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ROCK N’ ROLL 1948
Vol. 4

Wynonie Harris • Harry Choates • Roy Milton • Pee Wee King • Johnny Tyler • Muddy Waters • K.C. Douglas • Hawkshaw Hawkins • Paul Williams • Willie “Long Times” Smith • T-Texas Tyler • Jimmy Mc Cracklin • Spade Cooley • Curley Williams • Jimmy Liggins • T.J. Fowler • Pee Wee Crayton • Hal Singer • John Lee Hooker • Hank Williams • Memphis Slim • King Porter • Delmore Brothers • Big Jay Mc Neely • Albinia Jones • Lightnin’ Hopkins • Curley Rash • Art Gunn • Eddie Burns • Paul Howard • Jimmy Wakely • Buchanan Brothers • Blue Lu Barker • Lonnie Lyons • Tommy Sargent • Tex Williams.


Le Rock’n’Roll a semblé surgir de nulle part, soudain inventé par Elvis Presley et Bill Haley vers 1954-55. Mais comme l’Amérique existait bien avant sa «découverte» par Christophe Colomb en 1492, la musique que l’on qualifiera de Rock’n’Roll dans les 50’s existait pratiquement telle quelle et sous d’autres noms dès la fin des années 30. Elle était le fruit d’une longue évolution des musiques sudistes (cf Rock’n’Roll vol.1, 2 & 3 - Frémeaux & Associés FA 351, 352 & 353) et d’échanges permanents entre elles. La grande vague du Rock’n’Roll des 50’s n’est en fait que sa soudaine médiatisation, notamment à travers le cinéma (Rock Around The Clock), les télévisions (Ed Sullivan Show) et le disque. Elle correspond à la «découverte» des traditions musicales sudistes par les Etats Unis du Nord Yankee puis à sa diffusion à travers l’Europe et le monde entier. Ce mouvement de reconnaissance des traditions sudistes qui commence ainsi ne s’arrêtera plus et se déclinera en «folk boom» du début des 60’s, «blues revival» à travers les groupes britanniques et nourrira pendant un temps l’évolution de la nébuleuse rock... Cette série - «Roots of Rock’n’Roll» - se propose de suivre année par année l’évolution de l’Amérique roulant et tanguant au rythme des disques diffusés sur les radios et dans les juke-boxes. L’Histoire en tapant du pied!

LES PIONNIERS DU ROCK EN 1948
En 1948, Elvis Presley arrive à Memphis, âgé de treize ans. Sa famille vient de Tupelo, une bourgade du Mississippi, tristement célèbre pour les crues meurtrières du fleuve. Avec la mécanisation et la crise du coton, les opportunités économiques sont rares et papa Presley est à la recherche d’un job un peu lucratif. Elvis fréquente le collège avec plus de passivité que d’assiduité, chante dans les fêtes de son école. Il sait gratter de la guitare depuis deux ans et a une réelle passion pour la musique. Comme il avait admiré la manière des bluesmen de Tupelo, Elvis a l’opportunité d’entendre à Memphis quantité de musiciens, soit à la radio, soit grâce aux disques, soit aussi en assistant aux nombreux spectacles qu’offre la cité. Il voit sur scène Red Foley (une de ses idoles à qui il ose demander un autographe), Roy Acuff, Ernest Tubb - les vedettes de la country music d’alors - mais aussi Sister Rosetta Tharpe et, semble-t-il, John Lee Hooker et B.B. King. Un ensemble d’influences qui explique beaucoup de choses a posteriori mais qui n’a rien de bien extraordinaire pour un «hillbilly» de l’époque avec un penchant pour la musique.Le parcours de Bill Haley est bien plus étonnant. Né dans le Michigan en 1925, il est élevé à la fin des années 30 en Pennsylvanie, un des grands Etats de la Nouvelle Angleterre où se sont installés ses parents. Dix ans plus tôt, le jeune William John Clifton Haley (son vrai nom) n’aurait entendu sur les radios que les crooners italo-américains ou les divas de strass et de paillettes du music-hall de l’époque. Mais, dès 1937-40, l’immigration sudiste est déjà importante et tout le monde ne s’arrête pas, comme la famille Presley, à Memphis. Et des stations de radio commencent à diffuser de la country music à destination de ces immigrés de l’Alabama, du Tennessee, de Georgie, de la Louisiane... La Pennsylvanie, comme les autres Etats du Nord, devient aussi une étape intéressante pour les orchestres de country music. Il y a désormais un public nostalgique du pays quitté et qui, grâce aux salaires du Nord industriel, peut payer sa place aux concerts et acheter les disques de ses artistes favoris. Bill Haley est très tôt fasciné par la country music, surtout le Western Swing du Texas (cf Western Swing, FA 032), un style de country music particulièrement apprécié par les nouveaux habitants de Pennsylvanie. Bill va aux concerts, découvre derrière la musique le rituel du spectacle de country music, habits de cow-boys d’opérette, danseuses, comédiens burlesques, sens du rythme, bonne humeur débridée. Malgré les protestations familiales, la vocation de Bill Haley est tracée: il sera un chanteur «Western».

En 1945, il est un musicien suffisamment aguerri pour être embauché par un orchestre local, celui de Cousin Lee. L’année suivante, il est avec les Downhomers avec qui, semble-t-il, il enregistre. Puis Bill Haley se produit avec les Range Drifters, un orchestre de Western Swing nordiste. Ils font les premières parties de Red Foley - que Haley, comme Presley!, admire beaucoup, de Lulu Belle & Scotty et de Hank Williams. Années de galère mais aussi années de formation. Bill observe les réactions enflammées du public aux country boogies interprétés par les vedettes de la country music. Il s’aperçoit surtout que le public nordiste est bien plus réceptif à ces pièces rapides qu’aux chansons alanguies, nostalgiques et d’amour, habituelles à la country music. En 1947-48, Bill Haley, qui vit très médiocrement de sa musique, s’installe à Chester, une ville active de Pennsylvanie et travaille à la station de radio WPWA. Il semble tout y faire, y compris le ménage, dort dans un coin de studio et y anime un émission en compagnie des Four Aces of Western Swing, un orchestre qu’il forme pour la circonstance. La couleur du groupe est clairement annoncée dans son nom et dans son apparence: habits de cow-boys, stetsons, bottes à éperons... Même si aucun de ses membres n’a gardé de vaches ni habité au Texas, nul n’ignore que le groupe joue du Western Swing, reflet des goûts de son leader, Bill Haley, un Nordiste tombé dans la marmite de la musique sudiste. Une voie que d’autres suivront bientôt.Pendant ce temps-là, de l’autre côté des Etats Unis, un certain Antoine Domino fête ses 20 ans cette année 1948 et on commence vraiment à l’appeler «Fats» en raison de sa corpulence. Fats est né dans  le quartier noir de la Nouvelle-Orléans, l’un des neuf enfants d’un père violoniste à ses heures. Son beau-frère, Harrison Verrett (qui s’est marié avec une soeur d’Antoine lorsqu’il avait quatre ans) est un musicien professionnel qui joue guitare et banjo avec Papa Celestin, Kid Ory et d’innombrables autres orchestres de jazz. Antoine suit Verrett dans les clubs et les tavernes de la ville et, dès l’adolescence, il est un musicien professionnel. Durant l’année 1948, Fats Domino se marie avec Rose Mary, une amie d’enfance, et il est embauché comme pianiste de Billy Diamond qui se produit au club Hideaway. C’est son premier job correct de musicien. Son ambition est alors d’émarger honorablement à l’importante scène musicale noire néo-orléanaise, riche de multiples talents. Bien qu’il soit sur le point d’enregistrer, Fats Domino ne se doute certainement pas alors qu’il sera, quelques années plus tard, honoré comme un «pionnier du Rock’n’Roll», un genre que lui et ses nombreux pairs pratiquent déjà plus ou moins depuis longtemps sous le nom de Rhythm & Blues.

1948 : L’AMERIQUE A PEUR DE LA GUERRE
En 1948, le maintien de la paix devient, selon Gallup, le problème n°1 des Américains. La lune de miel avec l’Union Soviétique est désormais finie depuis longtemps. Roosevelt avait pu imaginer faire rentrer l’URSS dans le «camp des démocraties», après la victoire des Alliés contre les totalitarismes nazi et nippon. Mais l’attitude de Staline, dès la fin de la guerre, ne laisse guère de doutes sur son intention d’étendre l’Empire Soviétique à l’Europe et à l’Asie sans se soucier véritablement des «zones d’influence» que le traité de Yalta lui avait accordées. L’offensive soviétique, via ses relais partisans, est extrêmement forte jusqu’en Amérique même. Les Etats Unis qui démobilisent en masse et diminuent très fortement le budget militaire apparaissent d’abord décontenancés voire démunis face à la politique de son ancien allié. Mais, dès 1947, les Etats Unis mettent en place une stratégie d’ «endiguement» destinée à freiner les ambitions de l’URSS en dehors de son aire d’influence. En juin 1948, la résolution Vandenberg préconise le «développement d’arrangements collectifs régionaux» sous le parrainage et avec le concours des Etats Unis. En clair: l’idée d’une vaste coalition militaire antisoviétique qui regrouperait les Etats Unis avec ses alliés dans chaque zone géographique de la planète.En 1948, Staline voit son ambition de cueillir dans son giron les Etats d’Europe Occidentale comme autant de «fruits mûrs» selon l’exemple de la Tchécoslovaquie, contrecarrée par les USA. Il tente un grand coup de bluff en établissant le blocus de Berlin (ville située en zone soviétique mais occupée par quatre armées) à partir du 31 mars 1948. Quelles en seront les conséquences? Nouvelle guerre mondiale, cette fois entre les vainqueurs de la précédente? Combien de temps durera la supériorité militaire des Américains via leur maîtrise de l’arme atomique? Lorsque les Etats Unis et la Grande Bretagne mettent en place un gigantesque pont aérien pour ravitailler Berlin, l’incident militaire, l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres, semble pouvoir arriver à tout instant. Et, lorsque les communistes progressent en Chine, que la Corée se coupe en deux zones antagonistes, le conflit paraît plus que probable, inévitable.Alors, l’Amérique qui continue à se défouler des épreuves et privations de 1941-45 dans une frénésie d’amusements, une débauche de dépenses, de sorties et de musique, a peur.

LA PEUR, MAUVAISE CONSEILLERE
Harry Truman, honorable second, devenu président à cause du décès de Roosevelt ne semble pas faire le poids face à son rival républicain, Thomas Dewey. Les pronostics d’alors lui sont tous très défavorables. Mais les années passées aux affaires révèlent, sous des dehors modestes et peu flamboyants, un homme d’Etat: un travailleur acharné, un homme d’une vaste culture historique capable de s’en servir pour analyser avec finesse la géopolitique de l’époque et, surtout, de décider vite. En 1948, Truman est non seulement largement élu président des Etats Unis mais il réussit aussi à faire retrouver au Congrès une majo­rité démocrate.Mais, à l’époque, les Démocrates sont essentiellement des sudistes conservateurs. Malgré Harry Truman qui essaie de freiner ses initiatives, le Congrès - Républicains et Démocrates unis - étend le champ d’action et les pouvoirs de la Commission des Activités Non-Américaines (permanente depuis 1945). Le FBI est mis au service de cette Commission, chargé de toutes les actions de «loyauté» envers les Etats Unis. Ses méthodes sont largement étendues (intimidation, chantage, investigation dans la vie privée...). L’Union Soviétique est qualifiée par la Commission d’«ennemi absolu», véritable incarnation du Mal, à cause de l’absence de propriété privée, du refus de la religion et de toute liberté d’expression.Le Parti Communiste Américain n’est pas réellement interdit mais ses onze dirigeants sont ar­rêtés en juillet 1948. Ils seront lourdement condamnés pour «conspiration» l’année sui­vante. Les «pro-communistes» de toute nature (ou les supposés tels) sont appelés à témoigner devant la Commission. Ils sont fortement encouragés à dénoncer leurs relations «anti-américaines» en échange d’un blanchissement et d’un certificat de loyauté. On fouille dans la vie des fonctionnaires, hauts comme obscurs. Tout «doute raisonnable» de loyauté envers les USA permet de faire licencier, persécuter, intimider quiconque sur un simple soupçon ou sur une dénonciation même anonyme. Le milieu artistique, cinéma et musique, est très touché par cette frénésie anticommuniste. Si l’engagement politique de certains est évident, d’autres, bien plus nombreux, sont victimes par ricochet de cette espèce de totalitarisme à l’américaine. Merle Travis, une des plus grosses vedettes de la country music de l’après-guerre, qui avait composé Sixteen tons sur la dure vie des mineurs du Kentucky, s’aperçoit avec étonnement que ses disques ne sont plus diffusés dans nombre de radios country. Le FBI était passé par là, «déconseillant» aux DJ’s de «favoriser la propagande américaine du pro-communiste Merle Travis». Ce dernier ne sera jamais avisé officiellement de rien!Et 1948 n’est que le début du pouvoir de la Commission des Activités Non-Américaines qui culminera les années suivantes sous l’impulsion du sénateur Mc Carthy.

GUERRE FROIDE, MUSIQUE DE PLUS EN PLUS «HOT»

Mais tout cela ne ralentit pas le désir des Américains de sortir, s’amuser, dépenser l’argent qui coule à flots dans la prospérité retrouvée. Cet optimisme se reflète dans le baby-boom avec 4 millions de naissances en 1948. La migration intérieure des Américains continue de plus belle, toujours du Sud vers le Nord, mais aussi de plus en plus vers l’Ouest, notamment la Californie, ensoleillée, innovante, folle, tourbillonnante, à l’optimisme insolent et où tout paraît permis. L’apparition du transistor révolutionne la radio qui devient de moins en moins «le meuble qui parle» mais un objet courant que l’on peut transporter. Peu à peu, la musique enregistrée et diffusée devient la compagne obligée de tout Américain, dans sa voiture, sa cuisine ou à la plage! Les ventes de disques atteignent des records jamais égalés et les facilités technologiques permettent la naissance de nombreux labels indépendants.Comme en 1942, les syndicats de musiciens s’alarment de cette «concurrence» faite à la musique vivante, celle des orchestres et des musiciens qui leur payent de larges cotisations. Comme en 1942, ils appellent à un boycott total des studios d’enregistrement à partir de janvier 1948 et pour une durée indéfinie afin de tarir la source.

La plupart des labels, craignant de ne pouvoir alimenter radios, magasins de disques et juke-boxes, montent des séances d’enregistrement mammouths en décembre 1947. Les titres ainsi gravés paraîtront de cette façon durant toute l’année 1948 avec une publicité dans les magazines faisant croire que le disque venait d’être enregistré! Mais, depuis 1942, les choses ont beaucoup évolué. Il y a des studios partout aux Etats Unis. Si les syndicats peuvent veiller sur ceux des grands centres, les arrière-boutiques, bazars, petites unités de zones excentrées continuent d’être actifs, travaillant même comme jamais! Cela explique que cette anthologie regroupe à la fois certains titres enregistrés fin 1947 mais diffusés dans les radios et sur les juke-boxes tout au long de l’année 1948 ainsi que beaucoup de morceaux en provenance du Texas ou de Detroit, deux régions largement épargnées par le boycott. Celui-ci prend fin en novembre 1948. L’échec de cette initiative semble totale et les musiciens et leurs représentants choisissent d’accepter la nouvelle donne technologique et économique de leur activité. Bien des musiciens deviennent des «requins de studio» et vivent de leur art sans jamais faire d’apparition en public, quelque chose d’impossible dix ans auparavant. Les enregistrements reprennent de plus belle en novembre et décembre 1948 un peu partout.Tout au long de l’année, la Guerre Froide n’aura guère rafraîchi les ardeurs des danseurs américains, Blancs et Noirs. On fait sauter sa partenaire par dessus soi ou on la fait glisser sous ses jambes écartées, on swingue, on bop, on ne rock peut être pas encore tout-à-fait mais on sent qu’il suffirait d’un rien de roll pour transformer la frénésie ambiante en tornade.... Le Rock’n’Roll est là, tapi derrière la porte du Honky Tonk, du juke joint, du bar et même, fait nouveau, du dancing chic de la Nouvelle Angleterre. Selon le Boston Globe de juin 1948, même les orchestres des «bals des débutantes» des célébrités du Tout Boston, jouent des boogies et des pièces «au rythme contagieux».

LES ARTISTES
Blue Lu BARKER : Louie «Blue Lu» Barker (1913-1998), chanteuse et danseuse à la Nouvelle Orléans, sa ville de naissance, a enregistré à New York entre 1938 et 1949 une oeuvre importante entre Swing, ballades, blues et une pointe de Rhythm & Blues bien balançant comme dans Here’s a little girl où brillent le guitariste Danny Barker (son mari) et le pianiste Gerald Wiggins.

BUCHANAN BROS. : Les frères Buchanan, Chester et Lester sont originaires de Georgie et ont connu certains succès dans les années 40 avec une formule mariant les duos appalachiens, le Honky Tonk naissant et le Gospel (leur célèbre Atomic Power se trouve sur Country Gospel (FA 055). High tempered mama est un de ces innombrables morceaux de la country music d’alors qui annoncent le Rockabilly.

Eddie BURNS : Né en 1928, Eddie Burns est plus connu pour avoir souvent accompagné John Lee Hooker que pour ses titres en vedette. Il est cependant un excellent chanteur, guitariste et harmoniciste et son Papa’s boogie que nous présentons ici est un des tout premiers titres à avoir été enregistré à Detroit après la guerre.

Harry CHOATES : Harry Choates (1922-51) est surtout connu pour être le premier musicien de cajun country à entrer dans le classement de Country Music avec sa version de Jole Blonde en 1946, lançant une importante mode d’airs cajun à la sauce Nashville. Il a ainsi ouvert une voie fructueuse pour nombre d’artistes franco-louisianais. Mais Harry Choates est bien davantage: un formidable fiddler, plein de verve, de fougue et de swing, fort marqué par les stylistes du Western Swing; un chanteur à la gouaille contagieuse; enfin, le leader d’un des meilleurs orchestres à cordes de l’après-guerre. Louisiana boogie, chanté en français, est extrêmement savoureux. Le 17 juillet 1951, Choates - un alcoolique chronique depuis son enfance - est emprisonné dans la prison d’Austin pour tapage nocturne (ou sur la demande de sa femme à qui il ne payait pas la pension alimentaire légale). Choates y meurt dans la nuit soit parce qu’en état de manque alcoolique, il se fracasse le crâne contre les barreaux de la prison, soit parce qu’il a été tabassé par les policiers.

Spade COOLEY : Donnell Clyde Cooley (1910-69) est originaire d’une réserve Cherokee de l’Oklahoma. Ses parents musiciens l’encouragent dans cette voie. Il fréquente une école de musique classique et apprend le violon et le violoncelle. Mais c’est avec un fiddle à la main qu’il gagne Hollywood dès 1934 afin de figurer dans les Westerns musicaux qui sont alors à la mode. Devenu Spade (pour son immanquable main à pique au poker), Cooley est engagé dès 1937 par Republic Pictures comme «doublure» de Roy Rogers. Il participe au grand orchestre de Western Swing de Jimmy Wakely avant de former le sien et d’obtenir de formidables succès commerciaux à partir de 1944 (Shame on you, Detour). Spade Cooley s’impose à la fin de la guerre comme le «Roi» du nouveau Western Swing, supplantant en popularité Bob Wills, avec une musique aux arrangements orchestraux très travaillés et une propension à la Pop hollywoodienne parfois sucrée à l’excès. Mais il laisse une oeuvre souvent extrêmement brillante et enlevée comme cet endiablé Big chief boogie. Un alcoolique notoire, Spade a terminé sa vie en prison après avoir assassiné (devant leur propre fille!) sa femme Ella Mae qu’il soupçonnait d’avoir une liaison avec... Roy Rogers!

Pee Wee CRAYTON : Pee Wee (1914 - 1985), né au Texas, a, comme beaucoup, gagné la Cali­fornie durant la guerre afin de travailler dans les chantiers navals. Ce n’est que là (et donc tard) qu’il apprend la guitare en imitant grossièrement T-Bone Walker. Cela lui suffit pour trouver quelques jobs dans les clubs bondés d’immigrants texans de l’après-guerre. Il est repéré par les entreprenants frères Bihari qui lui font graver une série de titres mémorables dont ce Bounce Pee Wee. Même s’il est aujourd’hui quelque peu oublié, Pee Wee Crayton a été, à l’instar de T-Bone Walker, Charles Brown ou Lowell Fulson un des grands créateurs du blues californien d’après-guerre.

DELMORE BROTHERS : Les frères Alton (1908-64) et Rabon (1916-52) Delmore, originaires de l’Alabama ont commencé dans les années 30 une carrière musicale prolifique dans un style de duo appalachien marqué par la conjonction subtile de leurs deux guitares (l’une standard, l’autre à quatre cordes) et un goût prononcé pour le blues. Après 1945, les Delmore Brothers brillent dans un style de country boogie endiablé qui préfigure nettement le Rockabilly - un genre qu’ils ont, plus que quiconque, contribué à créer. Aucune anthologie de titres de proto-Rock’n’Roll ne saurait se passer d’eux. Nous incluons donc ce Peach Street boogie qui date de 1948 et qui, comme souvent, permet d’apprécier le superbe jeu (entre jazz, blues et country) du guitariste Roy Lanham, un de ces grands musiciens de studio de la country music qui ont aussi figuré dans de nombreuses séances de pop, jazz ou Rhythm & Blues.

K.C. DOUGLAS : K.C. (1913-75) a été un des rares bluesmen du Mississippi à avoir émigré en Californie durant la guerre et à y avoir maintenu le style du Delta dont, émule du célèbre Tommy Johnson, il était un représentant fidèle. En Californie, Douglas fait équipe avec l’harmoniciste Sidney Maiden et enregistre en 1948 pour Bob Geddins Mercury boogie, un petit classique qui montera des années plus tard dans les sommets des Hit Parades Rock et Country via des reprises par Steve Miller et Alan Jackson. Il est très probable que ce Mercury boogie est aussi à l’origine des nombreux boogies routiers style Hot Rod race de Arkie Shibley.

T.J. FOWLER : (1910-?) a été un des principaux chefs d’orchestre du Rhythm & Blues de Detroit, une ville qui n’a pas subi les effets du boycott des studios par les syndicats de musiciens en 1948. Autour de Hasrings Street, une quantité de clubs et de boîtes de nuit faisaient danser les Noirs au rythme de pièces musclées comme ce Red Hot blues qui pourrait aussi bien s’appeler Red Hot Rock!

Art GUNN : est sans doute un guitariste et chanteur originaire de Floride qui a enregistré quelques boogies juteux en compagnie de ses Arizona Playboys. Si le nom de l’orchestre marque de toute évidence une allégeance aux Texas Playboys de Bob Wills, les disques enregistrés par Gunn sont largement dans le même moule que ceux des Delmore Brothers et de Wayne Raney. Art Gunn a encore enregistré dans les 50’s pour des petits labels comme Wrangler et Arga quelques classiques du Rockabilly.

Wynonie HARRIS : Un des meilleurs «blues shouters» (hurleurs de blues) des années 40, Wynonie Harris (1915-1969) a commencé sa carrière au sein de grands orchestres de Swing avant de former son propre orchestre de Rhythm & Blues. Il obtient plusieurs grands succès dans les années 40 comme Good rocking tonight qui est sur Rock’n’Roll 1947 (FA 353). I want my Fanny Brown est dans la même veine rockante. Comme la plupart des créateurs du Rhythm & Blues, Wynonie Harris sera incapable de s’adapter au mouvement du Rock’n’Roll des années 50.

Hawkshaw HAWKINS : (1921-63) est aujourd’hui surtout connu parce qu’il était dans le même avion que Patsy Cline et Cowboy Copas qui s’est fracassé contre une colline le 5 mars 1963. Mais Hawkshaw, le mari de la chanteuse Jean Shepard, laisse une des meilleurs œuvres du genre Honky Tonk. Il a enregistré nombre de country boogies qui fleurent bon le futur Rockabilly. Doghouse boogie a été un important succès pour lui en 1948.

John Lee HOOKER : Que dire du plus célèbre des bluesmen (né en 1917) si ce n’est qu’il démarre sa prolifique carrière discographique en 1948 avec l’ultra-classique Boogie chillen, un succès instantané (repris par des dizaines de rockers) qui permet à John Lee d’abandonner son travail en usine à Detroit et de s’embarquer pour une des plus brillantes carrières de l’histoire du blues.

Lightnin’ HOPKINS : «Poor» Lightnin’ (1912-82), comme il s’appelait lui-même à la troisième personne est un grand innovateur du Texas blues, un explorateur de la guitare électrique, un compositeur hors pair, un magnifique bluesman. Il est pris en charge par son cousin, l’aveugle Texas Alexander qui l’emmène avec lui sur la route dans les années 30. Hopkins rencontre ainsi nombre de bluesmen texans dont le pianiste Thunder Smith avec lequel il fait équipe sous le surnom de Lightnin’ & Thunder (l’éclair et le tonnerre). L’influence de Blind Lemon Jefferson est très présente sur son jeu de guitare qui alterne les basses appuyées et les arpèges. Mais Hopkins modernise ce style, le rend plus fluide, encore plus délié, ce qui lui permet d’être un des tout premiers bluesmen à véritablement utiliser les ressources de la guitare électrique: puissance mais aussi écho, vibratos, saturation comme sur ses boogies toujours chaotiques et furieux.

Paul HOWARD : (1913-84) a été à la tête d’un des meilleurs orchestres de Western Swing de l’après-guerre. On remarquera dans l’instrumental Cotton Pickers’ special la présence d’un tout jeune Hank Garland, certainement un des plus brillants guitaristes américains, toutes catégories confondues.

Albinia JONES : (1914-1989) est une de ces nombreuses chanteuses noires des années 30 et 40 qui ont tenté leur chance dans le Swing, les ballades, le blues et le Rhythm & Blues. Encore une fois, à part le fait que le titre date de 1948, il ne manque pas grand-chose à son Hole in the wall tonight pour être catalogué en Rock’n’Roll!

Pee Wee KING : L’accordéoniste, harmoniciste, violoniste, chanteur et chef d’orchestre Julius Frank Kuczynski alias Pee Wee King (1914) a été un des premiers à transplanter le Western Swing dans les Appalaches. Il a formé ses Golden West Cowboys qui comprennent durant les années 35-65 certains des meilleurs musiciens et chanteurs de Country Music (Eddy Arnold, Gene et Redd Stewart). Son oeuvre très copieuse abonde en boogies, stomps et rocks comme ce Bull fiddle boogie.

Jimmy LIGGINS : Ce guitariste et chanteur, parfois harmoniciste (1924-1984), a aussi connu un certain succès dans la foulée de son frère Joe, un des pionniers du Rhythm & Blues, avec des pièces comme The Washboard Special ou Saturday night boogie woogie. C’est cependant son travail d’arrangeur et de musicien de studio qui lui a assuré sa réputation. Ses disques sont souvent très réussis avec une touche terrienne très plaisante comme le prouve ce Mississippi boogie.

Lonnie LYONS : Un des ces nombreux pianistes texans qui a enregistré une poignée de titres après la guerre pour des labels indépendants locaux.

Jimmy Mc CRACKLIN : Jimmy (né en 1921 à Saint Louis) est un des grands noms du blues de Oakland - San Francisco qui a gravé quelques classiques du blues et du Rock’n’Roll comme The walk. La première carrière de Jimmy (jusqu’en 1957) est caractéristique du son californien: voix légèrement voilée, superbes entrelacs de piano et guitare, celle-ci ici jouée par Robert Kelton.

Cecil «Big Jay» Mc NEELY : (1928) est un des saxophonistes «hurleurs» les plus connus du Rhythm & Blues californien. Il a réalisé ses premiers enregistrements en 1948 sous la houlette du célèbre producteur Ralph Bass dont le California Hop que nous proposons ici.

MEMPHIS SLIM : (1915-1988). Memphis Slim, un pianiste aussi puissant que subtil, autant à l’aise dans les boogies woogies que les blues lents, un chanteur un peu déclamatoire et af­fecté, a gagné Chicago en 1939. C’est Big Bill Broonzy qui l’introduit dans la scène musicale de la ville et lui permet d’enregistrer en accompagnateur puis sous son nom en 1940. Memphis Slim connaît une brève heure de gloire américaine à partir de 1946. Séduit par la France (et épousant une française), Memphis Slim se fixe à Paris et devient «le» bluesman de notre pays durant les 60’s et les 70’s.

Roy MILTON : (1907-1983) Le «Grand-père du Rhythm & Blues», Roy Milton a connu une énorme popularité parmi les Noirs entre 1945 et 1953 avec des «tubes» comme R.M. Blues, Milton’s boogie, Rainy day, Confession blues, Them there eyes, The numbers’ blues. Il est assurément un des fondateurs du Rhythm & Blues californien et son influence sur l’émergence du Rock’n’Roll est évidente à l’écoute de titres comme ce Hop, Skip & Jump.

MUDDY WATERS : (1915-1983): Est-ce utile de présenter le «Hoochie Coochie man», le «Père du Chicago blues»? Après des débuts discographiques non commerciaux en 1941-42 pour Alan Lomax dans son Mississippi natal, Muddy émigre à Chicago en 1943. Malgré l’aide de Big Bill Broonzy, ses débuts musicaux sont difficiles dans la grande ville et il doit vivre de divers boulots dans l’industrie. Bien qu’il soit reconnu comme une des grandes influences du Rock anglais, Muddy n’a que peu enregistré de boogies et son influence a été très faible sur le Rock’n’Roll proprement dit. Muddy Jumps one, une de ses pièces les plus proches du genre, date de 1948, alors que Muddy commence à s’imposer comme un des leaders du nouveau Chicago blues.

King PORTER : (1916-83). Ce trompettiste et chef d’orchestre originaire de l’Alabama a enregistré une poignée de titres fort musclés à la fin des années 40 (son orchestre comprenait Paul Williams!).

Curley RASH : Les renseignements n’abondent pas sur Curley Rash qui a dirigé ses South Texas Playboys quelques années dans la région de Houston. Humble road boogie , sans doute chanté par Bill Guyton, présente toutes les caractéristiques du country boogie, proto-Rockabilly avec même un solo de slap-bass.

Tommy SARGENT : Le steel-guitariste Tommy Sargent est présent dans de nombreuses séances californiennes de country music, avec Merle Travis et Jack Rivers notamment ou en compagnie de ses Range Boys. Son furieux Steel guitar boogie le si­gnale à l’attention des amateurs mais sa vie demeure jusqu’à présent très mal connue.

Hal SINGER : Ce saxophoniste originaire de Tulsa (Oklahoma) est un vétéran des big-bands des années 30 et 40 qui a connu quelques succès avec des instrumentaux musclés comme ce Beef stew, un ragoût au fort fumet de Rock’n’Roll. Il a vécu en France à partir de 1965, enregistrant substantiellement.

Willie «Long Time» SMITH : Ce pianiste, hautement rythmique, a exercé ses talents à Chicago, enregistrant une poignée de titres entre 1947 et 1954, se faisant parfois étrangement passer pour une réincarnation de Doctor Clayton!

Johnny TYLER : Un vétéran des orchestres de Western Swing puis de Honky Tonk, le chanteur et guitariste Johnny Tyler a enregistré à Hollywood à partir du milieu des années 40 une oeuvre de très haut niveau, pleine de boogies annonçant souvent le Rockabilly comme Two can play your game que nous présentons ici. Il est aussi le chanteur de l’orchestre de Luke Wills. Dans les années 50, il est présent sur la scène d’Atlanta mais on perd ensuite sa trace.

T-Texas TYLER : «L’homme aux millions d’amis», T-Texas Tyler (1916-1972), a connu un grand succès dans les années 40 avec son brin de Honky Tonk. Il était capable de chanter une ballade sentimentale, un blues puis un country boogie endiablé. Guitar boogie woogie est un instrumental qui permet d’apprécier les talents du guitariste Jimmy Pruett et du steel-guitariste Joaquin Murphy, des piliers de la country music californienne des années 40. Après une décennie de succès, Tyler a eu du mal à survivre à la vague du Rockabilly et s’est alors spécialisé dans le Country Gospel.

Jimmy WAKELY : Le chanteur et multi-instrumentiste Jimmy Wakely (1914-82) a été la ve­dette de nombreux westerns chantants à partir de 1939 (Saga of Death Valley, Song of the Range, Song of the Sierras). Mais cette copieuse carrière cinématographique ne doit pas masquer une excellente oeuvre discographique aux compo­sitions avisées et généralement ornées de la guitare swinguante de Jack Rivers comme sur l’excellent Mine all mine.

Curley WILLIAMS : (1913-70) a été un des premiers à introduire le Western Swing au Grand Ole Opry de Nashville avec ses Georgia Peach Pickers, un des orchestres les plus débridés de la fin des 40’s. La réputation de Curley Williams a été suffisante pour qu’il se produise fréquemment dans les grandes salles de danse de Californie, enregistrant substantiellement et jouant même dans quelques westerns.

Hank WILLIAMS : Le «Drifting cowboy» Hank Williams (1923-1953) est un des principaux concepteurs de la Country Music d’après-guerre, mêlant le vieux fond appalachien au Honky Tonk et annonçant les évolutions futures. Dans sa très courte vie, il a composé et enregistré nombre de chefs d’oeuvre toujours interprétés aujourd’hui par quantité de musiciens. Superstar sans le savoir, « born to lose «, mort de froid et d’une overdose de barbituriques et d’alcool à l’arrière d’une camionnette le soir du Nouvel An 1953, Hank Williams demeure par son oeuvre et son influence un des Géants de la musique populaire contemporaine. Nombre de ses titres annoncent le Rock’n’Roll. Après le classique Move it on over (cf Rock’n’Roll 1947, FA 353), nous proposons ici The blues come around, sorti en 1948.

Paul WILLIAMS : est un saxophoniste au son râpeux célèbre pour son succès The Hucklebuck. Mais il a enregistré une vaste oeuvre, souvent de premier plan, entre Rhythm & Blues, jazz, pop...S’il avait été enregistré quelques années plus tard, The twister - que nous proposons ici - aurait sans nulle doute figuré parmi les instrumentaux du Rock’n’Roll.

Tex WILLIAMS : Le chanteur-guitariste Sollie Paul «Tex» Williams (1917-1985) a d’abord été le vocaliste de l’orchestre de Spade Cooley avant d’entreprendre une carrière sous son nom en 1946 en compagnie du Western Caravan, un des groupes-leader du Western Swing d’après-guerre comprenant notamment un des meilleurs guitaristes de la Côte Ouest, le superbe Johnny Weis. Après l’énorme succès de Smoke! Smoke! Smoke! (cf Rock’n’Roll 1947 FA 353), Tex Williams a connu quelques années de gloire. Son oeuvre copieuse comprend de très nombreux country boogies qui annoncent le Rockabilly. Comme beaucoup de vedettes du Western Swing des années 40, avec leurs habits de cow-boys d’opérette et leurs manières quelque peu désuètes, Tex n’a pas pu ou su émarger à ce nouveau courant qu’il avait pourtant contribué à créer.
Gérard HERZHAFT
Auteur de «Le Blues» (PUF, Que Sais-je?) et «La Country Music» (PUF, Que Sais-je?)

english notes
ROOTS OF ROCK ‘N’ ROLL Vol. 4: 1948
Although Rock ‘n’ Roll appeared to spring up out of nowhere, as if suddenly invented by Elvis Presley and Bill Haley around 1954-55, the music itself had been around under other names since the late 30s (cf. Rock ‘n’ Roll vols. 1, 2 & 3 – FA 351, 352 & 353), gradually evolving from the permanent interchange between different Southern styles. The Rock ‘n’ Roll vogue of the 50s was a result of increased media coverage, particularly via the cinema (Rock Around The Clock), TV (Ed Sullivan Show) and records. This resurgence of interest in traditional music from the South rapidly spread to Europe and, indeed, the whole world, leading eventually, via British groups, to the “blues revival” of the early 60s. The present series – Roots of Rock ‘n’ Roll – follows this evolution year by year.

ROCK PIONEERS IN 1948
Elvis Presley was thirteen in 1948 when his father took the family from Tupelo to Memphis, in search of a better job. Elvis had been playing guitar since the age of two and had been greatly influenced by local bluesmen. Now, the move to Memphis gave him the chance to hear numerous country music stars, both on the radio and in concert – Red Foley, Roy Acuff, Ernest Tubb – and even Sister Rosetta Tharpe, John Lee Hooker and B.B. King – all of whom were to leave a mark on his own music.Bill Haley, born William John Clifton Haley in Michigan in 1925, followed a somewhat different route. The first music he heard was on radio programmes featuring popular Latin-American and music-hall singers. But, after the family moved to Pennsylvania in the late 30s, he was exposed to broadcasts of country music, so popular with the newly-arrived flood of Southern immigrants. He went to concerts, discovering all the ritual that went to make up a “country” show. He immediately became hooked by this style, especially that of Western Swing from Texas (cf. Western Swing, FA 032). His vocation was clear to him and, in spite of family opposition, he embarked on a career as a “Western” singer. By 1945 he was sufficiently experienced to be hired by a local band, that of Cousin Lee. The following year he joined the Downhomers and then went on to appear with various other musicians, including his idol Red Foley. These early years, though tough, taught Haley a lot, in particular that Northern audiences preferred up-tempo rhythms to the more usual slow, sentimental, country ballads. But he was still barely making a living from music so, in 1947-48, he moved to Chester where he got a job with WPWA radio. As well as acting as odd-job man around the studio, he formed the Four Aces of Western Swing with whom he presented a regular broadcast. Their name said it all – the music they played reflecting the tastes of their leader, a Northerner who had been bitten by the bug of Southern music.Meanwhile, at the other side of the States, a certain Antoine Domino, henceforth known as “Fats” because of his size, had just turned 20 in 1948. Fats was born in the New Orleans black quarter. His brother-in-law Harrrison Verret, a professional guitarist and banjoist, who played with Papa Celestin, Kid Ory etc. took him around all the clubs in town. By the time Fats reached his teens he was already a pro himself. In 1948, Billy Diamond who was appearing at the Hideaway Club, hired him as his pianist. Fats probably had no idea at the time that, just a few years later, he would be hailed as one of the “pioneers of Rock ‘n’ Roll”, a genre that he and his peers had already been playing under the name of “Rhythm & Blues”.

1948: AMERICAN FEARS OF WAR
In 1948 the Americans were primarily concerned with maintaining peace. The honeymoon with Russia was over. Stalin made no secret of his intentions to extend the Soviet Empire to Europe and Asia. The USA began to evolve a strategy to put a halt to these ambitions culminating, in June 1948, in the Vandenberg Resolution that proposed a huge anti-Soviet military coalition with its allies. Stalin had already set up the Berlin blockade in March 1948 leading to the organisation of an air-lift by the US and Great Britain to relieve the beleaguered city. In such a situation a mere spark would have sufficed to fan the flames of a war that was beginning to appear inevitable.So, while America continued its frantic pursuit of enjoyment after the tough years of 1941-45, it was also in the grip of fear.

FEAR BECOMES PARANOIA
Harry Truman, behind whose modest demeanour lay a sincere and gifted statesman, became acting President on Roosevelt’s death and was elected President in 1948 with a large majority. However, although Congress also had a Democratic majority many of these were conservative Southerners. In spite of Truman’s attempts to restrain them, Congress voted increased powers to the Non-American Activities Commission. Backed by the FBI, the Commission resorted to intimidation, blackmail, investigation of private lives… The Soviet Union was regarded as “public enemy N° 1” and, while the American Communist party was not exactly banned, so-called “pro-Communists” were called on to testify and denounce their “anti-American” connections, in return for a certificate of loyalty. The artistic milieu was severely affected by this anti-Communist paranoia – many musicians and actors becoming innocent victims. The Country Music star Merle Travis, who composed Sixteen Tons, saw his records disappear from numerous Country radio stations – and yet he himself was never officially informed that the FBI had accused him of spreading pro-Communist propaganda!1948 was only the start of what was to become a veritable Communist witch-hunt under McCarthy.

COLD WAR, INCREASINGLY “HOT” MUSIC
Yet all this had little effect on Americans’ determination to have a ball, spend money and make the most of this new era of prosperity. While Southern migrants continued to head North, more and more were making for California. The introduction of transistor radios meant that music could be listened to anywhere – at home, in the car, on the beach. Record sales were booming and numerous independent labels sprang up.The musician’s unions were alarmed by this competition to live music so, as in 1942, they called for an indefinite boycott on all studio recordings which led most labels to hold mammoth sessions in December 1947, recording tiles that would appear throughout 1948 as if they had just been made! But things had changed since 1942. There were small studios all over the States that escaped the vigilant eye of the unions. Which is why this anthology includes titles recorded at the end of 1947 broadcast throughout 1948, but also sides from Texas or Detroit where the boycott, that ended in November 1948, had little effect.Throughout 1948 the Cold war did not appear to dampen the ardour of American dancers, whether white or black. They were bopping and swinging their partners around, throwing them above their heads, between their legs – perhaps not yet really rocking, but one little roll would be enough to transform what was already a frenzy into a tornado. Rock ‘n’ Roll was already there, lurking behind Honky Tonk doors, juke boxes, bars, chic New England cabarets and even at Boston coming-out balls.

The Artists
Blue Lu BARKER (1913-1998): A New Orleans singer and dancer who recorded extensively in New York from 1938 to 1949, her work including swing, ballads, blues and a hint of Rhythm & Blues as on Here’s A Little Girl, with guitarist Danny Barker and pianist Gerald Wiggins.
BUCHANAN BROS.: Chester and Lester from Georgia had some success in the 40s combining Appalachian duos with Honky Tonk and Gospel (their famous Atomic Power can be heard on Country Gospel FA 055). The Country Music piece High Tempered Mama is a forerunner of Rockabilly.
Eddie BURNS: Born in 1928, Burns is best known for having frequently accompanied John Lee Hooker. Yet he is an excellent singer, guitarist and harmonica player. His Papa’s Boogie was one of the very first titles recorded in Detroit after the war.
Harry CHOATES (1922-51): his version of Jole Blonde in 1946 was the first Cajun country title to be classed as Country Music, opening the way to numerous other Louisianan artists. He was also a formidable fiddler in the Western Swing style, an entertaining vocalist and leader of one of the best post-war string bands. This Louisiana Boogie is particularly representative.
Spade COOLEY: Donnell Clyde Cooley (1910-69) was born on a Cherokee reserve in Oklahoma. He studied classical violin and violoncello but, in 1934 in Hollywood, it was as a fiddler that he played bit parts in several Western musicals, later being hired as a Roy Rogers “double”. After forming his own Western Swing band in 1944 he had several hits (Shame On You, Detour), ousting Bob Wills as the “King” of new Western Swing. This Big Chief Boogie is a perfect example of his brilliant and spirited playing.
Pee Wee CRAYTON (1914-1985): During the war, Pee Wee left his native Texas to work in the shipyards of California, where he learnt to play guitar, basing his style very closely on that of T-Bone Walker. His popular appearances in local clubs brought him to the notice of the Bihari brothers who invited him to cut a series of memorable titles, including this Bounce Pee Wee. Although barely remembered today, Crayton was among the great post-war Californian blues creators.
DELMORE BROTHERS: Alton (1908-64) and Rabon (1916-52) from Alabama began their prolific musical career in the 30s, adopting an Appalachian duo style, extremely bluesy, notable for the subtle harmonisation of a standard guitar and one with four chords. From 1945, they changed to a boisterous Country boogie style, foreshadowing Rockabilly which they helped to create. We include here Peach Street Boogie from 1948 that features some superb playing (a blend of jazz, blues and country) by guitarist Roy Lanham.
K.C. DOUGLAS (1913-75): One of the rare Mississippi bluesmen to emigrate to California during the war and maintain the Delta style. In 1948, he teamed up with harp player Sidney Maiden to record Mercury Boogie for Bob Geddins – a small classic later taken up by Steve Miller and Alan Jackson and going to the top of the Hit Parade.
T.J. FOWLER (1910-?): One of the principal Rhythm & Blues band leaders in Detroit, a town unaffected by the musicians’ union boycott in 1948. Red Hot Blues is typical of what black audiences were dancing to at the time, in the night clubs along Hastings Street – it could just as easily been entitled Red Hot Rock!.
Art GUNN: Guitarist and singer from Florida who recorded several boogies with his Arizona Playboys, based on those of the Delmore Brothers and Wayne Raney. In the 50s Gunn recorded several Rockabilly classics for small labels such as Wrangler and Arga.
Wynonie HARRIS (1915-69): One of the best blues shouters of the 40s. After singing with swing big bands, he formed his own Rhythm & Blues orchestra. He had a several hits in the 40s including Good Rocking Tonight (cf. Rock ‘n’ Roll 1947, FA 353) but, like most Rhythm & Blues creators, was unable to adapt to the Rock ‘n’ Roll movement of the 50s.
Hawkshaw HAWKINS (1921-63) is probably best-remembered for having died in the same plane crash that killed Patsy Cline and Cowboy Copas in March 1963, but he also left us numerous recordings of country boogies with strong Rockabilly overtones. He had a huge hit with this Doghouse Boogie in 1948.
John Lee HOOKER: Little remains to be said about this legendary bluesman, born in 1917, other than that his recording career took off with this classic Boogie Chillen in 1948. An instant hit, it enabled him to devote himself to music and embark on one of the most brilliant careers in the history of the blues.
Lightnin’ HOPKINS (1912-82): A great Texas blues innovator,  an excellent composer and outstanding bluesman. He went on the road in the 30s, meeting many Texan bluesmen including pianist Thunder Smith with whom he teamed up as “Lighting and Thunder”. While his guitar playing reveals strong echoes of Blind Lemon Jefferson, his style is more modern, fluid and relaxed which made him one of the very first bluesmen to make full use of the electric guitar.
Paul HOWARD (1913-84): Fronted one of the best post-war Western Swing orchestras. On Cotton Pickers, note the presence of a very young Hank Garland, one of the most brilliant American guitarists of all time.
Albinia JONES (1914-1989): One of the numerous black vocalists in the 30s and 40s who chanced their arm with Swing, ballads, blues and Rhythm & Blues. This Hole In The Wall Tonight could almost figure in a catalogue of Rock & Roll titles – except that it was recorded in 1948!
Pee Wee KING (1914): Accordionist, harmonica player, violinist, singer and bandleader, Pee Wee King was one of the first to transplant Western Swing into Appalachian. During the years 35-65, his Golden West Cowboys included some of the best Country Music musicians and vocalists (Eddy Arnold, Gene and Redd Stewart) His extensive recordings include numerous boogies, stomps and rocks, such as this Bull Fiddle Boogie.
Jimmy LIGGINS (1924-84): Guitarist and singer, he had some success alongside his brother Joe, a pioneer of Rhythm & Blues, with titles like The Washboard Special or Saturday Night Boogie. However, he is best known as an arranger and studio musician. His records, often very successful, had a pleasing, earthy tone, as this version of Mississippi Boogie shows.
Lonnie LYONS: One of numerous Texan pianists who recorded a handful of titles for local independent labels after the war.
Jimmy McCRACKLIN: Born in St. Louis in 1921 Jimmy, one of the great Oakland-San Francisco blues names, recorded several classic blues and some Rock ‘n’ Roll titles like The Walk. His early career was characterised by the Californian sound: a slightly husky voice backed by intricate interplay between piano and guitar, played here by Robert Kelton.
Cecil “Big Jay” McNEELY: (b. 1928), one of the best-known saxophone “shouters” of Californian Rhythm & Blues. Producer Ralph Bass organised his first recordings in 1948, among them this California Hop.
MEMPHIS SLIM (1915-1988): This powerful yet subtle pianist, albeit with a somewhat declamatory and affected vocal style, was equally at home with boogie woogies or slow blues. He arrived in Chicago in 1939 where Big Bill Broonzy introduced him on to the musical and recording scene. He enjoyed a brief hour of glory in the States from 1946, before moving to Paris where he settled and made a successful career for himself in the 60s and 70s.
Roy MILTON (1907-83):The “Grandfather of Rhythm & Blues” was hugely popular with black audiences from 1945 to 1953, his hits including R.M. Blues, Rainy Day, Confession Blues, Them There Eyes, The Numbers’ Blues. He was one of the founders of Californian Rhythm & Blues and his influence on Rock ‘n’ Roll is evident on this Hop, Skip & Jump.
MUDDY WATERS (1915-1983): the “Hoochie Coochie Man”, the “Father of Chicago Blues needs no introduction. After the field recordings made by Alan Lomax in 1941-42, he left his native Mississippi for Chicago in 1943. In spite of support from Big Bill Broonzy he at first found it difficult to make a living from music. Although acknowledged as a great influence on English Rock, he recorded few boogies and had little influence on Rock proper. Muddy Jumps One, one of his titles closest to Rock, dates from 1948 at the time he was beginning to make his presence felt as one of the leaders of the new Chicago blues.
King PORTER (1916-83): A trumpeter and bandleader (his sidemen included Paul Williams) from Alabama who recorded a handful of swinging titles in the late 40s.
Curley RASH: Little is known about Rash who led the South Texas Playboys for some years in and around Houston. Humble Road Boogie, probably sung by Bill Guyton, is a typical country boogie – it even has a slap-bass solo.
Tommy SARGENT: A steel-guitarist who took part in numerous Californian Country Music sessions with Merle Travis and Jack Rivers or accompanied by his Range Boys. His fiery Steel Guitar Boogie will be of interest to fans but we have very few details about his personal life.
Hal SINGER: This saxophonist born in Tulsa (Oklahoma) is a big band veteran from the 30s and 40s. He had several hits with instrumentals such as this Big Stew, with its strong Rock ‘n’ Roll flavour. He has lived in France since 1965, continuing to record extensively.
Willie “Long Time” SMITH: A pianist who worked in Chicago and recorded several titles between 1947 and 1954, frequently passing himself off as a reincarnation of Doctor Clayton!
Johnny TYLER: Veteran singer and guitarist  with Western Swing and Honky Tonk bands whose recordings in Hollywood in the mid-40s were forerunners of Rockabilly, like this Two Can Play Your Game. He was also vocalist with the Luke Wills orchestra. In the 50s was he still around in Atlanta but then he disappeared from view.
T-Texas TYLER (1916-72):“The man with a million friends”’ was very popular in the 40s, his songs  ranging from sentimental ballads to blues, to Country boogie. Guitar Boogie Woogie reveals the talents of guitarist Jimmy Pruett and steel-guitarist Joaquin Murphy. After a decade of successful hits, Tyler found it hard to adapt to the new Rockabilly and went on to specialise in Country Gospel (cf. Country Gospel FA 055).
Jimmy WAKELY (1914-82): After 1939, singer and multi-instrumentalist Wakely starred in numerous singing Westerns (Saga of Death valley, Song Of The Range, Song Of The Sierras) but he also cut some excellent sides, usually accompanied by the swinging guitar of Jack Rivers, as on this excellent Mine All Mine.
Curley WILLIAMS (1913-70) was one of the first to introduce Western Swing to the Grand Ole Oprey in Nashville with his Georgia Peach Pickers. He appeared regularly in all the big Californian dance halls, recording extensively and even appearing in several Westerns.
Hank WILLIAMS (1923-53): The “Drifting Cowboy” was one of the main innovators of post-war Country Music, composing and recording numerous masterpieces during his short life. His work and influence made him one of the Giants of popular contemporary music. Following the classic Move It On over (cf. Rock ‘n’ Roll 1947, FA 353) we now offer you The Blues Come Around, issued in 1948.
Paul WILLIAMS: A saxophonist who is remembered for his hit The Hucklebuck but he also recorded many other excellent titles, a blend of Rhythm & Blues, jazz and pop. Had this version of The Twister been recorded just a few years later, it would certainly have made the Rock ‘n’ Roll charts.
Tex WILLIAMS (1917-85): After a stint singing with the Spade Cooley band, singer / guitarist Williams started out under his own name in 1946 with Western Caravan, a leading group in post-war Western Swing, including the superb guitarist Johnny Weis. After the huge success of Smoke, Smoke, Smoke (cf. Rock ‘n’ Roll 1947, FA 353), he enjoyed a few years at the top. His work includes numerous Rockabilly-flavoured country boogies but, like many Western Swing “cowboy” stars of the 40s, he was left behind by this new style that he had, in fact, helped to create.
Adapted by Joyce Waterhouse from the French text of Gérard HERZHAFT
© FREMEAUX & ASSOCIES S.A., 1999

CD1
01. WYNONIE HARRIS: I want my Fanny Brown  K-5649-1 (Harris)          3’04
02. HARRY CHOATES: Louisiana boogie  Q-1380-A (Choates)           2’44
03. ROY MILTON: Hop, skip and jump  7-Sp-314 (Milton)        2’34
04. PEE WEE KING: Bull fiddle boogie  D7-VB-2310 (King/Stewart)   2’35
05. JOHNNY TYLER: Two can play your game  D7-VB-2137 (Irby)           2’32
06. MUDDY WATERS: Muddy Jumps one  7153 (Morganfield/Foster) 2’27
07. K.C. DOUGLAS: Mercury boogie  DT-2004 (Douglas)        2’26
08. HAWKSHAW HAWKINS: Dog house boogie  K-7725 (Hawkins)          2’39
09. PAUL WILLIAMS: The Twister  D-836/D-837 (Williams)        4’49
10. WILLIE «LONG TIME» SMITH: Dirty deal boogie  CCO-4964 (Smith/Lacey)   2’34
11. T-TEXAS TYLER: Guitar boogie woogie  4-Stars (Tyler)       3’07
12. JIMMY Mc CRACKLIN: I can’t understand  T-1307-1 (Mc Cracklin)     3’01
13. SPADE COOLEY: Big Chief boogie  D7-VB-1869 (Egner) 2’46
14. CURLEY WILLIAMS: Georgia boogie  HCO 2915-1N (Williams/Pope)  2’55
15. JIMMY LIGGINS: Mississippi boogie  JL-5 (Liggins)   2’42
16. T.J. FOWLER: Red Hot blues  B-7063 (Fowler)         2’33
17. PEE WEE CRAYTON: Bounce Pee Wee  MM-866 (Crayton)    2’49
18. HAL SINGER: Beef stew  D-Sav. (Singer) 2’290

(1)
Wynonie Harris, vcl; Cat Anderson, tpt; Frank Culley, alt-sax; Hal Singer, t-sax; Elmer Alexander, b-sax; Albert Wallace, pno; Jimmy Butts, bs; Connie Key, dms. Linden, NJ. 19 décembre 19480
(2) Harry Choates, vcl/fdl; unknown, acc; Papa Cairo, st-g; Johnnie Mae Smirle, pno; B.D. Williams, bs. Houston, Tx. 19480
(3) Roy Milton, vcl/dms; Camille Howard, pno; Jackie Kelso, alt-sax; Ben Waters, t-sax; Arthur Walker, tpt; Johnny Rogers, g; Dallas Bartley, bs. Hollywood, Ca. 13 juillet 19480
(4) Pee Wee King, acc/leader; Redd Stewart, vcl; Gene Stewart, bs; band. Chicago, Ill. 19480
(5) Johnny Tyler, vcl/g; Billy Hughes, fdl; Richard Hamilton, st-g; Richard Cole, g; James Pruett, pno; Alan Barker, bs; Johnnie Edwards, dms. Hollywood, Ca. 2 décembre 19470
(6) Muddy Waters, vcl/g; Baby Face Leroy Foster, g; Big Crawford, bs. Chicago, Ill. 30 novembre 19480
(7) K.C. Douglas, vcl/g; Sidney Maiden, hac; Otis Cherry, dms. Oakland, Ca. 19480
(8) Hawkshaw Hawkins, vcl/g; Jiggs Lemley, st-g; Billy Grammer, g; band. Cincinnati, Oh. 19480
(9) Paul Williams, bar-sax; King Porter, tpt; Wild Bill Moore, t-sax; Floyd Taylor, pno; Herman Hopkins, bs; Reetham Mallett, dms. Detroit, Mi. 2 mars 1948.
(10) Willie «Long Time» Smith, vcl/pno; Willie Lacey, g; John Gardner, alt-sax; Ransom Knowling, bs; Judge Riley, dms. Chicago, 27 décembre 1947
(11) T-Texas Tyler, vcl/g; Jimmy Pruett, g; Joaquin Murphey, st-g; Vic Davis, pno; others unknown.  Hollywood, Ca vers janvier 1948.
(12) Jimmy Mc Cracklin, vcl/pno; Robert Kelton, g; bs; dms. Oakland, Ca.. fin 1948
(13) Spade Cooley, fdl/leader; Red Egner, vcl; John Haynes, pno; Milton De Lugg, acc; Jimmy O., fdl; William Hill, fdl; Carl Hunt, fdl; Mort Herbert, fdl; Noel Boggs, st-g; Stan Pulls, bs; Chester Ricord, dms. Hollywood, Ca.. 10 décembre 1947
(14) Curley «Doc» Williams, vcl/fdl; band unknown. Hollywood, Ca. 9 décembre 1947
(15) Jimmy Liggins, vcl/g; Clarence «Bo» Cyphers, pno; Bobby Summers, tpt; Toussaint Alen, alt-sax; Maxwell Davis, t-sax; Red Conner, t-sax; Willie Johnson, t-sax; Thomas Blake, bs; dms. Hollywood, Ca; 17 novembre 1948
(16) T.J. Fowler, pno/leader; Hank Ivory, vcl/bs; John Lawton, tpt; Leon Gross, alt-sax; Walter Cox, t-sax; Clarence Stamps, dms. Detroit, MI. ca. octobre 1948
(17) Pee Wee Crayton, g; David Lee Johnson, pno; Bill Davis, pno; Candy Johnson, dms. Los Angeles, Ca. 1948
(18) Hal Singer, t-sax; Willie Moore, tpt; Chips Outcalt, tb; George Rhoades, pno; Walter Page, bs; Bobby Donaldson, dms. New York City, 10 décembre 1948.

CD 2
01. JOHN LEE HOOKER: Boogie chillen  B 7006 (Hooker)        3’07
02. HANK WILLIAMS: The Blues come around  MGM 10212 (Williams)       2’40
03. MEMPHIS SLIM: Midnight Jump  UB 22322 (Chatman)     2’45
04. KING PORTER: Chittlin’ Ball  IM 72 (Porter/ Redd)     2’27
05. DELMORE BROTHERS: Peach street boogie  K-2660 (Delmore/Delmore)    2’41
06. BIG JAY Mc NEELY: California hop D-Sav. (Mc Neely)          2’33
07. ALBINIA JONES: Hole in the wall tonight  W-74757-A (Jones)       2’39
08. LIGHTNIN’ HOPKINS: Lightnin’ Boogie  HTN 506-1 (Hopkins)     2’19
09. CURLEY RASH: Humble Road boogie  MC 145 (Rash/Guyton)    2’19
10. ART GUNN: Boogie woogie blues  ACA 1213 (Gunn)      2’22
11. EDDIE BURNS: Papa’s boogie  5353-B (Burns)    2’43
12. PAUL HOWARD: Cotton Pickers’ special  (Garland/Howard)      2’58
13. JIMMY WAKELY: Mine all mine? (Lee White)         2’57
14. BUCHANAN BROTHERS: High Tempered mama  20-2743 (Buchanan)          2’25
15. BLUE LU BARKER: Here’s a little girl  3529 (Barker)       3’17
16. LONNIE LYONS: Down in the Groovy  SMK 1163 (Lyons)          2’56
17. TOMMY SARGENT: Steel guitar boogie  1328 (Sargent)      3’01
18. TEX WILLIAMS: Drop dead!  CTR 182-A (King/Stewart)        2’080

(1) John Lee Hooker, vcl/g. Detroit, MI. 3 novembre 19480
(2) Hank Williams, vcl/g; Sammy Pruett, g; Don Helms, steel-g; fiddle; bs. Cincinnati, OH. prob. fin 19470
(3) Memphis Slim, pno; Alex Atkins, alt-sax; Ernest Cotton, t-sax; Ernest Jenkins, bs. Chicago, Ill. vers novembre 19480
(4) King Porter, tpt/leader; Gene Phillips, vcl/g; Fletcher Smith, pno; Bumps Myers, t-sax; Gene Porter, b-sax; Marshall Royal, alt-sax; Art Edwards, bs; Bill Street, dms. Los Angeles, Ca. 30 décembre 19470
(5) Alton Delmore, vcl/g; Rabon Delmore, vcl/g; Roy Lanham, el-g; Ralph Gunter, bs. Cincinnati, OH. vers janvier 19480
(6) Big Jay Mc Neely, t-sax; Bob Mc Neely, b-sax; others unknown. Los Angeles, Ca. 15 décembre 19480
(7) Albinia Jones, vcl; Sam Price, pno; band. New York City, décembre 19480
(8) Lightnin’ Hopkins, vcl/g. Houston, Tx. 25 février 19480
(9) Curley Rash, pno/leader; Bill Guyton, vcl; band. Houston, Tx. 1948
(10) Art Gunn, vcl/g; hac; The Arizona Playboys, band. Houston, Tx. 1948
(11) Eddie Burns, vcl/hca; John T.Smith, g; percussions. Detroit, Mi. 1948
(12) Paul Howard, vcl/leader; Hank Garland, g; Eddie Shaw, g; Jabbo Arrington, g; Charlie Linville, fdl; Margie Linville, fdl; Jack Lane, fdl; Harold Horner, pno; Billy Bowman, st-g; Wayne Watson, bs; Eddie May, dms. Chicago, Ill. c.20 novembre 1947
(13) Jimmy Wakely, vcl/g; Jack Rivers, g; Pete Martinez, st-g; Johny Bond, g; band. Los Angeles, Ca. novembre 1948
(14) Chester Buchanan, vcl/mdln; Lester Buchanan, vcl/g; Vaughn Horton, st-g; fdl; g; bs. New York, vers fin 1948
(15) Blue Lu Barker, vcl; Danny Barker, g; Gerald Wiggins, pno; others unknown. Los Angeles, Ca. vers octobre 1948
(16) Lonnie Lyons, vcl/pno; Nelson Mills, tpt; Conrad Johnson, alt-sax; Sam Williams, t-sax; Goree Carter, g; Louis Pitts, bs; Allison Tucker, dms. Houston, Tx. vers décembre 1948
(17) Tommy Sargent, st-g; Range Boys, band. Hollywood, Ca; fin 1948
(18) Tex Williams, vcl/g; Johnnie Weis, g; Smokey Rogers, g; Don Linden, tpt; Cactus Soldi, fdl; Rex Call, fdl; Harry Sims, fdl; Eddie Mitchell, st-g; Ossie Godson, pno; Pedro De Paul, acc; Muddy Berry, dms. Hollywood, Ca. vers décembre 1948.


CD Rock n`Roll 1948 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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