Fremeaux.com
Opéras pour Enfants
ISABELLE ABOULKER

CENDRILLON ~ LE PETIT POUCET








Commençons par une devinette :“Quel est l’instrument que tout le monde possède, que l’on peut transporter partout et que l’on utilise sans y penser ?”Tu as trouvé : c’est en effet la VOIX.Avec cette voix , tu parles, tu cries, tu chuchotes mais surtout tu chantes. Et c’est de cela qu’il sera question dans ce petit livre.Chantons, s’il vous plait !Chanter, c’est une activité que tu partages avec tous les hommes de tous les pays. Le chant accompagne depuis toujours beaucoup d’activités des êtres humains : chez l’enfant, c’est d’abord la voix des parents qui chantent des berceuses puis ce sont les jeux, dont beaucoup s’accompagnent de la voix : des comptines, des rondes, des chansons. Chez les adultes ce sont des chants de travail, qui aident à l’effort, ce sont des chants de cérémonies, les gaies et les tristes, des chants religieux, des chants de guerre ou de victoire...Le chant, c’est une activité qui permet aux hommes d’être ensemble, de partager un événement heureux ou malheureux, d’exprimer des sentiments, de raconter autrement des histoires.Je suis sûre qu’il t’arrive de chanter, à l’école, en colonie de vacances, mais aussi pour toi, lorsque tu fredonnes.Peux-tu essayer de te rappeler quels sont les moments où tu chantes ?Chanter permet parfois d’exprimer encore mieux  les sentiments que l’on éprouve : une très grande joie, un moment d’insouciance, le plaisir à être avec des amis .

Lorsque l’on chante, on emploie souvent des paroles que d’autres ont écrites et les mots qu’ils ont choisis nous semblent parfois très justes, ou très drôles, ou encore très poétiques  : les chansons permettent parfois d’exprimer avec des mots qui ne sont pas à soi quelque chose de très personnel. Mettre des paroles en musique, cela leur donne une autre dimension , cela permet de leur donner un supplément d’âme !Amuse-toi à imaginer une phrase : dis-la simplement, puis en mettant le ton, puis essaye de la chanter... Est-ce que l’effet est le même ?Grâce aux chansons, on peut aussi communiquer avec des gens d’une autre génération, des plus jeunes ou des plus âgés ou même d’un autre pays : certaines chansons franchissent les frontières du temps et de l’espace ! Et enfin, la musique de la voix souvent nous émerveille, nous fascine, nous surprend : c’est aussi un peu cela l’opéra.

Qu’est-ce qu’un opéra ?
C’est une histoire qui est racontée en musique sur une scène, un peu comme du théâtre chanté, avec des solistes, un chœur, des musiciens, un chef d’orchestre et parfois des danseurs. Les personnages de l’histoire,  sont interprétés par des chanteurs lyriques1 qu’accompagne l’orchestre qui joue dans une fosse, en dessous de la scène. Le chœur, lui, chante sur scène.Un opéra a été écrit par un compositeur, qui signe la musique, et un écrivain qui a écrit le livret. Quelquefois, mais c’est rare, c’est la même personne qui fait les deux: c’est arrivé, au 19e siècle, avec un certain Richard Wagner. Dans l’opéra, on utilise des costumes, souvent très chamarrés, un ou plusieurs  décors, selon les lieux de l’histoire , des accessoires, des trucages, des effets spéciaux, des lumières, le tout organisé par  une mise en scène. Tu vois, c’est un spectacle total, où beaucoup de nos sens sont  sollicités : il y a une intrigue à suivre, des personnages qui expriment de nombreux sentiments en chantant, des décors qui changent avec les actes, des lumières qui créent des ambiances différentes, et puis sur le devant, le chef d’orchestre et les musiciens, tout de noir et blanc vêtus. C’est peut-être pour cela que c’est le genre musical qui est le plus populaire : le public ne s’ennuie jamais, pleure, rit, frémit et est souvent ému par de magnifiques arias, ou duos chantés par ses interprètes préférés. Tu peux t’amuser à imaginer les décors et les costumes des deux opéras de ton disque. Découpe les histoires en actes, imagine le lieu où se déroulent les différentes actions et laisse aller ton imagination !

L’opéra, c’est aussi l’endroit  où se joue ce genre de spectacle. Il y a des opéras dans la plupart des grandes villes du monde, et l’on y donne, chaque saison, un certain nombre de représentations, d’opéras, d’opérettes ou de ballets. L’opéra, est souvent un édifice imposant, décoré de sculptures ayant trait à la musique et à la danse, et orné de dorures, de tapis, de marbre, et de velours. Derrière le monumental hall d’entrée, s’ouvrent de petites portes qui conduisent à la salle de spectacle : elle est souvent en demi-cercle, avec la scène tout au fond, cachée avant que le spectacle ne commence, par un grand rideau de scène en velours rouge. En bas, se trouvent les fauteuils d’orchestre: ce sont les places les plus chères, avec les corbeilles, au premier étage. Puis, si on monte encore, on atteint le deuxième balcon et enfin le “poulailler”, c’est à dire l’endroit où se trouvent les places les plus hautes et les moins chères, car elles sont loin de la scène. Y a-t-il un opéra près de chez toi ? Si c’est le cas, tu peux peut-être aller le visiter...

Un peu d’histoire...
L’opéra est apparu en Italie il y a environ quatre cents ans. “Opéra”, c’est d’ailleurs un mot italien, qui signifie “œuvre” ou “ouvrage”. Nombre de mots liés à la musique sont d’origine italienne. En connais-tu d’autres ?Dans l’Antiquité, les grecs avaient déjà inventé une forme de spectacle, la tragédie, qui mêlait la poésie, le chant et la danse.A la Renaissance en Italie, on aimait chanter des airs accompagnés par un ou deux instruments, comme le luth qui est l’ancêtre de la guitare, ou le clavecin. L’on donnait également des représentations autour de poésies, dont certaines étaient chantées. Elles étaient entrecoupées d’Intermèdes, où des artistes jouaient des morceaux de musique, chantaient des airs ou dansaient, le tout agrémenté d’ effets spéciaux de l’époque : des machineries faisaient voler des dieux sur des nuages, le soleil  montait et descendait, la nature s’animait... Cela plaisait beaucoup au public et peu à peu, ces Intermèdes ont pris de l’importance. Les chanteurs étaient de véritables virtuoses que le public venait ap­plaudir.Le premier vrai opéra c’est l’Orféo de Claudio Monteverdi : reprenant une histoire antique, l’opéra raconte la mort d’Eurydice, la douleur d’Orphée qui part la chercher aux enfers.  Les dialogues sont chantés et accompagnés par de la musique. Entre les dialogues s’intercalent des récitatifs, qui sont entre le chant et la diction.L’opéra s’est ensuite développé dans d’autres pays, en France, en Allemagne, en Autriche, en Angleterre, mais c’est resté un art très populaire en Italie.Voilà quelques noms de compositeurs qui ont composé des opéras devenus célèbres : Mozart, Verdi, Rossini, Puccini, Bizet, Wagner...


Les voix d’opéra
Comme tu le sais , tout le monde ne chante pas de la même façon : les enfants ont généralement des voix aigües, qui se transforment à la mue, au moment de l’adolescence, surtout pour les garçons.Les adultes sont répartis entre voix d’hommes et voix de femmes.Les femmes possèdent les voix les plus hautes, surtout à l’opéra. On les ap­pelle parfois des cantatrices ou encore des “divas” quand elles sont très connues. Les sopranos chantent dans l’aigu, les mezzo-soprano, qu’on appelle encore les altos, chantent dans des voix un peu plus graves. Les héroïnes des histoires d’opéra sont le plus souvent des sopranos parce que c’est la voix la plus répandue dans l’opéra, et que ce timbre de voix, clair, transparent représente la jeune femme, souvent amoureuse, souvent innocente, comme les princesses des contes de fées. Les altos jouent souvent les rôles de suivantes, les nourrices, les dames de la cour. Elles chantent même parfois des rôles de jeunes hommes et apparaissent sur scène travesties en garçons !Les chanteuses qui arrivent  à monter très haut sont des soprano-colorature : peut-être as-tu déjà entendu parler de la Reine de la Nuit, dans l’opéra “la Flûte Enchantée” de Mozart ?

Chez les hommes, il y a trois voix : du plus aigu au plus grave, on trouve les ténors, les barytons et les basses.Il existe une voix d’homme, qui ressemble un peu à celle de la soprano : c’est la voix de haute-contre, que les chanteurs obtiennent en usant d’une technique très particulière.Maintenant que tu as une petite idée des voix que l’on peut entendre dans les opéras, essaye de repérer le timbre de voix des héros des deux opéras de ton disque.


Ecrire un opéra pour enfants
Isabelle Aboulker a écrit deux œuvres pour toi et tes amis : Le petit Poucet, qui est un conte musical et Cendrillon, qui est un opéra d’initiation, c’est à dire qu’il te permet de découvrir comment on chante à l’opéra. En effet, les voix d’opéra ne ressemblent pas aux voix que tu connais peut-être un peu mieux : celles de tes amis, des voix d’enfants ou celles des chanteurs de variété. Elles sont plus travaillées, plus puissantes et les mélodies plus complexes.Isabelle a choisi deux histoires que les enfants connaissent bien. Elles ont été adaptées pour que les paroles puissent mieux se prêter au chant. Puis, le travail du compositeur a consisté à écrire la musique qui viendrait le mieux enrichir, souligner le récit.Dans Le Petit Poucet, et dans Cendrillon, écoute bien comment sont utilisées les voix : à quel moment racontent-elles l’histoire, à quel moment sont-elles des personnages ?Dans ces deux œuvres pour enfants, la compositrice Isabelle Aboulker a imaginé quelles voix pourraient le mieux traduire les caractère des personnages ou raconter l’histoire. Par exemple...Dans Le Petit Poucet, c’est une femme qui chante les parties qui racontent ce qui arrive aux enfants, car sa voix aigüe, douce correspond le mieux à un caractère enfantin. Il y a des duos dans Le Petit Poucet et dans Cendrillon : qui en sont les personnages?La musique permet aussi de fabriquer le caractère des personnages : la fée de Cendrillon chante une mélodie sautillante et spirituelle, les deux sœurs chantent un duo moqueur, sans accompagnement de piano. Comment sont représentés, en musique, les douze coups de minuit ?Dans les deux œuvres, la musique, les paroles se combinent pour donner une autre couleur à des histoires très connues. Le chant permet de dramatiser certains moments et de poétiser certains autres. Comme la mélancolie du Prince est belle quand elle s’exprime par le chant !Maintenant, tu es un peu plus familier de ce grand art qu’est l’opéra ! Il ne te reste plus qu’à aller assister à une représentation, pour de vrai !

Petit dictionnaire de l’opéra
Arias : c’est un mot italien qui veut dire un air, c’est à dire une mélodie interprétée par l’un des solistes.
Balcon : comme pour les maisons, ce sont les rangées de sièges situés aux étages dans un théâtre ou opéra.
Compositeur : personne qui écrit de la musique.
Corbeille : fauteuils situés au-dessus des fauteuils d’orchestre.
Duos : airs chantés à deux , souvent une voix féminine et une voix masculine.
Fosse : endroit, situé sous la scène, où sont installés les musiciens. Le chef d’orchestre est situé sur une petite estrade et peut être vu des musiciens et des chanteurs.

Livret : texte de l’opéra , écrit par le librettiste.
Lyrique : 1. Spectacle qui est mis en scène et chanté / 2. Un artiste qui chante à l’opéra ou l’opéra comique.
Opérette : opéra dont le sujet est plutôt léger, amusant.
Saison : période pendant laquelle ont lieu les représentations d’un opéra.
Timbre : non, cela ne se colle pas sur une enveloppe : c’est une qualité particulière d’une voix.
Dominique BOUTEL
© Frémeaux & Associés / Groupe Frémeaux / Colombini SA 2002

LE PETIT POUCET
D’après le conte de Charles Perrault
Musique : Isabelle Aboulker
Adaptation du conte et texte des chansons : Isabelle Aboulker
Editions :  Notissimo – Frémeaux & Associés

1 - INTRODUCTION
Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne
Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne
Ils avaient de nombreux enfants,
Sept enfants, sept enfants, tous garçons !
L’aîné n’avait que dix ans,
Le plus jeune avait sept ans
Et leurs parents, pas d’argent, pas d’argent, pas d’argent !

Mais ce qui les chagrinait le plus
C’était  que le plus jeune était petit,
Petit, tout petit, il était tout petit, petitIl était tout petit,
Et quand il vint au monde, il n’était pas plus grand que le pouce
Ce qui fit qu’on l’appela... le Petituyant et les laissèrent là !

2 - CHANSON DU PETIT POUCET
De nous perdre demain au bois..., caché dans un tiroir, le Petit Poucet avait entendu ce que disaient ses parents, et de tout le reste de la nuit, il ne dormit point, songeant à tout ce qu’il avait à faire.

Il se leva de bon matin
S’en alla au bord du ruisseau
Emplit ses poches, emplit ses poches
De petits cailloux blancs
Il se leva de bon matin
S’en alla au bord du ruisseau
Emplit ses poches, emplit ses poches
De petits cailloux blancs
Et ensuite revint à la maison
La la la la la la la laLa la la la la la la la
Et ensuite revint à la maison
La la la la la la la laLa la la la la la la la
Il se leva de bon matin
S’en alla au bord du ruisseau
Emplit ses poches, emplit ses poches
De petits cailloux blancs


Et le lendemain matin, fort tôt, leurs parents les menèrent dans une forêt très épaisse, où, à deux pas de distance, on ne se voyait pas l’un l’autre...Le père et la mère, les voyant occupés à faire des fagots, s’éloignèrent d’eux insensiblementet puis s’enfuirent tout à coup par un sentier détourné. Lorsque les enfants se virent seuls, ils se mirent à crier de toutes leurs forces.Le Petit Poucet les laissait crier, sachant bien par où ils reviendraient à la maison, car en marchant, il avait laissé tout le long du chemin les petits cailloux blancs qu’il avait dans les poches.Il leur dit donc : ne craignez point mes frères, je vous mènerai au logis et il les mena jusqu’à leur maison par le même chemin qu’ils étaient venus dans la forêt.

3 - DUO DES PARENTS
Arrivés devant la maison, ils n’osèrent pas entrer et se mirent tous contre la porte pour écouter ce que disaient leurs parents ; et il leur sembla qu’ils étaient tous deux fort en colère !
La mère :
Hélas, hélas, hélas, hélas !
Où sont maintenant nos pauvres enfants ?
Que font-ils tous seuls dans la forêt ?
Hélas, hélas, hélas !
Les loups les ont peut-être mangés !
Hélas, hélas, hélas, hélas, hélas, hélas, hélas !
Où sont maintenant nos pauvres enfants ?
Que font-ils tous seuls dans la forêt ?
Hélas, hélas, hélas !
Les loups les ont peut-être mangés !
Hélas, hélas, hélas !
Tu sais bien que c’est toi seul qui a voulu les perdre
Je t’avais bien dit que nous nous en repentirions
Hélas, hélas, hélas, HELAS !


Le père :
Te tairas-tu, oh femme ?
Te tairas-tu ? tu me casses les oreilles, femme,
Tu m’exaspères, si tu ne tais point,
Tu vas connaître le bâton, oui le bâton, oui le bâton
Et, je suis las de supporter tes cris, tes pleurs,
Et tes jérémiades !
Mais qui m’a donné une femme aussi détestable!
Et qui me délivrera jamais de ce démon !
Hélas, hélas, hélas, hélas, HELAS !


Pour faire cesser la dispute, les sept petits garçons se mirent à crier tous ensemble : Nous voilà, nous voilà! La bûcheronne était bien aise de revoir ses enfants et elle les embrassa avec empressement. Mais... dès le lendemain, avec son bûcheron de mari, ils résolurent des les perdre encore, et pour ne pas manquer leur coup, de les mener bien plus loin que la première fois.... Le Petit Poucet avait entendu son père et sa mère parler de leur méchant projet.Pour lui, il ne restait qu’une chose à faireMiseyre ! Miseyre ! La porte était fermée à double tour !Il ne pouvait pas sortir et disposer sur le chemin ses petits cailloux blancs !... Qu’importe ! Il utiliserait son pain au lieu de caillouxen le jetant par miettes le long du chemin où ils passeraient.Il mit un morceau de pain dans sa poche et, rassuré, se rendormit jusqu’au matin. Et le lendemain matin, fort tôt...Le père et la mère les menèrent dans l’endroit de la forêt le plus épais et le plus obscur...

4 - Les oiseaux étaient venus
Le petit Poucet ne s’en chagrina pas beaucoup, parc’qu’il croyait retrouver aisément son chemin. Par le moyen de son pain, qu’il avait semé partout où il avait passé. Mais il fut bien surpris quand il ne put en retrouver une seule miette. Les oiseaux, les oiseaux, les oiseaux étaient venus, qui avaient tout mangé ! Les voilà donc bien affligés, car plus ils marchaient, plus ils s’égaraient et s’enfonçaient dans la forêt.

5 - Nuit d’angoisse
La nuit vint. Et ils s’éleva un grand vent qui leur faisait des peurs épouvantables il croyaient n’entendre de tous côtés que des hurlements de loups Ou Ou Ou Ou Ou Ou Ou ! Puis survint une pluie méchante et glacée qui les rendaient encore plus misérables ! Ils glissaient titubaient et retombaient, aveuglés mourant de faim!Malgré sa fatigue, le petit Poucet grimpa au haut d’un arbre pour voir s’il ne découvrait rien.

6 - Hélas, mes pauvres enfants
Ayant tourné la tête de tous côtés, il fit une petite lueur comme d’une chandelle, mais qui était bien loin par delà la forêt. Ayant marché longtemps avec ses frères, ils arrivèrent enfin à la maison où était cette chandelle.  Ils heurtèrent la porte, une une bonne femme vint leur ouvrir. Le petit Poucet lui dit qu’ils s’étaient perdus et demandaient à coucher, par charité. Les voyant si pitoyables, la femme se mit à pleurer. La femme de l’Ogre : Ah, Hélas ! Mes pauvres enfants où êtes-vous venus? Savez vous bien que c’est ici la maison d’un Ogre qui mange les petits enfants.

7 - Prière du petit Poucet
Le petit Poucet :Hélas Madame lui répondit le petit Poucet qui tremblait de toutes ses forcesQue ferons-nous ?Il est bien sûr que les loups de la forêt ne manqueront pas de nous manger cette nuit si vous ne voulez pas nous garder chez vous.Et cela étant, nous aimons mieux que ce soit Monsieur l’Ogre qui nous mange.Peut-être qu’il aura pitié de nous si vous voulez bien l’en prier.La femme de l’Ogre, qui crut qu’elle pouvait les cacher jusqu’au matin, les laissa se chauffer auprès d’un bon feu, car il y avait un mouton tout entier à la broche puor le souper de l’Ogre.

8 - Chanson de l’Ogre
Comme ils commençaient à se chauffer et à se sentir bien, ils entendirent heurter trois ou quatre grands coups à la porte : BOUM ! BOUM ! BOUM ! BOUM !C’était l’Ogre qui revenait. Aussitôt, sa femme les fit cacher sous le lit et alla ouvrir la porte.L’Ogre :Femme, Femme j’ai très faim. Mon souper est-il prêt ? Femme, Femme, j’ai très soif. As-tu tiré le vin ?Femme, Femme, apporte-moi un mouton bien saignant.Femme, Femme, apporte-moi quatre tonneaux de vin !Femme, Femme, je sens là une odeur bizarre,Femme, Femme, il y a là... quelque chose qui ne me convient pas.Je sens la chair fraîche !La femme de l’Ogre :la chair fraîche ? Mais pas du tout !Pas du tout, Mon cher époux !L’Ogre :Je sens la chair fraîche !Instrumental“Je vois bien que tu veux me tromper, maudite femme”, et disant ces mots, il alla prendre un grand couteau, alla droit au lit, tira les enfants de leur cachette l’un après l’autre. Il en avait empoigné un, lorsque sa femme lui dit : “Attends donc demain matin. Je les aurai bien nourris ce soir et ils seront plus gros et bien meilleurs à manger”.L’Ogre pensa que sa bête de femme avait bien raison pour une fois. Il reposa les enfants et s’en alla boire une douzaine de coups de plus qu’à l’ordinaire, ce qui lui donna mal à la tête et l’obligea de s’aller coucher.

9 - Monsieur l’Ogre avait sept filles
Monsieur l’Ogre avait sept filles Monsieur l’Ogre avait sept filles, qui paraissaient fort gentilles.Mais qui ne l’étaient pas du tout !Pas du tout !Comme elles mangeaient de la chair fraîche à chaque petit déjeuner Elles avaient, ces Ogresses un teint rose et parfumé,Mais... Mais... De petits yeux tout gris, tout gris Et... Et un affreux nez crochu, crochu, crochu !Et une grande bouche avec de grandes dents fort aigües !Elles n’étaient pas encore trop méchantes Mais elles promettaient beaucoup Car elles mordaient déjà les petits enfants Pour en sucer le sang On avait fait coucher les petites filles de bonne heure, et elles étaient toutes sept dans un grand lit, ayant chacune une couronne d’or sur la tête...... Il y avait dans la même chambre un autre lit de la même grandeur, et ce fut dans ce lit que la femme de l’Ogre mit coucher les sept petits garçons - qui étaient tous coiffés d’un bonnet de laine.Après quoi, elle s’alla coucher près de son mari.

10 - Couronnes contre bonnets, bonnets contre couronnes
Le petit Poucet, qui avait remarqué que les filles de l’Ogre avaient des couronnes d’or sur la tête et qui craignait qu’il ne prît à l’Ogre quelques remords de ne pas les avoir égorgés dès le soir même, eut une idée :Le petit Poucet se levaEt vivement, il échangea, il échangea, devinez quoi ?Couronnes contre bonnets Le petit Poucet se leva  Et vivement, il échangea,  il échangea, devinez quoi ?Bonnets contre couronnes Sortit vite de crainte d’éveiller les filles de l’Ogre qui dormaient, à poings, à poings, à poings, à poings.Sortit vite de crainte d’éveiller les filles de l’Ogre qui dormaient, à poings fermés.

11 - Sacrebleu et palsembleu !
L’Ogre s’éveilla sur le minuit de fort méchante humeur, car il regrettait d’avoir remis au lendemain ce qu’il pouvait exécuter la veille.Il se jeta brusquement hors du lit, prit son grand couteau, et monta à la chambre de ses filles. Ah ! Les voilà ces gredins ! dit-il, ayant senti les bonnets de laine des petits garçons, ne tardons plus et travaillons hardiment !Sacrebleu et Palsembleu ! je vais couper le couVentrebleu et Palsembleu !A ces affreux gamins Sacrebleu et Palsembleu !Veux leur couper la têteVentrebleu et Palsembleu! sans attendre demain!Sacrebleu et Ventrebleu ! que j’ai mal au ventre !Palsembleu et Ventrebleu ! J’ai dû boire un peu trop de vin !Sacrebleu et Palsembleu !Je vais couper la tête,Ventrebleu et Palsembleu A ces affreux gamins !Instrumental Et, disant ces derniers mots, l’Ogre coupa sans hésiter la tête à ses sept filles... Puis fort content de son expédition, il alla se recoucher auprès de sa femme.Aussitôt que le petit Poucet entendit ronfler l’Ogre, il réveilla ses frères, et leur dit de s’habiller promptement et de le suivre.Ils coururent presque toute la nuit, toujours en tremblant, et sans savoir où ils allaient.Dans le même temps, l’Ogre s’étant éveillé dit à sa femme : Va-t-en là haut chercher ces petits drôles d’hier soir ;Et, comme il craignait qu’elle ne fut trop longue à venir, il monta dans la chambre.Ah ! Grands Dieux ! qu’ai-je fait ! s’écria-t-il, lorsqu’il découvrir l’affreux spectacle.Fou de colère, il ordonna : “Femme ! donne-moi vite mes bottes de sept lieues, afin que j’aille les attraper. Ils me le payront, ces petits monstres, et plus vite qu’ils ne le pensent !”

12 - L’Ogre se mit en campagne
L’Ogre se mit en campagne ses bottes de sept lieues aux pieds.L’Ogre battit la campagneEt la courut de tous côtésAlla dans le chemin où étaient les pauvres enfantsQui n’étaient plus qu’à cent pas de la maison de leurs parentsIls virent l’Ogre qui allait de montagne en montagneEt qui traversait les rivièresComme de tout petits ruisseauxIls virent l’Ogre qui passait au dessus des villagesEcrasant tout sur son passage :Maisons et gens, gens et maisonsL’Ogre se mit en campagne ses bottes de sept lieues aux piedsL’Ogre battit la campagne,L’Ogre battit la campagne,L’Ogre battit la campagneEt se sentit très fatigué.L’Ogre qui se trouvait fort las du long chemin qu’il avait fait inutilement, (car les bottes de sept lieues fatiguent leur homme) voulut se reposer et le hasard fit qu’il alla s’asseoir sur la roche où le petit Poucet et ses frères s’étaient couchés.Comme il n’en pouvait plus de fatigue, il s’endormit très vite et vint à ronfler effroyablement.... Le petit Poucet, éveillé par les ronflements de l’Ogre, lui tira doucement ses bottes et les mit aussitôt.Les bottes étaient fort grandes et fort larges ; mais comme elles étaient Fées, elles avaient le don de s’agrandir et de s’apetisser selon la jambe de celui qui les chaussait de sorte qu’elles se trouvèrent aussi justes à ses pieds et à ses jambes que si elles avaient été faites pour lui.

13 - Un gros mensonge
Chaussé des bottes de sept lieues, le petit Poucet alla droit à la maison de l’Ogre où il trouva sa femme qui pleurait auprès de ses filles mortes.Votre mari, lui dit le petit Poucet, est en grand danger, car il a été pris par une troupe de voleurs qui ont juré de le tuer s’il ne leur donne tout son or et tout son argent !Comme la chose presse beaucoupIl a voulu que je prenne ses bottes de sept lieuesPour faire diligenceEt aussi afin que vous ne croyiez pas que je sois un voleur, un menteur et un affronteur !La femme de l’Ogre n’avait rien compris, tant le petit Poucet avait parlé vite !Il lui redit donc la chose...... La bonne femme, fort effrayée, lui donna aussitôt tout ce qu’elle pouvait, (car cet Ogre ne laissait pas d’être fort bon mari - quoiqu’il mangeât les petits enfants...)


14 - Marche triomphale du petit Poucet

Le petit Poucet étant donc chargé de toutes les richesses de l’Ogre s’en revint au logis de ses parents où ses frères étaient revenus.... Bon et généreux, il offrit à chacun une part des richesses de l’Ogre et fit le bien tout le reste de sa vie.La la la, bon et généreux,La la la la, il fit le bien, La la la la, il fit le bien le reste de sa vie.Un ! deux ! trois ! quatre !C’était l’histoire, toire, toire,Du petit PoucetC’était l’histoire, toire, toire du petit PoucetQui avait oublié de grandir, de grandir,Qui avait oublié de grandir, de grandir,C’était l’histoire, toire, toire du petit PoucetC’était l’histoire, toire, toire du petit PoucetOn se moquait de lui, si petit, si petit,On se moquait de lui, si petit, Mais si petit qu’il était,Il avait de bonnes idées,La meilleure, assurément fut celle des petits cailloux blancs, Si petit qu’il était, il avait de bonnes idées,La meilleure, assurément fut celle des petits cailloux blancs !Boum boum boum boum boum boum !Cailloux blancs !

CENDRILLON
D’après le conte de Charles Perrault
Musique : Isabelle Aboulker
Adaptation du conte et texte des chansons : Isabelle Aboulker
Editions : Frémeaux & Associés / Notissimo15.

Prologue
Il était une fois un gentilhomme qui épousa en secondes noces une femme, la plus hautaine et la plus fière qu’on n’eût jamais vue.Elle avait deux filles qui lui ressemblaient en toutes choses.Le mari avait de son côté une jeune fille, mais d’une bonté et d’une douceur sans exemple.Elle tenait cela de sa mère qui était la meilleure personne du monde.Les noces ne furent pas plutôt célébrées que la belle-mère fit éclater sa mauvaise humeur; elle ne put souffrir les bonnes manières de cette jeune enfant qui rendait ses filles encore plus haïssables. Elle la chargea des plus viles occupations de la maison.

16. Chanson de Cendrillon
C’était elle qui nettoyait la vaisselle, c’était elle qui frottait la chambre de madame, et celle de mesdemoiselles ses filles. Elle couchait tout en haut de la maison dans un grenier sur une méchante paillasse, pendant que ses sœurs étaient dans des chambres parquetées où elles avaient des lits plus à la mode. et des miroirs où elles se voyaient depuis les pieds jusqu’à la tête.La pauvre fille souffrait tout avec patience et n’osait s’en plaindre à son père qui l’aurait grondée parce que sa femme le gouvernait entièrement.Lorsqu’elle avait fini son ouvrage, elle s’allait mettre au coin de la cheminée et s’asseoir dans les cendres, ce qui faisait qu’on l’appelait communément Cucendron.La cadette, qui n’était pas si malhonnête que son aînée, l’appelait Cendrillon.Cependant Cendrillon, avec ses méchants habits, ne laissait pas d’être cent fois plus belle que ses sœurs, quoique vêtues magnifiquement.Il arriva que le fils du roi donna un bal et qu’il en pria toutes les personnes de qualité. Nos deux demoiselles en furent aussi priées car elles faisaient grande figure dans le pays. Les voilà bien aises et bien occupées à choisir les habits et les coiffures qui leur siéraient le mieux.Nouvelle peine pour Cendrillon, car c’était elle qui nettoyait le linge et qui godronnait leurs manchettes. On ne parlait que de la façon dont on s’habillerait.

17. Où l’on se prépare pour le bal
Moi, dit l’aînée, je mettrai mon habit de velours rouge, de velours rouge et ma garniture d’Angleterre.Moi, dit la cadette, je n’aurai que ma jupe ordinaire, mais en récompense, je mettrai mon manteau à fleurs d’or et ma barrette de diamantsqui n’est pas des plus indifférentes.Elle appelèrent Cendrillon pour lui demander son avis car elle avait le goût bon. Cendrillon les conseilla le mieux du monde car s’offrit même à les coiffer, ce qu’elles voulurent bien.En les coiffant elles lui disaient :Dis-nous Cendrillon, serais-tu bien aise, serais-tu bien aise d’aller au bal ?Dis-nous Cendrillon, serais-tu bien aise, serais-tu bien aise d’aller au bal ?Hélas, mesdemoiselles, vous vous moquez de moi, ce n’est pas là ce qu’il me faut.Tu as raison, tu as raison, on rirait bienTu as raison, tu as raison, on rirait bienOn rirait bien si l’on voyaitSi l’on voyait une Cendrillon aller au bal !Une autre que Cendrillon les aurait coiffées de travers, mais elle était bonne et les coiffa parfaitement bien. Elles furent près de deux jours sans manger tant elles étaient transportées de joie. On rompit plus de douze lacets à force de les serrer pour leur rendre la taille plus menue, et elles étaient toujours devant leur miroir.Enfin, l’heureux jours arriva. On partit et Cendrillon les suivit des yeux aussi longtemps qu’elle put... Et lorsqu’elle ne les vit plus, elle se mit à pleurer. Sa marraine lui demanda ce qu’elle avait : Je voudrais bien... je voudrais bien... Elle pleurait si fort qu’elle ne put achever.

18. La chanson de la fée
Va dans le jardin et apporte-moi la plus belle des citrouilles Va dans le jardin et apporte-moi la plus belle des citrouilles la plus belle des citrouilles Cendrillon alla cueillir la plus belle qu’elle put trouver et la porta à sa marraine. Ne pouvant deviner comment cette citrouille la pourrait faire aller au bal. Sa marraine la creusa et, n’ayant laissé que l’écorce, la frappa de sa baguette, et la citrouille fut aussitôt changée en un beau carrosse doré.

19. Où intervient la baguette magique
Puis de sa baguette magique, changea en chevaux les souris et fit d’un gros rat tout velu un fier cocher tout moustachu. Et de six lézards paresseux, oh ! Fit six laquais beaux et heureux !La fée dit alors à Cendrillon : Et bien voilà de quoi aller au bal. N’est-tu pas bien aise ?Oui, oui, oui, Marraine, oui, je vous remercie beaucoup, beaucoup,mais je n’irai pas au bal avec ces vilains habits, avec ces vilains habits !Sa marraine ne fit que la toucher avec sa baguette et, en même temps ses habits furent changés en des habits de drap d’or tout chamarrés de pierreries. Elle lui donna ensuite une paire de pantoufles de verre. Quand elle fut ainsi parée, elle monta en carrosse mais sa marraine lui recommanda sur toutes choses de ne pas passer minuit, l’avertissant que si elle demeurait au bal un moment davantage, son carrosse redeviendrait citrouille, ses chevaux des souris, ses laquais des lézards et que ses vieux habits reprendraient leur première forme.Cendrillon promit à sa marraine qu’elle ne manquerait pas de sortir du bal avant minuit. Elle part, ne se sentant pas de joie...

20. Au palais du Roi
Donnez-moi la main, Princesse, Princesse, donnez-moi la main.Donnez-moi la main, Princesse, belle PrincessePrenez ma main, Le fils du roi la mena dans la salle où était la compagnie. Il se fit alors un grand silence. On cessa de danser et les violons ne jouèrent plus tant on était attentif à contempler les grandes beautés de cette inconnue.Ah, qu’elle est belle ! Ah, qu’elle est belle !Ah, qu’elle est belle ! Ah, qu’elle est belle !Le roi même, tout vieux qu’il était ne laissait pas de la regarder, de dire à la reine qu’il y avait longtemps qu’il n’avait vu une si belle et si aimable personne. Toutes les dames étaient attentives à considérer sa coiffure et ses habits pour en avoir dès le lendemain de semblables pourvu qu’il se trouva des étoffes assez belles et des ouvriers assez habiles. Le fils du roi la mit à la place la plus honorable et ensuite la prit pour la mener danser. Elle dansa avec tant de grâce qu’on l’admira encore davantage.Cendrillon entendit sonner onze heures trois quarts. Elle fit aussitôt une grande révérence à la compagnie et s’en alla aussi vite qu’elle put.Dès qu’elle fut arrivée, elle alla trouver sa marraine, et après l’avoir remerciée, lui dit qu’elle souhaiterait bien aller encore le lendemain au bal.

21. Prière de Cendrillon

Oh, marraine, combien je vous remercie, combien je vous remercie, mais si vous saviez comme c’était beau, comme c’était beau, ce bal.Oh, marraine, combien je vous remercie, combien je vous remercie, j’ai dansé avec le plus beau des princes charmants.Oh, marraine, combien je vous remercie, combien je vous remercie, mais je voudrais tant, je voudrais tant retourner au bal demain. Car le fils du roi, le fils du roi m’en a priée.Comme elle était occupée à raconter à sa marraine tout ce qui s’était passé au bal, les deux sœurs heurtèrent à la porte. "Que vous êtes longtemps à revenir", leur dit-elle en baillant, en se frottant les yeux et en s’étirant comme si elle n’eut fait que de se réveiller. Le récit que lui fit ses sœurs lui causa beaucoup de plaisir.

22. Si tu étais venue au bal
Si tu étais venue au Bal, si tu étais venue au BalOh, Cendrillon ! Oh, Cendrillon !Tu ne t’y serais pas ennuyéeIl est venu la plus belle des princesses,venue on ne sait d’oùDans un carrosse tout tapissé d’orque tirait six chevaux grisvenus on ne sait d’oùElle nous a parlé, nous a parlé, nous a parléEt ce fort simplement, fort simplement, fort simplement,Elle nous fit part des présents que le Prince lui avait donnésCe qui nous étonna fort car nous ne la connaissions pasSi tu étais venue au Bal, si tu étais venue au BalSi tu étais venue au Bal, si tu étais venue au BalOh, Cendrillon ! Oh, Cendrillon !Tu ne t’y serais pas ennuyée !Cendrillon ne se sentait pas de joie : elle leur demanda le nom de cette princesse, mais elles lui répondirent qu’on ne le connaissait pas, que le fils du roi était fort en peine et qu’il donnerait toutes choses pour savoir qui elle était. Cendrillon sourit et leur dit : "Elle était donc bien belle?"Le lendemain, les deux sœurs furent au bal et Cendrillon aussi, mais encore plus parée et plus belle que la dernière fois.

23. De retour au bal
Que suis heureux, Princesse, de vous revoir en mon palais. Donnez-moi la main, Princesse, belle PrincesseBelle Princesse, venez danser.Tout à son bonheur, Cendrillon oublia ce que sa Marraine lui avait recommandé, de sorte qu’elle entendit le premier coup de minuit lorsqu’elle ne croyait pas qu’il fut encore onze heures.Elle se leva et s’enfuit aussi légèrement qu’aurait fait une biche. Le prince la suivit, mais il ne put l’attraper. Elle laissa tomber une de ses pantoufles de verre que le Prince ramassa bien soigneusement. Cendrillon arriva bien essoufflée, sans carrosse, sans laquais et avec ses méchants habits. Rien ne lui était resté de toute sa magnificence qu’une de ses petites pantoufles, la pareille de celle qu’elle avait laissé tomber. Le Prince désespéré, demanda aux gardes du palais s’ils n’avaient point vu sortir une princesse. Le garde : "Une princesse ? Une princesse ? L’avons rien vu !

24. Chanson du paysan
Non! L’avons vu sortir personne, non!  L’avons vu sortir personne, qu’une fille fort mal vêtue, fort mal vêtue, fort mal vêtue! Et qui avait plus l’air d’une paysanne Et qui avait plus l’air d’une paysanne, d’une paysanneque d’une demoiselle !Quand ses deux sœurs revinrent du bal, Cendrillon leur demanda si elles s’étaient encore bien diverties et si la belle dame y avait été.

25. Imagine-toi, Cendrillon
Imagine-toi, Cendrillon, Cendrillonqu’elle s’est enfuie quand minuit a sonné, et si promptement qu’elle a laissé tomber une des ses petites pantoufles de verre, pantoufles de verreImagine-toi, Cendrillon, Cendrillonque le fils du roi l’a ramasséeet qu’il n’a fait que la regarder,la caresser pendant tout le reste du bal, le reste du bal !Une sœur : "Ha, vraiment, assurément, il est fort amoureux, il est fort amoureux de cette belle personne à qui appartient pantoufle de verre!Amoureux, le fils du roi l’était en effet car, peu de jours après il fit publier à son de trompe qu’il épouserait celle dont le pied serait bien juste à la pantoufle.

26. Où l’on essaie la pantoufle de verre
On commence à l’essayer aux princesses, on continua en l’essayant aux duchesses, et, à toute la cour... mais... inutilement. On continua en l’essayant aux bourgeoises, on persista en l’essayant aux villageoises et dans tout le royaume mais... inutilement.On l’apporta chez les deux sœurs qui firent tout leur possible pour faire entrer leur pied  dans la pantoufle, mais elles ne purent en venir à bout. Cendrillon qui les regardait et qui reconnut la pantoufle dit en riant : "Que je voie, moi, si elle ne me serait pas bonne !"

27. Moqueries des deux sœurs
Tu as raison, tu as raison, on rirait bien,tu as raison, tu as raison, on rirait bien,on rirait bien si l’on voyait la pantoufle de verre aller au pied de CendrillonLe gentilhomme qui faisait l’essai de la pantoufle ayant regardé attentivement Cendrillon et la trouvant fort belle dit que cela était juste et qu’il avait ordre de l’essayer à toutes les filles. Le gentilhomme fit asseoir Cendrillon et, approchant la pantoufle de son petit pied, il vit qu’elle y entrait sans peine et qu’elle y était juste comme de cire. L’étonnement des deux sœurs fut grand, mais plus grand encore quand Cendrillon tira de sa poche l’autre petite pantoufle qu’elle mit à son pied. Là-dessus arriva la marraine  qui, ayant donné un coup de sa baguette sur les habits de Cendrillon les fit devenir encore plus magnifiques que les autres. On la mena chez le jeune prince, parée comme elle était. Il la trouva plus belle que jamais et peu de jours après, il l’épousa.

28. Final
Cendrillon qui était aussi bonne que belle fit loger ses deux sœurs au palais et les maria le jour-même à deux grands seigneurs de la cour.

Ecouter LE PETIT POUCET - CENDRILLON (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

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