jouer dans les concerts également. Et puis on a commencé à se voir en dehors des rencontres artistiques, on est devenus copains. Je déjeunais avec lui chez sa mère. Claude était curieux, à l’affût de tout ce qui se passait, de toutes les nouveautés. J’étais fanatique de sa musique et naturellement par la suite, j’ai suivi tout ce qu’il a fait. Quand j’étais patron des publications Hachette il venait jouer pour nous pour la fête du nouvel an...

Puis nous avons travaillé ensemble à l’époque du Grand Club Orchestra dont les disques vont bientôt ressortir chez Frémeaux et pour lesquels je suis en train d’écrire un texte. La longévité de Claude est facilement explicable dans la mesure où il a un amour immodéré pour son métier de musicien, tout comme les musiciens ont un grand respect pour lui. Il a même réussi à faire des choses magnifiques dans le classique avec des musiciens comme Rampal, Lagoya...

Bolling était invité par les plus grands musiciens. Je me souviens que Ellington l’avait fait venir sur scène, je crois que c’était à l’Olympia, pour un ragtime partagé à quatre mains. Duke s’est levé en faisant une grimace souriante parce qu’il n’arrivait pas à suivre Bolling au clavier, il n’avait pas le doigté de Claude ! C’est d’ailleurs Claude qui a donné à Ellington l’idée d’attaquer à partir d’une certaine date Diminuendo in blue par Carolina shout qui a été enregistré dans les concerts Europe 1.

Ce qui n’a pas été sympathique pour lui c’est le fait que la mairie de Paris l’ait lâché… quand les affaires culturelles ont crée l’ONJ, c’était une très bonne idée. Pourquoi pas financer un grand orchestre puisque depuis quarante ans il est difficile de maintenir un grand orchestre... Mais il fallait prendre Bolling et ne pas changer tous les trois ans. Le prendre titulaire du poste jusqu’à la fin ! Ils prennent de jeunes musiciens –de très grand talent d’ailleurs- mais qui n’ont rien à foutre du grand orchestre. Barthélémy par exemple, est un type que j’adore mais que fait-il du grand orchestre ? Des bricoles, il va jouer, revisiter le Boléro de Ravel et encore… Vu ses compétences et sa connaissance des répertoires, vu le fait qu’il est arrangeur, c’est à Claude qu’il fallait le confier !

Pendant des années, Bolling a traîné comme une espèce de « tare » le fait qu’il avait joué en culotte courte à 14 ans ! Effectivement, très jeune il a fait des choses formidable, il a par exemple été un accompagnateur extraordinaire de cette grande chanteuse, Bertha Chipie Hill, qui n’en revenait pas de voir dans ce milieu underground « nègre » un jeune petit bourgeois qui avait pénétré aussi bien la sensibilité du blues. Elle me l’a dit, elle en était stupéfaite. Il était capable de s’adapter à beaucoup de styles et d’époques et je ne parle pas d’un point de vue scolaire, mais artistique. Il y avait de la créativité toujours, même s’il n’était pas un fanatique du « bop », il lui arrivait d’en jouer.

Ceci étant, pour faire un « vrai » personnage, une légende du jazz, Claude a été certainement trop sobre dans sa vie privée ! Quand on regarde les grandes figures du jazz comme Billie Holiday, Bix Beiderbecke, Chet Beker, Parker… pour les uns c’est la drogue, pour les autres c’est l’alcool qui a causé leur chute… Evidemment Claude ne correspond pas à ce schéma, il est à part, il est sérieux. Claude n’est pas un dingue, il a la tête sur les épaules. Et c’était –outre son talent- une des raisons pour lesquelles l’aimait beaucoup Duke Ellington. Claude, c’est tout simplement un grand personnage de l’histoire du jazz en France depuis 1945.
Frank TENOT

Extrait de "Bolling Story" de Jean-Pierre Daubresse et Claude Bolling édité par Jean-Paul Bertrand - Editions Alphée (avec l'autorisation de Claude Bolling)

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