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LA FEMME DE TRENTE ANS 
HONORÉ DE BALZAC
 










En quelques mots…
La Femme de trente ans n’est pas un “roman balzacien” traditionnel. Son premier titre Même histoire correspondrait mieux au dessein de Balzac de mettre en scène, sous des scénarios variés, un drame identique toujours recommencé : celui de la femme mariée au début du XIXe siècle. Voilà ce qui explique l’étrange composition de cette œuvre construite comme une mosaïque à partir de six nouvelles différentes qui seront progressivement réunies comme les différents chapitres d’un roman.  Cette “même histoire” est celle de la déception et du profond désenchantement d’une jeune femme mal mariée et privée du droit à l’émancipation et au plaisir. Balzac savait de quoi il parlait puisque sa plus jeune sœur, Laurence mourut à 23 ans dans la misère et le chagrin après un mariage en apparence brillant et honorable avec un certain M. de Montzaigle (le modèle de l’odieux d’Aiglemont du roman).  Julie, l’héroïne de cette histoire, s’aperçoit qu’à trente ans la femme – qui atteint sa “sommité poétique” – peut encore avoir “d’irrésistibles attraits pour un jeune homme”. Cependant, une fois “mariée, elle ne s’appartient plus, elle est la reine et l’esclave du foyer domestique”. Julie connaîtra néanmoins l’amour dont elle rêvait, mais elle ap­prendra aussi que toute passion interdite aux yeux du monde et de la  mo­rale se paie de souffrances infinies.  

La Femme de trente ans ou l’amour interdit 
La jeune Julie de Chatillonest, orpheline de mère, épouse en 1813 - contre l’avis de son père - son cousin le marquis d’Aiglemont, officier de cavalerie dans la Garde impériale. Elle comprend vite - mais malheureusement trop tard - sa tragique erreur. Son mari est en réalité un “séducteur de garnison”, un homme indélicat,  brutal et un mari infidèle.  Lors d’un séjour en Touraine chez la tante de son mari, la comtesse de Listomène-Landon, Julie s’aperçoit qu’elle est adulée par un Anglais, sir Arthur Ormond, docteur en médecine, futur lord Grenville. Après l’épisode des Cent-Jours, Julie rejoint son mari dans la capitale non sans remarquer que sa voiture est suivie par celle du mystérieux Anglais. À l’occasion d’une réception dans un salon parisien, Arthur propose au marquis d’Aiglemont de guérir sa femme de la maladie de langueur dont elle souffre. Le marquis accepte l’offre du médecin qui, après une année de soins assidus, parvient à guérir sa malade. Arthur possède toutes les qualités dont Julie a toujours rêvé. Au moment de se séparer, Julie et Grenville s’avouent enfin leur passion tout en décidant héroïquement de ne pas y succomber. Deux années plus tard, Grenville - incapable de résister à cette cruelle séparation - surprend Julie chez elle à la faveur d’une absence de son mari. Mais le retour précipité de ce dernier l’oblige à se cacher dans le cabinet de toilette puis à se réfugier “pendant toute une nuit sur l’appui extérieur d’une fenêtre pour sauver l’honneur de sa maîtresse”. Grenville mourra quelques jours plus tard des suite d’un refroidissement.  Meurtrie et inconsolable, regrettant de s’être soustraite au bonheur “afin d’obéir aux lois du monde”, la marquise se retire dans le vieux château de Saint-Lange situé sur l’une de ses terres non loin de Fontainebleau. Elle y vit cloîtrée, refusant toute visite en dehors de celle du curé de la paroisse qui ne parvient pas à apaiser ses souffrances ni même à lui rappeler ses devoirs maternels envers sa fille Hélène. Quelque temps après, Julie alors âgée de trente ans - “sommité poétique de la vie des femmes” - renoue avec les mondanités parisiennes et fait la connaissance du comte Charles de Vandenesse, un jeune et spirituel diplomate lassé des plaisirs factices d’une société qui ne vit que de “petites intrigues”. Spontanément, Charles est “profondément épris” par la beauté et par la grandeur d’âme de la marquise qui cède à ses instances. Ils auront ensemble trois enfants adultérins. 

Par “une belle matinée de printemps”, Julie, toute à son bonheur, se promène près de la Bièvre en compagnie de son amant, de sa fille aînée Hélène et de son petit frère Charles (fils de Vandenesse). La petite fille n’est âgée que de huit ans mais semble déjà aigrie contre sa mère et manifeste une forte jalousie à l’égard de son demi-frère qui est, à l’évidence, choyé par le couple illégitime. Dans un geste de révolte incontrôlée, Hélène pousse le petit garçon dans la rivière où il se noie.  Quelques années plus tard, d’autres enfants sont nés (dont on ne sait exactement s’ils sont de l’amant ou du mari) et la vie continue sans histoire, en apparence, mais Hélène maintenant âgée de seize ans se culpabilise en secret à cause du “crime” qu’elle a commis et ne parvient pas à refouler la haine qu’elle éprouve envers sa mère. Un soir de Noël, tandis que toute la famille veille au coin du feu dans une maison de campagne située près de Versailles, un inconnu frappe brutalement à la porte et demande asile au marquis d’Aiglemont devenu général. Surpris et subjugué par le regard de ce mystérieux inconnu, le marquis accepte d’accorder l’hospitalité à ce bandit poursuivi par les gendarmes. Il le cache dans une mansarde avant de découvrir qu’il s’agit d’un criminel qui a tué un procureur général trop docile (l’histoire se déroule sous la Restauration après l’épuration de 1816). Hélène voit en ce paria “vengeur” - qui se prénomme Victor, comme son père - l’homme que le destin lui désigne comme compagnon de vie. Elle s’enfuit avec cet aventurier.  Le malheur s’acharne alors sur la famille d’Aiglemont. Le marquis est ruiné à la suite de la faillite d’un agent de change. Il s’expatrie durant six ans en Amérique, refait fortune puis regagne la France sur un brick espagnol. À quelques lieues de Bordeaux, le brick est rattrapé par un vaisseau corsaire “parisien” nommé l’Othello. L’embarcation est rapidement envahie par les pirates et coulée corps et biens, à l’exception du père d’Hélène sauvé in extremis par le chef des corsaires qui n’est autre que… le mari d’Hélène. Cette dernière est ravie de retrouver son père auquel elle avoue vivre un parfait bonheur. Son ravisseur de mari - sorte de mercenaire au service de Bolivar - a son propre code de l’honneur. En adoration devant sa femme, il lui accorde une existence aussi luxueuse que possible : Hélène possède de nombreux bijoux, un piano à queue, des tableaux de maîtres. Après un trop bref entretien, elle doit dire adieu à son vieux père, non sans lui avoir donné beaucoup d’argent. Plusieurs années s’écoulent et le marquis d’Aiglemont s’éteint en 1833. À cette même date un naufrage met fin au bonheur d’Hélène qui s’était épanoui en marge des lois de la société. Rejetée à la côte, la femme du corsaire et son enfant meurent d’épuisement dans un hôtel basque où, par le plus grand des hasards… se trouvent précisément Julie, en vacances dans les Pyrénées, avec sa dernière fille Moïna.  En juin 1844, Julie d’Aiglemont avait environ cinquante ans “mais paraissait encore plus vieille que ne le comportait son âge véritable”. Ayant perdu ses deux fils (Gustave est mort du choléra et Abel a succombé “devant Constantine”), elle a reporté tout son amour sur sa fille adultérine Moïna à qui elle a légué tous ses biens et toute sa fortune. Mais la “mère coupable” n’a pas encore subi toutes les épreuves expiatoires. Moïna a épousé le comte de Saint-Héréen et l’honneur familial semble désormais sauf car “le monde de Paris est entraîné par un tel torrent d’événements, de modes, d’idées nouvelles, que toute la vie de madame d’Aiglemont devait y être en quelque sorte oubliée”. Mais ce serait sans compter sur le caractère de Moïna qui “à toutes les vanités de la petite-maîtresse joignait les capricieux vouloirs de l’enfant gâté”. Profitant d’une longue absence de son mari, Moïna devient la maîtresse d’Alfred de Vandenesse, un dandy corrompu et “roué” qui est le fils de Charles de Vandenesse, l’ancien amant de sa mère! Tandis que dans un suprême désespoir, Julie essaie d’empêcher ce nouveau coup du sort, Moïna lui lance effrontément cette réplique impertinente : “Je ne vous croyais jalouse que du père”. Cette fois, c’en est assez, Julie succombe sous le coup de cette ultime offense.  

Le mythe de “la femme de trente ans” 
“La Femme de trente ans”. Avec ce titre choc d’une œuvre en définitive assez baroque et parfois mélodramatique, que le grand public connaît généralement  fort peu, Balzac, une fois de plus - comme ce fut déjà le cas pour La Peau de chagrin - a fait mouche en “nommant” une réalité que personne avant lui n’avait perçue. Du même coup, il l’a fait exister. Désormais - et pour fort longtemps - on parlera de “la femme de trente ans” comme de Tartuffe, de l’Avare ou du Misanthrope. Les écrivains de génie sont des inventeurs. Sainte-Beuve lui-même - critique en son temps fort apprécié qui était, si l’on veut, le Bernard Pivot de l’époque - a lui-même  reconnu ce grand mérite d’un écrivain qu’il avait pourtant passé sa vie à détester. N’écrivit-il pas dans le journal Le Constitutionnel du 2 septembre 1850 (il est vrai qu’il s’agissait d’un article nécrologique “dégagé de tout ressouvenir personnel” mais, tout de même, c’était un bel hommage) : “La théorie de la femme de trente ans […], M. de Balzac en est l’inventeur, et c’est là une de ses découvertes les plus réelles dans l’ordre du roman intime. La clé de son immense succès était tout entière dans ce premier petit chef-d’œuvre. Les femmes lui passèrent ensuite bien des choses, et le crurent, en toute rencontre, sur parole, pour avoir, une première fois, si bien deviné”. Ce que Balzac a  bien perçu, c’est cette  vérité qu’il développe d’ailleurs dans son roman et que nous retrouvons ailleurs dans son œuvre (par exemple dans Une Fille d’Ève) que “chaque âge crée une nouvelle femme” et que “le cœur d’une femme de vingt-cinq ans n’est pas plus celui de la jeune fille de dix-huit ans, que celui d’une femme de quarante n’est celui de la femme de trente ans”. Cependant, comme le montre le chapitre central du roman intitulé À trente ans, Balzac avait bien l’intention d’insister tout particulièrement sur cette période de la trentaine où la femme atteint selon lui le summum de la féminité. Dans une étude littéraire de La Femme de trente ans, Brigitte Diaz a fort bien insisté sur l’importance du titre dont elle dégage toutes les implications : “[Ce] titre programmatique ne laisse guère de doute sur l’envergure de son objet : sans ambiguïté l’article défini nous prévient que c’est de toute “la femme” qu’il sera question ici. Même l’apparente restriction de champ à la trentaine s’annule, puisque, selon un narrateur expert, cet âge seul, “sommité poétique” d’une vie de femme, réalise une féminité jusqu’alors virtuelle” (Balzac, La Femme de trente ans, “une vivante énigme”, éd. Sedes). 

De son côté, Pierre Barbéris - éminent balzacien - s’est complu à critiquer, avec beaucoup d’humour, cette qualification d’“inventeur” : “Conformément à la tradition idéaliste, on a dit que Balzac avait “inventé” la femme de trente ans (comme Parmentier a inventé la pomme de terre, les Chinois la poudre, ou Pascal le divertissement) c’est-à-dire la femme qui, à trente ans, est encore “aimable” comme on disait au grand siècle ; la femme non pas mûre, mais mûrie ; plus riche, plus intéressante que la jeune fille ou la jeune mariée ; la femme “prolongée” jusqu’à un âge à partir duquel, d’habitude, elle sortait de la littérature et de la vie. Le mot “inventer” peut cependant ne pas être une sottise si on lui donne ici son sens étymologique : Balzac a, en effet, découvert, puis il a montré que la femme, au XIXe siècle, n’était plus la même, qu’elle avait changé.” (Préface à La Femme de trente ans, éd. Folio).  Au XIXe siècle, l’âge de trente ans n’était nullement anodin car il signifiait réellement pour une femme la fin de sa jeunesse insouciante. Comme Julie - l’héroïne du roman - à trente ans, la femme était généralement mariée et mère de famille et son avenir était le plus souvent définitivement scellé. Cette femme-là - tandis qu’elle se trouve dans la plénitude de son charme - doit désormais se consacrer exclusivement à ses devoirs conjugaux et à l’éducation de ses enfants. En dehors des soucis domestiques, elle ne jouit d’aucune liberté personnelle sauf, peut-être, dans certains milieux de la haute bourgeoisie ou de l’aristocratie, où elle avait la possibilité de “tenir salon”. Paradoxalement, les historiens ont constaté que sous la Monarchie de Juillet, la femme noble ou bourgeoise jouissait de moins de liberté individuelle que ses aïeules du temps de Louis XV, époque où régnait un certain libertinage. C’est ce que Balzac veut nous montrer lorsqu’il organise cette touchante rencontre entre la vieille comtesse de Listomère-Landon et la jeune mariée Julie d’Aiglemont. Fine mouche, celle qui fut sans doute, de son temps une femme “évoluée”, voire quelque peu légère, découvre le profond désespoir amoureux de Julie et son réel “désenchantement” (le mot est alors à la mode).

En épousant d’Aiglemont, ce “lansquenet” indélicat, rustre, infidèle, joueur, homme médiocre et grossier, Julie a dû dire adieu à ses rêves de jeune fille romantique et comprendre qu’elle devait renoncer désormais au bonheur tant espéré. La comtesse - âme délicate et compréhensive - comprend ce drame intime et décide de venir en aide à cette jeune femme de trente ans. Elle se propose de “convertir Julie aux doctrines monarchiques du siècle de Louis XV” et s’apprête à lui donner quelques recettes efficaces pour “mettre au pas” son rustre de neveu. Malheureusement sa mort prématurée interrompra ces beaux projets.  Mais en dehors de l’histoire personnelle de Julie, la figure de “la femme de trente ans” selon Balzac demeure de nos jours un mythe qui n’a pas perdu toute sa vérité. À condition toutefois de tenir compte de toutes les évolutions sociales, politiques, morales, médicales intervenues depuis 1830. Aujourd’hui, la femme de trente ans est devenue la femme de quarante ans et parfois plus. Mais certaines revendications sont toujours actuelles. Nombre de “talk-show” traitent régulièrement du problème de la liberté de la femme “d’un certain âge” et tout particulièrement de sa liberté sexuelle, de son droit au plaisir et à l’épanouissement personnel. Trop de femmes sont encore - en dépit de ce que l’on croit - réduites à de nouvelles formes d’esclavage domestique. Les désillusions du mariage et parfois les déceptions causées par des maternités non souhaitées ne sont pas exceptionnelles. La “femme de quarante ans” conserve encore tous ses désirs intacts, elle a toujours - comme au temps de Balzac - “d’irrésistibles attraits pour un jeune homme” et un bel avenir de bonheur devant elle. Le mythe balzacien aussi !  

Analyse de  La Femme de trente ans 
Tout lecteur quelque peu familiarisé avec le roman balzacien ne manque pas d’être surpris lorsqu’il découvre La Femme de trente ans. Ce titre clé, qui lui laissait espérer une analyse de la psychologie féminine à un âge déterminé (la trentaine vers 1830), ne semble pas tenir ses promesses; sauf, peut-être, si l’on excepte l’épisode central précisément intitulé À trente ans.  Le lecteur avisé s’aperçoit bien vite que le roman suivi auquel il s’attendait se compose en réalité d’une suite d’histoires non reliées entre elles et dont chacune forme un tout indépendant ayant son unité propre avec un début, un développement et une fin. Bref, l’ensemble de l’œuvre ne correspond nullement à ses attentes et ce qui prédomine au fil de la lecture, c’est l’impression d’un puzzle, d’une mosaïque, d’un assemblage quelque peu hétéroclite ou plus exactement, pour emprunter le lan­gage cinématographique, d’un mauvais montage. Tout au plus pourrait-on dire - en simplifiant de façon caricaturale - qu’il s’agit d’une suite de variations sur le thème de la femme mal mariée avec l’évocation des causes et des conséquences tragiques de cette situation que Balzac s’emploie à décrire comme résultant de la société bourgeoise issue de la Révolution dans laquelle la situation de la femme demeure - en dépit de ce que l’on pouvait espérer - celle d’une esclave soumise au despotisme de maris rustres, volages et joueurs, aux astreintes de la maternité et aux soucis domestiques quotidiens. Dans ces conditions, il est inévitable que la plupart des femmes, déçues dans leurs rêves de jeune fille consument irrémédiablement leur beauté, leur énergie et leur enthousiasme dans une vie conjugale morne et insipide qui est vécue, à la longue, comme “une longue douleur”. Quelques-unes d’entre elles conservent néanmoins, tout au fond de leur cœur, la nostalgie d’un amour pur et romanesque. Mais la religion, le sens du devoir et le respect des bonnes mœurs s’opposent à toute velléité de bonheur. Si certaines épouses, profondément désabusées comme Julie d’Aiglemont, l’héroïne du roman, s’exposent, sous la pression de circonstances fortuites, à braver les interdits, et cèdent, après bien des résistances, à la tentation, elles sont immédiatement punies par un destin impitoyable qui les broie moralement et physiquement en s’acharnant sur ce qu’elles ont de plus cher : leurs amants, leurs enfants, leur famille. Se sentant à la fois “victimes” et “coupables” elles sont condamnées à une lente et douloureuse agonie.  Le grand mérite de Balzac est d’avoir mis en lumière ce grave problème de société que les écrivains romantiques, pénétrés de l’idéologie bourgeoise du “progrès”, faisaient mine d’ignorer. 

On s’interroge cependant pour comprendre les raisons qui ont poussé “l’historien des mœurs” à rompre avec la forme habituelle du roman - précisément qualifié de “balzacien” - dont on peut dire qu’il était l’inventeur et qui aboutissaient presque toujours à un texte parfaitement circonstancié, lisse, cohérent, et unifié.  La Femme de trente ans est donc comparable à une sorte de patchwork rapsodique dont les carreaux grossièrement recousus et mal assortis forment un tissu rapiécé, tant sont nombreuses les incohérences psychologiques, les dysfonctionnements chronologiques, les mélanges des genres mais aussi les lacunes, les invraisemblances, les outrances et les ruptures de composition.  Il serait aisé de détailler les multiples exemples d’étrangetés et de contradictions internes qui foisonnent dans cette œuvre. Nous épargnerons à nos lecteurs le détail fastidieux de ces “erreurs” soigneusement répertoriées par les spécialistes mais qu’ils découvriront eux-mêmes sans difficulté. Il s’agit essentiellement de mauvais “raccords” chronologiques (l’héroïne ayant rajeuni - au lieu de vieillir - d’un chapitre à l’autre, d’incohérences psychologiques, de changements brutaux de genres littéraires (on passe de la plus fine analyse psychologique au mélodrame le plus débridé, du roman d’aventure au “roman noir” voire au mélodrame du plus mauvais goût), d’aberrations psychologiques et même de contradictions dans le contenu même de l’histoire.  Cependant, il est un fait incontestable qui devrait fortement nous intriguer. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Balzac a énormément travaillé à l’élaboration du texte définitif de cette œuvre commencée en 1830 et achevée seulement en 1842 dans l’édition définitive. Ainsi lui aura-t-il fallu douze ans (voire davantage puisque Balzac, porte officiellement au bas de la dernière édition les dates jalons de 1828-1844) pour mettre au point cette œuvre composée laborieusement, à force d’imagination, de réflexion, de réécritures, d’ajouts, de suppressions, de corrections, de classements différents… Douze ou quatorze ans pour parvenir à une version -  toujours fragmentaire et imparfaite - de ce “roman” qui - une fois achevé - ne le satisfaisait pas entièrement. N’écrivait-il pas à Mme Hanska en 1843 à propos de l’épisode du “capitaine parisien” (seconde partie du chapitre Les Deux Rencontres) : “J’ai maintenu une œuvre indigne de cette œuvre, qui est à remplacer en entier, à remplacer par autre chose, je l’ai vu. Mais il fallait paraître, et je n’ai pas eu le temps de refaire ce mélodrame indigne de moi. Mon cœur d’honnête homme en saigne encore”...

Connaissant le perfectionnisme de Balzac et son souci extrême de précision et de réalisme, on est en droit de s’interroger pour tenter d’expliquer cette étrange “exception” de La Femme de trente ans. On pourrait d’abord rappeler la manière dont Balzac travaillait le plus souvent. En règle générale l’étude génétique des œuvres nous révèle qu’il y a peu de “pertes” dans la production balzacienne. L’auteur s’efforçait toujours de “récupérer” ses textes pour les publier dans les nombreuses revues auxquelles il collabora après 1830 lorsqu’il s’adonna pleinement au journalisme.  C’est ainsi que parurent les embryons de la future Femme de trente ans, à savoir notamment deux extraits respectivement intitulés : Une vue de Touraine (dans La Silhouette du 11 février 1830) et La Dernière Revue de Napoléon (dans La Caricature, du 25 novembre 1830). Ces deux extraits regroupés seront publiés l’année suivante sous le titre Le Rendez-vous (dans La Revue des deux Mondes, 15 septembre et 1er octobre 1831). Ils formeront le début du roman que nous connaissons aujourd’hui sous le titre Premières fautes). Deux autres épisodes essentiels du roman verront le jour dans des revues : Les Deux rencontres (dans La Revue de Paris, les 23 et 30 janvier 1831) puis, le mois suivant, Le Doigt de Dieu (Revue de Paris du 27 mars 1831) et encore La Femme de Trente ans (dont le titre définitif sera À trente ans, dans la Revue de Paris du 29 avril 1832). Nous avons déjà là l’essentiel du roman à l’état d’esquisse.  La première publication en librairie verra le jour en 1832 dans le tome IV (dernier volume de la seconde édition des Scènes de la vie privée publiée chez Mame et Delaunay-Vallée, le 26 mai 1832. Mais l’ordre des chapitres ne correspond pas encore à la disposition définitive. On y trouve successivement : Le Rendez-vous [Premières fautes], La Femme de trente ans [À trente ans], Le Doigt de Dieu, Les Deux Rencontres [complété par un petit texte moralisateur et édifiant intitulé Enseignement], L’Expiation [texte inédit qui conclura le roman sous le titre La Vieillesse d’une mère coupable]. Dans cet état, le livre peut difficilement passer pour un roman. C’est encore une suite de nouvelles mais dans la suite desquelles il est possible de découvrir une sorte de “fil rouge” : car la disposition s’ordonne cette fois selon l’âge des différentes héroïnes : avant trente ans, à trente ans, après t rente ans et jusqu’à la mort. L’âge-pivot, on l’a remarqué, est bien la trentaine. 

Balzac ne veut cependant pas se résigner à “fondre” le tout, malgré l’insistance de l’éditeur qui se trouve dans l’obligation de justifier ce qui passait pour une faiblesse de composition par la note suivante : “J’avais prié l’auteur d’intituler ce dernier volume : Esquisse d’une vie de femme, trouvant, dans l’ensemble et le caractère des cinq épisodes qui le composent, un plan suivi, un même personnage déguisé sous des noms différents, une même vie saisie à son début, conduite à son dénouement et représentée dans un grand but de moralité. Mais, soit que l’auteur n’ait pas voulu se défier de l’intelligence des lecteurs choisis auxquels il s’est constamment adressé; soit qu’il ait eu des pensées plus artistes, en ne coordonnant point avec régularité les effets de cette histoire ; soit qu’il ait trouvé son idée première suffisamment révélée ou plus poétique au milieu du vague dont elle s’enveloppe, il a refusé d’adopter mon amendement commercial et ne m’a laissé que la faculté de publier cette note. Elle donne à chacun la liberté d’interpréter l’ouvrage à son gré.” On laisse donc au lecteur le soin de résoudre l’énigme posée par l’attitude d’un auteur récalcitrant.  Il faudra attendre deux ans pour qu’enfin Balzac se décide - sans doute de mauvais gré et sous la pression des lecteurs toujours réticents et déroutés - à unifier enfin son ouvrage grâce à deux modifications majeures : les cinq nouvelles précédentes sont enfin réunies sous le titre commun de Même histoire (dans Les Études de mœurs, qui constituent la première édition collective de ses Œuvres, chez Mme Charles-Béchet, 1834). Un nouveau classement est adopté, cette fois définitif (c’est celui que nous connaissons, à quelques détails près, dans le libellé des titres. Balzac ajoute aux cinq nouvelles précédentes Souffrances inconnues (cet épisode inédit est écrit par nécessité). En effet, on comprendrait mal comment l’héroïne après avoir refusé l’adultère et à la suite de la mort héroïque de son amant de cœur cèderait aussi légèrement à l’amour de Charles de Vandenesse sans avoir fait au moins ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui “le travail du deuil”! Balzac juge donc indispensable d’ajouter une sixième nouvelle entre le Rendez-vous [Premières fautes] et À trente ans [La Femme de trente ans]. Voici ce qu’il écrit à Mme Hanska pour justifier cette nouvelle partie qui lui a coûté beaucoup d’efforts mais qui demeure à elle seule un véritable chef-d’œuvre : “Vous lirez Souffrances inconnues, qui m’ont coûté 4 mois de travaux; elles ont 41 pages ; je n’ai pas écrit deux phrases par jour. C’est un horrible cri, sans éclat de style, sans prétention au drame… C’est à faire frémir tant cela est vrai. Jamais je n’ai été tant remué par une œuvre” (26 août 1834). 

Pourtant, Balzac ne se résout pas encore à donner un même nom aux diverses héroïnes de son livre. Il s’en explique par une note à ses lecteurs : “Plusieurs personnes ont demandé si l’héroïne du Rendez-vous [Premières fautes], de La Femme de trente ans [À trente ans], du Doigt de Dieu, des Deux Rencontres et de L’Expiation [La Vieillesse d’une mère coupable], n’était pas, sous divers noms, le même personnage. L’auteur n’a pu faire aucune réponse à ces questions. Mais peut-être sa pensée sera-t-elle exprimée dans le titre qui réunit ces différentes Scènes. Le personnage qui traverse pour ainsi dire les six tableaux dont se compose Même histoire n’est pas une figure; c’est une pensée.  Plus cette pensée y revêt de costumes dissemblables, mieux elle rend les intentions de l’auteur. Son ambition est de communiquer à l’âme le vague d’une rêverie où les femmes puissent éveiller quelques-unes des vives impressions qu’elles ont conservées, de ranimer les souvenirs épars dans la vie, pour en faire surgir quelques enseignements”. Passons sur d’autres modifications dont l’ajout d’une partie (La vallée du torrent) au chapitre Le Doigt de Dieu. La mise au point est définitive en janvier 1836.  Trois rééditions auront lieu en 1837, 1839 et 1842. La seule modification d’importance (avec l’unification des noms des personnages) sera le choix du nom de Julie d’Aiglemont comme unique héroïne du roman (mais seulement in fine, en 1842!) dans le roman qui prend enfin son titre actuel de La Femme de trente ans. Ce roman figure dans le troisième volume de La Comédie humaine, dans les Études de mœurs.  À partir des résistances successives de Balzac de 1832 (par l’intermédiaire de la note de son éditeur), puis de 1834 (grâce à la note rédigée de sa main), mais aussi par le refus de faire concorder des dates qui permettraient d’obtenir une histoire unifiée et chronologiquement rigoureuse, et encore par la juxtaposition de nouvelles qui n’appartiennent pas au même genre littéraire, Balzac a clairement signifié qu’il ne s’agissait pas de négligences ni de maladresses de sa part mais bien d’une volonté délibérée d’inaugurer une sorte de composition nouvelle, différente de celle du roman traditionnel, afin de laisser au lecteur (et surtout aux lectrices) une marge d’indétermination et de liberté pour projeter leurs propres rêves en fonction des leurs expériences intimes et particulières. 

Balzac voulait nous laisser la part  du rêve. C’est ce que n’ont pas vu les lecteurs de son temps mais que nous sommes à même de mieux comprendre grâce aux nouvelles théories sur l’œuvre ouverte et à l’écriture des écrivains contemporains qui considèrent que le lecteur détient lui aussi un pouvoir d’invention et de création au même titre que l’auteur.  Comme tous les génies, Balzac était un précurseur incompris. À vrai dire, il y aurait lieu de pousser ici l’analyse afin de montrer que Balzac a sans doute été le premier écrivain à percevoir ce que serait l’art moderne qui “introduit des modules de désordre orga­nisé à l’intérieur d’un système pour en, accroître la possibilité d’information” (Umberto Eco, L’Œuvre ouverte).  En outre, comme on l’a vu au cours de la genèse du roman, les “ruptures partielles instaurent un nouvel ordre”; mieux encore :la disposition relative des différents modules est interchangeable : on peut donc effectuer des lectures plurielles en introduisant chaque fois des sens nouveaux.  L’esthétique absolument unique en son temps - et absolument incomparable - de La Femme de trente ans a été, sans aucun doute, expressément voulue par Balzac afin de faire surgir, grâce à l’ambiguïté même de l’écriture et de la composition, une richesse infinie des sens poétiques pour nous faire éprouver, conformément à son intention première, une immense et “vague rêverie”.   
Michel Pougeoise  
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001   

CHRONOLOGIE DÉTAILLÉE DE LA VIE DE BALZAC 
1799 
- 20 mai : naissance d’Honoré Balzac à Tours, rue de l’Armée d’Italie (actuelle rue Nationale). 
- L’enfant est mis en nourrice à St-Cyr-sur-Loire.   

1800 
- 29 septembre : naissance de Laure-Sophie Balzac qui rejoint son frère en nourrice. Elle sera toujours une confidente attentionnée. Laure épousera en 1820 Eugène Surville, ingénieur des Ponts et Chaussées et vivra jusqu’en 1871. Elle rédigera une biographie de Balzac.   

1802 
- 18 avril : naissance de Laurence Balzac. Elle épousera en 1821 Amand-Désiré Michaut de Saint-Pierre de Montzaigle qui la rendra très malheureuse. Elle mourra en 1825 dans la misère et pratiquement sans secours maternel.   

1803 
- Premier voyage d’Honoré à Paris chez ses grands-parents Sallambier (quartier du Marais).   

1804 
- Balzac est élève (externe) à la pension Le Guay, rue de la Scellerie, à Tours jusqu’en 1807.   

1807 
- Balzac est placé comme pensionnaire au collège de Vendôme où il restera jusqu’en 1813. Sa mère ne viendra le voir que très rarement (deux fois seulement, selon Balzac, qui exagère sans doute un peu). 
- 21 décembre : naissance de Henry-François Balzac (vraisemblablement fils naturel de M. de Margonne, propriétaire du château de Saché). Honoré souffrira longtemps de la préférence de sa mère pour Henry (qui est peut-être “l’enfant de l’amour” dans La Femme de trente ans). Henri mourra misérablement à Mayotte en 1858. 

1813 
- 22 avril : Balzac quitte le collège de Vendôme.  
- Il étudie quelque temps à Paris (Institution Ganser) tout en suivant les cours du collège Charlemagne. 

1814 
- Juillet à septembre : Balzac redouble sa troisième au collège de Tours.  
- Dès l’automne toute la famille s’installe à Paris. 

1815 
- Mars à juin : Balzac est pensionnaire (durant les Cent-Jours) chez le royaliste Lepître (Paris).  
- Septembre : Balzac est de nouveau pensionnaire chez Ganser et suit des cours de rhétorique au collège Charlemagne. 

1816 
- Fin des études secondaires.  
- Balzac travaille comme clerc chez l’avoué Guillonnet-Merville.  
- 4 novembre : inscription à la Faculté de Droit. Balzac suit des cours à la Sorbonne et au Muséum. 

1817 
- Deuxième année de droit.  
- Balzac est toujours clerc chez Guillonnet-Merville.  

1818 
- Balzac est clerc de notaire chez Me Victor Passez.  
- Troisième année de droit.  
- Balzac écrit un essai sur L’immortalité de l’âme. 

1819 
- Janvier : Balzac obtient son bac de droit.  
- Durant l’été, il quitte l’étude de Me Passez et renonce au notariat pour se destiner à la littérature.  
- Le 4 août, il s’installe dans une mansarde, 9 rue Lesdiguières, près de l’Arsenal (voir La Peau de chagrin). Lectures intensives dont Descartes, Malebranche.  
- Projets de pièces de théâtre : Le Corsaire (opéra-comique), Sylla (tragédie).  
- Balzac commence à rédiger une tragédie intitulée Cromwell.   

1820 
- Balzac achève son Cromwell (tragédie en 5 actes et en vers) mais l’œuvre est mal accueillie par son entourage et discréditée par les critiques qui la jugent “détestable”.  
- Septembre : Balzac tire le “bon numéro” qui le dispense du service militaire.  
- Ébauches : Agathèse (roman médiéval inspiré de W. Scott) qui deviendra Falthurne (inachevé).  
- Début de Sténie ou les Erreurs philosophiques.   

1821 
- Balzac réside dans sa famille à Villeparisis.  
- Balzac commence à rédiger L’Héritière de Birague et Clotilde de Lusignan.  
- Séjour en Touraine.  
- Balzac écrit : Jean-Louis.   

1822 
- Balzac fait paraître sous divers pseudonymes ses premiers romans (qui seront appelés plus tard “romans de jeunesse”) dont les plus connus sont : L’Héritière de Birague (signée lord R’Hoone, anagramme d’Honoré), Jean-Louis, Clotilde de Lusignan (Lord R’Hoone), Le Centenaire, Le Vicaire des Ardennes (signé Horace de St-Aubin).  
- Début de la liaison avec Mme de Berny prénommée Laure, et surnommée la “Dilecta”. Elle fut pour Balzac une maîtresse attentionnée et entièrement dévouée à son génie. Elle mourra en 1836.  

1823 
- Juillet à septembre : séjour en Touraine (Vouvray, Saché, Tours). 
- Mai : La Dernière fée (Horace de Saint-Aubin). 
- Rédaction de Fœdora (poème) et d’un Traité de la prière.  

1824 
- Collaboration à plusieurs journaux : Le Feuilleton littéraire, la Lorgnette. 
- Balzac loue un appartement 2, rue de Tournon. 
- Février : Balzac écrit sous l’anonymat Du Droit d’aînesse.  
- Avril : Histoire impartiale des Jésuites (sous l’anonymat). 
- Mai : Annette et le criminel signé Horace de St-Aubin (roman qui deviendra, en 1836, Argow le pirate).  
- Novembre : 2ème édition de La Dernière fée. Nouveau Falthurne (inachevé). L’Excommunié.  
- Profond découragement : Balzac ne veut plus écrire.   

1825 
- Balzac se lance dans l’édition. 
- Édition des œuvres complètes (“compactes”) de Molière et de La Fontaine.  
- Été : liaison avec la duchesse d’Abrantès (1784-1838) qui a quinze ans de plus que lui et qui l’initiera à l’histoire de la Révolution et de l’Empire. Laure d’Abrantès est la veuve de Junot. Elle a connu Murat et Metternich. Balzac l’aidera à rédiger ses célèbres Mémoires. 
- Balzac publie Le Code des honnêtes gens (anonymat).  
- Première Physiologie du mariage.  
- Première édition de Wann-Chlore (dans l’anonymat). Le roman s’intitulera Jeanne la pâle en 1836 (réédition signée Horace de Saint-Aubin).  

1826 
- Balzac achète l’imprimerie de Jean-Joseph Laurens.  
- Balzac obtient son brevet d’imprimeur (1er juin).  
- Les affaires marchent mal.  

1827 
- Balzac crée une société pour l’exploitation d’une fonderie de caractères.  
- Collaboration à différents travaux de librairie.   

1828 
- Désastre commercial.  
- Balzac s’installe 1, rue Cassini (près de l’Observatoire). 
- avril : Balzac abandonne la fonderie qu’il cède à Alexandre de Berny (fils de son amie).  
- Août : liquidation onéreuse de l’imprimerie (60.000 F de dettes dont 50.000 envers sa famille). 
- Septembre-octobre : séjour à Fougères. Ébauche du roman historique Le Gars.   

1829 
- Amitié avec Zulma Carraud qui sera toujours pour lui une excel­lente conseillère.  
- Balzac publie pour la première fois sous son nom Le Dernier Chouan ou La Bretagne en 1800 qui s’intitulera finalement Les Chouans.  
- La Physiologie du mariage (“par un jeune célibataire”). Cet essai le rendra célèbre et lui vaudra la sympathie des femmes.  
- Balzac commence à rédiger une série de nouvelles qui figureront dès 1830 dans les Scènes de la vie privée (El Verdugo, Le Rendez-vous [premier épisode de La Femme de trente ans], Le Bal de Sceaux).  

1830 
- Intense activité journalistique et littéraire. Balzac se lie d’amitié avec Émile de Girardin et crée avec lui un journal : Le Feuilleton des journaux.  
- Période de Bohème littéraire. 
- Collaboration au Feuilleton des journaux politiques, La Silhouette, Le Voleur, La Caricature, La Mode, La Revue des deux mondes où il publie des nouvelles et des fragments de ses romans (El Verdugo,- L’Usurier.- Étude de femme.- Les Deux rêves. - L’Élixir de longue vie.- Une passion dans le désert.- Le Petit souper).  
- Publie en avril Les Scènes de la vie privée (six nouvelles, en deux volumes, sous son nom). Ces Scènes comprendront quinze nouvelles dans leur réédition en quatre tomes en 1832.  
- Brève liaison avec Olympe Pélissier (qui épousera Rossini).  

1831 
- Balzac fréquente les salons littéraires parisiens : le baron Gérard, Mme Ancelot, Olympe Pélissier. 
- Il rencontre Rossini, le docteur Véron (directeur de l’Opéra), le duc Fitz-Jammes (chef du parti néo-légitimiste), Jules Sandeau, George Sand, la marquise de Castries dont Balzac va s’éprendre.  
- Séjour à la Bouleaunière avec Mme de Berny, puis à Saché, Châtellerault, Angoulême, Tours. 
- Balzac est tenté par une carrière politique (désir éphémère). 
- Collaboration à diverses revues. 
- 1er août : publication sous son nom de La Peau de chagrin “roman philosophique” qui connaît immédiatement un immense succès.  
- Septembre : seconde édition de La Peau de chagrin sous le titre : Romans et contes philosophiques (en trois volumes car Balzac adjoint à son roman douze autres récits).   

1832 
- En mars, Balzac reçoit d’Odessa une lettre de la comtesse Ève Hanska surnommée “L’Étrangère”. (1805-1882). Mme Hanska est mariée à Venceslas Hanski riche propriétaire en Ukraine.  
- Séjours près de Chantilly avec Mme de Berny, à Saché (juin-juillet) où il rédige Louis Lambert puis à Angoulême chez les Carraud (août). Il s’empresse de retrouver Mme de Castries à Aix-les-Bains mais en dépit de ses assiduités et de son  ralliement au parti légitimiste, il connaît avec la marquise une vive déception amoureuse.  
- Retour à la Bouleaunière près de Mme de Berny (octobre) puis à Paris (décembre).  
- Nombreuses publications dans différentes revues dont des essais politiques. Parution en avril dans la Revue de Paris du chapitre 3 de La Femme de trente ans : À trente ans. Puis, en mai,  publication en librairie du tome IV des Scènes de la vie privée contenant cinq nouvelles du futur roman La Femme de trente ans.  
- Contes bruns (en collaboration) et Contes drolatiques (1er dixain), début de publication de La Duchesse de Langeais (chap. I et II) sous le titre Ne touchez pas à la hache. 

1833 
Publication d’œuvres importantes (contrat signé pour les Études de mœurs au XIXe siècle) : Louis Lambert, Le Médecin de campagne, Eugénie Grandet, l’Illustre Gaudissart.

1834 
- Balzac ébauche le plan de son œuvre en trois grandes parties (Études de mœurs, Études philosophiques, Études analytiques).  
- Séjour à Genève auprès de Mme Hanska (depuis le 24 décembre 1833 jusqu’au 8 février 1834).  
- Publication du début du Père Goriot rédigé à Saché; quelques Scènes de la vie parisienne (dont l’Histoire des Treize), fin de publication de La Duchesse de Langeais ; tome 4 des Scènes de la vie privée (Même histoire regroupe les cinq nouvelles de 1832 qui figureront dans La Femme de trente ans); La Recherche de l’Absolu.  
- Invention du retour des personnages.  

1835 
- Séjour chez Mme de Berny (très malade) puis Balzac se rend à Vienne où il retrouve Mme Hanska.  
- Liaison avec la comtesse Guidoboni-Visconti (rencontrée l’année précédente lors d’une réception à l’ambassade d’Autriche). 
- Balzac devient propriétaire du journal politique et littéraire La Chronique de Paris.  
- Fin de publication du Père Goriot et début de publication du Lys dans la vallée; publication de Melmoth réconcilié, La Fleur des pois, Séraphîta.

1836 
- Voyage en Italie (Turin). 
- Liquidation de La chronique de Paris.  
- Séjour à Saché où Balzac commence la rédaction d’Illusions perdues. 
- Mort de Mme de Berny (27 juillet à La Bouleaunière). 
- Publication dans La Presse d’Émile de Girardin de La Vieille fille (premier “roman feuilleton”); Facino Cane (publié dans La Revue de Paris).   

1837 
- Second voyage et long séjour en Italie (février-avril) : Milan, Venise, Gênes, Livourne, Florence, Bologne…).  
- Achat d’une maison à Sèvres, aux Jardies. 
- Publications : 1re partie d’Illusions perdues; vol. 4 des Scènes de la vie privée (où figure Même histoire quelque peu remaniée), César Birotteau ; Facino Cane (paraît pour la première fois en librairie); La Femme supérieure [Les Employés], Gambara.   

1838 
- Balzac se rend durant une semaine à Nohant chez George Sand qui lui suggère le thème de Béatrix.  
- Installation à Sèvres, aux Jardies. Adhésion à la Société des gens de lettres où son rôle est déterminant.  
- Voyage en Sardaigne à la recherche de mines argentifères. 
- En juin, mort de la duchesse d’Abrantès. 
- Publication de La Maison Nucingen; rédaction du début de Splendeurs et misères des courtisanes (publié sous le titre La Torpille).   

1839 
- Balzac devient Président de la Société des gens de lettres. Il reçoit Hugo aux Jardies.  
- Présentation de sa candidature à l’Académie française puis retrait en faveur de Victor Hugo (qui n’est pas élu).  
- Nombreuses publications : Début des deux romans Le Curé de village et Petites misères de la vie conjugale, Le Cabinet des antiques, Illusions perdues (2e partie publiée sous le titre Un grand homme de province à Paris, Une fille d’Ève ; Béatrix ou les Amours forcés.   

1840 
- Balzac trouve le titre définitif de son œuvre : La Comédie humaine.  
- Création de Vautrin à la Porte-Saint-Martin, pièce refusée le lendemain par le ministre de l’intérieur. 
- Saisie des Jardies. Balzac loue un appartement à Passy (l’actuelle “Maison de Balzac”, rue Raynouard.  - Publication de Pierrette en feuilleton (Le Siècle); Vautrin; Une princesse parisienne [Les Secrets de la princesse Cardigan] et diverses autres œuvres mineures dont rois nouveaux chapitres des Petites misères de la vie conjugale et Les Fantaisies de Claudine [Un Prince de la Bohème].   

1841 
- Contrat pour la publication des Œuvres complètes sous le titre définitif de La Comédie humaine.  
- Nombreuses parutions en feuilletons : Une ténébreuse affaire, Ursule Mirouët, Mémoires de deux jeunes mariés [1re et 2e partie], La Fausse Maîtresse.  
- Publication en librairie : Le Curé de village (2 vol.). 
- Mort du comte Hanski en Ukraine.   

1842 
- Balzac produit au théâtre de l’Odéon Les Ressources de Quinola. La pièce est mal reçue par la critique et par le public. Échec financier.
- Parution d’Albert Savarus, Les Deux frères [La Rabouilleuse], Le Danger des mystifications [Un début dans la vie]. 
- Première publication sous son titre définitif de La Femme de trente ans (où Julie d’Aiglemont devient l’unique héroïne du roman) dans le troisième volume de la Comédie humaine (Études de mœurs, Scènes de la vie privée).   

1843 
- Séjour (juillet-octobre) à Saint-Pétersbourg. Balzac revoit (après huit ans d’attente) Mme Hanska devenue veuve.  
- Publication de Splendeurs et misères des courtisanes (2e partie), David Séchard ou les souffrances de l’inventeur (dernière partie d’Illusions perdues), Honorine, La Muse du département, Madame de la Chanterie [fragments de L’Envers de l’histoire contemporaine].   

1844 
- La santé de Balzac s’altère. 
- Parution de Modeste Mignon (en feuilleton), Gaudissart II, Les Paysans (1re partie), Les Petits Manèges d’une femme vertueuse (dernière partie de Béatrix).   

1845 
- Balzac est nommé chevalier de la Légion d’honneur. 
- Pris par son projet de mariage avec Mme Hanska, Balzac voyage beaucoup et écrit moins. Il rejoint Mme Hanska, sa fille et son gendre à Dresde et visitent le Palatinat, séjournent à Cannstad. Retour à Paris, excursions en Touraine. Voyages en Hollande, Belgique. Descente de la Saône et du Rhône sur un bateau à vapeur avec les Hanska. Toulon, Marseille. Puis, embarquement vers Naples. Balzac prolonge son périple jusqu’à Pise.  
- Échec à l’Académie française.  

1846 
Cinquième voyage en Italie où Balzac retrouve, à Rome, Mme Hanska. Civita-Vecchia, Gênes, l’Italie du Nord (les lacs), la Suisse. Retour de Balzac à Paris. Voyages en Touraine où Balzac projette d’acheter le château de Montcontour. Aller et retours de Balzac entre la France, et l’Allemagne pour retrouver Mme Hanska et sa fille qui se marie à Wiesbaden avec Georges Mniszech. Balzac acquiert une maison rue Fortunée (actuelle rue Balzac).  
- Mme Hanska accouche d’un enfant mort-né.  
- Balzac rédige La Cousine Bette et le début du Cousin Pons.   

1847 
- Balzac s’installe définitivement rue Fortunée et s’occupe activement de l’ameublement qu’il veut luxueux pour accueillir dignement Mme Hanska.  
- Long séjour en Ukraine au château de Wierzchownia (propriété de Mme Hanska) de septembre en janvier 1848. 
- Parution en feuilletons du Cousin Pons (que Balzac vient d’achever), du Député d’Arcis, de La Dernière incarnation de Vautrin. Parution de la 3e partie de Splendeurs et misères des courtisanes (2 vol.), Le Provincial à Paris (Les Comédiens sans le savoir).  

1848 
- Retour de Balzac à Paris (hiver russe rigoureux) après quelques détours à Breslau, Dresde, Francfort, Mayence.  
- Balzac assiste, durant la Révolution, au pillage des Tuileries. Proclamation de la République.  
- Balzac revient au théâtre avec La Marâtre créée au Théâtre historique. Succès mais contrarié par la Révolution.  
- Dernier séjour à Saché (en juin).  

1849 
- Long séjour d’environ un an en Ukraine chez Mme Hanska.  
- Malade du cœur et déprimé, Balzac abandonne de nombreux  projets.  
- Nouvel échec à l’Académie française. 
- Création au théâtre du Gymnase de Madame Marneffe ou le Père prodigue (pièce adaptée d’après La Cousine Bette).  
- Mise en vente de La Comédie humaine par Furne et Cie.  

1850 
- Dès le début de l’année, Balzac est sérieusement malade à Wierzchownia. 
- En mars mariage avec Mme Hanska.  
- En avril Balzac et Ève Hanska quittent l’Ukraine pour se rendre en France : voyage très pénible et épuisant pour Balzac souffrant (ophtalmie).  
- En mai, à Paris, l’état de santé de Balzac s’aggrave (péritonite, hydropisie). 
- Décès de Balzac le 18 août.  

POUR MIEUX CONNAÎTRE L’ŒUVRE DE BALZAC 
C’est seulement en 1842 que Balzac décidera de choisir La Comédie humaine pour titre général de son œuvre. Jusqu’à cette époque ses romans étaient regroupés sous le titre Études de mœurs au XIXe siècle (titre collectif donné en 1834). Ainsi que l’avait bien compris George Sand, Balzac “a écrit non pas pour le simple plaisir de l’imagination, mais pour les archives de l’histoire des mœurs, les mémoires du demi-siècle qui vient de s’écouler”.  La Comédie humaine se subdivise en trois grandes parties :  I. Études de mœurs II. Études philosophiques III. Études analytiques Cette division reflétait le sens général que Balzac souhaitait donner à son œuvre en voulant remonter des “effets” (Études de mœurs) aux “causes” (Études philosophiques) et des causes aux “principes” (Études analytiques).  

LES ÉTUDES DE MŒURS regroupent l’essentiel de l’œuvre sous les grandes rubriques suivantes : 
- Scènes de la vie privée où se trouvent des œuvres très célèbres comme La Maison du Chat-qui-pelote, Le Bal de Sceaux, Mémoires de deux jeunes mariées, Modeste Mignon, La Vendetta, Une double famille, Une fille d’Ève, Le Colonel Chabert, Béatrix, Gobsek, La Femme de trente ans, Le Père Goriot. 
- Scènes de la vie de province qui regroupent des chefs-d’œuvre comme Le Lys dans la vallée, Eugénie Grandet, Le Curé de Tours, Illusions perdues. 
- Scènes de la vie parisienne qui comprennent entre autres : Histoire des Treize : Ferragus, La Duchesse de Langeais, La Fille aux yeux d’or, Grandeur et décadence de César Birotteau, La Maison Nucingen, Splendeur et misère des courtisanes, La dernière incarnation de Vautrin. 
• Ces trois séries de Scènes devaient, selon Balzac, illustrer les étapes majeures de la vie humaine :  ‚
“Cette phase de la vie humaine qui comprend les émotions de l’enfance, celles de la jeunesse, leurs premières fautes, les débuts dans le monde social”. Tel est, selon Balzac, le thème essentiel des Scènes de la vie privée où l’écrivain se propose de “figurer la vie humaine dans son réveil matinal, et croisant pour fleurir”.  ‚
“Cette phase de la vie humaine où les passions, les calculs et les idées prennent la place des sensations, des mouvements irréfléchis, des images acceptées comme des réalités. À vingt ans les sentiments se produisent généreux ; à trente ans, déjà tout commence à se chiffrer, l’homme devient égoïste”. Tel sera le thème des Scènes de la vie de province.  ‚
Enfin, la phase de l’existence qui “arrive graduellement à l’âge qui touche à la décrépi­tude” fera l’objet des Scènes de la vie pari­sienne. 
• Remarquons au passage qu’il existe parfois quelques écarts entre cette théorie un peu trop systématique et la pratique. C’est ainsi que La Femme de trente ans, contrairement au programme affiché, n’apparaîtra jamais dans les Scènes de la vie de province où elle devrait normalement figurer mais qu’elle demeurera une Scène de la vie privée. 
• Notons encore que d’autres relations apparaîtront plus clairement comme, par exemple, pour les deux premières séries de Scènes exposées ci-dessus, l’opposition (plus marquée à l’époque que de nos jours) entre les mœurs de la société parisienne et celles de la société provinciale. Balzac le soulignait d’ailleurs explicitement : “En offrant le contraste parallèle qui existe entre la vie de province et la vie parisienne, l’œuvre entière deviendra plus complète” car, ajoutait-il, “la province et la capitale se marient incessamment”. 
- Les scènes de la vie politique se limitent à quatre œuvres : Un épisode sous la terreur, Une ténébreuse affaire, Le Député d’Arcis, Z. Marcas.
- Les scènes de la vie militaire : cette partie de l’œuvre restera très incomplète puisque sur une trentaine d’œuvres prévues, Balzac n’aura le temps de rédiger que Les Chouans et Une passion dans le désert. Jamais il n’écrira Les Vendéens, œuvre qui devait constituer un diptyque avec Les Chouans. De même, La Bataille (récit d’une guerre napoléonienne : Wagram ou Dresde) dont il ne cessait d’annoncer la parution à ses lecteurs, ne verra jamais le jour. En 1997 l’écrivain Patrick Rambaud s’efforcera de combler cette lacune en rédigeant sous ce titre un roman qui lui vaudra le Prix Goncourt. 
- Les Scènes de la vie de campagne comprennent trois œuvres magistrales : Les Paysans, Le Médecin de campagne, Le Curé de village.
- Remarque : Le Cousin Pons et La Cousine Bette ont été publiés ensemble en 1847 sous le titre Les Parents pauvres. Balzac n’a pas sou­haité les intégrer dans une partie précise de son œuvre.  

LES ÉTUDES PHILOSOPHIQUES
Parmi les principales œuvres qui composent cette section, nous retiendrons La Peau de chagrin (premier grand succès de Balzac en 1831), Melmoth  réconcilié, Massimila Doni, Le Chef-d’œuvre inconnu, Gambarra, La Recherche de l’absolu, L’Enfant maudit, Adieu, Maître Cornélius, L’Auberge rouge, Les Deux rêves, L’Élixir de longue vie, Les Proscrits, Louis Lambert (roman en grande partie autobiographique) et Séraphîta (roman mystique inspiré de Swedenborg).  

LES ÉTUDES ANALYTIQUES
Elles comprennent exclusivement La Physio­logie du mariage et La Pathologie de la vie sociale (Des mots à la mode, Théorie de la démarche, Traité de la vie élégante, Traité des excitants modernes).  
N.B. L’œuvre définitive de Balzac paraîtra chez Furne, Dubochet Hetzel et Paulin de 1842 à 1848. Elle comprendra au total 17 volumes in-octavo. Grâce à sa prodigieuse imagination, Balzac a donné vie à plus de 2.500 personnages fictifs dont 567 reparaissent au moins une fois dans l’un ou l’autre de ses romans.  

DISCOGRAPHIE
CD1 
PREMIÈRES FAUTES
1. Au commencement du mois d’avril 1813 8’24
2. Si jusqu’alors la jeune personne... 5’55
3. Dans les premiers jours du mois de mars 1814 4’29
4. La comtesse de Listomène-Landon... 7’58
5. Elle se proposait alors de convertir Julie... 4’39
6. Mais le malheur de Julie devait être complet 7’48
7. Les dangers de la situation critique... 8’00
8. Quelques jours après cette scène... 7’28
9. Victor, redevenu passionnément amoureux... 7’19
10. Eh bien! Arthur, vous ne m’avez pas obéi... 5’09 

A TRENTE ANS
1. Un jeune homme de haute espérance... 3’50
2. Charles resta pendant un moment immobile 7’44  

CD2 
A TRENTE ANS (suite)
1. En ce moment Charles redevint jeune homme 3’05 

LE DOIGT DE DIEU
2. Entre la barrière d’Italie et celle de la Santé 7’54 

LES DEUX RENCONTRES
3. Un ancien officier d’ordonnance de Napoléon 9’46
4. Mais pendant que ces événements se passaient... 12’23
5. La terrible nuit de Noël pendant laquelle... 7’35
6. En entendant ouvrir la porte de la chambre... 7’50
7. Cette situation offrait une étrangeté... 6’43
8. Après avoir rétabli sa fortune... 4’41 

LA VIEILLESSE D’UNE MÈRE COUPABLE
9. Pendant l’un des premiers jours du mois de juin... 9’00
10. Le sentiment maternel est si large... 9’14

Ecouter LA FEMME DE TRENTE ANS  HONORÉ DE BALZAC (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

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CONTRE-HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE VOL. 5 - MICHEL ONFRAY
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