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Anthologie des Musiques de Danse du Monde
The Dance Master Classics 

CANCAN… ET QUADRILLES, GALOPS, POLKAS RAPIDES    1951-1959 







Avant-propos
A l’adresse de deux publics réciproquement complémentaires…   En nous confiant (avec une honorable ‘confiance’ peut-être justifiée… toute modestie mise à part !) le soin d’élaborer, minutieusement en l’occurrence, trois CD très précisément ciblés, dans le cadre de cet abondant et riche coffret, entièrement voué aux mille et une facettes de la Danse, notre ami Noël Hervé, maître d’œuvre de cet ouvrage, ne pouvait ignorer – tel qu’il nous connaît – quel vif et profond plaisir il était susceptible de nous procurer ainsi… En effet, en fonction de notre spécialisation musicologique, radiophonique et phonographique, portant sur six larges décennies d’activités et d’expérience, l’orientation de nos modestes travaux nous conduit à mettre principalement en exergue certaines formes d’expression rythmique en adéquation plus étroite avec la notion de musique dite “de divertissement” (qui nous est particulièrement chère). Ceci – soulignons-le – excluant totalement de notre esprit toute idée d’établissement d’une quelconque “hiérarchie” des “valeurs” en la matière… Seule, pour nous, doit et peut entrer en ligne de compte ce qui constitue notre credo, notre indéfectible devise : “De la mélodie avant toute chose” ! Pour satisfaire notre sensibilité (hélas bien souvent et péniblement mise à l’épreuve dans notre actuel et chaotique “monde de brutes” et d’aliénés !) il ne saurait être de musique, à part entière, sans l’apport, substantiel et basique, de la mélodie, obligatoirement omniprésente. C’est pourquoi, grande et absolue peut être notre joie lorsqu’il nous est possible de conjuguer, par une coïncidence associative, aussi opportune et naturelle que géniale, le charme infini de la “musique légère” et la chaude et efficace robustesse du rythme de danse… C’est la rencontre idéale, au “point d’orgue”, du mélomane et du danseur ! Les plus belles et incontestables “images sonores” nous en sont données ici par les trois “thématiques” - très liées entre elles – qui ont fait, de la sorte, l’objet de nos patientes et passionnantes recherches. Ainsi, vous passerez à votre guise, suivant votre humeur et l’atmosphère volontairement modulée de vos soirées, de l’“aristocratique” “Valse viennoise” aux plus populaires “Valses en tous Genres”, et aux ardeurs “ébouriffantes” des “Cancans, Quadrilles, Galops et autres Polkas rapides”. Les bulles de champagne vous sont offertes à foison ! Grisez-vous à qui mieux mieux sans perdre la cadence, mais toutefois pas jusqu’à en perdre le souffle ! Et, s’il vous plaît, par la pensée, remerciez, avec nous, les très zélés et souvent prestigieux interprètes que nous avons rassemblés et qui vont, pour vous, mener le Bal… à volonté !

Lorsqu’entre amis, au milieu de la “nuit blanche”… et néanmoins gaiement mouvementée, un petit brin de torpeur se fait subrepticement sentir, après le déploiement de tant d’énergie consommée et consumée, durant de longues heures, pour “tanguer” avec le tango… ou virevolter avec la valse… on encore “trotter” avec le “fox”…, lorsque de petites somnolences seraient susceptibles de casser un peu l’atmosphère… voici que, soudain, jaillissent en mille étincelles étourdissantes, le dynamisme, la fougue sans failles des rythmes revigorants, surgis – croirait-on – du fond des décennies déjà reculées, alors que l’on pouvait les supposer disparus, à tout jamais, des mémoires, et devenus notoirement obsolètes… Grâce à notre petit coup de baguette magique, ils sont bien là, pourtant, tels qu’en eux-mêmes, avec toute leur vibrante jeunesse intacte, comme au faîte de leur gloire passée… Cancans, Quadrilles, Galops et Polkas rapides vont réveiller les couples et les entrainer, peut-être pendant d’interminables quarts d’heures, dans une folle farandole… Car c’est bien, incontestablement, sous cet aspect que va se métamorphoser la danse… Voyez et oyez comme on savait s’amuser, s’étourdir  sainement, avec insouciance, sans artifices, sans vulgarité ni violences, en ce temps-là… N’hésitez pas à vous  laisser emporter, rétrospectivement, et à entrer dans cet irrésistible tourbillon ! Mais, auparavant, prenons ensemble le soin d’étudier, en quelques instants, l’“anatomie” de ces flamboyants rythmes d’antan…  Le cancan (qui peut également être dénommé coincoin) est une danse de bal – ou de cabaret. A l’origine, cette danse de couple inventée au début du XIXè siècle est nommée chahut ou chahut-cancan. Les culottes fendues que portaient alors, sous leurs jupons, les danseuses qui la pratiquaient, confèrent à cette danse une mauvaise réputation auprès des autorités.   Il est malaisé de parler du cancan sans que les représentations actuelles que nous en avons ne soient happées par l’archétype du french cancan, qui est, pour autant, une version fort éloignée (et édulcorée pour touristes) de la danse d’origine : puisque seules les femmes le dansent, culottes fermées, en rang face au public. 
Pierre-Marcel ONDHER
Président-fondateur  de l’Association Française “Musique Récréative” 
(A.M.R. – BP 142 – 92124 Montrouge Cedex) 
© Frémeaux & Associés

Qu’est donc ce Cancan d’antan ?
Selon le Desrat (dictionnaire de la danse), pour le moins sceptique envers la nouvelle danse, le cancan paraît en 1830 : “On a attribué ce nom à une sorte de danse épileptique ou de “delirium tremens”, qui est à la danse proprement dite ce que l’argot est à la langue française”. Pour autant, en 1829, le Petit Robert connaissait déjà une entrée “cancan”, qualifié de “quadrille populaire excentrique et tapageur”. Un quart de siècle plus tard, Francique Michel, dans son inestimable Études de philologie comparée sur l’argot (Paris, Firmin Didot, 1856) n’est guère moins distant envers le “Cancan : espèce de danse ainsi nommée, soit parce que les exécutants imitaient la démarche et le cri de l’oie, soit par suite du bruit qu’ils faisaient”.  Un univers onirique, frivole et festif, est associé au Cancan, dont la forme se fixe entre 1850 et 1894 : Céleste Mogador (future comtesse de Chabrillan), ‘invente’ le “Cancan excentrique” (ou “quadrille naturaliste”), au Bal Mabille en 1850, puis au Bal Montesquieu, sur la base d’un quadrille exécuté par des couples à partir de figures en réalités basées sur des polkas, des marches ou des valses.   Guère apprécié par la censure, le cancan, au cours du Second Empire, n’aurait été dansé que dans les établissements de quatrième ordre où il serait vite devenu synonyme de danse suggestive et encanaillée.  Sous la Troisième République, le cancan se développe à Montmartre, dans une ambiance immortalisée par Toulouse Lautrec, sous la houlette des subversives “Grille d’égout” (laquelle ouvre, vers 1885, un premier cours de cancan à Montmartre), “La Goulue”, “Nini pattes en l’air”, Jane Avril !  Le cancan cristallise l’image d’une société parisienne frivole et canaille, en pleine “Belle Epoque”, voisine de ce qu’Offenbach caricature, avec un sourire complice, dans La Vie Parisienne.   D’aucun n’hésitent pas à qualifier le cancan comme l’un des symboles d’une première libération sexuelle, voire d’une source dans le mouvement d’émancipation de la femme, en ce sens qu’elle est ici l’instigatrice de la séduction, convergence du regard et épicentre du vouloir… 

Passons ensuite au Quadrille 
Le quadrille est une danse de bal et de salon, répandue en France et en Europe durant tout le XIXè siècle et jusqu’aux débuts du XXè, héritée de la contredanse française du Siècle des lumières.  Si le mot semble familier et commun, c’est qu’il recoupe diverses acceptions jusqu’à symboliser in fine la danse de bal par excellence en France (de l’Empire napoléonien à la fin du XIXè siècle). La définition du Grand Larousse du XIXè siècle exprime d’ailleurs la malléabilité du mot qui “n’a fait que remplacer le terme de contredanse, dont on ne se sert plus depuis environ 40 ans, mais l’un et l’autre signifiant exactement la même chose”.  On reconnaît toutefois cette danse de bal à sa structure, composée de cinq figures successives et codifiées ainsi dénommées : pantalon, été, poule, pastourelle (ou trémis), finale (ou Saint-Simonienne).  Ces figures inscrivent clairement le quadrille comme héritier de la contredanse française du XVIIIè siècle, qui comportait déjà la plupart des mêmes figures. Si leur ordre et leur nombre n’étaient alors pas strictement définis, rapidement les trois premières s’avérèrent systématiques (le pantalon, l’été puis la poule).  Durant plusieurs décades, pastourelle et trémis furent alternées en guise de quatrième figure. La cinquième figure (finale) n’étant initialement qu’une reprise de l’été, encadrée de chassés-croisés. Lorsque le galop sera introduit en France (la mode remonte à la fin des années 1820), cette cinquième figure sera fréquemment remplacée par la saint-simonienne (qui est une forme de galop) 
N.B. : documentation établie avec le concours de notre camarade et “complice” Claude Petit.

Parmi les six compositeurs de quadrilles les plus notables, trois d’entre eux retiennent particulièrement notre attention et demeurent relativement familiers au souvenir, surtout, des amateurs avisés de “Musique de Divertissement”. Ce sont : Philippe Musard (1792 – 1859), le “Napoléon du Quadrille », à peu près totalement ignoré des sociétés phonographiques ; Isaac Strauss (1806 – 1888), le “Strauss de Paris”, dont (pour lui non plus) n’existe pratiquement aucun enregistrement facilement accessible ; et Olivier Métra (1830 – 1898), dont les valses telles “La Vague”, “Les Roses”, la “Sérénade” (“à l’espagnole”), ou encore “Espérance”, ont assuré le succès et marqué le plus son élégante personnalité. Son nom a figuré au creux de quelques microsillons, parus autour de 1960 à 80, ainsi que sur de plus rares CD. Sa notoriété se trouvait à peu près à l’égale de celle d’Emile Waldteufel.

Si nous survolons d’assez près, et attentivement, le fulgurant, le bondissant, l’effervescent et très festif programme convergent que nous vous livrons ici avec bonheur, force nous est bien de constater que “Cancans” et “Quadrilles” (thèmes majeurs de ce disque) l’encadrent et le jonchent, certes en pleine luminosité, mais sans doute un peu moins abondamment que nous l’eussions souhaité initialement. Cela tient, essentiellement, a) au fait que les initiatives éditoriales et discographiques, dans ce sens, n’ont jamais été innombrables, voire simplement suffisantes – et b) à la rigueur des actuelles lois de reproduction nous interdisant d’aller au-delà de 1959 pour la reprise des phonogrammes d’origine qui peuvent nous intéresser… Si, de la sorte, la “quantité” est un peu mince au demeurant, Dieu merci la “qualité”, flamboyante à l’évidence, vole à notre secours et, finalement, semble-t-il, comble amplement nos désirs. C’est pourquoi, également, notre joie reprend encore plus de tonus lorsqu’interviennent, fort opportunément, et se succèdent, en rangs serrés, les Galops et leurs quasi-sœurs jumelles, le Polkas rapides… Tous et toutes constituent une chaîne… “du bonheur”… plus époustouflante qu’essoufflante ! Et là, entrent en scène les Musiciens-Vedettes qui illustrent le plus brillamment cette géniale alchimie du rythme le plus endiablé et de la mélodie la plus vive, intimement mêlés – à savoir : le très “parisien d’adoption” Jacques Offenbach, et les très “purs” viennois Frères Strauss, les uns et les autres à égalité d’inspiration et d’écriture.

Ainsi, deux Cancans d’Offenbach (sa spécialité pres­qu’exclusive) ouvrent et concluent cette grande farandole, tandis que Johann, Josef et Eduard prennent le relais Straussien de l’allégresse avec la dominante, à peu près ininterrompue, de leurs petites pièces vigoureuses, très légères et souvent empreintes de quelques traces de malignité ! Au passage, nous nous en voudrions d’omettre quelques curiosités et originalités de ce programme… En quatrième position, par exemple, figure le Quadrille “L’Invincible”, une page tout-à-fait méconnue de M. Wittmann, proposée dans une version différente des autres, puisqu’elle est due, non à un grand orchestre semi-symphonique, mais à une formule “Bal Cham­pêtre”, celle – aussi rigoureuse que débonnaire – de Jean Bentaberry, jadis “enfant chéri” de l’ancienne et très populaire station de “Radio – Toulouse”. Plus loin, sous la glorieuse baguette du “vieux lion” Arthur Fiedler, qui franchit la majeure partie des décennies du XXè siècle à la tête du monumental “Boston Pops Orchestra”, nous avons le loisir de découvrir la signature “classique” de Giovacchino Rossini, partageant avec Ottorino Respighi la paternité de la joyeuse “Boutique Frantasque” dont nous entendons ici le chaleureux Cancan-Galop, parfaitement dans le tempérament italien… … Cette pièce est immédiatement suivie du plus traditionnel, du plus fameux et incontournable des “Quadrilles… des Lanciers” (il y en eut plusieurs !), celui de M. L (?) Lust, repris dans une claire et jolie interprétation conduite par Jacques-Henri Rys, l’un des chefs qui figuraient le plus fréquemment, dans les années 50 – 60, au catalogue Pathé-Marconi, tant pour des prestations d’orchestres de divertissement que pour des accompagnements de chanteurs de variétés…  auxquelles il ajoutait sa participation aux émissions régulières de “Musique Légère” de Paris-Inter.

Il nous a paru amusant de vous réserver ensuite – au beau milieu de ce mousseux programme – une surprise en forme de curiosité instrumentale insolite, avec la transcendance virtuose d’un siffleur “ébouriffant”, Johnny Nelson, caracolant dans un style frondeur, sur les motifs de l’une des polkas rapides de Johann Strauss les plus universelles, “Tritsch-Tratsch” (des “Cancans et Potins” qui vont bon train !). Peu après, il nous et bien agréable d’attirer votre attention sur une très fine et très aérienne “pièce-de-caractère”, pratiquement la seule véritable “musique-de-genre” de ce programme, composition imitative du Viennois Philip Fahrbach, “Becs de Cigognes” (on les entend !), sous la direction de l’excellent Chef – lui aussi 100 % Viennois – Hans Kolesa. Naturellement, ce “Storchschnäbel” est également, comme il se doit… un galop ! Enfin, le numéro 15 comporte sa part de petit mystère, assez difficile à éclaircir. Il s’agit, en fait, du “Quadrille de Faust”… de Johann Strauss, intitulé dans l’enregistrement Polydor de Wilhelm Stephan que nous avons utilisé, “Quadrille à la Cour”… indiqué comme étant dû à un certain compositeur Faust [sic.]. Simple erreur d’étiquette, pensons-nous… Mais il nous semblait indispensable de rétablir la vérité… Dont acte ! Demeure, bien sûr, tout le plaisir inchangé que vous pourrez éprouver à son écoute !

De “super” orchestres – redisons-le : pour la plupart de dimensions et de “classe” symphoniques (s’il vous plaît ! on ne se refuse rien !) – et sous la conduite de prestigieux “directeurs” (Eugène Ormandy, Anton Paulik, Ferdinand Leitner, Hans Carste… nous en passons “et des meilleurs”…) mènent le Bal à son apothéose ! Voilà donc venue la revanche de ces danses que, certes, de nos jours, l’on ne pratique plus couramment, mais qui gardent encore droit de cité dans les Revues à grand spectacle qui demeurent d’actualité, avec leurs paillettes multicolores, dans les Cabarets – plus spécialement parisiens – qui en perpétuent l’usage… et l’éclat ! Anachronisme ? Vétusté ? “Ringardise” ? Laissez-nous rire !.. Alors que ces compositeurs (à qui nous les devons), en leur temps, “dépoussiéraient”, révolutionnaient les “canons” de la Musique et faisaient figures d’avant-gardistes, face à beaucoup de leurs congénères et contemporains ! Les Strauss, comme Offenbach, et leurs “homologues”, ont incontestablement insufflé une dose de rajeunis­sement et de modernisme effervescent dans les notions de danse et de divertissement, tout en partant de bases classiques évidentes… et respectées !  Allez, chers amis, au diable les menus soucis et les grands tracas… Oublions-les “au galop”, ne fût-ce que l’espace d’un soir… Prêtez l’oreille aux “Cancans”… Et, en place pour le Quadrille ! 
Pierre-Marcel ONDHER
Président-fondateur  de l’Association Française “Musique Récréative” 
(A.M.R. – BP 142 – 92124 Montrouge Cedex) 
© Frémeaux & Associés

Illustration du livret et partition de couverture : collection Philippe Baudoin.
Dessin de couverture : Bruno Blum
© Frémeaux & Associés.   

english notes
CANCANS… AND QUADRILLES, GALLOPADES AND LIVELY POLKAS    1951-1959
 The cancan (also called the coincoin) is a ballroom- or cabaret-dance, originally invented for couples at the beginning of the 19th century under the name chahut or chahut-cancan. The divided skirts – with a slit in the sides – worn by female dancers of the period gave the dance a bad reputation with the authorities, and it’s not easy to talk about the cancan without falling into the trap of the French cancan archetype of its current manifestations, a version – toned down for tourists to France – that is quite distant from the original: the first cancans were danced by women alone, wearing closed garments, in a line facing the public. According to Desrat’s «Dictionnaire de la Danse», which showed some scepticism towards the new dance, the cancan appeared in 1830 as «a sort of epileptic or delirium tremens dance as similar to the dance proper as French slang would be to the French language».  The cancan has frivolous, festive, dreamlike associations, and it acquired its formal rules between 1850 and 1894: Céleste Mogador (the future Comtesse de Chabrillan), ‘invented’ the «eccentric cancan» (or «naturalist quadrille») in 1850 at the Bal Mabille and then at the Bal Montesquieu, based on a quadrille executed by couples using figures that were in reality taken from polkas, marches or waltzes. In the course of the Second Empire, the cancan, hardly in favour with censors, was only danced in (very) secondary establishments, where it quickly became synonymous with suggestive dances for those «going slumming». Under the Third Republic, the cancan spread to Montmartre where it developed in the ambiance made immortal by Toulouse-Lautrec.

The cancan crystallised the image of a Parisian society that lacked seriousness, a «Belle Epoque» class that was cheap, coarse, and close to Offenbach’s caricature – albeit wearing a conniving smile – in his operetta La Vie Parisienne. Some people have gone so far as to call the cancan the symbol of the first Women’s Lib sympathisers, the source of the suffragette movement in the sense that the dance instigated at least seduction and a knowing look, and was even the epicentre of desire...   And now for the quadrille...  This ballroom- or salon-dance spread across France and Europe throughout the 19th century, and it was inherited from the contredanse française that enjoyed popularity during the «Siècle des lumières» century that commenced with the death of Louis XIV in 1715. The word quadrille seems familiar because it has several different meanings, not the least of which is its sense in fine as the French ballroom-dance par excellence during the period that lasted from the Napoleonic Empire until the end of the 19th century.  According to the dictionary Grand Larousse du XIXème siècle, the word «quadrille» was even malleable enough to «merely replace the term ‘contredanse’, which hasn’t been used for around forty years; but both the one and the other mean exactly the same thing.» The structure of this ballroom-dance was still recognized, however: it was composed of five successive, codified figures known as pantalon, été, poule, pastourelle (or trénis) and finale or Saint-Simonienne [in English, «trouser», «summer», «hen», «pastourelle», «finale».]

These figures clearly designated the quadrille as the heir to the 18th century’s contredanse française, which already contained most of the same figures. If their order and number had no strict definition at the time, the first three figures quickly became systematic (the «trouser», «summer» and «hen» figures.) For several decades, the «pastourelle» and the «trénis» alternated as the fourth figure. The fifth («finale») was initially merely a reprise of the «summer» figure, with «set to partners» before and after it. When the galop (or «gallop») was introduced to France at the end of the 1820’s, the fifth figure was often replaced by the Saint-Simonienne (a sort of «gallop»).  [Note: we owe the above information to our comrade and accomplice, Claude Petit].  Of the six composers most notable for their quadrilles, three of them deserve a particular mention, and they are still relatively familiar today, at least to «light-entertainment» music-lovers: Philippe Musard (1792-1859), the «Napoleon of the Quadrille» who has been almost totally ignored by record-companies; Isaac Strauss (1806-1888), the «Parisian Strauss» (he, too, left practically no easily-accessible recordings); and Olivier Métra (1830-1898), whose waltzes such as La Vague, Les Roses and the Sérénade («à l’espagnole»), and also the Espérance, brought him well-earned success and also stamped his elegant personality. Unlike the others, the latter’s name has appeared in several LP grooves released between 1960 and 1980, and also on some (rarer) CDs. His reputation is of a similar standing to that of composer Emile Waldteufel.  If you closely follow – with care – the flashing, bouncing, effervescent and equally festive programme to be found here, you’re bound to notice that these «Cancans & Quadrilles» (the CD’s major themes) define its limits whilst being scattered across the whole programme; they certainly throw a great deal of light on the genres, but they aren’t as prolific as we’d hoped when we began this project. There are essentially two reasons for this: (a) initiatives on records – or by publishers in general – are hardly abundant, and not even merely sufficient; (b) the strictness of the current laws relating to their reproduction excludes any original recordings made later than 1959, however much they might be of interest... This being so, if their «quantity» is a little slim, at least «quality» is present – it’s flamboyant – in all these selections, and thank goodness for that! The result, on the whole, is extremely satisfying. 
Pierre-Marcel ONDHER
Adapted in English by Martin DAVIES 
© Frémeaux & Associés  

DISCOGRAPHIE
1. La Gaité Parisienne – Cans-cans 1 et 2  (Jacques Offenbach – Arrangement Manuel Rosenthal)    Philips S 06.606    4’36
Orchestre de Philadelphie – direction Eugène ORMANDY - 1958. 

2. Quadrille de “La Chauve-souris” (Johann Strauss)    D.G.G. LPE 17029    9’55
a. Pantalon – b. Eté – c. Poule – d. Pastourelle – e.
Finale Orchestre d’Etat du Württemberg à Stuttgart, direction Ferdinand LEITNER - 1958. 

3. Sang léger (Leichtes Blut) – Polka rapide (Johann Strauss)    Polydor 46572 LPHM    3’52 Orchestre “Promenade” de Berlin – direction Hans CARSTE - 1959. 

4. Quadrille “L’Invincible” (Wittmann)    Ducretet-Thomson 260 V 037    6’09 Orchestre de Bal Champêtre Jean BENTABERRY - 1958. 

5. A l’envi (Um die Wette) – Galop opus 241 (Eduard Strauss)    Amadeo AVRS 6094    1’54 Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne – direction Anton PAULIK - 1959. 

6. Petites Bavardes
(Plappermäulchen) – Polka rapide (Josef Strauss)    Amadeo AVRS G039    3’11 Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne – direction Anton PAULIK - 1958. 

7. Tic-Tac – Polka rapide Opus 365 (Johann Strauss)    Philips N00685R    2’40 Orchestre Symphonique de Vienne – direction Franz SALMHOFFER - 1954. 

8. Fougueux en Amour et pour la Danse  (Stürmisch im Lieb und Tanz) Polka rapide op. 393    Amadeo AVRS 6094    2’06 Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, direction Anton PAULIK - 1959. 

9. La Boutique Fantasque – Cancan-galop  (Giaccomo Rossini et Ottorino Respighi)    R.C.A. 530218    1’58 Le Boston “Pops” Orchestra, direction Arthur FIEDLER - 1956. 

10. Quadrille des “Lanciers” (L. Lust)    Pathé PDT 261 et 262    11’47 a. Les Tiroirs – b. Les Lignes – c. Les Moulinets – d. Les Visites – e. La Chaîne Grand Orchestre Jacques-Henry RYS (avec la voix de Pierre Hiégel) - 1954. 

11. Cancans et Potins (Tritsch-Tratsch) – Polka rapide (Johann Strauss)    Philips P17406 H    2’35 Johnny NELSON (siffleur), avec l’Ensemble des “BUCHERONS TYROLIENS” - 1953. 

12. Patinage (Eislauf) – Polka rapide op. 261 (Josef Strauss)    Amadeo AVRS 6039    1’48 Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, direction Anton PAULIK - 1958. 

13. Becs de Cigognes (Storchschnäbel) – Galop  (Philippe Fahrbach – arrangement H. Weber)    Philips P10130    2’33 Orchestre Léger de Vienne, direction Hans KOLESA - 1958. 

14. Le Feu de la Jeunesse (Jugendfeuer) – Polka rapide (Eduard Strauss)    Amadeo AVRS 6039    2’09 Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, direction Anton PAULIK - 1958. 

15. Quadrille de “Faust” (réintitulé “Quadrille à la Cour”) (Johann Strauss)    Polydor 45184 LPH    4’35 Grand Orchestre de la Radio de Hambourg, direction Wilhelm STEPHAN - 1958. 

16. Par Force – Polka rapide op. 308
(Johann Strauss)    Amadeo AVRS 6094    2’29 Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, direction Anton PAULIK - 1959. 

17. Vélo – Galop (Velocipedes Galop) (Hans-Christian Lumbye)    Polyphon X51583    2’45 Orchestre “Promenade” de Tivoli, direction Elo MAGNUSSEN - 1951. 

18. Galop du “Brésilien” - extrait de “La Vie parisienne”
  (Jacques Offenbach – arrangement Brenner)    Poly 46572 LPHM    1’53 Orchestre “Promenade” de Berlin, direction Hans CARSTE - 1959. 

19. Quadrille du “Baron Tzigane” (Johann Strauss)    Polydor 45184 LPH    4’21 Grand Orchestre de Concert de Wilhelm STEPHAN - 1958. 

20. Cancan de “Geneviève de Brabant”
(Jacques Offenbach)    R.C.A. 530218    2’12 Orchestre “Pops” de Boston, direction Arthur FIEDLER - 1956.  

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KATMANDOU 1969 - LA FÊTE DE LA PETITE DÉESSE VIVANTE
KATMANDOU 1969 - LA FÊTE DE LA PETITE DÉESSE VIVANTE
Musique et documents parlés
De ce voyage à Katmandou en 1969, François Jouffa...

KARL ZERO - SONGS FOR CABRIOLETS
KARL ZERO - SONGS FOR CABRIOLETS
Initialement paru en 2000, le premier album de Karl Zéro, petit trésor pop, est devenu culte....

GERARD TARQUIN - COEUR DE CHAUFFE
GERARD TARQUIN - COEUR DE CHAUFFE
Voici une formation qui joue la biguine de la manière la plus pure, la plus brillante, la plus authentique qui soit. Ce...

GENRES DANSANTS BRÉSILIENS & LA HABANERA: 1948-1959
GENRES DANSANTS BRÉSILIENS & LA HABANERA: 1948-1959
Cette sélection met en regard la Habanera cubaine avec des genres dansants brésiliens...

GADJE STRADA
GADJE STRADA
L’univers des Roms - qu’on appelle tout aussi bien Tsiganes, Gitans ou Manouches - reste impénétrable...

FRANCE DE L’OUEST (1956 - 2006)
FRANCE DE L’OUEST (1956 - 2006)
France de l'Ouest : Normandie, Perche, Maine, Anjou, Poitou, Saintonge, Angoumois.

Ce disque...

FELIX LECLERC
FELIX LECLERC
Vous avez entre les mains un corpus unique d’enregistrements inédits de celui qui a placé...

EN VIVO EN LA ARGENTINA - DVD
EN VIVO EN LA ARGENTINA - DVD
Le film du concert "En vivo en la Argentina" de Raul Barboza

Raúl Barboza, arrivé à Paris il y...

EN VIVO EN LA ARGENTINA
EN VIVO EN LA ARGENTINA
Concert live ! le dernier album de Raul Barboza

Raúl Barboza, arrivé à Paris il y a 15 ans, devait, avec...

DJAM - BANDE ORIGINALE - TONY GATLIF
DJAM - BANDE ORIGINALE - TONY GATLIF
« J’ai découvert le rébétiko en 1983 au cours d’un voyage en Turquie...

CHA-CHA-CHA 1953-1958
CHA-CHA-CHA 1953-1958
Le cha cha cha provient d’une altération des rythmes de mambo, dans une interprétation mezzo tempo qui...

CENTRE FRANCE (1909 - 1997)
CENTRE FRANCE (1909 - 1997)
Centre France: Berry, Bourbonnais, Nivernais, Bourgogne, Orléanais

Ce disque regroupe des...

BIGUINE À LA CANNE À SUCRE 1946 - 1949
BIGUINE À LA CANNE À SUCRE 1946 - 1949
Toute la folle ambiance du plus célèbre cabaret antillais de l’après-guerre à Paris,...

BALI - LES GAMELANS DISPARUS (RAMAYANA, LEGONG, JOGED)
BALI - LES GAMELANS DISPARUS (RAMAYANA, LEGONG, JOGED)
La musique est à Bali ce que la méditation est à la religion. Elle participe à...

BAL A LA HAVANE
BAL A LA HAVANE
Danzon, Son, Pregon, Bolero, Rumba

Panorama des années 1920 et 1930 destiné à tous les...

BADEN POWELL LIVE
BADEN POWELL LIVE
“La couleur du son Baden Powell a cette volupté brésilienne qui vient de la mer, de la terre, de...

ANTHOLOGIE DU PATRIMOINE MUSICAL ALSACIEN 1953-2015
ANTHOLOGIE DU PATRIMOINE MUSICAL ALSACIEN 1953-2015
Cette anthologie réalisée par Jean-Baptiste Mersiol revient sur le patrimoine musical alsacien....

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