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EMILE ZOLA 
COMMENT ON SE MARIE 

Lu par Dominique Blanc et Jean-Pierre Michael 







Émile Zola - Un monstre sacré de la littérature 
Émile Zola a laissé à la postérité une œuvre aussi abondante que diversifiée. Tous ceux qui se sont intéressés à cet écrivain ont en mémoire l’image d’un créateur travailleur et ambitieux qui s’imposait une production régulière, comme en témoigne, par exemple, la série des Rougon-Macquart. Cette gigantesque fresque compte vingt volumes, qu’il écrit à raison d’un par an. Certains titres furent immortalisés par le cinéma, notamment : Nana, La Bête humaine, Gervaise (hé­roïne de L’Assommoir), et, plus récemment, Germinal. Aujourd’hui, le nom de Zola reste attaché au grand cycle romanesque qui marque son œuvre, et auquel il convient d’ajouter quelques textes de jeunesse comme Madeleine Ferat (1868). Mais le Zola romancier a tendance à éclipser, aux yeux de nos contemporains, l’imposante capacité créatrice du Zola auteur très éclectique qui n’a négligé aucun genre. Sa vocation d’écrivain naît avec la composition de vers romantiques : pages inattendues pour ceux qui ne discernent en Zola que le maître du naturalisme. Il a tout juste dix-huit ans quand il se lance dans la rédaction d’une comédie, Enfoncé le pion!, d’un drame en vers, Rollon l’archer et d’une tragédie en trois actes, Annibal à Capoue. Son goût pour la dramaturgie n’est pas un caprice de jeunesse. En effet, l’auteur se distinguera plus tard avec Les Héritiers Rabourdin (1874), Le Bouton de rose (1878), Renée, à partir de La Curée, deuxième roman des Rougon-Macquart paru en 1872 et un drame tiré de Thérèse Raquin en 1873 (roman écrit en 1867). Son attachement au théâtre pousse l’auteur à entamer, en 1876, une carrière de critique dramatique. Il se lance également dans un drame lyrique avec L’Attaque du moulin (1893), sur une musique de Bruneau. Zola col­laborera avec lui également pour Messidor (1897) et pour L’Ouragan (1901).  Il compose encore le livret de Lazare (1893) et celui de la féerie lyrique Violaine la chevelue (1896). Mais le théâtre de Zola ne représente encore que la partie cachée de l’iceberg car, il faut bien le constater, ce sont essentiellement ses romans qui contribuent, aujourd’hui, à assurer la permanence de sa célébrité. Toutefois, le lecteur contemporain connaît aussi le journaliste Zola.  On sait qu’il s’illustra dans de nombreux articles  pour ses prises de position, entre autres le célèbre “J’accuse”, publiés pour certains dans des recueils : Mes haines (juin 1866), Mon Salon (juillet 1866). Moindrement connu que le romancier, le nouvelliste s’illustre avec Les Esquisses parisiennes (1866), recueil de quatre nouvelles; Le Capitaine Burle (1882), qui comprend Comment on meurt; Naïs Micoulin (1883), qui compte six nouvelles; Angéline (1898); Comment on se marie paraît en 1893 dans Le Journal pour tous, qui est un supplément du quotidien Le Journal. Zola compose également des contes. On pense aux Contes à Ninon (1864). Ce monstre de la littérature décide, en 1866, de vivre exclusivement de sa plume. Sa production s’enrichit de chroniques parlementaires en 1871, de critiques littéraires qui se soldent, à partir de 1863, par des centaines d’articles publiés au Salut Public de Lyon, à l’Événement, au Figaro. En qualité de critique d’art, il se manifeste, notamment, par de célèbres articles sur Manet. Dans ce genre, on lui doit un texte qu’il consacra au Don Quichotte illustré par Gustave Doré. À tous ces talents, qui font de Zola un artiste fécond, accompli, connaisseur, et un formidable observateur de son temps, il convient d’ajouter celui de la photographie.   

"Comment on se marie" et "Comment on meurt" : des textes tirés de l’expérience 
L’expérience de la misère
Comme bien des écrivains, Zola puise en partie son inspiration dans le vivier de ses souvenirs. Quand nombre de ses personnages luttent contre les aléas d’une existence qui les malmène, Zola sait de quoi il parle car il a connu lui-même la misère. Son parcours du combattant débute à la mort de son père, François, le 27 mars 1847. Cet homme, ingénieur de son état, à l’esprit inventif, enthousiasmé par la technique, lègue à son fils le goût et le don de l’éclectisme, de la diversification. Émile garde de son père l’image d’un novateur. On en retrouvera la trace dans son œuvre, en particulier dans des personnages conquérants comme Saccard (L’Argent, 1891) ou Octave Mouret (Au Bonheur des dames, 1883). À côté de cette image triomphante, se profile celle, plus falote, de la vulnérabilité et du désarroi de l’adolescent face à l’implacable réalité, celle de la mort de son père. En marge du séisme affectif provoqué par cette déchirure précoce, le tout jeune homme se rend compte qu’il est trop faible pour prendre la relève de son père à la tâche, histoire d’assumer le quotidien. Mais le monde du travail a ses règles. Il ne suffit pas de vouloir y accéder, encore faut-il être apte. Il s’ensuit donc un désarroi social. La mort de François Zola plonge la famille dans le dénuement le plus absolu. Pour suivre ses études, notre futur écrivain doit obtenir des bourses qui lui permettent d’entrer au lycée d’Aix-en-Provence, ville où il vit de 1848 à 1853, et où il rencontre Cézanne. Puis, il s’installera à Paris. L’atmosphère étriquée des villes de province, et dont il s’est plaint, connaîtra des prolongements dans l’œuvre de Zola comme l’illustre Plassans (La Conquête de Plassans, 1874). La mère est une veuve de vingt-huit ans, d’origine modeste. Émile la suit d’appartement en appartement. Ceux-ci sont toujours plus exigus, toujours plus pauvres, dans des maisons ouvrières de la capitale qui restent à jamais gravées dans la mémoire du futur romancier. On en retrouvera le climat, l’écho des voix gouailleuses ou les odeurs, dans les corons de Germinal ou dans les logis miséreux de L’Assommoir : 
“C’était une masure de deux étages, peinte en rouge lie de vin jusqu’au second, avec des persiennes pourries par la pluie. Au-dessus d’une lanterne aux vitres étoilées, on parvenait à lire, entre deux fenêtres : Hôtel Boncœur, tenu par Marsoulier, en grandes lettres jaunes, dont la moisissure du plâtre avait emporté des morceaux. Gervaise, que la lanterne gênait, se haussait, son mouchoir sur les lèvres. Elle regardait à droite, du côté du boulevard Rochechouart, où des groupes de bouchers, devant les abattoirs, stationnaient en tabliers sanglants; et le vent frais apportait une puanteur par moments, un odeur fauve de bêtes massacrées.” (L’Assommoir, 1877)

Zola ne veut plus vivre à la charge de sa mère. Son premier emploi, aux Docks de la douane, mal rémunéré, lui fait découvrir la misère des petits employés qui ont tout juste de quoi vivre : 
“Dans la chambre pauvre, sous les rideaux fanés du lit, l’amour met comme un battement d’ailes.”  (Comment on se marie)

La misère fut le lot de l’enfance de Zola. D’ailleurs, adulte et intégré dans le monde du travail, il remboursera toute une partie de sa vie les dettes contractées par son père, puis par sa mère. C’est peut-être pour cette raison qu’il deviendra un véritable galérien de l’écriture, ce qui lui permettra de vivre en s’adonnant, grâce à un don prodigieux, à une activité pour laquelle il nourrit une réelle passion. Heureusement, Zola se forge des refuges avec la lecture de romans-feuilletons, celle des aventures de cape et d’épée, celle des œuvres de Dumas père, d’Eugène Sue, puis de Hugo, de Musset ou encore de Lamartine. Il aime à se retirer dans des coins de nature. Il trouve aussi son époque débordante d’espoirs et de promesses. Tout, difficultés ou enthousiasmes, est autant d’impressions vives qui se rivent dans l’imaginaire de l’écrivain et se décalquent par touches plus ou moins appuyées dans son œuvre d’un réalisme souvent considéré comme excessif :
“Il n’y a plus de chandelle. Dans sa hâte, elle frotte des allumettes, les casse entre ses doigts. Puis, de ses mains tremblantes, elle tâte le visage de l’enfant.
- Ah! mon Dieu! il est mort!... Dis donc, Morisseau, il est mort! Le père lève la tête, aveuglé par les ténèbres.
- Eh bien! que veux-tu? il est mort... Ça vaut mieux. Aux sanglots de la mère, Mme Bonnet s’est décidée à paraître avec sa lampe. Alors, comme les deux femmes arrangent proprement Charlot, on frappe : ce sont les secours qui arrivent, dix francs, des bons de pain et de viande. Morisseau rit d’un air imbécile, en disant qu’ils manquent toujours le train, au bureau de bienfaisance. Et quel pauvre cadavre d’enfant, maigre, léger comme une plume! On aurait couché sur le matelas un moineau tué par la neige et ramassé dans la rue, qu’il ne ferait pas un tas plus petit. Pourtant, Mme Bonnet, qui est redevenue très obligeante, explique que ça ne ressuscitera pas Charlot, de jeûner à côté de lui. Elle offre d’aller chercher du pain, de la viande, en ajoutant qu’elle rapportera aussi de la chandelle. Ils la laissent faire. Quand elle rentre, elle met la table, sert des saucisses toutes chaudes. Et les Morisseau, affamés, mangent gloutonnement près du mort, dont on aperçoit dans l’ombre la petite figure blanche.”
(Comment on meurt) 

Le journalisme : une prodigieuse école d’écriture  qui influence l’œuvre de Zola 
Le journalisme, pour Zola, ne représente pas une activité secondaire. Ses premiers articles datent de 1863. Mais sa carrière dans la presse débute vers 1865 lorsqu’il collabore au Petit Journal et au Salut public de Lyon. Elle se stabilise en 1866, au moment où il écrit dans L’Événement, travail qui lui rapporte enfin un salaire convenable jusqu’à la disparition du journal en 1867, année où Zola connaît à nouveau d’importantes difficultés matérielles. En effet, ses diatribes, ses prises de position, rendent frileux les directeurs de rédaction qui renâclent à l’engager dans leur équipe. Après une traversée du désert qui dure un an, Zola reprend le journalisme en collaborant à La Tribune, au Rappel, à La Cloche et en fondant La Marseillaise, quelques années plus tard, quotidien qu’il cède au bout de deux mois à Gustave Naquet. Pour Zola, le journalisme représente une prodigieuse école qui n’est pas sans enrichir son œuvre. D’une part, il aborde des sujets variés comme la critique littéraire, artistique, mais aussi les contes, les récits, les souvenirs, les faits divers qui le mettent en prise directe avec la réalité. D’autre part, il s’initie aux techniques d’écriture qui consistent à rédiger clairement, avec des phrases plutôt courtes et un vocabulaire accessible à tous. Il s’adresse au plus grand nombre, tout en suscitant l’intérêt du public, en piquant sa curiosité comme dans le passage suivant extrait de Comment on se marie : 
“Quant à Jules Beaugrand, il a les grandes visées de son père, la vanité d’une haute situation, le besoin d’un luxe princier. Malheureusement, il vient d’avoir trente ans, et il commence à se sentir médiocre. D’abord, il a rêvé la députation, les succès de tribune, un portefeuille de ministre à la première catastrophe gouvernementale. Mais, dans la parlotte de jeunes avocats où il s’est essayé à l’éloquence, il s’est découvert un bredouillement de langue intolérable, une paresse d’idée et de mots qui lui interdisent absolument les triomphes politiques.”  

Enfin, sur le plan personnel, Zola fait une vaste moisson de connaissances diverses, artistiques, politiques et sociales. C’est donc un homme très au fait des réalités de tous ordres qui écrit lorsqu’il commence ses romans. Républicain convaincu, il a maintes fois dénoncé l’étalage de luxe face à la misère ouvrière, aspect que l’on retrouve dans le passage suivant extrait de Comment on se marie : 
“Les jours de paie, quand le menuisier rentre soûl, les poches vides, le ménage s’allonge des claques, pendant que les mioches hurlent. Peu à peu, la femme s’habitue à aller chercher son homme chez le marchand de vin; et elle finit par s’attabler, elle prend sa part des litres, au milieu de la fumée des pipes.”  

Zola créateur a trempé sa plume dans l’encre du journalisme tout comme l’auteur de centaines d’articles qu’il était a exercé son style grâce à ses romans.       

L’écrivain-peintre 
Zola ne s’enferme pas dans une tour d’ivoire. Il fréquente les artistes de son temps, en particulier les peintres dont il apprend à connaître les luttes, tant sur le plan matériel que sur celui des écoles, c’est-à-dire des différences et des rivalités. Après avoir apprécié une peinture traditionnelle, celle de “l’idéal”, ses goûts évoluent vers le retour au romantisme avant de prendre le parti de ceux qui dérangent, comme Pissaro, Monet, Manet, Renoir ou bien Sisley, Fantin-Latour... Ce sont eux qui vont influencer les romans de Zola, dont L’Œuvre, le quatorzième volume de la série des Rougon-Macquart, le plus autobiographique sans doute, en constitue l’exemple le plus frappant, où le héros, Claude Lantier, incarne la difficulté de créer, celle de parvenir à réaliser la peinture rêvée. Mais l’influence des avant-gardistes du Second empire sur l’inspiration de Zola ne s’en tient pas là. L’auteur partage, avec les peintres, le goût pour les scènes de rue, de café, pour la nature : les bords de rivières ou de mer, la campagne, mais aussi pour les paysages urbains, ceux de Paris en particulier. C’est l’esthète, le romancier, le connaisseur de la peinture qui développe avec les mots ce que les peintres expriment avec des couleurs. D’ailleurs, ce qui caractérise son style, notamment dans Comment on meurt, c’est l’art particulier qu’il a de peindre ce qu’il décrit et de décrire ce qu’il peint :  
“Une simple haie entoure le cimetière. Des ronces ont poussé, où les gamins viennent, les soirs de septembre, manger des mûres. C’est un jardin en rase campagne. Au fond, il y a des groseilliers énormes; un poirier, dans un coin, a grandi comme un chêne; une courte allée de tilleuls, au milieu, fait ombrage, sous lequel les vieux en été fument leur pipe. Le soleil brûle, des sauterelles s’effarent, des mouches d’or ronflent dans le frisson de la chaleur. Le silence est tout frémissant de vie, la sève de cette terre grasse coule avec le sang rouge des coquelicots.”  (Comment on meurt)

Des récits selon les principes d’écriture de Zola 
Les tableaux littéraires de Comment on se marie et de Comment on meurt ressemblent davantage à des études qu’à des nouvelles. En effet, selon le principe de l’écrivain, il y a dans la création une volonté didactique et pédagogique. Ici, chacun de ses textes est situé dans un milieu précis, comme dans les Rougon-Macquart. On y retrouve le monde ouvrier, celui des commerçants, de la petite et de la haute bourgeoisie, et celui de la paysannerie. Chaque personnage est lié aux conditions que lui impose son “hérédité”, terme cher à Zola. C’est par l’origine des familles que Zola tente de comprendre et d’éclairer les différents visages que peut prendre la réalité. On sait que Zola ne se lançait pas dans l’écriture de ses romans sans avoir constitué, au préalable, ce qu’il est convenu d’appeler ses “dossiers préparatoires”. Il y plaçait des notes, fruits de son travail d’enquête, des réflexions théoriques ou critiques sur les personnages, des plans, des articles de presse, des bribes de conversation ou, tout simplement, des expressions prises sur le vif. Car il allait “sur le terrain”. Cette habitude du travail minutieux, cette observation attentive des diverses couches sociales ne sont pas sans retentissement dans Comment on se marie où l’on retrouve ce sens aigu de l’analyse de la société où, pour chacun de ces milieux, correspond une façon de choisir un conjoint, une forme de vie conjugale. C’est ainsi que, dans l’aristocratie par exemple, le mariage est l’alliance de deux grandes familles qui permet de briller dans le monde :
“La forte tête des La Roche-Mablon est une tante, la baronne de Bussière, une vieille dame remuante, lancée dans le monde académique et le monde politique. Dès que son neveu Maxime lui confie ses projets, elle s’écrie que, d’abord, il doit se marier, le mariage étant la base de toutes les  carrières sérieuses.”

Pour la bourgeoisie, le contrat de mariage tient une place de choix dans l’union des deux époux :
“Enfin, on a signé le contrat. Pendant la lecture, une discussion s’est élevée entre le célèbre Beaugrand et Desvignes. Mais Jules est intervenu, tandis que Marguerite écoutait, avec de grands yeux attentifs, toute prête à défendre d’un mot ses intérêts si elle les voyait compromis.” 

De la même manière, la mort de chaque individu est le prétexte à traduire ce qu’il fut de son vivant, la façon dont il a mené son existence. Elle dépend, selon Zola, des conditions biologiques et physiologiques de chacun. Dans Comment on meurt, l’auteur a choisi des cas isolés qui illustrent sa démonstration. C’est pourquoi l’on ne trouve pas, dans ces textes, de mort collective (guerre, catastrophe naturelle, endémie...). Zola lui préfère des morts naturelles reflétant un milieu social donné. Le petit Charlot incarne l’enfant mal nourri des familles ouvrières qui ne gagnent pas suffisamment pour vivre, ou que la gangrène du chômage réduit à une inactivité forcée. La commerçante phtisique, au destin éclipsé par le souci permanent du chiffre d’affaires, meurt discrètement. C’est l’âpreté au gain d’une petite bourgeoise besogneuse qu’il dépeint : 
“D’ailleurs, même dans son lit, Adèle s’occupe de son commerce. Elle suit la vente, demande chaque soir comment ça marche. L’inventaire l’in­quiète. Dès que son mari peut monter quelques minutes, elle ne lui parle jamais de sa santé, elle le questionne uniquement sur les bénéfices  probables.”  

Le paysan quitte le monde des vivants en silence, pendant que ses enfants sont aux champs, comme s’il ne fallait pas interrompre ou bousculer le rythme des travaux agraires : 
“C’est ce soir-là que les enfants, au retour de la moisson, trouvent Jean-Louis, mort, étendu sur le dos, raide et les yeux en l’air. - Oui, le vieux est mort, sans remuer un membre. Il a soufflé son dernier souffle droit devant lui, une haleine de plus dans la campagne. Comme les bêtes qui se cachent et se résignent, il n’a pas même dérangé un voisin, il a fait sa petite affaire tout seul.” 

Les textes de Zola se veulent expression de la vie, reproduction de la nature et de la vérité. L’écrivain devient le chef de file du naturalisme. Quand il définit le roman moderne, il applique à la création l’analyse qui est propre aux sciences naturelles. Ses maîtres sont les Goncourt, mais aussi Balzac, Stendhal et Flaubert. Il conduit sur l’homme une vaste enquête “scientifique”, s’inspirant de la méthode d’investigation des savants, en particulier de Claude Bernard, dont l’influence est à l’origine du roman expérimental. Zola, comme les scientifiques, veut élaborer des expériences, en déduire des résultats, des lois qui confirment l’hypothèse de départ. C’est en cela que Comment on se marie et Comment on meurt sont bien des études dans lesquelles on retrouve tous les principes d’écriture du romancier. En effet, les personnages suivent un destin déterminé en fonction de leurs conditions biologiques, sociales, génétiques qui leur sont propres, autour de deux moments majeurs dans une vie : le mariage et la mort. Mais dans sa volonté de placer la littérature au rang des sciences expérimentales, Zola n’a jamais négligé le style. Certes, le narrateur reste discret tout au long des textes pour ne pas en fissurer le réalisme. Le langage des personnages joue sur tous les registres sans la moindre fausse note pour indiquer le milieu auquel ils appartiennent. Mais malgré cet attachement à vouloir “photographier” le réel, à rendre vrai, Zola ne s’enferme pas dans le carcan du didactique. Il laisse, au contraire, s’exprimer librement son “tempérament” par des commentaires ou des métaphores qui personnalisent son œuvre. 
“Quand ils boivent un verre de vin, ils l’ont sué.”  (Comment on meurt)

Texte de Michel Dansel 
© Frémeaux & Associés/Groupe Frémeaux Colombini SA, 1999 

CHRONOLOGIE
1840  Naissance à Paris.
1843  Installation de sa famille à Aix-en-Provence. Le père de Zola est ingénieur. A ce titre, il dirige la construction du barrage destiné à alimenter la ville en eau.
1847  Mort de son père.
1852-1857  Etudes au collège d’Aix. Fait la connaissance de Cézanne.
1858  Quitte avec peine le Midi pour Paris.
1859-1861  Echoue au bac. Suivent deux années de bohème durant lesquelles il lui arrivera de travailler sur les docks. Dénuement et abattement moral.
1862  Commis chez Hachette puis au bout de quelques mois, chef de la publi­cité.
1863  Laisse la poésie pour des contes en prose.
1864  Lit beaucoup. Commence à publier des contes.
1865  Attire pour la première fois l’attention de la justice avec La Confession de Claude. La lecture de Germinie Lacerteux des Goncourt produit sur lui une influence qui va s’avérer durable.
1866  Quitte Hachette et devient chroniqueur littéraire. Fréquente les peintres. Publie Thérèse Raquin.
1869  Fait le plan des Rougon-Macquart, histoire d’une famille sous le second Empire : une sorte de pendant à la Comédie humaine de Balzac. Les titres paraissent en feuilleton puis en volume au rythme d’un par an.  La Fortune des Rougon, 1871.  La Curée, 1872.  Le Ventre de Paris, 1873, etc.
1877  L’Assommoir (scandale et succès).
1880  Nana (scandale et succès). Violente polémique autour du nom de Zola. Celui-ci se défend avec un certain sens du battage médiatique. Publie des textes théoriques comme Le Roman expérimental dans lesquels il définit le naturalisme (prolongement du réalisme avec des références scientifiques peu fondées).
1885  Germinal (comme précédemment scandale et succès). A ses détracteurs, Zola répond qu’il est resté en dessous de la vérité.
1898  Publication du célèbre “J’accuse” dans L’Aurore, journal dirigé par Clemenceau. Cette entrée tonitruante et courageuse dans l’affaire Dreyfus lui vaut une condamnation à une peine de prison et une amende. Exil en Angleterre.
1899  Retour en France.
1900  Evolue vers le socialisme. Amitié notamment avec Jaurès.
1902  Meurt dans des conditions mal élucidées. Les émanations du poële qui entraînèrent sa mort étaient-elles accidentelles ou provoquées?  Enterré au cimetière de Montmartre (près de la place Clichy). Les mineurs qui suivent son cortège crient Germinal, cri repris par la foule. Sur sa tombe, Anatole France, se référant à l’affaire Dreyfus dit qu’il “fut un moment de la conscience humaine”.  Six ans plus tard, ses cendres sont transférées au Panthéon. 

Ecouter EMILE ZOLA  COMMENT ON SE MARIE (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

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ADOLPHE - BENJAMIN CONSTANT
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Enregistrement historique de 1955 par Jean Debucourt sur 2 CD.

Avec Adolphe, Benjamin Constant...

MARCEL PROUST - À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU - L’ESSENTIEL EN 25CD
     MARCEL PROUST - À LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU - L’ESSENTIEL EN 25CD
Pour la première fois, un éditeur propose l’essentiel de l’oeuvre de Marcel Proust,...

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