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MAUPASSANT
BOULE DE SUIF  

"Une partie de campagne" et autres nouvelles lues par Claude LESKO et Christian BENEDETTI
En accord avec THÉLÈME ÉDITIONS  






GUY DE MAUPASSANT 
La décennie prodigieuse 
Un météore
La vie littéraire de Maupassant commence en 1880 avec la publication de Boule de suif et se termine onze ans plus tard avec son internement pour dérangement mental. À trente ans, Boule de suif justement lui permet une entrée fracassante dans la république des lettres. À quarante ans, il a brûlé sa vie, détruit son cerveau par l’usage des drogues à quoi s’ajoute l’action de la syphilis. On dirait aujourd’hui qu’il a vécu à deux cents à l’heure. Pendant ces dix ans, il va produire une œuvre impressionnante aussi bien du point de vue de la qualité que de celui de la quantité : des nouvelles, des romans à quoi s’ajoutent des chroniques parfois au vitriol dans les journaux du temps. Plus de trois cents «contes» (nous disons plutôt «nouvelles» aujourd’hui), deux cents chroniques, six romans. Et en même temps, il vit intensément, festoyant avec d’autres viveurs, pratiquant le canotage ou la navigation en mer, courant la gueuse, voyageant, maniant les armes. Si nécessaire, il recourt à des stimulants, l’éther par exemple, pour maintenir le rythme de la machine. Dans la littérature française, seul Rimbaud présente l’exemple d’une carrière aussi fulgurante. L’un et l’autre font penser à un météore dont la trace lumineuse ne s’efface pas. Plus près de nous, Boris Vian évoque une telle trajectoire.

Le réaliste
Littérairement, il se veut « réaliste ». Il cherche à peintre le monde tel qu’il est, sans fioritures, dans sa crudité. Sur son art, il s’exprimera avec une grande clarté. Il n’est pas possible de peindre le réel dans toute sa complexité car l’on se trouverait vite noyé par la profusion des faits. Il faut donc trier, choisir parmi ce qu’il nous offre pour faire ressortir une impression dominante. Il y réussira parfaitement, notamment dans les nouvelles. Certaines d’entre elles, en quelques pages, suggèrent un monde. Le lecteur en reste irrémédiablement marqué. On ne lit pas Maupassant impunément. Il se situe donc entre son maître Flaubert et son ami Zola, soucieux de peindre la société de son temps en se distinguant des romantiques. Il ne faut pas masquer les faits par une vaine poésie, un flou idéaliste, mais montrer l’homme tel qu’il est, sordide ou généreux, lâche ou courageux, triomphant ou misérable. Né dans un milieu à prétentions aristocratiques, il peindra cependant toutes les catégories sociales : les nobles et les nobliaux bien sûr, les employés de bureau, les militaires, les paysans, les commerçants, les marins, les journalistes. Seul le monde ouvrier échappera à son regard. Il laisse cette spécialité à Zola. Ces mondes, il les connaît pour les avoir fréquentés. Il a moisi dans les bureaux du ministère de la Marine puis de l’Instruction, il s’est mêlé aux paysans en particulier durant sa jeunesse, il a fait un bref séjour à l’armée (écourté par la défaite de 70), il a baroudé en mer. Ce n’est pas un écrivain de cabinet. Il s’est frotté à la vie. Quand il parle des femmes, c’est d’expérience.

Un maître de la prose
Ces théories sur l’art et cette expérience de la vie, il n’est cependant pas le seul à les avoir. Des dizaines, des centaines de plumitifs parmi ses contemporains, auraient pu souscrire à cette profession de foi esthétique. Mais il avait, lui, en plus, le génie, une extraordinaire maîtrise de la prose accordée à la sensibilité moderne. Cela apparaît bien si l’on s’arrête sur les conditions de publication de cette longue nouvelle qu’est Boule de suif. Maupassant et d’autres écrivains se réunissaient régulièrement à Médan chez le chef de file du naturalisme, Émile Zola. On discutait littérature, mais aussi peinture, politique. Chacun repartait ensuite émoustillé par ces discussions se remettre à son œuvre. Les amis décidèrent un jour de publier un recueil collectif ce qui fut fait. L’ouvrage fut intitulé Les Soirées de Médan. La seule liste des auteurs se passe de commentaires : Maupassant, Zola, Huysmans, Céard, Hennique, Alexis. La postérité a fait le tri. La prose de Maupassant, entre autres caractéristiques, se prête particulièrement à la lecture. Pratiquait-il la technique du gueuloir chère à Flaubert? Ce n’est pas sûr, tant il était pressé par le temps pour fournir aux journaux la pâture promise. Mais il avait l’oreille. Ayant longtemps enseigné le français en Afrique, il m’arrivait durant certaines heures de simplement lire des textes à mes élèves de lycée. C’est à cette occasion que j’ai pu constater l’efficacité de la prose de Maupassant. Quand je lisais « La parure » ou « Le crime au père Boniface », j’étais écouté religieusement. Et la semaine suivante, je voyais sur certaines tables un livre de Maupassant. Au fur et à mesure de ma lecture, et chaque fois, par ce contact avec mon public, je me rendais compte combien cet écrit était oral. La phrase était toujours parfaitement accordée au souffle. Pas de meilleur auteur pour commencer une collection de « livres lus »  

Le coup de tonnerre de Boule de suif
Avant la parution de Boule de suif, Maupassant a quelque peu écrit et publié. Des vers jugés scandaleux l’avaient déjà fait renvoyer de l’institution religieuse où il préparait son baccalauréat. En 1874, il participe à un concours organisé par le théâtre de la Gaîté pour trouver de nouvelles pièces. Des revues ont publié des poèmes ou des articles de critique et même, à l’occasion, une nouvelle. Son poème «Une fille» lui a même valu de comparaître devant le tribunal d’Étampes pour outrage aux bonnes mœurs. Mais rien de très marquant. Avec la parution de Boule de suif dans Les Soirées de Médan en avril 1880, tout change. La chose est indéniable : Maupassant écrase de son génie les autres participants, y compris Zola. Ses frères en littérature ne s’y trompèrent pas et reconnurent loyalement le fait. Comme c’était l’usage, Maupassant lut son texte devant les autres collaborateurs du recueil. Selon l’un de ses préfaciers cité dans l’édition de la Pléiade : «Quand il eut terminé […], d’un élan spontané, avec une émotion dont ils gardèrent la mémoire, enthousiasmés par cette révélation, tous se levèrent et, sans phrases, le saluèrent en maître...» Le public réagit de la même manière. Du jour au lendemain l’obscur écrivaillon est devenu célèbre. La carrière des lettres s’ouvre toute grande devant lui. Flaubert, de son côté, comprit immédiatement qu’il avait en son disciple un digne successeur. Il meurt un mois après la publication du texte, mais il a eu le temps de formuler un avis. Il dit, par exemple, en février 1880, dans une lettre à sa nièce : «Boule de suif, le conte de mon disciple, dont j’ai lu ce matin les épreuves, est un chef-d’œuvre; je maintiens le mot un chef-d’œuvre de composition, de comique et d’observation.» Il écrit le même jour : «Ce petit conte restera, soyez-en sûr!». À l’auteur, il propose quelques corrections de détail, mais il affirme sans ambages : «Tâche d’en faire une douzaine comme ça! et tu seras un homme!» Le conseil sera écouté et le chiffre d’une douzaine amplement dépassé.  

La haine du bourgeois
Boule de suif s’inspire d’une actualité proche. Dix ans plus tôt, la France est envahie par les Prussiens suite à la défaite de Sedan. L’empereur Napoléon III a été fait prisonnier et Bismarck a imposé sa loi. Maupassant,  mobilisé, a même vécu l’événement de l’intérieur. L’anecdote rapportée dans la nouvelle semble reposer sur un fond de vé­rité. Maupassant l’aurait tenue d’un oncle originaire comme lui de Normandie. Mais la force du texte tient à ce qu’il dépasse la simple narration. Il illustre d’une manière saisissante l’ignominie de la bourgeoisie chaque fois que ses intérêts sont en jeu. Cette bourgeoisie qui outrage Boule de suif est la même qui mitraille à peu près à la même époque le peuple de Paris, la même qui, au siècle suivant, accepte lucidement, pour les mêmes raisons, de pactiser avec Hitler. Les grands textes sont ceux qui se rattachent à une figure existentielle et c’est le cas ici. Sartre, quand il dénonce les salauds, est tout à fait dans la ligne de Maupassant. Maupassant hait le bourgeois et se sent plus près du peuple en dépit de ses origines (bourgeoisie à prétentions aristocratiques). Parce que le peuple, même s’il ne faut pas l’idéaliser, est plus authentique. Plus primaire, il est aussi plus vrai. Comparons, par exemple, aux bourgeois transis de peur et prêts à toutes les compromissions de Boule de suif, le père Milon, personnage central d’une nouvelle qui porte son nom. Le père Milon est un paysan qui, durant cette guerre de 70, héberge des Prussiens parce qu’il ne peut pas faire autrement. Il le fait avec la plus grande humilité, presque de la servilité. Mais la nuit, il égorge des ulhans. On les retrouve au matin, la gorge ouverte d’un coup de sabre avec à côté d’eux leurs chevaux qui ont subi le même sort. Il en a tué seize en un mois, mais finit par se faire prendre. Interrogé, il s’explique. Il a vengé son père tué quand il combattait dans les armées de Napoléon Ier et son cadet mort au front un mois plus tôt. Huit pour le père, huit pour le fils. Le compte est bon. Les Allemands, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, sont cependant prêts à pardonner à leur hôte : «Les Prussiens se parlèrent bas longtemps. Un capitaine, qui avait aussi perdu son fils, le mois dernier, défendait ce gueux magnanime. Alors le colonel se leva et, s’approchant du père Milon, baissant la voix : “Écoutez, le vieux, il y a peut-être un moyen de vous sauver la vie, c’est de...” Mais le bonhomme n’écoutait point, et les yeux plantés droit sur l’officier vainqueur, tandis que le vent agitait les poils follets de son crâne, il fit une grimace affreuse qui crispa sa maigre face toute coupée par la balafre, et, gonflant sa poitrine, il cracha, de toute sa force, en pleine figure du Prussien. Le colonel, affolé, leva la main, et l’homme, pour la seconde fois, lui cracha par la figure. Tous les officiers s’étaient dressés et hurlaient des ordres en même temps. En moins d’une minute, le bonhomme, toujours impassible, fut collé contre le mur et fusillé, alors qu’il envoyait des sourires à Jean, son fils aîné; à sa bru et aux deux petits, qui regardaient, éperdus.»

Le bourgeois seulement ridicule
Le succès de Boule de suif ouvre à Maupassant les portes du Gaulois, un journal dont il faisait le siège jusque-là. De mai à août 1880, il y publie «Les dimanches d’un bourgeois de Paris » qui ne paraîtront en volume qu’au XXe siècle. Ces articles étaient peut-être une manière de rendre hommage au «Vieux», Flaubert, qui venaient de mourir en laissant Bouvard et Pécuchet inachevé. On n’y retrouve pas la haine pour les notables, mais plutôt une pitié amusée pour ces petits bourgeois employés dans les bureaux, «pauvres gens, instruits, qui auraient pu être quelqu’un et qui ne seront jamais rien». Monsieur Patissot veut rompre avec le train train quotidien. Il s’équipe en conséquence et pris d’un grand désir de campagne part en excursion «chaussé de formidables souliers». Il rencontre dans les bois une petite femme inconnue qui lui fait pressentir de poétiques amours. On mange au bord de l’eau et la petite dame lui emprunte de l’argent parce que son mari a perdu son portefeuille. Toutes les aventures de Patissot tournent de la même manière en déconfiture, mais il découvre les parties de pêche, de canotage, les caboulots où l’on dîne, les petites femmes émoustillantes. Ces textes ne sont peut-être pas vraiment aboutis, mais Maupassant va y puiser la matière de plusieurs nouvelles ce qui explique sans doute qu’il ne les ait pas publiés en volume. Parmi ces nouvelles, «Une partie de campagne», récit célèbre dont Renoir va tirer La Partie de campagne, film non moins célèbre. 

Une partie de campagne
Depuis cinq mois, les Dufour avaient projeté d’aller à la campagne pour la fête de Mme Dufour, honnête bourgeoise prénommée Pétronille. Le jour tant attendu arrive enfin. Participent à l’expédition la grand-mère et la fille Dufour. Trois générations s’entassent dans la carriole du laitier empruntée pour la circonstance, avec, en plus, un jeune homme fort médiocre ami de la famille. Ils s’arrêtent dans une auberge où ils rencontrent deux solides gaillards amateurs de canotage. On prend langue. Les deux canotiers emmènent les dames faire une promenade en yole, et il se passe ce qui se passe souvent en ce genre de circonstance. Plus tard, Henri qui avait emmené la jeune Henriette apprendra un peu déçu qu’elle s’est mariée avec l’ami de la famille. L’argument pourrait paraître un peu mince. Mais ces quelques événements suffisent à Maupassant, comme la moindre bicoque suffisait aux impressionnistes. Tout est dans la touche. Deux mondes se confrontent, celui des bourgeois soucieux de sécurité, mais en proie parfois à des élans (envers la nature, envers une femme ou encore l’art) et celui des canotiers qui ont choisi un bonheur immédiat, fruste peut-être, mais concret. Ces deux mondes juxtaposés se rencontrent un instant en la personne d’Henri et d’Henriette, mais la machine à broyer les rêves reprend le dessus. La destinée d’Henriette était de finir ses jours derrière un comptoir et les quelques heures passées hors du temps ne peuvent rien y changer. Cette apparente pochade permet à Maupassant d’ironiser sur la niaiserie du bourgeois. Un seul exemple. À peine arrivé à Neuilly, M. Dufour dit : «Voici la campagne!» et Mme Dufour de s’attendrir sur la nature. Mais le narrateur qui ne s’en laisse pas conter décrit les choses telles qu’elles sont : «Des deux côtés de la route, se développait une campagne interminablement nue, sale et puante. On eût dit qu’une lèpre l’avait ravagée, qui rongeait jusqu’aux maisons, car des squelettes de bâtiments défoncés et abandonnés, ou bien des petites cabanes inachevées faute de paiement aux entrepreneurs, tendaient leurs quatre murs sans toit. De loin en loin, poussaient dans le sol stérile de longues cheminées de fabrique, seule végétation de ces champs putrides où la brise du printemps promenait un parfum de pétrole et de schiste mêlé à une odeur moins agréable encore.» Tout n’est pas dans cette tonalité. Maupassant s’amuse par exemple à mettre une pointe d’érotisme en décrivant le chant du rossignol au moment où les amants s’enlacent : «Une ivresse envahissait l’oiseau, et sa voix, s’accélérant un peu comme un incendie qui s’allume ou une passion qui grandit, semblait accompagner sous l’arbre un crépitement de baisers. Puis le délire de son gosier se déchaînait éperdument. Il avait des pâmoisons prolongées sur un trait, de grands spasmes mélodieux. Quelquefois il se reposait un peu, filant seulement deux ou trois sons légers qu’il terminait soudain par une note suraiguë. Ou bien il partait d’une course affolée avec des jaillissements de gammes, des frémissements, des saccades, comme un chant d’amour furieux, suivi par des cris de triomphe.»

Jadis
«Jadis» est peut-être à ranger dans les histoires pour comtesses que Maupassant a écrites durant un temps. Gentil badinage sur l’amour et ici autour d’une idée force: le mariage est contre-nature. On admirera son habileté à mettre en scène le débat. Très balzaciennement, l’aïeule est située dans son cadre qui la peint avant qu’elle n’entre en scène. La jeune fille à qui elle s’adresse représente une forme de romantisme, celui de la passion unique avec son corollaire obligé le caractère sacré du mariage. La vieille femme, elle, parle de l’instinct que le mariage essaie vainement de contrecarrer. Dialogue paradoxal puisque nous sommes habitués à voir des jeunes gens épris de liberté se heurter à des personnes plus âgées s’efforçant d’entraver leur envol. Ici, c’est l’aïeule qui défend les droits de l’amour. A ses yeux, la collectivité a besoin d’une institution comme le mariage pour se structurer et l’individu a besoin de l’amour pour ne pas mourir d’ennui. « Si on ne parfume pas la vie avec l’amour, le plus d’amour possible, migonne, comme on met du sucre sur les drogues pour les enfants, personne ne voudra la prendre telle qu’elle est.» C’est bien Maupassant qui parle par sa bouche, même s’il n’a jamais réussi à vraiment aimer de sa vie. Car c’est aussi lui qui dit, au travers du personnage de «Lettre trouvée sur un noyé» : Je n’ai jamais aimé. 

Le mariage du lieutenant Laré
«Le mariage du lieutenant Laré» se situe dans la mouvance de Boule de suif et de tout une série d’histoires relatives à l’invasion de la France par les Prussiens en 1870. L’excellente biographie d’Armand Lanoux (Maupassant le Bel-Ami, Grasset, Cahiers rouges) montre que le traumatisme a été très profond pour Maupassant. Peu de temps avant sa mort, il avait encore envisagé un roman sur la question. Pourquoi cette blessure? Parce que le jeune mobilisé n’a dû qu’à la vigueur de ses mollets de ne pas se trouver prisonnier? Peut-être. Mais surtout parce qu’il a vu et ressenti - pour lui-même et au travers des autres - ce qu’est l’humiliation sous la botte du vainqueur. Ces vainqueurs apparaissent peu dans cette nouvelle. On voit seulement au loin leur armée serpenter dans la plaine. Douze ulhans qui se sont approchés des troupes françaises meurent dans les lignes qui suivent. Leurs chevaux itou. La nouvelle montre comment la seule présence d’une femme réussit à galvaniser les énergies de tout une troupe. L’armée française est présentée sous un jour plutôt favorable. Mais l’essentiel est dans la conclusion. Pour Maupassant le monde est absurde. Le destin frappe au hasard. Sur le mode tragique dans «Saint-Antoine» par exemple. Ce paysan nommé Antoine et qu’on surnomme «Saint-Antoine» est devenu inséparable d’un Prussien qu’il appelle son cochon. Mais un jour, les choses tournant mal, il le tue, puis l’enterre dans son fumier. On ne le soupçonne pas un instant puisqu’il était l’ami du disparu. Mais on fusille un gendarme à la retraite qui n’avait que le tort d’habiter par là et d’avoir une jolie fille. Le caractère contingent des événements peut tout aussi bien avoir des résultats heureux. Le lieutenant Laré, avec toutes ses qualités, auraient pu finir ses jours dans une miteuse vie de garnison. Mais le hasard l’a servi et le voilà épousant le fille d’un comte qui a 600000 francs de dot et le plus joli minois du pays. Ne nous empressons pas de dire que cette histoire se termine bien. Maupassant aurait été le premier à dire que si toutes les comédies se terminent par un mariage, c’est parce que c’est la tragédie qui commence.

Disciple de Schopenhauer
Maupassant était schopenhaurien avant même d’avoir lu Schopenhauer. Sa vision du monde est donc profondément pessimiste. Il existe un grand vouloir-vivre de la nature, une sorte de grande force, d’élan vital, qui emporte tout. Pour se limiter à l’espèce humaine, elle est en proie à cet immense vouloir-vivre qui la pousse à persévérer dans son être. L’individu, en conséquence ne compte pas. Si elle pouvait parler, cette espèce humaine dirait à chacun de nous : «Tu ne m’intéresses pas en tant qu’individu. Tu ne m’intéresses qu’en tant qu’élément reproducteur qui me permettra de continuer et d’augmenter. Je ne suis pas concernée par tes états d’âme ou les productions de ton esprit. Je ne te demande qu’une chose : engendre et débarrasse le plancher». Henriette n’avait aucune chance. Les canotiers ont tiré la seule morale qui soit possible, une fois levé le voile de l’illusion. S’accommoder de ce qui est et s’en tenir à la seule réalité indubitable du bonheur immédiat. Puisque Dieu n’existe pas, tout est permis. 

L’avis du maître
Flaubert lit les épreuves (état du texte imprimé avant les corrections) de Boule de suif en janvier 1880. Le 1er février, de Croisset, il écrit à celui qu’il considère comme son disciple. Nous citons les passages de cette lettre qui concernent la nouvelle. «Mais il me tarde de vous dire que je considère Boule de suif comme un chefs-d’œuvre! Oui! jeune homme! Ni plus ni moins, cela est d’un maître. C’est bien original de conception, entièrement bien compris et d’un excellent style. Le paysage et les personnages se voient et la psychologie est forte. Bref, je suis ravi ; deux ou trois fois j’ai ri tout haut (sic). Je vous ai mis sur un petit morceau de papier mes remarques de pion. Tenez-en compte, je les crois bonnes. Ce petit conte restera, soyez en sûr! Quelles belles binettes que celles de vos bourgeois! Pas un n’est raté. Cornudet est immense et vrai! La religieuse couturée de petite vérole, parfaite, et le comte «ma chère enfant», et la fin! La pauvre fille qui pleure pendant que l’autre chante La Marseillaise, sublime. J’ai envie de te bécoter pendant un quart d’heure! Non! vraiment, je suis content! Je me suis amusé et j’admire. Eh bien précisément parce que c’est raide de fond et embêtant pour les bourgeois, j’enlèverais deux choses, qui ne sont pas mauvaises du tout, mais qui peuvent faire crier les imbéciles, parce qu’elles ont l’air de dire: «Moi je m’en fous» : 1° dans quelles fosses, etc., ce jeune homme jette de la fange à nos armes; et 2° le mot tétons. Après quoi le goût le plus bégueule n’aura plus rien à vous reprocher. Elle est charmante, votre fille! Si vous pouviez atténuer son ventre au commencement, vous me feriez plaisir.» Maupassant tiendra compte de ces remarques. Ainsi, la phrase «Boule de suif, dont le ventre et les tétons se mêlaient sous un peignoir de cachemire bleu» devient «Boule de suif qui paraissait plus replète encore sous un peignoir de cachemire bleu.» Le lecteur jugera s’il y a progrès d’une formulation à l’autre.  

CHRONOLOGIE
1850  Naissance de Guy de Maupassant en Normandie. Le lieu de la naissance est discuté. On s’accorde le plus souvent sur Fécamp. La particule qui lui permettra de s’appeler de Maupassant était récente. Son père avait obtenu le droit de l’utiliser quelques années avant la naissance du futur écrivain.  L’affirmation selon laquelle Maupassant serait le fils de Flaubert est fantaisiste. Il est seulement son disciple.
1856 Naissance de son frère Hervé.
1859 La famille s’installe à Paris. Maupassant est élève de l’actuel lycée Henri IV (alors lycée Napoléon).
1860 Suite à une mésentente permanente du couple, Laure Maupassant se retire à Etretat avec ses deux fils Guy et Hervé. Un ecclésiastique s’occupe de leurs études.
1863 Le jeune Guy (13 ans) devient pensionnaire dans une institution religieuse. Il est docile et assidu, mais s’ennuie. Commence à  écrire des vers.
1866 Il a la passion de l’eau qu’il s’agisse de nager ou de sortir en mer. Il sauve de la noyade le poète anglais Swinburne qui l’invite dans une chaumière curieuse dont on retrouvera la trace dans plusieurs nouvelles.
1868 Exclu par les ecclésiastiques pour des vers jugés scandaleux, il entre comme interne au lycée de Rouen. Il rencontre Louis Bouilhet, ami intime de Flaubert. Bouilhet ne passera à la postérité que pour un vers concernant sa maîtresse qui manquait de poitrine : «On est plus près du cœur quand la poitrine est plate.»
1869 Reçu au baccalauréat. S’inscrit à Paris en première année de droit.
1870 La guerre avec l’Allemagne éclate. Appelé comme soldat de deuxième classe, il est sur le point d’être prisonnier, mais réussit à s’échapper. Affecté à Rouen. Il a donc pu observer le comportement des Normands face à l’occupant, ce qui lui servira pour Boule de suif.
1871 Il parvient à se faire remplacer (on pouvait s’acheter un remplaçant dans les classes démunies), ce qui lui permet d’éviter une longue période de service militaire.
1872 Grâce aux interventions de son père, il obtient de pouvoir travailler au ministère de la Marine. Il y consacrera une partie de son temps à des travaux littéraires.  Durant cette période et durant les années qui suivent, il mène une vie intense, sur le plan affectif, physique, intellectuel. Il occupe une bonne partie de son temps (trop aux yeux de Flaubert) au canotage et au maniement des armes (pistolet, épée, canne, genres auxquels il excelle). En 1875, il écrit : «Je canote, je me baigne, je me baigne, je canote.»
1877 Sa vie sexuelle débridée débouche sur une conséquence fré­quente à l’époque : il attrape la syphilis : «J’ai la grande vérole, celle dont est mort François Ier.»
1878 Il quitte le ministère de la Marine pour celui de l’Instruction.
1880 Doit comparaître devant le tribunal d’Étampes pour outrage à la morale publique. Le poème concerné («Une fille») avait été publié dans la Revue moderne, laquelle était imprimée à Étampes, ce qui explique le lieu de la condamnation. L’affaire se termine par un non-lieu grâce aux interventions de Flaubert.  Parution de Boule de suif dans Les Soirées de Médan, recueil collectif. Grand retentissement. La carrière des lettres est désormais ouverte. Flaubert meurt un mois après la publication de cette nouvelle, mais il a eu le temps d’apprécier.  Ses revenus littéraires vont permettre à Maupassant de quitter progressivement l’administration. Voyage en Corse.
1881 Parution de La Maison Tellier. Voyage en Algérie. Il en résultera des nouvelles très violentes sur la situation coloniale. Il «connaît» des femmes arabes en nombre. Pendant toute cette période d’ailleurs, où qu’il soit, il fait la noce.
1883 Il est peut-être père pour la première fois, mais l’enfant est dé­claré «né de père inconnu». Publication d’Une vie et, comme toujours depuis Boule de suif, de nombreuses nouvelles dans les journaux et revues.  La librairie Hachette interdit la vente d’Une vie dans les librairies de gare dont elle a le monopole. Remous politiques qui conduisent Hachette à faire marche arrière.
1885 Voyage dans la péninsule italienne et en Sicile. Bel-Ami paraît en feuilleton.  Parmi les gens qu’il côtoie, un jeune lycéen nommé Marcel Proust. Maupassant continue de passer une bonne partie de son temps sur l’eau, la Méditerranée ayant seulement remplacé l’Océan. Son bateau qui s’appelle Bel-Ami I sera par la suite remplacé par un Bel-Ami II de plus fort tonnage. Une manière de faire comprendre où passaient ses droits d’auteur.  Pendant toutes ces années, il continue de publier et de faire la vie. Un roman paru en 1886 le présente comme «l’étalon modèle, littérature et plastique, du grand haras Flaubert, Zola et Compagnie». Un duel est évité de justesse.
1887 Publication de Mont-Oriol et de nombreuses nouvelles.  Sur la légion d’honneur, le problème s’étant posé pour Zola, il écrit: «J’ai refusé l’an dernier, en termes formels... Je viens de renouveler ce refus.» Il restera ferme sur ce refus d’un signe d’allégeance à l’autorité politique.  Nouveau voyage en Afrique du Nord. Publication de Pierre et Jean précédé d’une préface très intéressante : «Sur le roman».
1889 Participe à une souscription en faveur de Villiers-de-l’Isle-Adam, malade et démuni. D’une manière générale, il a souvent aidé les écrivains ou artistes moins bien lotis que lui.  Vie toujours frénétique (voyages, croisières en mer, femmes, écriture), ce qui paraît un moyen pour cet homme malade de masquer l’imminence de la mort.  Son frère Hervé est interné dans un hôpital psychiatrique. Lui rendant visite, il se demande si ce ne sera pas bientôt son cas (ce en quoi il ne se trompe pas).
1890 Lutte contre la maladie. Voyage en Algérie. Continue d’écrire et de publier.
1891 C’est le commencement de la fin. Confusion mentale. Dépression. Longues périodes sans écriture.
1892 Tente de se donner la mort en se tranchant la gorge. Admis dans une maison de santé d’où il ne sortira plus. Les périodes de délire parfois furieux et les périodes d’accalmie alternent, mais il est comme on dit « méconnaissable».
1893 Mort au terme d’une agonie de dix-huit mois. 

Dates et contextes  de publication des textes choisis
Boule de suif (lu par Claude Lesko) 
Boule de suif est écrit dans les derniers mois de 1879. Cette nouvelle paraît dans un recueil collectif dû à des écrivains réunis autour de Zola intitulé Les Soirée de Médan. Ce recueil paraît le 17 avril 1880 chez Charpentier. Par respect pour ses amis, Maupassant ne l’intègre pas dans un recueil personnel. De nombreux éditeurs, ont cependant publié des recueils avec Boule de suif comme nouvelle éponyme. Ils ont soit choisi des textes proches par la date de publication (un peu à la manière dont nous procédons) soit constitué un choix arbitraire en fonction des goûts du préfacier. Plusieurs adaptations de cette nouvelle en russe, en japonais, et bien sûr en français. Sur ce point, se reporter page 1300 du tome I des Contes et nouvelles dans la collection de la Pléiade. 

Jadis (lu par Claude Lesko) 
Dans une forme un peu différente, « Jadis » paraît pour la première fois dans Le Gaulois du 13 septembre 1880. Ce texte est ensuite repris par d’autres journaux (Gil Blas, Le Figaro), mais Maupassant ne l’inclura jamais dans un volume. 

Une partie de campagne (lu par Christian Benedetti) 
Cette nouvelle paraît dans La Vie moderne des 2 et 9 avril 1881. Elle sera ensuite inclue dans La Maison Tellier, de 1881 à 1891 puis figurera en 1892 dans un recueil intitulé Contes choisis.  Renoir entreprend en 1937 une adaptation cinématographique qui restera inachevée. Le film réalisé avec les éléments conservés s’appelle indifféremment La Partie de campagne ou Une partie de campagne (comme la nouvelle). Nous avons opté dans notre commentaire pour la première solution, mais rien ne permet de trancher du fait de l’absence d’une version définitive.

Le mariage du lieutenant Laré (lu par Christian Benedetti) 
Première publication dans La Mosaïque le 25 mai 1878. Maupassant, qui recourt parfois à des pseudonymes, signe cette fois Guy de Valmont. Le texte est repris avec des variantes sous d’autres titres. Le récit se situe à la même époque que Boule de suif (décembre 1870) 
Texte : Lucile Brunet et Paul Desalmand.  
© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 1999.    

Claude Lesko 
Issu du Théâtre Universitaire de Lyon, Claude Lesko rejoint la Compagnie de la Satire de Bruno Carlucci à Vénissieux en 1975 et complète sa formation “sur le tas” en travaillant Brecht et Stanislavski. Il a participé à plusieurs dramatiques télévisées, a interprété successivement Macbeth, Antonin Artaud et Don Quichotte au théâtre. Il s’est ensuite consacré à la mise en scène, notamment de Harold Pinter, Jaquou le Croquant... 

Christian Benedetti 
De 1990 à 1995, professeur à l’école du Théâtre National de Chaillot. Depuis septembre 1994, professeur d’Art Dramatique au Conservatoire National de Région de Marseille. 1995, professeur à l’ENSATT (Rue Blanche); Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre. A partir de septembre 1998, création et direction de la section mise en scène de l’ENSATT installée à Lyon. 

Ecouter MAUPASSANT - BOULE DE SUIF (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

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