Fremeaux.com
Bergers-guerriers de la Vallée de l’Omo 
Enregistrement sonore in situ - Éthiopie 

The warrior-shepherds from the Omo valley - Ethiopia 





Entre 2003 et 2006, Bastien Lagatta, musicien et ethnomusicologue, entreprend des recherches musicales chez les sociétés agro-pastorales de la Vallée de l’Omo, grâce au concours du CNRS/ Minis­tère des Affaires Etrangères, et de l’UNESCO.  Son projet est d’y découvrir les modes de vie particuliers des habitants des bords du fleuve Omo, qui vivent de l’élevage ovin et bovin ainsi que d’une agriculture céréalière de subsistance.   Ainsi, pendant plusieurs mois, il partage le quo­tidien des tribus semi-nomades Nyangatom, Mursi et Bodi, et aborde l’étude de leurs répertoires musicaux. Ce périple de plusieurs centaines de kilomètres le long du fleuve Omo, dans un environnement naturel époustouflant, l’amène au cœur d’une Humanité aux mœurs bien singulières…  Extrêmement attachants, ces hommes et femmes vivent dans un univers à l’équilibre précaire.   Aussi, était-il urgent de préserver ces patrimoines menacés.

Que soient ici remerciés M. Olivier Tourny et le programme Franco-Ethiopien de Coopération Scientifique en Ethnomusicologie (Ministère des Affaires Etrangères/ Ambassade de France en Ethiopie) et l’UNESCO/ Norway Funds-In-Trust Project, Safeguarding of intangible cultural heritage. Un très chaleureux “Allakhara” (Merci) au Pr. Serge Tornay “Lokoriniyang”, Professeur d’Ethnologie au Musée de l’Homme à Paris, spécialiste des Nyangatom. Pour ceux-ci, je ne pouvais être autre chose que le fils !  “N’es-tu pas le fils de Lokoriniyang ? Sinon, comment serais-tu arrivé jusqu’à nous ?”. Ce petit malentendu de départ, entretenu par jeu tout au long de mon séjour, m’ouvrit en grand les portes du monde Nyangatom, et plus largement celles des peuples de l’Omo. …Enfin et surtout, un immense merci à vous, peuples Nyangatom, Mursi et Bodi, qui m’avez offert ces instants de vie si précieux…   

L’Éthiopie compte plus de quatre-vingts groupes ethniques sur son territoire. On en dénombre pas moins de quatorze dans la seule région de l’Omo. Située aux confins du sud-ouest du pays, aux frontières du Kenya et du Soudan, la vallée de l’Omo réunit une diversité géographique et humaine exceptionnelle. En 2001, le gouvernement de la République fédérale d’Éthiopie rassembla les trois anciennes provinces administratives du Sud (Gamo Gofa, Kaffa et Sidamo) et créa le nouvel État régional des “Nations et peuples du Sud” (Southern Nation Nationalities People Regional State). L’Omo, puissant fleuve dont la région tire son nom, étend ses méandres boueux sur plus de 1 000 kilomètres, de sa source au nord dans les plateaux du Choa, jusqu’au lac Turkana au Kenya, dont le delta mord sur le territoire éthiopien. Située à 900 kilomètres de la capitale Addis-Abeba, cette contrée lointaine et inhospitalière est pour les Abyssins, Éthiopiens des hauts plateaux, peuplée de Shanqillas, Noirs parmi les Noirs, “êtres sauvages et primitifs nés pour l’esclavage”, selon la dénomination de l’Éthiopie impériale. Elle demeure à ce jour, en raison de sa difficulté d’accès, peu affectée par la modernité. Les peuples de la basse vallée de l’Omo pratiquent un mode de vie agropastoral, combinant petite agriculture et élevage bovin et ovin. Chacun coha­bite dans une harmonie toute relative avec ses voisins. Les périodes de paix, propices aux échanges et aux services mutuels, alternent avec des périodes de grandes violences guerrières : razzias sur les troupeaux, viols des femmes, pillages des hameaux ennemis, luttes intestines ataviques et héréditaires. La lance d’autrefois est remplacée par les AK 47 et autres armes automatiques qui circulent depuis les guerres civiles au Soudan. 

Découvertes tardivement par deux voyageurs autrichiens, en 1888, puis annexées au royaume d’Éthiopie dix ans plus tard par l’empereur Ménélik, ces sociétés vécurent pendant longtemps en autarcie, hors de toute influence et invasions extérieures. Ces peuples fiers et épris de liberté ne reconnaissent que du bout des lèvres leur appar­tenance au gouvernement central. La basse vallée de l’Omo, un des lieux les plus reculés et pittoresques d’Éthiopie, comme oubliées de l’Histoire et du Monde, est une région témoin de l’Afrique d’avant les Blancs, une survivance unique des temps ancestraux. Ce disque, témoin d’une aventure bien singulière, est le premier du genre à présenter ces hommes et leur musique. “Que nos jeunes procréent. Que nos femelles soient fécondes et que nos mâles les engros­sent !”, tel sont les sagesses des vieux bergers nus au regard perçant, levant leurs deux mains ouvertes vers les cieux. …Ainsi va le monde au pays des bergers-guerriers de l’Omo.   La musique entendue et enregistrée dans les villages des ethnies de la Basse vallée de l’Omo est principalement vocale, monodique et/ou polyphonique. La pulsation (binaire, ternaire et aksak) est marquée par le clappement des mains ainsi que par le frottement entre eux d’une multitude de bracelets de métal que portent les femmes et les jeunes filles sur les avant-bras. Pour rythmer les danses, on emploie également de larges grelots métalliques que l’on porte aux chevilles. L’héritage culturel se transmet oralement uniquement, par imprégnation. Rien n’est jamais fixé : ces sociétés ignorent évidemment toute forme d’écriture.  Chacune des tribus a développé sa musique selon des critères esthétiques propres et originaux. Toutefois, des influences et interactions existent entre elles, amenées à se rencontrer, communiquer et échanger des informations. L’inspiration poétique première est le troupeau, l’unique richesse. Lors des grandes soirées où tout le village se réunit pour chanter, danser et s’amuser, on raconte la beauté et la force des zébus, on fait l’éloge des grands guerriers du clan qui ont courageusement protégé le bétail contre les razzias des ennemis, on évoque les héros qui ont tué le plus grand nombre d’adversaires au combat… Il existe des répertoires liés à toutes sortes d’occasions particulières au cours de l’année ou d’une vie : chant de travail, de divertissement, de troupeaux, chants spirituels, magiques, de séduction, d’amour, de deuil…  

I - Les Nyangatom de Nakua :
Les Nyangatom relèvent d’un ensemble linguistique et culturel appelé “Karimojong”, regroupant entre autre les Karimojong en Ouganda, Toposa au Soudan et Turkana au Kenya. “Karimojong” désigne l’ensemble de ces peuples dont l’origine commune se situerait dans le lieu mythique de Dongiro, en Ouganda. Ces tribus se séparèrent il y a environ deux siècles et par­tirent chacune à la recherche de nourriture et de pâturage. Les Nyangatom prirent donc la route du Nord et migrèrent lentement jusque sur les rives de l’Omo, dans l’actuelle Ethiopie. Pour survivre, ils diver­sifièrent leurs activités, et sont devenus à la fois pasteurs, agriculteurs, cueilleurs, pêcheurs et chasseurs. Le territoire des Nyangatom est aujour­d’hui à cheval sur les 3 états de l’Ethiopie, du Soudan et du Kenya, dans un espace politiquement éclaté et aux frontières mal définies, le  “Triangle Ilemi”. Les Nyangatom sont séparés de leurs voisins Mursi par le fleuve Omo, qui sert de barrage naturel entre les deux tribus. Ils entretiennent entre eux des relations pour le moins tendues, mais l’Omo, infranchissable à la nage en raison des forts courants et des gigantesques crocodiles, empêche de ce fait les razzias de bétail : ils peuvent donc chacun habiter et cultiver sans grande crainte la forêt-galerie des bords du fleuve et ainsi se concentrer sur les zones ouvertes plus accessibles aux ennemis. 

Chants de la vie quotidienne des bergers
Enregistrés au village de Natapar dans la soirée du 03 août 03 (plages 1 à 7) 
1 - Introduction : troupeaux de zébus aux pâturages (0’58) 
2 - “Loniyang” monodie, chant solo non mesuré (2’34)
Le jeune berger Lomelho nous parle de Loniyang, son bœuf favori, et s’auto-complimente de posséder une si belle bête : “Mon bœuf est jaune, j’en suis très fier. Quand je pense à mon bœuf jaune, je me sens aussi fort que lui, cela me donne du courage au combat. Je peux alors sans peur tuer mes ennemis…” 
3 - “Lotouleniyang” monodie, chant solo non mesuré (1’47) Lomelho continu de décrire avec de nombreux détails son bœuf favori. Celui-ci est jaune avec des tâches noires autour des yeux. 
4 - “Lopelouk” suivi de “Lobokhiniyang” chants collectifs mixtes, forme responsoriale (6’09) Ces chants collectifs réunissent une assemblée de villageois, jeunes hommes, jeunes femmes et enfants, assis autour de plusieurs chanteurs-bergers, auxquels ils répondent en chœur isorythmique.
Ce soir à Natapar, les hommes sont fraîchement arrivés au village après plusieurs mois d’absence, partis faire paître les troupeaux dans les contrées éloignées de Naîta et Moruankipi. Véritables conteurs, ils font en chantant le récit de leur voyage, pour le plus grand bonheur du public qui se délecte de ces longues soirées de chants et de distraction. Plein d’humour, les chanteurs font rire toute l’assemblée en racontant leurs aventures, exploits et autres histoires drôles vécues lors des transhumances. C’est ainsi, en regardant faire les aînés, puis en les imitant, que les plus jeunes acquièrent petit-­à-petit les modèles, les trames de base du matériel musical, et que la tradition orale se perpétue, de génération en génération. Mais pour combien de temps encore ? 
5 - “Lokengkori” chant collectif mixte (1’46) “Mon ami a un bœuf de toutes les couleurs…” Eloges du bœuf d’un ami. Chant en 5/8 marqué par les clappements de mains de toute l’assemblée présente, ouvert et conclu par un superbe cri d’appel : “Yeah ah oh ! Yeah hi yé !”  
6 - Chants des vieux bergers de la génération des “Eléphants” (3’33) Récits historiques, souvenirs mémorables… “Il y a trois ans, j’ai volé un bœuf à nos ennemis Turkana. La route pour retourner au village fut longue et éprouvante, sans eau ni nourriture, j’avais peur des ennemis. Mais à présent je suis fier car ce bœuf est chez moi et m’appartient”. Les hommes imitent dans leur chant les beuglements des taureaux. 
7 - “Loumougoulmoye” chant collectif mixte (3’05) Lorsqu’un guerrier a tué un ennemi, il porte au poignet un bracelet-couteau et est re-prénommé par la tribu “Loumougoulmoye”, “celui qui a tué un ennemi”. Des scarifications, commémorations de son acte de bravoure, lui sont imprimées à jamais sur le corps. C’est une jeune femme qui dirige ce chant, auquel répond un groupe de jeunes par des phrases très longues et énergiques. 

Dans l’intimité du village de Léboré
Enregistrements réalisés les 31 juillet et 02 août 03 (plages 8 à 11) 
8 - Chant de travail (2’51) Duo féminin Deux jeunes adolescentes moulent le sorgho sur la pierre à moudre, pour la préparation du gruau “atap”. Moudre le grain est un travail physique harassant, rendu encore plus pénible par la chaleur. Assises sur leurs genoux, les deux jeunes filles synchronisent leur mouvement d’allé et retour sur la pierre à moudre : cela créé un rythme entraînant sur lequel elles chantent et se donnent du baume au coeur. Le travail est ainsi rendu plus agréable et plus efficace.  Suite historique “Loporiang” Extraits de la suite de chants spirituels des vieilles femmes et de danses de transe des jeunes filles. 
9 - “Niameley, Yé Loporiang” (4’38) chant col­lectif féminin “Esprit Loporiang, lave mon corps des maladies…”  
10 - “Rienga-rienga Loporiang” (6’06) chant collectif féminin Danse de possession et de transe. Une vieille fem­me tombe, possédée par l’esprit. “Guéris-moi, Esprit. Viens en moi et protège-moi des démons...”  Cette suite de chants et de danses pour l’esprit Loporiang a été transmise il y a très longtemps par les Toposa, les “frères” tribaux du Soudan.  Rituel thérapeutique collectif, ces chants visent à appeler l’esprit “Loporiang”, à l’aide du tambour d’eau abull, et à lui demander de guérir le village de ses maux.  Après la danse et les chansons, les femmes sont heureuses : Loporiang les a entendues et a chassé du village les maladies et les démons. Alors toutes rient et applaudissent. Après cette longue suite spirituelle, les femmes sortent de la transe en chantant des chansons de réjouissance, qui évoquent la vie quotidienne de la tribu, les éléments naturels qui l’entourent, le troupeau et la richesse que celui-ci représente, ou encore des chants d’amour : “Eyeye Eboli”, “mes zébus portent des cloches au cou, voyez donc ma richesse !” “Ekory Nierengué”, prière pour un arbre aux couleurs mixtes. “Topeka Niria Akiniya”, “va te coucher en paix, ne t’effraies pas lorsque ton mari te rejoindra, donnes-lui tout, offres-toi à lui sensuellement…”  
11 - “Alélé Lokholoya” chant collectif mixte (4’48) Chants et danses des enfants et des jeunes, rythme aksak en 7/8. Ce chant a été emprunté aux voisins Dassanetch.  

II - Les Mursi de Hayluha et de Ngawéré
En bordure des Parcs du Mago et de Muy.  (plage 12) 
La particularité de cette tribu, pour les femmes, est le port d’un imposant plateau labial en argile décoré et inséré dans la lèvre inférieure, et de plateaux en argile ou en bois légèrement plus petits dans les oreilles.  Les femmes portent leur plateau uniquement en présence de leur mari ou de personnages importants, mais le quittent chaque fois qu’elles se retrouvent entre elles…car très lourd et bien incommode ! Aujourd’hui, les femmes Mursi et leurs consœurs Surma sont les dernières au monde à porter des ornements labiaux de cette taille là. Les Mursi sont réputés pour leur violence et leur couardise, et entretiennent les pulsions guerrières des jeunes hommes en développant leur agres­sivité.  Ils volent le bétail des voisins et n’hésitent pas à dépouiller les voyageurs qui traversent leur territoire. Ils sont tellement craints que même les autorités éthiopiennes ne se rendent plus dans les villages Mursi. 

12 - Flûte mursi Morou (1’48) Improvisation solo par Kaolou Dinko. Enregistré le 19 août 2003 à Hana, district de Salamago. Flûte droite en écorce de bois tendre, à embou­chure terminale et à 2 trous de jeu. La flûte Morou à un caractère relativement inti­miste, elle accompagne les longues journées de solitude des bergers partis faire paître les troupeaux. C’est aussi un instrument de séduction : on en joue pour sa bien-aimée, on peut même lui adresser des messages secrets par l’usage d’une mélodie spéciale, connue seule des 2 amoureux. Alors que tout le village pense que le berger joue pour son troupeau et pour son divertissement, la jeune femme, elle seule, reconnaît le message caché dans la mélodie : “Mon cœur brûle pour toi, rejoins-moi ce soir au bord du fleuve, la nuit sera à nous…”…et ira rejoindre discrètement son amant la nuit venue. 

Village de Ngawéré, sur les bords du fleuve Omo
Enregistrements du 07 août 2003, district de Salamago. Traversée du fleuve en pirogue mursi depuis le territoire Nyangatom, sur l’autre rive. (plage 13 à 24) 

Les hommes du village (chants collectifs) 
13 - “Oletchay” (1’02) Oletchay fait les éloges de son taureau. Tous deux portent le même nom.  Il a dessiné des motifs symboliques noirs sur son taureau blanc et s’est peint les mêmes en blanc sur son corps d’ébène. Ces peintures leur assurent à tous les deux la protection des forces surnaturelles. 
14 - “Naboula nadongulu” (1’42) et
15 - “Nangwayna kara” (1’23) Deux chansons de Donga, combat au bâton pratiqué par les tribus Mursi et Surma. Le Donga est une mise en scène rituelle d’un combat amical, néanmoins très violent, qui a pour but de développer l’agilité et l’endurance des jeunes Mursi, mais surtout de les maintenir dans un état d’agressivité et de brutalité guerrière vécue au quotidien.  
16 - “Badio lauté” (1’43) Chant pour les oiseaux. 
17 - “Kalakalibosso” (1’11) Chant de Donga avec duo de flûte Morou. Eloges du grand guerrier victorieux, celui qui aura combattu et vaincu beaucoup d’adversaires… Chant mesuré à 4/4 sur lequel se superpose un étrange duo de flûte Morou non-mesuré.  Surprenante opposition d’un chant au timbre grave et régulier et des deux flûtes qui jouent dans un registre plus aigu des motifs plaintifs et criards, apparemment sans rapport avec la mélodie chantée. 
18 - Flûtes Morou (2’24) Improvisation en duo. 

Les femmes du village (chants collectifs) 
19 - “Kaênaniyé” (0’59) “Je suis morte”, chanson triste pour la mort d’une personne proche. 
20 - “Komdayé” (0’58)  Chanson de demande en amitié. 
21 - “Ayolo deguelaye” (1’06) Danse des filles pour un taureau aux pattes blanches.
22 - “Noukouregnanineye” (1’09) Attention villageois, le tigre rôde ! 
23 - “Adjenoloynetch” (0’33) “Les Nyangatom nos amis nous ont offert un bœuf” 
24 - Flûtes Morou (1’00) Les hommes improvisent en trio. L’une des trois flûtes est une flûte piccolo à un seul trou de jeu.  Toutes les flûtes ont été fabriquées dans la journée, spécialement pour l’occasion, et doivent être jouées quand l’écorce est encore fraîche. En rai­son de leur extrême fragilité, ces instruments ont une durée de vie éphémère de quelques jours seulement.  

III- Les Bodi de Hana
District de Salamago (plages 25 à 29) 
Les Bodi sont les cousins des Mursi. Les deux tribus entretiennent de très bon rapports entre-elles. Elles se ressemblent à maints égards : même famille de langue parlée nilo-soudanaise, même apparence physique et vestimentaire, même nourriture, des aires de pâturage communes, des accords de mariages inter-tribaux.  A la différence des femmes Mursi, les femmes Bodi portent dans la lèvre inférieure un labret de bois rouge appellé “bodi”, de petite taille et discret, bien moins impressionnant que celui des Mursi, et qui a donné son nom à la tribu.  
25 - Ambiance de fête au village de Gui-Ha (1’12)  Enregistré le 17 août 03. Semaine de réjouissances pour la levée de deuil d’un ancien du village, la fin de la période des funérailles. 

Village de Hana, 
Enregistrements du 24 août 03, le lendemain du jour de marché hebdomadaire.
26 - Trompe Trounotey (1’20) Trompe en fibre végétale et corne de bouquetin. Improvisation commentée en direct par d’autres joueurs. 
27 - Danse et chant collectif mixte pour les troupeaux (1’25) “Voyez quelle richesse représentent nos troupeaux !” Dans cette pièce, la division sexuelle en deux groupe distincts, un chœur masculin et un chœur féminin, comprenant chacun cinq participants, implique une complémentarité des registres vocaux dans la polyphonie. Au-dessus des voix masculines, qui assurent un bourdon et un ostinato mélodique fixe, s’élève les mélodies entrecroisées du chœur féminin. Une des chanteuses improvise des paroles pendant que les autres intercalent en contrepoint de courts motifs mélodico-rythmiques, qui appuient et renforcent le texte chanté. Au milieu des chœurs masculin et féminin, s’improvisa une “piste de danse”. Un à un, les chanteurs vont défiler sur cette aire de danse en imitant les cris de leur taureau favori : “hi, hi…woo !”, puis réintègreront le groupe. La pulsation à 3/4 est marquée par des clappements de mains, les deux groupes étant tantôt à l’unisson, tantôt en alternance polyrythmique. La trompe Trounotey, jouée au début par un des chanteurs, rajoute une dimension festive à la danse. 
28 - Duo vocal féminin (4’58) Par Bileni Gorobola et Kwalensela Mulukuley Comme dans les autres sociétés agro-pastorales de la Vallée de l’Omo, les chansons se réfèrent au troupeau et à la généalogie des familles. A cette période de cruelle famine, les chants portaient principalement sur le manque de nourriture : “En ce moment, nos troupeaux sont si affaiblis que nous n’avons pas de lait à boire…” L’extrême complémentarité des voix et les techniques vocales développées sont telles que l’on a l’impression d’entendre un trio ! Les deux femmes, aussi à l’aise l’une que l’autre dans les registres graves et aigus, alternent en entrecroisant, avec un timbre très particulier, un bourdon mélodico-rythmique dans les graves et une mélodie et un accompagnement dans les aigus. Les paroles sont des souhaits de santé, fécondité et richesse aux familles et aux troupeaux des Bodi. Elle demande aux forces célestes une vie longue, pleine et réussit, et beaucoup de lait. A la fin, ces vœux sont scandés en un surprenant parlé-chanté, tout en continuant à battre une pulsation immuable avec les pieds.  
29 - Epilogue à ce voyage musical dans la Vallée de l’Omo (1’05) Ambiance pastorale de savane en pays Bodi Le jeune berger Darmut emmène le bétail paître les hautes herbes grasses de la plaine de Hana. Le berger connaît par cœur chacune de ses bêtes, il est très proche d’elles, leur parle, les caresse, les tatoue. A ses préférées, en guise d’ornement esthétique, il met une cloche ou des sonnailles métalliques autour du cou, ainsi qu’un collier de cornes de phacochères. Cet enregistrement restitue l’environnement sonore quotidien des pasteurs de l’Omo, qui ne vivent que pour et par le troupeau. Seul le passage du troupeau rompt le silence et la quiétude de la brousse…
Bastien “Lokoribokh” Lagatta
Paris, décembre 2008
© 2009 Frémeaux & Associés
Photos livret : Bastien Lagatta 

english notes
Between 2003 and 2006, Bastien Lagatta, musician and ethnomusicologist, undertook musical researches among the agro-pastoral societies of the Omo valley, thanks to the support of the CNRS, the Ministry of Foreign Affairs and the UNESCO.  His project was to discover the different ways of life peculiar to the inhabitants living on the banks of the Omo river, who live on bovine and ovine breading as well as on a cereal agriculture of subsistence.   For this purpose, for several months, he has shared the everyday life of the semi-nomads tribes Nyangatom, Mursi and Bodi, and has taken up the study of their musical repertories. The trek, of several hundred kilometres along the Omo river, in such an amazing natural environment, led him to the heart of Humanity with its peculiar mores, customs and habits.  Greatly endearing, these men and women live in a world whose balance is precarious.  It was, therefore, an urgent need to preserve such a threatened patrimonial heritage. 

I am thankful to Mr. Olivier Tourny and the Franco-Ethiopian programme of Scientific Coo­peration in Ethnomusicology (Ministry of Foreign Affairs / French Embassy in Ethiopia) and the UNESCO / Norway Funds-In-Trust Project, Safeguarding of intangible cultural heritage.  A warm “Allakhara” (Thanks) to Pr. Serge Tornay “Lokoriniyang”, Professor of Ethnology at the Musée de l’Homme in Paris, specialist of the Nyangatom. For them, I could only have been the son! “Ain’t you the son of Lokoriniyang? Otherwise, how could you have come to us?” This initial little misunderstanding, kept alive all along my sojourn, wide opened to me the doors of the world Nyangatom, and to a larger extent, those of the Omo peoples.  … Last but not least, a huge thanks to you, peoples Nyangatom, Mursi and Bodi, who have offered me such precious moments of life…  

More than eighty ethnical groups live in Ethiopia. No less than fourteen are to be found in the only Omo region. Located on the South Western part of the country and sharing its borders with Kenya and Sudan, the Omo valley gathers an exceptional geographical and human diversity.  In 2001, the government of the Federal Democratic Republic of Ethiopia united the three former adminis­trative provinces of the Southern region (Gamo Gofa, Kaffa and Sidamo) and created a new regional state, the Southern Nation Nationalities People Regional State. The Omo, the powerful river that has given its name to the region, spreads its muddy meanders on more than 1,000 kilometres, from its origin in the North in the Choa plateaux, to the Lake Turkana in Kenya whose delta encroaches upon the Ethiopian territory.   At a distance of 900 kilometres from the capital Addis Ababa, this far-off and inhospitable land is, to the Abyssinians, Ethiopians of the high-plateaux, po­pulated with Shanquillas, Blacks among Blacks, “savages and primitives born for slavery”, according to the designation of the imperial Ethiopia. It has remained until nowadays, because of its relative inaccessibility, little affected by modernity.  The subsistence of the peoples from the lower part of the Omo valley is based upon an agro-pastoral lifestyle, combining little agriculture and bovine and ovine stockbreeding. Everyone live together in a relative harmony with his neighbours. Periods of peace, favourable to exchanges and mutual services, alternate with warlike periods of great violence: raids on herds, rapes of women, looting of the enemies’ hamlets, intestine atavistic and hereditary struggles. The spear used in former times has now been replaced by the AK 47 and other automatic weapons that have been in circulation since the civil wars in Sudan. 

Discovered lately by two Austrian travellers, in 1888, before being annexed, ten years later, to the kingdom of Ethiopia by the emperor Menelik, these societies have long lived in self-sufficiency spared from any external influence and invasion. These peoples, proud and in love with liberty do not openly admit their belonging to the central government.  The Omo lower valley, one of the most remote and picturesque places in Ethiopia, as if forgotten by both History and the World, is a witness region of Africa prior to Whites arrival, the sole survival of ancestral times. This disc, as an evidence of a definitely singular adventure, is the only of its kind to present these men and their music.  “May our youths procreate. May our females be fertile and that our males engross them!”, such are the wisdoms of the old, naked sharp-eyed shepherds, rising their two hands opened towards the sky. … This is the way it goes in the land of the Omo warrior-shepherds.  The music heard and recorded in the villages of ethnic groups from the Omo lower valley is essentially vocal, monodic and / or polyphonic. The pulse (binary, ternary and aksak) is marked by the clapping of hands as well as by the scraping of a multitude of metal bracelets and bangles that women and young ladies wear on the forearms.  In order to give rhythm to the dances, large metallic bells are generally worn on the anklets. The cultural heritage is transmitted only orally, by impregnation. Nothing is permanent: of course, these societies ignore all forms of writing.   Each of these tribes has developed its music accor­ding to its own and original aesthetic criteria. However, influences and interactions do exist between them that are led to encounter, communicate and exchange information. The fist poetic inspiration resides in the cattle, the unique wealth. During the long evening festivities, when all the members of the village are assembled to sing, dance and entertain themselves, one narrates the beauty and the power of the zebus, one makes an eulogy of the great warriors of the clan who have bravely protected the cattle from the raids of the enemies, one evokes the heroes who have killed the greater number of adversaries during fights…   Repertories are linked to all sorts of special occasions all along the year or in a lifetime: there are songs for work, entertainment or for the cattle, spiritual or magical songs, songs for love, for death…  

I - The Nyangatom from Nakua
The Nyangatom belong to a linguistic and cultural group called “Karimojong”, among which we can mention the Karimojong from Uganda, the Toposa from Sudan and the Turkana from Kenya. “Kari­mojong” designates the whole of the peoples whose common origin is said to be located in the mythical place known as Dongiro, in Uganda. These tribes had split about two centuries ago and each one pursued its way looking for food and pasture. The Nyangatom thus took the road towards the Northern direction and migrated slowly until they reached the banks of the Omo, in the current Ethiopia. In order to survive, they diversified their activities, and became all at once shepherds, farmers, gatherers, fishermen and hunters. The territory of the Nyangatom that is nowadays straddling the three states of Ethiopia, Sudan and Kenya, is a politically confused area whose borders are not clearly delimited, and known as the “Llemi Triangle”.  The Nyangatom are separated from their neighbours, the Mursi, by the Omo river that functions as a natural dam between the two tribes. Their relationship is strained, to say the least, but the Omo, that cannot be crossed by swimming because of the strong currents and the huge crocodiles, prevents the raids on the herds: therefore, both can live and cultivate securely the “forest-gallery” of the banks of the river and thus concentrate themselves on the opened areas more accessible to the enemies. 

Everyday life song of the shepherds
Recorded in the village of Natapar in the evening of August 3nd, 03 (tracks 1 to 7) 
1 - Introduction: herds of zebus in pasturelands (0’58) 
2 - “Loniyang” monody, solo song not in tempo (2’34) The young shepherd Lomelho is talking about his favourite ox, and auto-compliments himself for having a beast of such a good nature: “My ox is yellow-coloured, I’m proud of it. When I think about my yellow ox, I feel as strong as he is, and it brings me courage to fight. Then I can, without fear, kill my enemies…”. 
3 - “Lotouleniyang” monody, solo song not in tempo (1’47) Lomelho continues to describe, with numerous details, his favourite ox. This one is yellow-coloured with black stains around the eyes. 
4 - “Lopelouk” followed by “Lobokhiniyang” Mixed collective songs, responsorial form (6’09) Gathered at the occasion of these collective songs, an assembly made of villagers, young men, young women and children is sitting around several shepherd-singers to whom they all respond in an isorhythmic choral. That evening in Natapar, the men had freshly arrived at the village after several months of absence, gone in order to let feed their herds in the distant regions of Naita and Moruankipi. As real narrators, they sing the storytelling of their travel in order to please the public who appreciates these long evenings of singing and distraction. With humour, the singers have the audience laugh at their adventures, feats and other funny stories experienced during the transhumance. This is the way the youngest ones, by watching their elders they subsequently imitate, slowly acquire the models, the fundamental framework of the musical material, thus perpetuating the oral tradition from a generation to another. But for how long, still?  
5 - “Lokengkori”, mixed collective song (1’46) “My friend has a multicoloured ox…”.  Eulogy of a friend’s ox. Song in 5/8 marked by the clapping of hands of the whole assembly, opened and concluded by the superb calling scream: “Yeah ah oh! Yeah hi ye!” 
6 - Songs of the old shepherds of the “Elephant” gene­ration (3’33) Historical narrations, memorable souvenirs… “Three years ago, I had stolen an ox from our enemies Turkana. The way back to the village had been long and exhausting, with no water nor food; I was afraid of the enemies. But now, I feel pride as the ox is in my place and belongs to me.” The men imitate in their songs the bellow of the bull. 
7 - “Loumougoulmoye”, mixed collective song (3’05) When a warrior has killed an enemy, he wears on the wrist and knife-bangle and he is re-named by the tribe “Loumougoulmoye”, “the one who has killed the enemy”. Scarification, that commemorates his act of bravery, is forever stamped on his body.  It is a young woman who leads the song, to which respond a group of youths with very long and vigorous sentences. 

In the intimacy of the village of Lebore
Recordings carried out on July 31st and August 2nd, 2003 (track 8 to 11)  
8 - Work song (2’51) Female duet Two young female teenagers mould the sorghum on the millstone in order to prepare the “gruau atap”. Grain milling is a physically harassing work made eve more hard and difficult by the heat. Sitting on their knees, the two young girls synchronise their come and go movement on the millstone: it thus creates a lively rhythm that heartens them and on which they sing. This way, work is more pleasant and effective.  Historical set “Loporiang” Extracts from the old ladies set of spiritual songs and of young ladies trance dances.
9 - “Niameley, Ye Loporiang” (4’38) female collective song “Spirit Loporiang, wash my body from sickness…”  
10 - “Rienga-rienga Loporiang” (6’06) female collective song Dance of possession and trance. An old woman is falling as she is possessed by the spirit. “Heal me, Spirit. Come to me and protect me from the demons…” 
This set of songs and dances to the spirit Loporiang had been passed on a long time ago by the Toposa, the tribal “brothers” from Sudan. As a collective and therapeutic ritual, these songs aim at invoking the spirit “Loporiang” thanks to the water drum abull, and at asking him to heal the village from its ills. After the dance and the songs, the women are light-hearted: Loporiang has heard them and has cleared the village from the infections and the evils. Then, they all laugh and applaud. After this long spiritual set, the women come out of the trance by the singing rejoicing songs that evoke the ever day life of the tribe, the natural elements that surrounds it, the cattle and the wealth it represents, or love songs: “Eyeye Eboli”, “my zebus are wearing bells around the neck, see my wealth!” “Ekory Nierengue”, prayer for a tree with mixed colours. “Topeka Niria Akiniya”, “go peacefully to sleep, don’t worry when your husband comes and join you, offer him everything, sensually offer yourself to him…” 
11 - “Alele Lokholoya”, mixed collective song (4’48) Children and youths songs and dances, rhythm aksak in 7/8. This song has been borrowed from the neighbours Dassanetch.  

II - The Mursi from Hayluha  and from Ngawere
Alongside the Parks of Mago and of Muy. (track 12) 
The specificity of this tribe, with regard to its women, is the insertion of an imposing labial plate, made of clay and decorated, in their lower lips, and of clay or wood plates a little smaller in the ears. The women wear the lip disc only in presence of their husbands or of important people, but they take it off each time they are simply together… as it is heavy and uncomfortable! Nowadays, the women Mursi and their female fellows Surma are the last ones to wear lip ornaments of such an importance. The Mursi are known for their violence and their cowardice, and maintain the warlike impulse of the young men by developing their aggressiveness. They steal their neighbours’ cattle and have no hesitation when it comes to rob the tourists who cross their territory. They are so feared that even the Ethiopian authorities don’t go anymore in the Mursi villages. 
12 - Mursi flute Morou (1’48) Solo improvisation by Kaolou Dinko.
Recorded on August 19th, 2003 in Hana, district of Salamago. Straight flute cut in soft wood bark, with a mouthpiece and two holes to play. The Morou flute has a relatively intimate character, it accompanies the long days of loneliness of the shepherds gone to let feed the cattle. It is also an instrument of seduction: one can play it for his be-loved one, it can also be used to send secret messages thanks to special melodies known only by the two lovers. Whereas the whole the village will think the shepherd is playing for his cattle or in order to entertain himself, the young woman, alone, will perceive and identify the secret message in the melody: “My heart is burning for you, come and join me on the river side this evening, the night is ours…” … and she will discretely come and join her lover at the fall of the night.

Village of Ngawere, on the banks of the Omo river
Recordings on August 7th 2003, district of Salamago. Crossing of the river in Mursi pirogue from the Nyangatom territory to the other shore. 

The men of the village (collective songs) 
13 - “Oletchay” (1’02) Oletchay is praising his bull. Both have the same name. He has drawn, in black, two symbolic motifs on his white bull and has painted the same, in white, on his ebony chest. These paintings assure both of them protection against supernatural forces. 
14 - “Naboula nadongulu” (1’42) and 
15 - “Nangwayna kara” (1’23) Two Donga songs, stick combat practiced by the tribes Mursi and Surma. The Donga is the ritual performance of a friendly, but nevertheless very violent, battle aiming at developing the agility and endurance of the young Mursi, and essentially at maintaining them in a state of aggressi­veness and warrior brutality that is daily experienced. 
16 - “Badio lauté” (1’43) Song for the birds. 
17 - “Kalakalibosso” (1’11) Song of Donga with duet of Morou flutes. Eulogy of the great victorious warrior, the one who will have fought and defeated his opponents… Song in 4/4 time on which is superimposed a weird duet of Morou flute not in time.  Amazing opposition of a song with a deep and regular tone and two flutes playing on a higher pitch plaintive and piercing motifs, apparently without link with the melody sung. 
18- Morou flutes (2’24) Duet improvisation. 

The women of the village (collective songs) 
19 - “Kaenaniye” (0’59) “I am dead”, sad song for the death of a relative. 
20 - “Komdaye” (0’58) Song for asking in friendship. 
21 - “Ayolo deguelaye” (1’06) Dance of the girls for a white-leg bull. 
22 - “Noukouregnanineye” (1’09) Be careful villagers, the tiger is prowling around! 
23 - “Adjenoloynetch” (0’33) Our friends the Nyangatom have offered us an ox. 
24 - Morou flutes (1’00) The men improvise a trio. One of the flutes is a piccolo flute with only one hole to play. All the flutes have been made during the day, especially for this occasion, and are to be played while the bark is still fresh. Because of their extreme fragility, these instruments have a very limited lifetime of only a few days.  

III - The Bodi from Hana
District of Salamago. (tracks 25 to 29)
The Bodi are the cousins of the Mursi with whom they have great relationships. They are alike in many respects: same family of nilo-sudanese oral language, similar physical and sartorial aspect, same alimen­tation, shared areas of pasture, intertribal marriage agreements. Unlike the women Mursi, the women Bodi wear within the inferior lip a red disc of wood called “bodi” - small, discrete and quite less impressing than the one of the Mursi – that has given its name to the whole tribe.  
25 - Atmosphere of the village festival Gui-Ha (1’12) Recorded in August 17th, 2003 Rejoicing week after the mourning period for an elder member of the village, end of the funeral period.  

Hana Village
Recordings on August 24th, 2003, the day following the weekly market day. 
26 - Trump Trounotey (1’20) Trump made of vegetal fibre and ibex horn. Improvisation commented in live by other music players. 
27- Dance and mixed collective song for the herds (1’25) “See the wealth that represent our herds!”  In this piece, the sexual division in two distinct groups, a mal choral and a female chorale, each composed of five participants, implies a complementarity of vocal registers within the polyphony. Above the male voices that are assuring a drone and a permanent melodic ostinato, intertwined melodies rise from the female choral. One of the female singers improvise the lyrics while the others insert in counterpoint short melodic and rhythmical motifs that stress and reinforce the text sung. Amidst the male and female chorals, is being improvised a “dance floor”. One by one, the singers parade on the dance area while imitating the scream of their favourite bull: “hi, hi… woo!” before reintegrating the group. The ¾ beat is marked by the clapping of hands, the two groups being sometimes in unison sometimes in a polyrhythmic alternation. The trump Trounotey, first played by the singers, adds a festive dimension to the dance. 
28- Female vocal duet (4’58) By Bileni Gorobola and Kwalensela Mulukuley As in the other agro-pastoral societies of the Omo valley, the songs refer to the cattle and the genealogy of the families. In this period of food shortage, the songs were essentially about the scarcity of food: “At the present time, as our herds became so weak we have no milk to drink…” The extreme complementarity of the voices and the developed vocal techniques are such that it gives the impression to hear a trio! The two women, both as comfortable in low and high-pitch ranges, alternate and intertwine, with a peculiar tone, a melodic and rhythmic drone in the low register and a melody and an accompaniment in the high one. The lyrics are wishes about health, fertility and wealth for the Bodi families and herds. They ask to the celestial forces a long, full and successful life, and milk in abundance. At the end, these wishes are scanned in a surprising spoken-sung way, while still beating an unchanged tempo with the feet.  
29- Epilogue to this musical trip into the Omo valley (1’05) Pastoral ambiance of savannah in country Bodi The young shepherd Darmut brings his cattle pasture the tall and green grass of the Hana plain. The shepherd knows by heart each of his animals, he is close to them, he talks to them, caress them, and tattoo them. To his favourites ones, as an esthetical ornament, he has put a bell, sometimes in metal, around the neck, and a necklace of wart dog horns. This recording restores the everyday sound environment of the pastors of the Omo valley who live only for and thanks to the cattle. Only the passing of the cattle breaks the silence and the tranquillity of the bush… 
Translated in English by Susie Jouffa
From the French text  of Bastien “Lokoribokh” Lagatta
Paris, December 2008
© 2009 Frémeaux & Associés  

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