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LIONEL HAMPTON BIG BAND
The European Concerts 1953-1954









LIONEL HAMPTON BIG BAND
EUROPEAN CONCERTS 1953-1954

Lionel Hampton commença son apprentissage musical par la batterie. Il apprit parallèlement à jouer du piano avec Teddy Weatherford en Californie, et c’est peu après qu’il fit ses premiers enregistrements en 1930, en accompagnant à la batterie Louis Armstrong. Il était alors membre de l’orchestre de Les Hite qui secondait pendant un temps le grand Louis. Au cours de la séance d’enregistrement, dans un coin du studio, il y avait un vibraphone et Louis demanda à Lionel d’essayer de l’accompagner sur cet instrument pendant son vocal sur Memories Of You. Séduit, Lionel se mit à travailler ce vibraphone avec acharnement, au point d’en devenir le maître absolu ; en effet tous ceux qui se sont essayés à sa suite sur l’instrument ont toujours été confrontés à la suprématie de ce nom devenu synonyme du vibraphone ! Il ne faut pas oublier que Lionel Hampton est également un batteur au jeu très rapide, ce qu’il démontre facilement lors des multiples roulements serrés qu’il utilise dans ses solos. Il allie, comme bien peu, rapidité et puissance, et cette facilité, cette aisance lui sont très précieuses lorsqu’il percute avec ses mailloches les lamelles de son vibraphone. Avec une telle dextérité, il peut s’exprimer complètement, que ce soit dans les passages en douceur ou dans les phrases les plus étourdissantes ! Au début des années 40, Lionel Hampton fonda un grand orchestre avec de jeunes musiciens qui devaient faire parler d’eux et devenir rapi­dement des artistes de premier plan. C’est ainsi qu’il fit connaître Billy Mackel (guitare), Milton Buckner (piano, orgue, et arrangeur), Illinois Jacquet, Arnett Cobb (saxo-ténor), Cat Anderson, Joe Morris (trompette), Al Grey, Al Hayse (trombone), et bien d’autres… Il prouva aussitôt, qu’outre ses éblouissantes qualités de soliste, il était également un exceptionnel meneur d’hommes, un chef d’orchestre rayonnant, un formidable “moteur” pour tous ceux qui jouèrent avec lui !

Lionel Hampton en Europe (1953-1954)
C’est seulement en 1953 que le grand Lionel vint en Europe pour la première fois, accompagné par une grande formation comprenant bien sûr de très bons musiciens, mais aussi quelques sidemen un peu surprenants, de jeunes boppers peu habitués à swinguer intensément comme il était d’usage auparavant dans les cohortes hamptoniennes. Heureuse­ment, dès 1954, Hampton revint avec de vrais jazzmen de haut niveau et ce fut le régal absolu ! Nous retrouverons ces brillants solistes tout au long de cette sélection. En premier lieu, le fidèle et indispensable Billy Mackel à la guitare, en dehors de Lionel le musicien le plus indispensable à cet orchestre ! Il y avait aussi, en la personne de Jay Peters, un formidable saxo-ténor, le meilleur que Lionel ait jamais eu à ses côtés avec les Illinois Jacquet, Arnett Cobb et Eddie Chamblee, et ce n’est pas peu dire ! Hélas, après avoir quitté l’orchestre de Lionel Hampton, on n’a presque plus jamais entendu parler de ce musicien, pourtant un saxophoniste de première grandeur ! Au saxo-alto et directeur musical, le parfait Bobby Plater, au trombone un “vrai de vrai”, Al Hayse, et à la trompette Wallace Davenport, un Néo-Orléanais disciple de Louis Armstrong, et le spécialiste de l’aigu, le petit Julius Brooks. Lionel avait en plus trois attractions de premier ordre avec Curley Hamner, danseur de claquettes, chanteur et remarquable drummer, le grand blues-shouter Sonnie Parker, ainsi qu’une jeune chanteuse particulièrement dynamique et chaleureuse, Bertice Reading.

Tous les amateurs de jazz qui avaient assisté aux fabuleuses apparitions du big band de Lionel Hampton au cours de cette année 1954 en Europe regrettaient de ne pouvoir entendre en CD les grands moments qu’ils avaient vécu en concert. (Pour ma part, plus de 30 concerts !). Heureusement l’orchestre fut enregistré, et pas mal du tout, dans divers pays d’Europe, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche, une première fois à Vienne le 18 décembre 1954, puis à Graz le 27 décembre de la même année. Quant à l’orchestre de 1953, c’est en Suède qu’il fût capté ! Tous les grands classiques, tous les merveilleux riffs, tous les renversants solos, ceux de Lionel Hampton d’abord, mais aussi ceux de Bobby Plater, de Jay Peters et de Billy Mackel, toute la fougue, tout l’impact de l’orchestre qui avaient fanatisés tant d’amateurs nous étaient enfin accessibles ! Ils sont ici et tous ces riffs présents dans nos têtes peuvent être joués et rejoués. On peut vibrer à nouveau à l’écoute de cette musique envoûtante, renversante d’invention, de swing, de joie de vivre ! Hallelujah !
Nous commençons cependant par trois morceaux venant du concert suédois de septembre 1953. C’est Lionel qui est en première ligne, étourdissant de swing et de punch dans Opener, et au fur et à mesure que l’interprétation avance, on constate que le rôle de Billy Mackel devient de plus en plus important. Le jeu de Lionel a un effet étonnant également sur le bassiste Monk Montgomery qui joue avec de plus en plus d’exaltation et d’efficacité. C’est très sensible tout au long du traditionnel Oh Rock, morceau “tout pour le swing“ de l’époque, le plus court chemin vers la transe musicale ! Le connaisseur constatera cependant que les vrais swingmen de l’orchestre ont un peu de mal à tirer certains boppers vers le swing indispensable lors de l’ensemble final. Ces ensembles orchestraux n’ont pas la densité, le poids que l’on va vite retrouver dans les concerts de 1954. Mais rassurez-vous, toute cette musique est d’un très haut niveau grâce à Hampton, sans cesse au premier plan accompagné par une belle section rythmique ! Le célèbre On The Sunny Side Of The Street est exposé avec chaleur par le saxo-ténor de Clifford Solomon ; suit un vocal sans prétention de Lionel avec commentaires et réponses des musiciens, qui semblent bien s’amuser.

Les concerts d’Amsterdam et de Düsseldorff
Du concert d’Amsterdam, l’année suivante, commençons par un remarquable Star Dust, un de ses thèmes favoris, dont il a donné tant d’exceptionnelles versions au cours de ces années ! Ici le tempo est assez lent et l’on perçoit bien l’impact de ses mailloches sur les lamelles de son vibraphone. Le premier break est d’une virtuosité étourdissante qu’il ponctue d’un gémissement de satisfaction, comme cela lui arrive souvent lorsqu’il trouve des tournures ou des gags mélodiques qui le surprennent lui-même ! À ce propos, notons que Hamp avait à son programme des morceaux comme Star Dust, How High the Moon, Vibe Boogie… sans parler de l’inusable Flyin’ Home que tous les publics plébiscitaient ! On peut donc facilement publier diverses versions de ces thèmes car en aucun cas elles ne font double emploi, chacune d’entre elles étant totalement différente de la suivante ! Ce sont à chaque fois de nouveaux morceaux, avec des variations nouvelles à chaque prise. Il est intéressant, voire instructif pour l’amateur, de pouvoir comparer deux versions du même titre et constater à quel point un improvisateur prolifique comme Hampton peut, suivant le moment, donner un éclairage différent et des nuances originales sur le même thème de départ, lequel n’est en fait qu’un prétexte pour pouvoir s’exprimer totalement en se laissant aller aux fluctuations de son imagination. Ainsi, sur une même séquence harmonique, Lionel arrive à des résultats tout à fait différents, qui dépendent de sa fantaisie, de l’ambiance qui l’entoure, des musiciens qui sont à ses côtés, du public, ou tout simplement de sa fantaisie, de son humeur de l’instant… D’une soirée à Düsseldorf en novembre 1954, voici le premier How High The Moon qui est un véritable feu d’artifice de bout en bout. Hamp se joue des harmonies de base avec une aisance souveraine, accumulant les idées, les phrases les plus percutantes, le tout soutenu par des accords de guitare bienvenus de Billy Mackel ! Un tour de force magique et l’on arrive, après un bon nombre de chorus de blues en tempo vif sur Vibe Boogie, à Flyin’ Home, et là nous faisons connaissance avec le remarquable Jay Peters au saxo-ténor. Sonorité riche, vibrato large et chaleureux, voilà un musicien au tempérament véhément, généreux, collant à la perfection avec l’orchestre et la musique du chef. Après l’exposé du thème par tout l’orchestre, Jay rejoue le fameux solo d’Illinois Jacquet avant de se lancer dans ses propres variations pendant que Lionel, qui ne peut tenir en place, accumule les roulements sur sa batterie. Après le ténor, c’est au tour de Bobby Plater qui prend le relais à l’alto avec brio pour conclure avant l’ensemble final avec trompettes dans l’aigu et Lionel qui ponctue en force !

La première partie du concert de Vienne
Jam Blues est en fait Red Ribbon, titre donné en 1954 par Lionel à ce blues sur tempo médium-vif, qui donne aux deux saxophonistes, Bobby Plater puis Jay Peters, l’occasion de jouer de multiples chorus, faisant tous deux monter la tension de façon impressionnante. Au fur et à mesure de son improvisation, Bobby Plater au saxo-alto en vient à swinguer en force des phrases courtes exécutées en puissance que l’on a plus souvent l’occasion d’entendre de la part d’un ténor que d’un alto ; puis arrive Jay Peters dont la sonorité charnue et drue est à elle seule un vrai régal ! Il fait preuve d’une imagination fertile tout au long de ses divers solos. Rien à voir avec ces innombrables saxos-ténors qui répètent inlassablement les mêmes notes, Peters s’affirme comme un authentique créateur qui développe avec cohérence et aisance des phrases dynamiques et chaleureuses ! Un ténor de premier plan. C’est Julius Brooks qui termine à la trompette, soufflant à pleins poumons des notes suraiguës. Je le revois encore, chapeau melon sur la tête, se tenant cambré en arrière pour obtenir le maximum de puissance ! Voici maintenant un des incontournables des concerts : Vibes Boogie, avec Lionel au vibraphone qui démarre par une de ses introductions intrigantes sans accompagnement dont il a le secret, avant d’attaquer ferme. Immédiatement on se rend compte, une fois encore, de l’importance du rôle joué par Billy Mackel avec et derrière son chef ! Il suit son leader à chaque mesure, complétant, accolant, fondant sa partie de guitare sur celle du vibraphone ! Une complicité rarement atteinte entre deux musiciens. Mackel qui connaît bien “son” Hampton, devine ce qu’il va jouer et adapte toujours son jeu en conséquence. Sa partie de guitare est si proche de celle du vibraphone que l’on pourrait penser que les deux parties ont été conçues par le même artiste ! Et en conclusion, tout l’orchestre se lance dans ces admirables riffs, qui souvent dans le passé, avaient été créés par Hampton lui-même et son pianiste-arrangeur de l’époque, le cher Milton Buckner !

Et nous passons à How High The Moon que Lionel s’amuse à exposer sur un rythme de valse (on est à Vienne, n’est-ce pas ?), puis le tempo jazz arrive et Lionel étincelant est aussitôt suivi par Billy Mackel qui, comme toujours, le pousse et le stimule ! Lionel avait en Sonnie Parker un des grands chanteurs de blues. Un personnage exceptionnel sachant sur scène électriser aussi bien l’orchestre que le public par ses pas de danse, son aisance, son élégance, sa facilité pleine de désinvolture lorsqu’il terminait ses morceaux en faisant rouler son melon tout le long de son bras, pour le rattraper juste avec le dernier coup final de batterie ! Un vrai spectacle comme les Noirs savent si bien les concevoir et les réaliser ! Il clame le blues dans Red Light Blues et, si par moments, sa voix est moins présente, c’est parce qu’il se déplaçait sur la scène en dansant, s’éloignant parfois du micro. Le solo de saxo-ténor est dû ici à Edwin Frazier pour une bonne prestation mais d’un niveau toutefois inférieur à ce que Jay Peters était capable de jouer. C’est par contre Jay qui ouvre le morceau suivant par un long solo d’une magnifique inspiration. Ainsi propulsé, Sonnie Parker donne ici une brillante version d’un thème de sa composition, Set My Soul On Fire. Il est suivi par Bobby Plater à l’alto avant de revenir, toujours un peu loin du micro. Pour ceux qui voudraient mieux connaître Sonnie Parker, signalons qu’il est représenté par cinq titres exceptionnels dans notre double CD “The Greatest Blues-Shou­ters” (1). Hélas, ce chanteur de blues parmi les meilleurs devait s’éteindre à l’âge de 31 ans en 1957. Bertice Reading, chanteuse explosive et swinguante, chauffe la salle avec son Rock Baby Rock qui contient un solide solo de ténor de Jay Peters. Elle aussi se déplaçait sur scène en dansant, ce qui l’éloignait parfois du micro, cependant il est aisé de deviner que cette artiste brûlait les planches à chacune de ses apparitions. On termine ce premier CD avec une version de Star Dust tout aussi brillante que l’autre, et bien sûr très différente. Là aussi Lionel accumule les idées les plus folles au cours des breaks où il laisse jaillir son imagination. Encore un grand Star Dust à son actif !

La fin du concert de Vienne et celui de Graz
Pas de concert de Lionel Hampton sans Flyin’ Home, son thème fétiche qui donne toujours au saxo-ténor l’occasion, après avoir repris le fameux solo d’Illinois Jacquet – passage obligé ! – d’improviser abondamment. C’est le cas ici avec Jay Peters qui s’affirme être certainement le meilleur ténor sur ce thème aux côtés des légendes Illinois Jacquet et Arnett Cobb ! Et le compliment n’est pas mince. Julius Brooks termine dans l’aigu ce beau et grand Flyin’ Home ! À propos de Flyin’ Home, quel délire lorsque Lionel descendait dans la salle suivit de tous ses musiciens, trompettes, trombones, saxos ; seuls restaient sur scène la section rythmique, bien sûr, et le ténor soliste qui alignait chorus sur chorus, jusqu’au moment où tout le monde revenait sur scène pour un final explosif avec Lionel sautant à pieds joints sur un gros tom-tom ! Et, pour en terminer avec ce concert de Vienne, un autre cheval de bataille inévitable : Hamp’s Boogie Woogie avec Lionel au piano enchaînant avec un vocal délirant sur Hey Ba Ba Re Bop. C’est la guitare de Billy Mackel qui ouvre le bal par une série de chorus sur le blues vif au cours desquels il nous rappelle que nous pouvons le considérer comme l’un des meilleurs guitaristes de tous les temps ! C’est le Lionel Hampton mélodiste hors pair que nous trouvons dans les deux morceaux lents suivants : d’abord The High And The Mighty qu’il abandonne vite pour broder sur Tenderly, un tour de force pyrotechnique où, là aussi, il peut tout à loisir enchaîner avec maîtrise les arabesques les plus riches et les plus subtiles ! Même sérénité pour nous donner un calme et reposant Our Love Is Here To Stay.

Nous en arrivons à la traditionnelle et attendue version de Vibe Boogie du concert de Graz avec comme toujours un Lionel flamboyant avant les riffs finaux. Introduction ad lib et prise de tempo avec Mackel qui vient aussitôt se joindre à son leader comme à l’accoutumée. Lionel allie au cours de son solo swing et virtuosité, la musique pétille à chaque mesure. Outre Billy Mackel toujours vigilant et efficace, le bassiste Peter Badie est survolté par tout ce que joue Lionel, c’est très perceptible dans son jeu ! Après quelques phrases “en sur place”, l’orchestre arrive avec ces riffs que nous aimons tant et qui ne laissent pas indifférents les spectateurs, d’où ovation ! Curley Hamner, le danseur-batteur, est venu renforcer depuis Flyin’ Home la section rythmique, et l’on perçoit bien son vigoureux after-beat qui aiguillonne tout l’orchestre ! Nouvelle version de Red Ribbon différente bien évidemment de celle de Vienne. Lionel joue ici abondamment avant de céder la place à Bobby Plater, puis à Jay Peters qu’il pousse en allant jusqu’à répéter longuement derrière lui la même note sur son vibraphone, et comme toujours arrivent ces riffs qui ont enchanté tous ceux qui avaient la chance d’assister à l’époque à ces mythiques concerts ! Jivin’ the Blues, après le solo de Lionel, donne une fois encore à Billy Mackel l’occasion de se mettre en valeur, sa prestation de plus en plus fougueuse étant à juste titre saluée par des ovations du public. Peter Badie à la basse électrique enchaîne par un solo énergique, quoique un peu longuet comme souvent sur cet instrument. Heureusement Lionel revient vite et passe à la batterie avant de dialoguer avec Curley Hamner. L’arrangement avec ses fausses fins amusantes prend par deux fois le public à contre-pied ! Fast Blues redonne la parole à Billy Mackel pour quelques chorus de blues, puis on passe au thème de 32 mesures avec un robuste solo d’Al Hayse au trombone, avant Jay Peters toujours aussi brillant dans un long solo ! A propos de Billy Mackel, tellement indispensable à Lionel et à l’orchestre, j’avais remarqué que s’il était souvent mis en valeur au cours des concerts par de multiples solos dont nous avons de brillants exemples ici, par contre les disques du commerce ne lui laissaient que très peu de place. Connaissant très bien Mister Hampton, je lui en avais fait la remarque, en lui suggérant, à l’avenir, de donner plus souvent à Mackel sa chance en disque. Bien sûr Lionel, avec sa gentillesse, me rassurait avec un bon sourire et un enthousiaste “Yes you’re right, we will do it” (oui t’as raison, on va le faire), mais cela restait lettre morte, hélas !

Pour mettre en valeur Curley Hamner, son danseur et aussi batteur émérite, Lionel amenait sur scène une batterie, en fait une grosse caisse présentant de chaque côté le même matériel, caisse claire, divers toms, cymbales, cloches, etc. Ils rivalisent tous les deux sur Drums Feature, s’amusant comme des fous. Again Flyin’ Home débute par un ensemble orchestral qui était en général joué par tous en attendant l’arrivée sur scène du Maître, et on embraye immédiatement avec le vibraphone qui prend en tempo rapide quelques chorus sur le blues de 12 mesures. Et lorsque Lionel crie “blow boys” (soufflez les gars) on passe du blues à Flyin’ Home (thème de 32 mesures). Jay Peters démarre avec le traditionnel solo de Jacquet avant de se lancer dans ses propres variations. Il reste seul en scène avec la section rythmique renforcée par Curley Hamner pendant que Lionel, suivi de ses cuivres et de ses saxes, descend dans la salle sous les vivats. Jay quant à lui continue vaillamment à swinguer ferme, enchaînant les chorus les uns derrière les autres ; au final il y en aura neuf (!) avant le retour des souffleurs sur scène pour terminer en apothéose ! Peters se montre un des très grands ténors hamptoniens dans sa longue prestation qui ne connaît pas la moindre faiblesse, un exploit ! Bien sûr, à la fin du pont du dernier chorus, Lionel, tout en continuant à esquisser des pas de danse, saute à pieds joints sur le gros tom-tom ! Le délire est là et c’est mérité ! Ne boudons pas notre plaisir et écoutons encore ce Drums Battle With Curley enregistré sur le vif à New York en 1949. Lionel commence par un fulgurant solo et Curley lui propose de jouer avec lui ; c’est face à face et debout que ces deux exceptionnels batteurs jouent ensemble, tapant, swinguant et effectuant les roulements les plus serrés et les plus dynamiques, soutenus pour terminer par des ensembles orchestraux. Ce numéro, on s’en doute, recevait du public enchanté devant une telle virtuosité, un tel sens de l’humour et une si réjouissante désinvolture, des applaudissements sans fin ! C’est à titre de bonus track que cette interprétation est incluse dans cette sélection. Il est le point final de ce voyage dans le monde musical de Lionel Hampton, qui permettra aux anciens de revivre des instants magiques et donnera aux plus jeunes une idée du potentiel et de l’euphorie que Lionel et ses Boys pouvaient dégager sur scène ! On comprendra mieux pourquoi tous les publics terminaient les concerts en hurlant de bonheur, le plus souvent debout sur leurs sièges, ovationnant ce géant du jazz, ce Roi du Swing : Mister Hampton !
Jacques MORGANTINI
© 2009 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Disques issus de la collection Jacques Morgantini.
Photos et collections : Jacques Morgantini, X (D.R.). Reproductions photographiques : Pierre Allard.
Remerciements à Jean Buzelin

Note : (1) Voir The Greatest Blues Shouters 1944-1955 (FA 5166)

english notes
Lionel Hampton began his musical apprenticeship by playing drums and learning how to play the piano with Teddy Weatherford in California. Not long after, by 1930, he was cutting his first recordings, accompanying Louis Armstrong on drums as a member of the Les Hite Orchestra who backed the great Armstrong during these sessions. There was a vibraphone in a corner of the recording studio, and Armstrong asked Hampton to try and accompany him on this instrument for the Memories Of You recording. Hampton became hooked, took up the vibraphone with a passion and became an unrivalled master of it. He was also a virtuoso drummer, as is apparent in his many rapid solo pieces. He combines, as so few can, speed and power and this same talent lends itself to the percussive style of the vibraphone. He expresses himself with such easy dexterity, as much during gentler passages as during faster moments. During the early 40s, Lionel Hampton founded a big band, providing a platform for young musicians that were to go on to become big names themselves. He introduced the world to the likes of Billy Mackel (guitar), Milton Buckner (piano, organ and arranger), Illinois Jacquet, Arnett Cobb (tenor sax), Cat Anderson, Joe Morris (trumpet), Al Grey, Al Hayse (trombone) and many more. So, as well as being an outstanding soloist, he was also an exceptionally successful bandleader.

Lionel Hampton in Europe (1953-54)
In 1953, Hampton visited Europe for the first time with his big band of accomplished musicians, but with the surprising addition of a few younger sidemen who were more used to bopping than swinging. By 1954, however, he returned with a more complete line-up of top jazzmen and this time the sound was spot on! This selection of recordings presents some of those brilliant musicians: Billy Mackel was indispensable on guitar. Jay Peters was the most impressive tenor sax player of all the greats (Illinois Jacquet, Arnett Cobb and Eddie Chamblee) that performed with Hampton; sadly, after leaving the Hampton band, little more was heard of this outstanding musician. Bobby Plater was a talented musical director and played alto sax. Al Hayse was the superlative trombone player. On trumpet we find Wallace Davenport, a New Orleans Armstrong disciple, and Julius Brooks, master of the high notes. Then there was Curley Hamner, tap dancer. vocalist and gifted drummer, the great blues singer Sonnie Parker and the young singer Bertrice Reading, with the strong warm voice. Anybody who attended the exciting performances of this Lionel Hampton line-up of 1954 in Europe, was sorry not to be able to listen to recordings of these great concert experiences. However, some recordings were made of the band throughout various European countries, including Holland, Germany and Austria (in Vienna on 18 December 1954 and in Graz on 27). The 1953 orchestra was captured for posterity in Sweden. This enables jazz fans to relive some of the classic moments, stunning solos and thrilling impact of the Hampton big band sound. Our selection opens with three pieces from the 1953 Swedish concert. A swinging Hampton is up front on Opener, treating us to a stunning display, while Billy Mackel gradually plays an increasingly important role. That Hampton’s playing also inspires bassist Monk Montgomery is evident on Oh Rock, a popular swing title at the time. However, fans will recognise that the true swing men in the orchestra found it a little difficult to bring the boppers up to the necessary swing level for the final ensemble. These orchestral ensembles do not have the same depth or weight as those of the 1954 concerts although the music is still pretty good thanks to Hampton and a solid rhythm section. Some warm tenor sax from Clifford Solomon introduces The Sunny Side Of The Street, followed by a Hampton vocal, interspersed with comments from the other musicians who are obviously enjoying themselves.

The Amsterdam and Düsseldorf concerts
Star Dust was one of Hampton’s favourite themes and he made several outstanding versions throughout his career. On this slow tempo version, from the 1954 Amsterdam concert, one can hear very clearly the sound of his mallets on the vibraphone keys. His first stunning break is punctuated by one of those typical groans of satisfaction he gave when he even seemed to surprise himself! As Hamp’s best known repertoire included Star Dust, How High The Moon, Vibes Boogie and the ever popular Flyin’ Home we include various versions of these for every one is completely different from anything that has gone before, with new variations. It is interesting for fans to compare two versions of the same title and to note how such a prolific improviser as Hampton could throw an original light on the same basic theme. On the same harmonic sequence Hampton gets different results, depending on his mood, the atmosphere, whoever he was playing with, the audience… This first How High The Moon from an evening in Düsseldorf in November 1954, is a spectacular performance. Hamp provides the bass harmonies, building up a wealth of ideas and phrasing, backed by Billy Mackel’s guitar. Then comes Vibe Boogie with numerous up tempo blues choruses, followed by Flyin’ Home which introduces the remarkable Jay Peters on tenor sax whose rich tone, extensive and warm vibrato slots perfectly into what Hampton expects from his orchestra. After an introduction played by the whole band, Peters plays Illinois Jacquet’s famous solo before launching into his own variations while Hampton, never still, builds up a series of exciting drum rolls. Bobby Plater’s alto sax takes over from the tenor with a brilliant solo before a final trumpet ensemble.

The first part of the Vienna concert
Jam Blues is, in fact, Red Ribbon the title Hampton gave this medium tempo blues in 1954. It features several choruses from Bobby Plater and Jay Peters with the former gradually building up a driving swing, his short powerful phrases more typical of a tenor sax than an alto. Then Peter’s dense, rugged tone takes over, his various solos completely unlike those countless tenor saxophonists who repeat the same notes over and over again. Julius Brooks closes on trumpet with his unmistakeable high notes, his bowler hat tilted over his eyes, leaning backwards to get the maximum of air into his lungs! Now we come to a title that featured in most concerts, Vibes Boogie, with one of Hampton’s typical intriguing unaccompanied introductions before he launches into a strong attack when, yet again, the importance of Billy Mackel’s role behind his leader is clear, his guitar blending perfectly with the vibes. Mackel seemed to know exactly what Hampton was going to play next and adapted his own playing to it. His guitar part was so close to that of the vibes that they might have been conceived by the same musician. Finally, to entire orchestra launches into one of those wonderful riffs written for Hampton in the past by his then pianist/arranger Milt Buckner. Hampton then introduces How High The Moon Hampton with a waltz rhythm before changing to a jazz tempo, again backed by driving Mackel.

Sonnie Parker was a great blues singer with exceptional stage presence, electrifying both the orchestra and the audience with his dancing and laid back approach. He invariably ended by rolling his bowler hat the length of his arm and catching it on the final drum beat. A showman in the true Negro tradition! He declaims the vocal on Red Light Blues and, if his voice occasionally seems muffled, this is because he dances around the stage, sometimes moving away from the microphone. While Edwin Frazer contri­butes a perfectly good tenor sax solo he never reaches the heights that Jay Peters was capable of as the latter proves on his inspired long introduction on Set My Soul On Fire. Sonnie Parker treats us to a brilliant version of this theme that he composed, followed by Bobby Plater on alto, before he returns (still a bit too far from the mike). Parker is featured on our CD “The Greatest Blues Shouters” (1). Sadly he died at the age of 31 in 1957. Bertrice Reading, an explosive, swinging vocalist, warms up the audience with her Rock Baby Rock, including another solid Peters solo. Reading, like Sonnie Parker, also dances around the stage, sometimes moving away from the mike but in spite of this, listening to her it still easy to understand why she brought the house down every time she appeared! The first CD ends with a very different but equally brilliant Star Dust on which Hampton’s inventiveness runs riot.

The end of the Vienna concert and the Graz concert
No concert was complete without Hamp’s theme tune Flyin’ Home which always gives the tenor sax the opportunity to improvise after, of course, a reprise of Illinois Jacquet’s famous solo! Here Jay Peters shows yet again why he deserves his place alongside the legendary Jacquet and Arnett Cobb. Julius Brooks’ high notes bring to a close this great Flyin’ Home. The audience would go crazy when Hampton used to go down among them, followed by all his musicians, trumpeters, trombones, saxes; only the rhythm section remained on stage along with the tenor sax blasting out chorus after chorus, until everybody came back on stage for an explosive finale with Lionel jumping on to a huge tom tom! The Vienna concert closes with another favourite, Hamp’s Boogie Woogie, with Hampton on piano and an exuberant vocal on Hey Ba Ba Rebop. Billy Mackel gets things going with a series of lively blues choruses, proving yet again that he was one of the best ever blues guitarists. Next we find Hampton, the master of melody, on two slow titles: first The High And The Mighty followed by Tenderly, a brilliant display of subtle melodic composition. The same serenity reigns on Our Love Is Here To Stay. We now come to the eagerly awaited version of Vibes Boogie from the Graz concert with a swinging Hampton as flamboyant as ever. Mackel takes up the tempo behind his leader while bassist Peter Badie is inspired by everything Hampton produces. When the orchestra comes in with those acclaimed riffs the audience gives them a standing ovation. Dancer/drummer Curley Hamner, part of the rhythm section on Flyin’ Home, uses his vigorous after beat to drive the whole band on this version of Red Ribbon, different from the one played in Vienna. Hampton offers a long contribution before handing over to Bobby Grant, then Jay Peters whose sax echoes the notes of the vibes. Then again those final riffs that enthralled everyone who was fortunate enough to be at one of these concerts.

Jivin’ The Blues, after a Hampton solo, gives Billy Mackel the chance to shine again before Peter Badie takes up on electric bass for an energetic, although over-long solo. Fortunately, Hampton comes back pretty quickly on drums in a dialogue with Curley Hamner and the arrangement, with its amusing false endings, fools the audience twice! Fast Blues again features Mackel with several blues choruses, and then Al Hayes on trombone produces a robust 32-bar solo before a long contribution from Jay Peters. I once pointed out to Lionel that Billy Mackel, who was so indispensable to Hampton and the orchestra, was given so much space to express himself in concert but this was not the case on record. He smiled enthusiastically and said “Yes, you’re right, we will do it” but sadly they never did. In order to highlight his outstanding drummer Curley Hamner, Hampton had a huge double drum kit brought on stage, each side of the big bass drum in the middle, a snare drum, various tom toms, cymbals, cowbells etc. They have a ball trying to outdo each other on Drums Feature. Another Flyin’ Home starts with an orchestral ensemble to welcome the leader on stage who immediately takes off on the vibes with some up tempo 12-bar blues choruses before his shout of “Blow boys!” launches his band into the 32-bar Flyin’ Home. Peters starts with Jacquet’s traditional solo before his own improvisations. He remains on stage with the rhythm section, reinforced by Hamner, while Lionel and the brass and sax sections go down into the audience, to ecstatic applause. After nine swinging choruses from Peters, the others return to the stage for the grand finale with, of course, Hampton’s leap on to the big tom tom! Finally, let us enjoy once more this Drum Battle With Curley recorded live in New York in 1949. After a dazzling solo from Hampton, Curley offers to play with him. Standing opposite each other these two exceptional drummers play together, swinging and producing the most dynamic, tightest drum rolls, with the entire orchestra coming in at the end. This exciting track, that so delighted the audience, is included here as a bonus, a fitting closure to this journey through Lionel Hampton’s musical world. A journey that we hope will enable older fans to relive some magical moments and give younger ones some idea of the euphoria that Lionel and his Boys aroused in concert: to make it easier to understand why these concerts left audiences, usually standing on their seats, shouting for more, a veritable standing ovation to this jazz giant, this King of Swing, Mister Hampton!
Adapted in English by Joyce WATERHOUSE from the French text of Jacques MORGANTINI
© 2009 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS

Recordings from the collection of Jacques Morgantini.
Photos and collections: Jacques Morgantini, X (D.R.). Photographic reproductions : Pierre Allard
Grateful thanks to Jean Buzelin

Note : (1) See The Greatest Blues Shouters 1944-55 (FA 5166)

DISCOGRAPHIE CD 1
 1. OPENER (L. Hampton)
 2. OH ROCK (L. Hampton)
3. ON THE SUNNY SIDE OF THE STREET (D. Fields - J. McHugh)
 4. STAR DUST (H. Carmichael)
 5. HOW HIGH THE MOON (N. Hamilton - M. Lewis)
 6. VIBE BOOGIE / FLYIN’ HOME (L. Hampton / L. Hampton - B. Goodman)
 7. JAM BLUES (L. Hampton)
 8. VIBES BOOGIE (L. Hampton)
 9. HOW HIGH THE MOON (N. Hamilton - M. Lewis)
10. RED LIGHT BLUES (S. Parker)
11. SET MY SOUL ON FIRE (S. Parker)
12. ROCK BABY ROCK (B. Reading)
13. STAR DUST N° 2 (H. Carmichael)

SOLOISTS:
 3. Clifford Solomon (ts), Lionel Hampton (voc)
6. Jay Peters (ts), Bobby Plater (as)
 7. Bobby Plater (as), Jay Peters (ts), Billy Brooks (tp)
10. Sonny.Parker (vocal), Edwin Frazier (ts)
11. Jay Peters (ts), Sonnu Parker (voc), Bobby Plater
12. Bertrice Reading (voc), Jay Peters (ts)

Lionel Hampton plays all the vibes solos.

Lionel Hampton’s Big Band:
(1-3) Walter Williams, Clifford Brown, Art Farmer, Quincy Jones (tp), Al Hayes, James Cleveland, Buster Cooper (tb), Gigi Gryce, Anthony Ortega (as), Clifford Solomon, Clifford Scott (ts), Oscar Estelle (bs), George Wallington (p), Billy Mackel (g), Monk Montgomery (b), Alan Dawson, Curley Hamner (dm), Lionel Hampton (vibes, piano, drums, vocal). Sweden, Autumn 1953. (4) Wallace Davenport, Billy Brooks, Eddie Mullens, Nat Adderley (tp), Al Hayse, Harold Roberts, Buster Cooper (tb), Bobby Plater, Jay Dennis (as), Jay Peters, Edwin Frazier (ts), Joe Evans (bs), Dwight Mitchell (p), Billy Mackel (g), Peter Badie (b), Wilford Eddleton (dm), Curley Hamner (dm, voc), Lionel Hampton (vib, p, dm, voc). Sonny Parker (voc on 10, 11), Bertice Reading (voc on 12). Amsterdam, October 28, 1954. (5-6) Same as for (4). Düsseldorf, November 6, 1954. (7-13) Same as for (4). Vienna, November 18, 1954.

DISCOGRAPHIE CD 2
1. FLYIN’ HOME (L. Hampton - B. Goodman)
 2. HAMP’S BOOGIE WOOGIE / HEY BABA RE BOP (L. Hampton - M. Buckner)
 3. THE HIGH AND THE MIGHTY / TENDERLY (D. Tiomkin / W. Gross)
 4. OUR LOVE IS HERE TO STAY (G. Gershwin)
 5. VIBES BOOGIE n° 2 (L. Hampton)
 6. RED RIBBON (L. Hampton)
 7. JIVIN’ THE BLUES (L. Hampton)
8. FAST BLUES (L. Hampton)
 9. DRUMS FEATURE (L. Hampton - C. Hamner)
10. AGAIN FLYIN’ HOME (L. Hampton - B. Goodman)
11. DRUMS BATTLE WITH CURLEY (L. Hampton - C. Hamner)

SOLOISTS:
 1. Jay Peters (ts)
 2. Billy .Mackel (g), Lionel Hampton (p, voc)
 6. Bobby Plater (as), Jay Peters (ts), Curley Hamner (dm)
 7. Bobby Mackel (g), Peter Badie (b), Lionel Hampton & Curley Hamner (dm)
 8. Billy Mackel (g), Al Hayse (tb), Jay Peters (ts)
9. Lionel Hampton & Curley Hamner (dm duet)
10. Jay Peters (ts)
11. Lionel Hampton & Curley Hamner (dm duet)

Lionel Hampton plays all the vibes solos.

Lionel Hampton’s Big Band:
(1-4) Wallace Davenport, Billy Brooks, Eddie Mullens, Nat Adderley (tp), Al Hayse, Harold Roberts, Buster Cooper (tb), Bobby Plater, Jay Dennis (as), Jay Peters, Edwin Frazier (ts), Joe Evans (bs), Dwight Mitchell (p), Billy Mackel (g), Peter Badie (b), Wilford Eddleton (dm), Curley Hamner (dm, voc), Lionel Hampton (vib, p, dm, voc). Vienna, November 18, 1954.
(5-10) Same. Graz, December 27, 1954. (11) Lionel Hampton & Curley Hamner (dm, voc), drums duet with the Lionel Hampton’s Orchestra. NYC, Autumn 1949.

CD LIONEL HAMPTON BIG BAND - The European Concerts 1953-1954 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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