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Les Nomades du Niger  
Peuls Bororos et Touaregs - enregistrements in situ 

Nomads of Niger - Fulanis Bororos and Tuaregs 








Les Nomades du Niger : Peuls Bororos et Touaregs
Enregistrés par Moussa Hamidou 
(Phonothèque de l’Institut de Recherches en Sciences Humaines de Niamey) 
Dans différentes étendues désertiques de notre planète transhument des groupes d’hommes, de femmes et enfants qui défient les notions de temps et de progrès. Ils sont ceux qui ont la sagesse du non-temps, qui fuient la civilisation du béton et du plastique, ceux qui vivent en se levant et en s’endormant dans la nature. L’espace leur appartient, sur des centaines ou des milliers de kilomètres, et ils ne connaissent pas ce drame de l’homme civilisé :  l’ennui. Point besoin pour eux d’aller au cinéma !  Et qu’ils soient dans le désert de Mongolie, qu’ils soient des Apaches en Arizona, ou des Bororos, nomades Peuls, dans la brousse du Niger, leur musique, étrangement, est semblable, lancinante, intemporelle, sensuelle, immense, traînant dans l’espace et le temps, sans limites de deux minutes cinquante comme dans notre “pop” musique !  Quand ils chantent, longues envolées de voix qui se répondent et se perdent derrière une dune ou sous des rochers, c’est une sensation superbe de liberté dans la nature protectrice, mais dure, qui émane de leurs longues mélodies plaintives.  La première fois que j’eus, par exemple, la chance d’entendre un groupe de nomades Bororos chanter à Agadès (Nord Niger), se répondant de l’un aux autres, le groupe reprenant l’air, puis battant le rythme des mains avec grâce et calme, je fus touché jusqu’au plus profond de mon âme par l’extraordinaire beauté de ces simples voix.  Nombreux sont encore à notre époque les nomades, les gens du désert. Au Niger, les Peuls Bororos, les fiers Touaregs, en Ethiopie les Danakils, en Arizona les Chiricahuas qui redécouvrent la valeur de leur passé, en Mongolie les descendants de Gengis Khan, les Bauls au Bengale ou les Bédouins d’Arabie, tant de groupes de gens si loin de ce que l’on appelle fièrement (!) le XXe siècle.

Les deux groupes nomades du Niger sont d’origine Kamite. Les Kamites, sans doute caucasiens, sont répartis en Afrique en deux groupes. Les Kamites orientaux, Bedja, Nubiens, Galla, Somali, Danakil, et les Kamites septentrionaux comprenant les Berbères, les Touaregs du Sahara et les Peuls qui vont du lac Tchad jusqu’au Sénégal. Il y a plusieurs théories sur l’origine des Kamites : ils viendraient soit d’Asie, soit d’Arabie du sud, soit de la pointe orientale de l’Afrique et leur rapprochement avec les Sémites est prouvé par des affinités linguistiques. En tout cas, ce qui est frappant pour un voyageur non initié à toutes ces doctes connaissances, c’est de voir la  ressemblance entre un guerrier Danakil et un berger Bororo, ou entre le profil d’une jeune fille sur une fresque égyptienne de l’époque des Pharaons et une Touareg ou une Ethiopienne aux yeux en amande et au nez droit.

Les Peuls De Agadès à Filingué aux environs de Niamey, nous avons eu la chance de rencontrer plusieurs groupes de nomades Peuls Bororos.  Leur amitié nous a permis de mieux les connaître et même de les photographier et de les enregistrer avec Moussa Hamidou, notre ami nigérien spécialiste des enregistrements ethniques.  Les Peuls sont divisés en deux groupes : les sédentaires ou Peuls Ghidda (ce qui veut dire maison en Haoussa), musulmans, très nombreux dans cette partie d’Afrique, et les nomades qui sont des gardiens de troupeaux de zébus, avec lesquels ils passent d’une région à une autre, de la saison sèche à la saison des pluies tant attendue. Troupeaux qui représentent tout leur système économique, tant par les possibilités de monnaie d’échange, par exemple dans un marché du fromage contre du mil, que par leur rôle nourricier car les Bororos vivent de lait et de crème, et ne tuent une bête que rarement, pour l’occasion d’une fête par exemple. Car les Bororos aiment leurs animaux qui ont un rôle sacré dans leur vie.  Nomades, ils vivent simplement, s’abritent dans des petites huttes improvisées pendant la saison des pluies, et le reste du temps dorment à la belle étoile. Ils sont vêtus d’un costume traditionnel, pour les hommes une peau nouée autour de la taille, et un superbe vêtement bleu pour les fêtes, et un chapeau large et pointu. Pour les femmes, une robe en tissu bleu, de lourds bracelets de pied, sept anneaux à chaque oreille, et surtout, pour les hommes comme pour les femmes, une multitude d’idées de bijoux et de maquillage, allant des bracelets de bras aux épingles de nourrice comme pendentifs, et des dessins aux teintes jaune, rouge, lèvres noires, triangles au coin de la bouche, trait fin le long du nez : ils sont très beaux, très gracieux et très conscients d’être beaux : car la beauté compte pour eux plus que tout ; et c’est ainsi que pendant leurs danses de fête, les vieilles femmes se moquent de ceux qui ne sont pas beaux. Ils sont grands, leur peau est brune, leurs traits réguliers et leur allure noble les rendent d’une fierté impressionnante.  Tous les ans, ils se réunissent pendant la saison des pluies pour la fête de Gerewol, pendant laquelle les hommes maquillés dansent en roulant des yeux et montrant les dents, pour être choisis par les filles qui les regardent, et cela chaque année de leur adolescence. Ils gardent leurs traditions propres, refusent  l’école, l’éducation, la civilisation. Ils préfèrent la vie nomade, les errances avec leur troupeau, danser le “ruume”, se réunir en cercle et danser le “yake” battant des mains dans le silence du désert.  Les femmes tissent des nattes, gravent des calebasses, tressent leurs cheveux, les enfants surveillent le bétail. Ils ont leurs tabous, et se protègent des étrangers et des sédentaires. Ils sont méfiants et fiers, et malins ! Ils sont craints, d’où leur surnom de “Wodaabe”, “ceux qu’on évite”.  Au Niger, ils sont plus de 100.000, mais la sécheresse du Sahel les a directement touchés, tuant leur bétail. Avec le retour de la pluie, ils recommencent à constituer leur cheptel. Et on entend le chant lancinant dans la calme solitude de la brousse, hors du temps, des Bororos élancés et beaux comme des Dieux. Si vous en rencontrez, ils vous diront : “Foma, foma ?”, comment ça va ? - “Sago,  sago”, tout va bien ! “Baraka”…

Les Touaregs Les visages drapés dans leurs turbans longs de sept mètres donnent aux seigneurs Touaregs l’allure de grands aristocrates énigmatiques ; leurs vêtements amples flottent dans le vent du désert ; ils sont appelés “Kel Taghilmous”, le “Peuple du Voile”.  Eux aussi sont des Kamites septentrionaux. On les trouve dans tous les lieux historiques de caravanes dans le désert saharien, dans la brousse de l’Afrique sèche. Tamanarasset, Agadès, Bilma, Iférouane, Filingué, Tombouctou,  Zinder, In Gall, du Sahara au Mali, et surtout, surtout, au Niger.  Bien que séparés en nombreuses tribus, leur langue, le Tamachek, et leur écriture sont communes à tous. On trouve ceux du Hoggar, ceux de l’Aïr (ou Asben en soudanais), les Ifoga au sud-ouest, chacun des groupes étant dirigé par son chef, l’aménoka !, tel le Sultan d’Agadès pour ceux de l’Aïr.  De grande taille, les hommes ont une résistance nécessaire aux marches de cinquante jours pour aller d’un point à un autre du désert, chargeant du sel, emmenant le bétail jusqu’en Libye. Leur âme, tout comme leur allure, est digne, et ils savent rester farouchement indépendants. La plupart reste nomade, malgré la vitesse avec laquelle le monde arrive.  Poètes et musiciens, ils traitent très bien leurs femmes. La peau brune, les yeux en amande, les robes noires  brodées de blanc, celles-ci sont belles et gracieuses. Elles ont  un  rôle  de dépositaires des connaissances, sont actives dans la tribu, ne sont pas voilées et peuvent choisir leurs maris. On appelle les tribus nobles “Imadjeg” et les tribus vassales “Imgad”. Ils sont entourés de nombreux artisans (dont on peut voir l’admirable travail par exemple chez les forgerons d’Agadès où beaucoup de caravanes Touaregs passent et s’arrêtent sur leur route). Ils  forgent des épées, des  bijoux  en  argent, des poignards, ils travaillent le cuir qu’ils peignent, faisant des sacs aux motifs bariolés et abstraits, des portefeuilles, des selles de chameaux ; ils font aussi des cuillères en bois, et sculptent des calebasses. En caravanes, nomades tout comme les Bororos, ils dépendent de l’eau des puits, pour eux, pour le troupeau, pour les chameaux, attachant le seau avec une corde au cou d’un chameau qui tire jusqu’à l’équivalent de cent mètres de profondeur. Dans leurs tentes, quand ils établissent un campement, se trouve un lit, et les murs sont en nattes tressées, jusqu’au prochain endroit où tout recommencera, éternel nomadisme. Musulmans, ils ont leurs Marabouts (prêtres). Beaux physiquement et fantomatiques dans leurs vêtements  drapés flottants, ils vous plongent dans une autre époque plus simple et plus impressionnante que celle des  autoroutes à huit voies ! Leur musique est à leur image : insaisissable et superbe, magique par son rythme et ses intonations de voix envoûtantes.  Les femmes chantent en battant des mains ou sur de gros tambours, ou encore elles jouent de l’anzad, petit  violon lancinant à une corde. Moussa Hamidou, qui voyage fréquemment dans son pays à la recherche de documents sonores, les a également rencontrés… Écoutez.                           
Texte et Photos : Bernard PLOSSU - 1975

Chants des Peuls Bororos
L’enregistrement  contient  six  “chansons”, qui sont  plutôt des mélodies sans paroles. De temps en temps, le chanteur dit une phrase, chantant les louanges de tel personnage ou de telle  vache et énumérant les besognes quotidiennes du berger... La troisième et la quatrième chanson sont chantées par des jeunes filles. Dans l’une, elles vantent, devant les jeunes gens, la douceur de leurs lits, dans l’autre elles décrivent la beauté de la nuit. La cinquième chanson, chantée par les jeunes hommes, vante ce qui fait l’agrément de la vie : les amis qui leur font des cadeaux, les étapes de la transhumance, les jeunes filles. La sixième chanson décrit la vie quotidienne au campement. De même que chez les Touaregs, les réunions et les festivités ont lieu, chez les Peuls, pendant la saison des pluies, au moment où les pâturages et l’eau sont abondants, où “le lait coule à flot” et où la vie est facile...  Jeunes gens et jeunes filles, richement vêtus et maquillés, se font mutuellement valoir...  

Musique Touareg
Cet enregistrement de la musique des Touaregs contient six morceaux. Les cinq premiers sont des chants Tamachek, des poèmes chantés, des louanges adressées aux nobles hommes de la tribu et à leurs chameaux, les  premiers étant flattés pour leur beauté, leur force et leur bonne éducation, les seconds pour leur rapidité et leur grâce. La chanteuse, Hadija du groupement des Kel Fadey (tribu des environs d’In Gall, dans la région d’Agadès),  s’accompagne elle-même au petit tambour Tendey sur un fond de voix de femmes et de battements de mains. Elle commence son improvisation par “Ah ! mon âme, Ah ! mon cœur”, puis désigne successivement chacun des  personnages et des animaux qu’elle veut flatter par son nom ou le surnom qu’elle leur a donné, qui met leurs  qualités en évidence : il est question, par exemple, dans la cinquième chanson (titre 11) d’un jeune chameau nommé “Ughragh n-Ebzaw”, c’est-à-dire “Couleur d’or” et de son maître, surnommé du nom de son chameau.  Les youyous des femmes de l’assistance soulignent les personnages et les montures les plus admirés. Ces séances de chants de louanges ont lieu pendant le grand rassemblement de la “cure salée” d’In Gall, où se réunissent, au mois de septembre, les familles et les troupeaux nomades. Pendant le chant, les jeunes hommes font danser leurs chameaux autour de la chanteuse ou improvisent des courses de vitesse (l’un des jeunes gens “vole” la coiffure d’une jeune fille de l’assistance et les autres partent à sa poursuite) dont le chameau et le cavalier gagnants sont récompensés par les louanges de la chanteuse. La sixième chanson est très différente : elle a été composée par la légendaire chanteuse Tindawi (que nous écoutons, enregistrée ici en 1966), puis apprise et chantée après sa mort par de nombreuses femmes. Les “paroles” sont en fait des sons à consonances touareg et arabe, dépourvus de sens, mais évocateurs d’émotion pour  l’assistance. On entend, à plusieurs reprises, un spectateur crier sa joie et son approbation à l’écoute de ce chant.
Yveline Poncet, géographe - 1976

Les Peuls - Total : 23’10
1. Les louanges 5’15
2. Lé Loré 3’ 40
3. La douceur de leurs lits 1’22
4. La beauté de la nuit 1’18
5. L’agrément de la vie 8’41
6. Au campement 2’40 

Les Touaregs Total : 23’50
7. Hadija A 2’39
8. Hadija B 4’49
9. Hadija C 3’42
10. Hadija D 3’30
11. Hadija E 3’02
12. Tindawi 5’54 

Production : François Jouffa (1976 et 2010).
Enregistrements : Moussa Hamidou (de 1966 à 1975).
Textes : Bernard Plossu (1975) et Yveline Poncet (1976).
Photos : Bernard Plossu (février 1975), Nikkormat.
Premastering : Alexis Frankel au studio Art & Son, Paris (2010).
Conseiller technique et artistique : Benjamin Goldenstein (2010). 

english notes
Nomads of Niger: Fulanis Bororos and Tuaregs
Recorded by Moussa Hamidou 
(Sound Archives of the Institute of Research in Human Sciences of Niamey) 
In different stretches of desert of our planet groups of men, women and children moving to summer pastures are challenging the notions of time and progress. They are those who have the wisdom of non-time, who flee from the concrete and the plastic civilization, those who live rising and falling asleep in nature. Space belongs to them, over hundreds or thousands of miles, and they do not know the drama of human civilization: boredom. No need for them to go to the movie! And may they be in the desert of Mongolia, Apaches in Arizona, or Bororos, Fulani nomads in Niger’s bush, music, strangely, is similarly insistent, timeless, sensual, huge, drawling in space and time, without the limits of two  minutes fifty as in our «pop» music! When they sing, long flights of voices responding to each other and then disappearing behind a dune or under rocks, it’s a wonderful feeling of freedom in the protective but hard nature that emanates from their long plaintive melodies. The first time I had, for example, the chance to hear a group of nomadic Bororos sing in Agadez (North Niger), responding to one another, the group taking up the tune, then beating the rhythm with their hands with grace and calm; I was affected greatly by the extraordinary beauty of these simple voices. Still numerous are, in our time, the nomadic people from the desert. In Niger, the Bororos Fulanis, the proud  Tuaregs, the Danakils from Ethiopian, in Arizona the Chiricahuas who are rediscovering the value of their past, in Mongolia, the descendants of Genghis Khan, the Baules of Bengal or the Arabic Beduins, so many peoples who are far from what we proudly call (!) the twentieth century. The two nomadic groups of Niger are of Kamite origin. The Kamites, probably Caucasians, are divided into two groups in Africa. The Eastern Kamites, Beja, Nubian, Oromo, Somali, Danakil, and the Northern Kamites comprising the Berbers, the Tuaregs of the Sahara and the Fulanis who range from Senegal to Lake Chad. There are several theories on the origin of Kamites: they are said to be natives whether from Asian, South Arabia, or from the eastern tip of Africa and their connection with the Semites is proved by linguistic affinities. In any case, what is striking for an uninitiated traveller to all the learned knowledge is to see the resemblance  between a warrior Danakil and a shepherd Bororo, or between the profile of a young girl on an Egyptian mural of the Pharaohs era and a female Tuareg or a female Ethiopian with almond eyes and a straight nose.

The Fulanis From Agadez to Filingue in the vicinity of Niamey, we had the chance to meet several groups of nomadic Fulanis Bororos. Their friendship has enabled us to know them better and even to photograph and record them with Moussa Hamidou, our Nigerian friend specialist in ethnic recordings. The Fulanis are divided into two groups: the sedentary one or Fulanis Ghidda (which means house in Hausa), Muslims that are very numerous in this part of Africa, and the nomadic people, herders of zebu, with whom they go from one region to another, as soon as begins the dry season to the very expected rainy season. The whole  economic system resides in their herds, representing both by the possibilities of currency exchange - for example in the cheese trade market one can exchange it for millet - and by their nutritive role as the Bororos are living upon milk and cream, and they rarely kill animals except for a celebration for instance. For the Bororos love their  animals that have a sacred role in their lives. Nomads, they lead a simple life, sheltering in small makeshift huts during the rainy season, and the rest of the time sleeping under the stars. They are dressed in a traditional costume, for the men a tied skin around the waist and a beautiful blue garment for the festivities, and a broad and peaked hat. For ladies, a dress of blue cloth, heavy foot bracelets, seven rings in each ear, and especially for men as for women, a multitude of ideas for jewellery and makeup, ranging from arm bracelets to safety pins used as pendants, and yellow and red toned drawings, black lips, triangles at the corners of the mouth, a thin line along the nose: they are very beautiful, very graceful and pretty aware of being beautiful; they value beauty more than anything and thus, during their dance parties, old women laugh at those who are not good-looking. They are tall, their skin is brown, their features are regular and their noble appearance make them impressively proud. Every year they gather during the rainy season for Gerewol Festival, during which circumstances maked-up men are dancing while rolling their eyes and baring their teeth in order to be chosen by the girls who are watching them, and it goes so each year of their adolescence. They keep their own traditions and refuse school, education,  civilization. They prefer the nomadic life, the wanderings with the herds, to dance the «ruume», to gather in  circle and dance the «yake» clapping their hands in the silence of the desert. Women weave mats, engrave calabash, braid their hair, children watch the cattle. They have their taboos, and they keep away from foreigners and sedentary people. They are suspicious and proud, and smart! They are feared, hence their nickname «Wodaabe», «those one avoids». In Niger, there are over 100.000, but the Sahel drought has affected them directly, killing their livestock. With the return of rain, they again start to form new herds. And one can hear the insistent song of the slender and god-like Bororos, in the quiet solitude of the bush, out of time. If you meet them, they will say: «Foma, foma?», How are you? - «Sago, sago», It’s all right! «Baraka»... 

The Tuaregs Their faces draped in seven meters long turbans give the Tuareg lords the appearance of great and enigmatic aristocrats; their loose clothes floating in the desert wind, they are called «Kel Tagelmoust», the «People of the Veil.» They too are Northern Kamites. They are found in all the historic sites of caravans in the Sahara Desert, in the bush of dry Africa. Tamanarasset, Agadez, Bilma, Iferouane, Filingue, Timbuktu, Zinder, In Gall, from the Sahara to Mali, and especially in Niger. Although separated in many tribes, their language, the Tamachek, and their writing are common to all. There are those from Hoggar, those from Aïr (or Asben in Sudanese), the Ifoga in the southwest, each group being led by its own leader, the amenoka!, such as the Sultan of Agadez to those of Aïr. Tall, men have the necessary strength to walk fifty days to go from one point to another in the desert, loading salt, taking the cattle to Libya. There is dignity in their souls, as in their appearance, and they know how to remain fiercely independent. Most of them remain nomadic, despite the speed with which the world is coming. Poets and musicians, they treat their wives well. Brown-skinned, almond-eyed, dressed in black robes white embroidered, they are beautiful and graceful. They have a role of custodians of knowledge, they are active in the tribe, are not veiled and can choose their husbands. The noble tribes are called «Imadjeg» and the vassal tribes «Imgad». They are surrounded by many craftsmen (one can see the wonderful work of the blacksmiths of Agadez where many Tuareg caravans pass and stop on their way). They forge swords, silver jewellery, daggers, they work the leather they paint, making bags with colourful and abstract patterns, wallets, camel saddles; they also make wooden spoons and carve calabashes. In caravans, nomads like the Bororos, depend on the water of wells, for them, for the flock, for the camels, the latter pulling up the equivalent of one hundred meters deep with a bucket tied around their neck with a rope. In their tents when they establish a camp, there is a bed and the walls are of woven mats, up to the next place where everything will start all over again, eternal nomadism. Muslims, they have their Marabouts (holy men). Physically beautiful and ghost-looking in their draped and floating clothes, they immerse you in another period simpler and more impressive than that of the eight-lane highways! Their music is as their mirror image: elusive and superb, magical by its rhythms and their mesmerizing voice  intonations. Women are singing, whether clapping their hands or beating rhythm on large drums, or are playing the anzad,  insistent little one-string violin. Moussa Hamidou, who travels frequently in his country in search of sounds to be recorded, has also encountered them. Listen.  
Text and Photos: Bernard PLOSSU - 1975

Songs of the Fulanis Bororos 
The recording contains six «songs», which are rather melodies without lyrics. From time to time, the singer says a phrase, singing the praises of such person or of such cow and enumerates the daily chores of the shepherd... The third and fourth songs are sung by young ladies. In the former, they boast, before young people, the sweetness of their beds and in the latter they describe the beauty of the night. The fifth song, sung by young men, boasts what makes the pleasures of life: the friends who make gifts, the steps of transhumance, girls. The sixth song  describes daily camp life. Just as among the Tuaregs, meetings and festivities take place among the Fulanis during the rainy season, when  grazing and water are abundant, where «milk keeps flowing», and where life is easy... Young men and women, richly dressed and maked-up, mutually assign value to one another. 

Tuareg music
This recording of Tuareg music contains six pieces. The first five are Tamachek poems sung in praise of the noble men of the tribe and their camels, the former being flattered for their beauty, their strength and their good education, the latter for their speed and grace. The female singer, Hadija from Kel Fadey group (nearby tribe of In Gall, in the region of Agadez), accompanies herself on a small drum tendey with female voices and clapping in the background. She began her improvisation by «Oh! my soul, Oh! my heart,» and then refers successively to each of the characters and animals she wants to flatter whether by a name or a nickname that highlights their qualities: the fifth song (title 11), for instance, is about a young camel named «Ughragh n-Ebzaw», that is to say «Color of Gold»,  and the owner is named after his camel. In the assistance, women ululate in order to support the most admired characters and mounts. These sessions with songs of praise are held during the general assembly of the «cure: salted» of In Gall, where meet in the month of September, families and nomadic herds. During the singing, the young men have their camels dance around the female singer or they improvise speed races (one of the young man «steals» the hairstyle of a young lady in the attendance and the others go after him) and the winning rider and its camel are rewarded with the praise of the singer. The sixth song is very different: it was composed by the legendary female singer Tindawi (that we are listening to, recorded here in 1966) and then learned and sung after her death by numerous women. The «lyrics» are in fact sounds with Tuareg and Arabic consonance, meaningless, but evocative of emotion for the assistance. One can hear, on several occasions, a spectator giving a yell of joy and his approval at the listening of the song. 
Yveline Poncet, geographer - 1976 

Total Playing Time: 47 minutes 06 seconds
The Fulanis. Total: 23 minutes 10 seconds
1. The praises  5’15
2. Lé Loré 3’40
3. The sweetness of their beds 1’22
4. The beauty of the night 1’18
5. The pleasures of life 8’41
6. The daily camp life 2’40

The Tuaregs. Total: 23 minutes 50 seconds
7. Hadija A 2’39
8. Hadija B 4’49
9. Hadija C 3’42
10. Hadija D 3’30
11. Hadija E 3’02
12. Tindawi 5’54 

Production: François Jouffa (1976 and 2010).
Recordings: Moussa Hamidou (from 1966 to 1975).
Photos: Bernard Plossu (February 1975), Nikkormat.
Texts: Bernard Plossu (1975) and Yveline Poncet (1976).
English translation: Susie Jouffa (2010).
Premastering: Alexis Frankel in Studio Art & Son, Paris (2010)
Technical and Artistic Advisor: Benjamin Goldenstein (2010).

CD Les Nomades du Niger © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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