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T-BONE WALKER
THE BLUES

FATHER OF THE MODERN BLUES GUITAR
1929 - 1950






T-Bone Walker est un des créateurs du blues californien, entre jazz swing et blues texan. Son succès a été énorme auprès du public noir d’après-guerre, marquant de façon déterminante l’évolution du blues. Il a été aussi un des grands pionniers de la guitare électrique, poussant à la perfection un jeu note par note limpide et fluide qui a tant influencé les guitaristes de blues ou de rock, de B.B. King et Clarence «Gatemouth» Brown à Buddy Guy, Eric Clapton ou Stevie Ray Vaughan.Ce coffret retrace la première partie de la carrière de T-Bone Walker, depuis les rues de Dallas où il guidait Blind Lemon Jefferson jusqu’à son triomphe national, de Los Angeles à Chicago et New York.

LES INFLUENCES TEXANES
Aaron Thibeault (ou Thibaut?) Walker naît à Linden, une petite ville du Texas central le 28 mai 1910. Son père Rance Walker, un manœuvre agricole itinérant qui travaille sur les plantations de coton, a épousé Movelia Jamison à l’âge de 15 ans malgré l’hostilité de ses parents qui ne voient pas d’un bon œil une sorte de «vagabond» entrer dans leur famille. Le grand-père maternel de Aaron est en effet Edward Jamison, un contremaître forestier employé chez les frères Grogan - l’entreprise qui a déboisé le nord du Texas à la fin du XIX é siècle. En outre, la famille Jamison est très religieuse et vit dans la stricte observance de la Bible. Sa femme Martha est enfin la descendante d’une longue lignée de nobles de la nation Cherokee. Le couple a eu quatorze enfants.Les inquiétudes des parents de Movelia apparaissent très vite fondées. Le mariage bat de l’aile peu après la naissance de Aaron Thibeault. Movelia tente de survivre par ses propres moyens dans la campagne mais, comme elle le dira plus tard :« Je ne voulais en aucun cas que mon fils soit un de ces miséreux sans instruction qui travaille la terre ». Elle et son enfant gagnent alors Dallas probablement après la Première Guerre. Les relations entre la mère et le fils resteront toujours très étroites, Movelia vivant jusqu’à son décès avec la future vedette du blues.

En attendant, elle se remarie avec un musicien de la ville. Dès lors, dans l’entourage du jeune Aaron, tout le monde semble savoir jouer de la musique: la mère (elle chante et joue du piano à l’église), le beau-père, les oncles, les cousins... La famille se distrait elle-même en jouant de la musique et le beau-père de Aaron dirige un petit orchestre qui se produit souvent dans les rues, les pique-niques, les mariages ou autres réunions privées. Très rapidement, Aaron fait partie du groupe en tant que danseur et acrobate, une caractéristique qu’il gardera toujours dans son jeu de scène et qui sera une des clés de son énorme succès populaire. En particulier, sa manière de faire le grand écart en prenant un solo ou celle de jouer de la guitare dans son dos seront abondamment copiées par quantité d’artistes, de Guitar Slim à Chuck Berry et Buddy Guy.Dallas est aussi un grand carrefour de voies de communication qui draine quantité de mouvements de population. Aaron entend toutes sortes de musiques: Dixieland, airs de fiddle texan, répertoire des cow-boys, music hall - notamment les succès du Vaudeville -, spirituals et bien sûr beaucoup de blues. C’est évidemment le blues texan qu’on pratique, fort différent de ceux du Mississippi ou des Appalaches.Le blues texan a certainement pris naissance dans les villes, et probablement à Dallas et sa voisine Fort Worth. Après la crise du charançon du coton (boll weevil), l’économie agricole du Texas s’effondre et jette sur les routes des milliers de métayers et d’ouvriers agricoles dont une majorité de Noirs. C’est à ce moment-là que Dallas est devenue une ville avec un grand quartier noir. La partie orientale de la grande artère de Dallas, Elm Street, est le lieu d’arrivée de ces migrants des campagnes. Ils s’y entassent par milliers.

Les jobs sont rares: tous les matins, les manœuvres noirs se pressent à l’intersection de Elm Street et Central Avenue. Là, les employeurs embauchent à la journée. La foule d’aspirants au travail est telle que les salaires proposés baissent de mois en mois. Ceux qui ne sont pas retenus traînent toute la journée dans l’est de Dallas, gonflant le vieux quartier noir voisin de Freedmen’s town. Ceux qui reviennent le soir, fourbus et avec leur paye, sont immédiatement sollicités à dépenser leurs dollars: joueurs de bonneteau, combats de coqs, prostituées, bars improvisés, musique partout...Elm Street East devient «Deep Elm», un des quartiers chauds les plus célèbres des Etats Unis. Par extension, d’autres zones de ce type prendront cette appellation, quel que soit le nom réel de la rue! Quoi qu’il en soit, Deep Elm à Dallas devient entièrement noir et se peuple de bars, lupanars, salles de jeux, le véritable terreau du blues.Plusieurs musiciens de rues vivent dans et de Deep Elm: Little Hat Jones, Texas Alexander, Funny Papa Smith, Coley Jones. Dans les bars, on peut entendre la pulpeuse Bobby Cadillac, la sombre Bessie Tucker, Lillian Glinn, les pianistes Alex Moore, Sammy Price, certains futurs guitaristes de jazz comme Eddie Durham et même un tout jeune Lonnie Johnson qui attire déjà l’attention par la façon audacieuse dont il joue de son instrument. Mais Blind Lemon Jefferson est, déjà avant d’enregistrer, le plus célèbre de tous ces musiciens. Aveugle de naissance, Jefferson est obligé de gagner sa vie en mendiant et en jouant de la guitare. Deep Elm est son domaine. Il avance en frappant le trottoir de sa canne, sa guitare sur l’épaule. Comme son principal rival, Texas Alexander qui est lui aussi aveugle, lorsque Lemon s’aventure hors de son quartier, il se fait aider d’autres musiciens.

C’est ainsi, que de Lead Belly à Lowell Fulson en passant par Lonnie Johnson, T-Bone Walker ou Lightnin’ Hopkins, la plupart des grands bluesmen locaux se seront formés à la rude école des chanteurs de rues aveugles de Deep Elm, véritable matrice du blues texan. Jefferson fait ses débuts discographiques dès 1925 et deviendra très vite une des plus grosses vedettes noires dans toute l’Amérique. Evidemment, l’influence de Blind Lemon Jefferson sur le blues texan est encore renforcée par ses succès, ses disques jouant le rôle d’écriture sonore que l’on réinterprète.Avec Blind Lemon Jefferson, Little Hat Jones, Texas Alexander, Funny Papa Smith et les autres premiers créateurs du blues texan, celui-ci décline des caractéristiques qui le démarquent nettement des autres formes originales de blues. Le bluesman texan joue de la guitare avec les doigts (même si Lonnie Johnson utilisera un plectre très tôt) mais à la façon du flamenco hispanique qui avait tant marqué ces anciennes possessions mexicaines: le pouce, voire toute la main, frappe les basses puis les autres doigts décrivent des arpèges rapides. Le joueur s’arrête presque ou totalement pour chanter une phrase puis reprend selon le même processus. Cette façon de jouer est très éloignée du strumming hypnotique du Delta ou du fingerpicking impeccable du Piémont des Appalaches!

LES DEBUTS DANS LE MONDE DU SPECTACLE
Si Aaron écoute avec passion les disques de sa famille, notamment le duo Leroy Carr-Scrapper Blackwell qui le marque durablement, sa première rencontre marquante est bien sûr celle de Blind Lemon Jefferson.« Chez nous, tout le monde adorait Blind Lemon. Mon beau-père était un de ses vieux copains. Bien avant qu’il ait enregistré des disques, Lemon venait souvent chez nous avec sa guitare. Il blaguait, buvait quelques verres, mangeait de la tarte et jouait de la guitare avec ma mère au piano et mon beau-père à la guitare. Et moi, j’étais là à écouter...»Ses parents lui permettent d’accompagner le grand bluesman dans les rues de Dallas.« J’allais avec lui sur Central Avenue. Le long de la voie ferrée, il y avait des clubs, des bars, plein de monde partout. Blind Lemon se postait ici et là, chantait et jouait de la guitare et tout le monde s’arrêtait pour le regarder et l’écouter... Il avait attaché au manche de sa guitare une petite timbale. Les passants y mettaient dedans une pièce ou un billet... Moi, je lui servais d’yeux. Je le guidais pour qu’il ne tombe pas et je surveillais aussi les gens pour empêcher que quelqu’un lui vole les billets dans sa timbale. Mais je regardais bien sûr également comment il jouait de la guitare. C’était un guitariste vraiment fan­tastique».Au même moment, ou quelque temps plus tard, Aaron rencontre Lonnie Johnson, un autre choc qui le décide à jouer de la guitare. A 13 ans, Aaron Walker est un guitariste suffisamment accompli pour jouer en public de cet instrument. Il est aussi adepte du banjo, du violon, de la mandoline et du piano. Mais il est surtout apprécié pour ses talents de danseur.

Cela lui permet dès 1924 de se produire dans des spectacles plus professionnels: carnavals, medicine shows (celui du Dr Breeding) et troupes de Vaudeville qui l’embauchent et avec lesquelles il commence à effectuer des tournées dans tout le Texas, la Louisiane et l’Oklahoma. Il côtoiera de cette façon de nombreuses vedettes de l’époque - en particulier la grande Ida Cox -, apprenant encore davantage le métier du spectacle à leur contact. A l’âge de 18 ans, il est ainsi plus qu’un musicien, certainement pas considéré comme un «bluesman» mais un des «entertainers» les plus renommés autour de Dallas. Il participe au grand orchestre de Lawson Brooks, un musicien qu’il connaît depuis l’école. Il s’agit d’une formation de seize musiciens qui comprend une forte section de cuivres. On est très loin de ce qu’on appelle le «blues texan». C’est aussi à ce moment-là que Aaron Thibeault va devenir... T-Bone.« L’orchestre de Lawson Brooks avait un manager juif venu d’Europe Centrale il y a peu de temps et qui n’arrivait pas à prononcer Thibeault. Quand il donnait la paye aux musiciens, il disait toujours Aaron «T-Bone» Walker... Cela faisait rigoler tout le monde et le surnom m’est resté. J’ai lu plein de choses à ce sujet mais voilà comment ça s’est vraiment passé ».Lorsque en 1929, les disques Columbia viennent dans la grande ville texane pour dénicher des talents, c’est tout naturellement qu’ils enregistrent deux titres par Aaron Walker. Le 78 t sortira sous le sobriquet de Oak Cliff T-Bone, sans doute parce que Walker habitait dans le quartier de Oak Cliff! Le disque ne s’est certainement pas vendu car T-Bone n’entendra plus parler de Columbia. D’ailleurs, il ne réenregistrera plus avant 1940.

CAB CALLOWAY, CHARLIE CHRISTIAN ET LA GUITARE ELECTRIQUE
Mais ce premier disque a éveillé de grandes espérances chez T-Bone :« Je ne me rappelle plus qui jouait du piano avec moi ce jour-là, peut-être un bonhomme prénommé Doug... Je ne sais même pas pourquoi j’ai enregistré ces deux morceaux plutôt que n’importe lequel parmi la centaine d’autres que je connaissais. C’est une affaire qui a duré à peine une heure. Mais quand j’ai vu que je pouvais faire un disque, qu’un grand label pouvait s’intéresser à moi, je me suis dit qu’il me fallait sortir de Dallas, sortir même du Texas, tenter ma chance sur une plus grande échelle ».Vers 1931-32, Cab Calloway se produit à Dallas durant plusieurs soirées et il préside un concours de talents locaux. T-Bone se présente et gagne sans peine le premier prix: jouer dans le grand orchestre du «Boss» lui-même durant une semaine. Il se produit ainsi dans plusieurs villes avec Cab Calloway. Il danse, fait des acrobaties, quelques clowneries, chante et joue du banjo et de la guitare, soutenu par le big band. A chaque fois, T-Bone obtient un franc succès.« Cette semaine avec Cab, ça a été une formidable opportunité pour moi. Il était une énorme vedette à cette époque et des milliers de gens ont ainsi pu me voir et m’apprécier... Après ça, j’ai commencé à me produire sous le titre de «T-Bone Walker, le Cab Calloway du Sud». J’avais ajouté à mon répertoire plein de morceaux de Cab, des «Hi-de-Ho» et des tas de trucs comme ça ».La rencontre de T-Bone Walker avec Charlie Christian (cf Charlie Christian: The Jazz FA 218) est justement célèbre.

Mais elle est entourée de nombre d’incertitudes, T-Bone lui-même en ayant donné plusieurs versions différentes. Selon l’une d’elles, T-Bone aurait connu Charlie Christian au Texas ou peut-être à Oklahoma City dès 1932. Christian était alors un jeune musicien et n’était pas du tout connu. Il se produisait avec son frère Edward Christian au piano. Très vite, les rapports deviennent excellents entre T-Bone et Charlie et ils s’associent pour jouer dans les clubs, Christian à la guitare et T-Bone à la contrebasse ou au piano. Mais ils jouent aussi à deux guitares. C’est en raison de cette amitié que T-Bone cède sa place à Charlie dans l’orchestre de Lawson Brooks lorsqu’il part s’installer en Californie en 1935.Une autre version des faits, plus vraisemblable, voit T-Bone participer au fameux spectacle du russe Count Bulaski, un orchestre entièrement composé de musiciens blancs à l’exception de Walker qui joue l’élément «blackface» (il se passe du cirage pour être encore plus noir) dans le show. Walker y apparaît essentiellement en train de danser et de faire le clown, de raconter des blagues. Mais le soir, après le spectacle, il prend sa guitare et joue dans les clubs noirs des villes où Bulaski se produit. En 1935, après un show au Boga Ballroom de Oklahoma City, T-Bone va jouer dans le quartier noir autour de Second Street et s’y mesure avec Charlie Christian, un jeune talent local.Walker va aussi rencontrer le professeur de guitare de Charlie, Chuck Richardson - «un grand bonhomme avec des mains immenses» dira T-Bone. Il prend lui aussi quelques cours avec Richardson.T-Bone et Christian jouaient-ils de la guitare électrique à ce moment-là comme certaines sources le rapportent? T-Bone l’a toujours démenti. Mais cela n’est évidemment pas invraisemblable puisque l’amplification électrique existait déjà en 1935 et plusieurs guitaristes hawaïens et de Western Swing avaient déjà enregistré de cette façon à cette date (cf les premiers solos de guitare électrique sur disque dès 1934-35 dans Western Swing, 1928-42 (FA 032); Hawaïan Music (FA 035) et Roots of Rock’n’Roll, 1927-38 (FA 351)).

CALIFORNIA, HERE I COME
En 1934, Aaron Walker s’est marié avec Vida Lee qu’il courtisait depuis plusieurs années. Movelia - que tout le monde appelle M’Dear - vient habiter avec le jeune couple.« Il me fallait une grande maison. J’avais deux femmes à nourrir, bientôt des enfants et tous mes jobs au Texas ou en Oklahoma payaient à peine le loyer... Tout le monde me disait qu’avec le talent que j’avais, il fallait que j’aille en Californie, à Hollywood... Je m’imaginais diriger des big bands et en même temps, peut-être, faire une carrière d’acteur de cinéma... Cela ne s’est pas fait. Mais je suis sûr que, si j’en avais eu l’opportunité, j’aurais été excellent! ».Mais le billet de train ou de car coûte cher. C’est dans un bar que T-Bone rencontre Sam Peary (ou Pearly).« Je jouais avec mon orchestre dans ce restaurant chic de Dallas et ce Blanc dînait avec sa femme. Ils semblaient beaucoup m’apprécier et, entre deux sets, il est venu me voir pour discuter un peu. C’était un fou de jazz, Jack Teagarden et ce genre de big bands. On a commencé à parler de moi et de ma carrière. Je lui ai raconté que j’aimerais bien tenter ma chance en Californie et que j’économisais pour m’y rendre. C’est alors qu’il m’a dit qu’il dirigeait une compagnie de voitures de location et qu’il avait besoin d’un chauffeur pour conduire un coupé jusqu’à Los Angeles...».Le 14 octobre 1935, Aaron T-Bone Walker quitte Dallas au volant d’une voiture à livrer en Californie. Il n’a pas de salaire pour ce job. Sauf, bien sûr, que le trajet et les frais de route sont gratuits.« C’était très bien ainsi! J’ai tout laissé tomber en une nuit, l’orchestre, les engagements mal payés, Dallas et le Texas.

Je savais que si je restais, je végéterais toute ma vie et je finirais pas devoir travailler dans une usine ou un garage. Des tas de musiciens formidables ont fini comme ça parce qu’ils n’ont pas voulu saisir leur chance. Moi, j’avais maintenant le dos au mur. Il fallait absolument que je réussisse sur la Côte Ouest et que je fasse venir ma femme et maman...».T-Bone a côtoyé les plus grands musiciens texans et, à 25 ans, il est déjà un vétéran. Mais la scène de Los Angeles ne l’attendait pas. A Watts, où habitent les «gens de couleur», les clubs de jazz s’alignent côte à côte.« Les rues n’étaient pas asphaltées à cette époque. Malgré cela, il y avait plus de voitures qui roulaient que je n’en avais jamais vues au Texas... Et les gens avaient plein d’argent et regardaient de haut les types comme moi qui venaient de là-bas... J’ai dû d’abord faire des tas de boulots avant de pouvoir me produire avec des orchestres comme ceux de Big Jim Wynn ou Zutty Singleton dans des clubs comme Little Harlem. Et encore, ils ne m’autorisaient qu’à danser pendant les morceaux. Ils jouaient surtout du jazz, Dixieland, Swing et je n’ai que peu à peu été admis à jouer du banjo et de la guitare électrique avec eux...

Le blues n’a vraiment été à la mode en Californie qu’avec la guerre. Des tas de gars du Texas, de l’Oklahoma et de la Louisiane sont alors venus. Et ils ne voulaient entendre que du blues... Ils ont vu que j’étais là, à danser et ils criaient : «T-Bone... T-Bone... on t’a retrouvé. Alors joue-nous du blues» (cf California blues FA 175)De Little Harlem, T-Bone passe au Club Alabam, y rencontre Marili Mordon - la fondatrice du Jazz Man Record Store, un important magasin de disques. Elle sera la femme de Nesuhi Ertegun, un des fondateurs du futur label Atlantic. Ms Mordon engage Walker au Trocadero, un club huppé du Strip. Il joue aussi au célèbre Billy Berg’s club sur Vine Street. Le public de T-Bone, comme c’était d’ailleurs déjà le cas à Dallas, est presque autant blanc que noir. Il modèle son jeu de guitare électrique sur les solos de cuivres des jazzmen qu’il côtoie et cela lui vaut une forte estime des amateurs de jazz de l’époque. Sa réputation ne cesse de s’étendre et il commence à inspirer de nombreux apprentis bluesmen. Mais c’est son chant puissant, chaleureux, enveloppant et viril qui attire les fans, surtout féminines.

VEDETTE DU DISQUE
Le chef d’orchestre Les Hite l’engage en 1939 pour être le chanteur- vedette et le guitariste de son L.A. Cotton Club’s Orchestra. T-Bone joue alors tous les soirs dans les salles de concerts et de bals de Californie jusqu’à New York. En 1940, il enregistre T-Bone blues avec Les Hite qui est un succès commercial presque immédiat. Il enregistre alors en Californie avec le pianiste Freddie Slack en 1942 et obtient deux gros succès avec I got a break baby et Mean old world. Désormais, T-Bone Walker est un des noms importants de la scène musicale bourgeonnante de Los Angeles-Hollywood. Il est populaire parmi les amateurs de blues, ceux de jazz et il est en train de participer à sa façon à l’avènement du Rhythm & Blues. C’est certainement grâce à lui que la guitare électrique a fait partie de ce courant musical qui allait devenir si important auprès des Noirs. Sans la guitare précise, concise, swinguante et élégante de T-Bone, l’instrument n’aurait peut-être pas connu une telle prééminence dans les musiques de l’après-guerre.En tout cas, lorsque le champion de boxe Joe Louis décide d’utiliser ses gains pour se lancer dans le show business et de créer ses clubs et son label Rhumboogie à Chicago, un des premiers artistes qu’il contacte est tout naturellement T-Bone Walker. T-Bone ouvre le Rhumboogie club en 1942 et s’y produit avec certains des meilleurs jazzmen texans de l’époque, spécialement engagés pour l’accompagner: Arnett Cobb, Eddie Vinson, Russell Jacquet et Wild Bill Davis! Il enregistre aussi à Hollywood en mai 1945 pour le label du même nom (Rhumboogie) en compagnie du producteur et arrangeur Marl Young.

Bien que T-Bone n’ait pas été très satisfait de la patte un peu trop sophistiquée de Young, il engrange succès sur succès et son nom est dans tous les Hit Parades noirs, nationaux ou régionaux. Cette notoriété lui permet de créer cette fois son propre orchestre, sur une base de sept à neuf musiciens et d’écrire lui-même ses arrangements. Il va être dès lors constamment dans le studios, s’imposant de mois en mois et de «hit» en «hit» (son Call it Stormy monday est un gigantesque succès) comme un des artistes les plus populaires de la musique noire américaine, toutes catégories confondues.En effet, sa musique transcende les genres (jazz, blues et même pop). Sa présence scénique, sa maîtrise de la guitare électrique, ses allures de crooners, sa prestance et ses belles manières lui valent une popularité sans commune mesure avec celle des autres bluesmen. Avec son Chicago blues électrique, Muddy Waters est populaire dans le Deep South d’où il est originaire ainsi que dans les ghettos de grandes villes comme Detroit ou bien sûr Chicago. Mais T-Bone vend bien davantage de disques, autant dans les ghettos où il est le modèle à suivre que dans les quartiers chics, y compris blancs, où on apprécie ses talents de musicien et de chanteur «de charme»!« J’ai toujours adoré le blues à la Muddy Waters, celui dur et percutant du Mississippi et de Chicago... Mais quand je joue le blues, je le fais de façon plus douce, plus arrondie. Ce n’est certainement pas du «country» blues... car je n’ai jamais vécu vraiment à la campagne; ce n’est pas non plus ce que vous appelez «down home blues». On me dit que c’est le «Texas blues», mais Lemon Jefferson et les autres ne jouaient pas comme ça... C’est un blues qui va tout le temps vers la ballade et le jazz. Ce sont des musiques que j’ai toujours jouées...».

LES ANNEES DIFFICILES
Ce coffret s’arrête lorsque T-Bone est en pleine gloire. Il vient de signer sur le label Imperial dans lequel il fonde de grands espoirs. Malheureusement, et malgré l’excellence toujours affirmée de sa musique, les succès commerciaux s’espacent. La formule gagnante (tempos alanguis, compositions sentimentales et atmosphère éthérée), sans doute utilisée jusqu’à plus soif, ne fait plus autant mouche. Les goûts changent vers une musique plus musclée, vers le Rock’n’roll.La vie de T-Bone est essentiellement un tourbillon incessant de femmes, de jeu (il perd des sommes colossales en une nuit), de mauvais placements financiers, de chansons et, peut-être surtout, de whiskey. Il souffre de graves troubles digestifs et en 1955, les chirurgiens lui retirent les 2/3 de l’estomac. Cela ne l’empêchera pas de continuer à boire autant mais le force à ralentir ses activités. La mort dans l’âme, T-Bone Walker dissout son orchestre et jouera désormais avec des musiciens locaux, au fur et à mesure des engagements. Il continue à enregistrer, là aussi avec des musiciens de circonstance, ce qui ne l’empêche pas de graver de magnifiques séances pour Atlantic en compagnie de talents aussi divers que Barney Kessel, R.S. Rankin (qui se fait appeler T-Bone Jr), Junior Wells et Jimmy Rogers!Les années 60 sont encore plus difficiles. Comme toutes les gloires du Rhythm & Blues des années 40, T-Bone est un has been pour les jeunes noirs. Et le Blues Revival américain ne recherche guère des musiciens de blues jazzy à l’apparence tirée à quatre épingles comme T-Bone.

Mais le showman a de la ressource. Texan pur jus, cavalier émérite, il a toujours réussi à se maintenir en selle. Seul de son genre parmi des bluesmen bien plus rugueux, il va faire partie de la première tournée européenne de l’American Folk Blues Festival 1962. Son jeu de scène spectaculaire - il fait le grand écart, joue de la guitare dans le dos, roule des yeux langoureux - tout autant que le superbe son de sa guitare lui valent encore une fois un grand succès auprès de ce public européen qui ne le connaissait pas beaucoup, hormis les amateurs de jazz.Il enregistre quelques beaux titres à l’occasion de cette tournée, parraine un groupe britannique de rock blues, les T-Bones qui comprend Stan Webb, le futur fondateur des Chicken Shack. Il reviendra dès lors souvent en Europe où il enregistrera plusieurs microsillons pour Black & Blue ou bien en compagnie d’un tout jeune Manu Dibango qui se rappelle encore avec émotion de cet épisode. Aux Etats Unis, T-Bone refait surface en adaptant sa musique aux sonorités funky à la mode de la fin des 60’s. Avec le soutien d’un bel orchestre (le pianiste Lloyd Glenn, le guitariste Mel Brown et une forte ligne de cuivres), Walker enregistre encore deux albums magistraux pour Bluesway.

Mais la fatigue, l’abus d’alcool (il vidait un litre de whiskey ou de gin par jour) finissent par miner sa santé. Son jeu s’en ressent, ses concerts aussi où il titube sur la scène de la Salle Pleyel à Paris, tente quelques pitreries avant d’être éjecté manu militari par une Big Mama Thornton tout aussi imbibée mais plus résistante! Toute sa vie, femmes, voitures, guitares et amis, il a dépensé sans compter et n’a pas les moyens de payer ses notes d’hôpital. Pour l’aider et en hommage à sa gigantesque personnalité musicale, les plus grands jazzmen (Dizzy Gillespie, Herbie Mann, David Newman, Al Cohn, Zoot Sims, Gerry Mulligan) vont l’aider et l’entourer pour un double microsillon, appelé «Very Rare»!T-Bone décède dans un hôpital de Los Angeles le 16 mars 1975, à peine âgé de 65 ans. Il laisse une œuvre exceptionnelle dont on ne saurait sous-estimer l’impact constant, dès l’origine (Pee Wee Crayton, «Gatemouth» Brown, B.B. King) jusqu’à aujourd’hui (Eric Clapton, Duke Robillard, Dave Specter).

LES TITRES
Réalisés en 1929 lors d’une expédition sur le terrain de Columbia, Trinity River blues et Wichita falls blues constituent les seuls enregistrements effectués par T-Bone dans son Texas natal. Loin d’être des chefs d’œuvre, ces deux morceaux révèlent quand même un chanteur dont la puissance et le timbre chaleureux ne trahissent pas le jeune âge (T-Bone est alors un musicien de 19 ans, localement connu). Le jeu de guitare de Walker est peu représentatif de ce qu’il allait devenir et est très sommaire par rapport à ceux des grands maîtres du blues texan d’alors, tels Blind Lemon Jefferson ou Little Hat Jones.Dans T-Bone blues enregistré en 1940 alors que Walker faisait partie du big band de Les Hite, Walker ne joue pas de guitare mais chante d’une voix veloutée qui fera de ce morceau son premier succès commercial. On note un beau solo de steel-guitare hawaïenne, à la façon des orchestres de western swing, crédité à Frank Pasley mais c’est peut-être aussi Roy Smeck qui prend ce solo. En effet, ce grand guitariste se trouvait dans les studios new-yorkais comme certains témoignages (dont celui de l’intéressé qui se souvenait de cette séance) l’ont rapporté.I got a break baby présente T-Bone en compagnie du groupe du pianiste Freddie Slack qui a joué un certain rôle dans l’avènement du Rock’n’Roll. Walker est entouré du grand orchestre de Marl Young sur Sail on boogie et Come back to me baby. T-Bone n’était pas très heureux d’être au sein d’un big band, une formule qui était quelque peu passée de mode en 1945.Nous présentons trois titres de la remarquable séance enregistrée le 30 septembre 1946.

Fort de son succès commercial, T-Bone a pu choisir ses sidemen, un quintette emmené par le subtil et puissant saxophoniste ténor Jack Mc Vea. Durant plus d’un an, T-Bone bénéficiera aussi de la production avisée de Ralph Bass, un homme qui laissera sa marque sur l’histoire du blues, autant en Californie que plus tard à Chicago (pour le label Chess). No worry blues, Don’t leave me baby et Bobby sox blues (un morceau plein d’humour sur les jeunes fans féminines de l’époque en jupe et en socquettes) représentent cette fois la vraie musique de T-Bone: tempos alanguis, compositions sentimentales, atmosphère éthérée... La voix voilée et chaude de T-Bone flotte sur un coussin de cuivres et sa guitare claire, précise et swinguante fait mouche à chaque solo. Don’t give me the runaround présente T-Bone en tant que digne émule de Nat «King» Cole, un jazzman dont l’influence sur toute la genèse du blues californien ne saurait être sous-estimée (cf les volumes consacrés à cet artiste par Alain Gerber dans sa série The Jazz: Nat King Cole Vol.1 & 2 (FA 208 & 227).A la fin de 1947, un nouveau conflit menace l’industrie du disque. Peu à peu, la musique enregistrée et diffusée par la radio ou les juke-boxes devient la compagne obligée de tout Américain, dans sa voiture, sa cuisine ou à la plage! Les ventes de disques atteignent des records jamais égalés. Comme en 1942, les syndicats de musiciens s’alarment de cette «concurrence» faite à la musique vivante, celle des orchestres et des musiciens qui leur payent de larges cotisations. Ils appellent à un boycott total des studios d’enregistrement à partir de janvier 1948 et pour une durée indéfinie afin de tarir la source. La plupart des labels, craignant de ne pouvoir alimenter radios, magasins de disques et juke-boxes, montent alors des séances d’enregistrement mammouths de septembre à décembre 1947.

Le mouvement ne durera qu’une partie de 1948 mais permettra à T-Bone, au sommet de son art, de graver certains de ses plus grands chefs d’œuvre. Nous présentons seize titres qu’il a enregistrés dans les studios californiens dans ce court laps de temps avec, encore une fois, des musiciens incomparables, venus généralement du jazz et particulièrement en phase avec le type de blues que pratiquait T-Bone.Lloyd Glenn, Bumps Meyers et Teddy Buckner sont sur l’instrumental endiablé T-Bone jumps again et sur Call it stormy monday, le plus gros succès de toute la carrière de T-Bone, devenu un des grands standards du blues sous le nom de Stormy monday blues. Willard Mc Daniel, un pianiste texan plus rugueux que Lloyd Glenn, mais particulièrement expressif apparaît sur les autres titres. On trouve aussi le trompettiste George Orendorff, un émule de Louis Armstrong, qui brille dans The Natural blues. On admirera dans T-Bone shuffle tout l’art du guitariste Walker, faisant vibrer la note, la suspendant un instant au point qu’on croit le solo interrompu avant de reprendre une succession d’arpèges moelleux. Si les textes des blues de T-Bone sont souvent convenus (un fait qu’il déplorera lui-même dans ses interviews), ils répondaient à l’attente de son public qui voulait qu’on lui parle de femmes et de whiskey pendant qu’il dansait! Plusieurs morceaux transcendent cependant les clichés avec des versets remarquables qui seront repris ici et là dans le blues jusqu’à aujourd’hui. Ils sont dus à la plume de T-Bone mais aussi de plusieurs de ses producteurs et managers. Triflin’ woman blues; Prison blues (avec sa célèbre relation d’un procès pour le meurtre d’une femme infidèle: «I had to go to court and the judge broke down in tears/ He said: You know she was a woman, so you got to get a lot of years/ I wrung my hands and started crying.

But the judge said/ I’m sorry for you fellow because I mean just what I said» ); Plain old down home blues dans lequel T-Bone vit avec humour une de ces escapades mexicaine comme les texans et les californiens en étaient coutumiers; West side baby qui présente T-Bone comparant ses goûts culinaires paysans à ceux, sophistiqués, de sa petite amie, une «fille des beaux quartiers».T-Bone ne retrouvera les studios qu’en avril 1950, après plus de deux ans d’interruption. Il est sur un nouveau label et sa musique est toujours d’une extraordinaire qualité, avec des accompagnateurs aussi  remarquables que Eddie Lockjaw Davis ou Big Jim Wynn. Malgré quelques nouvelles incursions dans les Hit Parades, T-Bone ne retrouvera cependant plus le très grand succès commercial des années 40. Glamour girl ou Evil hearted woman sont dans le même moule que les morceaux précités; Strollin’ with Bones est un magnifique instrumental qui influencera énormément les futurs guitaristes comme Buddy Guy; The hustle is on est l’occasion à la section de cuivres d’être particulièrement brillante. Le saxophoniste Eddie Hale prend un superbe solo dans Baby broke my heart et notre sélection se termine avec I walked away dans lequel T-Bone retrouve l’orchestre du pianiste Marl Young.
Gérard HERZHAFT
Auteur de «La Grande Encyclopédie du Blues» (Fayard)

SOURCES:
SHAW (Arnold).- Honkers and Shouters.- Mac Millan, New York: 1978
DANCE (Helen Oakley).- Stormy Monday/ The T-Bone Walker story.- Da Capo, New York: 1987
BAS-RABERIN (Philippe), Ed..- Les Incontournables du Blues.- Filippachi, Paris, 1995
FANCOURT & LEADBITTER & SLAVEN.- Blues Records, 1943-70.- RIS, London, 1987-94
GOVENAR (Alan).- Meeting the Blues.- Taylor, Dallas: 1988
HOFSTEIN (Francis).- Le Rhythm & Blues.- PUF, Que Sais-je?, Paris, 1991

Magazines: Divers numéros de Soul Bag (notamment le n° 100); Living Blues (notamment les n°s 11-12); Blues Unlimited; Whiskey, women and...; Guitar Player.
Textes de pochettes et livrets de: Jean Buzelin;Helen Oakley Dance; Alain Gerber; Lee Hildebrand; Per Notini; Jacques Périn; Frank Scott; Alain Tomas; Billy Vera; Pete Welding.

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001


english notes
T-Bone Walker was one of the founders of Californian blues, situated between jazz swing and Texan blues.  He was extremely successful with the blacks in the post-war period and strongly marked the evolution of the blues.  He was also one of the great pioneers of the electric guitar, perfecting a clear and flowing style which was to influence blues and rock guitarists, from B.B. King and Clarence ‘Gatemouth’ Brown to Buddy Guy, Eric Clapton and Stevie Ray Vaughan.This boxed edition traces the first part of T-Bone Walker’s career, from when he led Blind Lemon Jefferson through the streets of Dallas to his national acclaim in Los Angeles, Chicago and New York.

The Texan Influences

Aaron Thibeault (or Thibaut ?) Walker was born in Linden, a small town in central Texas on 28 May 1910.  His father, Rance Walker, an itinerant agricultural worker married Movelia Jamison despite her parents’ disapproval.  Indeed, the anxiety of her pious family was founded as shortly after the birth of Aaron Thibeault, their union began to crumble.Movelia and her son then moved to Dallas, probably after World War I and she remarried a musician.  Young Aaron’s life was subsequently bathed in music.  His mother sang and played the church piano and the step-father, uncles and cousins were all artists.  His step-father led a small band which often provided entertainment in the streets or for private functions and Aaron soon became a dancing and acrobatic member.  This same energy remained one of his key traits later during his performances and was to add to his popularity.Dallas is on a major crossroads resulting in a large population movement.  Thus Aaron heard many sorts of music - Dixieland, Texan fiddle tunes, the cowboy repertory, music hall, spirituals and blues.  The Texan blues obviously presided, quite unlike the style from Mississippi or the Appalachians.Texan blues most certainly sprang to life in towns, probably in Dallas and neighbouring Fort Worth.  Following the damage made by the boll weevil, the Texan agricultural economy slumped, resulting in thousands of redundancies.  The Blacks were particularly affected and the town’s black district expanded.  Elm Street, in the eastern part of Dallas saw a massive migration from the country areas.  Work was scarce and the one-day contracts available were badly paid.  Those who found employment were urged to spend their wages in the evening on various activities - cock-fighting, prostitutes, improvised bars and music was omnipresent. 

Elm Street East became ‘Deep Elm’, one of the most famous hot districts of the States, and dominated by the black inhabitants, the conditions were perfect for blues.Several street musicians lived in Deep Elm :  Little Hat Jones, Texas Alexander, Funny Papa Smith and Coley Jones.  In the bars, one could find Bobby Cadillac, Bessie Tucker, Lilliann Glinn, pianists Alex Moore and Sammy Price, future jazz guitarists such as Eddie Durham and even the young Lonnie Johnson who was already attracting attention through his audacious playing style.  But the most famous of all was Blind Lemon Jefferson, prior to his first recordings.  Blind at birth, Jefferson’s territory was Deep Elm where he passed the hat and played the guitar, helped by others whenever he stepped out of his own district.  His main rival, Texas Alexander was also blind.  And through this Texan blues school headed by blind street musicians, many bluesmen including Lead Belly, Lowell Fulson, Lonnie Johnson, T-Bone Walker and Lightnin’ Hopkins learnt the tricks of the trade.  Jefferson first recorded in 1925 and consequently became one of the most reputed black stars in the land, which reinforced his influence on Texan blues.  The particularity of the Texan blues was in the playing style, where the fingers adopted a Spanish flamenco manner, to stop totally or partially when a line was sung.  This differed totally from the Delta strumming or the Appalachian fingerpicking

First Steps In The Entertainment World
Aaron loved listening to the record collection at home but his first decisive encounter was with Blind Lemon Jefferson, a family friend.  His parents allowed him to accompany the bluesman around Dallas, where Blind Lemon busked and Aaron acted as ‘lead boy’, keeping an eye on his earnings.  Around the same time, or shortly after, Aaron met Lonnie Johnson, another influence inciting him to play the guitar.  By the age of thirteen, he had mastered the instrument sufficiently to play in public.  He also played the banjo, violin, mandolin and piano, but was principally appreciated for his dancing skills, enabling him to perform in more professional shows - carnivals, medicine shows and Vaudeville troupes with which he toured Texas, Louisiana and Oklahoma.  At the age of eighteen, he may not have been considered as a bluesman, but was one of the best known entertainers in the Dallas region.  He joined Lawson Brooks’ big band, comprising a large brass section.  What was to be known as ‘Texan blues’ was still unknown, but Aaron Thibeault was about to become T-Bone.In 1929,  the Columbia record company came to town, scouting for talent and they recorded two titles by Aaron Walker.  The 78 used the pseudonym Oak Cliff T-Bone, as Walker lived in the Oak Cliff district, but the disc’s sales were probably insignificant.  Following this experience, he had to wait until 1940 before recording again.

Cab Calloway, Charlie Christian And The Electric Guitar
His confidence was nonetheless boosted and T-Bone realised that in order to progress, he would have to venture further afield.  Around 1931-32, Cab Calloway had a few gigs organised in Dallas and during his trip, he presided a talent contest with Walker winning the first prize, enabling him to join the “ Boss’ ” orchestra for a week.  With the big band’s band backing, he toured around several towns, danced, demonstrated his acrobatic skills, sang and played the banjo and guitar.  He was successful each time.Much has been said of T-Bone Walker’s meeting with Charlie Christian.  Many versions of this encounter exist, one being that T-Bone met Charlie in Texas or perhaps in Oklahoma City in 1932.  Christian was then a young, unknown musician, performing with his pianist brother Edward Christian.  They rapidly became close and teamed up to perform in clubs, with T-Bone on the bass or piano and occasionally both artists played guitars.  This friendship led to T-Bone offering Charlie his seat in Lawson Brook’s band when he left for California in 1935.Another tale, more probable, relates that T-Bone participated in the Russian Count Bulaski’s show, comprised of white musicians apart from the black-faced Walker, who provided the comical aspect.  When the show was over, he went on to play the guitar in black clubs.  Then in 1935, following a spectacle in Oklahoma City’s Boga Ballroom, he left for the black district, again to perform, and there he met up with a young local, Charlie Christian.He also met Charlie’s guitar teacher, Chuck Richardson, who gave him some lessons.  Did T-Bone and Christian play the electric guitar at this point of time ?  Although T-Bone always denied the fact, it was quite possible as electric amplification already existed in 1935 and several Hawaiian and Western Swing guitarists had already used this method for recording.

California, Here I Come
In 1934, Aaron Walker married Vida Lee and Movelia (otherwise known as M’Dear) settled in with them.  With two women to provide for and children on their way, Aaron dreamt of leaving for California where he could earn more money.  He then met Sam Peary (or Pearly), who ran a car rental firm and the latter gave him the opportunity of driving a coupé back to California, all expenses included.  His sole ambition was to make a name for himself on the west coast, but the Los Angeles jazz scene wasn’t ready for him.  He had to accept a number of odd jobs before being allowed to play in clubs and blues only became fashionable when war broke out.  At that point, crowds came from Texas, Oklahoma and Louisiana and clamoured for T-Bone.From the Little Harlem club, he was upgraded to the chic Trocadero, thanks to Marili Mordon, who founded the Jazz Man Record Store and who married Nesuhi Ertegun, one of the founders of the future Atlantic label.  He also played in the famed Billy Berg’s club in Vine Street.  The audience was both black and white and his reputation continued to grow.  He was an inspiring force for numerous bluesmen, but it was his potent and warm singing which attracted the punters, especially the girls.

Star Of The Turntables
In 1939, he was hired by Les Hite as lead singer and guitarist in his L.A. Cotton Club’s Orchestra.  T-Bone then played every night in concert halls and dances in California and even as far as New York.  In 1940, he cut T-Bone Blues with Les Hite which was an immediate hit.  He subsequently recorded in California with pianist Freddie Slack in 1942 and was immensely successful with I Got A Break Baby and Mean Old World.    He had finally become one of the major names in the Los Angeles-Hollywood music scene.  He was popular with both blues and jazz fans and was participating in the forthcoming Rhythm & Blues.  He is most certainly responsible for the inclusion of the electric guitar in this movement, to become so important for the Blacks.When boxing champion Joe Louis decided to go into show business and start up his clubs and label Rhumboogie in Chicago, one of the first artists he contacted was T-Bone Walker.  When the Rhumboogie Club opened in 1942, he appeared with some of the most talented Texan jazzmen of the period - Arnett Cobb, Eddie Vinson, Russel Jacquet and Wild Bill Davis !  He also recorded in Hollywood in May 1945 for the Rhumboogie label, accompanied by producer and arranger Marl Young.  Dissatisfied with Young’s sophisticated touch, and becoming increasingly celebrated with his name in both the national and regional black Hit Parades, he was able to create his own band comprised of seven to nine musicians and write his own arrangements.  He then spent most of his time in the studios, coming out with endless hits such as Call It Stormy Monday.Indeed, his style went beyond all musical genres.  His stage presence, his proficient handling of the electric guitar, his crooning techniques and his general performance raised him above other bluesmen.  He was appreciated in the uptown districts as much as in the ghettos.

The Hard Times
This edition ends when T-Bone Walker is at his apogee.  He had just signed with the Imperial label and was very optimistic.  Yet, despite the consistent quality of his music, his slow and sentimental formula lost part of its commercial value as tastes were changing and people demanded more muscular sounds as they were heading towards Rock ‘n’ Roll.His life consisted of a giddy mixture of women, gambling, songs and whiskey.  Following serious digestive problems, he underwent major surgery in 1955, which did not prevent him from drinking but certainly sapped his energy.  He decided to split his band and simply played with local musicians, but continued to record, resulting in some magnificent Atlantic sessions where he teamed up with worthy artists such as Barney Kessel, R.S. Rankin, Junior Wells and Jimmy Rogers.The sixties proved harder still, with T-Bone considered as a mere has-been by the young Blacks.  When the American blues revival also spurned his talents, the showman set off on the first big European tour of the American Folk Blues Festival in 1962.  His spectacular act won the hearts of the punters, who know little of his music.  During the tour, he made a few recordings, sponsored the British group, the T-Bones and he often returned to this part of the world to record for Black & Blue or with the young Manu Dibango.  Back in the States, T-Bone managed to regain popularity by giving his music a more funky feeling and with a good band (pianist Lloyd Glenn, guitarist Mel Brown and a large brass section), he cut two albums for Bluesway.However, fatigue and spirits got the better of him.  His lifelong overspending left him too poor to pay his hospital bills so a number of the best jazz players (Dizzy Gillespie, Herbie Mann, David Newman, Al Cohn, Zoot Sims, Gerry Mulligan) clubbed together to accompany him on a double album called Very Rare.T-Bone Walker passed away in a Los Angeles hospital on 16 March 1975 at the age of 65.  He left behind him an exceptional collection of works which have influenced artists ever since their creation (Pee Wee Crayton, ‘Gatemouth’ Brown, B.B. King) right up to present times (Eric Clapton, Duke Robillard, Dave Specter).

The Titles
Trinity River Blues and Wichita Falls Blues, cut in 1929, are the only recordings which T-Bone made in Texas.  They may not be master-pieces, but they demonstrate the singer’s power and warmth right from his early years (he was then 19).  His guitar style hardly represents his future usage of the instrument and cannot be compared to the masters of Texan blues of the same period, such as Blind Lemon Jefferson and Little Hat Jones.Walker belonged to Les Hite’s big band when T-Bone Blues was recorded in 1940.  He doesn’t play the guitar but his velvety voice can be appreciated in this song which was to be his first hit.I Got A Break Baby finds T-Bone with pianist Freddie Slack’s group.  He is with Marl Young’s orchestra in Sail On Boogie and Come Back To Me Baby.  Here, he was none too happy to play in a big band - an outdated formula in 1945.We have included three titles from the remarkable session of 30 September 1946, an occasion when T-Bone was able to choose his sidemen - a quintet led by the subtle and powerful saxophonist Jack Mc Vea.  No Worry Blues, Don’t Leave Me Baby and Bobby Sox Blues are true examples of Walker’s music :  languishing tempos, sentimentality and an airy ambience.  Don’t Give Me The Runaround indicates how T-Bone was influenced by Nat ‘King’ Cole, an artist who had a bearing on all Californian blues.The latter part of 1947 witnessed a crisis in the record world. 

The musicians’ trades unions were threatened by the increasing competition from radios and juke boxes, and called for a boycott in recording studios as from January 1948.  As a result, the majority of labels organised mighty recording sessions from September to December 1947.  The movement only lasted a while in 1948 but enabled Walker to cut some of his most esteemed pieces.  Here, we may appreciate sixteen titles recorded in Californian studios during this short period, again with the accompaniment of incomparable musicians.Lloyd Glenn, Bumps Meyers and Teddy Buckner participate in the frenzied instrumental parts of T-Bone Jumps Again and Call It Stormy Monday, Walker’s greatest hit which was to become a blues standard entitled Stormy Monday Blues.  The expressive Texan pianist, Willard Mc Daniel is present in the other tunes.  We may also discover trumpeter George Orendorff, who shines in The Natural Blues.  T-Bone’s skills as a guitarist are particularly apparent in T-Bone Shuffle.  Occasionally, the lyrics stray from the usual clichés, such as in Triflin’ Woman Blues (“ I had to go to court and the judge broke down in tears/He said : You know she was a woman, so you got to get a lot of years/I wrung my hands and started crying. But the judge said/I’m sorry for you fellow because I mean just what I said”), Plain Old Down Home Blues in which T-Bone wittily relates one of his Mexican escapades and West Side Baby, where T-Bone compares his culinary tastes with those of his uptown girlfriend.Two years passed before T-Bone returned to the studios in April 1950. 

He was working for a different label, and his music is still of great quality, accompanied by artists such as Eddie Lockjaw Davis and Big Jim Wynn.  He still occasionally entered the charts but was never as successful as in the forties.  Glamour Girl and Evil Hearted Woman are similar to the aforementioned titles, Strollin’ With Bones is a magnificent piece of instrumental work, The Hustle Is On can be noted for the excellent brass section.  Saxophonist Eddie Hale makes a superb solo in Baby Broke My Heart and our selection closes with I Walked Away where T-Bone returns to the band of pianist Marl Young.
Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of Gérard HERZHAFT
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS, GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001

CD 1
01. TRINITY RIVER BLUES  (Aaron Walker)
02. WICHITA FALLS BLUES  (Aaron Walker)
03. T-BONE BLUES  (Les Hite)
04. I GOT A BREAK BABY  (Aaron Walker)
05. SAIL ON BOOGIE  (Young-Walker-Glenn)
06. COME BACK TO ME BABY  (Aaron Walker)
07. NO WORRY BLUES  (Baxter-Walker)
08. DON’T LEAVE ME BABY  (Baxter-Walker)
09. BOBBY SOX BLUES  (Williams)
10. DON’T GIVE ME THE RUNAROUND (Aaron Walker)
11. T-BONE JUMPS AGAIN  (Reed)
12. CALL IT STORMY MONDAY  (Aaron Walker)
13. MIDNIGHT BLUES  (Henry)
14. TRIFLIN’ WOMAN BLUES  (Aaron Walker)
15. LONG SKIRT BABY  (Henry)
16. TOO MUCH TROUBLE BLUES  (Reed)
17. THE NATURAL BLUES  (Reiner)
18. THAT’S BETTER FOR ME  (Reiner)

(1)(2) T-Bone Walker, vcl/g; Douglas Fernell, pno. Dallas, Tx. 5 décembre 1929.
(3) T-Bone Walker, vcl; Frank Pasley, steel-g; Paul Campbell, tpt; Walter Williams, tpt; Forrest Powell, tpt; Britt Woodman, tb; Allen Durham, tb; Les Hite, alto-sax; Floyd Turnham, alto-sax; Que Martin, t-sax; Roger Hurd, t-sax; Sol Moore, bari-sax; Nat Walker, pno; Al Morgan, bs; Oscar Lee Bradley, batt. New York City, juin 1940.
(4) T-Bone Walker, vcl/g; Freddie Slack, pno; Jud De Naut, bs; Dave Coleman, batt Hollywood, Ca. 20 juillet 1942.
(5)(6) T-Bone Walker, vcl/g; Marl Young, pno; orchestre. Chicago, vers mai 1945.
(7)(8)(9) T-Bone Walker, vcl/g; Tommy Kahn, pno; Joe Kelly, tpt; Jack Mc Vea, t-sax; Frank Clarke, bs; Rabon Tarrant, batt. Hollywood, Ca. 30 septembre 1946.
(10) T-Bone Walker, vcl/g; Lloyd Glenn, pno; Al Killian, tpt; Jack Mc Vea, t-sax; Frank Clarke, bs; Rabon Tarrant, batt. Hollywood, Ca. décembre 1946.
(11)(12) T-Bone Walker, vcl/g; Lloyd Glenn, pno; Teddy Buckner, tpt; Bumps Myers, t-sax; Arthur Edwards, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Hollywood, Ca. 13 septembre 1947.
(13)(14)(15)(16) T-Bone Walker, vcl/g; Willard Mc Daniel, pno; Teddy Buckner, tpt; Bumps Myers, t-sax; Billy Hadnott, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Los Angeles, Ca. 6 novembre 1947.
(17)(18) T-Bone Walker, vcl/g; Willard Mc Daniel, pno; George Orendorff, tpt; Bumps Myers, t-sax; Billy Hadnott, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Los Angeles, Ca. 12 novembre 1947.

CD 2
01. LONESOME WOMAN BLUES  (Reiner)
02. DESCRIPTION BLUES  (Reiner)
03. T-BONE SHUFFLE  (Aaron Walker)
04. PRISON BLUES  (Oxley)
05. I WISH YOU WERE MINE  (Williams)
06. SHE’S THE NO SLEEPINEST WOMAN  (Williams)
07. PLAIN OLD DOWN HOME BLUES  (Henry)
08. GO BACK TO THE ONE YOU LOVE  (Reed)
09. YOU’RE MY BEST POKERHAND  (Burghardt Jr)
10. WEST SIDE BABY  (Cameron-Barclay)
11. GLAMOUR GIRL  (Carter)
12. STROLLIN’ WITH BONE (Aaron Walker)
13. THE SUN WENT DOWN  (Lewis)
14. YOU DON’T LOVE ME  (Aaron Walker)
15. TRAVELIN’ BLUES  (Owens)
16. THE HUSTLE IS ON  (Owens)
17. BABY BROKE MY HEART  (Baxter)
18. I WALKED AWAY  (Le Blanc)

(1) T-Bone Walker, vcl/g; Willard Mc Daniel, pno; George Orendorff, tpt; Bumps Myers, t-sax; Billy Hadnott, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Los Angeles, Ca. 12 novembre 1947.
(2)(3) T-Bone Walker, vcl/g; Willard Mc Daniel, pno; George Orendorff, tpt; Bumps Myers, t-sax; John W. Davis, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Los Angeles, Ca. 13 novembre 1947.
(4) T-Bone Walker, vcl/g; Willard Mc Daniel, pno; Jack Trainor, tpt; Bumps Myers, t-sax; Billy Hadnott, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Los Angeles, Ca. 16 décembre 1947.
(5) T-Bone Walker, vcl/g; Willard Mc Daniel, pno; Jack Trainor, tpt; Bumps Myers, t-sax; Billy Hadnott, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Los Angeles, Ca. 17 décembre 1947.
(6)(7)(8) T-Bone Walker, vcl/g; Willard Mc Daniel, pno; Jack Trainor, tpt; Bumps Myers, t-sax; Billy Hadnott, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Los Angeles, Ca. 18 décembre 1947.
(9)(10) T-Bone Walker, vcl/g; Willard Mc Daniel, pno; Jack Trainor, tpt; Bumps Myers, t-sax; Billy Hadnott, bs; Oscar Lee Bradley, batt. Los Angeles, Ca. 29 décembre 1947.
(11)(12)(13)(14) T-Bone Walker, vcl/g; Zell Kindred, pno; Eddie Hutcherson, tpt; Eddie Hale, alto-sax; Eddie «Lockjaw» Davis, t-sax; Big Jim Wynn, t-sax; Buddy Woodson, bs; Snake Sims, batt. Los Angeles, Ca. 5 avril 1950.
(15)(16)(17) T-Bone Walker, vcl/g; Zell Kindred, pno; Eddie Hutcherson, tpt; Eddie Hale, alto-sax; Eddie «Lockjaw» Davis, t-sax; Big Jim Wynn, t-sax; Buddy Woodson, bs; Snake Sims, batt. Los Angeles, Ca. 6 avril 1950.
(18) T-Bone Walker, vcl/g; Marl Young, pno; Billy Hadnott, bs; orchestre. Los Angeles, Ca. vers septembre 1950.

CD T-Bone Walker © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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