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LES HOMMES DE BONNE VOLONTÉ

adaptés et lus par JULES ROMAINS


Le roman de la bonne volonté
Une image de l’époque
Lorsque Jules Romains publie, en mars 1932, chez Flammarion, Le 6 Octobre et Crime de Quinette, les deux premiers tomes des Hommes de bonne volonté, il est connu surtout comme auteur dramatique, dont certaines pièces figurent parmi les grands succès de la décennie prédédente : M. Le Trouhadec saisi par la débauche puis Knock ou le triomphe de la médecine en 1923, Volpone en 1928, et Donogoo en 1930. Personne - peut-être même pas lui - n’imagine que ce dramaturge fêté abandonne quasiment pour toujours la scène, son oeuvre romanesque allant l’occuper près de quinze années, puisque le dernier et vingt-septième volume, le 7 Octobre, ne sortira en librairie qu’en 1946. A raison de quatre volumes en 1932, puis de deux tomes publiés à l’automne les années suivantes jusqu’en 1939, les Hommes de bonne volonté vont constituer, dans le paysage littéraire de l’entre-deux-guerres, une aventure éditoriale inédite, saluée par la critique et suivie avec passion par une foule de lecteurs. En juillet 1940, conscient de la nuit intellectuelle, morale et politique qui est en train de s’abattre sur la France et l’Europe, Romains décide de s’exiler aux Etats-Unis où, tout en cherchant à prendre sa place dans une Résistance extérieure, il continuera d’écrire son roman. Six volumes, composés d’abord à New-York puis au Mexique, où il réside à partir de février 1942, complèteront l’ensemble, définitivement couronné par les trois derniers épisodes achevés en septembre 1944 et qui ne seront publiés en France qu’après le retour d’exil de l’écrivain.

Une création dominée
La mise en place de l’oeuvre a sans doute débuté vers 1925, comme en témoigne un feuillet de notes griffonnées, premier témoin archéologique de l’aventure, et dont l’analyse interne a prouvé qu’il n’a pu être rédigé avant cette date1. Mais, en amont, il semble établi que Jules Romains ait voulu, dès ses débuts littéraires, construire un vaste roman unanimiste. Paris en aurait fourni le cadre principal et il aurait offert d’emblée une multiplicité de lignes fictionnelles parallèles, selon une technique dont on trouve les prémices dans les œuvres anciennes du romancier, Le Bourg régénéré (1906) et Mort de quelqu’un (1911). Aux alentours de 1930, l’écrivain commence à s’entourer de dossiers - par thèmes et par personnages - et d’une documentation, qui étayeront la construction. En contrepoint, il réfléchit au cadre temporel de l’œuvre, à la durée dans laquelle il entend l’inscrire. Il se persuade alors qu’une “onde” de vingt-cinq ans paraît à la fois nécessaire et suffisante pour donner à l’action de son roman un rythme et une signification compréhensibles par le lecteur ; que ces vingt-cinq années permettront de traiter dans la masse et dans le détail une série d’événements relatés dans les trois phases essentielles de cette “onde” : de préparation, d’exécution, et de retombée vers l’onde suivante. Si l’on réfléchit que, très vite, la Guerre de 1914 allait lui fournir la “crête” de l’onde, en représenter le point culminant, il lui fallait ensuite déterminer la place du pied de l’onde et celle de sa chute.

Si, pour l’ouverture, l’année 1908 fut choisie, en définitive, c’est en raison des vibrations politico-historiques qu’elle développerait sur l’atmosphère et la matière des volumes consacrés à cette “montée de l’onde” vers la Guerre de 1914 : “L’année 1908, spécialement l’automne 1908, et très précisément la première moitié d’octobre, présentait une physionomie bien remarquable. Un certain nombre d’événements s’étaient ramassés dans notre monde européen, et il n’était pas trop arbitraire d’y voir comme une préfiguration de la grande catastrophe qui allait se déchaîner en 14. De même que dans une pièce de théâtre une scène encore modérée et réticente du premier acte prépare une grande scène violente du trois. Jusqu’à la région de l’Europe qui servait de foyer à l’irritation, d’amorce à une explosion éventuelle, qui était la même. Les forces antagonistes se reconnaissaient, se mesuraient, se distribuaient.” (Ai-je fait ce que j’ai voulu ?, Ed. Wesmaël-Charlier, 1964, p. 110-111.) La situation dans les Balkans - déclaration d’indépendance de la Bulgarie à l’égard de l’Autriche-Hongrie et menaces sur la paix - faisait de ce début d’automne une date-carrefour, à la suite de laquelle pouvait se déclencher le conflit, qui attendra cependant six ans encore...

“Du coup, écrit encore Jules Romains, la grosse charpente de l’œuvre était plantée. Elle montait assez rapidement, c’est-à-dire en six années de récit, jusqu’à la première “arête” d’août 1914  pour atteindre deux années plus tard ce qui me paraissait fournir une “crête” suprême de l’onde : Verdun. Ensuite la descente de l’onde, par paliers, pendant que se ramasseraient, se prépareraient les forces qui gonfleraient l’onde suivante.” (Idem, p. 112-113). Donc, de 1908 à 1933 : vingt-cinq ans d’histoire où se jouerait la partie de la bonne volonté, que les principaux personnages - les normaliens puis écrivain et homme politique Jallez et Jerphanion, le professeur Sampeyre et ses anciens élèves (Clanricard, Laulerque), l’abbé Mionnet, l’homme d’affaires Haverkamp, l’abbé Jeanne, le petit Louis Bastide, etc. - tour à tour solliciteraient ou affronteraient.

Une structure maîtrisée
Mais pour que l’œuvre construise elle-même sa stabilité architecturale, qu’elle ne sombre pas dans une poussière d’histoires mal liées entre elles, Jules Romains adopte assez vite - dès ses premiers pourparlers avec Max Fischer, directeur littéraire de Flammarion - une répartition des volumes en couples symétriques ou antithétiques, sur lesquels les deux pentes des actions viennent se distribuer, s’étager en contrepoint les unes par rapport aux autres. Cette décision esthétique contribuera d’ailleurs à mettre en place la thématique de l’oeuvre - ce que l’auteur tient à exprimer sur tel ou tel sujet - elle-même soumise à une narration qui reste de part en part presque constamment chronologique, l’insertion des personnages obéissant à la fois à ce choix thématique et à la représentation de l’onde historique choisie. Il est ainsi évident que les volumes Montée des périls et les Pouvoirs sont placés en 1910 et 1911, parce que surviennent, à ces dates, des tensions sociales intérieures (la grève générale) et une aggravation des périls internationaux (affrontement franco-allemand devant Agadir). Province a toutes les raisons de se dérouler au printemps 1910, lors des élections législatives qui voient M. de Saint-Papoul se porter candidat, ainsi que Journées dans la montagne en décembre 1923, à quelques mois du scrutin du printemps 1924, alors que l’on sait déjà quelle importance a prise la politique active dans la vie de Jerphanion. Chaque fois, la vie privée des personnages de fiction se trouve encadrée, étayée par le défilement du temps historique, et c’est à l’intersection de ces deux faisceaux que le roman se construit, que sa valeur de témoignage rebondit et prend toute sa portée.

De même, on notera des symétries transversales, de part et d’autre de la ligne de 1914, entre des volumes de l’avant-guerre et ceux de l’après-guerre : Vorge contre Quinette répliquant à Crime de Quinette, Naissance de la bande à Montée des périls, Journées dans la montagne à Province, Le Tapis magique aux Amours enfantines ou enfin, de manière irréfutable, le 7 Octobre au tome initial, le 6 Octobre. Ce qui induit dans l’œuvre toute une série de reflets, de concordances, de rappels, d’harmoniques, sans que cela tourne à un systématisme pesant. Enfin, Romains a tenu à développer dans son roman, en une série de cercles concentriques qui élargissent le panorama, trois grandes “présentations”, situées aux articulations principales de l’ensemble : une “Présentation de Paris à cinq heures du soir” dans le 6 Octobre, une “Présentation de la France en juillet 14” dans le Drapeau noir, enfin une “Présentation de l’Europe en octobre 1933” dans le 7 Octobre, où le roman se fond en une méditation. Ces trois chapitres, qui sont des morceaux sans rapport précis avec le déroulement de l’action, mais qui ne sauraient pourtant se trouver à nul autre endroit de l’oeuvre, donnent aux Hommes de bonne volonté une dimension hugolienne et valéryenne de réflexion sur l’Histoire de la France et sur la civilisation européennne de la première moitié du siècle.

Une symphonie de personnages
Mais la principale clé de voûte des Hommes de bonne volonté réside - comme il se doit d’abord dans une oeuvre de fiction - dans la création de personnages fortement individualisés. En premier lieu Jallez et Jerphanion, que l’on ne quitte pour ainsi dire pas au cours des vingt-sept tomes : Pierre “le spirituel” et Jean “le temporel”, tous deux normaliens comme Romains, l’un parisien et l’autre vellave (on reconnaît là les deux terroirs de l’écrivain), portés aussi bien vers les lettres, l’art que la politique et l’action et qui nous restituent le dialogue idéal de Jules Romains avec lui-même. A ces témoins très privilégiés, on pourrait aussi prêter le rôle du choeur antique, dans la mesure où nous les voyons peut-être moins agir que commenter et interroger cette époque que tant d’autres personnages incarnent pleinement : Haverkamp, l’affairiste au destin ascendant puis tragique, mélange du financier belge Loewenstein et de Staviski, Quinette, le criminel discret et qui, double de Landru, sentira sa raison vaciller lorsque son “original” sera arrêté, l’abbé Mionnet, homme d’intrigues autant que d’Eglise, par deux fois confronté à des cas de conscience, Gurau, que sa longue carrière politique, son idéal fait de libéralisme et d’esprit social, mettent au premier rang des hommes de bonne volonté, Sampeyre ancien professeur d’histoire à l’École normale d’Auteuil, entouré de ses anciens élèves, Laulerque et Clanricard, et admiré pour sa lucidité et sa bonté. Pleinement incarnée, l’époque l’est également par l’ouvrier Maillecottin, la famille Bastide, les aristocrates de la finance et des affaires Champcenais, Sammécaud, le romancier raté Allory ou par les artistes singuliers que sont le poète Strigelius (si proche de Paul Valéry), le peintre Ortegal (Picasso ?), le médecin physiologiste Viaur, dont les travaux évoquent ceux de son créateur sur la vision extra-rétinienne dans les années vingt. Tous ces individus, dont le cadre familial est assez peu entrevu - Romains n’a pas, sur ce point, les desseins de Zola - contribuent à exprimer l’époque. Situés aux points névralgiques de la société et de leur temps, ils les croisent à un carrefour précis, qui est leur rencontre entre un moment donné de cette onde de vingt-cinq ans et leur destinée personnelle.­

Des “Mémoires du temps présent” ?
Le roman progresse ainsi de 1908 à 1933, s’ouvrant de tome en tome à des personnages déjà connus ou neufs qui, paraissant, disparaissant, reparaissant et lui conférant une ligne mélodique particulière faite d’avancées successives, d’intrigues aux contours brisés, finissent par composer une symphonie sur la condition humaine, assez semblable en effet à une partition musicale où se succèderaient les différentes lignes instrumentales, que seule l’exécution simultanée et collective anime vraiment. En cela, les Hommes de bonne volonté ne s’apparentent que d’assez loin aux grandes oeuvres romanesques des cent-cinquante dernières années, que ce soit les Rougon-Macquart, A la Recherche du temps perdu ou les Thibault. On y chercherait en vain la lente et minutieuse reconstitution subjective de Proust, l’ambition encyclopédique de Zola ou la mise en accusation de la bourgeoisie par Martin du Gard à travers l’histoire d’une ou même de deux familles. En amont encore, la Comédie humaine ou les Misérables ne sauraient donner une idée approximative du propos de Jules Romains. Par rapport à la première de ces œuvres, on serait fondé, bien sûr, à noter chez Jules Romains une ambition infiniment moins vaste. Ce serait oublier qu’il n’a jamais eu l’intention de dresser un tableau complet de son époque, mais plutôt celle d’avancer le long d’une tranche temporelle précise, dont il s’agissait de fixer l’image mouvante, capricieuse. C’est pourquoi il n’y a pas dans les Hommes de bonne volonté cette recherche à tout prix de l’exhaustivité balzacienne.

Vis-à-vis de Hugo, le problème se poserait en des termes différents, car là encore, on note que Jules Romains n’a pas voulu composer une fiction fondée sur un personnage principal et central - quelle que soit la variété des milieux que croise l’itinéraire de Jean Valjean. Le propos est à la fois plus large et, d’une certaine manière, moins systématique. Il serait donc plus juste de voir dans les Hommes de bonne volonté des “mémoires du temps présent”, qui supposent à la fois une attention et une ouverture extrêmes aux souffles de l’époque et à leur réverbération sur l’esprit individuel et sur l’humeur générale des hommes qui ont vécu ce temps-là. On pourrait alors dire des Hommes de bonne volonté qu’ils représentent une sorte d’adaptation moderne - et par le biais d’une fiction - des Essais, tant est visible, derrière la fable et le papillotement de surface des intrigues, que s’y développe une méditation sur les grandeurs et misères de notre premier demi-siècle. De cela découlerait aussi la conviction que l’œuvre de Jules Romains n’entre pas si facilement dans les classifications littéraires traditionnelles, la fiction n’y dégénérant jamais en roman-feuilleton à suspense et l’analyse sociale ou historique y restant comme infuse sans jamais l’annexer au point d’en faire un livre didactique de sociologue.

De la page imprimée à l’aventure radiophonique
En 1946, les Hommes de bonne volonté sont donc disponibles dans leur intégralité. Jules Romains en devient un peu l’administrateur délégué pour suivre, dans les vingt-cinq années qui lui restent à vivre, leurs différentes aventures éditoriales. Publications collectives en quatre volumes, illustrées ou non, éditions au format de poche en quatorze ou vingt-sept volumes, extraits en éditions scolaires, parutions isolées d’un ou plusieurs livres (consacrés à Quinette, Mionnet, Jallez à Nice) vont ponctuer la destinée de l’œuvre. Mais il n’existera jamais une sélection proprement dite du roman, dans laquelle on aurait retrouvé son rythme, sa structure particulière, son développement. Même l’édition - posthume et réalisée par sa veuve, Lise, en 1984 - de Quelques hommes de bonne volonté - et qui reprenait le texte original des seules séquences adaptées par Marcel Jullian et François Villiers pour le feuilleton de TF1 - ne parvenait pas à conserver au roman sa véritable courbe et sa vérité.Si bien que la collection des vingt-sept lectures, faites par Jules Romains pour la radio en 1952, et qui forment le présent coffret, représentent un document sonore et littéraire de premier ordre. D’abord parce que c’est l’auteur qui a procédé au découpage de son roman et écrit le texte de liaison, parfois très révélateur de ses intentions et qui d’ailleurs n’a jamais été repris dans les diverses études qu’il aura l’occasion d’écrire sur son roman. Nous avons affaire ici à un inédit véritable. Quant au choix des passages lus, à celui des personnages retenus, il est facile de constater que Jules Romains a réussi à garder l’essentiel de la “substantifique mœlle” des Hommes de bonne volonté. Il est parvenu à résumer, condenser, synthétiser son oeuvre sans lui retirer sa diversité, son caractère d’arborescence touffue et maîtrisée.                                     

Bien sûr, le temps imparti chaque fois - environ vingt-huit minutes par tome - ne lui permettait pas de lire de vastes ensembles comme les trois “présentations” dont nous avons parlé plus haut, ni même des passages plus courts, mais d’une ampleur déjà incompatible avec la gageure proposée, comme les véritables poèmes en prose que sont des descriptions de Paris, de Rome, de Londres, ou de longues méditations - écrites souvent sous forme de monologues intérieurs - de personnages. Morceaux qui ne participent pas de l’action et qui, pourtant, confèrent à l’oeuvre de Romains certains de ses traits les plus saillants et les plus séduisants. Mais par le biais du texte de liaison, qui souvent résume, précise, il est bien rare qu’un tome soit mutilé.Au total, ces vingt-sept lectures donnent une idée assez fidèle du roman et fournissent un équivalent précieux à l’édition imprimée, même si elles ne sauraient nous dispenser souvent de nous y reporter.Une seconde raison qui fait de cette collection d’enregistrements un document rare dans l’histoire des rapports entre les écrivains et le son, outre leur caractère inédit, est la qualité remarquable de la lecture par elle-même. Jules Romains, on le sait, aimait lire ses oeuvres - non point certes pendant qu’il les écrivait, car une espèce de pudeur orgueilleuse l’en aurait empêché - mais une fois qu’elles étaient mises en circulation dans le public2. Et bien des conférences sur les Hommes de bonne volonté que nous possédons prévoyaient des lectures qui, en général, obtenaient un vif succès public. Par exemple, la promenade du chien Macaire dans Éros de Paris, la mésaventure de Gurau dans le métro au début de Pouvoirs constituaient des morceaux de choix.

Mais ici, de plus, Jules Romains peut donner libre cours à son démon de la lecture et à cette passion du dramaturge-comédien - qu’il était aussi - de reconstituer les différentes voix de ses héros. Si, par exemple, il ne cherche pas à trouver une intonation particulière pour Jallez ou Jerphanion (si proches de lui que leurs voix empruntent naturellement la sienne...), il s’amuse, en revanche, à prêter des accents originaux et puissants à des ecclésiastiques comme Sérasquier et Merry del Val, à l’étrange M. Karl, au député russe Poliapoff, au franc-maçon Ardansseaux, au piteux criminel qu’est Leheudry, au professeur Ducatelet, au journaliste anglais Bartlett ou même à des personnages plus épisodiques, telles ces femmes qui accueillent Macaire au café, etc. C’est donc toute une galerie de voix que nous offrent ces émissions, très vivantes, et qui restituent l’impression de variété, de complexité proposée par une lecture muette individuelle des Hommes de bonne volonté. En même temps, Jules Romains parvient à nous plonger dans cette grande vague romanesque, rendue plus sensible encore par l’union de la voix d’un narrateur omniprésent avec celles, démultipliées dans l’espace sonore, des nombreux personnages appelés devant le micro.
Olivier Rony
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001

CHRONOLOGIE DE L’ACTION
Le 6 Octobre se passe le 6 octobre 1908
Crime de Quinette se passe du 12 au 14 octobre 1908
Les Amours enfantines se passe de fin octobre à fin novembre 1908
Eros de Paris se passe de fin novembre au 26 décembre 1908
Les Superbes se passe de fin décembre 1908 au 1er mai 1909
Les Humbles se passe de fin juin 1909 au 10 janvier 1910
Recherche d’une Eglise se passe du 12 janvier au 15 avril 1910
Province se passe du 24 avril à octobre 1910
Montée des périls se passe du 31 octobre 1910 à février 1911
Les Pouvoirs se passe de février à novembre 1911
Recours à l’abîme se passe de novembre 1911 au printemps 1912
Les Créateurs se passe de l’été au 20 décembre 1912
Mission à Rome se passe de janvier 1913 au début de l’été 1913
Le Drapeau noir se passe du début de l’été 1913 au 1er août 1914
Prélude à Verdun se passe du 2 août 1914 au 21 février 1916
Verdun se passe du 21 février au 10 avril 1916
Vorge contre Quinette se passe du printemps 1919 au 14 juillet 1919
La Douceur de la vie se passe de l’automne 1919 au printemps 1920
Cette grande lueur à l’est se passe au printemps 1922
Le Monde est ton aventure se passe en été 1922
Journées dans la montagne se passe en décembre 1923
Les Travaux et les joies se passe de décembre 1923 à février 1924
Naissance de la bande se passe de novembre 1927 à janvier 1928
Comparutions se passe de février à mars 1928
Le Tapis magique se passe du 7 avril 1933 au début de mai 1933
Françoise se passe du début de mai au 24 mai 1933
Le 7 Octobre se passe le 7 et  la nuit du 7 au 8 octobre 1933

CD 1 - I. LE 6 OCTOBRE
L’auteur présente son projet et les lignes de force de l’œuvre (1). Après avoir expliqué le choix du 6 octobre 1908, il nous plonge dans le Paris de ce matin-là. Descente vers les lieux du travail. Aperçu sur les mouvements généraux des habitants, le temps, l’atmosphère. Chemin faisant, et au cours de la même journée, plusieurs personnages apparaissent : l’apprenti Wazemmes dans un atelier de peintres rue Montmartre, la comédienne et maîtresse du député Gurau, Germaine Baader, quai des Grands Augustins, la famille aristocratique Saint-Papoul rue Vaneau, le ménage industriel des Champcenais à Passy, l’instituteur Clanricard au bas de la Butte. Puis, nous sommes à Belleville, dans la famille ouvrière Maillecottin, enfin à Vaugirard chez le relieur Quinette. Jerphanion est encore dans son train, entre Saint-Etienne et Paris, à la veille d’entrer à l’Ecole normale (2). Vers cinq heures, le petit Louis Bastide nous entraîne derrière son cerceau, dans Montmartre (3). Enfin, se nouent d’étranges relations entre Quinette et un déclassé, Leheudry, réfugié chez lui après un mauvais coup, et que le relieur décide soudain de protéger (4). Pour en savoir plus, Quinette lui fixe un rendez-vous dans un café, rue Saint-Antoine. Mais le volume se referme sans que nous ayons rien appris de précis sur ce crime (5).
1 - Nous allons consacrer une vingtaine d’émissions (01’43)
2 - Le premier volume (08’19)
3 - D’abord Louis Bastide (08’23)
4 - Quant à Quinette (09’22)
5 - Le soir venu (01’42)


CD 1 - II. CRIME DE QUINETTE
Le crime n’étant toujours pas découvert, Quinette se demande s’il ne va pas rejoindre les affaires classées, faute d’indices (6). Le 12, on annonce enfin l’assassinat d’une vieille brocanteuse de la rue Dailloud. Le relieur interroge aussitôt Leheudry, dans l’église Saint-Merri (7), puis dans un café, rue de Lyon. Il se fait raconter les circonstances du meurtre, apprend que Leheudry a remis le “magot” à sa maîtresse, auprès de laquelle le relieur va négocier un arrangement, avant d’installer son homme dans une arrière-cour du Faubourg Saint-Denis (8). Il se présente ensuite à la police comme un habitant du quartier qui, le mardi précédent, a recueilli un homme taché de sang. Récit qui amène les policiers à lui présenter d’abord des photos, puis des individus entre lesquels il doit indiquer un suspect (9). Quinette jure de faire payer à Leheudry cette angoisse et bientôt il le tue dans une galerie des carrières de Bagnolet (10). Deux mots sur Haverkamp, Wazemmes et Gurau, et nous assistons à la déclaration d’amour de l’industriel Roger Sammécaud à Marie, femme de son associé et ami, le comte Henri de Champcenais, un matin, dans leur appartement de Passy. Emotion de la jeune femme (11). Sampeyre et ses anciens élèves, dont Clanricard, pourraient nous retenir maintenant, mais c’est à la rencontre entre Jallez et Jerphanion qu’est consacrée la fin de la lecture. Conversation sur Paris, sur la jeunesse et l’amitié, au cours d’une promenade (12).
6 - Vous vous rappelez (00’56)
7 - Et voilà que le 12 (06’50)
8 - Ils se transportent (01’38)
9 - Enfin, le lendemain (06’48)
10 - Leheudry a toutes sortes de raisons (01’06)
11 - Quinette nous a longuement retenus (04’19)
12 - Il faudrait encore parler (07’26)


CD 2 - III. LES AMOURS  ENFANTINES
Le volume débute par la promenade rituelle des normaliens sur les toits de l’Ecole. Jerphanion y médite sur son destin et l’avenir de la société, qu’il espère voir changer (1). Le soir, Jallez évoque Baudelaire et son amour de Paris, avant de rappeler un souvenir d’adolescence : sa passion muette pour une petite Hélène, rencontrée au square d’Anvers ; ses attentes d’amoureux transi devant l’école Edgar-Quinet (2). Quelques jours après, en ballade, toujours avec Jerphanion, il reprend le fil de ses souvenirs. Comment il aborda Hélène, lui parla, comment ils en arrivèrent à se promener dans leur quartier. Leurs itinéraires secrets d’amoureux clandestins. Survint alors la première disparition d’Hélène (3). Mais c’est au cours d’une autre promenade, rue Réaumur, que Jallez conte à son ami la suite de son aventure. Ce qu’il apprit alors de la séparation des parents d’Hélène. La situation de la mère, utilisant sa fille pour des courses dans Paris, auxquelles Jallez participa avec fièvre. Il insiste sur la quiétude d’Hélène, son aisance au sein de l’infini et de l’inconnu de Paris, transformant leurs randonnées en une symphonie poétique. Hélène disparaît une deuxième fois (4). Les efforts de Jallez pour la retrouver. Une lettre portée à domicile, des signaux gravés sur les murs (selon une méthode datant du début de leurs relations) et demeurés sans réponse séparèrent définitivement les adolescents. Jallez n’entendra plus jamais parler d’Hélène (5).
1 - Nos nouveaux amis (5’19)
2 - Vers le soir, Jerphanion et Jallez (4’31)
3 - Mais Jallez qui semble (6’17)
4 - Mais ce n’est qu’au cours d’une promenade (8’51)
5 - Et alors Jallez raconte à son ami (4’02)


CD 2 - IV. ÉROS DE PARIS
Quinette rumine son crime. Son intérêt suspect pour les femmes mûres et seules. Sa nouvelle fonction d’indicateur, depuis ses contacts avec un groupe d’agitation clandestine (6). Retour aux milieux aristocratiques, d’abord chez les Saint-Papoul. Jerphanion y donne des leçons à l’un des fils. Du côté des Champcenais, Sammécaud poursuit la délicate conquête de Marie, tout en circonvenant Gurau, à qui il propose, après en avoir acquis le contrôle, la direction de son journal La Sanction. Gurau va demander son avis à Jaurès. Portrait. Conversation sur les risques conjugués de guerre internationale et de révolution violente qui en sortirait. Leur inquiétude commune (7). Un thème se précise : le conflit entre la volonté humaine et la masse mouvante d’événements aveugles. Mais l’auteur souhaite se consacrer à Haverkamp et à Macaire (8). Haverkamp, maintenant agent immobilier, gère son affaire avec efficacité. Ses promenades professionnelles, cette fois vers la Villette, où il se régale d’un pavé de boeuf saignant (9). Macaire, chien périgourdin des Saint-Papoul, et qui s’est familiarisé peu à peu avec Paris, aime aussi déambuler dans la ville. Ses relations avec l’animation encore déconcertante de la rue. Son univers (10). Sa visite au café où, connu sous le nom de “Coquet”, il se fait donner du sucre (11).
6 - Un mot de Quinette (1’33)
7 - Passons aux milieux aristocratiques (6’04)
8 - Comme déjà certaines réflexions (1’50)
9 - Haverkamp, c’est ce gaillard (5’46)
10 - Quant à Macaire (8’20)
11 - Macaire aperçut enfin (5’09)


CD 3 - V. LES SUPERBES
Les Superbes et les Humbles forment ici “deux pôles qui commandent la sensibilité et l’attitude de l’âme envers la vie”. Les passages d’une zone à l’autre sont subtils et mouvants. Haverkamp, Superbe entre les Superbes, qui s’intéresse à une source d’eau minérale et espère monter une affaire, consulte le professeur Ducatelet au sujet de l’eau qu’il a fait analyser (1). Portrait de ce grand monsieur dans son intérieur avenue Hoche. Ses avertissements, ses réticences, ses insinuations obscures (2). L’entretien, toujours plein de conseils, de questions   destabilisantes, se termine en fait assez bien. Haverkamp, qui en sort rassuré (3), se lance alors dans la création d’une station thermale de luxe à la Celle-les-Eaux, réunit des capitaux et présente à de gros actionnaires, au cours d’une réunion où il se montre fort brillant, des plans magnifiques (4). Quelques semaines après, sur ses chantiers, apparaît Turpin, architecte bohême mais travailleur, aux conceptions originales et affirmées (5). Nous revenons à Marie, qui révèle à Sammécaud la douloureuse existence du petit Marc, l’enfant arriéré qu’elle a eu avec Champcenais. L’industriel, après l’avoir vu, pense qu’il pourrait être éduqué en Angleterre. Leur voyage d’amoureux solitaires et passionnés à Londres se termine cependant par l’allusion à la menace qui pèsera bientôt sur Marie... (6).
1 - Je vous ai signalé (02’50)
2 - Le professeur Ducatelet (06’15)
3 - La conversation prenait un ton (03’16)
4 - Ils se quittent (05’46)
5 - Quelques semaines plus tard (02’31)
6 - Revenons à deux personnages (08’12)


CD 3 - VI. LES HUMBLES
En effet, Marie s’aperçoit qu’elle est enceinte, ce qu’elle ne peut avouer à son mari. On lui conseille de voir une herboriste, à la Villette. Sa visite éprouvante. Examen et remise d’abortifs. Son choc moral rue de l’Evangile, comme si sa misère rencontrait celle de ce quartier ouvrier mal connu. Sa soudaine aptitude à l’humilité et à la souffrance, vécues comme une fraternité (7). Retour à Louis Bastide, à qui sa mère va acheter des chaussures, rue Riquet. Son émotion devant leur prix (“Combien gagne Papa ?”) laisse Mme Bastide toute troublée (8). Après le traitement vigoureux prescrit par l’herboriste, Marie fait une fausse couche dans son château de Sologne : humiliation d’une Superbe... (9) Chez les Bastide, survient une autre catastrophe : M. Bastide est congédié par son patron. Sa femme, contemplant les maigres économies de leur “boîte de titres”, médite sur la dureté de leur vie. Perte de son sac et d’un gros billet. Louis intervient auprès de Clanricard, puis de la patronne de son père (qu’il rêve d’assassiner !). Sa confession à l’abbé Jeanne (10). La frontière entre les humbles et les superbes que celui-ci trace spontanément dans son univers mental. Nous le voyons faire la charité à une fille-mère de la zone. L’Alliance invisible que forment à ses yeux tous les deshérités et sa pitié lavée d’orgueil pour ceux qui souffrent (11).
7 - Vous vous rappelez (08’57)
8 - Nous la reverrons bientôt (07’27)
9 - Revenons à Marie (00’47)
10 - Dans la famille Bastide (03’49)
11 - Cependant nous suivons l’abbé Jeanne (07’45)


CD 4 - VII. RECHERCHE D’UNE ÉGLISE
Le thème est à nouveau celui de toute l’œuvre : “la volonté humaine peut-elle modifier le cours de l’Histoire, ou ce cours obéit-il à des lois inéluctables ?” Gurau, Jaurès, Jallez, Jerphanion, Sampeyre croient à ce rayonnement de la raison (1). Par hasard, Jerphanion lit un article de Clanricard (“Nous sommes tellement seuls”), qui l’ébranle d’autant plus qu’une visite dans un Paris misérable l’a persuadé que seule l’action collective réformera la société. Il lui écrit, le rencontre. Leur amitié naissante (2). On le présente à la jolie Mathilde et à Laulerque, qui parle longuement des sociétés secrètes, de leurs machinations tramées en marge de l’Histoire officielle. Mais la menace actuelle, c’est la guerre, qui ruinerait les efforts des meilleurs (3). Evocation de la Franc-Maçonnerie, qui tente Clanricard et Jerphanion. Laulerque fait allusion à son entrée dans une société secrète internationale, puis fait rencontrer à Jerphanion un certain Rothweil, maçon influent qui l’introduira auprès d’une autre grande figure, Lengnau (4). Mais c’est d’abord un ancien maçon, Ardansseaux, qui lui dévoile, sur le mode ironique, certains mystères des Loges (5). Enfin, de chez Lengnau, Jerphanion sort convaincu que les buts de la Maçonnerie sont sublimes, qu’elle veut atteindre “l’unification totale de l’humanité” et la “construction du Temple”. Mais la guerre attendra-t-elle ? (6)
1 - Le thème principal (01’25)
2 - Une circonstance met notre ami (05’24)
3 - Par la suite, Clanricard (04’06)
4 - Ce qui les amène (04’23)
5 - L’ex-maçon arrive (05’27)
6 - Voici Jerphanion chez Lengnau (08’06)


CD 4 - VIII. PROVINCE
La Province pénètre dans le récit : à Bergerac d’abord, où M. de Saint-Papoul, candidat aux Législatives d’avril 1910, est entouré de son équipe. Jerphanion, rédacteur occasionnel des textes du marquis, les rejoint et confie par lettre ses impressions humoristiques à Jallez (7). Élu, le marquis se promène à cheval, tandis que Jerphanion visite Mathilde dans le Midi et que Laulerque, envoyé à Amsterdam par l’Organisation, fait la connaissance de la séduisante et mystérieuse Margaret (8). C’est ensuite l’abbé Mionnet, vicaire à Paris et professeur à l’Institut catholique, qui nous introduit à M***, dans le centre de la France, où l’autorité ecclésiastique a fâcheusement trempé dans une affaire de tramways mal engagée et que menace une pétition lancée par un marchand de bestiaux (9). Mionnet, qui a accepté, de ses supérieurs, de mener une enquête, est convoqué par l’évêque de M***, le gallican et aristocrate Mgr. Sérasquier, dont le discours l’impressionne fort. Découverte des malversations du vicaire général (10). Présentation de Firmin Gambaroux, le marchand pétitionnaire : ses occupations, ses amours, son goût du vin, sa joie de vivre. Mionnet le rencontre pour le sonder et lui fait entrevoir une solution qui ménagerait les intérêts de tous (11).
7 - Jusqu’ici, c’est Paris (07’10)
8 - Grâce à ses manoeuvres (01’34)
9 - Mais il faut que je vous parle (05’23)
10 - Mionnet arrive à M*** (05’23)
11 - A Chamboriges, sur la place (09’08)

CD 5 - IX. MONTÉE DES PÉRILS
A nouveau, il est rappelé les symétries entre les deux tomes : la montée des périls intérieurs et internationaux ; la description des institutions et des hommes qui y sont confrontés (1). La Banlieue Nord est ainsi devenue une menace pour le pouvoir légal, surtout depuis la grève générale d’octobre 1910, qui s’est terminée par la victoire du gouvernement (2). Son chef, Aristide Briand, briseur de grèves, médite avec lucidité et quelque inquiétude sur le redoutable “pouvoir d’un seul” (3). Maillecottin, ouvrier à l’usine Bertrand, travaille devant son tour. Sa mentalité, son univers moral. Le cas de conscience qu’il éprouve lorsque sa soeur lui demande de témoigner en faveur de son amant Romuald, compromis dans un cambriolage (4). De leur côté, Laulerque et un envoyé de l’Organisation, M. Karl, se rendent près de Toulon pour visiter une villa susceptible d’accueillir une personnalité européenne dangereuse pour la paix. Leurs rêveries sur les souterrains de la maison (5). Mais il y a aussi les problèmes sentimentaux de Mathilde, écartelée entre Jerphanion et Clanricard. La rivalité douloureuse des deux jeunes gens. Ces hésitations se retrouvent dans une conversation de Jallez et de Jerphanion. Le quiétisme de Jallez, et les interrogations de Jerphanion, contemplant la Banlieue Nord depuis le Sacré-Coeur (6).
1 - Entre les tomes IX et X (01’27)
2 - Le volume IX commence (05’49)
3 - Dans le Paris gouvernemental (04’45) 
4 - Revenons maintenant  (06’55)
5 - Pendant ce temps (07’23)
6 - Dans l’intervalle (01’36)


CD 5 - X. LES POUVOIRS
Gurau, député, ancien ministre, est le fil conducteur de cet épisode consacré à la recherche ou à l’exercice du pouvoir, officiel ou privé. On le voit ainsi accepter de manière inattendue un portefeuille dans le nouveau Cabinet Mionis (7). Pressenti pour un ministère, il a refusé, affirmant ne s’intéresser qu’aux Affaires étrangères, déjà promises. Le jour suivant, il perd son billet dans le métro. Soupçonné de fraude par un contrôleur zélé, il est interrogé par le chef de station qui le laisse partir, singulièrement humilié (8). Rêvant à la réaction probable de ces employés devant un ministre, il déplore le refus opposé à Mionis et accepte les Travaux publics... (9). Courson, fonctionnaire au Quai, l’informe ensuite d’une délicate affaire commerciale entre la France et l’Allemagne, mais le ministère devant tomber, Gurau, qui espère toujours le Quai d’Orsay, se réserve de l’examiner plus tard (10). Par ailleurs, ayant rompu avec Germaine, il paraît séduit par la jolie Mme Godorp, rencontrée à un dîner. En témoigne une conversation (11). Enfin installé aux Affaires étrangères, il consulte Courson, qui lui expose les différentes politiques franco-allemandes. Mais la découverte des tractations du président Caillaux avec Berlin, au moment d’Agadir, déciderait presque Gurau à démissionner (12).
7 - Le tome X qui se passe en 1911 (03’27)
8 - Il pénétra distraitement (08’3)
9 - Gurau retourna le jour même (03’01)
10 - Peu après nous retrouvons (02’31)
11 - Mais dans la vie sentimentale (05’33)
12 - Le ministère est donc tombé (06’23)


CD 6 - XI. RECOURS À L’ABÎME
Jallez et Jerphanion (trop absents aux dires de certains lecteurs), séparés depuis leur agrégation, reviennent ici pour une de leurs dernières promenades, au-delà de la porte de Clignancourt. La vision de l’amour chez Jallez (1). Découvrons à présent Stephen Bartlett, journaliste anglais francophile, charmé tour à tour par sa première arrivée à Paris, les inondations de 1910 et une séance spectaculaire à la Chambre des députés (2). Puis c’est la plongée dans l’abîme, manifestée d’abord par la singulière conversation “commerciale” entre un écrivain pornographique et son éditrice, Mme Raymonde (3). C’est ensuite le critique et romancier mondain au maigre talent, George Allory (lequel entrera bientôt en contact avec ces milieux), dont nous faisons connaissance, alors que, saisi d’une tenace “fièvre académique”, il rêve, pour toutes sortes de raisons (frustrations diverses, désir de revanche sur les humiliations de sa vie...), de faire partie des Quarante (4). Le jour de l’élection, en compagnie de sa femme et de sa protectrice, Mme de Ruje, il passe par toutes les étapes de l’espoir et de l’angoisse, avant d’apprendre sa piteuse défaite (5).
1 - Des lecteurs (07’17)
2 - Stephen Bartlett (06’53)
3 - Nous retrouverons Bartlett (05’16)
4 - C’est avec ce milieu (08’03)
5 - Enfin, l’élection a lieu (02’15)


CD 6 - RECOURS À L’ABÎME et XII. LES CRÉATEURS

Détruit par cet échec, Allory rencontre, à son cercle, un vague confrère (Bergamot, l’écrivain pornographique du tome précédent). Alarmé par la dépression d’Allory, il aimerait  lui redonner goût à la vie. Une aventure personnelle qu’il lui    rapporte décide en effet Allory à chercher des compensations à ses déboires. Il est présenté à Mme Raymonde (6) qui l’interroge sur ses  fantasmes les plus fous. Il finira par avouer son désir d’un “attentat à la pudeur” sur une jeune fille du monde. Mme Raymonde s’engage à lui trouver l’oiseau rare (7). Ce qui se réalise en la personne de la très jolie demoiselle Michèle de Lammermont, pour laquelle sa mère (à demi ruinée) souhaiterait un “protecteur”... L’attentat à la pudeur, d’ailleurs raté, a lieu peu après. Humilié et repentant, Allory veut se faire pardonner, revoit Michèle, s’enflamme alors pour elle jusqu’à tenter de se suicider. A son chevet, Michèle paraît céder au chantage de l’écrivain, qui menace d’en finir pour de bon (8). Dans les Créateurs, il va s’agir de science, de littérature et d’art, respectivement avec le médecin Viaur, l’écrivain Strigelius, et le peintre Ortegal. (9) Et c’est sur l’univers du poète Strigelius et la composition, mêlée de hasard et de nécessité, d’un sonnet mallarméen que se termine la lecture. Non sans que nous ayons appris, in fine, le prochain mariage de Michèle (10).
6 - Nous nous sommes séparés (06’45)
7 - Il se rend chez Madame Raymonde (04’28)
8 - Allory est donc présenté (09’32)
9 - Avec les Créateurs (01’44)
10 - Ce Strigelius (06’20)


CD 7 - XIII. MISSION À ROME
Avant d’en venir à Mionnet, héros de ce tome, apprenons que Mathilde voudrait épouser Clanricard, que Louis Bastide se désole de sa faiblesse en mathématiques et qu’Haverkamp a acheté une usine à Limoges (1). Fin 1912, à Paris, on s’inquiète du jeu que mènerait le Cardinal-Secrétaire d’Etat Merry del Val à l’égard des Empires Centraux. Avertis, Gurau et Poincaré décident d’une enquête secrète à Rome. Par Saint-Papoul, on pressent Mionnet, qui accepte la mission. Muni de recommandations, de lettres d’introduction (2), il arrive à Rome, s’imprègne de l’atmosphère particulière de la cité papale, prend des contacts, rêve sur le Vatican grandiose de la Renaissance, s’interroge sur les pouvoirs temporels de l’Église et sur celui du singulier Merry del Val (3). Puis, pressé par Poincaré, il accumule visites, démarches, lectures, informations et rédige, en une nuit, un rapport fracassant, d’où il ressort que Merry del Val pratique en effet une politique pro-allemande (4). Egalement suspect sur le plan privé, le cardinal pourrait être inquiété par une photo compromettante que l’on s’offre à vendre à Mionnet... (5). Alors qu’il hésite, Merry del Val le reçoit et l’impressionne par la hauteur de vue de ses propos (6).
1 - Le héros principal (03’27)
2 - Mais venons à Mionnet (05’01)
3 - Mionnet arrive donc à Rome (09’08)
4 - Par la suite, il accepte (02’47)
5 - Un jour (03’46)
6 - Mionnet se rend à la convocation (04’22)


CD 7 - XIV. LE DRAPEAU NOIR
Ce tour d’horizon, qui occupe une position centrale dans l’oeuvre, va de l’été 1913 au 1er août 1914. Mionnet toujours à Rome, Gurau poursuit sa sage liaison avec Mme Godorp (7). Désormais puissant capitaliste, Champcenais s’est en outre associé à un industriel luxembourgeois. Marie est revenue aux pratiques religieuses, si apaisantes depuis sa rupture avec Sammécaud, lequel a fait de sa vie une suite de chapitres sentimentaux (8). Macaire, amoureux, ne parvient pas à ses fins avec une chienne anxieusement désirée (9). Et Quinette ? Retour sur ses crimes, obsessions et imprudences. Il achète une maison près de Bièvres et  passe une annonce... (10). Marié à Mathilde, Clanricard s’avoue déçu par la Franc-Maçonnerie. Quant à Haverkamp, il juge fâcheux le marasme économique actuel et souhaite un “bon coup de torchon” (11). Jallez et Jerphanion, eux, font le point : collaborateur de Paris-Journal, Jallez poursuit son oeuvre littéraire, alors que Jerphanion, qui espère un poste à Orléans, lui annonce son mariage et son apprentissage politique à La Rochelle (12). Reçu à dîner par le jeune couple, Jallez rêve de Londres (13), “la plus grande ville du monde”, où il se rend bientôt et qui l’enivre. En juin, à Rotterdam, il apprend l’attentat de Sarajevo (14). Promontoire de l’Europe, la France, dont sont repris les mérites et les défauts, bascule dans la catastrophe (15).
7 - Ce volume (02’31)
8 - C’est en tout cas sans crainte (03’44)
9 - Elle ne paraît pas davantage (01’54)
10 - Quant à Quinette (04’33)
11 - Clanricard et Mathilde (01’15)
12 - Arrivons maintenant (04’45)
13 - Quelques mois plus tard (02’49)
14 - Jallez arrive en effet (03’36)
15 - L’événement (05’15)


CD 8 - XV. PRÉLUDE À VERDUN

L’œuvre est parvenue au point culminant de la courbe de temps envisagée : l’éclatement de la Guerre de 14, Verdun en formant le sommet. C’est ici la défaite de la bonne volonté qui essayera de prendre sa revanche. Quant à la bataille, l’auteur a voulu en proposer une synthèse organique (1). Le départ, en août 14, souvent bruyant, presque gai. Bien sûr, l’affaire est d’abord franco-allemande. Examen des passions et considérations des deux camps. Les premières défaites. Comment les Allemands reculent et créent les tranchées. Le “million d’hommes” de deux armées figées face à face. Le “mur” (2). On comprend alors que la guerre est mauvaise, qu’il faut la détruire. Les offensives de 1915, qui se soldent par des demi-échecs, entraînent l’escalade en matériel technique, humain et aboutissent bientôt à la “guerre d’usure”, aspirant les forces vives des peuples vers la plaie purulente du front (3). Verdun approche. Nous retrouvons Clanricard et Jerphanion dans leurs secteurs. En Champagne, Jerphanion fait la relève, retrouve “sa” peur, puis assiste, ahuri, à la rédaction d’avance du “rapport de 24 heures” par son sergent... (4). Clanricard, à Vauquois, fait sa tourné matinale. Les odeurs. Sa pipe. L’amas abominable qu’est la butte où il circule (5). Dans le secteur de Duroure, une visite de députés, membres de la commission de l’Armée, donne lieu à une plaisanterie préméditée par le général et qui tourne mal... (6).
1 - Vous vous souvenez (00’50)
2 - Jamais tant d’hommes (05’52)
3 - L’on s’était un peu trompé au début (06’42)
4 - C’est dans cet état du monde (04’02)
5 - Pendant ce temps (04’16)
6 - Mais il y a tout de même (06’57)


CD 8 - XVI. VERDUN
Lundi 21 février 1916. Matin. Trois officiers, partis en reconnaissance près de Verdun et surpris par un bombardement très violent, se réfugient dans un abri (7). Le capitaine Pierre Lafeuille, d’un autre endroit, assiste à l’embrasement de toute la région. Une tornade de feu est en train de s’y abattre (8). Au QG de Dugny, parviennent les premières informations, diversement appréciées par le général Herr et son adjoint, Plée, qui refuse de s’inquiéter. Dans les bois, le bombardement continue. A Chantilly, Joffre, enfin averti, se demande si l’affaire est sérieuse (9). A quatre heures, alors que les officiers, toujours dans leur abri, examinent l’un des leurs sans connaissance, le bombardement paraît stoppé. Des silhouettes ennemies escaladent les collines. Aucune réplique de l’artillerie française (10). La nuit, a lieu une bataille de spectres. Les jours suivants, on aménage militairement la route de Bar-le-Duc à Verdun ; Joffre envoie Pétain à Verdun et accorde un renfort considérable à la bataille, devenue le centre d’un tourbillon aspirateur (11). Depuis l’Argonne, Jerphanion et ses hommes marchent sur Verdun. La torture qu’est leur progression. Arrivée sur Verdun en flammes. Montée au ravin d’Haudromont (12). Alors qu’Haverkamp se met à gagner beaucoup d’argent, Jallez, contrôleur de chaussures à l’arrière, tente de saisir, à travers les paroles de Jerphanion, comment Verdun, grâce aux multiples motivations des poilus, arrive à “tenir” (13).
7 - A 7 heures, le lundi (03’41)
8 - Le même matin (04’03)
9 - Puis nous arrivons (05’14)
10 - A 4 heures, le commandant Gastaldi (04’29)
11 - Ainsi se prolonge dans la nuit (01’18)
12 - Nous accompagnons Jerphanion (03’31)
13 - Et c’est de ce ravin (07’18)


CD 9 - XVII. VORGE CONTRE QUINETTE
Revenu rue Dailloud après l’Armistice, Quinette veut vendre sa boutique, s’installer dans le Midi comme libraire d’ancien (1). Par ailleurs, le poète dadaïste Vorge, ami du substitut Fachuel, s’intéresse aux meurtres et disparitions favorisés par la guerre. Il apprend de lui, en particulier, que Quinette, sous un faux nom, aurait fait disparaître Virginie Paternat. Muni de ces renseignements, il pénètre chez Quinette, l’interroge et l’abrutit de paroles confuses sur sa recherche d’un Maître de l’action, de l’Ange noir (2). Dans le cadre de son enquête, Fachuel convoque Quinette, mais les réponses claires et faites de sang-froid du relieur le rassurent (3). Vorge revient chez Quinette, le flatte, le séduit. Familier des promenades dans Paris, Vorge en tire des poèmes étranges qu’il récite ensuite à son maître, le fait inviter à dîner par Fachuel (4). Eclate l’affaire Landru. Quinette, complètement désarçonné, s’interroge sur les troublantes similitudes qui le lient à lui, surtout au sujet de Mme Héon, qu’il est certain d’avoir tué... Vorge, de son côté, rêve à cet insensé dédoublement de personnalité et se sent la proie d’une fureur magique. Pour prouver à Quinette son attachement, il tente de violer une femme dans la librairie (5). Quelques mots enfin sur Jerphanion, démobilisé, père d’un petit garçon, et qui veut entrer en politique. Jallez, lui, revient de Berlin et de Vienne, en plein désordre. Leur émotion indicible à la Fête de la Victoire, qui est d’abord une fête des morts (6).
1 - Nous voici au lendemain (3’37)
2 - C’est dans cet avenir (5’50)
3 - En effet Quinette (4’05)
4 - Mais quand Vorge (5’04)
5 - C’est dans cette atmosphère (5’29)
6 - Quelques mots maintenant (5’39)


CD 9 - XVIII. LA DOUCEUR DE LA VIE
Jallez, séjournant à Nice, confie à son journal son nouveau sentiment de la vie, devenue une chose précieuse, rare, et aussi l’impression que lui font les boutiques du vieux Nice, simples et accessibles (7). On le suit en ville. Il achète le journal, remarque la petite vendeuse, s’attarde aux terrasses, rêve à l’amour, à Hélène et, de retour d’une sublime promenade dans l’arrière-pays, ne peut s’empêcher d’offrir un bouquet à la petite vendeuse. Il l’aborde les jours suivants, finit par lui proposer une excursion, qu’elle accepte. Elle s’appelle Antonia (8). Entre temps, il est entré en contact avec un confrère, Bussière, qui l’a présenté à la charmante Mme Valavert, emmené à une conférence sans génie d’Allory sur Maupassant, et introduit dans la librairie de Quinette. Puis c’est la promenade, avec une Antonia déjà moins timide et toute réjouie de son enthousiasme pour le village de Falicon (9). Leur déjeuner en amoureux, leurs danses sur la terrasse enchantée du restaurant, puis leur redescente lyrique sur Nice (10). Jallez, devenu l’amant d’Antonia (c’est elle qui s’est donnée à lui), s’interroge, se confie à Mme Valavert, qui se dit prête à sonder Antonia. Elle rassurera Jallez (11). Mais le roman évoque aussi Laulerque expliquant à Sampeyre sa rupture avec l’Organisation et son installation en Suisse. Enfin, Jallez rend visite à Mgr. Mionnet à Digne et une journée de Françoise Maïeul (qui jouera un grand rôle dans la vie de Jallez) est contée tout au long d’un chapitre (12).
7 - Ce livre-ci (4’15)
8 - Il achète le journal (6’08)
9 - Entre temps il rencontre (3’56)
10 - Le patron offrit (8’31)
11 - Dans les jours suivants (5’13)
12 - Notons que le livre (2’37)


CD 10 - XIX. CETTE GRANDE LUEUR À L’EST
1922. La perspective séculaire des Champs-Elysées éclaire une après-guerre complexe, troublante, peu enthousiasmante, au fond. Où va tout cela ? L’argent facile, la nouvelle mentalité des jeunes, aux antipodes du destin des masses russes (1). Partout d’ailleurs l’influence de cette lueur à l’est est sensible, comme l’apparition de ces chauffeurs de taxi, anciens russes blancs. L’un d’eux conduit Laulerque à un restaurant où se réunissent les amis de Sampeyre, désormais un peu noyautés par des compagnons du PC français. Cette atmosphère, un rien cynique, déplaît à Clanricard, qui rêve à la pureté de la révolution (2). De son côté, Jallez, en poste à la SDN, est en Italie, après la conférence de Gênes, où il a vu le fascisme naissant. Par hasard, il a retrouvé Bartlett. Dans un restaurant de Rome, s’entretenant de leur projet commun d’aller en URSS, ils remarquent un serveur (3), qui leur apprendra que, dénommé Poliapoff et ancien député de la Douma, il s’apprête à rentrer dans son pays. Ils conviennent de se retrouver là-bas (4). A Paris, Clanricard, que sa vie a bien des raisons de rendre amer, reçoit la visite réconfortante de Louis Bastide et de sa fiancée, qui vont sans doute s’installer au Maroc. Puis, avec Laulerque, il consulte Jerphanion, proche collaborateur du ministre radical Bouitton, qui projette un voyage à Moscou. Leur désir à tous, mais plus vital chez Clanricard semble-t-il, d’aller en Russie et d’approcher enfin de cette “lueur” - aurore ou incendie ? (5).
1 - Nous sommes en 1922 (6’58)
2 - Car l’URSS là-bas (6’01)
3 - Pendant ce temps Jallez (5’29)
4 - La salle s’était vidée (3’44)
5 - A Paris Clanricard (6’08)


CD 10 - XX. LE MONDE EST TON AVENTURE
Jallez, dont l’ordre de mission traîne, se rend à Genève, puis à Nice où Elisabeth Valavert lui procure quelques jours de bonheur. Peu après, il débarque à Odessa en compagnie de Bartlett. Leurs impressions mélangées devant la ville et certaines créations du régime (6). Ils font la connaissance de Gordon, membre du Secours américain, qui les emmène dans la région du Liberthal, peuplée de colons allemands. Sur la route, d’anciens soldats des armées blanches les inquiètent. A la ferme de Jagspaecher, on les informe des méthodes brutales des Bolcheviks pour réduire les paysans à l’impuissance et à l’obéissance. L’apparition de singuliers représentants de “la nouvelle aristocratie”. Un peu plus loin, ils sont confrontés à la vision tragique de squelettes vivants blottis au fond d’un talus. Comment un mot sur Poliapoff éveille l’intérêt de leur hôte (7). A Moscou, Jerphanion, amusé par une invitation d’Haverkamp, en “voyage d’affaires” chez les Soviets, confie à Bouitton ses premières déceptions (8). Jallez et Bartlett remontent la Volga. Méditation de Jallez sur la Russie. Apparition de Poliapoff déguisé (9). Soupçonné d’espionnage, arrêté, Jallez, dans sa cellule, pense, plein de remords, à son père, dont c’est bientôt l’anniversaire. Il fait prévenir Jerphanion qui l’attend à Nijni-Novgorod (10). Sur la terrasse du Kremlin de la ville, le poète Viadkaïeff explique l’âme russe et la révolution à Jerphanion et à son patron. On annonce l’arrivée de Jallez (11).
6 - Nous avons laissé Jallez (2’09)
7 - Bartlett fait la connaissance (9’21)
8 - Nous voici maintenant à Moscou (1’58)
9 - Cependant Jallez (3’57)
10 - En arrivant à Simbirsk (8’39)
11 - Pendant ce temps (2’23)


CD 11 - XXI. JOURNÉES DANS LA MONTAGNE
Candidat radical aux élections de 1924 et venu préparer le terrain dans son Velay natal, Jerphanion se rend, dans la voiture du marchand de vins Grousson, de St-Julien-Chapteuil au Puy, où il prononce un discours devant les instituteurs. Tour d’horizon des problèmes de l’heure. Urgence en 1923 d’empêcher une nouvelle guerre. Eloge de la bonne volonté de son parti (1). Le lendemain, déjeuner chez un notable du lieu, qui le met au courant de deux morts suspectes dans sa ferme de Vaurevauzes (2). Grousson, interrogé, lui apprend que les deux frères, pendant la guerre, y ont probalement tué leur père, puis que le cadet aurait assassiné son frère aîné, l’an dernier, par jalousie sexuelle et cupidité, avec la connivence des femmes. Les morts ont été ensevelis dans la neige, sur le toit de la ferme, et il n’y a pas eu de véritable enquête (3). Jerphanion, continuant sa tournée, rêve à ces morts, aux poisons qui ont été peut-être utilisés. Sous un prétexte fourni par le propriétaire, il se rend sur les lieux, étranges et impressionnants. La veuve de l’aîné semble une figure inoubliable. Est-elle à l’origine des meurtres ? Le fils cadet se plaint de la maison insalubre, et qui sera leur tombeau à tous (4). Ayant communiqué ses impressions au propriétaire, Jerphanion rencontre, à la demande de celui-ci, le juge d’instruction du Puy, qui montre peu d’empressement à rouvrir l’affaire. Jerphanion, un peu déçu, se convainc néanmoins que son rôle n’est pas de déterrer des crimes inconnus (5).
1 - Le principal épisode (7’04)
2 - Le lendemain, Jerphanion (3’00)
3 - Arrive l’auto (9’44)
4 - Là-dessus, Jerphanion (7’15)
5 - Ainsi le cadet (1’39)


CD 11 - XXII. LES TRAVAUX ET LES JOIES
Haverkamp, qui a fait fortune pendant la guerre et désormais magnat de la finance, veut se faire construire un hôtel particulier. Il pense à son petit Wazemmes, remplacé par le douteux Henry de Belleuse, et convoque Turpin. Sa vie privée qu’il raconte à son avocat : il envisage de divorcer de sa femme, ancienne collaboratrice dévouée, que le mariage a malheureusement transformée (6). Quant à Jerphanion, un pélerinage sur les toits de l’Ecole le conforte dans sa vocation, mais c’est un monde à sauver qu’il découvre devant lui. Il voudrait avoir les opinions de ses proches. Sa femme, Odette, s’inquiète de l’avenir de son mari, qu’elle souhaiterait moins exposé (7). C’est à Jallez qu’elle se confie, avant que celui-ci, au cours d’une promenade, n’adjure son vieil ami de sauvegarder son bonheur. Puis il lui propose une escapade en Bourgogne en compagnie de Bartlett, chez le vieil intellectuel Torchecoul, fréquenté autrefois à la Closerie (8). Sur le chantier de l’avenue Bugeaud, Haverkamp, un peu déçu et maussade, se dit qu’il n’a plus le même élan qu’autrefois. Peu après, il accepte de commanditer une affaire de théâtre, avant de recevoir Jerphanion, venu parler des finances de son parti. Refus poli de celui-ci à Haverkamp, désireux de l’engager comme collaborateur (9). En route vers la Bourgogne, Jerphanion retrouve son âme d’enfant, se laisse aller aux joies de l’amitié. Leur dîner chez les Torchecoul, hôtes délicieux, et la douce ivresse qui les envahit tous (10).
6 - Nous allons d’abord (5’40)
7 - Pendant ce temps Jerphanion (8’28)
8 - Jallez arrive à Paris (4’33)
9 - Revenons à Haverkamp (5’00)
10 - Entre temps le projet (5’54)


CD 12 - XXIII. NAISSANCE DE LA BANDE

Chaque volume devant procurer à la fois un effet de continuité et de déplacement, celui-ci traitera d’un phénomène collectif essentiel : l’apparition de bandes politiques avides du pouvoir (1). C’est indirectement par Françoise Maïeul, étudiante à la Sorbonne en 1927, que l’épisode est présenté. Nous la voyons au cours de Zabiesky, qui lui décoche une plaisanterie ; puis avec sa mère qui lui rapporte la mésaventure de Jeanne Coislon, enceinte d’on ne sait qui. Mère et fille discutent ensuite de la jeunesse actuelle (2). Françoise, justement invitée à une soirée chez les Coislon, s’y rend avec sa cousine Margot, en déteste l’atmosphère. On lui présente Gilbert Nodiard, fils adultérin de Mme Nodiard, excité par la politique et l’esprit de bande, qu’il a admiré chez Mussolini. Il cherche à doter son groupe des gros bras qui le serviraient pour attaquer des points choisis de la société civile et politique. C’est à Douvrin, communiste défroqué, qu’il pense (3). Contacté, celui-ci le fait assister à une réunion d’Amédée Billecocq, qui veut se faire élire en banlieue (pour y couvrir de douteuses affaires de travaux publics) en échange de la bienveillante complicité des communistes (4). La séance, au cours de laquelle Douvrin, qui a noyauté la salle, chasse les amis de Billecocq et lit un ordre du jour flétrissant la collusion scandaleuse du capitalisme pourri et du communisme moscoutaire, est un succès. Nodiard félicite Douvrin, tout en imaginant les liens sexuels qui uniraient sa bande (5).
1 - Comme vous avez pu le constater (02’03)
2 - Vous vous rappelez Françoise (08’34)
3 - Deux semaines plus tard (07’55)
4 - Le lendemain Nodiard (03’49)
5 - Alors un Douvrin svelte (07’03)


CD 12 - XXIV. COMPARUTIONS
Revenant de Londres, l’un en avion, l’autre en train, en février 28, Haverkamp et Jallez jugent leur vie. L’homme d’affaires y a négocié l’émission de Bons d’emprunt qui lui procureront de la trésorerie et de gros bénéfices, mais l’irréalité grandissante de son empire, sur quoi rien de concret ne mord plus, le trouble, ainsi que sa solitude affective (6). Quant à Jallez, de retour des Etats-Unis, il est saisi de nostalgie pour le ”vagabond mystique” qu’il rêvait d’être, revoit son œuvre, qui a ses mérites, mais dont l’influence sur l’époque est médiocre. Et lui aussi, il se sent bien seul (7). A Paris l’attend une lettre de Bussière, l’invitant à recueillir les confidences de Quinette, mourant, à Nice. Par ailleurs, sa voisine, quittée par son mari, souhaiterait son intervention. Jallez rencontre la rivale, avec laquelle il a une conversation ambiguë (8). De son côté, Nodiard a séduit le général Duroure, mais avec Douvrin, les choses ne marchent plus. Françoise Maïeul, elle, s’indigne du complot matrimonial que son père, gêné financièrement, a voulu tramer dans son dos. Alors que Jallez s’apprête à partir pour Nice, Jerphanion est appelé auprès de Sampeyre, agonisant. L’émotion devant cette belle figure de la IIIè République. Leur dialogue sur le progrès de l’humanité. Son manuscrit. Sa joie de savoir qu’une rue de Montmarte portera son nom (9). A Nice, Quinette fait difficilement comprendre à Jallez qu’il est le plus grand criminel du siècle, plus fort que Landru, mais que lui meurt dans son lit (10).
6 - Pierre Jallez et Frédéric Haverkamp (06’48)
7 - Jallez qui a quitté (03’42)
8 - Jallez arrive (08’54)
9 - Entre temps nous avons des nouvelles (04’39)
10 - Cependant Jallez arrive (05’04)


CD 13 - XXV. LE TAPIS MAGIQUE
Au printemps 1933, nous sommes brièvement en contact avec Vidal, ancien de Verdun devenu électricien ambulant et qui, en pélerinage sur les lieux du front, rencontre Imbard, son capitaine. Suicide de celui-ci à Vauquois (1). Jallez, de nouveau à Londres, se promène avec Bartlett vers Whitechapel. Conversation. La germanophilie anglaise. L’ennui collectif et individuel. Chacun a ses remèdes. Bartlett évoque les hobbies. Jallez pense que la vie réclame un traitement par l’exaltation de l’amour. Comment il en a fait la courte expérience et sa certitude que cet univers crée une franc-maçonnerie entre hommes et femmes (2). Puis, il lit à Bartlett une lettre de Jerphanion, auquel Gurau, peu désireux de signer le Pacte à Quatre, a cédé les Affaires Etrangères dans le Cabinet Daladier. L’enthousiasme et les angoisses de son ami. Tandis que Jallez poursuit sa quête du “tapis magique”, Jerphanion prend ses fonctions, s’amuse des petites vanités de la situation, constitue son équipe, prend à ses côtés son camarade Caulet (3) qui, avec une fausse bonhomie très efficace, s’empare des services du Quai (4). Dans un restaurant, tous deux bavardent avec un peintre, Fraguier, dont les vues étroites les inquiètent. Puis c’est Haverkamp, dont les Bons connaissent de grosses difficultés, qui sollicite Jerphanion. Sa colère, lorsqu’il comprend que le ministre n’interviendra pas auprès de ses débiteurs. Enfin, Haverkamp se fait conduire place de la Bourse. Pour quelle raison ? (5)
1 - Plusieurs années (08’10)
2 - Mais laissons cela (04’43)
3 - Ils entrent dans une taverne (04’49)
4 - Caulet, lui, se tire de son rôle (06’07)
5 - Là dessus, nos deux amis (05’01)


CD 13 - XXVI. FRANÇOISE
Ces escapades cachent en fait l’amour clandestin qu’Haverkamp, sous le nom de Félix Haupetit, s’est organisé avec Marcelle Denis, maroquinière de son état, dont il a eu un fils et qu’il veut emmener dans sa fuite causée par une ruine désormais inévitable. Il révèle sa vraie situation et ses intentions à Marcelle (6). De retour à Paris, et ayant dit adieu au “tapis magique”, Jallez se souvient d’une lettre, reçue sept mois plus tôt, signée d’une jeune inconnue qui disait avoir repris goût à la vie à la lecture d’un de ses romans, auquel l’écrivain tient beaucoup. Il relit la lettre, répond à cette Françoise Maïeul et lui propose un rendez-vous. Ensuite il rejoint Jerphanion s’apprêtant à démissionner en raison des conditions désastreuses du Pacte à Quatre. Leur amer­tume (7). Haverkamp prépare sa disparition : un suicide simulé en mer, tandis qu’il par­tira, via la Belgique, pour une destination inconnue. Le lendemain, au Conseil des ministres, Jerphanion voit sa démission un peu éclipsée par l’annonce du “suicide” d’Haverkamp (8). Bien qu’impatient de la visite de Françoise, Jallez cède à Jerphanion, qui souhaite sa présence à l’inauguration de la rue Sampeyre. Enfin, il accueille Françoise : “Elle est belle”. Leur sympathie. Jallez lui donne un autre rendez-vous, et même lui écrit de Bruxelles une lettre troublante (9). Leur long tête-à-tête cette fois, suivi, dès le lendemain, par une promenade dans Paris. Le soir, avec elle et Margot à l’Atelier, ses réflexions : “Je l’aime follement” (10).
6 - Nous avons vu comment (07’27)
7 - Pendant ce temps Jallez (07’00)
8 - Pendant ce temps il se tient (03’06)
9 - Françoise a répondu (05’29)
10 - Et quand le dimanche Françoise (06’15)


CD 14 - XXVII. LE 7 OCTOBRE
Par un mouvement de symétrie prévu, nous voici en octobre 1933. La migration des parisiens a changé, les trajets sont plus complexes. Lecture des journaux, audition de la radio. Les nouvelles, toutes inquiétantes, sont devenues une drogue. Les Radicaux tiennent congrès à Vichy (1). Jallez fait inviter Bartlett chez Odette, à qui il doit présenter Françoise, sa fiancée. Rue Foyatier, Clanricard parle aux enfants, comme en 1908, des périls de l’Europe puis, rue Sampeyre, cherche la présence apaisante de son maître (2). A Vichy, Jerphanion retrouve par hasard son élève Saint-Papoul, devenu communiste. A l’heure du déjeuner, à Tours, Mgr. Mionnet évoque des souvenirs avec le sénateur Gurau et le préfet Manifassier. Chez Odette, la présentation de Françoise est un succès. On regrette Jerphanion qui, joint à Vichy, accepte de revenir, par avion, pour dîner à Paris avec eux tous. Quelques mots sur Maillecottin, avant de suivre Jallez et  Françoise à Saint-Denis. Une lettre de Bussière fait renaître le fantôme de Quinette (3). M. Haupetit coule des jours heureux dans son palazzo de Dubrovnik. Aperçu sur Louis Bastide dans son auto, au Maroc (4). Jallez célèbre pour Françoise le miracle qu’est leur amour dans un univers menaçant. Jerphanion, dans l’avion avec Grenier, collaborateur de Daladier, déplore les moments intraitables de l’Histoire (5). Le soir, nos femmes et hommes de bonne volonté se réunissent en une “petite cérémonie conjuratoire” (6). 
1 - Déjà le titre (05’41)
2 - Mais nous voici (05’34)
3 - Plus tard nous assistons (04’27)
4 - Et voici comment se présente (03’14)
5 - Pendant ce temps (05’33)
6 - Enfin nous arrivons (04’44)


VIE  ET  ŒUVRE  DE  JULES ROMAINS
1885 -1972
1885 26 août. - Naissance de Louis Farigoule à la Chapuze, hameau du Velay (Saint-Julien-Chapteuil, Hte-Loire) pendant les vacances de ses parents, qui habitent Montmartre, où M. Farigoule est instituteur. Toute son ascendance, maternelle et paternelle, est paysanne. Son enfance et son adolescence se passeront rue Marcadet, rue Simart et, à partir de 1895, rue Lamarck.
1895-1903 Etudes secondaires au lycée Condorcet. Baccalauréat de philosophie. Publie ses premiers textes sous le pseudonyme de Jules Romains choisi en 1902. Prépare avec succès le concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure.
1903-1909 Naissance de l’Unanimisme, vision du monde centrée sur les rapports collectifs et la vie des groupes sociaux. En 1904, publication de l’Ame des hommes. Service militaire à Pithiviers (1905).Etudes de philosophie et de sciences rue d’Ulm et à la Sorbonne. Ecrit la Vie unanime (imprimée à l’Abbaye de Créteil, en 1908). Agrégation de philosophie (1909). Amitiés avec Georges Duhamel, Charles Vildrac, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Paul Fort.
1909-1914 Professeur à Brest, puis à Laon. Ecrit des poèmes (Un Etre en marche, Odes et Prières), des romans et nouvelles (Mort de quelqu’un, les Copains, le Vin blanc de la Villette), une pièce (l’Armée dans la ville) montée par Antoine à l’Odéon en mars 1911. J.R. prend toute sa place dans l’avant-garde littéraire. Mariage en 1912 avec Gabrielle Gaffé. Premiers voyages européens (Belgique, Hollande, Grande-Bretagne, Allemagne, Suisse, Italie).
1914-1920 Mobilisé dans les services auxiliaires, puis réformé. Professeur à Paris et à Nice. Ecrit Europe, poème pacifiste (publié à cent exemplaires en 1916 par Gallimard) et une longue étude, Pour que l’Europe soit. Rédige Cromedeyre-le-Vieil, drame rustique en vers. Ecrit, à la demande de Blaise Cendrars, un scénario de film, Donogoo-Tonka ou les miracles de la science. Travaux sur la vision extra-rétinienne (1918-1923).
1920-1930 Quitte l’enseignement. Acquiert une maison à Hyères. Début d’une période théâtrale. Collaborations fructueuses avec Jacques Copeau (Cromedeyre-le-Vieil, jouée en mai 1920, puis direction de l’Ecole du Vieux-Colombier en 1921), avec Louis Jouvet (M. Le Trouhadec, Knock en 1923, Le Dictateur en 1926 à la Comédie des Champs-Elysées, Donogoo au théâtre Pigalle en 1930), avec Georges Pitoëff (Jean le Maufranc en 1926 au théâtre des Arts) et avec Charles Dullin (Volpone en collaboration avec Stefan Zweig en 1928 et Musse en 1930, à l’Atelier). Publie des poèmes (Ode génoise, Chants des dix années) et une oeuvre romanesque (Psyché, 3 volumes). Commence à préparer le plan des Hommes de bonne volonté. Fréquents voyages à l’étranger. Premier séjour aux Etats-Unis en 1924. Milite pour le rapprochement franco-allemand.
1930-1940 Achète une propriété en Touraine, le “Clos de Grandcour”. Il y composera les Hommes de bonne volonté, dont les quatre premiers volumes paraissent en 1932. Deux tomes annuels suivront. Très grand succès public, culminant en 1938 avec les récits consacrés à la guerre, Prélude à Verdun et Verdun. Activités politiques de Jules Romains. Nombreux articles et conférences. Grands voyages en Europe, Amérique, Afrique. Président international d’une fédération d’écrivains, les PEN Clubs (1936). Divorce et second mariage, en 1936, avec Lise Dreyfus. Publie L’Homme blanc, poème (1937).
1940-1946 Exil volontaire aux Etats-Unis. Apporte son appui à la France Libre (articles et discours à la radio). S’installe au Mexique en février 1942, y  achèvera (septembre 1944) les Hommes de bonne volonté, dont les derniers volumes paraîtront en France en 1946. Son appartement parisien est pillé par la Gestapo. Election à l’Académie française et retour en France.
1946-1972 Fait jouer à Paris L’An mil (1946, théâtre Sarah-Bernhardt, mise en scène de Dullin). Intense activité de conférencier et de journaliste. Voyages aux Etats-Unis, en Europe, en Extrême-Orient. A partir de 1953, il publie un éditorial hebdomadaire dans l’Aurore. Ecrit des romans (le Fils de Jerphanion, Une femme singulière, Un grand honnête homme), des études littéraires et souvenirs autobiographiques (Saints de notre calendrier, Souvenirs et confidences d’un écrivain, Ai-je fait ce que j’ai voulu ?, Amitiés et Rencontres), de nombreux essais socio-politiques et des recueils de poèmes (Pierres levées, Maisons).
1972 14 août - Mort de Jules Romains, à Paris.

EDITIONS  DE  L’ŒUVRE
1. Paris, Flammarion, 1932-1946, 27 volumes.
2. Paris, Flammarion, 1954, édition complète illustrée d’aquarelles de Dignimont, 4 volumes.
3. Paris, Flammarion, 1958, édition complète sur papier Bible, sans les aquarelles de Dignimont, 4 volumes.
4. Paris, 1963-1967, Ed. Ditis, puis “J’ai lu”, 14 volumes suivis de diverses archives de l’œuvre.
5. Lausanne, 1969-1971, Editions Rencontre, 14 volumes, mêmes caractéristiques que l’édition “J’ai lu”.
6. Paris, 1973-1977, Le Livre de Poche, 27 volumes.
7. Paris, 1988, Robert Laffont, Collection “Bouquins”, introduction d’Olivier Rony, et contenant l’index et le fichier des personnages par Lise Jules-Romains, et les textes de l’auteur sur son oeuvre, 4 volumes.

NOTE TECHNIQUE
Ces enregistrements réalisés en gravure directe (sur acétate), comportent des défauts inhérents aux supports (et à leur conservation) ainsi qu’à la prise de son elle-même (chute de niveaux, bruits extérieurs...). Ces défauts n’ont pu être entièrement corrigés lors de la restauration sonore.

CD Les Hommes de Bonne Volonté - par Jules Romain © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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