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TIBET - LE JOKHANG DE LHASSA  
Prières et chants de travail 

(Jokhang in Lhassa - Buddhist chants and worksongs)







“Quant au nom Thibet, il peut être intéressant de savoir qu’il est inconnu des Thibétains.  Son origine reste obscure. Les Thibétains appellent leur pays Peu yul ou, poétiquement, en littérature, Gangs yul (le Pays des Neiges)”.
Alexandra David-Néel, Voyage d’une Parisienne à Lhassa, 1927

N.B. : Tibet se voit parfois orthographié Thibet, notamment dans les récits de l'exploratrice et orientaliste Alexandra David-Néel  

Le Bouddhisme tibétain
Alors que le bouddhisme peut sembler, aujourd’hui, indissociable de la culture du Tibet, il n’en fut pas toujours ainsi. En raison de son accès difficile, le Toit du Monde connaît un isolement géographique qui l’a longtemps préservé des influences extérieures. La conversion tardive du Tibet au bouddhisme n’intervint que dans la première moitié du VIIe siècle, avec l’émergence de l’empire Yarlung. C’est Songtsen Gampo le “premier roi religieux” qui, le premier, instaura et diffusa la religion bouddhiste. Il la percevait comme un facteur de civilisation et de prospérité au regard de ce qui se passait dans d’autres contrées qui avaient déjà adopté le bouddhisme, notamment en Asie du Sud-est. En effet, en absorbant les anciennes cultures dites prébouddhiques (animistes), cette religion souvent liée à la royauté, permettait de promouvoir la nouvelle culture tibétaine et ainsi de consolider l’influence à la fois politique et économique du monarque. Cette religion ayant un caractère missionnaire depuis le règne de l’empereur Ashoka (dynastie Maurya au IIIe siècle av.J.-C.), Songtsen Gampo n’hésita pas à ériger le bouddhisme en religion d’Etat. A l’instar de l’empereur indien, il érigea de nombreux monuments bouddhiques dont les deux principaux temples du pays, à Lhassa, Jokhang et Ramoché, mais aussi le palais du Potala originel, le Dragla Lugug en face du Potala, le Pabonka de Séra, etc., qui sont encore aujourd’hui d’importants centres de pèlerinage. Avant de connaître une seconde diffusion vers la fin du Xe et durant le XIe siècle, le bouddhisme fut temporairement éradiqué au IXe siècle sous le règne de Landarma, dernier roi de l’empire Yarlung qui se morcela en un certain nombre de principautés indépendantes. Parfois appelé lamaïsme, le bouddhisme tibétain est une synthèse du Mahâyâna et du Tantrisme. Ces deux courants religieux du bouddhisme ont en commun un corpus de connaissances spirituelles. Mais, alors que le Grand Véhicule a pour idéal le bodhisattva qui recherche l’Éveil, non pour son propre salut mais pour celui d’autrui, tout en le retardant volontairement pour aider son prochain à atteindre le Nirvâna et ainsi échapper au cycle des renaissances, les adeptes du Tantrisme – également appelé Vajrayâna (“Véhicule du Diamant”) – pratiquent des méthodes de yoga et de méditation permettant d’atteindre à l’Eveil grâce à la supervision d’un maître déjà initié. Le second essor du bouddhisme au Tibet vit émerger des sectes rivales, le charisme des maîtres spirituels prévalant parfois sur d’autres considérations. Les Nyingmapa, les Kagyüpa, les Sakyapa et les Gelugpa constituent les quatre principales écoles du bouddhisme tibétain. La plus récente, la tradition Gelugpa, fondée par Tsong Khapa (1357-1419), est aussi appelée l’école des Bonnets jaunes. Cette nouvelle formulation du bouddhisme tibétain, née en partie en réaction au laxisme moral ambiant et aux déviations observées dans l’interprétation des tantras, prône une plus grande discipline de vie monastique (vinaya) et une codifi­cation de la voie menant à l’Eveil, le processus de purification mentale étant constitué de 10 niveaux spirituels conduisant ultimement au salut. Le terme “Gelug” signifie “Vertueux” mais certains y voient la contraction de Geden lug (“tradition de Geden”) en référence au monastère de Ganden fondé en 1409 par Tsong Khapa lui-même. Des principaux disciples de ce grand réformateur est issue la lignée des Dalaï-lamas, considérés comme des incarnations de Chenresi (Avalokiteshvara), le Bodhisattva de la Compassion. Du système Gelugpa est également issue une autre lignée de réincarnations, celle des Panchen-lamas, abbés du monastère de Tashilhumpo à Shigatsé et seconde autorité spirituelle du Tibet liée au Dalaï-lama par une relation de disciple à maître. Cette relation est certainement aujourd’hui altérée en raison du conflit entre les Tibétains et les autorités chinoises sur la désignation du 11e Panchen-lama.

Lhassa, ville sainte du Tibet
Située sur le plateau du Tibet dans une vallée bordée de montagnes, Lhassa, une des villes les plus hautes du monde avec ses 3658 m d’altitude, est la “Terre des dieux” (Lha signifiant divinité et Sa, la terre, le sol). Elle est devenue un lieu saint durant la première moitié du VIIe siècle grâce au premier essor du bouddhisme qui est l’oeuvre des trois premiers “rois religieux” (Chögyal) du Tibet, dont le premier est Songtsen Gampo (˜ 617-650). Poursuivant l’œuvre politique et militaire de son père Namri Songtsen (˜ 570-619), le “Commandant aux cent mille Guerriers”, il unifia le Tibet et continua d’étendre les limites de cet empire encore balbutiant grâce à ses faits d’arme et à des alliances matrimoniales stratégiques. En effet, il épousa en 632 la princesse népalaise Tritsun (Brikuti) après avoir conquis le Népal et reçut la main de la princesse chinoise Wencheng, en 641, après qu’il eût menacé la frontière occidentale de la Chine des Tang. Toutes deux bouddhistes, ses épouses, considérées respectivement comme des émanations de la Tara Verte et de la Tara Blanche eurent une influence primordiale sur leur époux mais surtout sur le cours de l’histoire du Tibet. En effet, Songtsen Gampo introduisit le bouddhisme au Tibet et transféra la capitale de Chingwa Tagtse à Lhassa qui devint rapidement une cité importante du bouddhisme.  Avec ses nombreux monuments bouddhiques, la cité sacrée est devenue un lieu de pèlerinage incontournable du Tibet pour les nombreux pèlerins cherchant à favoriser une renaissance meilleure dans une vie prochaine, les privations du temps présent se transformant en mérites qui assurent une existence plus douce. Cependant, tout pèlerinage n’implique pas nécessairement un déplacement physique. Le tantrisme conçoit, en effet, le pèlerinage comme un voyage informel qu’il est possible d’accomplir intérieurement, le déplacement se réalisant en soi, chaque région du corps correspondant à un site géographique. Mais les religieux ou les simples croyants qui se déplacent à Lhassa observent des gestes rituels immuables depuis de nombreux siècles. Outre les actes d’offrande, souvent accompagnés de la récitation de mantras censés les aider à parvenir à un état méditatif dont le plus répandu au Tibet est “Om Mani Padme Hum” (symbole verbal de Chenresi, Bodhisattva de la Compassion et protecteur du Tibet), les croyants s’aspergent de quelques gouttes d’eau rituelle, puis cherchent à obtenir une audience (darsan) avec un lama ou le maître spirituel d’un sanctuaire. Ils pratiquent également la circumambulation autour de lieux sacrés, dans le sens des aiguilles d’une montre. Originaire de l’Inde, cette façon de rendre hommage favorise la concentration spirituelle et constitue un acte de dévotion favorisant l’acquisition de mérites. L’un des corridors (appelés khorlam au Tibet) les plus parcourus est le Nangkhor qui ceint le sanctuaire principal du monastère du Jokhang. Mais l’observance religieuse la plus remarquable est la prosternation (chaksthal), de tradition essentiellement tibétaine. Afin de montrer et d’éprouver sa foi, le fervent pèlerin touche de ses mains jointes son front (l’esprit), sa région bucco-gutturale (la parole) et son cœur (le corps) avant de se prosterner en s’étirant de tout son long sur le sol. Les plus valeureux accomplissent ainsi cette incroyable performance physique, quel que soit leur âge, durant les nombreux jours, mois ou années que dure leur pèlerinage. Autrement, seule la prosternation à trois reprises avant d’entrer dans un monastère est exigée.  Avec le développement d’une économie locale et du tourisme, le Barkhor, ce chemin de pèlerinage qui encercle le complexe du Jokhang, est le lieu d’une succession d’échoppes des marchands du temple. Haut lieu de la vie culturelle et religieuse, Lhassa devint également, au XVIIe siècle, le siège du gouvernement du Tibet grâce au 5ème Dalaï-lama, Lobsang Gyatso (1617-1682). Avec l’occupation chinoise à partir de 1951, cette ancienne capitale du royaume tibétain n’est plus qu’une division administrative de la Chine, le chef-lieu de la Région autonome du Tibet, laquelle ne couvre qu’environ la moitié du Tibet historique, cette aire revendiquée par le gouvernement tibétain en exil. Dharamsala, terre d’accueil en Inde du 14ème Dalaï-lama, Tenzin Gyatso, est par ailleurs surnommée “la petite Lhassa”. 

Le Jokhang
Lieu le plus sacré du Tibet en ce qu’il est dépositaire de la statue la plus vénérée du pays, le Jowo Shâkyamuni, le Tsuglag Khang, plus communément appelé le Jokhang, est à la fois le centre et le symbole de la ville sainte de Lhassa. Considéré comme le premier et le plus important temple bouddhique du Tibet, il était originellement destiné à abriter les trésors constitués par la dot de l’épouse népalaise de Songtsen Gampo, notamment la statue du Bouddha à l’âge de 8 ans (Jowo Mikyo Dorje/Akshobya). Mais, aujourd’hui, celle-ci se trouve à 1 km au nord, dans le second temple le plus sacré de Lhassa, Ramoché, où devait être déposée la statue rapportée par la princesse Wencheng, celle du Bouddha à l’âge de 12 ans (Jowo Shâkyamuni/Mikyo Dorje), actuellement adorée au Jokhang. Cette dernière statue est à l’origine un présent que le roi du Magadha (Bengale) avait offert au père de Wencheng, Tang Taizong, qui régna de 627 à 649, en récompense de son aide face à l’invasion des Yavana. Si la statue du Bouddha à 12 ans est actuellement au Jokhang, c’est que durant le règne de Mangsong Mangtsen (649-676), une rumeur courut selon laquelle la dynastie Tang s’apprêtait à attaquer le Tibet. Aussi, pour protéger la vénérée statue, il fut ordonné que la statue apportée de Chine soit transférée de Ramoché au Jokhang où elle fut cachée dans une chambre secrète durant soixante ans. Lorsque la paix entre le Tibet et la Chine des Tang fut rétablie et scellée grâce à une nouvelle alliance matrimoniale, en 710, ladite statue fut placée dans la chapelle principale du Jokhang où elle demeure encore, alors que la statue ramenée du Népal est restée dans son second temple d’adoption. Le choix du site le plus propice à sa construction est lié à un mythe qui ne fait qu’accentuer le caractère magique du lieu.

En effet, grâce aux méthodes chinoises de géomancie apportées par la seconde épouse du roi tibétain, il put être déterminé qu’une démone gisait, allongée sur le dos, à Lhassa et qu’afin de la mettre hors d’état de nuire, il fallut construire des monastères et ériger des statues de divinités en des points stratégiques précis. Douze institutions monastiques furent ainsi bâties avant les premiers travaux du Jokhang qui devait clore cet ambitieux programme. Construit sur l’ancien lac Wöthang, correspondant au cœur de la créature, ce temple devait achever de la neutraliser.   Malgré des difficultés pour combler l’étendue d’eau et construire par dessus, le Jokhang fut édifié vers 639 ou 647. Entièrement financé par la princesse népalaise Tritsun, il est orienté vers l’ouest, en direction du Népal, en signe de reconnaissance. Le temple que l’on peut voir aujourd’hui, haut de quatre étages, est constitué de deux structures distinctes identifiées comme “le Jokhang intérieur” et le “Jokhang extérieur”. Le premier, qui est le plus ancien et le plus important, correspond au plan initial qui reprend la forme des vihara indien avec ses nombreuses cellules monastiques entourant la salle de réunion et de méditation, de plan généralement carré, qui abrite une image du Bouddha. Le tout étant entouré par un corridor ambulatoire, le Nangkhor. Cette structure de base est à présent comprise dans un complexe qui mesure à présent  25 000 m2 et qui comprend de nombreuses chapelles auxiliaires, des réserves alimentaires et bien d’autres pièces encore. Le roi Songtsen Gampo est traditionnellement crédité pour la construction du premier étage du temple alors que le deuxième niveau est généralement attribué à son successeur, Trisong Detsen. Le troisième est plus tardif. En raison d’une série de réfections, parfois de grande ampleur, et de restaurations importantes – notamment après les dommages consécutifs à la Révolution culturelle chinoise – il est difficile d’établir et sa conception architecturale originelle et l’authenticité des statues actuelles qui, pour la plupart, datent des années 1980. Les peintures murales, quant à elles, dateraient des XVIIIe et XIXe siècles. Le Hall d’Assemblée principal, appelé Khyamra Chenmo, est un hall à colonnes à ciel ouvert situé entre l’entrée principale et le sanctum sanctorum qui abrite la statue la plus vénérée du Bouddha. Autour court une terrasse alors qu’au nord, on aperçoit la façade d’une bâtisse à deux niveaux surmontée d’un toit en pagode doré qui abrite les chambres du Dalaï-Lama. Initialement conçu pour recevoir le festival de Mönlam, ou festival de la Grande Prière, qui a lieu durant le premier mois du calendrier tibétain, les travaux du Khyamra furent initiés par le fondateur de la secte Gelugpa, Tsong Khapa, en 1409. Durant cet important festival religieux, les moines des principaux monastères du Tibet – Séra, Dréprung et Ganden – se réunissent dans ce hall afin de prier ensemble l’image du Bouddha Shâkyamuni. D’autres cérémonies et offices religieux peuvent aujourd’hui y prendre place. Bien qu’il s’agisse d’une fondation royale, le Jokhang n’a jamais été réservé au seul roi et à sa famille ou bien à une école bouddhique particulière. Lieu de culte favorisant les échanges et la discussion, le temple est un lieu de pèlerinage majeur du Tibet. 

Durée totale du CD : 66’17
1 - PRIÈRES 14’31
L’enregistrement a eu lieu le lundi 5 juillet 2010, à 18h30, dans le Hall d’Assemblée principale. 108 bonzes sont en prière pendant que l’un d’eux leur sert du thé et que quelques pèlerins privilégiés passent de l’un à l’autre pour leur faire des offrandes en billets de banque chinois.
a. Spyi bshags (Prière de purification). 1’36 Cette prière, qui est un texte standard d’usage dans tout le Tibet, est constituée de deux textes issus du Mahâyâna, le Drung Shang et le Kyi Shak, comportant des versets qui rendent hommage aux vertus du Bouddha. Destinée à purifier les âmes, non pas d’un individu mais de l’humanité en son ensemble, elle est aussi une forme de confession globale. Nous écoutons ici le Kyi Shak.
b. Tsogyelma (Prière à cette divinité). 1’36-2’46
c. Dga’ ldan lha brgya ma (Prière fondée sur la dévotion pure). 2’46-4’33 Invocation au guru yogi Tsongkhapa (1357-1419), fondateur de l’école des Gelugpa - Bonnets Jaunes. 
d. ‘Phags bstod (Prière de louanges). 4’33-14’31 Ce texte loue les vertus du Bodhisattva de la Compassion, Avalokiteshvara (Chenrezi), en énumérant les différents aspects que prennent ses qualités spirituelles.

2 - PRIÈRES. 12’34
a. Chenrezi seuldeb (Prière dédiée au Dalaï-lama en tant que réincarnation de Chenrezi). 1’00 b. Jowo Shâkyamuni Tsuglag Khang (Prière dédiée à la statue du Bouddha à 12 ans). 1’00-6’06 c. Bde smon (Prière pour renaître à Sukhavatî, le paradis du Bouddha Amitâbha). 6’06-12’34
3 - PRIÈRES. 24’18
a. Shes rab snying po (Sûtra du cœur). 3’30
b. Mngon rtogs rgyan (“Ornement de la réalisation parfaite”). 3’30-14’00  L’un des Cinq traités composé par Asanga au IVe siècle, relatifs au Bouddha du futur Maitreya.
c. Sgrol ma (Prière dédiée à Tara, la Libératrice). 14’00-18’10 
d. Myur mdzas ma (Prière dédiée au protecteur Mahâkâla). 18’10-19’08
e. Chos rgyal bstod pa (Louange au Dharmaraja, le garant de l’ordre socio-cosmique). 19’08-19’50
f. Lha mo’i gtor ‘bul (Offrande de gâteaux sacrificiels torma à la divinité Pelden Lhamo). 19’50-21’39
g. Byams smon (Prière à Maitreya, le Bouddha du futur). 21’39-24’18

CHANTS DE TRAVAIL (Arr-kha)
L’enregistrement a eu lieu le jeudi 8 juillet 2010, à 17 h, sur un des toits en réfection du Jokhang. Une soixantaine d’ouvriers, dont deux tiers de femmes, tassent un ciment de boue, de pierrailles et de colle de résine d’arbre pour consolider plusieurs toits du monastère. Cette technique spéciale au Tibet Central est destinée aux palais et aux temples depuis sept siècles et le 28e roi du Tibet, au début du bouddhisme. En piétinant le sol, divisés en deux groupes, à tour de rôle, un long et lourd maillet à la main, les travailleurs avancent, reculent, de face, de dos, à gauche, à droite, en une chorégraphie accompagnée de chants de travail. Couverts de boue, accompagnés de leurs petits enfants qui attendent sagement, ils travaillent sept jours par semaine avec un jour de congé toutes les deux semaines, de 8 à 13 h puis de 14 h 30 à 19 h 30, dix heures par jours pour 43 yuans par jour (environ 4,30 euros) payés par le monastère. Le vent de l’orage claquait dans les toiles des bâches et des drapeaux de prière.
4 - Arr-kha I. 4’37   
5 - Arr-kha II. 2’25  
6 - Arr-kha III. 1’39
7 - Arr-kha IV. 2’44

Bonus
Durant la pause thé de trente minutes de 17 h, deux jeunes travailleurs interprètent deux chansons.
8 - Shon nu lung tso (“Young Life”). 1’44 Chanson d’amour interprétée par Kye Sang et Tashi Puntsok, vingt ans chacun.
9 - Changchain bho kyi pha sang (“Holly Land”). 1’26 Chanté par Kye Sang, dédié à la mère nature du Pays des Neiges, le Tibet aux belles montagnes blanches et à l’herbe verte. Le dernier mot est Tashi Deley, utilisé pour dire “Bonjour” mais aussi pour signifier “Très bien” ou pour souhaiter “Bonne chance”. 

Production-réalisation : François Jouffa.
Enregistrements à Lhassa, Tibet, en juillet 2010, au Nagra IV-S, micros Sennheiser MKH416T,  bandes magnétiques RMG International.
Photos : Sylvie Jouffa (Nikon D90).
Textes en français et en anglais : Susie Jouffa.
Montage et prémastering : Alexis Frenkel, Studio Art & Son, Paris.
Conseillers artistiques et techniques : Benjamin Goldenstein et Alexis Jouffa. 

Remerciements :  Ces enregistrements ont pu être réalisés grâce à la bénédiction du lama supérieur Kushu Wangduk La, professeur géshé de philosophie au Jokhang, le monastère le plus vénéré du Tibet. Merci également à Annie Vorac (Maison de la Chine, Paris), Ngawang Tenzin (Shambala Palace, Lhassa), Lopsang Tenzyn (guide-interprète) et Ky Sang (chauffeur-sherpa). Merci aussi à Thupten Gyatso (Président de la Communauté Tibétaine de France), Katia Buffetrille (tibétologue à l’École Pratique des Hautes Études), Datsen Thubten Gyatso (écrivain tibétain d’Amdo), Géshé Daktsonn et Sylvain Berthet (traducteur).   


english notes
‘As for the name Thibet, it may be interesting to know that it is a word unknown in the Thibetan language. Its origin is not quite clearly traced, but Thibetans ignore it completely. They call their country Pöd yul and themselves Pöd pas.’
Alexandra David-Neel. My Journey to Lhasa, 1927

Tibetan Buddhism
While nowadays Buddhism may seem inseparable from the culture of Tibet, it has not always been so. Because of its difficult access, the Roof of the World has always experienced a geographical isolation that has long protected it from outside influences. The late conversion of Tibet to Buddhism did not take place before the first half of the seventh century, with the emergence of the Yarlung Empire. Songtsen Gampo (ca. 617-650), «the first religious king», is the first to have introduced and spread the Buddhist religion that he perceived as a factor of civilization and prosperity in the light of what was going on in other countries that had already adopted Buddhism, in particular in Southeast Asia. Indeed, by absorbing the ancient prebuddhist cultures, this religion - often associated with royalty - favoured the promotion of the nascent Tibetan culture and thus contributed in the consolidation of the political and economical influence of the monarch. As this religion has a missionary character since the reign of the Emperor Ashoka (Maurya dynasty in the third century BC), Song­­tsen Gampo established Buddhism as state religion and, like the Emperor of India, erected numerous Buddhist monuments including the two main temples of the country, in Lhasa, the Jokhang and Ramoche, but also the original Potala Palace, the Dragla Lugug at the opposite side of the Potala, the Sera and the Pabonka Monasteries which are still important centres of pilgrimage. Before blossoming anew in the late tenth and during the eleventh centuries, Buddhism temporarily disappeared in the ninth century under the reign of Landarma, last king of the Yarlung Empire that was then divided into a number of independent principalities.  Sometimes called Lamaism, Tibetan Buddhism is a synthesis of the Mahayanism and Tantrism. These two religious streams of Buddhism share a set of spiritual knowledge. While the Mahayana’s ideal resides in the figure of the bodhisattva who voluntarily delays his own Enlightenment in order to help others reach the nirvâna and thus escape the cycle of rebirth, the followers of Tantrism - also known as Vajrayâna («Vehicle of Diamond») - practice methods of yoga and meditation to attain Enlightenment through the guidance of a spiritual master.  The second growth of Buddhism in Tibet saw the emergence of rival sects, the charisma of spiritual masters sometimes prevailing over other considerations. The Nyingma, the Kagyu, the Sakya and the Gelugpa are the four main schools of Tibetan Buddhism. The most recent one, the Gelugpa tradition, founded by Tsong Khapa (1357-1419) is also known as the School of Yellow Hat. This modern formulation of Tibetan Buddhism that emerged partly in response to the ambient moral laxity and to the deviations observed in the interpretation of tantras, has favoured a greater discipline within the monastic life (vinaya) and a codification of the path to enlightenment, the process of mental purification being composed of 10 levels ultimately leading to spiritual salvation. The term «Gelug» means «Virtuous» but one may see the contraction of «Geden lug» («Geden tradition») in reference to the Monastery of Ganden founded in 1409 by Tsong Khapa himself. From the principal followers of this great reformer comes the line of the Dalai Lama regarded as incarnations of Chenresi (Avalokiteshvara), the Bodhisattva of Compassion. Is also issued from the Gelugpa system another line of reincarnations, that of the Panchen Lamas, monks of the Tashilhumpo Monastery in Shigatse and second spiritual authority of Tibet related to the Dalai Lama by a relationship of disciple to master. This relationship is now certainly altered because of the conflict between Tibetans and Chinese authorities about the designation of the 11th Panchen Lama. 

Lhasa, Tibet’s holy city 
Located on the Tibetan plateau in a valley surrounded by mountains, Lhasa, one of the highest cities in the world with an altitude of 3658m, is the «Land of the gods» (Lha meaning divinity and Sa, earth, soil). It became a holy place during the first half of seventh century with the first rise of Buddhism due to the first three «religious kings» (Chögyal) of Tibet, the first one being Songtsen Gampo. Continuing the political and military work of his father Namri Songtsen (ca. 570-619), he unified Tibet and continued to extend the boundaries of this still stammering empire by feats of arms and strategic matrimonial alliances. Indeed, in 632 he married the Nepalese princess Tritsun (Brikuti) after having conquered Nepal and the Chinese Princess Wen Cheng in 641, after he had threatened the Tang’s Western border. Both Buddhists, his two wives, considered as emanations of the Green Tara and the White Tara, had a fundamental influence not only on their common husband but also on the course of history of Tibet. As a matter of fact, Songtsen Gampo introduced Buddhism in Tibet and moved the capital from of Chingwa Tagtse to Lhasa that quickly became an important city of Buddhism.  With its numerous Buddhist monuments, the sacred city has become an essential sacred place of pilgrimage in Tibet for the numerous pilgrims seeking to foster a better rebirth in the next life, the privations of the present turning into merits that will ensure a sweeter life. However, all pilgrimages do not necessarily imply a physical displa­cement. In Tantric practices, the pilgrimage is conceived as an informal journey that can be accomplished internally, each region of the body corresponding to a geographical site. But the religious or ordinary believers who travel to Lhasa observe ancestral rituals. In addition to the acts of sacrifice that are often accompanied by the recitation of mantras that are supposed to help them reach a meditative state (the most common one in Tibet is Om Mani Padme Hum, a verbal symbol of Chenresi, Bodhisattva of Compassion and the patron of Tibet), believers splash themselves with a few drops of ritual water, seek a hearing (darsan) with a lama or any spiritual master of a sanctuary. They also practice the clockwise circumambulation around sacred places. Coming from India, this way of paying tribute favours one’s concentration and constitutes an act of devotion that fosters the acquisition of merits. The Nangkhor, which girds the main sanctuary of the Jokhang Monastery, is one of the most attended corridors (called khorlam in Tibetan) for this type of custom. But the most remarkable religious observance is the prostration (chaksthal), mainly of Tibetan tradition. To demonstrate and test their faith, staunch pilgrims touch, with their hands clasped, their forehead (the mind), their guttural oral region (the speech) and their heart (the body) before bowing and stretching out full length on the floor. The bravest ones perform this noteworthy and eye-catching physical performance, regardless of age, during the many days, months or years of their pilgrimage. A single prostration three times in a row is required before entering any monastery.  With the development of a local economy and of tourism, the Barkhor, the pilgrimage path that encircles the Jokhang complex, has become the area of a succession of stalls of merchants from the temple.  As it was the centre of the cultural and religious life, Lhasa also became in the course of the seventeenth century, the seat of the Government of Tibet thanks to the Fifth Dalai Lama, Lobsang Gyatso (1617-1682). With the Chinese occupation since 1951, this ancient Tibetan capital of the Tibetan kingdom is now an administrative division of China, the capital of the Tibet Autonomous Region, which covers only about half of the historical Tibet, this area claimed by the Tibetan government in exile. Also known as «Little Lhasa», Dharamsala, in India, has become the country of asylum of the Fourteenth Dalai Lama, Tenzin Gyatso. 

The Jokhang 
Holiest place in Tibet as it is the dwelling of the most venerated statue of the country, the Jowo Shâkyamuni, the Tsuglag Khang, more commonly known as the Jokhang, is both the centre and the symbol of the holy city of Lhasa. Considered as the first and most important Buddhist temple in Tibet, it was originally designed to house Songtsen Gampo Nepalese bride’s dowry that included the statue of Buddha at the age of 8 (Jowo Mikyö Dorje/Akshobya). But this treasure is nowadays sheltered in the second most sacred temple in Lhasa, Ramoche, which was originally built to dwell the statue brought by Princess Wen Cheng, the Buddha at the age of 12 (Jowo Shâkyamuni/Mikyö Dorje) that is now currently worshiped in the Jokhang. This latter statue had been, in the first place, a present offered by the King of Magadha (Bengal) to the father of Wencheng, Tang Taizong (who ruled between 627 and 649) as a reward for his help against the invading Yavana.  The statue of the Buddha at the age 12 is currently at the Jokhang because of a rumour during Mangsong Mangtsen’s reign (649-676) according to which the Tang Dynasty was about to attack Tibet. Therefore, in order to protect the revered statue brought from China, its transfer from Ramoche to the Jokhang was ordered. The statue had been hidden in a secret chamber for sixty years before peace between Tibet and China was restored and sealed with a new matrimonial alliance in 710. The statue was then placed in the main chapel of the Jokhang where it has remained while the statue brought from Nepal can still be seen in its second temple of adoption.  The election of the most suitable site for the Jokhang’s construction is related to a myth that enlightens the magic of the place. Thanks to Chinese methods of geomancy brought by the second wife of Songtsen Gampo, it could be determined that a demon was lying on its back over the site of Lhasa and that, in order to render it harmless, monasteries and statues of deities were to be erected at strategic points. Twelve monastic institutions had thus been built before the Jokhang ambitious construction began. Built on the former lake Wöthang, corresponding to the core of creature, this temple was to complete its neutralization.  Despite difficulties in filling in the stretch of water and building over it, the Jokhang was finally built around 639 or 647. Entirely funded by the Nepalese princess Tritsun, it is oriented westwards that is to say towards Nepal as a mark of gratitude.

The temple one can see today is four-storey high and the complex is composed of two separate structures identified as «the primitive Jokhang» and «the late Jokhang». The former is the oldest and most important part of the site and corresponds to the initial plan which derives from the Indian vihara with its many monastic cells  surrounding the meeting / meditation room, generally of square plan, that houses an image of the Buddha. The whole is surrounded by an ambulatory corridor known as the Nangkhor. This basic structure is now included in a wider complex of 25 000 m2 that comprises secondary chapels, food reserves, etc. King Songtsen Gampo is traditionally credited with building the first floor of the temple while the second level is generally attributed to his successor, Trisong Detsen. The third floor is more recent. Due to a series of repairs, often of major scale, and important restorations - especially after the damage resulting from the Chinese Cultural Revolution - it is difficult to establish its original architectural design as well as the authenticity of the current statues, most of which are dating from the 1980s. As to the murals, their dating oscillates between the eighteenth and the nineteenth centuries.  The main Assembly Hall, called Khyamra Chenmo, is an open-air pillar hall located between the main entrance and the sanctum sanctorum that houses the most venerated statue of the Buddha. All around runs a terrace while northward can be seen the facade of a two-story building topped by a gilded pagoda roof that houses the chambers of the Dalai Lama.  Originally designed to host the Monlam Festival, or Great Prayer Festival, which takes place during the first month of the Tibetan calendar, the construction work of the Khyamra was initiated by the founder of the Gelugpa sect, Tsong Khapa, in 1409. During this important religious festival the monks of the main monasteries of Tibet - Sera, Ganden and Dreprung – are gathered in this Hall to pray together the picture of Buddha Shâkyamuni.  Although it is a royal foundation, the Jokhang has never been allotted solely to the king and his family nor to a particular school of Buddhism. As a place of worship where debate and conversations are fostered, the Jokhang temple is still a major pilgrimage site in Tibet.      

Total Playing Time: 66’17 
1 - PRAYERS. 14’31
The recording took place on Monday, July 5th, 2010 at 6:30pm in the main Assembly Hall. 108 monks are praying while one of them is serving the others some tea. In the meantime, privileged pilgrims are passing from a monk to another to make Chinese banknotes offerings.
a. Spyi bshags (Prayer of Purification). 1’36 This prayer that is used throughout Tibet is composed of two texts drawn from the Mahâyâna Tradition, the Drung Shang and the Kyi Shak, both comprising verses celebrating the virtues of the Buddha. Designed to purify the souls, not of an individual but of mankind as a whole, it is also a form of overall confession. We are here listening the Kyi Shak part.
b. Tsogyelma (Prayer dedicated to this divinity). 1’36-2’46
c. Dga’ ldan lha brgya ma (Prayer based on pure devotion). 2’46-4’33 Prayer to guru yogi Tsongkhapa (1357-1419), the founder of the Gelugpa School-Yellow Hats.  
d. ‘Phags bstod (Hymn of Praise). 4’33-14’31 This text extols the virtues of the Bodhisattva of Compassion, Avalokiteshvara (Chenrezi), by listing the different aspects that His spiritual qualities may take. 

2 - PRAYERS. 12’34
a. Chenrezi seuldeb (Prayer dedicated to the Dalai Lama as the reincarnation of Chenrezi). 1’00
b. Jowo Shâkyamuni Tsuglag khang (Prayer dedicated to the image of the Buddha at the age of 12). 1’00-6’06
c. Bde smon (Prayer often recited during funerals to wish the deceased to reborn in Sukhavatî, the Paradise of the Buddha Amitâbha.). 6’06-12’34 

3 - PRAYERS. 24’18
a. Shes rab snying po (Sûtra of the Heart).3’30
b. Mngon rtogs rgyan («Ornament of Clear Realization»). 3’30-14’00  One of the Five Treatises concerning the Future Buddha, Maitreya, written by Asanga in the IVth century. 
c. Sgrol ma (Prayer dedicated to Tara, the Mother of Liberation). 14’00-18’10 
d. Myur mdzas ma (Prayer dedicated to the protector Mahâkâla). 18’10-19’08
e. Chos rgyal bstod pa (Prayer dedicated to the Dharmaraja, the protector of the socio-cosmic order). 19’08-19’50
f. Lha mo’i gtor ‘bul (Offerings of torma cakes to Pelden Lhamo). 19’50-21’39
g. Byams smon (Prayer dedicated to Maitreya, the Future Buddha). 21’39-24’18 

WORK SONGS (Arr-kha)
The recordings took place on Thursday, July 8th, 2010, at 5pm, upon the Jokhang’ roofs, the repairing of it being in progress. Sixtyish workers, of which two thirds of women, are tamping a cement composed of mud, stones and tree resin glue in order to consolidate several roofs of the monastery. This technique coming from Central Tibet has been in use in the building of palaces and temples for the past seven centuries. It was introduced under the 28th king of Tibet in the early period of Buddhism. Divided into two groups, they are, in turns, trampling the ground with a long and heavy mallet, stepping forward, backward, rightwards and leftwards, the choreography being accompanied by work songs. Covered with mud, they have brought their young children who are waiting for their parents quietly aside. They work seven days a week from 8:00am until 1:00pm and from 2:30pm until 7:30pm, that is to say 10 hours a day to earn 43 yuans per day (about 4.3 euros) paid by the monastery. They only have one day off after two weeks of work. One can hear the wind storm having the canvas sheets and the prayer flags whipping into the sky.
4 - Arr-kha I. 4’37
5 - Arr-kha II. 2’25
6 - Arr-kha III. 1’39 
7 - Arr-kha IV. 2’44  

Bonus
The 5pm tea break of thirty minutes is the opportunity for two young workers to interpret two songs.
8 - Shon nu lung tso («Young Life»). 1’44  Love Song interpreted by Kye Sang and Tashi Phuntsok, both aged twenty. 
9 - Changchain bho kyi pha sang («Holly Land»). 1’26  Sung by Kye Sang and dedicated to the Mother Nature of Tibet, Snowland with its beautiful white mountains and its green grass. The last word, Tashi Deley, is used to say «Hello» but it also means «Great» or «Good Luck». 

Production-direction by François Jouffa. 
Recordings in Lhasa, Tibet, in July 2010, Nagra IV-S tape recorder,  Sennheiser microphones MKH416T, RMG International tapes. 
Photo: Sylvie Jouffa (Nikon D90). 
French and English texts: Susie Jouffa. 
Editing and premastering: Alexis Frenkel, Studio Art & Son, Paris. 
Artistic and technical advisers: Benjamin Goldenstein and Alexis Jouffa. 

Acknowledgements:  These recordings have been realized thanks to the blessing of the Superior Lama Kushu Wangduk La, professor-geishe of philosophy at the Jokhang Monastery, the most venerated place of worship in Tibet.  Many thanks to Annie Vorac (Maison de la Chine, Paris), Ngawang Tenzin (Shambala Palace, Lhasa), Lopsang Tenzyn (guide-interpreter) and Ky Sang (driver-sherpa).  We also express our gratitude to Thupten Gyatso (President of the Tibetan Community in France), Katia Buffetrille (French ethnologist and Tibetolog at the École Pratique des Hautes Études), Datsen Thubten Gyatso (Tibetan writer from Amdo), Geishe Daktsonn and to Sylvain Berthet (translator). 

CD LE JOKHANG DE LHASSA - Prières et chants de travail TIBET © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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