Fremeaux.com
Intégrale Serge Gainsbourg et ses interprètes (1957-1960)












66 titres de Serge Gainsbourg interprétés par : 
Serge Gainsbourg 
Juliette Gréco
Hugues Aufray
Michèle Arnaud 
Les Frères Jacques
Jean-Claude Pascal
Alain Goraguer…



CD 1
SERGE GAINSBOURG
1. Présentation par Francis Claude, puis
Mes petites odalisques 2’45
(Serge Gainsbourg)
avec François Marlhy (piano) et l’« ami Muller » (contrebasse)
Emission La vie parisienne, Paris-Inter
Enregistrement : 30 décembre 1957 à Milord l’Arsouille,
Paris (diffusion : 5 janvier 1958, collection privée) 

SERGE GAINSBOURG – Concert à l’Alliance Française
2. Présentation par Roger Bouillot, puis Douze belles dans la peau 2’48
3. Friedland (La Jambe de bois) 2’15
4. Le Poinçonneur des Lilas 3’19
5. La Recette de l’amour fou 1’46
(Serge Gainsbourg)
avec Joseph Ginsburg (piano)
Emission Soirée du Club d’Essai, Paris Inter
Enregistrement : 13 mai 1958 (diffusion : 15 juin 1958, collection privée), Club de l’Alliance Française, Paris 

SERGE GAINSBOURG – Du Chant à la Une !
6. Le Poinçonneur des Lilas 2’43
7. La Recette de l’amour fou 1’56
8. Douze belles dans la peau 1’53
9. Ce mortel ennui 2’54
10. Ronsard 58* 1’51
11. La Femme des uns sous le corps des autres 2’59
12. L’Alcool 3’56
13. Du jazz dans le ravin 2’10
14. Le Charleston des déménageurs de piano 2’23
(Serge Gainsbourg) sauf * (Serge Barthélémy / Serge Gainsbourg)
avec Alain Goraguer et son orchestre
Enregistrement : 10 et 17 juin, 1er et 3 juillet 1958 (pa­rution : septembre 1958), studio Philips, boulevard Blanqui  
33-Tours LP PHILIPS B 76.447 R 

MICHELE ARNAUD 
15. Douze belles dans la peau 2’05
16. La Recette de l’amour fou 1’50
(Serge Gainsbourg)
avec François Marlhy et son orchestre
Enregistrement : janvier 1958 (parution : mars 1958), studio Pathé, Boulogne-Billancourt  
45-Tours EP DUCRETET-THOMSON 460 V 372

JEAN-CLAUDE PASCAL
17. Douze belles dans la peau 1’40
18. La Recette de l’amour fou 1’56
 (Serge Gainsbourg)
avec Pierre Spiers et son orchestre
Enregistrement : mars 1958 (parution : juin 1958), studio Pathé, Boulogne-Billancourt  
45-Tours EP LA VOIX DE SON MAÎTRE /   PATHE MARCONI 7EGF348 

HUGUES AUFRAY 
19. Le Poinçonneur des Lilas 3’02
20. Mes petites odalisques 2’30
(Serge Gainsbourg)
avec Jean Bouchéty et son orchestre
Enregistrement : mai 1958 (parution : mars 1959), studio Barclay, Paris 
45-Tours EP BARCLAY 70 238

TITRE BONUS
21. HUGUES AUFRAY en concert
Le Poinçonneur des Lilas 2 ’38
(Serge Gainsbourg)
avec Bob Aubert (piano)
Enregistrement et diffusion : 23 mai 1958, Olympia, Paris
Emission Les numéros Un de demain (collection  privée) 


CD 2
SERGE GAINSBOURG – Opus 109 aux 3 Baudets 
1. Présentation par Carole Grove
(Boris Vian) puis
Le Poinçonneur des Lilas (en public) 3’20
(Serge Gainsbourg)
avec Gilbert Le Roy (piano)
Enregistrement : 24 novembre 1958, Théâtre des Trois Baudets (parution : mars 1959)
33-Tours LP Opus 109 au Théâtre des Trois Baudets – Le sang neuf du rire et de la chanson, PHILIPS REALITES V 16 AA 77.466/1L et 2L 

2. SERGE GAINSBOURG – 
La Jambe de bois (Friedland) 2’32
(Serge Gainsbourg)
avec Alain Goraguer et son orchestre Enregistrement : 12 janvier 1959 (parution : mars 1959), studio Philips, boulevard Blanqui  
45-Tours EP PHILIPS 432.325 BE 

3. LES FRERES JACQUES – 
Le Poinçonneur des Lilas 2’47
(Serge Gainsbourg)
avec Pierre Philippe (piano) et Franck Aussmann (Jean-Michel Defaye) et son orchestre
Enregistrement : 24 et 25 juin 1958 (parution : septembre 1958), studio Philips, boulevard Blanqui  
45-Tours EP PHILIPS 432.267 BE 

ALAIN GORAGUER ET SON ORCHESTRE –
Du Jazz à la Une !
4. Ce mortel ennui 2’26
5. Le Poinçonneur des Lilas 2’30
6. La Femme des uns  sous le corps des autres  2’22
7. Du jazz dans le ravin 2’12
(Serge Gainsbourg)
Alain Goraguer (piano) avec Christian Garros (batterie) et Paul Rovère (contrebasse)
Enregistrement : juillet 1958 (parution : septembre 1958),
studio Philips, boulevard Blanqui  
45-Tours EP PHILIPS 424.107 PE 

MICHELE ARNAUD
8. La Femme des uns sous le corps des autres 2’43 
(Serge Gainsbourg)
9. Jeunes femmes et vieux messieurs 2’08
(Serge Gainsbourg)
avec François Marlhy et son orchestre
Enregistrement : juillet 1958 (parution : octobre 1958), studio Pathé, Boulogne-Billancourt  
45-Tours EP DUCRETET THOMSON 460 V 432 

10. SIMONE BARTEL – 
Douze belles dans la peau 1’53
(Serge Gainsbourg)
avec Jacques Lasry et son orchestre
Enregistrement : septembre 1958 (parution : janvier 1959), studio Magellan, Paris  
45-Tours EP BAM EX 230 

JULIETTE GRECO – Gréco chante Gainsbourg
11. Il était une oie 2’11
12. Les Amours perdues 2’44
13. L’Amour à la papa 2’42
14. La Jambe de bois (Friedland) 2’13
15. La Recette de l’amour fou* 1’58
(Serge Gainsbourg)
avec André Popp et son orchestre
Enregistrement : 6 février 1959 (parution : mars 1959, sauf * décembre 1960), studio Philips, Bruxelles  
45-Tours EP PHILIPS 432.354 BE  
*33-Tours Les grandes chansons, volume 3,   
PHILIPS B77354L 

16. JEAN-CLAUDE PASCAL – 
Le Poinçonneur des Lilas 2’24
(Serge Gainsbourg)
avec Léo Chauliac et son orchestre
Enregistrement : avril 1959 (parution : juin 1959), 
studio Pathé, Boulogne-Billancourt
45-Tours EP LA VOIX DE SON MAÎTRE / 
PATHE MARCONI 7EGF394 

17. PIA COLOMBO – Défense d’afficher 2’31
(Serge Gainsbourg)
avec Alain Goraguer et son orchestre
Enregistrement : avril 1959 (parution : juin 1959), studio Philips, boulevard Blanqui
45-Tours EP PHILIPS 432.466 BE 

18. LUCIEN ATTARD ET SON ENSEMBLE – 
Le Charleston  des déménageurs de piano 2’24
(Serge Gainsbourg)
Enregistrement : juillet 1958 (parution : septembre 1958), studio Philips, boulevard Blanqui  
45-Tours EP PHILIPS 425.125 PE 

19. JACQUES LASRY, SON ENSEMBLE ET RENÉ GARY – 
Douze belles dans la peau 1’54
(Serge Gainsbourg)
Enregistrement : octobre 1958 (parution : décembre 1958)
45-Tours EP HOLIDAY HF 1013 

20. TRUMPET BOY – Le Claqueur de doigts 2’51
(Serge Gainsbourg)
Enregistrement : mai 1959 (parution : juin 1959), studio Philips, boulevard Blanqui  
45-Tours EP PHILIPS P 370 251 F 

21. LOS GORAGUEROS (chant : Humberto Canto) –
Mambo Miam Miam 2’33
(Serge Gainsbourg)
orchestre : Alain Goraguer
Enregistrement : mai 1959 (parution : juillet 1959),
studio Philips, boulevard Blanqui  
33-Tours LP PHILIPS P 08 426 L 

CD 3 
SERGE GAINSBOURG – N°2
1. Le Claqueur de doigts 3’06
2. La Nuit d’octobre* 3’06
3. Adieu créature 2’10
4. L’Anthracite 2’32
5. Mambo Miam Miam 2’33
6. Indifférente** 2’15
7. Jeunes femmes et vieux messieurs 2’04
8. L’Amour à la papa 2’48
(Serge Gainsbourg) sauf * (Alfred de Musset / Serge Gainsbourg) et ** (Serge Gainsbourg / Alain Goraguer) 
avec Alain Goraguer et son orchestre
Enregistrement : mai 1959 (parution : juin 1959),
studio Philips, boulevard Blanqui  
33-Tours LP PHILIPS B 76 473 R

MICHELE ARNAUD 09. Il était une oie 2’06
(Serge Gainsbourg) 
10. Ronsard 58 1’43
(Serge Barthélémy / Serge Gainsbourg)
avec François Marlhy et son orchestre Enregistrement : mai 1959 (parution : août 1959), studio Pathé,Boulogne-Billancourt  
45-TOURS EP DUCRETET-THOMSON 460 V 454  

SERGE GAINSBOURG
AVEC ALAIN GORAGUER ET SON ORCHESTRE
Bande originale du film   
Les loups dans la bergerie 
11. Générique 1’25
12. Fugue 1’05
13. Les Loups dans la bergerie 2’43
14. Cha-Cha-Cha du loup 1’31
15. Les Loups dans la bergerie (fin) 3’24
(Serge Gainsbourg / Alain Goraguer)
Enregistrement : 28 octobre 1959 (parution : février 1960), studio Philips, boulevard Blanqui  
45-Tours EP PHILIPS 432.447 BE 

SERGE GAINSBOURG
AVEC ALAIN GORAGUER ET SON ORCHESTRE 
Bande originale du film L’eau à la bouche 
16. L’Eau à la bouche 2’32
17. Black March 1’38
18. Angoisse 2’38
19. Judith 2’10
(Serge Gainsbourg / Alain Goraguer)
Enregistrement : décembre 1959 (parution : janvier 1960), studio DMS, Paris  
45-Tours EP PHILIPS 432.492 BE

SERGE GAINSBOURG – Romantique 60
20. Cha-Cha-Cha du loup* 1’55
21. Sois belle et tais-toi 1’59
22. Judith* 2’32
23. Laissez-moi tranquille 1’55
(Serge Gainsbourg) sauf * (Serge Gainsbourg / Alain Goraguer)
avec Alain Goraguer et son orchestre
Enregistrement : 12 mai 1960 (parution : juin 1960), studio Philips, boulevard Blanqui  
45-Tours EP PHILIPS 432.437 BE 

TITRE BONUS
24. FRANCIS LEMARQUE 
(chœurs : Serge Gainsbourg) – 
Elle n’avait que dix-sept ans 2’23
(Marty Robbins, adaptation : Francis Lemarque)
avec Alain Goraguer et son orchestre
Enregistrement : mai 1959 (parution : décembre 1959), studio Philips, boulevard Blanqui  
45-Tours EP FONTANA 460 631


INTEGRALE SERGE GAINSBOURG
Malgré la discrétion de Serge Gainsbourg sur ses années de jeunesse, sa biographie est désormais passée à la postérité. Né Lucien Ginsburg le 2 avril 1928 de parents juifs russes exilés en France après la révolution bolchévique, il a une sœur aînée et une sœur jumelle. Son père, Joseph Ginsburg, pianiste complet, lui apprend « à la dure » à jouer de son instrument et lui fait donner des leçons de guitare. Son enfance, plutôt heureuse, a lieu dans le quartier de Pigalle, où il rencontre un jour la grande Fréhel, qui lui offre un diabolo-menthe et une tarte aux fraises dans un troquet en récompense de ses bons résultats scolaires. Son adolescence, passée en bonne partie en zone libre à échapper à l’occupant nazi, est difficile. Service militaire pénible, mariage houleux avec Elisabeth Lévitzky, elle aussi fille d’immigrés russes. Vie de bohème. Petits boulots. Premières chansons écrites vers l’âge de vingt ans, alors qu’il se destinait avant tout à l’art pictural et premiers dépôts SACEM effectués en 1954, sous le pseudonyme de Julien Grix, qu’il ne tarde pas à abandonner au profit de «Serge Gainsbourg». Embauché en tant que guitariste et pianiste suppléant à Milord l’Arsouille, un cabaret de la rue du Beaujolais voisin du Palais-Royal, tenu par le fantaisiste Francis Claude, il est marqué par le passage sur scène d’un auteur qui semble bien peu doué pour le métier de chanteur mais n’en a que faire : Boris Vian. 

Michèle Arnaud, « l’intellectuelle de la chanson »
C’est en 1955 que les choses changent pour Gainsbourg. Alors qu’il commence à écrire des chansons en collaboration avec l’acrobate Diego Altez (pour des spectacles de strip-tease !) et avec Louis Laibe, directeur artistique du cabaret Madame Arthur (où Joseph Ginsburg est chef d’orchestre), il fait de gros progrès au Milord. En effet, il a pu établir le contact avec la chanteuse Michèle Arnaud, qui s’y produit en vedette et ne lui accorde jusque là presque aucune attention. Ayant découvert que son jeune guitariste fait de la peinture et écrit des chansons, Michèle Arnaud prend fait et cause pour lui, l’incite à interpréter ses œuvres lui-même et à se constituer un répertoire qu’il pourra présenter aux maisons de disques. Elle souhaite même qu’il soit signé sur son label, Ducretet-Thompson. Fier comme Artaban mais encore peu sûr de lui, Gainsbourg envisage à un moment de composer des musiques sur les textes d’autres auteurs : un copain noctambule le met alors en relation avec Serge Barthélémy, fonctionnaire au ministère des finances qui a pour passe-temps l’écriture de poèmes. Au printemps 1956, Serge Barthélémy remet à Gainsbourg quelques textes, signés sous le pseudonyme de Serge Barty. Seul le féroce « Ronsard 58 » sera exploité. Le thème d’un autre poème de Serge Barthélémy, «Métro au trot», sert d’inspiration à Gainsbourg pour « Le Poinçonneur des Lilas ». Se prenant au jeu, Gainsbourg pond également une fable antimilitariste d’une grande drôlerie, « Friedland (La jambe de bois) », ainsi que « Mes petites odalisques » et « La Cigale et la fourmi ». Dans la foulée, Francis Claude décide qu’il lancera son « poulain » au Milord. Juste avant de retourner au Touquet pour y effectuer une dernière «saison» en tant que pianiste, Gainsbourg dépose cinq chansons à la SACEM. C’est dans la cité balnéaire qu’il crée sur scène « Le Poinçonneur des Lilas », au restaurant « Chez Flavio », en compagnie du guitariste Tony Romain. Il est alors loin de se douter que cette chanson deviendra un classique du répertoire français.

Premiers succès
Le grand soir venu, Gainsbourg chante « Le Poinçonneur des Lilas » et «Mes petites odalisques» au Milord et fait forte impression, le public n’en revenant pas de voir ce bonhomme de trente ans aux oreilles décollées, aux cheveux très courts, tiré à quatre épingles et raide comme un piquet chanter des paroles aussi audacieuses et agressives. Dans la salle, un jeune chanteur et guitariste nommé Hugues Aufray, enthousiasmé, note les paroles et les accords de ces chansons, qu’il chante dès le lendemain à l’Etable, un cabaret où il fait de l’animation musicale. De plus en plus convaincue de son potentiel, Michèle Arnaud prend à Gainsbourg deux chansons, « Douze belles dans la peau » (que chantera aussi Simone Bartel, une habituée du Milord) et « La Recette de l’amour fou ». C’est alors qu’un talent-scout de Philips, Denis Bourgeois, approche Gainsbourg et le convoque à un essai pour signature. Entretemps, Michèle Arnaud se rend au studio Pathé de Boulogne-Billancourt avec l’orchestre de François Marlhy (pianiste du Milord l’Arsouille) pour y enregistrer «Douze belles dans la peau» et « La Recette de l’amour fou ». Le EP de Michèle Arnaud, sorti en mars 1958, devient le premier enregistrement phonographique de chansons de Gainsbourg.  En prévision de son audition, Serge abandonne «Mes petites odalisques» et «La Cigale et la fourmi» et choisit à leur place «La Recette de l’amour fou» et « Douze belles dans la peau» , que Michèle Arnaud a déjà «amorties»1. Son essai, qui a lieu le 18 février 1958, s’avère concluant, puisque Jacques Canetti, directeur artistique de Philips, patron des Trois Baudets et déjà découvreur de nombreux talents, lui fait signer un contrat.

Les grands noms
Le deuxième interprète de Serge Gainsbourg sur disque est le très élégant Jean-Claude Pascal, acteur et chanteur de charme. Ami de Francis Claude et de Michèle Arnaud, Jean-Claude Pascal vient sur leur recommandation au Milord l’Arsouille pour écouter Gainsbourg et se rend en coulisses pour lui demander des chansons. Comme Michèle Arnaud, il porte son choix sur «Douze belles dans la peau» et « La Recette de l’amour fou », qu’il enregistre pour La Voix de Son Maître. Le bouche-à-oreille commence à bien fonctionner pour Gainsbourg : Yves Montand s’enthousiasme au point de parler de lui à la télévision, mais il ne le chantera pas. Philippe Clay, grande star du moment, rajoute « Le Poinçonneur des Lilas » à son répertoire scénique. Il commande même un album entier à Gainsbourg, qui lui prépare durant les mois d’avril et mai 1958 une dizaine de chansons (dont l’une, « La Purée», restera complètement inexploitée), mais au moment d’aller en studio, Philippe Clay rend à Gainsbourg tout ce qu’il lui avait donné.  Dommage, car on sait aujourd’hui que dans cette dizaine de chansons, il y avait des merveilles comme « Le Charleston des déménageurs de piano» et « La Femme des uns sous le corps des autres», qui lui seraient allées comme un gant… Qu’importe, puisque quelques jours après, Jacques Canetti organise une rencontre entre Gainsbourg et les célèbres Frères Jacques, qui lui prennent « Le Poinçonneur des Lilas ». Le quatuor l’enregistre au mois de juin avec son fidèle pianiste Pierre P hilippe et l’orchestre de Jean-Michel Defaye. Au même moment, grâce à son interprétation du même « Poinçonneur », Hugues Aufray arrive en finale des Numéros 1 de demain, un radio-crochet organisé par Europe 1 et dont la récompense est un contrat d’enregistrement chez Barclay. Tout de suite après, il se rend en studio et enregistre avec l’orchestre de Jean Bouchéty «Le Poinçonneur des Lilas» et « Mes petites odalisques », le 45-tours n’étant pressé et publié qu’en mars 1959. Le 13 mai 1958, Serge joue quatre de ses titres en concert à l’Alliance Française. Ce soir là, au débotté, il est accompagné au piano par son père, Joseph Ginsburg.

Gain-Gain et Go-Go
Le 10 juin 1958, Serge Gainsbourg entre en studio boulevard Blanqui pour commencer l’enregistrement de son premier album, Du Chant à la Une !, qui est essentiellement composé des chansons que Philippe Clay avait choisies. En plus des cinq chansons que Gainsbourg compte déjà à son répertoire scénique, on y trouve « La Femme des uns sous le corps des autres », « Le Charleston des déménageurs de piano » et deux titres tout aussi formidables : « L’Alcool »  et « Du jazz dans le ravin ».  En sa qualité de directeur artistique, Boris Vian vient assister aux séances, qui s’achèvent le 3 juillet : dans une critique de l’album qu’il écrit pour le Canard enchaîné, il parle de « Friedland (La Jambe de bois) », une chanson qu’il considère comme la meilleure alors chantée par Gainsbourg et qui sera pourtant abandonnée. C’est le pianiste de jazz Alain Goraguer qui arrange et orchestre ces chansons, comme il le fait déjà pour Vian. Gainsbourg et Goraguer ne tardent pas à devenir amis, leur amour du jazz les rapprochant. Avec Christian Garros à la batterie et Paul Rovère à la contrebasse, Alain Goraguer enregistre dans la foulée un EP de la collection Danse Party entièrement consacré à Gainsbourg et qui reprend en version instrumentale quatre chansons de Du Chant à la Une ! sous le titre de Du Jazz à la Une ! Il est alors monnaie courante qu’un label fasse enregistrer de tels disques d’ambiance afin de générer des passages en juke-box et des royalties pour les auteurs : ainsi, Lucien Attard publie dans la même collection Danse Party un 45-tours qui comprend une version du « Charleston des déménageurs de piano ».

Du Milord aux Trois Baudets
A la rentrée 1958, les journalistes commencent à affluer au Milord l’Arsouille pour assister aux concerts de Gainsbourg.  Un 45-tours comprenant «Le Poinçonneur des Lilas» et trois titres de Du Chant à la Une ! sort en septembre : il précède de peu l’album, dont la critique souligne l’originalité. Malgré l’importante campagne de promotion que Philips consacre à Gainsbourg, le disque se vend mal. Jacques Lasry, ancien chef d’orchestre du Milord l’Arsouille, se rappelle alors au bon souvenir de son ancien guitariste en enregistrant à son tour « Douze belles dans la peau ».  En octobre, Michèle Arnaud publie deux autres de ses chansons : sa version de «La Femme des uns sous le corps des autres» et une nouveauté, «Jeunes femmes et vieux messieurs», qui confirme le penchant prononcé de l’auteur (et de l’interprète ?) pour la misogynie. Le mois suivant, Gainsbourg est embauché par Jacques Canetti pour une série de concerts aux Trois Baudets donnés dans le cadre des spectacles Opus 109 - Le sang neuf du rire et de la chanson, dont Raymond Devos est la vedette. Trois de ces soirées sont enregistrées par Canetti pour les besoins d’un album en public, qui comprendra « Le Poinçonneur des Lilas ».

59, année romantique 
L’année 1959 est importante à plus d’un titre pour Gainsbourg. En janvier, Philips publie un 45-tours avec trois chansons extraites de Du Chant à la Une ! et « Friedland (La Jambe de bois) », pour laquelle Alain Goraguer a enfin pu trouver un arrangement satisfaisant. Juliette Gréco devient alors le premier « client sérieux » de Gainsbourg : déjà une grande vedette à l’époque, la muse de Saint-Germain des Prés a eu le coup de foudre pour ses chansons. Une grève paralysant les studios français, Philips envoie la chanteuse et actrice à Bruxelles pour y enregistrer quatre compositions de Gainsbourg avec un orchestre local, sous la direction d’André Popp. Deux autres chansons (« La Recette de l’amour fou » et « Défense d’afficher ») sont enregistrées lors de la même séance mais resteront longtemps inédites. Gainsbourg devient alors le deuxième auteur-compositeur à faire l’objet d’un EP entier par Juliette Gréco (le premier était Guy Béart). En dépit de son titre modifié exprès pour ce EP, « La Jambe de bois (Friedland) » connaît quelques ennuis avec la censure, qui la fait mettre à l’index des programmations radio : Gainsbourg doit se sentir quelque peu flatté, son modèle Boris Vian ayant eu droit aux mêmes égards pour «Le Déserteur». Au mois de mars, Gainsbourg gagne subitement en notoriété puisqu’il reçoit le prestigieux grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros des mains de Juliette Gréco. Peu après, c’est au tour de Jean-Claude Pascal de jeter son dévolu sur « Le Poinçonneur des Lilas » et de l’enregistrer, tandis que « Défense d’afficher » connaît les honneurs de la parution sur disque grâce à Pia Colombo, dont Gainsbourg a fait la connaissance aux Trois Baudets. 

C’est à cette époque que l’auteur découvre (sans grand plaisir) les tréteaux de la France profonde avec la tournée « Opus 109 », qu’il effectue en compagnie de collègues comme Jacques Brel, Guy Béart et Simone Langlois. Sitôt revenu à Paris, il enregistre son deuxième album, où il réutilise deux chansons déjà interprétées par d’autres : « Jeunes femmes et vieux messieurs»  et « L’Amour à la papa », ainsi que « Mambo Miam Miam » et « L’Anthracite », initialement destinées à Dario Moreno. En dépit de toutes ses qualités, cet album n’a pas plus de succès que Du Chant à la Une !. Là encore, certains titres sont tout de suite réinterprétés pour des disques d’ambiance, ainsi le trompettiste Fernand Verstraete, alias « Trumpet Boy », s’attaque au «Claqueur de doigts» et Alain Goraguer et son orchestre, accompagnés du percussionniste et chanteur cubain Humberto Canto, enregistrent « Mambo Miam Miam » sous le nom peu inventif de « Los Goragueros ». 

Au rayon « curiosités » : Gainsbourg fait à cette époque une apparition sur « Elle n’avait que dix-sept ans » de son idole Francis Lemarque, adaptation d’un titre américain orchestrée par Alain Goraguer. Heureusement que Michèle Arnaud n’est jamais loin : un peu déçue de voir Gainsbourg lui préférer Juliette Gréco, elle reprend quand même « Il était une oie » et «Ronsard 58 » tout en le faisant passer dans des émissions de télévision, média où elle est devenue une personnalité influente. C’est à la rentrée que Gainsbourg connaît une autre étape importante dans sa carrière puisqu’il reçoit en même temps deux commandes pour des bandes originales de films, celles de Les Loups dans la bergerie d’Hervé Bromberger et de L’Eau à la bouche de Jacques Doniol-Valcroze. Très influencées par le jazz west coast, ces musiques doivent beaucoup au savoir-faire d’Alain Goraguer, qui a su avec habileté tirer profit du matériau mélodique amené par Gainsbourg. Grâce à son inclusion dans le film, la chanson « L’Eau à la bouche » permet à son auteur de connaître son premier beau succès en 45-tours. Le « Gainsbourg romantique » semblant plus attirant pour le grand public, Philips l’incite à enregistrer des titres dans la veine de « L’Eau à la bouche », et c’est ainsi qu’en juin 1960, un EP 4-titres intitulé Romantique 60 est publié. Deux thèmes (« Cha-cha-cha du loup » et « Judith ») y sont repris de ses musiques de film et transformés en chansons, tandis que deux nouveautés, «Sois-belle et tais-toi» et « Laissez-moi tranquille », renouent avec le côté sarcastique de l’auteur.

Si Serge Gainsbourg n’a pas connu dès ses débuts succès, gloire et fortune, il a su se faire une place non négligeable dans le «métier» et, dès ses débuts, ses chansons ont été enregistrées par de multiples interprètes et par lui-même. Plus de vingt ans après sa disparition, c’est un grand plaisir que de redécouvrir sur ce triple CD l’intégralité de ses œuvres de jeunesse, avec lesquelles il montrait brillamment qu’il était déjà l’un des auteurs-compositeurs-interprètes français les plus importants de son temps.
Texte : Frédéric REGENT
Direction artistique et discographique : Olivier JULIEN
© Frémeaux & Associés

Pour son soutien inconditionnel, merci à Sebastien Merlet.
Pour la transmission de ses passions merci à Dominique de Ribbentrop.
Pour leur intégrité et leur compétence, merci à Laurent Balandras, Stéphane Biesenbach,  Alexis Frenkel, Martina Hess, Xavier Perrot, Diana Schulz et Juliette Thery.
Pour toutes leurs informations : Paul Alt, Hugues Aufray, Simone Bartel,  Serge et Francine Barthélémy, Edouard Bayle, Jean-Michel Defaye, Juliette Gréco, Florence Gruère, Max Jourdain, Nathan Korb, Jacques et Teddy Lasry, André Popp, Pascal Tonazzi, Paul Tourenne,  Philippe Veysseyre, Claude Vinci et Dominique Walter.
A la mémoire de Jean-Baptiste Haquette. 


INTEGRALE SERGE GAINSBOURG
Regardless of the discretion shown by Serge Gainsbourg on the subject, his childhood — and the rest of his biography — now belong to posterity. He was born Lucien Ginsburg on April 2nd 1928, and his parents were Russian Jews who’d sought exile in France after the Bolshevik Revolution. Lucien had two sisters, a twin and one elder, and his father Joseph, a complete pianist, taught him to play that instrument and also gave him guitar-lessons. The boy’s Parisian childhood was by all accounts a happy one; raised in Pigalle, one day he even met the great Fréhel, who bought him a mint & lemonade and a strawberry tart in a café, as a reward for his results in school. His adolescence was more difficult — spent mostly in the free zone to escape the occupying Nazis — and followed by the hardship of military service and then a turbulent marriage to Elisabeth Lévitzky, whose parents were also Russian immigrants. Lucien Ginsburg’s life became that of a bohemian, working in various little jobs and then creating his first songs, written when he was twenty despite his intention to become a painter. He registered his first song with SACEM in 1954 under the pseudonym Julien Grix, but quickly abandoned the alias in favour of the name Serge Gainsbourg. Hired as a guitarist and stand-in pianist by the cabaret Milord l’Arsouille — owned by variety-artist Francis Claude, it was on the rue du Beaujolais near Palais-Royal — Serge was struck by the appearance onstage of a writer who seemed to have few gifts as a singer and to care even less... his name was Boris Vian. 

Michèle Arnaud, “The intellectual of song”
Things changed for Gainsbourg in 1955. He was writing songs — with an acrobat named Diego Altez (songs for strip-shows!) and with Louis Laibe, the artistic director of the Madame Arthur cabaret where Serge’s father conducted the orchestra — and Serge was also making great progress at the Milord: for one thing, he’d managed to catch the eye of singer Michèle Arnaud. She’d been topping the bill there, and until then she’d hardly paid him any attention at all; but once she discovered that her young guitarist was also a painter and a songwriter, she became his champion, encouraging him to sing his own songs and develop his repertoire so that he could bring it to the attention of record-companies. She even wanted her record-label Ducretet-Thompson to sign him... As proud as Punch but still lacking in confidence, for a while Gainsbourg considered writing music to suit the lyrics of other writers. A friend of his, a night-owl like himself, introduced Serge to a namesake, Serge Barthélémy, who was a civil servant at the Finance Ministry and whose hobby was writing poetry. In the spring of 1956, Barthélémy gave Gainsbourg a few texts which he’d written using the pseudonym Serge Barty. Only the ferocious Ronsard 58 would come to anything, but another of Barthélémy’s poems entitled Métro au trot would inspire Gainsbourg to write Le Poinçonneur des Lilas. Gainsbourg was hooked, and he also came up with an extremely funny, antimilitarist fable called Friedland (La Jambe de bois), together with Mes petites odalisques and La Cigale et la fourmi. The time seemed right, and Francis Claude decided to get his “protégé” off to a good start at the Milord. Just before, however, Gainsbourg returned to Normandy and Le Touquet for a final season as a house-pianist, and he registered five songs with SACEM. It was while on the Normandy coast (at a restaurant named Chez Flavio) that he premiered his song Le Poinçonneur des Lilas, accompanied by guitarist Tony Romain. It never crossed Serge’s mind that the composition would become a French songbook classic.  

First hits
So, as Francis Claude had promised, Gainsbourg finally sang Le Poinçonneur des Lilas and Mes petites odalisques at the Milord, and he made a great impression: everyone there was amazed to see this thirty-year-old whose ears stuck out, with his hair cut short and standing as stiff as a board in a smart new suit... singing songs that were as daring as they were caustic. In the audience there was a young man named Hugues Aufray, a singer-guitarist who was enthralled by it all, or at least enough to scribble down the lyrics and the chords of the songs so that he could sing them himself the following night at L’Etable, a cabaret where he was the musical attraction. By now Michèle Arnaud was even more convinced of Gainsbourg’s potential, and she decided to do two of his songs, Douze belles dans la peau (which Simone Bartel, a regular at the Milord, also sang) and La Recette de l’amour fou. A talent-scout from Philips Records named Denis Bourgeois then came into the picture, and he approached Gainsbourg to ask him to come down to the studios to do a trial recording, with a view to signing a contract. In the meantime, Michèle Arnaud went into the Pathé studios in Boulogne-Billancourt with the orchestra led by François Marlhy (the pianist at the Milord l’Arsouille) and recorded Douze belles dans la peau and La Recette de l’amour fou. The resulting EP (released in March 1958) was the very first record to feature songs written by Serge Gainsbourg. As Serge’s audition approached, he abandoned Mes petites odalisques and La Cigale et la fourmi in favour of La Recette de l’amour fou and Douze belles dans la peau, already aired by Michèle Arnaud. There was one performance of Mes petites odalisques onstage, however, and it was broadcast over radio at the end of 1957. As for Serge’s audition (on February 18th 1958), it turned out to be quite conclusive: Philips’ A&R director Jacques Canetti – who also ran the Trois Baudets cabaret and was a remarkable talent-scout himself – signed Serge Gainsbourg to a recording-contract. 

Great names
The second artist to perform a Serge Gainsbourg song on record was the elegant crooner and actor Jean-Claude Pascal. A friend of both Francis Claude and Michèle Arnaud, Pascal went down to the Milord l’Arsouille to listen to Gainsbourg at their recommendation, and afterwards he went backstage to ask Serge if he, too, could do some of his songs. Like Michèle Arnaud, he chose Douze belles dans la peau and La Recette de l’amour fou, recording both of them for La Voix de Son Maître. Gainsbourg’s reputation was spreading by word of mouth, and it was going far: Yves Montand enthused over Serge on television (but didn’t sing his songs); Philippe Clay, one of the period’s great stars, added Le Poinçonneur des Lilas to his stage repertoire and even commissioned Gainsbourg to write a whole album of songs for him: between April and May 1958, Serge wrote no fewer than ten songs – one of which, La Purée, would never be used – but when it was time for Philippe Clay to go into the studios, he returned all the songs to Gainsbourg. It was a shame, because we know today that the songs included marvellous pieces like Le Charleston des déménageurs de piano and La Femme des uns sous le corps des autres, all of which would have suited Philippe Clay. It didn’t matter. Only a few days later, Canetti organised a meeting between Gainsbourg and the famous Frères Jacques, and they decided that Le Poinçonneur des Lilas was definitely a song for them. The vocal quartet recorded it in June with their pianist Pierre Philippe and Jean-Michel Defaye’s orchestra. At the same time, thanks to his own performance of the Poinçonneur, Hugues Aufray reached the finals of the Numéros 1 de demain song-contest, a competition organised by the Europe 1 radio-station with a Barclay Records contract as first prize. Immediately afterwards, Aufray went into the studios with the orchestra of Jean Bouchéty and recorded Poinçonneur and Mes petites odalisques. The 45rpm single with the two titles was pressed and released a year later in March 1959.

Gain-Gain and Go-Go
On June 10th 1958 Serge Gainsbourg went into a studio on the boulevard Blanqui to begin recording his first album, Du Chant à la Une!, a record composed essentially of the songs which Philippe Clay had chosen. In addition to the five songs already included by Gainsbourg in his stage repertoire were La Femme des uns sous le corps des autres, Le Charleston des déménageurs de piano, and two titles which were just as excellent, L’Alcool and Du jazz dans le ravin. Boris Vian was then one of Philips’ artistic directors and he came down to the studio for the sessions, which ended on July 3rd; in a review of the album which he wrote for Le Canard enchaîné, he referred to Friedland (La Jambe de bois) as the best song on the album thanks to Gainsbourg‘s singing, yet it was discarded and didn’t appear on the final release. Jazz pianist Alain Goraguer was the arranger, and he orchestrated all the album’s songs (as he already did for Boris Vian’s recordings). Gainsbourg and Goraguer quickly became firm friends, with both musicians sharing a love of jazz.... and two jazz musicians (drummer Christian Garros and bassist Paul Rovère) appeared on the EP which Goraguer recorded immediately afterwards for the collection called Danse Party ; it was entirely devoted to Gainsbourg and its titles were instrumental versions of four songs from Serge’s Du Chant à la Une! The EP was duly entitled Du Jazz à la Une! Record-companies in those days commonly recorded instrumentals like these in order to get the records into jukeboxes and thereby generate extra royalty-income for the songs’ writers: Lucien Attard released a 45rpm record in the same Danse Party collection with an accordion-version of Gainsbourg’s Charleston des déménageurs de piano.

From the Milord to the Trois Baudets
After the summer of 1958, journalists were crowding into the Milord l’Arsouille to watch Gainsbourg singing in concert. In September a 45rpm disc was released containing Le Poinçonneur des Lilas and three other titles taken from Du Chant à la Une! The album followed very shortly afterwards, with the critics unanimous in underlining its originality, and yet it didn’t sell very well despite the major promotion-campaign mounted by Philips to draw attention to Gainsbourg. It was then that one of the Milord’s former bandleaders, Jacques Lasry, resurfaced: in turn, he also recorded Douze belles dans la peau by his old guitarist. In October Michèle Arnaud released two further songs by Gainsbourg: her own version of La Femme des uns sous le corps des autres and one new song, Jeunes femmes et vieux messieurs, which seemed to confirm Gainsbourg’s reputation as something of a misogynist. The following month, Jacques Canetti gave Serge the chance to appear in a series of concerts at the Trois Baudets (the shows were called Opus 109 - Le Sang neuf du rire et de la chanson, and starred Raymond Devos), and three performances were recorded by Canetti with the aim of producing a “live” album that would include Le Poinçonneur des Lilas.

59, a romantic year
The year 1959 was important for Gainsbourg in more than one respect. In January, Philips released a 45rpm record with three songs taken from the album Du Chant à la Une! together with Friedland (La Jambe de bois), for which Alain Goraguer had finally come up with a satisfactory arrangement. And then Juliette Gréco became Serge Gainsbourg’s first “serious customer”: already a Star, the Muse of Saint-Germain des Prés was extremely taken with Gainsbourg’s songs. The French studios were on strike at the time, and so Philips sent the singer/actress over to Brussels to record four Gainsbourg songs with a local orchestra conducted by André Popp. Two other songs (La Recette de l’amour fou and Défense d’afficher) were recorded during that same session but they remained unreleased for a long time. Gainsbourg was only the second songwriter to be the  subject of a complete EP recorded by Gréco (the other was Guy Béart). Despite the inversion in its title (deliberately changed especially for this EP), the song La Jambe de bois (Friedland) still encountered problems with censors, and it was banned from radio playlists ; Gainsbourg must have felt rather flattered by the decision, as his model Boris Vian had also fallen victim to those same censors over his song Le Déserteur. In March, Gainsbourg’s celebrity suddenly increased when he was awarded the prestigious “Grand Prix du Disque” by the Académie Charles-Cros (the prize was actually given to him by Juliette Gréco). Shortly afterwards, it was Jean-Claude Pascal’s turn to set his heart on a recording of Le Poinçonneur des Lilas, which he duly accomplished, and then the song Défense d’afficher found its way onto record thanks to the singer Pia Colombo, whom Gainsbourg had met at the Trois Baudets. 

During this same period, Gainsbourg discovered – without much joy – the pleasures of the provincial stage when he went on tour with the “Opus 109” troupe, which included colleagues like Jacques Brel, Guy Béart and Simone Langlois. As soon as he returned to Paris he recorded his second album, which included two songs already recorded by others, Jeunes femmes et vieux messieurs and L’Amour à la papa, together with Mambo Miam Miam and L’Anthracite, which he’d written initially for Dario Moreno. Despite all its qualities, however, this second album was no more successful than the first. Some of the titles, again, were immediately re-recorded as instrumentals for ambiance jukeboxes: Fernand Verstraete – alias “Trumpet Boy” – had a go at Claqueur de doigts, while Alain Goraguer and his orchestra, accompanied by the Cuban percus­sionist/singer Humberto Canto, recorded their own version of Mambo Miam Miam as “Los Goragueros” (which might not have been as inventive as some names, but it at least translated the style...) The strangeness of the period also included Gainsbourg’s appearance on a song from his idol Francis Lemarque, Elle n’avait que dix-sept ans, which was an adaptation of an American song with an arrangement by Goraguer. Fortunately, Michèle Arnaud hadn’t strayed far from Serge despite her probable disappointment on seeing his preference for the muse Juliette Gréco: Arnaud not only recorded Il était une oie and Ronsard 58, but also made Gainsbourg more visible on television, where she’d become quite influential. In the autumn Gainsbourg took another important step in his career when he received not one but two commissions to write music for films: Les Loups dans la bergerie for Hervé Bromberger, and L’Eau à la bouche for Jacques Doniol-Valcroze. The music had a strong “West Coast jazz” influence, and Serge’s soundtracks owed much to the skills of Alain Goraguer in making the most of the melodic material provided by Gainsbourg. The inclusion of the song L’Eau à la bouche in the film directed by Doniol-Valcroze provided Serge with his first hit 45rpm record. As the “Romantic Gainsbourg” seemed more attractive to French record-buyers, Philips encouraged him to record more titles in the same vein as L’Eau à la bouche, and June 1960 saw the release of a 4-track EP entitled Romantique 60. Two of its tracks (Cha-cha-cha du loup and Judith) were songs created from Serge’s film-music, and two others (Sois-belle et tais-toi and Laissez-moi tranquille) were brand-new songs which showed that their composer had lost none of his irony. 

If his beginnings had been deprived of fame and  fortune, Serge Gainsbourg still succeeded in making a name for himself in “show-business” with his earliest songs, written either for himself, for others or for the cinema. Today, more than twenty years after his death, this 3CD set gives listeners the chance to (re)discover – with considerable pleasure – all the songs which Gainsbourg created as a young songwriter, and their collective brio reveals that he was already one of the most important lyricist-composer-singers ever to appear in France. 
Liner notes : Frédéric REGENT
Art Direction and Selection : Olivier JULIEN 
© Frémeaux & Associés

Special thanks :
To Sebastien Merlet, for his unconditional support.
To Dominique de Ribbentrop for passing on his passions.
For their integrity and competence, thanks to Laurent Balandras, Stéphane Biesenbach, Alexis Frenkel, Martina Hess, Xavier Perrot, Diana Schulz and Juliette Thery.
For all their information, thanks to Paul Alt, Hugues Aufray, Simone Bartel,  Serge and Francine Barthélémy, Edouard Bayle, Jean-Michel Defaye, Juliette Gréco, Florence Gruère,  Max Jourdain, Nathan Korb, Jacques and Teddy Lasry, André Popp, Pascal Tonazzi, Paul Tourenne,  Philippe Veysseyre, Claude Vinci and Dominique Walter.
Dedicated to the memory of Jean-Baptiste Haquette.

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Presse :


"INTEGRALE SERGE GAINSBOURG" PAR NEW FOLK SONGS (NL)

Een bijzonder interessante uitgave voor liefhebbers van de nog jonge Gainsbourg is de drievoudige cd, uitgebracht door Frémeaux & Associés. Deze verzamelinng maakt duidelijk dat deze chansonauteur van bij het begin van zijn carrière erg geappreciëerd werd. Was hij bijlange nog niet de provocerende succeszanger, toch werden zijn chansons onmiddellijk door tal van vertolkers opgepikt. We horen hier ondermeer Michèle Arnaud bij wie Gainsbourg gitarist was, Juliette Gréco, Hugues Aufray, Les Frères Jacques, en nog anderen. Alles samen zijn hier zesenzestig opnames verzameld. Een klassieker als Le poinçonneur des Lilas is in zeven verschillende versies te horen. De eerste twee elpees van Gainsbourg uit 1958 en 1959, toen nog 25 cm platen, zijn hier integraal hernomen en ook een allereerste radio opname van eind december 1957. Deze uitgave bevat, zoals gewoonlijk bij die uitgever, een goed gedocumenteerd inlegboekje. Wie de jonge Gainbourg beter wil kennen kan niet om deze uitgave heen.
Par Dries DELRUE - NEW FOLK SONGS


CD INTEGRALE SERGE GAINSBOURG ET SES INTERPRETES, SERGE GAINSBOURG © Frémeaux & Associés 2011 (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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