Fremeaux.com
FRANCIS LEMARQUE
1949 - 1959 










De son propre aveu, Francis LEMARQUE n’a jamais souhaité être une vedette de music-hall. Fortement impressionné dès 1946 par l’exceptionnelle présence scénique et les qualités vocales d’Yves Montand qui allait rapidement être son principal interprète durant près de quinze ans, il n’avait d’autre ambition que d’écrire des chansons qui seraient défendues par des artistes ayant toute son admiration : Yves Montand bien évidemment, mais aussi Maurice Chevalier, Renée Lebas, Patachou, Jacqueline François, Yvette Giraud, les Compagnons de la Chanson… Sur l’insistance de Jacques Canetti, l’infatigable découvreur de nouveaux talents, Francis LEMARQUE, surmontant sa grande timidité et ses complexes, a enregistré ses premiers disques et rodé son tour de chant sur la scène de nombreux cabarets parisiens, en province et même à l’étranger. Le public, le vrai, celui que l’on ne berne pas avec les rengaines du hit-parade à l’éphémère destin et avec des artifices ridicules, a immédiatement reconnu en Francis LEMARQUE non seulement un authentique poète, mais aussi un interprète sensible, intelligent, doté d’une voix juste, souple et identifiable dès les pre­mières notes. La sobriété de ses gestes et de son costume de scène (souvent en velours bleu), chemise à col ouvert, nous éclairent d’ailleurs sur la considération personnelle de l’artiste quant aux apparences. C’est Francis LEMAR­QUE, merveilleux interprète de ses œuvres immortelles semblant appartenir à notre folklore, que nous vous proposons de redécouvrir à travers ces 36 chansons dont la sélection ne fut pas chose facile, tant elles sont toutes d’une rare qualité. 

Nathan Korb, qui plus tard prendra le pseu­donyme de Francis LEMARQUE, est né le 25 novembre 1917 à Paris, rue de Lappe, à quelques pas de la place de la Bastille. Son père Joseph, juif lithuanien a fui l’Europe de l’Est pour venir se réfugier à Paris en travaillant dans le prêt-à-porter féminin. Dès sa plus tendre enfance, le jeune Nathan s’endort au son des accordéons de tous les bals musette du quar­tier : Bousca, la Boule Rouge, le bal Vernet, les Trois Colonnes… Souvent, il reprendra cette expression : « J’ai été vacciné à la java ! ». Très jeune, il fait l’apprentissage de la rue en fréquentant les cafés du quartier dotés d’un petit orchestre, et plus encore les bals où il reste fasciné à l’écoute des brillantes variations des virtuoses de l’accordéon. Il passe ainsi des heures à observer toute une faune au sein de laquelle les danseurs à casquette font chalouper les gigolettes en jupes courtes et plissées, les cheveux coupés à la garçonne. Cet environnement pourtant peu propice à suivre une scolarité normale ne l’empêche pas d’obtenir son certificat d’études à onze ans et demi. A l’insu de ses parents, il décide de devenir chanteur des rues , tout en entrant dans la vie active, d’abord comme coursier d’une bimbeloterie, puis apprenti typographe, ouvrier métallurgiste… En 1934, Nathan Korb a l’occasion d’être intégré au « Groupe Mars », une équipe théâtrale d’une quinzaine de garçons et filles qui, à l’instar du célèbre « Groupe Octobre », présente des spectacles artistiques populaires à travers la France. Avec l’arrivée du Front populaire, sous la direction de O’Brady puis de Sylvain Itkine, le groupe récite des poèmes de Jacques Prévert, notamment chez Citroën et aux Galeries Lafayette, et présente « Un client sérieux » de Courteline et « L’anglais tel qu’on le parle » de Tristan Bernard. Nathan Korb, qui n’a pas encore pris le pseudonyme de Francis LEMARQUE, monte avec Maurice son frère aîné, un numéro de duettistes, les Frères Marc, fortement inspiré de celui de Gilles et Julien, lesquels interprétaient des chansons fortes, souvent écrites par Gilles, de son vrai nom Jean Villard qui plus tard (en 1946) écrira « Les trois cloches » pour Edith Piaf et les Compagnons de la Chanson. Sans le moindre accompagnement, les Frères Marc se produisent dans des spectacles auxquels participe Louis Aragon ; à la même époque, ils sont aussi remarqués par Jacques Prévert qui leur offre quelques textes mis en musique par Joseph Kosma. Toutes ces participations étant bénévoles, il leur est donc indispensable d’exercer parallèlement un quelconque petit métier lucratif ; Nathan a la chance d’être figurant dans quelques films tournés à l’époque : « Drôle de drame », « Le crime de Monsieur Lange »… Au départ de son frère Maurice pour l’accomplissement de son service militaire, c’est Léo Noël (il s’accompagnera plus tard à l’orgue de Barbarie) qui devient quelques temps son partenaire. Ils effectuent durant un mois à travers la France, une tournée dont la vedette est le célèbre humoriste Pierre Dac, avant d’être engagés en mars 1939 chez Suzy Solidor. Mobilisé en septembre 1939, Nathan Korb est libéré en 1940 et se retrouve à Marseille où, avec Jacques Rougeul, Lola Mouloudji et Jean Mercure, il participe à la fabrication du « Croquefruit », sorte de confiserie à base de dattes et d’amandes broyées. Avec son frère Maurice venu le rejoindre à Marseille et le pianiste Jean Bernard, il monte un trio vocal baptisé : Jean, Marc et Nat. À la suite de tumultueuses pérégrinations en France et en Allemagne, le futur Francis LEMARQUE regagne Paris et retrouve quelques amis au Café de Flore à Saint-Germain-des-Prés. Après avoir rapidement renoncé à faire carrière dans le journalisme sous le pseudonyme de Francis Marc, il débute en 1946 dans un petit cabaret dirigé par Pierre Dudan où il chante en s’accompagnant à la guitare. Remarqué par Henri Kubnick, un important producteur de radio de l’époque, il participe à plusieurs émissions. Au « Club des Cinq » (Faubourg Montmartre), il assiste au tour de chant d’Yves Montand. C’est aussitôt le grand choc tant il admire le timbre de la voix et déjà la présence scénique et le choix du répertoire de ce jeune débutant qui, ce soir là, remporte un véritable triomphe.

Dès ce jour, Francis LEMARQUE n’a plus qu’un seul objectif : composer des chansons sur mesure pour Yves Montand. Enfermé dans sa chambre durant plusieurs jours, il écrit paroles et musique de « Ma douce vallée » et après bien des corrections sur le texte de cette chanson, il enchaîne en composant avec plus de facilité « Bal, petit bal » et dans le même élan « Le tueur affamé » (que chantera aussitôt Mau­rice Chevalier). Ce sont ces trois chansons qu’il présente à son ami Jacques Prévert rencontré en 1934. Prévert lui obtient rapidement un rendez-vous avec Yves Montand qui, après l’écoute de deux chansons, l’interrompt avec cette question : « T’en as beaucoup comme ça ? ». Une longue et fidèle amitié va désormais se sceller entre Francis LEMARQUE et Yves Montand en pleine ascension vers la gloire, qui se produit à la radio, sur scène et notamment au Théâtre de l’Etoile et enregistre de nombreux disques chez Odéon. Très souvent avec facilité, Francis LEMARQUE enchaîne les compositions dont une majorité sont chantées par Yves Montand : « A Paris », « Cornet de frites », « Le cocher de fiacre », ainsi que « Bois de Boulogne » (chantée par Renée Lebas), « Le clown » (enregistrée par Jean Bre­tonnière), « Figaro » (qu’Andrex met à son répertoire)… C’est à la même époque, nous sommes en 1946, que Francis LEMARQUE rencontre Ginny, née en Egypte de père italien et de mère française. Il en tombe immédiatement amoureux et l’épouse le 20 juillet 1948 à la mairie du VIème arrondissement. De cette heureuse union naîtront Danièle en 1952, Stéphane en 1954 et Michel en 1960.

Après avoir surmonté sa grande timidité et malgré ses complexes en regard de l’écrasante personnalité d’Yves Montand, Francis LEMAR­QUE enregistre, à partir de 1949, ses premiers disques 78 tours chez Polydor sous la direction artistique de Jacques Canetti. Alors qu’il présente son tour de chant à « L’Echelle de Jacob » durant plus de quatre ans, Francis LEMARQUE a la chance de côtoyer les nouveaux talents de la chanson : Cora Vaucaire, Mouloudji, Michèle Arnaud, Catherine Sauvage, Mick Micheyl… On le retrouve aussi au « College Inn » à Montparnasse où il croise les duettistes Roche et Aznavour, Claire Leclerc et Simone Alma. A « l’Echelle de Jacob », il fait la connaissance du compositeur Rudi Révil récemment installé à Paris et directeur des Editions musicales « Tropicales ». Cette rencontre est déterminante pour la suite de la carrière d’auteur-compositeur de Francis LEMARQUE qui, sur des musiques signées Révil, écrit les paroles de « La grenouille », « Le petit cordonnier », « Un air de cristal », « Marjolaine » et d’autres encore, toutes éditées chez « Tropicales », ainsi que celles qu’il signe seul ou en collaboration avec d’excellents compositeurs : Marc Heyral, Jeff Davis, Domenico Modugno. La superbe valse « Toi tu ne ressembles à personne » (1953) dont il signe les paroles et la musique est de cette époque et fut enregistrée par Yves Montand, Renée Lebas, Simone Langlois… C’est aussi à partir de 1953 que Francis LEMARQUE se lie d’une profonde amitié avec Michel Legrand qui devient l’arrangeur et le chef d’orchestre de la plupart de ses enregistrements édités en 45 tours et 33 tours sur l’étiquette Fontana, une filiale des disques Philips où Boris Vian assure les fonctions de directeur artistique. Franck Aussman (alias Jean-Michel Defaye) et Alain Goraguer, avec le même talent et tout autant de sensibilité musicale, seront aussi ses heureux complices lors d’enregistrements un peu plus tardifs.

Le 7 septembre 1954, séduit par le livre de Claude Roy « Clés pour la Chine », Francis LEMARQUE intégré dans une délégation culturelle, s’envole à destination de Pékin avec escales à Prague, Varsovie et Moscou. De ce voyage passionnant va naître la chanson « Mon copain d’Pékin ». Durant l’été 1955, il participe au Festival Mondial de la Jeunesse à Varsovie, en compagnie de Rosy Varte, Jacques Fabbri, Pierre Spiers, Hubert Rostaing et Jerry Mengo, et c’est en 1956 que le Grand Prix du Disque lui est remis pour son interprétation de « La grenouille » et « Mon copain d’Pékin ». Lors d’un autre Festival Mondial de la Jeunesse auquel il participe en URSS en 1957, Francis LEMARQUE découvre une chanson populaire intitulée « Soirée aux environs de Moscou » qu’il adaptera en français en 1959 sous le titre « Le temps du muguet ». En décembre 1958, il triomphe à l’Olympia avec à la même affiche, Colette Renard et … Paul Anka qui rallie tous les suffrages de la jeunesse. Consécutivement au brusque départ à l’étranger de Rudi Révil, directeur des Editions Tropicales qui publient la plupart de ses chansons, Francis LEMARQUE décide en 1960 d’éditer ses propres œuvres et celles d’autres auteurs-compositeurs débutants. Ainsi naissent les Productions Francis LEMARQUE dont le local est installé avenue du Mesnil à La Varenne Saint-Maur, proche de son domicile. Ses nouvelles chansons paraissent alors sur des formats piano et chant illustrés d’un dessin de Jean Effel : « Miséricorde » et « Paris métro » (1961), « C’est de la faute à l’accordéon » et « Ecoutez la ballade » (1962), « Vieux Salomon », « Le bar du dernier verre »… ainsi que « Cathy » (d’Alain Barrière), les premières chansons de Serge Lama, d’autres encore de son ami Félix Leclerc… Il préside aussi aux débuts d’un jeune talent prometteur : Daniel Guichard. Un peu plus tard, il s’associera avec Michel Legrand pour la co-édition des chansons des films « Les parapluies de Cherbourg » (1963) et « Les demoiselles de Rochefort » (1966) réalisés par Jacques Demy. C’est aussi en 1966 qu’il s’envole pour une tournée de soixante représentations en Union Soviétique qui débute par un gala dans un grand théâtre de Moscou.

Francis LEMARQUE et le cinéma
Tout d’abord figurant anonyme dans plusieurs films dès le milieu des années 1930, Francis LEMARQUE compose (paroles et musique) la chanson « Mimi Pinson » interprétée par Dany Robin dans le film éponyme réalisé en 1957 par Robert Darène. En 1960, avec Michel Legrand qui assure l’écriture de toute l’orchestration, il signe la musique de « Terrain vague » de Marcel Carné, (avec Danièle Gaubert et Roland Lesaffre) et les paroles de la chanson, thème principal du film. La même année marque sa première collaboration avec le réalisateur Gilles Grangier pour l’écriture de la musique du film « Les vieux de la vieille » avec l’inoubliable trio : Jean Gabin, Pierre Fresnay et Noël-Noël, les arrangements orchestraux étant confiés à Paul Durand. Francis LEMAR­QUE retrouve son ami Michel Legrand pour la bande sonore de « Cause toujours mon lapin » (1961) et surtout pour « Le cave se rebiffe » (1961) de Gilles Grangier dans une prestigieuse distribution réunissant Jean Gabin, Bernard Blier, Franck Villard, Maurice Biraud, et du côté féminin : Martine Carol, Ginette Leclerc et Françoise Rosay. Autres collaborations avec le réalisateur Gilles Grangier : « Le gentleman d’Epson » (1962) et « Maigret voit rouge » (1963), avant sa rencontre avec Jacques Tati pour qui il compose toute la musique de « Playtime » (1964) dont la chanson « L’opéra des jours heureux » sera reprise par Juliette Gréco. Plus tardivement, il composera la musique d’une vingtaine de feuilletons télé­visés et émissions dramatiques (« Aubrac City », « Maurin des Maures », « Les chemins de pierre »…).

En 1965, le Festival de la Rose d’Or d’Antibes récompense son 33 tours paru chez Fontana, réunissant douze poèmes de Francis Carco qu’il a merveilleusement mis en musique et orchestrés par Armand Migiani. En 1972, sur des textes de Georges Coulonges, Francis LEMARQUE débute l’écriture de la musique de « Paris-Populi », une gigantesque fresque historique présentée par un chanteur des rues  s’accompagnant à l’orgue de Barbarie et où sont évoqués Camille Desmoulins, Napoléon, La Commune, Offenbach, les artistes des cafés-concerts, l’affaire Dreyfus, Toulouse Lautrec… Les 45 chansons réunies dans un coffret Barclay de trois 33 tours sont interprétées par Juliette Gréco, Mouloudji, Serge Reggiani, Marcel Amont, Catherine Sauvage…sur des arrangements de Jean-Michel Defaye dirigés par Michel Legrand. Cette magnifique aventure fut malheureusement un échec commercial et les disques invendus furent pilonnés. Francis LEMARQUE décide alors de reprendre le spectacle dans une formule plus réduite en interprétant lui-même les chansons, accompagné de quatre musiciens, durant deux mois dans la petite salle du T.E.P. (Théâtre de l’Est Parisien), puis en tournée à travers la France. En 1972, au Palais des Sports, il participe avec Jean Ferrat au spectacle « La ville » et en mai 1974, c’est au Théâtre de la Ville qu’il présente son tour de chant. Francis LEMARQUE a poursuivi sa route en enregistrant ses nouvelles chansons sous différents labels : « Les contes de la montagne pour les enfants de la plaine », puis trois albums édités chez Gérard Meys dont deux consacrés à des reprises de ses plus grands succès sur de nouvelles orchestrations d’Alain Goraguer. En 1988, un album réalisé chez un autre éditeur présentait ses nouvelles chansons nées au TLP Dejazet. Entre l’écriture d’autres chansons encore et sa participation à de nombreux spectacles, Francis LEMARQUE a rédigé son autobiographie intitulée « J’ai la mémoire qui chante » publiée en 1992 aux Presses de la Cité. On notera aussi sur un double CD de 27 chansons paru chez Flarenasch, un enregistrement public réalisé le 5 juin 1994 au Casino de Paris à l’occasion de l’anniversaire des 50 ans de chansons de Francis LEMARQUE. Mais celui qui, mieux que personne, a chanté Paris, son peuple et ses petits métiers, ses rues et ses amoureux des Quais de la Seine, s’est éteint le 20 avril 2002. Il reste aujourd’hui l’un des plus grands créateurs de la chanson française et bon nombre de ses œuvres, à l’instar de celles de Trenet, Brassens, Ferré, Brel, Béart, Ferrat et quelques autres, font partie et pour longtemps, des richesses de notre patrimoine. 

A propos des chansons  de Francis LEMARQUE 
Le CD 1 débute avec l’une des chansons les plus populaires de Francis LEMARQUE : « Le petit cordonnier » (CD1-N°1) écrite en 1953 sur une musique signée Rudi Révil, qui souvent reprenait des mélodies traditionnelles de différents pays en modifiant quelque peu la ligne de chant et les harmonies. C’est durant sa collaboration avec le compositeur - éditeur Rudi Révil que Francis LEMARQUE va écrire sur commande les paroles de plusieurs chansons, certes populaires, mais qu’il n’interprètera jamais telles : « Johnny tu n’es pas un ange » (musique du guitariste virtuose américain  Les Paul, création d’Edith Piaf et enregistrée aussi par Catherine Sauvage et Anny Gould) et, plus surprenant encore, « Le rossignol cubain » (samba-guaracha reprise par Jacques Hélian, le Trio Do Ré Mi, Armand Mestral…). « Le tueur affamé » (CD1-N°5) étant l’une des exceptions puisque créée et enregistrée par Maurice Chevalier, toutes les premières chansons de Francis LEMARQUE furent retenues par Yves Montand : « Bal, petit bal » (CD1-N°2 également enregistrée par Patachou et Catherine Sauvage), « Cornet de frites » (CD1-N°3 gravée par Mick Micheyl et Catherine Sauvage), « Le cocher de fiacre » (CD1-N°4) que reprendront aussitôt les Sœurs Etienne et Francis Linel, « A Paris » (CD1-N°6) dont on ne compte plus les multiples versions chantées et orchestrales, et « Toi, tu ne ressembles à personne » (CD1-N°10) Renée Lebas, Simone Langlois et Michèle Arnaud en feront aussi de superbes enregistrements. Il en est de même pour « Quand un soldat » (CD1-N°11), courageusement écrite en pleine guerre d’Indochine et proposée à Yves Montand qui, très vite, l’apprend pour la chanter lors d’un spectacle au Palais de la Mutualité. Chanson antimilitariste écrite quelques années avant la création du « Déserteur » par Boris Vian et Mouloudji, « Quand un soldat » fut longtemps interdite à la radio et a parfois suscité  des perturbations durant certains récitals d’Yves Montand qui, à juste raison, persista à la garder dans son répertoire. Consécutivement à son voyage en Chine en 1954 où l’occasion lui fut donnée de rencontrer Mao Tsé-Tung et Chou En-Lai, Francis LEMARQUE a écrit « Mon copain d’Pékin » (CD1-N°13), où sobrement et pudiquement est évoquée une profonde amitié née dans une rue populaire de la ville. Yvette Giraud, après Renée Lebas, fut l’une des plus fidèles interprètes de Francis LEMARQUE en enregistrant « La grenouille » (CD1-N°12), « Seul un homme peut faire ça » (CD1-N°16), « Marjolaine » (CD2-N°1), « Les ouvriers » (CD2-N°9), « L’air de Paris » (CD2-N°10), cette dernière chanson ayant également fait l’objet d’un 45 tours de Jacqueline François. Quant à Colette Mars, elle fixera son choix sur « Un air de cristal » (CD1-N°14) de même que Lucien Jeunesse et l’orchestre de Jacques Hélian. Autre interprète d’une chanson de Francis LEMARQUE incluse dans ce coffret : Philippe Clay qui, avec l’intelligence que l’on sait, a chanté « Le chemineau » (CD2-N°6). Tous les cinéphiles ont encore en mémoire la « Ballade de Paris » (CD2-N°7), un petit chef-d’œuvre sur une musique de Bob Castella, plusieurs fois reprise instrumentalement dans la bande sonore du film « L’air de Paris » (1954) de Marcel Carné avec Jean Gabin, Arletty et Roland Lesaffre. C’est Lucie Dolène qui, avec une étonnante facilité, prête sa voix à « La poupée magique » (CD2-N°11). Mariée au regretté Jean Cons­tantin, elle a mené une brillante carrière dans l’opérette parallèlement à un tour de chant original, tout en étant la voix des chansons de « Blanche Neige » dans la seconde version française du dessin animé de Walt Disney. De son voyage en U.R.S.S. en 1957, Francis LEMARQUE a rapporté une musique diffusée sur toutes les ondes de ce pays et que l’on peut traduire par « Soirée aux environs de Moscou » ; adaptée en français sous le titre « Le temps du muguet » (CD2-N°18), cette superbe chanson sera reprise par Renée Lebas, Danielle Darrieux, André Claveau, Henri Decker et de nombreux ensembles vocaux. Il serait enfin impardonnable de passer sous silence la qualité des orchestrations d’accompagnement des 36 faces enregistrées par Francis LEMARQUE ici sélectionnées. Qu’elles soient confiées à Daniel White (6 titres), Michel Legrand (17 titres) ou Franck Aussman, pseudonyme de Jean-Michel Defaye (9 titres), ces orchestrations - par le choix des couleurs instrumentales, la musicalité et la rigueur des artistes exécutants, l’invention subtile, l’intelligence et les richesses harmoniques propres à chaque arrangeur - parachèvent la sensibilité et l’authenticité d’interprète de Francis LEMARQUE, un grand, un très grand de la chanson française. 
Dany LALLEMAND
© 2011 Frémeaux & Associés - Groupe Frémeaux Colombini     

Disques originaux (78 et 45 tours) et photos : Collection Dany Lallemand. Remerciements à Coralie Immacolato.   

english notes
By his own confession, Francis Lemarque never wanted to be a music-hall star. In 1946 he’d been very impressed by Yves Montand’s vocal qualities and exceptional stage-presence – Montand became his principal singer for almost fifteen years – and Lemarque had no ambition other than to write songs for those he admired: Montand, obviously, but also Maurice Chevalier, Renée Lebas, Patachou, Jacqueline François, Yvette Giraud, the Compagnons de la Chanson… It was Jacques Canetti, who never tired of discovering new talents, who caused Lemarque to overcome his great shyness and forget his complexes (Canetti was behind his first recordings), and Francis tuned his performances on many stages in Paris and the provinces, even abroad. The real audience – those who weren’t to be fooled by short-lived success in the hit-parades, or by silly gimmicks – immediately recognised Lemarque not only as a genuine poet, but also as a sensitive and intelligent performer whose voice was true and flexible: it was immediately recognisable, too, right from the very first note. Lemarque’s restrained gestures, and the way he dressed onstage (he often wore a blue velvet suit over an open-necked shirt), were also indications of the attention the artist paid to his appearance. That Francis Lemarque, the wonderful performer of his own immortal songs, seems to be a part of French folklore, and here you can (re)discover him through 36 titles in a selection whose choice wasn’t always that easy: all of them have rare quality. 

Nathan Korb, who only later adopted the pseudonym Francis Lemarque, was born on November 25th 1917 in Paris, only a stone’s throw from the Bastille. His father Joseph, a Lithuanian Jew, had fled Eastern Europe to come to Paris and work in the rag-trade, (or women’s ready-to-wear clothing, to be more politically correct). As a child, Nathan was rocked to sleep by the sounds of accordions coming from the quarter’s bals musette – popular dance-halls like Bousca, Boule Rouge, Bal Vernet, Trois Colonnes – and Lemarque often used to say «I was vaccinated with the Java!» The boy learned about life in the streets as a regular visitor to local cafés where little bands used to play, and in dance-halls he was fascinated by the brilliant variations played by virtuosos of the accordion. He used to spend hours watching men in cloth caps manoeuvring saucy girls with short boyish hair-cuts, swirling around in pleated skirts. It was enough to distract any youngster from school, but Francis still managed a school-certificate when he was eleven. Without telling his parents, he decided he’d sing in the streets too, and started to work for a living, first as a delivery-boy for a pastry-shop before he became a printer’s apprentice and later a metal-worker... In 1934 Nathan Korb joined the «Groupe Mars», a theatre-troupe staging artistic shows all across the country. When the Front Populaire arrived, the group, led by O’Brady and then Sylvain Itkine, began recitals of poems by Jacques Prévert, notably at the Citroën factory or the Galeries Lafayette shop, and they staged Courteline’s play «Un client sérieux». Nathan – still not Francis Lemarque – formed a duo with his elder brother Maurice called «Les Frères Marc« which was strongly inspired by the Gilles & Julien duo. «Gilles» (real name Jean Villard) wrote the song «Les trois cloches» for Edith Piaf and the Compagnons in 1946. Nathan and Maurice had no accompanist but they appeared in shows with Louis Aragon; Prévert also noticed them, and he gave them a few songs with music by Joseph Kosma. The duo wasn’t paid for its appearances, so a «real» job was vital; Nathan appeared as an extra in some period films («Drôle de drame«, «Le crime de Monsieur Lange»), and when Maurice went off to do his military service he was replaced for a time by Léo Noël (he later accompanied himself playing a barrel-organ). They toured France for a month with famous humorist Pierre Dac before they were hired in March 1939 by Suzy Solidor. Nathan was called up in September 1939, and when he was demobbed in 1940 he joined Jacques Rougeul, Lola Mouloudji and Jean Mercure in Marseilles, where they manufactured «Croquefruit», a sort of sweet made from dates and crushed almonds. When Maurice Korb came down to join his brother with pianist Jean Bernard, Nathan set up a vocal trio known as «Jean, Marc et Nat». After many adventures in France and Germany, the future Francis Lemarque returned to Paris where he rejoined some of his old friends at the Café de Flore in Saint-Germain-des-Prés. After quickly abandoning an attempt at a journalistic career (under the pseudonym Francis Marc), he made his cabaret debut in 1946 in a little place run by Pierre Dudan where he sang accompanying himself on the guitar. He was spotted by Henri Kubnick, one of radio’s major producers at the time, and took part in several programmes. One evening, at the «Club des Cinq» in Faubourg Montmartre, he was in the room for Yves Montand‘s show, and was deeply impressed by the reception given to the singer’s songs and stage-presence. From that night on, Francis Lemarque had only one aim: to write songs for Yves Montand. He shut himself away for several days and wrote both words and music for «Ma douce  vallée»; after several rewrites of the lyrics, he went on to compose «Bal, petit bal» – it was easier this time –and while in his stride he wrote «Le tueur affamé» (immediately taken up by Maurice Chevalier). These were the three songs he presented to his friend of over a decade, Jacques Prévert (they’d met in 1934). Prévert quickly obtained an appointment for him to see Yves Montand who, after listening to two of the songs, said, «How many more of those have you got?» It was the beginning of a long and loyal friendship between Lemarque and Montand, with the latter well on his way to fame onstage and on radio, with many recordings for Odéon. Francis Lemarque often showed enormous facility in writing song after song, most of them destined for Yves Montand: he composed «A Paris», «Cornet de frites» and «Le cocher de fiacre» as well as «Bois de Boulogne» (sung by Renée Lebas), «Le clown» (recorded by Jean Bretonnière), «Figaro» (which Andrex adopted)... At the same time (1946) Francis met Ginny, a young woman born in Egypt (her father an Italian, her mother French); he fell in love with her at first sight and they married in Paris on July 20th 1948. Their happy union produced three children: Danièle (1952), Stéphane (1954) and Michel (1960). 

After overcoming his shyness – and the complex that the enormous personality of Montand had given him – Francis Lemarque began recording under his new name in 1949, with his first discs (produced by Jacques Canetti) appearing on the Polydor label.  Francis Lemarque had been singing at the «Echelle de Jacob» for over four years, and he’d met most of the new singing-stars, among them Cora Vaucaire, Mouloudji, Michèle Arnaud, Catherine Sauvage and Mick Micheyl… (Francis had also sung in Montparnasse, and met the duo known as «Roche et Aznavour».) At the «Echelle» he met composer Rudi Révil, who ran the «Tropicales» publishers, and it was a decisive encounter for Lemarque who, with music written by Révil, wrote the lyrics to «La grenouille», «Le petit cordonnier», «Un air de cristal», «Marjolaine» and many other songs published by «Tropicales», not to mention works he wrote on his own or with excellent composers like Marc Heyral, Jeff Davis and Domenico Modugno. Lemarque wrote both music and lyrics for the superb waltz «Toi tu ne ressembles à personne» (1953) for example, and it was recorded by Montand, Renée Lebas, and Simone Langlois. In 1953, too, Francis Lemarque began a long friendship with Michel Legrand, who became his arranger and conductor for most of the recordings issued as 45 and 33rpm discs by Fontana, a Philips label whose Artistic Director was none other than Boris Vian. Franck Aussman (alias Jean-Michel Defaye) and Alain Goraguer, just as talented and with an equal feeling for music, became Lemarque’s studio-accomplices a little while later. 

On September 7th 1954, seduced by Claude Roy’s book «Into China», Francis Lemarque joined a cultural delegation flying to Peking with stopovers in Prague, Warsaw and Moscow, and that enthralling trip produced the song «Mon copain d’Pékin«. In the summer of 1955 he took part in Warsaw’s World Youth festival with Rosy Varte, Jacques Fabbri, Pierre Spiers, Hubert Rostaing and Jerry Mengo, and the following year he was awarded the «Grand Prix du Disque» for his recordings of «La grenouille» and «Mon copain d’Pékin». In another World Youth Festival (USSR, 1957) Francis discovered a popular song enti­tled «Soirée aux environs de Moscou», and he adapted it in 1959 as «Le temps du muguet». December 1958 saw him triumph at the Olympia in Paris, sharing the bill with Colette Renard and… Paul Anka, the teenage idol of the day. In 1960, when Rudi Révil (the publisher of most of his songs) left France, Lemarque decided to become his own publisher, and he also published songs by other up-and-coming composers. The company «Productions Francis Lemarque» was born, and it set up business in La Varenne Saint Maur close to his home. His new songs appeared in piano-plus-song formats with an illustration by caricaturist Jean Effel: «Miséricorde» and «Paris metro» appeared in 1961, «C’est de la faute à l’accordéon» and «Ecoutez la ballade» in 1962, plus «Vieux Salomon», «Le bar du dernier verre» etc, as well as Alain Barrière’s «Cathy» and the first songs of Serge Lama or Felix Leclerc. Francis Lemarque also presided over the debuts of a very promising youngster named Daniel Guichard. A little later, he joined forces with Michel Legrand as co-publishers of the songs from the Jacques Demy films «Les parapluies de Cherbourg» (1963) and «Les demoiselles de Rochefort» (1966). It was also in 1966 that Lemarque flew to the Soviet Union for a series of sixty concerts that began with a gala recital in a Moscow theatre.

Francis Lemarque and films
Almost 30 years after being an anonymous film-extra, in 1957 Francis Lemarque wrote the words and music of «Mimi Pinson» for Dany Robin in the film of the same name directed by Robert Darène. In 1960, with Michel Legrand – who orchestrated all the music – he composed the score for Marcel Carné’s film «Terrain vague» together with the lyrics for the film’s main theme. That same year saw his first collaboration with director Gilles Grangier: the occasion was the music for the film «Les vieux de la vieille», which starred the unforgettable trio of Jean Gabin, Pierre Fresnay and Noël-Noël (Paul Durand wrote the orchestral arrangements). Francis met up with his friend Michel Legrand (and director Gilles Grangier) again in 1961 for the soundtracks of «Cause toujours mon lapin» and «Le cave se rebiffe» in particular, which had a prodigious cast that included Gabin, Bernard Blier, Franck Villard, Maurice Biraud and, in the female roles, Martine Carol, Ginette Leclerc and Françoise Rosay. Among other Grangier films were «Le gentleman d’Epsom» (1962) and «Maigret voit rouge« (1963), and then in 1964 Francis met Jacques Tati, for whom he wrote all the music featured in «Playtime»; the song «L’opéra des jours heureux« from that film was picked up by Juliette Gréco. Later in his career Francis Lemarque wrote the music for another twenty television serials and dramas that included «Aubrac City», «Maurin des Maures» and «Les chemins de pierre». In 1965, the «Rose d’Or» Festival in Antibes awarded him a prize for the 12» LP he released on Fontana with twelve poems by Francis Carco; his marvellous music was orchestrated by Armand Migiani. In 1972, this time with texts by Georges Coulonges, Francis Lemarque began writing the music for «Paris-Populi», a vast historical fresco presented by a street-singer accompanying himself on a barrel-organ; the piece made reference to Camille Desmoulins, Napoleon, the Commune, Offenbach, popular café-concert artists, the Dreyfus scandal, Toulouse Lautrec… Altogether, there were 45 songs released in a single boxed-set (Barclay Records) that contained three 12” LPs featuring Juliette Gréco, Mouloudji, Serge Reggiani, Marcel Amont and Catherine Sauvage… with an orchestra playing Jean-Michel Defaye arrangements conducted by Michel Legrand. It was a magnificent venture but, alas, a flop commercially: the unsold records were scrapped. Francis decided to reformulate the work and sing the songs himself, this time accompanied by four musicians; the show was put on for two months in the small theatre at the T.E.P. («Théâtre de l’Est Parisien»), and then taken on tour across France. In 1972, at the «Palais des Sports» in Paris, Francis appeared with Jean Ferrat in the revue «La ville», and in May 1974 he gave a recital in the capital’s «Théâtre de la Ville». 

Francis Lemarque pursued his career with new recordings for different labels: «Les contes de la montagne pour les enfants de la plaine» was released, and then three albums were published by Gérard Meys which included two «covers» of his greatest hits with new orchestrations by Alain Goraguer. In 1988, an album produced by another label presented the new songs which Lemarque had created for his recitals at the T.L.P. Dejazet. Between his songwriting and other public appearances, Francis Lemarque also found time to write his autobiography («J’ai la mémoire qui chante», publ. Presses de la Cité, 1992). The Flarenasch label also released a 27-song double CD featuring Lemarque’s live appearances at the «Casino de Paris» on June 5th 1994, recorded on the occasion of his 50th anniversary in song. The man who, better than anyone, represented Paris, its people and trades, its streets and lovers on the banks of the river Seine, passed away on April 20th 2002. Today Francis Lemarque is remembered as one of the greatest creators in French Chanson, and many of his works, like those of Trenet, Brassens, Ferré, Brel, Béart, Ferrat and a handful of others, have gone down in history as part of France’s cultural heritage.

Notes on the songs of Francis Lemarque
CD 1 begins with one of his most popular songs, «Le petit cordonnier» (CD1-N°1) written in 1953 with music by Rudi Révil, who often took up traditional melodies from various countries, slightly changing the melody-line and harmonies. It was during his association with publisher/composer Rudi Révil that Francis Lemarque wrote several commissioned songs he never recorded as such, even though they were very popular: there was «Johnny tu n’est pas un ange» (with music by the virtuoso American guitarist Les Paul), first performed by Edith Piaf but also recorded by Catherine Sauvage and Anny Gould); and, even more surprising, there was «Le rossignol cubain», a samba-guaracha that was covered by Jacques Hélian, the Do Ré Mi trio and Armand Mestral et al. With the exception of «Le tueur affamé» (CD1-N°5), a song first performed and recorded by Maurice Chevalier, all of Francis Lemarque’s early songs were picked up by Yves Montand: «Bal, petit bal» (CD1-N°2, also recorded by Patachou and Catherine Sauvage); «Cornet de frites» (CD1-N°3, recorded by Mick Micheyl and Catherine Sauvage); «Le cocher de fiacre» (CD1-N°4), which was picked up at once by the Sœurs Etienne and Francis Linel; «A Paris» (CD1-N°6), which had countless versions, both sung and instrumental; and «Toi, tu ne ressembles à personne» (CD1-N°10), which was superbly recorded by Renée Lebas, Simone Langlois and Michèle Arnaud at different times. The same goes for «Quand un soldat» (CD1-N°11), which was courageously written in the middle of the war in Indochina, and which Francis offered to Montand (who immediately learned the song and presented it during his recital at the Palais de la Mutualité in Paris). An anti-militarist song written some years before Boris Vian and Mouloudji created «Le Déserteur», this «Quant un soldat» was banned on radio for a long time; it caused disturbances at some of Yves Montand’s recitals because Montand – rightly so – stubbornly kept it in his repertoire. Following Lemar­que’s trip to China in 1954, during which he met both Mao Tse-Tung and Chou En-Lai, he wrote «Mon copain d’Pékin» (CD1-N°13) which, soberly and with great restraint, evoked a deep friendship born in one of Peking’s city streets. Yvette Giraud, after Renée Lebas, became one of Lemarque’s most loyal interpreters in song when she recorded «La grenouille» (CD1-N°12), «Seul un homme peut faire ça» (CD1-N°16), «Marjolaine» (CD2-N°1), «Les ouvriers» (CD2-N°9) and «L’air de Paris» (CD2-N°10), and that last song was also recorded by Jacqueline François as a 45rpm single. As for Colette Mars, she chose «Un air de cristal» (CD1-N°14), along with Lucien Jeunesse and Jacques Hélian‘s orchestra. Another singer of Lemarque songs appearing in this set was Philippe Clay who, with characteristic intelligence, sang «Le chemineau» (CD2-N°6). And every filmgoer remembers «La Ballade de Paris» (CD2-N°7), a little masterpiece with music by Bob Castella, which featured as an instrumental in the soundtrack of Marcel Carné’s «L’air de Paris» (1954), a film starring Jean Gabin, Arletty and Roland Lesaffre.  Lucie Dolène shows astonishing facility when she lends her voice to «La poupée magique» (CD2-N°11). Married to the late Jean Constantin, she had a brilliant operetta career in parallel with her original song-recitals (and she was also the voice of Snow White in the second French version of the Walt Disney cartoon). When Francis Lemarque returned from the USSR in 1957 he brought with him a piece of music that was aired on every radio station in France, a title that translated roughly as «Soirée aux environs de Moscou» («An evening near Moscow» in English); it was adapted into French under the title «Le temps du muguet» (CD2-N°18), a superb song that was picked up by Renée Lebas, Danielle Darrieux, André Claveau, Henri Decker and many vocal groups.  It would be unthinkable not to mention the quality of the arrangements and orchestrations that accompany the 36 sides recorded by Francis Lemarque and featured here. Whether written by Daniel White (6 titles), Michel Legrand (17 titles) or Franck Aussman, the pseudonym of Jean-Michel Defaye (9 titles), these orchestrations – in their choice of instrumental colours, the musicality and rigour of the artists performing them, the subtle inventiveness and harmonic richness proper to each of the arrangers – succeeded in perfecting the artistic sensibility and authenticity of Francis Lemarque the performer, one of the (very) greatest names in French Chanson. 
Adapted by Martin Davies From the French text of Dany Lallemand 
© 2011 Frémeaux & Associés - Groupe Frémeaux Colombini 

Discographie
CD 1
1) Le petit cordonnier (1953) 2’47
Francis Lemarque - Rudi Révil avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 504 
2) Bal, petit bal (1949) 2’57
Francis Lemarque avec Emil Stern et son ensemble 78 t. Polydor 560 167 
3) Cornet de frites (1949) 3’35
Francis Lemarque - Bob Astor avec Emil Stern et son ensemble 78 t. Polydor 560 167 
4) Le cocher de fiacre (1950) 3’19
Eddy Marnay - Francis Lemarque avec Daniel White et son orchestre 78 t. Polydor 560 281 
5) Le tueur affamé (1949) 3’13
Francis Lemarque avec Daniel White et son orchestre 78 t. Polydor 560 026  
6) A Paris (1949) 2’59
Francis Lemarque avec Daniel White et son orchestre 33 t. Fontana 660 201 
7) Au Bois de Boulogne  (Patins à roulettes) (1951) 2’32
Henri Spade - Francis Lemarque avec Daniel White et son orchestre 78 t. Polydor 560 345 
8) J’ai mis mes cliques (1950) 2’34
Francis Lemarque avec Daniel White et son orchestre 78 t. Polydor 560 282 
9) Le clown (1951) 3’01
Francis Lemarque avec Daniel White et son orchestre 78 t. Polydor 560 376 
10) Toi tu ne ressembles à personne (1953) 2’35
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 504
11) Quand un soldat (1953) 1’59
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 504 
12) La grenouille (1955) 2’38
Francis Lemarque - Rudi Révil avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 505 
13) Mon copain d’Pékin (1955) 2’13
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 505 
14) Un air de cristal (1955) 2’52
Francis Lemarque - Rudi Révil avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 505 
15) Julot Poil-dans-la-main (1955) 3’15
Francis Lemarque, C. François -  Marc Heyral avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 505  
16) Seul un homme peut faire ça  (1956) 2’54
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 33 t. Fontana 660 202 
17) Matilda (1956) 2’34
Francis Lemarque - Marie Cowan à la guitare Francis Lemarque 33 t. Fontana 660 202 
18) Paris se regarde (1956) 2’05
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 33 t. Fontana 660 202

CD 2
1) Marjolaine (1958) 2’32
Francis Lemarque - Rudi Révil avec Franck Aussman et son ensemble  et Les Fontana 33 t. (25) Fontana 660 210 
2) Bientôt le soleil (1956) 3’09
Francis Lemarque - Jeff Davis avec Michel Legrand et son orchestre 33 t. (25) Fontana 660 202 
3) Les routiers (1956) 2’57
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 33 t. (25) Fontana 660 202 
4) Le chemin des oliviers (1956) 1’39
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 33 t. (25) Fontana 660 202 
5) Le p’tit môme (1956) 2’34
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 33 t. (25) Fontana 660 202
6) Le chemineau (1956) 2’35
Francis Lemarque avec Michel Legrand et son orchestre 33 t. (25) Fontana 660 202 
7) Ballade de Paris (1956) 2’55
Francis Lemarque - Bob Castella avec Michel Legrand et son orchestre 33 t. (25) Fontana 660 202 
8) L’âne et le paysan (1958) 3’04
Francis Lemarque - Domenico Modugno avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 526 
9) Les ouvriers (1958) 2’31
Eddy Marnay, Francis Lemarque -  Marc Heyral avec Michel Legrand et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 526 
10) L’air de Paris (1958) 2’29
Francis Lemarque - Marc Heyral avec Franck Aussman et son ensemble et Les Fontana 33 t. (25) Fontana 660 210
11) La poupée magique (1958) 2’30
avec Lucie Dolène Francis Lemarque - Rudi Révil avec Franck Aussman et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 569 
12) Le mal d’amour (1958) 3’24
Francis Lemarque - Rudi Révil avec Franck Aussman et son orchestre et Les Fontana 45 t. EP Fontana 460 569 
13) La guinguette au bord de l’eau (1958) 2’25
Francis Lemarque avec Franck Aussman et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 569 
14) A côté du canal (1958) 2’48
Francis Lemarque avec Franck Aussman et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 598
15) L’assassin du dimanche (1958) 2’13
Francis Lemarque avec Franck Aussman et son orchestre 45 t. EP Fontana 460 598 
16) Soleil d’acier (1959) 3’44
Francis Lemarque - Bob Castella avec Franck Aussman et son orchestre 33 t. (25) Fontana 660 221 
17) Rendez-vous de Paname (14 juillet) (1958) 2’30
Francis Lemarque avec Franck Aussman et son orchestre et Les Fontana 45 t. EP Fontana 460 598 
18) Le temps du muguet (1959) 3’04
Francis Lemarque - Soloviev, Sodoï avec Alain Goraguer et son orchestre et choeurs 45 t. EP Fontana 460 631 

CD FRANCIS LEMARQUE 1949 - 1959 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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