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ANDRÉ MALRAUX
GRANDS DISCOURS 1946-1973 









MALRAUX, CELUI QUI PARLE
par François Busnel
Il existe bien des biographies de Malraux et certaines sont excellentes1. Mais ce n’est pas insulter leurs auteurs que d’affirmer que la véritable biographie de Malraux reste à écrire. Nul, en effet, n’a envisagé le parcours et l’œuvre d’André Malraux sous le seul prisme qui, de l’aveu même de l’intéressé, permettrait de relier la diversité d’une vie sous l’unité de ce qu’il faut bien appeler un destin. Et ce prisme, c’est l’art.  Quel rapport, demande-t-on souvent, entre le romancier qui décrocha le prix Goncourt en 1933 et le soldat de la liberté qui s’engagea trois ans plus tard en Espagne avant de revêtir l’habit du colonel Berger pour lutter contre les divisions allemandes et libérer Colmar (arrachant aux nazis le retable d’Issenheim, merveille indépassable de l’art occidental) ? Comment l’intellectuel anti-fasciste qui fut l’une des figures de proue de la IIIe République devint-il ministre du général de Gaulle et zélateur de la Ve République ? Pourquoi l’homme de gauche qui défendait la liberté et la fraternité dans l’entre-deux-guerres fut-il le plus habile et terrifiant adversaire de François Mitterrand et des socialistes français dans les années soixante ?… L’écrivain André Brincourt, qui dirigea un temps Le Figaro Littéraire, résuma la réponse dans une formule lapidaire qui sert d’épilogue à un petit livre, hélas !, méconnu : Messagers de la nuit : “Lorsque l’on prononce le nom d’André Malraux, on s’aperçoit que chacun le classe, non sans facilité, sous une étiquette. Ce n’est pas toujours la même, mais elle tient à la colle forte. Aventurier, romancier, chevalier des Temps Modernes, révolutionnaire renégat, colonel d’occasion, ministre félin. Peut-être faut-il s’étonner de voir un des grands esprits de ce temps victime de lui-même – ou, plus exactement, victime de la statue qu’il s’est forgée de son vivant”2. Victime de sa légende, Malraux ? Oui, sans doute. Et l’on peine, parfois, à comprendre le sens de l’œuvre protéiforme et géniale qu’il laisse derrière lui. Or comprendre Malraux, c’est d’abord l’écouter. Sa parole est une illumination. Un éclairage indispensable. Mais cet éclairage – comme tout coup de projecteur – risque d’altérer le sujet, l’embellissant (souvent), le tordant (parfois). Voilà pourquoi il faut mettre la parole de Malraux en permanente relation avec ses écrits. 

Malraux est avant tout celui qui parle. Un orateur hors pair. Tous ceux qui le cotoyèrent racontent, subjugués, les longues heures d’entretiens (Malraux ne concevait pas de faire court) qu’il vécurent avec cet homme capable d’aborder tous les sujets.  Au commencement, donc, il y a sa voix. Cette voix, que nous avons voulu faire entendre ici, surgie des limbes, intacte, est un défi au temps qui nous broie et à l’intelligence qui nous manque. Une voix à l’affût des éternelles projections de l’âme humaine. Une voix ardente et méditative au service d’un langage clair et souverain où les formules jaillissent sans arrêt et où fourmillent les joyaux. La voix, chez Malraux, est le pendant du regard – ce regard unique qu’il sut porter sur la politique, l’histoire, l’art. C’est la voix de la France. Une France à laquelle Malraux s’identifia bien plus tôt qu’on ne le pense. Comme si sa vie et son œuvre, indéfectiblement déliées, se réunifiaient dès lors qu’entrait en scène son pays. Telle est la définition du génie, selon Hegel : l’esprit de l’homme rencontrant l’esprit du temps. Malraux était un génie, et les discours que nous publions ici achèvent d’en apporter la preuve. La voix de Malraux. Elle est tantôt déterminée et pédagogique – comme dans cette conférence de 1946 prononcée à la Sorbonne – tantôt frêle et chevrotante, secouée par les spasmes de la douleur et les hoquets du souvenir – tout le monde conserve, dans un coin de sa mémoire, le son de cette voix fêlée qui prononça l’éloge funèbre de Jean Moulin et évoqua les ombres d’une armée de Justes exterminés par la barbarie. La voix de Malraux était capable de soulever les foules – qui, aujourd’hui, peut se prévaloir d’une telle puissance ? C’est une voix qui interroge. Une voix qui fédère. Et dont la ferveur est contagieuse. Que serait devenu le général de Gaulle sans Malraux ? La question mérite d’être posée lorsque l’on écoute les discours prononcés durant les campagnes électorales de 1958, 1965 ou 1967, lorsque l’on s’attarde sur les improvisations invraisemblablement audacieuses du ministre de la Culture à la tribune d’un meeting où, malgré une salle acquise, il s’agit de barrer la candidature d’une gauche décidée à désigner De Gaulle comme l’incarnation du “pouvoir personnel”.  Beaucoup ont glosé sur les accents lyriques de Malraux. Ses détracteurs y voyaient de l’épate. C’est vrai, il y a du lyrisme chez cet homme qui n’hésitait pas à convoquer dans la même image Carnot, Chateaubriand, Victor Hugo et Dostoïevski, qui racontait les maquis de Dordogne en évoquant “les moutons des thabors”, comparait les maisons de la culture aux ziggourats d’Ur et dissertait sur les fellahs de la vallée du Nil comme s’il en avait été le contemporain. Mais ce lyrisme n’est jamais gratuit. C’est ce qui apparaît à l’écoute de ces trois heures et demie de discours : Malraux a fait du lyrisme une méthode d’analyse.   La plupart de ces textes ont été publiés, d’autres sont totalement inédits (le discours de campagne pour le référendum constitutionnel de 1958, le meeting de janvier 1967 au Palais des Sports, le texte de janvier 1970 sur la libération de l’Alsace et de la Lorraine, le discours de Cendrieux sur les maquis de Dordogne, tous réunis sur le premier disque, n’ont pas encore fait l’objet d’une publication en livre) mais c’est la première fois qu’ils sont ainsi rassemblés dans un coffret d’albums enregistrés. La politique, l’art, l’amitié. Les trois grands pôles de la vie de Malraux, les trois disques qui rassemblent ses discours. 

La politique 
La politique, pour Malraux, n’a d’importance que parce qu’elle fait l’Histoire. Et jamais l’Histoire ne fut autant utilisée pour affirmer une politique. Mais si Malraux use tant des références historiques,  c’est qu’il estime l’avoir faite, l’Histoire.  Déroulons le fil de sa vie. A vingt-cinq ans, il est déjà auréolé du prestige des aventuriers ; il est celui qui a été voir de près, en Indochine et en Chine, à quoi ressemble la lutte contre le colonialisme. Dès 1934, il défile aux côtés des anti-fascistes dans une France aveugle et bègue qui salue l’arrivée d’un nouveau chancellier en Allemagne et d’un duce en Italie. En 1936, quelques jours seulement après le pronunciamento du général Franco, il part pour Madrid, crée et commande l’escadrille Espana, attaque les colonnes nationalistes et bombarde l’Alcazar de Tolède. Puis, deux ans plus tard, il tourne le film Sierra de Teruel, adaptation d’un chapitre de L’Espoir qu’il a écrit à son retour d’Espagne ; il ouvre les yeux à un monde installé dans le confort forgé par les politiciens du moment. En 1943, l’écrivain s’arrache à sa solitude (il publie, cette année-là, son dernier roman, Les Noyers de l’Altenburg… mais la moitié de son œuvre littéraire reste à écrire), s’autoproclame “colonel” Berger et prend la tête d’une “bri­gade de brigands” qu’il baptise Alsace-Lorraine. “Il y a eu la guerre d’Espagne et je suis allé me battre en Espagne, puis il y a eu la guerre de France et la défaite, et comme beaucoup d’autres, j’ai épousé la France”, écrit-il dans les Antimémoires. Pourquoi Malraux s’est-il engagé si tardivement dans la Résistance, demande-t-on souvent ? La réponse n’est pas simple. On pourra objecter que la date - mars 1943 - ne change rien à l’affaire et que le vétéran de la guerre d’Espagne connaissait suffisamment la réalité des conflits armés pour rétorquer en parfaite connaissance de cause à Sartre et Beauvoir, venus le trouver en vélo au Cap d’Ail, “combien de chars possédez-vous ?”. Sur l’engagement prétendument tardif de Malraux, il convient d’apporter quelques éclairages – ils permettent de saisir dans toute leur grandeur les propos tenus dans ces discours, lorsque Malraux raconte “sa” résistance. Premièrement, Malraux a toujours considéré que la Seconde guerre mondiale avait débuté le 18 juillet 1936 lors du pronunciamento de Franco en Espagne. Trois jours plus tard, on l’a dit, il atterrissait à Madrid. Seul. En ce sens, il fut l’un des premiers résistants.

Avec ses camarades internationalistes, il réclama aux pouvoirs en place (le Front Populaire, c’est-à-dire les socialistes et les communistes, ne l’oublions jamais) des armes et des avions. Ils lui furent refusés et l’Espagne sombra dans les ténèbres. De retour d’Espagne, en février 1937, vaincu mais plein de cet espoir qu’il décrira si longuement dans son roman, il entame une tournée de conférences aux Etats-Unis, avec Josette Clotis devenue sa compagne, pour recueillir des fonds destinés aux Républicains espagnols. En 1939, lorsque la guerre entre la France et l’Allemagne est déclarée, il s’engage comme deuxième classe dans les rangs de l’armée française. Son unité est faite prisonnière le 16 juin 40 et ramenée à Sens, dans un camp dont il s’évade le 1er novembre. La guerre, Malraux connaît. Il refuse donc de se lancer n’importe comment dans un combat qu’il a été seul à mener quelques années plus tôt. Malraux était profondément indifférent aux circonstances ; il s’engageait selon des convictions, sans se soucier de l’air du temps. Mais alors qu’il décline fermement les propositions des premiers résistants et s’attelle à la rédaction du Démon de l’absolu et de La Lutte avec l’ange, il remet à Varian Fry (qui organisera la fuite de la plupart des grands intellectuels européens) une courte lettre adressée au général de Gaulle et dans laquelle il imagine… l’organisation de l’aviation des Forces Françaises Libres ! La lettre n’arrivera jamais. 1943 est un tournant dans la guerre, certes, mais aussi dans la vie de Malraux. Au mois de mars naît son deuxième fils, Vincent ; c’est aussi la date de son premier contact avec le réseau Buckmaster. En mai, lors d’un voyage à Paris, Malraux tente de convaincre son ami Drieu La Rochelle, parrain de son fils, de rejoindre le maquis. En vain. Tout au long de cette année, la résistance de Malraux, dans le Sud de la France et à Paris, est surtout intellectuelle ; il use de son influence . En mars 1944, il rejoint le SOE brittanique et s’applique à fédérer la zone R5, Périgord-Corrèze-Lot. Et le 21 mars, c’est le premier des coups terribles qui le défigureront à vie et dont il ne voudra jamais parler : ses demi-frères, Claude et Roland, sont arrêtés par la Gestapo. Claude meurt sous la torture, Roland est déporté et périra l’année suivante en tentant de s’évader, en trouvant refuge sur un bateau que couleront les Alliés en rade de Lubeck. Malraux fut très profondément affecté par ces nouvelles. On ne peut sous-estimer leur poids dans la décision, prise en ce début d’avril 1944, de former la brigade Alsace-Lorraine et de devenir le colonel Berger. Poursuivons. Le 21 juillet, Malraux-Berger est arrêté à l’entrée du village de Gramat. Blessé lors de la fusillade, il subit un interrogatoire où les Allemands font mine de le passer par les armes avant de l’interner à Toulouse. Libéré le 19 août, il lance sa brigade dans la bataille des Vosges dès fin septembre. Là-bas, sur le front, il apprendra la mort accidentelle de Josette Clotis, écrasée par un train. “La mort d’une femme aimée. C’est… la foudre !” (Antimémoires). 

L’Histoire, encore, Malraux l’a faite un soir de janvier 1945 à la Mutualité, à Paris, lorsque, l’uniforme tout crotté, il intervint contre la fusion avec le Front national (communiste) au Premier Congrès du Mouvement de Libération Nationale, faisant ainsi basculer le pouvoir dans le camp des gaullistes. Les bandes de ce discours, hélas !, ont été perdues. A cette époque, il déclare : “C’est à De Gaulle personnellement que je suis attaché”. A ses yeux, l’homme du 18 juin incarne la nation.  L’Histoire, toujours, et la politique, lorsque Malraux devient ministre de l’Information. Puis, après que De Gaulle a quitté le pouvoir, secrétaire général du RPF. Et quand De Gaulle revient au pouvoir, en juin 1958, Malraux y revient aussi, ministre de l’Information pour quelques semaines et, surtout, ministre des Affaires Culturelles, engageant la France sur la voie de ce que l’on appelle aujourd’hui encore l’exception culturelle. “Ministre du général de Gaulle, me dit un jour Alain Peyrefitte3, beaucoup ne peuvent se prévaloir de ce titre qu’à la suite d’un bref épisode. Malraux fut le seul à n’être ministre que dans les gouvernements de De Gaulle, et à être ministre dans tous les gouvernements de De Gaulle.” La précision a son importance : Malraux n’était pas un idéologue mais un “ami” (“A ma droite, écrit De Gaulle dans ses Mémoires d’espoir, j’ai et j’aurai toujours André Malraux. La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, me donne l’impression que, par là, je suis couvert du terre à terre”). Peyrefitte, qui fut le scribe de la Ve République, fut témoin de cette conjonction de destins entre De Gaulle et Malraux. Ce compagnonage lui apparaît comme une évidence : “Malraux ministre, c’était d’abord une présence auprès du général de Gaulle. Il ne participait pas au gouvernement parce qu’il était le mieux à même d’y remplir telle ou telle fonction, son rôle véritable était simplement d’être là. Il n’était même pas d’abord le grand orateur ou le grand écrivain qui s’occupait de l’information ou de la culture, il était pour De Gaulle un frère de destin, et, à ce titre, le plus constant compagnon dans le gouvernement de la France. Malraux ministre, ce fut d’abord celui que l’on voyait toujours assis à la droite du général. Celui à qui il donnait la parole le premier lorsqu’il voulait, en un tour de table, recueillir l’avis de son gouvernement. Celui qui échangeait avec lui des petits billets ou qui lui chuchotait à l’oreille. Dans les tours de table, il sait être lapidaire : il va droit au but. Je l’entends sur la question du référendum d’octobre 1962, balayer les incertitudes : «Votre successeur doit-il être élu au suffrage universel ? Oui. Comment pourrait-il en être autrement. Cette réforme sera-t-elle votée par référendum ? Oui. Comment pourrait-il en être autrement.» Derrière l’invocation simplificatrice de l’intelligence, il y a l’angoisse tragique : «Cette réforme sera-t-elle suffisante ? Sûrement pas. Rien n’est jamais suffisant. Sinon l’Histoire, depuis que le monde est monde, aurait eu d’autres couleurs»”4.  Les discours politiques de Malraux sont à la fois des récits d’histoire et des leçons de philosophie. La Résistance est omniprésente mais comme un élément fédérateur destiné à la jeunesse – et cela, depuis la Commémoration de la Libération de Paris, en 1958, jusqu’au discours des Glières pour l’inauguration du monument aux morts des maquisards savoyards. Car Malraux ne parle pas au passé, il s’adresse à l’avenir. 

L’art
L’art représente bien plus qu’une simple parenthèse dans l’œuvre et la vie de Malraux. Il en fournit la clé. En effet, si Malraux détestait les confidences, haïssait ce “moi” qui se répand en autobiographies ou en confidences littéraires, s’il croyait que l’écrivain est tout entier dans son œuvre et que l’histoire de sa vie ne nous apprend rien que l’œuvre ne dise déjà, il a par­semé ses manuscrits de références sur l’art (quand il ne s’agissait pas, avec ses fameux “dyables”, de véritables œuvres d’art) qui sont autant de témoignages des obsessions qui le hantaient. L’art est pour lui une aventure. Toute aussi dangereuse que celle qui le conduisit à jouer les chapardeurs dans la jungle du Cambodge ou les colonels de fortune dans les maquis de Dordogne. Contrairement à une idée (mal) reçue, Malraux ne s’est pas intéressé sur le tard à l’art. Ce fut l’interrogation de toute son œuvre et de toute sa vie. Cette aventure-là ne débute pas au lendemain de la Seconde guerre mondiale mais après la Première, lorsque le jeune homme d’à peine dix-huit ans déambule le long des quais de la Seine à la recherche d’ouvrages rares qu’il revend à des libraires du Quartier latin, puis envisage de publier les auteurs maudits de son époque en accompagnant chaque texte d’une œuvre arrachée à Max Jacob, Galanis ou Derain. Peut-être la vocation de Malraux débute-t-elle en cette année 1920 lorsque son ami Max Jacob le présente au marchand d’art Kahnweiler. “J’ai écrit des romans, mais je ne suis pas romancier, j’ai vécu dans l’art depuis mon adolescence.”  On aurait donc tort de retenir l’aventurier contre le métaphysicien. Métaphysicien ? Oui, c’est bien d’une métaphysique de l’art dont il est question tout au long de l’œuvre de Malraux, non d’une histoire de l’art. Son premier texte s’intitule “Les origines de la pensée cubiste”, il l’a écrit à dix-neuf ans pour la revue La Connaissance, de son ami libraire René-Louis Doyon. “On s’est beaucoup intéressé à l’histoire de l’art et bien peu à son énigme. Je ne m’intéresse qu’à sa part énigmatique”, répètera-t-il tout au long de sa vie. On trouvera dans ces discours (la conférence Art et Culture prononcée sous l’égide de l’UNESCO en 1946 et le discours de Dakar sur l’influence de l’art nègre, prononcé vingt ans plus tard) le fil conducteur qui éclaire cette interrogation permanente. Par la conquête du réel (les fulgurances malruciennes qui associent les œuvres entre elles), Malraux part à la poursuite de l’insaisissable (la fameuse énigme de la création) et, de là, vers ce qui, en l’homme, dépasse l’homme, et de ce qui, en art, dépasse l’art.   Avec l’art, Malraux s’est aventuré dans une quête poétique. Pourquoi l’art ? Parce qu’il est une contestation du monde au quotidien. Et parce que l’interrogation muette de Malraux porte sur la mort. Avant tout. Malgré tout. Chacun de ses livres, chacun de ses discours, portent la marque de cette question fondamentale. Face à cette obsession, Malraux met en avant deux armes : l’action et la création. Si son œuvre romanesque exalte l’action comme moyen de lutter contre la mort (que l’on se souvienne des Conquérants ou de La Condition humaine !), ce sont les écrits sur l’art (Les Voix du silence et La Métamorphose des dieux, notamment) qui montrent comment approcher au plus près l’énigme de la création, la seule chimère qu’il ait jamais poursuivie. Il n’est qu’une chose capable de vaincre le temps qui passe et la mort qui frappe, et cette chose c’est l’art. L’art comme contestation de la mort. “La seule chose qui soit présente en face de la mort, c’est l’art”, se plaisait-il à répéter, s’amusant de la déroute qu’une telle sentence (aux accents pourtant moins définitifs qu’il n’y paraît) provoquait chez ces interlocuteurs. Aux philosophes existentialistes qui répétaient avec Sartre et Heidegger que l’homme est un “être-pour-la-mort”, Malraux rétorquait qu’il se pourrait bien que l’homme soit un “être-contre-la-mort”. En pénétrant dans le monde de l’intemporel, en permettant à l’homme de d’aller au-delà de lui-même, de laisser une trace vivante et d’entrer dans un temps qui n’est plus celui de l’histoire, l’art échappe à la mort. Il devient ainsi ce que Malraux appelle un “anti-destin”.

La création et le combat politique sont les deux seules armes efficaces que nous pouvons utiliser dans la lutte qui nous oppose, jour après jour, au chaos. L’homme lutte contre son destin (cette fatalité qui voudrait que nous nous laissions aller et nous capitulions devant nos rêves) en acceptant la mort qui le délivrera de sa condition ; l’art, lui, échappe au temps, à cette durée insupportable – non par quelque transcendance (c’est-à-dire par une immortalité) mais grâce à une métamorphose. Que faut-il entendre, dans le vocabulaire malrucien, par métamorphose ? La métamorphose est le seul moyen de conjurer le destin. Malraux exprime cette conviction dans Les Noyers de l’Altenburg, lors de l’intervention du professeur Mollberg au colloque, et la reprendra dans les Antimémoires : “Mais peut-être les structures mentales disparaissent-elles sans retour comme le plésiosaure ; peut-être les civilisations ne sont-elles bonnes qu’à se succéder pour jeter l’homme au tonneau des Danaïdes ; peut-être l’aventure humaine ne se maintient-elle qu’au prix d’une implacable métamorphose ; alors, peu importe que les hommes se transmettent pour quelques siècles leurs concepts et leurs techniques : car l’homme est un hasard, et, pour l’essentiel le monde est fait d’oubli”. Il faut comprendre ceci : l’aventure humaine ne se maintiendra qu’au prix d’une implacable métamorphose ; sans cette métamorphose, les civilisations sont vaines car dues au hasard dans un monde fait d’oubli. La métamorphose, c’est ce qui nous permet de lutter contre l’oubli, de donner une signification à un monde fait de hasard – le monde dans lequel nous vivons et nous mourrons. La métamorphose est donc ce qui transforme le destin en anti-destin. Et le roman, dans tout ça ? Une métamorphose, aussi. Car qu’est-ce qu’un romancier sinon un homme qui est amoureux parce qu’il a rêvé de l’amour ? Les discours sur l’art ici rassemblés aident à lire Malraux. La voix de Malraux face aux voix du silence, en quelque sorte. Ces discours permettent de dissiper le préjugé qui entoure les écrits sur l’art de Malraux. La pensée de Malraux s’y exprime totalement. On comprend ici pourquoi Malraux a toujours récusé la notion d’esthétique et s’est toujours défendu de procéder à une histoire de l’art. Ce qui compte, c’est le “Musée imaginaire”. A travers lui, Malraux pense une culture occidentale qui, loin d’être refermée sur elle-même et de refuser toute altérité, n’aura d’autre identité que son accueil des cultures autres. Il faut souligner ce point, essentiel : alors que nos aïeux ne pensaient l’art qu’en terme d’esthétique, c’est-à-dire en fonction de leur goût (donc de leur époque et de leur lieu), nous pouvons, grâce à ce “Musée imaginaire” penser l’art sur le mode de la communion des œuvres et non de leurs différences. Le fait artistique, pour Malraux, se fonde en philosophie. Et le critère de l’art n’est pas la beauté mais ce que Malraux nomme “l’imaginaire”, c’est-à-dire l’imagination d’hier mise au service d’une religion pour demain. De quelle religion s’agit-il ? D’un lien social intemporel et spirituel, non d’une idéologie ecclésiastique : l’art, qui s’exprime à travers le “Musée imaginaire”, est le trait d’union entre les cultures que les politiques tiennent pour incommunicables. Par les formes muettes de l’expression artistique, les cultures se parlent et se fécondent. 

Ce que ces discours suggèrent ? La langue de Vermeer et celle du Tintoret, de Goya ou de George de La Tour peuvent être comprises par tous, contrairement aux langues nationales de Spinoza et de Machiavel, de Cervantès ou de Descartes. L’art, comme remède au syndrome de Babel. Or le temps est venu où l’on peut reproduire et rassembler toutes les œuvres de l’humanité et les offrir au regard. Un rassemblement qui n’intervient plus dans un lieu physique (le musée) mais dans un lieu mental (le musée imaginaire) ; un regard qui ne voit pas dans le retable ou le tympan une icône chrétienne mais d’abord une œuvre d’art. Passer du culte à la culture fut la tâche que s’assigna Malraux tout au long de sa vie. On retrouve ce souhait dans ces discours distants de vingt ans. Pour Malraux, sans doute les religions (le surnaturel) comme la beauté (l’irréel) ont prétendu nous délivrer du temps, mais l’éternité (pour les religions) et l’immortalité (pour la beauté) n’étaient elles-mêmes que les premières formes, encore inadéquates, de la délivrance. C’est que, comme les religions, la beauté elle-même est éphémère. Et c’est la raison pour laquelle les œuvres, qu’elles soient sacrées ou profanes, devront être délivrées par le Musée imaginaire. Mais ces discours sur l’art nous disent encore autre chose. Malraux ne l’ignorait pas, il faut un code pour entrer dans l’art nègre ou dans la peinture de Picasso. Or ce code, c’est à l’école de le transmettre. Ces discours éclairent ainsi l’action de celui qui, à la tête du premier ministère des Affaires Culturelles de la Ve République, déclara : “Je ne peux pas infliger la joie d’aimer l’art à tout le monde. Je peux seulement essayer de l’offrir, la mettre à disposition pour que, à ceux qui la demanderont, elle soit donnée. Si je peux dire, en mourant, qu’il y a cinq cent mille jeunes de plus qui ont vu s’ouvrir, grâce à mon action, une fenêtre par où ils échapperont à la dureté de la technique, à l’agressivité de la publicité, au besoin de faire toujours plus d’argent pour leurs loisirs dont la plupart sont vulgaires ou violents, si je peux me dire cela, je mourrai content, je vous assure.” On ne peut que rapprocher cette phrase du souhait, émis en 1952 (alors qu’il n’était pas encore ministre) dans les colonnes de la revue Carrefour : “Je voudrais que l’on rassemblât des reproductions irréprochables de cent chefs-d’œuvre français et qu’on les mît à la disposition des musées de province. (…) S’il n’y a pas d’art d’Etat, l’Etat doit faire que l’art touche le plus grand nombre possible de Français, atteigne tous ceux qu’il peut réellement atteindre. On n’est ni créateur ou amateur sur commande, mais on n’est ni l’un ni l’autre si l’on ne voit pas l’art dans ses authentiques manifestations. Démocratie, ici, veut dire : permettre au plus grand nombre d’hommes de voir le plus large éventail de grandes œuvres.” 

L’amitié
L’amitié, chez Malraux, atteint son paroxysme lors des oraisons funèbres. Il faut écouter ces discours en lisant les textes, publiés chez Gallimard dès 1971.  Malraux évoque l’Acropole d’Athènes et les monuments de la Haute-Egypte comme s’il s’agissait d’êtres humains. A la fraternité des hommes luttant contre leur destin répond, chez Malraux, la fraternité des formes, des œuvres d’art réunies dans le Musée imaginaire, dressées contre le destin. Avec Braque et Le Corbusier, les funérailles nationales ne sont plus réservées aux militaires ou guidées par des intérêts politiques. En plus d’être des artistes de premier plan, ils furent les amis de Malraux. Devant la colonnade dégagée du Louvre, on entend : “Et puisque tous les Français savent qu’il y a une part de l’honneur de la France qui s’appelle Victor Hugo, il est bon de leur dire qu’il y a une part de l’honneur de la France qui s’appelle Braque. Parce que l’honneur d’un pays est fait aussi de ce qu’il donne au monde.” Et pendant que les porteurs d’offrandes montent lentement vers le cercueil de Le Corbusier au sommet du tertre de la cour carrée du Louvre : “Adieu, mon vieux maître et mon vieil ami ; bonne nuit… Voici l’hommage des villes épiques, les fleurs funèbres de New York et de Brasilia. Voici l’eau sacrée du Gange et la terre de l’Acropole.” Orateur, Malraux avait pour la France un projet culturel. Il tient en quelques mots : le patrimoine exalté, soigné, sauvé ; de nouveaux lieux pour appeler de nouveaux publics et aider de nouveaux acteurs ; la Joconde ou la Vénus de Milo qui voyagent et font le tour du monde ; des expositions qui révèlent à la France Toutankhamon, le siècle d’or espagnol ou l’art de l’Iran… Pour lui, la culture était d’abord une démarche de l’esprit, une aventure personnelle. C’est pour cela qu’il entretint, toujours, des relations privilégiées d’amitié avec les hommes qui firent les cultures - les artistes.   Remerciements  A Jérôme Serri, ami précieux qui, un jour, me fit découvrir Malraux et entreprit de donner un visage à notre Musée Imaginaire en organisant l’exposition “Malraux, le texte et l’image” inaugurée le 4 avril 1997 au Musée des Beaux-Arts de Carcassonne. A Dominique-Antoine Grisoni, qui m’encouragea à publier ce disque – in memoriam. 
François Busnel, Juillet 2004
© 2004 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 

1Celle de Curtis Cate, chez Flammarion, ou l’Album Malraux, de Jean Lescure, dans la Pléiade, notamment, explorent des pistes inédites et passionnantes. 2André Brincourt, Messagers de la nuit, p. 234, Grasset 3Alain Peyrefitte, déclaration à l’auteur in “Envie de lire” sur BFM, le 23 novembre 1996. 4Ibidem.   

François Busnel, né en 1969, est journaliste. Directeur de la rédaction du magazine Lire, grand reporter à L’Express, il est l’auteur de plusieurs documentaires pour la télévision et a longtemps animé des émissions littéraires à la radio (BFM, France Culture). 

ANDRE MALRAUX - LES GRANDS DISCOURS 
CD 1 : L’HISTOIRE, LA POLITIQUE 
1. Commémoration de la Libération de Paris (24 août 1958) (Intégralité) 14’42
Texte publié in Oraisons funèbres d’André Malraux (Gallimard) Pour le 14e anniversaire de la commémoration de la Libération de Paris, place de Rennes, André Malraux, ministre de l’Information, succède, à la tribune, à Edmond Michelet, ministre des anciens combattants, et à Georges Bidault. Dans l’assistance, les Anciens de la 2e Division Blindée, ceux-là même qui libérèrent Strasbourg en tenant le serment fait à Kouffra. C’est à eux que Malraux s’adresse directement, identifiant l’ensemble de l’auditoire aux survivants de la guerre. Malraux évoque son passé, c’est vrai, mais pour mieux s’adresser à la jeunesse, obsession de tous ses discours. A cette jeunesse, pour qui sonneront les cloches de la liberté, il rappelle ce que fut la Résistance que l’on a si souvent tenté “d’annexer, depuis qu’elle a disparu” : le débarquement de Normandie, l’insurrection de Paris, le rôle de Leclerc et celui du général De Gaulle… Malraux raconte, comme s’il y était – reporter de guerre – la journée du 24 août 1944.  

2. Campagne pour le référendum constitutionnel (4 septembre 1958) (Intégralité) 7’20
Discours jamais publié.
Le général de Gaulle est revenu au pouvoir trois mois plus tôt, en juin 1958, dans un contexte de crise profonde. Son retour annonce la fin de la IVème République. Reste à convaincre les Français de rejeter des institutions qui ont échoué à ramener l’ordre et la paix dans le pays. Malraux, au meilleur de sa forme d’orateur, ne ménage pas sa peine et œuvre en faveur de l’avenir. A la tribune, place de la République, devant une foule immense, il an­nonce le discours du général de Gaulle, qui fera une entrée spectaculaire en DS sur scène avant de prononcer son plaidoyer pour un référendum constitutionnel : “Une fois de plus, Français, au rendez-vous de la République et au rendez-vous de l’Histoire, vous allez entendre le Général de Gaulle”. Malraux gagne la foule à De Gaulle en rappelant ce que signifie la République avec force exemples. Ce qu’est la République, c’est l’Occupation qui l’a fait comprendre. Une fois encore, Malraux convoque la Résistance pour définir le camp des républicains.   

3. Discours au Palais des Sports “Pour la Ve République” (15 décembre 1965) (Extraits) 22’30
Texte publié in La politique, la culture (Folio)
Au cœur de la campagne pour l’élection présidentielle de 1965, Malraux parle de la gauche. Non pas celle des politiciens, précise-t-il d’emblée, mais celle qui bat dans le cœur des Français. Celle qui bat dans son cœur, à lui l’auteur des Conquérants et de La Condition humaine, l’ami de Picasso et des républicains espagnols, l’homme de l’escadrille Espana qui commença la Résistance dès 1936… Malraux est-il de droite ? Malraux est-il de gauche ? La réponse est toute entière contenue dans ce splendide discours où Malraux cite “la lettre de Victor Hugo à Juarez au temps des victoires de l’empereur Maximilien”. Pour définir la gauche, Malraux revient sur l’opposition - capitale - entre ce que l’on dit et ce que l’on fait, entre les intentions et les actes. Qu’avez-vous fait, Monsieur Mitterrand ? “Vous avez rêvé la gauche”, tranche-t-il dans une de ses formules choc avant de lancer cette définitive sentence : “Vous êtes le candidat unique de quatre gauches, dont l’extrême droite”. Derrière les petites phrases assassines, le fond : Malraux attaque Mitterrand en le mettant face à ses contradictions – et notamment sa déclaration de 1962 contre l’élection au suffrage universel. L’intention opposée à l’action, voilà ce que symbolise Mitterrand aux yeux de Malraux. Vingt ans après la Libération, rappeller l’importance (et l’urgence) de l’action fait mouche. Malraux démonte un dernier mythe, celui de l’union de la gauche. Il n’y eut jamais (et il n’y aura jamais, prophétise-t-il) d’union de la gauche sinon en vue d’une élection, ce qu’il fait rabaisse une telle union au rang d’une illusion dangereuse. Mitterrand lui-même est ravalé par Malraux au rang de “politicien”, semblable à celui dont parle Homère et semblable à ceux qui ruinèrent la France en 1940. Sincèrement et fondamentalement de gauche, Malraux pense que De Gaulle s’attachera non à la continuité de sa politique mais à changer la France. Changer la vie, voilà ce que veut de toute son âme Malraux. Marx, paradoxalement, ne disait pas autre chose ! 

4. Meeting Ve République au Palais des Sports (31 janvier 1967) (Extraits) 9’30
Discours jamais publié.
C’est au cours de la campagne pour les élections législatives de 1967 que s’exprime le plus clairement le fameux “gaullisme” de Malraux. Malraux commence par une série d’attaques contre la gauche, puis évoque les problèmes du gouvernement face au progrès technique. Viennent ensuite ses commentaires philosophiques sur l’exercice du pouvoir. Malraux réfute les termes “pouvoir personnel” et “inconditionnels” dont on accusait De Gaulle alors. Le pouvoir personnel n’est pas résumable à ce qu’incarnaient Hitler ou Staline, rappelle Malraux :  “La Ve République n’est pas la IVe République plus le général de Gaulle”, affirme-t-il. “Ici se pose la question ridicule et fameuse des inconditionnels qui consiste à confondre le caractère inconditionnel d’une adhésion et celui d’une action”. La diatribe de Malraux (où César, Jeanne d’Arc, Saint-Just, Bonaparte et Clémenceau sont cités à l’appui d’une démonstration éblouissante) est une véritable leçon de philosophie politique. De Gaulle, clame Malraux, est le seul véritable rempart contre l’Union Soviétique de Brejnev et l’Amérique de Johnson, s’offrant même le luxe de citer sa rencontre avec Mao-tsé-Toung. “La France est survivante de bien des métamorphoses et je crains que nos intellectuels pensent trop souvent à Marx, qui est un grand penseur, et pas assez à Richelieu”. Ce dernier, explique Malraux, fit en son temps de la France l’équivalent de ce que sont aujourd’hui les Etats-Unis. 

5. La libération de l’Alsace-Lorraine (4 janvier 1970) (Intégralité) 2’47
Discours jamais publié.
Ce très court texte fut écrit et lu par Malraux dans le cadre de l’émission “Les armes françaises dans la campagne de Libération”, pour l’ORTF. Malraux, qui a lui-même participé à la libération de l’Alsace et de la Lorraine à la tête de “ a” “brigade de brigands”, ouvrant Strasbourg et libérant Colmar, raconte ce que fut une des plus terribles batailles de la Seconde guerre mondiale. 

6. Discours de Cendrieux : Les maquis de Dordogne (13 mai 1972) (Intégralité) 11’16
Discours jamais publié.
Malraux face aux survivants des maquis. Il tient à rappeller ce que furent les premiers maquis, ceux d’avant la Libération. Dès 1941, souligne-t-il, les maquisards semblables à des “légionnaires” plus qu’à des soldats, firent le sacrifice de leur vie pour que vive le rêve d’une France libre alors même que la France libre ne ne voulait  croire que ces maquis fussent de quelque utilité. Ce discours est un hommage au travail des résistants du Sud de la France qui, à partir de 1944, firent en sorte que les divisions cuirassées allemandes ne puissent rejoindre le front de Normandie où les Alliés venaient de débarquer.  

7. Discours des Glières : Inauguration du monument à la Résistance savoyarde (2 septembre 1973) (Intégralité) 5’11
Texte publié in La Politique, la Culture (Folio)
C’est un Malraux affaibli qui se rend au plateau des Glières, en Haute-Savoie, pour inaugurer le monument à la Résistance savoyarde réalisé par Gilioli. “Je parle au nom des associations des résistants de Haute-Savoie et de l’ordre de la Libération. En mémoire du général de Gaulle, pour les survivants et pour les enfants des morts”. Comparant les combattants des Glières à ceux des Thermopyles, Malraux termine son discours en évoquant “la mort qui connaît le murmure des siècles”, hommage indirect à la mort qui, trois ans plus tôt, a emporté De Gaulle et qui, trois ans plus tard, terrassera Malraux.   

CD 2 : L’ART, LA CULTURE 
1. Conférence Art et Culture sous l’égide de l’UNESCO (4 novembre 1946) (Intégralité) 41’10
Texte publié in La Politique, la Culture (Folio)
En décembre 1946, Malraux n’est plus membre du gouvernement De Gaulle et pas encore patron du service de presse du RPF, que De Gaulle fondera cinq mois plus tard. Il se consacre quasi exclusivement à ses écrits sur l’art. Pour comprendre l’importance de ce discours, il faut le resituer dans ce contexte. Malraux a prononcé, l’année précédente, un vibrant plaidoyer à l’Assemblée, pour défendre le budget de son ministère, proposant de faire imprimer une centaine de reproductions de chefs-d’œuvre de la peinture française et de les faire afficher dans des milliers d’institutions scolaires à travers le pays, déclarant : “Il me semble indispensable que la culture cesse d’être l’apanage des gens qui ont la chance d’habiter Paris ou d’être riches”. Dans ce discours, il prolonge ce souhait et se livre à une véritable déclaration d’intention de ce qui sera sa politique culturelle, fondée sur l’interrogation philosophique de Nietzsche détournée en ces termes : “l’homme est-il mort ?” 

2. Discours de Dakar : Influence et avenir de l’art nègre (30 mars 1966) (Extraits)  33’15
Texte publié in La Politique, la Culture (Folio)
Ministre des Affaires Culturelles, Malraux se lance dans de grandes expositions, donnant ainsi à voir, pour la première fois, aux Français, ce qui ne voyageait pas : l’art. Mais il multiplie également les déplacements et les conférences. A Dakar, au Sénégal, il inaugure le 1er festival des Arts Nègres en rappelant l’importance de cet art (“La vérité est qu’un art magique ou sacrée se crée dans un univers dont l’artiste n’est pas maître”) mais également en expliquant quelle politique culturelle il entend mettre en œuvre. En l’occurrence, il s’agit des maisons de la culture. Dans ce discours lumineux, Malraux se lance dans une explication de ce que seront ces nouvelles églises : “Les maisons de la culture n’apportent pas des connaissances, elles apportent des émotions, des œuvres d’art rendues vivantes au peuple qui est en face de ces œuvres d’art.”  

CD 3 : ORAISONS FUNEBRES 
1. Hommage à la Grèce (29 mai 1959) (Intégralité) 4’00 
Texte publié in Oraisons funèbres d’André Malraux (Gallimard) 

2. Pour sauver les monuments de Haute-Egypte (8 mars 1960) (Intégralité) 11’20
Texte publié in Oraisons funèbres d’André Malraux (Gallimard) 

3. Cérémonie d’inauguration de la Maison de la Culture de Grenoble (3 février 1968) (Extraits) 17’20
Texte publié in André Malraux ministre (La Documentation française) 

4. Commémoration de la mort de Jeanne d’Arc (8 mai 1961) (Intégralité) 21’20
Texte publié in Oraisons funèbres d’André Malraux (Gallimard) 

5. Transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon (19 décembre 1964) (Extrait) 3’05
Texte publié in Oraisons funèbres d’André Malraux (Gallimard)
Extrait provenant du disque des discours de Malraux paru chez INA/Mémoire Vive 

6. Funérailles de Georges Braque (3 septembre 1963) (Intégralité) 4’19
Texte publié in Oraisons funèbres d’André Malraux (Gallimard) 

7. Funérailles de Le Corbusier (1er septembre 1965) (Intégralité) 10’29
Texte publié in Oraisons funèbres d’André Malraux (Gallimard)  

BIOGRAPHIE 
1901 : Naissance à Paris, le 3 novembre.
1905 : Séparation de ses parents. Il est élevé par sa mère et sa grand-mère à Bondy.
1916 : Malraux voit Le Cid à la Comédie française. Il commence à fréquenter assidûment les bouquinistes des quais de Seine, puis abandonne ses études et se plonge dans la lecture.
1919 : Rencontre le peintre Galanis. Se lance dans le commerce de livres rares pour le compte de son ami le li­braire Doyon.
1920 : Premier texte, “Les origines de la pensée cubiste”. Publication de Lunes en papier, son premier récit, dans la revue Action. 
1921 : Epouse Clara Goldschmidt.
1922 : Rencontre Picasso.
1923 : Départ pour le Cambodge dans le but de rapporter des statues khmères des sites non classés de l’ancienne Voie Royale. Arrestation et emprisonnement à Phnom-Penh. Il rentre en France l’année suivante.
1925 : Création de L’Indochine, journal financé par le Kuomintang. Voyage à Canton.
1926 : La tentation de l’Occident.
1928 : Les Conquérants ; Royaume farfelu.
1929 : La voie royale.
1930 : Vie de Napoléon par lui-même.
1931 : Expose dans les locaux des éditions Gallimard les têtes de Gandhara rapportées de ses voyages.
1933 : La condition humaine (prix Goncourt). Rencontre Louise de Vilmorin et Josette Clotis.
1934 : Participe au Comité de Vigilance des intellectuels antifascistes. Voyage à Berlin pour réclamer la libération de Dimitrov et Thaelmann, prisonniers politiques en Allemagne. Voyage à Moscou..
1935 : Le temps du mépris. 
1936 : Commence à travailler sur La psychologie de l’art. S’engage dans la guerre d’Espagne et fonde l’escadrille Espana. 
1937 : Retour en France. L’espoir.
1939 : Tournage de Sierra de Teruel. Deuxième classe dans l’armée française.
1940 : Esquisse d’une psychologie du cinéma. Prisonnier au camp de Sens dont il s’évade.
1943 : La lutte avec l’ange. Premiers contacts avec le réseau Buckmaster.
1944 : Arrestation de ses frères, Claude et Roland. Forme la brigade Alsace-Lorraine. Arrestation à Gramat et internement à Toulouse. En septembre, marche sur les Vosges. En novembre, mort de Josette Clotis.
1945 : Bataille de la poche de Colmar. Rencontre le général de Gaulle. Conseiller technique à la culture dans le gouvernement. Les noyers de l’Altenburg. Ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement. 
1947 : Dirige le service de presse et de propagande du RPF.
1948 : La psychologie de l’art. 
1950 : Saturne, essai sur Goya. 
1951 : Les voix du silence. 
1952 : Le musée imaginaire de la sculpture mondiale.
1957 : La métamorphose des dieux. 
1958 : Retour au pouvoir de De Gaulle. Ministre de l’Information.
1959 : Ministre des Affaires Culturelles.
1960 : Nettoyage des monuments de Paris.
1964 : Inauguration de la maison de la culture de Bourges.
1965 : Voyage en Chine, rencontre Mao.
1967 : Antimémoires. 
1969 : Quitte le gouvernement après la démission de De Gaulle.   Emménage à Verrières-le-Buisson.
1970 : Le triangle noir. 
1971 : Les chênes qu’on abat… Oraisons funèbres.
1974 : L’irréel. Lazare. La tête d’obsidienne.
1975 : Hôtes de passage
1976 : L’intemporel. Mort à l’hôpital de Créteil,   d’une embollie pulmonaire, le 23 novembre.
1977 : L’homme précaire et la littérature. 
1996 : Transfert des cendres au Panthéon.

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