Fremeaux.com
CLAUDE BOLLING COLLECTOR
PREMIER ENREGISTREMENT STÉRÉOPHONIQUE FRANÇAIS
Avec Maxim’ SAURY, Benny VASSEUR, Rex STEWART, Gérard BADINI, Pierre MICHELOT, Roy ELDRIDGE...
Inclus “Les grands succès de Django” par le Claude Bolling Grand Club







Ces enregistrements de grand orchestre de jazz (Big Band) ont été réalisés sur l’initiative de Frank Ténot, ami de toujours et grand amateur de la musique de Duke Ellington, passion que nous avions en commun. Je lui dédie cette réalisation dont il avait souhaité commenter la réédition, avec toute mon affection et ma reconnaissance.
Claude BOLLING
Le second disque du “Grand Club Orchestra” est entièrement consacré à des thèmes de Django Reinhardt. Claude Bolling, qui dirige l’orchestre et qui écrivit les arrangements, les a choisis en fonction même des possibilités que leur adaptation procurait au grand orchestre. De même que dans la réalisation de notre premier album consacré à Duke Ellington, Claude Bolling a cherché à respecter au plus près la pensée du compositeur. Le “Grand Club Orchestra” est tout particulièrement à l’aise dans l’interprétation de ces morceaux et il est à remarquer que cette superbe machine sonore fonctionne ici avec une aisance inouïe.
Frank TENOT

CLAUDE BOLLING COLLECTOR (Grand Club Orchestra)
1. Duke Ellington
2. Django Reinhardt
3. Nouvelle-Orléans
4. Original Claude Bolling compositions
J’étais déjà passionné de la musique de Duke Ellington et un émule actif, puisque dès qu’il m’a été possible de réunir quelques musiciens, j’ai voulu recréer avec ma petite formation, les “Ellington units” enregistrés par Duke avec certains de ses principaux solistes. Le résultat avait dû être réussi, puisque Frank Ténot, chargé du département de jazz au “Club Français du Disque” m’a proposé de réunir un grand orchestre qui jouerait des arrangements originaux de thèmes de Duke. C’est donc grâce à Frank, que mon rêve Ellingtonnien a pu se réaliser. Pour que le résultat soit à la hauteur d’une telle ambition, j’ai fait appel aux meilleurs musiciens de jazz professionnels de Paris, artistes que je réunissais régulièrement pour réaliser les enregistrements jazzy et pop des artistes de variétés qui faisaient appel à moi tels que Boris Vian, Georges Ulmer, Dario Moreno, Jacqueline François, Sacha Distel, Juliette Gréco et bien d’autres. Tous ces musiciens étaient des jazzmen d’expérience, comme le contrebassiste Pierre Michelot, les trompettistes Roger Guérin, Fernand Verstraete, Fred Gérard, déjà les trombonistes André Paquinet et Benny Vasseur, et les experts du saxophone Armand Miggiani, Pierre Gossez et mon complice du moment Gérard Badini, seulement clarinettiste à cette époque, déjà grand jazzman, mais de peu d’expérience de studio (je lui donnais d’avance ses parties d’orchestre qu’il travaillait à la maison, ce qui laissait croire aux autres “pros” qu’il était un lecteur chevronné...); Pour ces musiciens rompus au travail de studio qui jouaient dans les orchestres des music-halls de l’Olympia, de Bobino, des Folies-Bergères ou des grands cabarets du Lido ou du Moulin-Rouge, les répétitions n’étaient pas nécessaires tant ils étaient habiles et expérimentés. D’usage, les musiques étaient distribuées au début des séances d’enregistrement et une ou deux lectures servaient en même temps de “test” pour l’ingénieur du son et on enregistrait. La deuxième ou troisième prise était la bonne ! Quelquefois la première ! Mais dans ce projet, l’enjeu était d’une autre taille, c’est pourquoi Frank a permis de réaliser les répétitions nécessaires à un projet d’une telle ambition : faire que l’orchestre ait un son, un swing, une couleur et des dynamiques dignes de la musique de Duke Ellington. Donc nous avons fait des répétitions de détails et d’ensembles, pour les enregistremenst réalisés par le grand ingénieur du son du moment, Raymond Verchères qui travaillait pour le Club Français du Disque et qui a inauguré avec nous la technique d’enregistrement “stéréo” en France à partir du 3e album des succès de la Nouvelle-Orléans. Grâce, en partie, aux précieux enseignements que m’avait prodigué le compositeur-musicologue André Hodeir, le résultat a dépassé les prévisions puisque le Prix de l’Académie du Disque a été décerné à notre premier album qui n’était pourtant pas sans défaut. Emporté par mon enthou­siasme, j’avais fait de “C Jam Blues”, thème sur deux notes le plus court de l’histoire du jazz, un développement de douze minutes. “Caravan”, “Drop me off in Harlem” et “Solitude” avaient eux aussi des minutages confortables, au point que ces titres remplissaient à eux quatre un disque microsillon 33 tours. Pour compenser ces longues durées de thèmes courts, j’ai voulu faire par contraste un medley de toutes les compositions d’Ellington que j’aurais souhaité en­registrer. Résultat : quelques mesures de chacun des 31 titres enchaînés comme des perles, digest qui a eu l’heur de plaire à Duke lui-même et qui lui a donné l’idée de réaliser plus tard une histoire du jazz en trois minutes... Le succès de cet enregistrement a amené Frank Ténot à me proposer la réalisation d’un deuxième album sur des thèmes de Django Reinhardt. La musique de Django Reinhardt sans guitare était une gageure d’autant plus qu’il n’y avait pas de guitare dans l’orchestre de Duke à l’époque à laquelle je me référais, et donc pas dans le nôtre. J’ai eu l’idée d’orchestrer certains solos de guitare de Django pour les saxophones et aux cuivres (notamment les improvisations de “Minor Swing”, “Manoir de mes Rêves” “Rythme Futur”). La qualité du résultat de cette deuxième aventure a provoqué le projet d’une troisième, basée sur les grands titres du jazz de la Nouvelle-Orléans, enregistrement magnifié par le son stéréo de Raymond Verchères que l’orchestre a été le premier à expérimenter en France. Puis un quatrième disque constitué de mes compositions originales a suivi. Presque cinquante ans après, ces enregistrements – que les éditions Frémeaux & Associés ont décidé de remettre à la disposition du public – témoignent de la ferveur avec laquelle ils ont été réalisés. J’en remercie tous les amis musiciens qui y ont participé avec tant de talent et d’enthousiasme.
Claude BOLLING

CLAUDE BOLLING : LES PREMIERS DISQUES par Daniel Nevers
A voir aujourd’hui Claude Bolling diriger son big band, on jurerait qu’il a fait cela toute sa vie !. Soyons juste : si ses années d’enfance et d’adolescence furent consacrées à autre chose (notamment à l’apprentissage de la musique, du solfège, du piano...), il y a tout de même un sacré bout de temps qu’il s’intéresse aux grands orchestres. Pour un admirateur de Duke Ellington et des grosses machines à swing des années 30-40, lui-même compositeur et arrangeur, c’était fatal. Ses premières armes dans ce domaine royal remontent à la seconde moitié des années 1950, quand le regretté Frank Ténot, alors directeur artistique pour le jazz au défunt "Club Français du Disque", lui commanda une sorte d’hommage au Duke, avec orchestrations originales, destiné à être publié en microsillon 33 tours, l’expérience se révéla tellement concluante que deux autres volumes se trouvèrent mis en chantier. L’un d’eux est dévolu à des thèmes évoquant La Nouvelle-Orléans et à ses musiciens les plus emblématiques (Armstrong, Bechet, Jelly Roll Morton, King Oliver), le tout arrangé, comme cela n’avait guère été fait jusqu’alors, pour grande formation. Le suivant fut consacré à la musique de Django Reinhardt, homme de grand orchestre lui aussi qui, néanmoins, joua la plupart du temps en petits comités. Là, la gageure consista à interpréter tous ces thèmes devenus des standards sans la moindre intervention de guitare ! Fallait le faire... Pour ces enregistrements, Bolling a recruté quelques-uns des meilleurs professionnels du moment, à peu près capables de tout jouer (valses viennoises ou musettes comprises), et les a gardés dans chaque circonstance. A vrai dire, les circonstances ne consistaient alors qu’en une suite de répétitions et de présence en studio. Ce bel orchestre-là, à l’exception de quelques apparitions en public lors de spectacles de "variétés", n’eut guère d’existence en dehors du disque... Ensuite, Bolling, appelé à d’autres occupations, marqua un temps d’arrêt dans le domaine du big band de jazz... Tout cela, Claude Bolling en parle fort bien dans l’entretien que nous eûmes en compagnie de Patrick Frémeaux (CD 4). Frank Ténot, organisateur des agapes, n’en parle pas moins bien dans les textes extrêmement fournis qu’il rédigea pour chaque album, reproduits quelque part dans le présent livret. Pas grand’chose à rajouter.. Tout de même, si ! Signalons d’abord que ces volumes du "CFD" sont ici réédités pour la première fois. Les détracteurs du musicien (il en a) ne manqueront sûrement pas d’affirmer qu’une telle réédition n’était nullement nécessaire puisque le type en question n’a pas vraiment contribué à faire évoluer le jazz. Sans doute est-ce exact. Mais, de temps en temps, ça et là, entre deux ou trois sauts de puce et un ou deux pas de géant (pour citer Coltrane), il n’est pas si abominable de respirer un poil et de s’accorder une once de repos, histoire de jeter un coup d’œil derrière et d’estimer le chemin restant à parcourir... C’est en gros ce que m’a dit, il y a une dizaine d’ans à Marciac (Gers) un trompettiste du nom de Winton Marsalis qui souhaitait alors arriver à jouer avec autant d’âme que Joe "King" Oliver. Ensuite, il faut préciser que, dans l’album Django, on trouvera une "prise" supplémentaire de Djangologie. Elle figure ici pour la première fois. Pour ce qui est, d’autre part, du "pot-pourri Ellington" (Ellington Medley), les choses se compliquèrent dès qu’il fallut éditer cette évocation d’une durée de près de seize minutes comprenant trente et une compositions ellingtoniennes différentes (Black and Tan Fantasy ouvre le feu et BIue Serge clot l’ensemble ; pour les vingt-neuf autres, c’est à celui qui en reconnaîtra le plus). Bien que ce Medley ait été enregistré au Printemps 1956, soit peu de temps après les autres compositions ducales (Solitude, Caravan, etc.) réunies sur le LP J.69, on attendit plus d’un an pour arriver à la caser sur un quatrième album (J.131), en compagnie de quatre thèmes dûs à la plume de Bolling lui même (repris ici en conclusion du CD 3). Encore dut-on le couper en deux (le début sur la face 1, la fin au verso) et l’"alléger" de plus de quatre minutes... Voici cette pièce enfin éditée dans son entièreté. Claude Bolling n’avait bien évidemment pas attendu la fin des années 50 pour rendre visite aux studios d’enre­gistrement. Au printemps de 1948 se tint au Théâtre Marigny le Festival de Jazz de Paris et Claude (alors âgé de dix-huit ans) flanqué de son septette (composé de gens de son âge, parmi lesquels Maxim Saury) eut pour tâche d’accompagner la chanteuse noire américaine Bertha "Chippie" Hill, une dame qui, dans les années 1920 à Chicago, avait fait des disques avec (entre autres) louis Armstrong... A cette occasion, le groupe fut remarqué par les responsables de la jeune firme "Pacific" qui l’invita à venir tourner quatre faces dans ses studios à la date du 28 mai. Tout un programme : un titre ellingtonien (The Mooche), la composition de "Kid" Ory Ory’s Creole Trombone évoquant tout à la fois Satchmo et ses "Hot Five" et les marching bands neoorléanais, le Sweetie Dear jadis célébré de flamboyante manière par Sidney Bechet et Tommy Ladnier à la tête de leurs "New Orleans Feetwarmers" et Black and Blue, que Fats Waller écrivit pour Armstrong. En ces jours de lutte farouche entre les anciens et les modernes – les "figues moisies" et les "raisins aigres" –, la couleur est annoncée sans ambiguïté. Encore que dans chaque camp il existe des sous-groupes. Ainsi l’équipe réunie par Claude Abadie et Boris Vian est-elle davantage portée sur la musique interprétée dans les années 1920 par les jeunes jazzmen blancs de Chicago et par Bix Beiderbecke, alors que les "Lorientais" de Claude Luter ne jurent que par les grands anciens noirs du Sud : King Oliver, Johnny Dodds, Kid Ory, Tommy Ladnier... Quant à Bolling, il s’oriente vers un style plus élaboré, plus solidement arrangé, quelque chose se situant entre le Jelly Roll Morton de l’époque "Red Hot Peppers" et, comme il se doit, Ellington... Cette séance initiale se trouve rééditée ici pour la première fois : The Mooche figure en tête du CD 1 (Ellingtonia) et les trois autres pièces, d’une atmosphère plus louisianaise, ouvrent le CD 2.

A Marigny, il y avait aussi Eddie Barclay, en quête de nouveaux venus susceptibles d’enregistrer pour sa marque "Blue Star", guère plus âgée que "Pacific". Lui aussi proposa à Bolling de graver quelques galettes. L’année précédente, il avait pu mettre la patte sur Django et sur le cornettiste Rex Stewart en rupture de big band ellingtonien et Claude Luter s’apprêtait à son tour à lui offrir quelques chaleureux échantillons de son art. Bolling ne manqua point d’accepter et se rendit avec sa troupe au studio Technisonor, 50 rue François Ier, dans les tout premiers jours de juin 48. Six morceaux furent mis en boîte, mais le dernier de la liste (matrice ST 2330-1 - titre inconnu) fut par la suite refusé à l’édition et l’orchestre dut revenir quelques mois plus tard ajouter Georgia Bo Bo à la série. Cette fois, le répertoire se situe nettement plus dans la lignée Armstrong-Oliver (Dippermouth Blues, Riverside Blues, You, Rascal You...) et délaisse momentanément le modèle ellingtonien. Voilà pourquoi cinq de ces faces ont tout naturellement pu trouver place dans le CD 2, celui qui s’intitule New Orleans Promenade... Précisons que ces six titres furent également édités aux U.S.A. par la petite firme "Circle", spécialisée dans le jazz "classique", en un album de trois disques. l’orchestre y est décrit comme celui de "Claude Bolling and his French blues stars" et sur la couverture on peut lire "Buddy Bolden... nous sommes ici!!!”. En français dans le texte... Des qui ne furent pas très contents, ce sont les gens de chez "Pacific". Ils firent savoir à Bolling que ça ne se faisait pas, d’enregistrer comme ça pour deux marques concurrentes. Il leur répondit avec candeur qu’il n’était pas au courant des usages (il n’y avait pas de contrat !) et les choses en restèrent là. Le 3 octobre 1948 eut lieu au Théâtre Edouard VII le premier concert de la série Jazz Parade, produite par Georges Baume et Charles Delaunay pour la Radio Diffusion Française. La chaîne Paris Inter en proposa des extraits trois jours plus tard. La vedette du concert en question était Django Reinhardt, accompagné par l’orchestre d’Hubert Rostaing et ce sont Bolling et les siens qui assurèrent la première partie du programme. Sweet Patootie, que Bechet avait enregistré dans les années 50, est extrait de cette prestation : le plus ancien Bolling en public... Fin 1948, alors que Benny Vasseur a intégré le groupe depuis déjà quelque temps, la série "Pacific" reprit, faisant la part belle à Ellington, mais aussi à Earl Hines, Morton et Bechet. Pour des questions de place, n’ont été retenus ici que les deux thèmes ellingtoniens, East St. Louis Toodle-oo et Wanderlust (CD 2). My Monday Date, Sidewalk Blues, Blues in the Air et Egyptian Fantasy devront attendre encore un peu avant que de connaître enfin les honneurs de la réédition. Rex Stewart avait donc décidé, après plus de dix ans de bons et loyaux services auprès du Duc, de voler de ses propres ailes, tant en Amérique qu’en Europe ou en Australie. Son arrivée en France à la fin de 1947 fut marquée par un mémorable concert salle Pleyel, dont quelques extraits furent alors publiés par "Blue Star". Notons au passage que tout fut enregistré et existe encore. Peut-être ne serait-il pas mauvais d’éditer un de ces jours l’intégralité de la chose ? Début 49, Rex n’avait plus d’orchestre pour l’accompagner et il fut décidé que celui de Claude Bolling ferait un excellent successeur. Peu après, Bechet de retour en Europe sera fort efficacement secondé par Claude Luter et l’association durera des années. Celle réunissant Rex et Bolling ne connut point semblable longévité. Juste, le temps, quand même, d’organiser deux séances chez "Pacific" en février et mai, au cours desquelles le cornettiste reprit quelques-uns de ses thèmes de prédilection de l’époque précédente : Without a Song, Morning Glory, Main Stem, Stompy Jones... Il co-signa également Weary Weird avec Bolling, lequel glissa dans le lot son Quand vous saurez aux accents fort ellingtoniens. Bien que Stewart se soit envolé, Ellington fut de nouveau très à l’honneur lors de l’ultime séance "Pacific", le 13 juin 49 : quatre compositions assez anciennes du Duke, dont Washington Wobble ici réédité. En 1950, Claude Bolling et son équipe se transportèrent du côté de chez "Vogue", nouvelle firme très prometteuse bien décidée à se consacrer en priorité au jazz – il est vrai que Charles Delaunay faisait partie des membres fondateurs... Pendant cinq bonnes années il eut ainsi l’occasion de se frotter à quelques autres jazzmen d’outre-Atlantique d’envergure comme Lionel Hampton, Albert Nicholas ou Mezz Mezzrow. Ou encore Roy Eldridge, acrobate de la trompette arrivé en 1950 avec le sextette de Benny Goodman qui préféra faire un petit séjour musical et gastronomique en France au lieu de rentrer sagement au pays. “Vogue” lui fit enregistrer un assez joli paquet de disques, en particulier, à la fin de mars 1951, ces deux duos trompette-piano en compagnie de Claude, rappelant celui que gravèrent à Chicago fin 1928 Louis Armstrong et Earl Hines sur Weather Bird. Au demeurant, Wild Man Blues et Fireworks faisaient à cette époque partie du répertoire de Satchmo. Ces deux faces-là (reproduites sur le CD 2), Claude Bolling nous a affirmé que, plus de cinquante ans après, il les aimait toujours comme au premier jour. On le comprend.
Daniel NEVERS
© 2004 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

CD 1 – ELLINGTONIA - 1. THE MOOCHE (D. Ellington – I. Mills) 3’04 - Gérard Bayol (cnt) ; Jean-Louis Durand (Tb) ; Maxime Saury (Cl, Sopr Sax) ; Robert Escuras (G) ; Guy de Fatto (C/b) ; Robert Peguet (Dm) Claude Bolling (P, Ldr) – Paris, 28/05/1948–  2. EAST ST. LOUIS TOODLE-OO (J. Miley) 3’13 - same musicians as for 1 - Benny Vasseur succède à / replaces Jean-Louis Durand, Paris 10/12/1948 – 3. WANDERLUST (D. Ellington) 3’07 – 4. WITHOUT A SONG (V. Rose – V. Youmans – P. Esliscu) 2’53 - With Rex STEWART + Roger Guérin (Tp) ; Roland Evans (As, Clar) ; George Kennedy (As/ Bs) ; Armand Conrad (Ts) – 5. MORNING GLORY (D. Ellington – R. Stewart) 2’56 – 6. MAIN STEM (D. Ellington) 2’45 – 7. WEARY WEIRD (Rex Stewart) 2’40 – 8 STOMPY JONES (D. Ellington) 2’50 – 9. QUAND VOUS SAUREZ (C. Bolling) 2’49 – 10. WASHINGTON WOBBLE (D. Ellington) 2’53 same musicians as for 2 and 3 - GRAND CLUB ORCHESTRA PLAYS ELLINGTON* - 11. CARAVAN (J. Tizol – D. Ellington – I. Mills) 6’23 – 12. DROP ME OFF AT HARLEM (D. Ellington) 7’42 – 13.  C JAM BLUES (D. Ellington) 9’51 – 14. SOLITUDE (D. Ellington – E. Delange – I. Mills) 8’51 – 15. ELLINGTON MEDLEY : 31 Duke Ellington’s compositions

CD 2 – NEW ORLEANS PROMENADE - 1. ORY’S CREOLE TROMBONE (E. ‘Kid’ Ory) 2’36 – 2. SWEETIE DEAR (J. Jordan) 2’47 – 3. BLACK AND BLUE (T.’Fats’ Waller – A. Razaf – S. Brooks) 2’43 – 4. DIPPERMOUTH BLUES (J. Oliver – L. Armstrong) 2’29 – 5. BLUES IN DISGUISE (M. Mezzrow – E. Sampson) 2’25 – 6. YOU, RASCAL YOU (S. Theard) 2’34 – 7. RIVERSIDE BLUES (T. A. Dorsey) 2’46 same musicians as for 1 (CD 1) Paris, 28/05/1948 - 8. GEORGIA BO BO (T. Waller – J. Trent) 2’40 - Benny Vasseur succède à / replaces Jean-Louis Durand – Paris, fin/late Dec. 1948 – 9. SWEET PATOOTIE (A. Bogan – V. Alexander – C. Williams) 4’40 – same musicians as for 1 to 7 – Présentation / announcement Georges Baume & Charles Delaunay – Première émission de la série ‘Jazz Parade’ / First broadcasting in the ‘Jazz Parade’ serie. Paris – Théâtre Edouard VII – Radio Diffusion Française – Paris-Inter, 3/10/1948 (diff / broad 6/10/1948). With ROY ELDRIDGE - Piano / Trumpet duet: 10. WILD MAN BLUES (L. Armstrong – F. Morton) 3’41 – 11. FIREWORKS (C. Williams) 3’02 – Paris 29/03/1951 - GRAND CLUB ORCHESTRA PLAYS NEW ORLEANS* - 12. ROYAL GARDEN BLUES (C. Williams – S. Williams) 5’40 – 13. I THOUGHT I HEAR BUDDY BOLDEN SAY (Trad.) 4’37 – 14. MUSKRAT RAMBLE (E. ‘King’ Ory) 4’37 – 15. HIGH SOCIETY (P. Steele) 5’27 – 16. CORNET SHOP SUEY (B. Atkins) 3’22 – 17. ST LOUIS BLUES (W.C. Handy) 6’00 – 18. BASIN STREET BLUES (S. Williams) 6’56 – 19. KING PORTER STOMP (F. Morton) 5’50 – Paris, 6/0/1957.
*Grand Club Orchestra : Reeds : Jo Hrasko, Mickey Nicolas (As, Clar); Pierre Gossez, Marcel Hrasko (Ts, Clar); Armand Miggiani (Bs), Gérard Badini (Clar) ; Tps : Fred Gérard, Roger Guérin, Henri Van Haeke, Fernand Verstraete, Robert Fassin ; Tbs : André Paquinet, Benny Vasseur, Gaby Vilain, Claude Gousset ; Pierre Michelot (CD 1 – Nr 11 to 14) or Alphonse Masselier (C/b) ; Arthur Motta (Dm); Claude Bolling (P, Ldr).

CD 3 – GRAND CLUB ORCHESTRA PLAYS DJANGO REINHARDT* - 1. DJANGOLOGIE (version I) (D. Reinhardt) 4’03 – 2. NUAGES (D. Reinhardt) 5’29 – 3. DINETTE (D. Reinhardt) / ARTILLERIE LOURDE (D. Rainhardt) 6’48 – 4. TEARS (D. Reinhardt – S. Grappelli) 4’31 – 5. MINOR SWING (D. Reinhardt – S. Grappelli) 4’30 – 6. NYMPHEAS (D. Reinhardt) 3’55 – 7. SWING 42 (D. Reinhardt) / MANOIR DE MES RÊVES (D. Reinhardt) / SWING 39 (D. Reinhardt – S. Grappelli) 12’45 – 8. RYTHME FUTUR (D. Reinhardt) 2’58 – 9. DJANGOLOGIE (version II) (D. Reinhardt) 4’42 – Paris, mai-juin / May-June 1956 - GRAND CLUB ORCHESTRA PLAYS CLAUDE BOLLING ORIGINAL’S - 10. GENEVIEVE (Cl. Bolling) 7’45 – 11. RUE DE LA PAIX (Cl. Bolling) 6’37 – 12. PICCADILLY ROMEO (Cl. Bolling) 3’17 – 13. ROCKY (Cl. Bolling) 7’26 – Paris, avril-mai / April-May 1956.

CD4 - ENTRETIEN AVEC CLAUDE BOLLING, par Daniel NEVERS & Patrick FRÉMEAUX, 29 janvier 2003 - 1. Claude Bolling : une réussite exemplaire? Le goût de la musique. 2. D’où vient ce nom, Bolling? 3. De l’avantage d’avoir un nom à consonnance anglo-saxonne. 4. Début de l’apprentissage à Nice pendant la guerre. Peinture ou musique? 5. L’écoute des disques. Découverte de Duke Ellington et du jazz. Les pianistes de bars à Nice. “St. Louis Blues” à la manière de Charlie Kuns. Découverte de Fats Waller. 6. Les grands orchestres français de jazz et de variétés des années 1930-40. Les frères Salvador et quelques autres musiciens français présents à Nice vers 1941-42. 7. Apprentissage du piano sous la houlette de Marie-Louise Colin. Les orchestres féminins employés dans les brasseries. 8. Débuts parisiens en 1944. Le local du Hot Club de France et la SACEM, rue Chaptal. Tournoi des amateurs. “The Snake Charmer”. Prix des pianistes amateurs en 1945. 9. Formation d’un premier orchestre avec d’autres amateurs, habitués du HCF. 10. Les professionnels du jazz français. Django Reinhardt au Club Saint-Germain. 11. L’amour de la musique de La Nouvelle Orléans. Petits désaccords entre puristes, notamment avec Claude Luter. Ceux qui jouent à Saint-Germain-des-Prés (Luter) et ceux qui fréquentent les “beaux quartiers” (Bolling). 12. Coexistence pacifique avec les “anciens” du jazz français. 13. Intervention de Patrick Frémeaux, sur la presse jazz et sur le hiatus, à propos de Bolling, touchant l’aspect créatif et le répertoire. 14. Les ennuis avec les voisins des apprentis jazzmen. 15. L’aventure de Saint-Germain-des-Prés, avec Boris Vian et la cave du “Tabou”. L’histoire des pianos mis à sécher dans la cour. 16. Toujours les pianos, rongés par l’humidité des caves. 17. Le festival de Paris 1948, à Marigny. Accompagnement de la chanteuse Bertha “Chippie” Hill par la formation qui va bientôt faire ses premiers disques. 18. Les musiciens de l’orchestre et les premiers enregistrements, au printemps de 1948, pour deux firmes concurrentes (Pacific et Blue Star). 19. Rex Stewart à Paris, accompagné par l’orchestre Bolling. Enregistrements avec Rex. 20. Les Américains en France : Rex, Sidney Bechet, Albert Nicholas, Buck Clayton, Roy Eldridge... 21. Les Américains, suite : Lionel Hampton... 22. La question du “be-bop” : figues moisies et raisins aigres. L’écoute des disques chez Henri Bernard. La scission du HCF entre “anciens” et “modernes”. L’anti-jazz. L’ambiguïté bop-danse. 23. L’élargissement, dans les années 50, vers le monde de la chanson et de la variété. 24. L’action décisive de Boris Vian, directeur artistique chez Philips lié à Jacques Canetti. Engagement pour accompagner sur scène Dario Moréno, Henri Salvador, Juliette Gréco. Plus tard Charles Trénet. 25. Les émissions télévisées d’Albert Reisner et l’aventure de sept ans avec les Parisiennes. 26. Initiales B.B. 27. Début dans la musique de film. 28. La musique de film, suite. Musique pour émissions et séries de télévision, Borsalino, Lucky Luke, The Awakening... 29. Expérimentations dans le domaine “classique”, “Crossover”. Rampal, Lagoya, Maurice André, Zuckerman, J.B. Pommier... Le simple plaisir de la musique. 30. Le mélange des genres. 31. En Amérique : à Carnegie Hall avec Rampal. 32. En Amérique : syndicats et protectionnisme. 33. Patrick Frémeaux : de l’importance grandissante de ce que l’on nomme “crossover”. 34. Raymond Fol, Aaron Bridges et Claude Bolling jouent quelques notes dans l’orchestre d’Ellington lors du dernier concert parisien du Duke, qui les invite à monter sur scène. 35. Formation progressive du big band de Claude Bolling, à la demande de Frank Ténot dans le courant des années 50, en vue d’enregistrer plusieurs albums pour le Club français du Disque. Quelques-uns des meilleurs musiciens professionnels de l’heure. 36. Les disques enregistrés pour le Club (figurant dans le présent recueil “Collector”). Hommage à Django sans guitare. L’orchestre joue aussi parfois en public, notamment à l’Alhambra. 37. L’orchestre tel qu’il existe actuellement, constitué à la suite d’un concert triomphal donné à la Maison de la Radio. 38. Les nouveaux venus dans l’orchestre. 39. Patrick Frémeaux insiste sur la longévité de cet orchestre et sur sa célébrité de par le monde. 40. Les occupations de Claude Bolling aujourd’hui : moins de musique de film, mais toujours un peu de télévision. Et les œuvres “crossover” interprétées désormais dans le monde entier. 41. Patrick Frémeaux signale les rencontres du big band et de certaines vedettes. Claude Bolling rend hommage à Stéphane Grappelli et évoque le disque qu’ils ont fait ensemble. 42. Patrick Frémeaux se rappelle sa première rencontre avec Claude Bolling et parle de leur actuelle collaboration. 43. Désannonce par Daniel Nevers.
*Grand Club Orchestra : Reeds : Jo Hrasko, Mickey Nicolas (As, Clar); Pierre Gossez, Marcel Hrasko (Ts, Clar); Armand Miggiani (Bs), Gérard Badini (Clar) ; Tps : Fred Gérard, Roger Guérin, Henri Van Haeke, Fernand Verstraete, Robert Fassin ; Tbs : André Paquinet, Benny Vasseur, Gaby Vilain, Claude Gousset ; Pierre Michelot (CD 1 – Nr 11 to 14) or Alphonse Masselier (C/b) ; Arthur Motta (Dm); Claude Bolling (P, Ldr)
CD CLAUDE BOLLING COLLECTOR © Frémeaux & Associés; (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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PREMIER BIG BAND (Bolling Story)

Au temps de Saint-Germain-des-Prés et de notre spectacle “Spike Jones”, pour nos morceaux de jazz, nous empruntions beaucoup à Duke Ellington, en particulier, à ces petites formations des “Ellington Units” qui correspondaient bien à notre instrumentation de deux cuivres/deux saxophones /contrebasse/batterie/piano. Nous remarquions souvent au premier rang, un amateur très attentif. Ce fou de jazz cumulait les fonctions d’ingénieur atomique à Saclay et de directeur musical d’une société phonographique. C’était Frank Ténot. Un soir, il me dit : “Est-ce que ça te dirait de monter un grand orchestre pour jouer de la musique d’Ellington ?”

Réaction au quart de tour… et c’est ainsi que grâce à Frank, j’ai pu réunir une grande formation dans les meilleures conditions que l’on puisse souhaiter en rassemblant des jazzmen professionnels du plus haut niveau comme Pierre Michelot (contrebasse), Arthur Motta (batterie), les trompettes Roger Guérin, Fernand Verstraete, Fred Gérard, les trombones André Paquinet, Claude Gousset et, bien sûr Benny Vasseur et les experts du saxophone Pierre Gossez, les frères Jo et Marcel Hrasco, Armand Migiani et mon complice d’alors Gérard Badini à la clarinette.
Avant de me lancer dans une telle entreprise, je suis allé consulter André Hodeir, grand musicologue ès jazz, avec lequel je prenais déjà des cours de contrepoint et d’orchestration. Pris par la folie de l’écriture et d’une véritable logorrhée musicale, j’ai élaboré des morceaux d’une telle durée, que le 33 tours (février/mars 1956) ne pouvait contenir que quatre titres : C-Jam Blues, Caravan, Solitude, Drop Me Off In Harlem, d’une durée de huit et dix minutes chacun. Autre gageure, pour compenser, j’ai réuni dans un “medley” constitué de trente-trois citations d’autres thèmes du Duke (avril/mai 1956). Comme l'Académie du Disque Français nous attribua son grand prix, Frank Ténot, heureux et fier de ce résultat, nous demanda de poursuivre l’aventure. C’est ainsi que nous avons choisi de réaliser un deuxième album à partir de thèmes d’une autre figure emblématique du jazz : Django Reinhardt. Le défi était d’orchestrer pour des cuivres et des saxophones, sans guitare, les solos de Django ! Ce fut le cas notamment pour Minor Swing, Manoir de mes Rêves et Rythme Futur. Heureux de cet autre résultat, dans la lancée, Frank me proposa un troisième projet : reprendre des thèmes Nouvelle-Orléans ou Dixieland et les adapter au grand orchestre. C’est avec cet album que, grâce à l’ingénieur du son Raymond Verchères, nous avons été les premiers en France à enregistrer en son stéréophonique. L’événement avait donné lieu à une expérience en public dans la salle de concert de la Maison de la Chimie. Pour cette séance, l’orchestre commençait à jouer, jusqu’au moment précis où il était relayé par le son enregistré préalablement. Le public était censé ne pas entendre la différence… J’ai été sans le vouloir, pionnier du play-back et j’ajouterai que finalement je ne m’en glorifie pas car, involontairement, j’ai participé au déclin de la musique vivante par la musique mécanique. Un quatrième disque constitué de mes compositions compléta la série. Je n’aurai jamais assez de gratitude pour Frank d’avoir été le promoteur de cette aventure. Ces pratiques d’écriture ont été capitales dans ma vie de compositeur, d’orchestrateur et de chef de grand orchestre. La qualité technique de ces enregistrements leur a mérité d’avoir été réédités par Frémeaux & Associés dans le coffret ‘‘Collector’’ paru en 2004.

Extrait de "Bolling Story" de Jean-Pierre Daubresse et Claude Bolling édité par Jean-Paul Bertrand - Editions Alphée (avec l'autorisation de Claude Bolling)

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