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DJANGO REINHARDT
THE QUINTESSENCE

PARIS - LONDRES
1935 - 1947







DJANGO REINHARDT,
PREMIER CONTINENT LIBRE DU JAZZ

Dans l’histoire de la musique, Django Reinhardt n’occupe pas tout à fait le même territoire que les autres jazzmen de sa génération. C’est qu’il a, lui - lui tout seul, et seulement lui - enrichi le jazz d’un continent. Un continent qui n’est ni une colonie que le jazz se serait appropriée (Eddie Condon et d’autres refusaient même de la reconnaître comme une extension de la mère patrie), ni une terre étrangère qui aurait emprunté les moeurs et les croyances d’un pays lointain (telle l’Europe, lorsqu’ elle se mit à jouer une musique née à Storyville). Ce que Django a créé, c’est le jazz - souvent le jazz en ce qu’il a de plus génial - mais ce n’est pas du jazz. Ca participe au jazz, ça ne participe pas de lui. Ou fort peu. Et en tout cas pas uniquement. Pas même principalement, si ce n’est par le swing.“On a dit, et à juste titre, - écrit Michel-Claude Jalard - que Django fut le plus grand jazzman français. Il l’est non seulement par l’ampleur de son talent, mais aussi parce qu’il demeure le seul à avoir épanoui un type d’expressivité qui ne renvoyât pas à celle des musiciens négro-américains. Il ne faut pas méconnaître, cependant, combien celle qu’il développe doit, à travers ses inflexions appuyées, ses effets mélodiques et la courbe mélancolique de ses mélodies, à son milieu ethnique : de sorte qu’avec Django il est plus légitime encore de parler de jazz manouche que de jazz français.”Les historiens ont pu établir qu’en 1931, parti faire la manche à Toulon avec son frère Joseph, dit Nin-Nin, il fit la connaissance au café des Lions, sur le port, d’un personnage répondant au nom d’Émile Savitry. Non seulement celui-ci faisait métier de photographier et de peindre, mais il poussait le genre artiste jusqu’à se commettre avec deux Romanichels de rencontre et à les inviter dans sa chambre d’hôtel où, comble d’extravagance, il entreposait quelques disques de musique de nègres (denrée encore très rare de ce côté-ci de l’Atlantique) et un engin pour les faire tourner. Là, pour la première fois de leur vie, les Reinhardt entendirent Duke Ellington, Louis Armstrong, Joe Venuti avec Eddie Lang : des musiciens que des années-lumière séparaient de ceux qui, dans la vieille Europe, tâtaient de la syncope et des variations impromptues avec plus ou moins de bonheur et d’audace. Et Django, nous dit-on, fondit en larmes.

On peut cependant, je présume, être bouleversé par les pyramides de Teotihuacan sans devenir Aztèque. Pour être habité toute sa vie par le jazz, peut-être faut-il ne pas naître jazzman (destin fort répandu) et, surtout - c’est beaucoup plus rare - ne jamais entrer dans la peau d’un jazzman. Ne jamais habiter le jazz. Ce qui exige d’avoir non seulement les souliers, mais la tête et le coeur nomades. Vagabond jusqu’à la moelle des os, Django sera l’éternel touriste d’une contrée qu’il connaissait pourtant comme sa poche (sans doute mieux). Il aura des imitateurs à la pelle, des plagiaires en pagaille (presque tous à côté de la plaque, d’ailleurs, mais c’est une autre histoire); en revanche - contrairement à un Charlie Christian, par exemple - il n’exercera qu’une influence très limitée sur le cours de la musique afro-américaine. Et non pas uniquement parce qu’il était européen (encore que cela compte : voyez comme l’Amérique entretient son ignorance de Solal, d’Eddie Louiss, de Daniel Humair, d’Albert Mangelsdorff, de Jean-Français Jenny-Clark, de combien d’autres...), mais d’abord et surtout parce que le jazz ne faisait là que lui rendre la politesse.Le guitariste s’est servi de lui pour devenir : 1) jazzman du dimanche (des grands dimanches, il va sans dire); 2) Django Reinhardt, l’un des plus grands créateurs du siècle. A la place du jazz, vous vous sentirirez vexé... Et quand, plus de quarante ans après la mort de ce frère un peu surhumain, les Manouches disent de lui qu’il “joue chaque jour de mieux en mieux” (*), il faut entendre que chaque jour il affirme davantage son orgueilleuse, sa splendide, son impossible et pourtant si concrète liberté.
Alain Gerber
(*) Propos rapportés par Alain Antonietto.

À PROPOS DE LA PRÉSENTE SÉLECTION
DJANGO REINHARDT II
Le St Louis Blues de septembre 1935, avec le Quintette du Hot Club de France a peut-être suscité jusqu’ici moins de commentaires que la version du même thème réalisée en trio deux ans plus tard, mais ce n’en est pas moins l’une des pièces les plus ailées - et cependant les plus substantielles - que Django et Stéphane Grappelli aient signés dans les débuts de leur carrière phonographique. Elle vaut surtout par la poésie qui se dégage du traitement insolite que, d’entrée de jeu, le guitariste impose à la fameuse mélodie de W.C. Handy : nous sommes en présence d’une recréation en tout point digne d’Art Tatum ou de Coleman Hawkins, par exemple, et qui de surcroît transcende non pas une chanson sans lendemain, mais un air assez obsédant pour avoir fait le tour de la terre. 

Pour ce qui est des faces gravées par le même groupe (avec quelques changements de personnel) entre le 4 mai 1936 et le 26 avril 1937, il faut dire avant toute chose que si nous n’avions pas eu le souci de varier les plaisirs, nous aurions pu retenir toutes celles qui ne figuraient pas déjà dans le premier volume Quintessence consacré au guitariste (a), où l’on trouvait Limehouse Blues, Shine, Sweet Chorus, Body And Soul, When Day Is Done, Runnin’ Wild et In A Sentimental Mood. Cet ensemble incomparable, cette concaténation de chefs-d’oeuvre sans un seul maillon faible, on la trouvera dans le cinquième chapitre - “Mystery Pacific” - de l’intégrale entreprise par Daniel Nevers (b) : le recueil du Q.H.C.F. qu’il faut se procurer en priorité, toutes affaires cessantes. Dans son texte de présentation, comme toujours très précis et très riche, Nevers ne manque d’ailleurs pas de rappeler la définition de Patrick Williams, parlant dans son livre (c) des “sessions du triomphe”. Mais surtout, il écrit ces lignes : “Que l’on retienne bien cette date du 4 mai 1936. Elle a quelque chose d’historique. C’est, ni plus ni moins, ce jour-là que Django Reinhardt et son complice Stéphane Grappelli furent enfin enregistrés par le phonographe de manière satis­faisante. (...). D’un seul coup, dès la première mesure, dès la première note même, on se retrouve enfin face à la vérité toute crue, toute nue. Le souffle de la puissance et du génie, la violence feutrée de cet ensemble à cordes pincées et grattées, le relief saisissant (...), et aussi l’extrême finesse, la dentelle, qui permet aux instruments de se détacher miraculeusement les uns des autres, au lieu de cette épaisseur qui avait dominé jusque-là... Cette fois, tout y est. Il ne manque plus un bouton de guêtre.” Il faut dire et redire que les ressources esthétiques de ces interprétations ( trente au total) sont inépuisables. Au point qu’on baisse les bras quand il s’agit d’en énumérer les vertus : chacune d’elles mériterait une étude détaillée, comparable à celle qu’André Hodeir a proposée du solo de Django sur Solid Old Man (avec Rex Stewart) dans le n° 88 de Jazz-Hot, en mai 1954 (d).

Six pièces : comment justifier un choix que l’on sait arbitraire? Pourquoi avoir sélectionné par exemple, de la séance du 26 avril 1937), Liebestraum n°3 d’après Franz Liszt plutôt que Mystery Pacific, qui fait référence à Arthur Honegger ? D’abord parce que le premier me touche davantage que le second : s’abstraire de ses penchants n’est pas chose très aisée. Ensuite et surtout parce que le “style ferroviaire”, comme le nomme plaisamment Français Billard (e) était déjà représenté, dans le précédent recueil, par Limehouse Blues. En fait, j’ai surtout cherché à illustrer le plus de facettes possibles du diamant que constituent ces trente plages. Ainsi, Charleston se présente-t-il comme un morceau de bravoure, avec ce que cela suppose d’exaltation, de brio et de superficialité  (mais quand on a du génie, le superficialité peut être une forme de grâce), tandis que Are You In The Mood? a des délicatesses d’aquarelle et frémit de lyrisme contenu. Chicago  respire un air de fête alors qu’une inconsolable nostalgie point dans Tears. Le solo de guitare très contrasté de Liebestraum n°3 fait toute la force de cette pièce, lorsque c’est surtout par le climat dans lequel il baigne que Oriental Shuffle, dès les premières mesures d’introduction, trouble et captive. Il y avait chez Reinhardt beaucoup de Djangos très divers, et même - Dieu merci - contradictoires : il y a, du coup, de multiples raisons de l’aimer. Et de multiples objets offerts à cet amour. C’est dire les remords que m’inspire l’absence à ce programme d’oeuvres comme I Can’t Give You Anything But Love, Swing Guitars, Exactly Like You, Ain’t Misbehavin’ ou A Little Love, A Little Kiss - et j’en oublie toujours!

Avec les trois morceaux de décembre 1937 entre en scène le violoniste Michel Warlop (1911-1947). Là encore, il convient de citer Daniel Nevers, depuis longtemps l’un de ses plus ardents défenseurs : “Tous (les grands violonistes de jazz avant lui) - écrit-il dans son texte de présentation au recueil Spécial Michel Warlop dont il fut l’éditeur chez EMI (f) - tous pratiquèrent le violon comme tout violoniste bien élevé est censé le faire. Tous, sauf Michel Warlop (g). Non qu’il ne fût pas bien élevé, non qu’il n’eût point écouté les autres (avec d’ailleurs, probablement, un vague sentiment de frustration, notamment à l’endroit du raffinement de Grappelli), mais son tempérament inquiet, sa nervosité et aussi, sans doute, l’idée qu’il se faisait du jazz, l’incitèrent à faire ‘sonner’ l’instrument autre­ment - un peu comme (Earl) Hines faisait ‘sonner’ le piano. Au fond, Michel Warlop inventa le ‘trumpet-violin-style’, avec juste ce qu’il fallait de lyrisme écorché vif...” Plus loin, le même auteur s’arrête sur Christmas Swing : “Sous l’oeil admiratif (et grâce au soutien puissant) de Django et du bassiste Louis Vola, le violoniste installe le délire. Sa technique si particulière usant de phrases jouées sur plusieurs cordes se révèle ici d’une effrayante efficacité. La nervosité maladive, la virtuosité transcendée, poussée dans ses ultimes retran­chements, et c’est le swing-fou qui s’envole (...). Christmas Swing, qui ressemble si fort à un hallucinogène, demeure l’un des grands chefs-d’oeuvre du jazz français.”Swingin’ With Django et Paramount Stomp nous offrent la chance de comparer les styles presque antagonistes de Stéphane et de son rival, lesquels dialoguent à la fin de la seconde pièce.

Grappelli ouvre le feu ici comme là, mais le feu, c’est Warlop qui le met aux poudres par ce qu’il apporte de rage, d’agressivité (de flamme, sans vouloir jouer avec les mots), comme s’il ne pouvait concevoir le swing sans convulsions (cf. en particulier son solo délibérément râpeux de Swingin’). Reinhardt lui-même ne se laisse oublier dans aucun de ces titres (i). Les élégantes inflexions au moyen desquelles il encadre les solos de ses complices dans Swingin’ mérite d’être citée en exemple.Quant au talent qui s’y déploie, de la part de Stéphane comme de son partenaire, fort peu de chose sépare Younger Generation de Stockholm (a), enregistré le même jour par la même formation. Dans les deux cas, il s’agit d’oeuvres de la maturité, admirables d’équilibre et de lucidité, sans que l’inspiration poétique se trouve le moins du monde inhibée par cette hauteur de vue. Confié à la cire deux mois plus tard, dans un studio de Londres, The Man I Love, à l’image du Sweet Georgia Brown du 21 décembre 1937 (a), est - pour l’essentiel - un duo avec Grappelli au piano. C’est aussi une chose splendide, qui peu à peu s’enivre d’elle-même, jusqu’à ce feu d’artifice que n’annonçait guère de la part du guitariste un développement du thème circonspect au point d’en paraître - divine duplicité de Django! - hésitant (jusqu’à 2’20).

Trois ans plus tard à une semaine près, alors que depuis le 1er octobre 1940, la clarinette de Hubert Rostaing a remplacé le violon au sein du Quintette (Stéphane était resté à Londres, où la déclaration de guerre l’avait surpris), Django délivre dans Sweet Sue un chorus qu’affectionne (il n’est pas le seul) Frank Ténot, et que distingue, outre son exceptionnelle longueur dans ce cadre, la continuité d’idées en elles-mêmes fort peu convenues ainsi que la cambrure flexible de la ligne mélodique. Notons toutefois que Swing de Paris, qui suit immé­diatement dans la discographie reinhardtienne, frappe encore davantage de ce point de vue. On retrouve Rostaing, diaphane, dans Lentement mademoiselle, de mars 42. Le solo du chef, unique improvisation dans cette face, est sans doute, sur disque, son plus inspiré depuis la  version en grande formation de Stockholm (a) en décembre 1940.Vous et moi, souvenir d’une féconde escapade à Bruxelles au printemps 1942, propose un chorus de guitare d’une grande générosité mélodique, mais s’il a sa place dans ce florilège, c’est aussi et surtout parce qu’il témoigne des talents de violoniste du Manouche. Ils seront encore illustrés, au cours de cette séance avec le pianiste Ivon de Bie, par une composition de Django intitulée Blues en mineur  : en dehors de ces deux plages, il n’en existe pas de trace.

Nous voici maintenant en novembre 1944. Paris a été libéré en août. L’Homme retrouve en studio la formation “Django’s music”, tirant parti d’une formule orchestrale qu’il avait commencé d’expérimenter (avec d’autres musiciens pour partenaires à l’époque) dès le printemps 1940. C’est Gérard Lévêque qu’on entend à la clarinette dans Artillerie Lourde, prenant en sandwich une improvisation de six-cordes qui en dit long sur la manière d’alterner, d’associer, de conjuguer puis de confondre la tension et la détente. A l’automne de l’année suivante, Reinhardt se produit en compagnie de l’orchestre de Glenn Miller, privé de son fondateur (disparu au-dessus de la Manche le 15 décembre 1944). L’Air Tranport Command Band obéit désormais au sergent Jack Platt, et les solistes d’envergure, il faut bien le dire, ne s’y bousculent pas. D’évidence, cela ne gêne en rien Django qui, en cette compagnie peu prestigieuse mais très profes­sionnelle et ô combien excitée, jubile comme s’il venait de débarquer au Walhalla des jazzmen. Des dix-huit morceaux enregistrés pour la marque Swing ou captés à la radio (A.F.N. Radio Program, NBC), la majorité fait apprécier de sa part des interventions exubérantes. Nous en avons retenu trois, issues de la première rencontre du guitariste avec l’A.T.C. Band : Djangology, Belleville  et Uptown Blues. Les deux premières compositions, de son cru, ont été orchestrées par le trompettiste Lonnie Wilfong, qu’il a aidé à boucler la partition de Belleville. La troisième (habillée par le même arrangeur) emprunte au répertoire de Jimmie Lunceford ;  celui-ci en était le signataire et l’avait enregistrée pour Vocalion/Okeh en décembre 1939 (j). Si aucune des trois ne figurait dans le vol. I, c’est que la législation en vigueur ne nous permettait pas, en 1994, d’avoir accès à des enregistrements de 1945. La même remarque s’impose, il va de soi, pour les dix-sept autres places du CD II.

Django’s Tiger et Echoes Of France  se font - avec quel éclat ! - l’écho des retrouvailles londoniennes des deux fondateurs du Q.H.C.F. La “relecture” du vieux Tiger Rag n’est qu’effusion, primesaut, allégresse. Quant à cette fameuse Marseillaise impromptue, rebaptisée pour complaire à un quarteron d’imbéciles vindicatifs, elle fait cadeau à la musique négro-américaine (sans être en soi ni américaine ni nègre si peu que ce fût) d’un de ces moments privilégiés, merveilleusement paradoxaux, où les accents de la ferveur ne sont plus discernables de ceux de la désinvolture. Parce que la gravité de l’instant tient à sa précarité même et parce que, pour quelques minutes suspendues dans la fuite du temps, tout est devenu radieux, y compris les larmes.Nous avons évoqué déjà l’embardée (et la bordée) de Django à New York (a). Au total, redisons-le, l’épisode américain devait se révéler assez catastrophique. Mais qui aurait pu le prévoir? Dans l’ouvrage qu’il a consacré à son père avec le concours de Stanley Dance (k), Mercer Ellington souligne que le Duke “fut toujours un des plus grands admirateurs” du “plus créatif” des jazzmen exerçant en dehors des États-Unis, et qu’il se montra “très heureux” de pouvoir le faire venir outre-Atlantique après la Seconde guerre mondiale. De cette rencontre manquée, quatre pièces seulement subsistent, grâce à un enregistrement privé effectué au Civic Opera House de Chicago. Pour la première fois, on peut y entendre le Manouche jouer d’un instrument amplifié (rappelons qu’il n’avait pas apporté sa propre Selmer-Maccaferri à pan coupé). Blues Riff, chacun en conviendra, fait déplorer l’extrême discrétion de l’orchestre, mais ne donne en rien le sentiment que le “fantasque” Reinhardt ne s’était pas mis en quatre pour éblouir ce public qu’il avait tant rêvé de faire sien.

De même, ce n’est pas précisément l’amertume, et moins encore la résignation que traduisent deux des faces gravées après son retour au pays en février, avec Stéphane une fois de plus : How High The Moon  et  Lover Man. Sur le thème de Hamilton et Lewis, au contraire, son chorus - note François Billard - “explose en un déferlement de phrases, parfois articulées comme celles d’un saxophone”, tandis qu’”une sereine liberté harmonique” s’affirme dans Lover. Pour Alain Antonietto, il faut comprendre que les deux solistes, sensibles “aux nouvelles tendances du jazz”, songeaient alors à l’avenir davantage qu’au passé. “Jeu légato, phrasé plus resserré, improvisation devant plus aux structures haroniques qu’à la paraphrase, renouvellement théma­tique, tout - estime-t-il à bon droit - militait pour cette évolution.” (l) Le 21 mai 1947, nouvel intermède bruxellois. Django a installé sur sa guitare un micro relié à un ampli. Le Q.H.C.F., avec Hubert Rostaing cette fois, ne comprend qu’un seul guitariste d’accompagnement, l’autre étant remplacé par un batteur : en la circonstance Pierre Fouad (lequel appartenait  à une formation de même structure dès le 1er octobre 1940). Le répertoire a été renouvelé, comme en témoignent les deux morceaux que nous avons extraits d’une remarquable série de dix (dont quatre prises alernatives). Porto Cabello : au signal donné par le tom de Fouad, le leader entre en ébullition, engageant ses phrases dans des spirales ascendantes et les faisant grimper en chandelle. Duke And Dukie : l’art de “raconter une histoire”, d’autant mieux mis en évidence que l’électrification contraint l’artiste à adopter un discours plus linéaire (encore qu’il ne s’interdise pas toute effervescence, Porto Cabello le démontre à l’envi). Très perspicace, Patrick Williams a découvert que, dans la seconde prise de Duke (celle-ci), il fait retentir un motif (...) qu’on entendait déjà dans le Blue Drag de 1935 (a)”.

Rostaing est encore de la partie, le 6 juillet et le 4 août de la même année, quand D.R. est invité à enregistrer par Eddie Barclay pour la compagnie Blue Star. Le clarinettiste a évoqué un quart de siècle plus tard les circonstances dans lesquelles s’étaient déroulées ces séances : aucune préparation, très peu de répétitions, un programme établi sur place, “si Django n’avait pas oublié la date, ou l’heure (du rendez-vous)”. Néanmoins, la plupart des morceaux furent mis en boîte dès la première prise (m), ce qui offrait l’avantage d’en exécuter beaucoup (jusqu’à sept) en quelques heures, tout en laissant aux musiciens le loisir de se désaltérer. “Eddie Barclay - ajoute Rostaing - nous laissait une liberté totale pour choisir les titres (...) Django n’enregistrait que la musique qui lui plaisait. Ses propres compositions, bien sûr, mais aussi des thèmes commerciaux de l’époque qu’il adaptait à sa convenance, ou encore des adaptations de thèmes d’inspiration folklorique.”(I Love You) For Sentimental Reasons (sur lequel il reviendra à deux reprises) avait été composé deux ans plus tôt et popularisé l’année suivante par Nat King Cole. Dans  The New Grove Dictionary Of Jazz, cette interprétation a été rangée par Michael James au nombre des “incontournables” de Django. Je n’irais pas jusque là, mais il faut lui reconnaître un charme, une tendresse, un romantisme sans fard (traduit par des inflexions quasi hawaïennes que les oreilles jansénistes, j’imagine, supporteront mal). Toutes ces qualités ajoutent encore à ce qui en fait le prix : For Sentimental Reasons vaut une master class sur l’art de  paraphraser (avec, si possible, un brin de génie). Le Topsy d’Eddie Durham et Edgar Battle avait été, en 1937, l’un des grands succès du Count Basie Orchestra (n), avant de devenir un standard du jazz. Une autre leçon magistrale, d’archi­tecture spontanée celle-là, pourrait être administrée à partir du chorus de guitare que présente la version de ce thème par Reinhardt.

L’excellent Maurice Meunier occupe le poste de Rostaing lorsque la R.T.F enregistre en août 1945 un premier contingent de morceaux destinés à une série d’émissions qui sera diffusée sous le titre de “Souvenirs de Django Reinhardt”. Ces pièces qui, écrit encore Williams, “portent bien la marque de Django, mais d’un Django des époques antérieures” ont souvent été décriées. Il est vrai qu’à une époque où le guitariste, fasciné par les audaces de Parker et Gillespie, cherche à rompre avec son passé, l’intention affichée des producteurs est de le faire se retourner sur les années défuntes ; et vrai aussi qu’en de nombreux cas, le reflet des splendeurs anciennes n’en est qu’un reflet terni. Cependant, il ne serait ni pertinent ni équitable de sous-estimer des sessions qui ont engendré, à tout le moins, quelques improvisations grandioses. Sur Blues Clair en premier lieu, interprèté ici (sans l’aide du souffleur) avec une furia, un sens parfois haletant de l’urgence absents de la version originale,  elle-même superbe, mais pour d’autres raisons  (a). Minor Swing, porté par un irrépressible élan, ne le cède que de peu à ce pur joyau. Quant au Nuages du 25 août, certains djangolâtres (dont Patrick Williams) le tiennent pour le plus beau de tous. Il rivalise, en tout cas, avec celui du 8 mai 1942 à Bruxelles (a) et avec l’ultime reprise du thème, le 10 mars 1953 (o).Stéphane Grappelli remonte à bord le 14 novembre 1947, à l’occasion d’un enregistrement pour Pathé-Marconi qui met en valeur un Q.H.C.F. à l’ancienne mode : trois guitares, violon, contrebasse. Et c’est bien, cette fois, d’une reconstitution consciente et organisée qu’il s’agit. A l’exception du contrebassiste Fred Ermelin, les autres membres du groupe sont des vieux de la vieille : Joseph Reinhardt avait participé à la première séance Ultraphone (a), Eugène Vées était entré dans le circuit en 1937. Le répertoire, toutefois, est flambant neuf. L’inspiration ? Elle apparaît flamboyante, fulgurante dans Old Man River, chez les deux solistes; recueillie, mais jamais parci­monieuse dans le Si tu savais de Georges Ulmer; sans cesse renou­velée dans l’insolite, sombre et beau Diminushing, où le solo de guitare “panoramique” sur les éléments très contrastés d’un paysage intérieur dont chaque nuance se voit traduite par une approche spécifique du matériau (mélodique, harmonique) et même de l’instrument.La dernière rencontre du violoniste et de son frère ennemi devant des micros aura lieu à Rome, dans les studios de la R.A.I., en février 1949. Entre-temps, ils se seront revus le 10 mars 1948 et, d’abord, le 21 novembre 1947, à l’appel de la R.T.F. Ce jour-là sont captées quinze interprétations, que Vogue publiera sur disques.

Plusieurs pourraient avoir leur place ici. Mon choix s’est fixé sur Manoir de mes rêves parce que j’admire, comme Billard, la “véritable poésie du dépouillement” à laquelle y atteint l’art de Grappelli. Et parce que la contribution de Django y est empreinte d’une mélancolie qui ne renonce pas à s’émerveiller. Il y a plus d’une trace d’accablement dans cette plage, mais aussi les flagrants symptômes d’un incurable enchan­tement devant les mystères et les beautés du monde.L’association du cornettiste Rex Stewart et de l’Homme le 5 avril 1939, sous la bannière des “Feetwarmers”, avait engendré quelques-unes des oeuvres les plus irremplaçables du jazz classique (cf. Montmartre - a). Stewart n’appar­tenait pas à la phalange elling­tonienne avec laquelle Django enregistra Blues Riff aux États-Unis (voir plus haut), mais les deux musiciens allaient pourtant se revoir. Dans la capitale française où le premier, devenu son propre maître était de passage, à la fin de l’année 1947, ils enregistreront pour Eddie Barclay et sous la supervision de Hughes Panassié, le 10 décembre, deux titres, dont Confessin’, que le “french Gypsy” courtisait depuis 1935 et auquel il redira son affection lors de son avant-dernière séance, dix-huit ans plus tard (o). Le chorus du guitariste n’est pas l’un des plus étourdissants de sa carrière, mais l’ensemble a de la grâce et l’improvisation de Rex, à mi-chemin de l’intimisme et de l’expres­sionnisme, est si caractéristique de sa manière (même s’il reste ici proche du texte) qu’elle pourrait lui servir de carte de visite. Instaurer un climat, ce n’est certes pas se hisser sur les sommets de la création, mais c’est déjà monter très haut. Les deux compères excellaient à ce jeu (en quoi Django Reinhardt n’excellait-il pas, d’ailleurs?) : il n’est pas mauvais qu’une pièce, au demeurant délicieuse, le rappelle ici.
A.G.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA, 1998.

(a) Quintessence FA 205.
(b) FA 305 (coffret de 2 CD).
(c) Django Reinhardt, aux éditions du Limon.
(d). L’auteur l’a rééditée en 1984 dans un recueil baptisé Jazzistiques et publié par Parenthèses, dans la collection Epistrophy. Solid Old Man est inscrit au menu du premier volume de Jazz. 36 chefs-d’oeuvre (FA 016, coffret de 2 CD).
(e) Django Reinhardt. Un géant sur son nuage. Avec la collaboration d’Alain Antonietto (Lieu Commun/ Gitanes Jazz).
(f) Jazz Time volume 6, EMI 251272-2.
(g) Et Stuff Smith, ajouterons-nous.
(i) On a fait observer qu’il se tenait en retrait par rapport à Warlop dans Christmas Swing : ce n’aurait certainement pas été le cas s’il était intervenu après, et non avant le violoniste.
(j) Cf. Jimmie Lunceford. The Quintessence (FA 212, coffret de 2 CD).
(k) Duke Ellington In Person, An Intimate Memoir (Houghton Mifflin).
(l) Texte de présentation du coffret de 10 CD Djangology.
(m) Rostaing : “En général, ça allait tout seul entre Django et nous, il n’y avait (...) que de petits problèmes de mise en place aux micros.” (in texte accompagnant le coffret de 2 CD Pêche à la mouche, Verve 835 419-2).
(n) Cf. coffret Quintessence FA 202.
(o) In coffret Verve Pêche à la mouche.


english notes
DJANGO REINHARDT, THE FIRST FREE CONTINENT OF JAZZ
In the history of music, Django Reinhardt didn’t occupy quite the same ground as other jazzmen of his generation.  He alone succeeded in embellishing the jazz of a continent which was neither a colony where the introduction of jazz would have been logical, nor a realm which had adopted the customs of another distant territory.  He created jazz - which was often brilliant - which entered into the category of jazz without being an offspring of jazz.It has been said that Django was the greatest of French jazzmen.  Not only through his mighty talent but also as he alone made a certain style of expression flourish without simply echoing the Negro-American musicians.  Much of his approach naturally stems from his ethnic background - Django’s music could be classed as gypsy jazz rather than French jazz.In 1931 he left for Toulon accompanied by his brother Joseph, otherwise known as Nin-Nin, with the intention of busking.  In a café on the port they made acquaintance with a certain painter-come-photographer, Emile Savitry, who invited them back to his hotel where he introduced them to some Negro musical discs (a rarity on this side of the Atlantic) with such artists as Duke Ellington, Louis Armstong, Joe Venuti and Eddie Lang.  A far cry from the experimenting musicians found in Old Europe.  As the story goes, the dumbfounded Django broke down in tears.In order to have jazz running through your veins it is better to be apart from the jazz scene.  And for that you need the shoes, the head and the heart of a nomad. 

Django was a born wanderer.  He had flocks of emulators but no true rivals.  His influence on Afro-American music was minimal, but, there again, he didn’t pursue this foreign inspiration either.  He made use of it to become a Sunday jazzman and one of this century’s finest creators, Django Reinhardt.  And when, more than forty years after his parting from this world, gypsies say that his playing is improving day by day, we can interpret that every day he amplifies his proud, splendid, impossible and yet sturdy freedom.The September 1935 version of St Louis Blues as played by the Quintet of the Hot Club of France caused a smaller stir than that recorded as a trio two years later and yet it is one of the choicest numbers put forward by Django and Stéphane Grappelli during the early days of their career.  W.C. Handy’s famous melody is particularly enhanced by the poetry which emanates from the guitarist’s unwonted approach.  Between 4th May 1936 and 26th April 1937, the same group (with one or two variations in its composition) cut a number of sides other than those revealed in the first Quintessence volume (Limehouse Blues, Shine, Sweet Chorus, Body And Soul, When Day Is Done, Runnin’ Wild and In A Sentimental Mood).  This remarkable and flawless concatenation can be discovered in Daniel Never’s Complete Django Reinhardt Volume 5 - “Mystery Pacific”.  As stated by the ever-veracious Nevers, the 4th May 1936 was a date of all importance when the genius of Django and Stéphane was at last immortalised on wax in a satisfactory manner.In selecting six titles from the 26th April session, the choice cannot be other than arbitrary.  I have, however, endeavoured to reveal as many facets as possible of this thirty-tracked gem.  Take Charleston for instance, which is a work of bravura where even its superficial aspect is clothed in grace, whereas Are You In The Mood ? is of utmost delicacy, vibrating with enthusiasm.  An ambience of festivity is found in Chicago and yet despairing nostalgia reigns in Tears.  The power in Liebestraum N° 3 comes mainly from its guitar solo whereas Oriental Shuffle bathes in a captivating atmosphere right from the opening bars.  Reinhardt housed a multitude of Djangos - consequently there was a multitude of reasons for esteeming him.  It is with regret that other prodigious examples such as I Can’t Give You Anything But Love, Swing Guitars, Exactly Like You, Ain’t Misbehavin’ and A Little Love, A Little Kiss are absent from this programme.

The violinist Michel Warlop (1911-1947) joined the team for the three titles of December 1937.  One of his most ardent benefactors, Daniel Nevers described how this artist achieved in making his instrument “ring”, like no other violinist, thus inventing the “trumpet-violin-style”.  The same author depicted his participation in Christmas Swing where Warlop’s extreme tension and transcendent virtuosity are pushed to the limits, ranking this almost hallucinogenic number amongst the greatest works of French jazz.In Swingin’ With Django and Paramount Stomp the virtually antagonistic styles of Stéphane and his rival can be perceived.  Grappelli occasionally opens fire but Warlop is totally inflamed.  Django is forever present throughout these two tracks - his elegant inflections which frame the solos in Swingin’ are particularly notable.  The talents of Stéphane and his partner are as potent in Younger Generation as in Stockholm (Quintessence FA 205), recorded on the same day.  They both exude balance and lucidity while still maintaining poetical inspiration.  Two months later, in London, The Man I Love was waxed, with Grappelli on the piano.  This is another splendid treat which rises to a climax where the guitarist cautiously explores the theme, seemingly hesitant - another example of his divine duplicity.

Three years later, with the violin replaced by Hubert Rostaing’s clarinet (Stéphane had been in London when war was declared), Django came out with a flowing Sweet Sue.  The diaphanous Rostaing is again present in Lentement mademoiselle in March ’42, where the master treats us to what was, no doubt, his most inspired recorded solo since the December 1940 version of Stockholm.Vous et moi recalls the bountiful escapade in Brussels in spring 1942.  It offers generously melodic guitar-playing, but moreover, it de­monstrates the gypsy’s skill on the violin (which were advantageously revealed in Blues en mineur, in the same session).In November 1944, just a few months after Liberation, we find the outfit named “Django’s music” in the studios and can appreciate Gérard Lévèque’s clarinet in Artillerie Lourde.  In autumn of the following year, Reinhardt is in the company of Glenn Miller’s band, be it deprived of its founder, who disappeared while crossing the Channel in December 1944.  The Air Transport Command Band was now under the orders of Sergeant Jack Platt, and the soloists were somewhat scarce.  Obviously, this hardly prestigious yet oh-so-professional crowd didn’t perturb Django who gave an exuberant performance in the majority of the eighteen numbers.  To commemorate the first encounter of the guitarist and the A.T.C. Band, we have selected three titles in the present collection :  Djangology, Belleville (both arranged by Lonnie Wilfong) and Uptown Blues (borrowed from Jimmie Lunceford’s repertoire).Django’s Tiger and Echoes Of France are brilliantly comme­morative of the London reunion of the Q.H.C.F. founders.  This version of the old Tiger Rag is ebullient, spontaneous and buoyant.  As for the renamed and impromptu Mar­seillaise, mingled with both fervency and insouciance, it has entered the history of music due to these instants when time stood still, when all appeared resplendent.

Django’s peregrination to New York has already been touched upon in the previous Quintessence volume, and was, we recall, pretty disastrous.  Four pieces remain from a private recording session with Duke Ellington in the Civic Opera House in Chicago, where our gypsy is heard for the first time on an amplified instrument.  Blues Riff suffers from an overly discreet orchestra, but regardless, the “whimsical” Reinhardt did his utmost in attempting to dazzle the audience that he so longed to win over.There is, however, no trace of animosity in the two sides waxed with Stéphane upon his return in France, How High The Moon and Lover Man.  According to FranÁois Billard, the Hamilton and Lewis theme “explodes into a surge of phrases” whereas Lover expresses “serene and melodic freedom”.Another interlude in Brussels was scheduled for 21st May 1947, this time with Django’s guitar fitted with a microphone connected to an amplifier.  A remarkable series of ten titles resulted, from which we have selected two.  In Porto Cabello, Django’s energy overflows, with phrases soaring skyward in ascending spirals.  In Duke And Dukie the narrative is more straightforward due to the electrification, without for so much denying any effervescence.  As discovered by the perspicacious Patrick Williams, this second take of Duke contains a motto that was also found in the 1935 Blue Drag.As in the above-mentioned session, Hubert Rostaing was also present on 6th July and 4th August of the same year when Eddie Barclay commissioned Reinhardt to record for Blue Star.  No rehearsing was involved before these rich sessions and yet nearly all titles were accepted right from the first take. The choice of music was left to Django’s discretion.(I Love You) For Sentimental Reasons had been composed two years previously and was to come in vogue the following year with Nat King Cole.  Here, Django’s charm, tenderness and unpretentious romanticism deserve merit as do his paraphrasing abilities.  In 1937, Topsy had been one of the Count Basie Orchestra’s big hits.  The artists could have learnt from the masterful guitar chorus as demonstrated in Reinhardt’s interpretation.

The excellent Maurice Meunier replaced Rostaing when in August 1945, the R.T.F. cut a first set of titles intended for a series of programmes to be entitled “Souvenirs de Django Reinhardt”.  These pieces have often been disparaged as Django, then fascinated by the boldness of the likes of Parker and Gillespie and trying to break away from his past, seems to revert to his former style (this was, in fact, encouraged by the producers)and the result is in some cases, tarnished.  These sessions should not be under-estimated, however, as certain awe-inspiring improvisations did arise.  In Blues Clair, for instance, we discover a vehement sense of urgency that was absent in the initial and nonetheless superb original version.  Minor Swing moves with an irrepressible exuberance, and the 25th August version of Nuages is considered by certain djangoholics as the best of all.  In any case, it certainly competes with those of 8th May 1942 and 10th March 1953.Stéphane Grappelli climbs aboard once again on 14th November 1947 for a Pathé-Marconi session where we find an (intentionally) old style Q.H.C.F. comprised of three guitars, a violin and a bass.  Apart from the bassist, Fred Ermelin, the other members were from way back when - Joseph Reinhardt had participated ever since the first Ultraphone session and EugËne Vées came into tow in 1937.  The repertory, on the other hand, was dazzlingly new.  The inspiration is flaring in Old Man River, meditative without being parsimonious in George Ulmer’s Si tu savais and constantly rege­nerated in the unwonted, deep and beautiful Diminushing.

The final encounter in front of the microphones between the conflicting violin/guitar duo was in the R.A.I. studios in Rome in February 1949.  Meanwhile they had met up on 10th March 1948 and, before that, on 21st November 1947 when they were summoned by R.T.F. and fifteen interpretations were recorded, to be issued by Vogue.  Manoir de mes RÍves has been chosen here, as Grappelli’s poetry can be truly appreciated and Django’s melancholy never fails to amaze.  More than a drop of despondency is present in this track but we can also perceive a certain delectation before the world’s mysteries and beauty.The teaming up of Django and the cornetist, Rex Stewart on 5th April 1939 under the name of the “Feetwarmers” had given birth to some of the most irreplaceable works of classical jazz.  The two musicians met up again late 1947 in the French capital when they cut a couple of titles for Eddie Barclay, under Hughes Panassié’s supervision, including the “French Gypsy’s” prized Confessin’.  The guitarist’s chorus may not be his most stunning but the overall result is flavoured by Rex’ grace and improvisation, midway between intimism and expressionism, so emblematic of his mode of expression.  These two artists excelled in rising to an optimal crest of creation, thus establishing a delicious climate.
Adapted by Laure WRIGHT from the French text of Alain Gerber
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA, 1998.

DISCOGRAPHIE
CD I
01. St. Louis Blues - QUINTETTE DU HOT CLUB DE FRANCE avec DJANGO REINHARDT et STÉPHANE GRAPPELLI : D.R. (g), S. G. (vln), Joseph Reinhardt, Pierre “Baro” Ferret (g), Louis Vola (b), Paris, 30 septembre 1935. Decca 2009 HPP.        3’28
02. Oriental Shuffle - QUINTETTE DU HOT CLUB DE FRANCE : même formation que pour 1, mais Lucien Simoens (b) remplace Vola. Paris, 4 mai 1936. Gramophone OLA 1059-1.            2’37
03. Are You In The Mood - Même formation et même séance que pour 2. Gramophone OLA 1061-1.          2’47
04. Charleston - Q.H.C.F : D.R. (g), S.G. (vln), Ferret, Marcel Bianchi (g), Vola (b). Paris, 21 avril  1937. Swing OLA 1703-1.        2’50
05. Tears - QUINTETTE OF THE HOT CLUB OF  FRANCE : même formation et même séance que pour 4. His Master’s Voice OLA 1705-1.         2’36
06. Chicago - Q.H.C.F. : même formation que pour 4. Paris, 26 avril 1937. Swing OLA 1713-1.            2’24
07. Liebestraum n°3 - QUINTETTE OF THE HOT CLUB OF FRANCE : même formation et même séance que pour 6. His Master’s Voice  OLA 1714-1.            3’18
08. Swingin’ With Django - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. avec STÉPHANE GRAPPELLI et MICHEL WARLOP : D.R. (g), S.G., M.W. (vln), Joseph Reinhardt, Eugène Vées (g), Vola (b). Paris, 7 décembre 1937. Swing OLA 1994-1
2’48
09. Paramount Stomp - Même formation et même séance que pour 8. Swing OLA 1995-1.          2’35
10. Christmas Swing - S.G. (g), M.W. (vln), Vola. Paris, 21 décembre 1937. Swing OLA 2217-1.          2’47
11. Younger Generation - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. avec STÉPHANE GRAPPELLI : D.R. (g), S.G. (vln), Vées, Ferret (g), Emmanuel Soudieux (b). Paris, 30 juin 1939. Swing OPG 1720-1.          2’22
12. The Man I Love - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. avec STÉPHANE GRAPPELLI : D.R. (g), S.G. (p), J. Reinhardt, Vées (g), Soudieux (b). Londres, 25 août 1939. Decca anglais DR 3864-1.          3’11
13. Sweet Sue - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. : D.R. (g), Hubert Rostaing (cl), Joseph Reinhardt (g), Tony Rovira (b), Pierre Fouad (dm). Paris, 13 décembre 1940. Swing OSW 154-1.          2’48
14. Lentement mademoiselle - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. : D.R. (g), Rostaing (cl), Vées (g), Soudieux (b), André Jourdan (dm). Paris, 31 mars 1942. Swing OSW 266-1. 3’16
15. Vous et moi - D.R. (g, vln), Ivon de Bie (p). Bruxelles, 16 avril 1942. Rythme 16189.         3’10
16. Artillerie Lourde - DJANGO’S MUSIC :  D.R. (g), Christian Bellest, Alex Caturegli, Roger Hubert (tp), Pierre Rémy, Librecht (tb), Gérard Lévêque (cl), Yves Raynal (bars), Leo Chauliac (p),Joseph Reinhardt (g), Lucien Simoens (b), Jerry Mengo (dm). Paris, 3 novembre 1944. Swing OSW 401-1.          4’14
17. Djangology - DJANGO REINHARDT AND THE AIR  TRANSPORT COMMAND BAND (A.T.C.) under the direction of Sgt Jack Platt: D. R. (g) + Platt (lead), Herb Bass, Jerry Stephan, Robin Gould (tp), Lonnie Wilfong (tp, arr), Bill Decker, Don Gardner, Shelton Heath, John Kirkpatrick (tb), Jim Hayes, Joe Moser, Bernie Cavaliere, Bill Zickefoose, Ken Lowther (reeds), Larry Mann (p), Bob Decker (b), Bill Bethel (dm). Arrangement : Wilfong. A.F.N. Radio Program. Paris, 26 octobre 1945.      3’49
18. Belleville - Même formation et même émission que pour 17. Arrangement : Wilfong et Reinhardt.        2’12

CD II
01. Uptown Blues - Même formation et même émission que pour 17. Arrangement : Wilfong.           4’07
02. Django’s Tiger - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. avec STÉPHANE GRAPPELLI : D.R. (g), S.G. (vln), Jack Llewellyn, Allan Hodgkiss (g), Coleridge Goode (b). Londres, 31 janvier 1946.   Swing OEF 26-1.          2’36
03. Echoes Of France - Même formation et même séance que pour Django’s Tiger. Swing OEF 28-1.          2’45
04. Blues Riff - DJANGO REINHARDT with DUKE ELLINGTON and his ORCHESTRA : D.R. (g), D.E. (p, lead) + Shelton Hemphill, Harold Baker, Taft Jordan, Ray Nance, Cat Anderson (tp), Lawrence Brown, Wilbur de Paris, Claude Jones (tb), Russell Procope, Johnny Hodges, Jimmy Hamilton, Al Sears, Harry Carney (reeds), Oscar Pettiford (b), Sonny Greer (dm). Civic Opera House, Chicago, 10 novembre 1946. Radio (acétate privé).    3’46
05. How High The Moon - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. avec STÉPHANE GRAPPELLI : D.R. (g), S.G. (vln), Joseph Reinhardt, Jean “Matelot” Ferret (g), Emmanuel Soudieux (b).     Paris, 26 mars 1947. Swing OSW 450-1.        2’35
06. Lover Man - Même formation et même séance que pour How High The Moon. Swing OSW 451-1. 3’18
07. Porto Cabello - DJANGO REINHARDT et son Q.H.C.F. : D.R. (g), Hubert Rostaing (cl), Eugène Vées (g), Emmanuel Soudieux (b), Pierre Fouad (dm). Bruxelles, 21 mai 1947. Decca Fo 1782-RB.      3’18
08. Duke And Dukie - Même formation et même séance que pour Porto Cabello.    Decca Fo 1783-RB.          3’22
09. (I Love You) For Sentimental Reasons - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. : D.R. (g), Rostaing (cl), Joseph Reinhardt (g), Ladislas Czabanyck (b), André Jourdan (dm). Paris, 6 juillet 1947. Blue Star ST 2086-2. 2’53
10. Nuages - D.R. (g), Maurice Meunier (cl), Eddie Bernard (p), Vées (g), Soudieux (b), Jacques Martinon (dm). Radiodiffusion Française, Paris, 25 août 1947.             3’22
11. Blues Clair - Même formation et même émission que pour Nuages, mais Meunier n’intervient pas.           2’41
12. Minor Swing - D.R. (g), Meunier (cl), Vées, Soudieux (b), André Jourdan (dm). Radiodiffusion Française, Paris, 29 août 1947. 2’48 
13. Topsy - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. : D.R. (g), Rostaing (cl), Joseph Reinhardt (g), Soudieux (b), Jourdan (dm). Paris, 4 octobre 1947. Blue Star Part 4763-1.        3’01
14. Old Man River - DJANGO REINHARDT et le Q.H.C.F. : D.R. (g), S.G. (vln), Joseph Reinhardt, Vées (g), Fred Ermelin (b). Paris, 14 novembre 1947. Swing OSW 483-1. 2’39
15. Si tu savais - Même formation et même séance que pour Old Man River. Swing OSW 484-1.          2’42
16. Diminushing - Même formation et même séance que pour Old Man River. Swing OSW 486-1.          3’13
17. Manoir de mes rêves - Même formation  que pour Old Man River. Radiodiffusion Française, Paris, 21 novembre 1947.  4’29
18. Confessin’ (That I Love You) - REX STEWART QUINTET : Stewart (cnt), Rostaing (as), D.R. (g), Czabanyck (b), Ted Curry (dm). Paris, 10 décembre 1947. Blue Star ST 2221-3.      2’54

CD Django Reinhardt The Quintessence © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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