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COUNT BASIE

Live in Paris 1957 - 1962

La collection des grands concerts parisiens
Dirigée par Michel Brillié et Gilles Pétard





« Le swing errant du Count »
Par Michel Brillié

A Freeport aux Bahamas, dans la maison que sa femme Katherine avait achetée et décorée avec soin,… il n’y avait pas de piano. Chez Basie, chez « Base », chez « The Count »… pas de touches d’ivoire, de quart de queue. Juste un orgue (un Hammond, il est vrai), sans doute pour se remémorer les séances de cinéma muet à Harlem, au début des années vingt, quand Fats Waller cédait le tabouret à son protégé, le jeune William, pour aller jouer au poker au sous-sol de l’établissement. Basie improvisait alors pour accompagner mélodrames ou comédies tarte à la crème. A vrai dire, pendant toute sa carrière, le Count a mené une vie de tournées, une vie d’errance. Le pianiste n’avait donc pas vraiment de chez lui ; le soutier du swing était toujours sur la route, c’était une question de survie. Il était pragmatique – et rusé. Quoiqu’il arrivât, il maintenait son orchestre hors de l’eau, jouant partout et n’importe où pour faire danser avec une musique simple mais redoutablement efficace.
Le pli est pris dès 1924 : avec les tournées Columbia et TOBA, il sillonne les Etats-Unis en compagnie d’un spectacle de vaudeville, puis est l’accompagnateur de chanteuses de blues, Katie Krippen ou Gonzelle White. A partir de ce moment, « Nuts » ne cessera jamais d’être sur la route. Sa maison est là où il fait sa musique : hôtels - le Woodside, le Savoy – (Home of Happy Feet) ; dancings – le Roseland Ballroom ; clubs – le Reno, le Birdland ; salles célèbres - l’Apollo de Harlem, le Regal de Chicago… La « piste des bohémiens » où la vie extérieure lui parvient par bribes. Quand sa femme Katy installe le domicile familial à Queens, elle appelle Basie « quelque part sur la route » au téléphone pour le prévenir… « Au cours de la conversation, elle me dit : à propos, il faut que je te donne notre nouvelle adresse ».1
Débrouille, improvisation sont le lot de chaque jour pour « Base » et sa troupe en tournée. Ce côté brouillon conduit à des moments de grâce, de chance incroyables qui construisent la légende. A Kansas City, Basie est en direct du club Reno pour la station de radio W9XBY. Le programme arrive à sa fin, il reste quelques minutes à combler avant une heure du matin. « Base » commence à tricoter un thème au feeling, et le méticuleux producteur de l’émission a besoin d’un titre… « One O’Clock Jump ? » propose Basie, déterminant ainsi le morceau qui va clore ses sets pour la suite de sa carrière. Des moments magiques, qui font briller les yeux des fans éblouis : Sarah Vaughan remplaçant le pianiste au Roxy Theater de New York, pour lui permettre d’auditionner une nouvelle chanteuse ! Ou encore, à Philadelphie, quand le trompettiste Thad Jones est en retard pour le show. Angoisse de Bill Basie… Le concert démarre avec la chaise vide de Thad Jones, jusqu’à ce que le public explose d’applaudissements frénétiques : Louis Armstrong, également de passage dans la ville, s’est glissé sur scène pour combler l’absence de Jones, et a pris le solo de trompette prévu. Basie s’en souvient avec émotion : « Et après, Pops venait voir tous les jours, au cas où Thad aurait été retardé à nouveau. ‘Man, qu’est-ce tu fais là si tôt ?’ Lui ai-je demandé le lendemain ou le surlendemain. ‘Ce mec ne sera plus jamais en retard.’ Le vieux Pops m’a répondu en souriant de toutes ses dents : « Hé mon vieux, on ne sait jamais. Alors papa, si tu as besoin de moi, je suis là. Et puis j’aime bien écouter ces gars, tu sais. »
Mais la vie sur la route, ce sont aussi des galères : des engagements où le public n’est pas au rendez-vous, et où Basie doit procéder à des « ajustements de salaire » pour ses musiciens, voire réduire le nombre de concerts prévus ; ou encore lors de son tout premier concert à l’Apollo de Harlem, en 1937, quand il a passé le plus clair de son temps à courir derrière ses musiciens installés sur un podium à roulettes qui rentrait ou sortait en fonction des attractions, le tout pour la grande joie du public hilare.
Heureusement, les choses vont changer à l’aube des fifties, avec la création de l’orchestre du “Nouveau Testament”, celui qui va définir le son de Basie ; et aussi par l’association avec Norman Granz.
Leur première rencontre a lieu avant même le JATP, au cours d’une des jam sessions que Granz organisait autour de Nat King Cole. Basie est et restera impressionné par la carrure de l’impresario : « Norman Granz arrange les choses comme il pense qu’elles doivent être. Il n’a peur de rien… Je lui suis reconnaissant de toutes les choses merveilleuses qu’il m’a donné l’occasion de faire pendant toutes ces années ; personne ne pourra détruire notre amitié. Norman c’est mon copain, point final. » Avec Granz, ce sont les enregistrements en compagnie des plus grands artistes du monde du jazz : Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Duke Ellington, Frank Sinatra… Et les tournées internationales, dès 1954, qui vont se prolonger pendant presque trente ans. La route, toujours la route… Avec l’œil à tout, savoir survivre, s’économiser – Jo Jones disait de Basie que « c’était le pianiste le plus paresseux qu’il avait connu ». Basie découvre donc l’Europe en 54 où il vient se produire au Danemark, en Suisse, en Allemagne et en France. Une « expérience géniale » dont le jazzman nomade ne conservera pourtant qu’un souvenir diffus : « Quand on s’est retrouvés à Paris, ça a été vraiment formidable. Tout le monde là-bas attendait nos concerts avec impatience. Je savais déjà combien les Français de Paris aimaient notre style de musique… A l’époque de mes débuts, je faisais déjà marcher mes potes en leur racontant que j’allais partir bientôt pour Paris. Walter Page m’avait envoyé un télégramme me demandant de le rejoindre avec son orchestre à Paris. Je cachais une partie de l’adresse sur le télégramme, parce que ce n’était pas Paris, France,… mais Paris, Texas ! J’avais la tête pleine d’histoires de Paris, rapportées par des musiciens membres du corps expéditionnaire US en Europe pendant la première guerre mondiale. C’était la ville qui suscitait le plus d’enthousiasme, tout était fabuleux et les Parisiens adoraient les musiciens. Pour cette première visite formidable, il s’est passé tellement de choses dans tellement d’endroits que je ne savais plus où j’étais la plupart du temps. Dès qu’on a l’occasion, on dort un peu pour récupérer et on se dit qu’il faudra absolument revenir un jour pour profiter plus de cet endroit merveilleux. » Pas de Basie au Louvre, à la Tour Eiffel, sur un bateau-mouche… « Le tourisme n’a jamais été mon fort, je me contente de profiter de ce qui se passe autour de moi, je me repose en attendant le concert. »
Puis Basie devient un éternel globe-trotter. L’année suivante, en 1955, le pianiste et ses gars se produisent pour la première fois en Angleterre et, là encore, l’engouement des publics européens pour le jazz ne se dément pas. A Londres, au Royal Festival Hall, ils arrivent de Chicago en catastrophe, ayant oublié toutes les partitions aux Etats-Unis. L’orchestre joue les deux concerts de mémoire, sans un accroc, sous les applaudissements frénétiques de leur fan la plus ardente : la Princesse Margaret, qui va rester pendant quatre heures dans la loge royale, assistant à l’intégralité des deux concerts de Basie. En novembre 1957, lors d’une autre tournée en Europe, pendant laquelle il passe encore par Paris, le Count fait la révérence devant la Reine Elizabeth et le Prince Philip après le classique Royal Variety Show. L’époux royal le félicite  : « vous les avez fait swinguer pour la bonne cause » confie-t-il au pianiste radieux. Oui, Basie sait sentir son audience quel que soit l’endroit où il se produit. Marshall Royal, son compagnon de route à l’alto pendant vingt ans, explique ce talent : « Il savait toucher les gens, il était très sympathique, et respecté. Il avait le truc pour choisir sa musique, pour faire danser, ou pour qu’on écoute. » Sans doute en hommage à cette expérience royale, l’orchestre ajoutera peu après à son répertoire « H.R.H. » (Her Royal Highness, Son Altesse Royale) le morceau co-écrit avec Thad Jones.
Même si Basie a joué sur pratiquement tous les continents, l’Europe reste son endroit préféré. Comme lors de ces concerts de 1960 et 1962, « Il y a juste un peu plus d’enthousiasme en Europe parce que là-bas ils ont moins d’occasions d’entendre cette musique. En Europe, il y a un autre air, un autre type de public, une autre attitude. Et vous, pendant quelque temps, vous devenez une autre personne. » (Ebony Magazine, Décembre 1974)
Basie adoubé, Basie adulé, mais Basie un peu usé aussi. Allers-retours au dessus de l’Atlantique, recherche permanente d’un nouveau membre de la bande pour un personnel en perpétuelle mutation. Heureusement pour « Base », la chose se passe en général d’une manière simple : ce sont « les gars » qui amènent quelqu’un, qui recommandent tel musicien ou tel autre. Le Count l’admet : « Je n’ai jamais découvert ni engagé un musicien ». Marshall Royal décrit la philosophie de l’homme à ce moment de sa carrière : « Il aimait plutôt se la couler douce, et juste jouer du piano. D’ailleurs il me déléguait tout ce qui concernait la musique. C’était vraiment facile de travailler avec lui. » Royal-les-bons-tuyaux : le sax alto était par ailleurs le spécialiste hippique de Basie, un turfiste acharné, soutenu par Fred Astaire qui lui prêtait sa loge sur le racetrack de Los Angeles et qui mettait sa limousine à sa disposition quand Basie était en Californie.
La route, toujours la route… Lorsque son père meurt lors d’une de ses tournées européennes, c’est sa femme qui gère tout. Et quand elle-même meurt brusquement, Basie est à Toronto. Quelques jours plus tard, le pianiste, malgré son chagrin, et bien qu’affaibli par des problèmes cardiaques, reprend son bâton de pèlerin pour transmettre jusqu’à la fin son testament du swing, dont il donne la recette ultime : « Comment swinguer ? C’est la façon de jouer qui fait tout. On n’a pas besoin de se tuer pour swinguer… Jouez comme vous jouez. Jouez comme vous pensez et ça va marcher si ça doit marcher… ce n’est pas la peine de jouer quelque chose très fort avant d’en avoir besoin, et vous n’en aurez besoin que si vous le sentez. Alors ce sera vous. »
Michel BRILLIÉ
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2015

1. Toutes les citations  de Count Basie sont issues de son autobiographie : Good Morning Blues, par Count Basie et Albert Murray, traduit par Jacques B. Hess & Jean François Kresser, Editions Filipacchi, 1988.



Count Basie
LIVE IN PARIS 1957-1962

“The Wandering Count of Swing”
By Michel Brillié


At his summer home in Freeport (Bahamas), a house that his wife Katherine had bought and decorated with care, there was no piano. At Basie’s, the Count, ‘Base’, no ivories, and no baby grand: the jazz man was rarely there. However, Basie owned a little Hammond organ, probably to reminisce the afternoons and evenings spent accompanying silent films in a Harlem movie house, in the early twenties. Young William would sit in for Fats Waller, who would let his young protégé take his seat while he went down in the basement to play wild poker games. Basie would improvise tunes to the pictures of melodramas or slapstick comedies... To tell the truth, during his entire career, the piano player didn’t really have a home; a kind of ‘stevedore of swing music’, he was forever on the road, as a matter of mere survival. The Count was a wily pragmatist. He kept his band going at all costs, playing anywhere and everywhere, making people dance on a simple but terribly effective music.
The pattern is set as early as 1924, with the Columbia and TOBA tours, when Basie crisscrosses the US of A as part of a burlesque show, then becoming a backing pianist for blues singers Katie Krippen or Gonzelle White. And it will never stop. ‘Nuts’ will remain forever on the road. His home is where he makes his music: in hotels - the Woodside, the Savoy (‘Home of Happy Feet’); in dance-halls – the Roseland Ballroom; in clubs – the Reno, the Birdland; in famous halls – the Apollo in Harlem, the Regal in Chicago… The ‘Gipsy Trail’ where outside life comes to him in snatches. When his wife Katie moves the family to Queens, she telephones Basie ‘somewhere along the road’ to let him know. “We had been talking for a while, and then she told me. ‘By the way, I have to give you our new address…”1
Getting by and improvisation are Basie’s keywords for him and his gang everyday’s touring chores. This muddle-headed aspect also generates incredibly lucky moments of grace that are part of the legend. In Kansas City, Basie is on the air live from Club Reno for radio station W9XBY. As the program nears the end, there are a few minutes remaining before the 1:00AM final marker. ‘Base’ starts cooking some ad lib theme, and the meticulous producer of the show asks him for a title… « One O’Clock Jump ? » suggests Basie, setting therefore the tune that will become his closing number for the rest of his career. Moments of magic also, for the dazzled eyes of his fans: Sarah Vaughan takes over his piano seat at the Roxy Theater in New York, so that Basie can serenely audition a potential new female singer for his band! Or in Philadelphia, when trumpet player Thad Jones is really late for the concert. A moment of sheer anguish for Bill Basie… The show starts with Thad Jones’ empty chair, until suddenly the audience breaks into a loud applause: Louis Armstrong, who was also in town, has sneaked on stage to fill in for Jones, and has taken the expected chorus. Basie remembers fondly this episode: “And after that, old Pops would check by every day, just in case Thad got held up again. ‘Man, what are you doing here this early?’ I asked him that next day or the day after. ‘That man ain’t never going to be late no more. Old Pops just grinned. ‘Hell, man, you never can tell. So if you need me, I’m here, daddy. And I like to listen to these cats, you know.”
But life on the road is also full of hard times. When few people attend a gig, Basie has to make “salary adjustments” for the guys in the band, and reduce the number of planned concerts; or messy situations such as at the Harlem Apollo in 1937, when his orchestra was set up on a moving bandstand, and Basie kept running back and forth to try and catch up with his guys, as the audience of the theater “just fell out in the aisles laughing”.
Fortunately, things change at the beginning of the fifties, with the shaping of the “New Testament” band, the one which will define the Basie sound, and with his partnership with Norman Granz.
Their first meeting dates back even before the JATP, in a jam-session centered on Nat King Cole. Basie is quite impressed by the agent’s stature: “Norman Granz straightens things out the way he thinks they should be, because that’s the way he is…/… He’s not afraid of anything. I’m just going to acknowledge all the wonderful things he has put me into during all these years and say that nobody can ever take our friendship away – nobody. Ever. Norman is my man. Period.”
Granz will have Basie record with the greatest jazz singers: Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Duke Ellington, Frank Sinatra…And he will promote international tours as soon as 1954, for an almost thirty-year long period. On the road again…Basie keeps an eye on each and every thing, staying alive, saving money and energy –drummer Jo Jones used to describe Basie as “the laziest piano player I ever heard in my whole life.”
And so Basie discovers Europe in ’54, “a great experience”, as he crisscrosses the continent, from Denmark to Belgium, France, Switzerland and Germany, playing in concert halls and US military bases. The roving jazzman has few memories from the trip: “When we finally made it to Paris, that was really something. Everybody was really looking forward to these concerts there. I already knew how much the Frenchmen in Paris loved our kind of music…I was jiving people about being on my way to Paris back during my first year out of Kansas City. I was playing organ in the Eblon Theater, and when I got the telegram from Walter Page inviting me to join the Blue Devils, I went around telling people that I was on my way to Paris. And I showed them the address on the telegram, but I kept my finger over part of it so that they would think it was Paris, France, and not Paris, Texas. But my head was full of stories about Paris long before that. After all, I was a teenager when the AEF went overseas during World War I, and during all the time, I probably heard as much talk from musicians and entertainers about Paris as any other city in the world. Somebody was always going over there and coming back with some more fantastic tales about how fabulous it was and how much they loved musicians. So what can I say about coming to Paris that first time? Personally I had a ball …/… There was so much happening in so many different places around town that I honestly didn’t know where the hell I was most of the time… /… So when you finally get a chance, you try to catch up on a little of that shut-eye you always need before going to work, and you tell yourself you have to come back to this wonderful place when you have time to get with it on your own.” Don’t…count on Basie at the Louvre, on the Eiffel Tower or on a Seine river cruise… “I have never been very big on sight-seeing, so my main thing was just to enjoy what was happening and then get a little rest before the opening concert.”
Then Bill Basie becomes an unending world traveler. The following year, in 1955, the man in charge of keyboards and his guys performs for the first time in England, where once again as everywhere else in Europe, the audience shows its passion for jazz music. At the Royal Festival Hall in London, the band arrives from Chicago having left all their scores behind. The band plays the two concerts by ear, without a hitch, wildly applauded by their number one fan, Princess Margaret, who remains in the Royal Box for the entire four-hour duration of both concerts. Next in 1957, while Basie is once again in Europe, the Count curtsies in front of Queen Elizabeth II and Prince Philip at the end of the classic Royal Variety Show. The Royal Husband then congratulates the Count: “You had them swinging, and for a good cause”, he confides to the beaming piano player. Yes, Basie knows how to feel his audience wherever he plays. Marshall Royal, his alto sax sideman for twenty years, has a way to explain this talent: “He knew how to get to people and was very likable and well-respected. He had a knack for pulling out music--knew what to choose for his dance set, knew what to choose for his listening set. He knew the business and got along well with his band.” (N.Y. Times Nov 5, 1994). Probably as homage to this royal evening, the band adds shortly after to its repertoire ‘H.R.H.’ » (Her Royal Highness) a number co-written with Thad Jones.
Even if Basie has played almost every continent of the world, Europe remains his favorite. Like in the concerts of 1960 and 1962, “There is little more enthusiasm in Europe because they aren’t exposed to as much of this type of music. In Europe, it’s another air, another type audience, another attitude. You’re another person for a while.” (Ebony Magazine, December 1974)
A knighted Basie, a lionized Basie, but a tired Basie too. Round trips across the Atlantic, forever searching for a replacement in the band with a perpetually changing personnel. Fortunately ‘Base’ has it easy: usually “the guys” always have someone to recommend. Even Basie admits it: “I can’t think of anybody that I have actually found and hired for my band. Somebody always suggested that I hire them”. Marshall Royal sums up the man’s way of life at this time in his career: “He liked to take things easy and just play the piano, so he just sort of turned the musical thing over to me. He was very easy to work with”. Royal the Tip Man: the alto player was also the horse-racing specialist for Basie, an ardent racegoer; a generous Fred Astaire would lend him his box at the Los Angeles racetrack, even sending his limo to pick him up when Basie was on the West Coast.
And the road winds on… When his father dies as Basie is on one of his tours of Europe, once more, his wife takes care of business. And when it is her turn to die suddenly, Basie is playing in Toronto. A few days later, in spite of his grief, weakened by cardiac problems, the pianist is back on the road, to pass on his swing legacy… What is swing? Here’s his final recipe: “It’s the way you play that makes it. What I say is, for Christ’s sake, you don’t have to kill yourself to sing. Play like you play. Play like you think, and then you got it, if you’re going to get it. And whatever you get, that’s you, so that’s your story. You don’t have to play anything loud until you need it, and you don’t need it until you really feel it. Then it’s you.”
Michel BRILLIÉ

© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2015

1. All verbatim quotes by Count Basie are from his autobiography : Good Morning Blues, by Count Basie and Albert Murray, Da Capo Press, 1995.



CD1
 1. Whirlybird (Neal Hefti)    5’41
 2. Little Pony (Neal Hefti)    2’48
 3. Corner Pocket (Freddy Green)    5’35
 4. Lovely Baby (unknown)    3’11
 5. Blee Blop Blues (Count Basie / Ahmad Kharab Salim - Jon Hendricks)    2’31
 6. Nails (Buster Harding)    3’21
 7. The Kid from Redbank (Neal Hefti)     3’49
 8. Well, Alright, OK, You Win (Sidney Wyche - Mayme Watts)    3’01
 9. Roll ‘Em Pete (Pete Johnson - Joe Turner)    2’40
10. Gee, Baby Ain’t I Good to You (Don Redman - Andy Razaf)    2’18
11. One O’Clock Jump (Count Basie / Eddie Durham / Buster Smith)    ’57
12. Shiny Stockings (Frank Foster)    5’15
13. H. R. H. (Thad Jones)    2’31
14. A Little Tempo Please (Neal Hefti)     2’55
15. Makin’ Whoopee (Walter Donaldson - Gus Kahn)    4’07
16. Who Me (Frank Foster)    3’35
17. In a Mellow Tone (Neal Hefti)    5’48
18. Blues in Hoss’ Flat (Neal Hefti)    4’52
19. Splanky (Thad Jones)    3’39
20. Segue in C (Neal Hefti)    8’25

Recorded by: Europe N°1 Technical Staff.
Recording Dates:
November 9, 1957 (Tracks 1 to 7) • November 12, 1957 (Tracks 8 to 11)
March 29, 1960 (Tracks 12 to 20).
Recording Places:
Olympia Theater, Paris, France (Tracks 1 to 11) • Palais de Chaillot, Paris, France (Tracks 12 to 20).
Produced by: Daniel Filipacchi, Norman Granz & Frank Ténot.
Personnel:
Trumpets: Thad Jones, Joe Newman (all tracks); Wendell Culley, Snooky Young, (tracks 1 to 11); Sonny Cohn ( tracks 11 to 20).
Trombones: Henry Coker, Benny Powell (all tracks); Al Grey (tracks 1 to 11);
Quentin Jackson (tracks 12 to 20).
Saxophones: Marshall Royal (alto); Frank Wess (tenor, flute); Frank Foster (tenor);
Charlie Fowlkes (baritone) [all tracks]; Eddie “Lockjaw” Davis (tenor) [tracks 1 to 11];
Billy Mitchell (tenor) [tracks 12 to 20].
Piano: Count Basie • Guitar: Freddie Green • Bass: Eddie Jones • Drums: Sonny Payne
Vocals: Joe Williams (tracks 8 to 10).

CD 2
 1. Why Not (Neal Hefti)     3’15
 2. Easy Money (Benny Carter)     5’34
 3. Vine Street Rumble (Benny Carter)     3’53
 4. Discomotion (Frank Foster)     3’53
 5. Mama’s Talking Soft (Jule Styne - Stephen Sonheim)     4’16
 6. Jumpin’ At the Woodside (Count Basie)    3’40
 7. Easin’ It (Frank Foster)     5’26
 8. Basie (Ernie Wilkins)     4’29
 9. Lil’ Darlin’ (Neal Hefti)     4’01
10. Toot Sweet (Thad Jones)     3’37
11. You’re Too Beautiful (Joe Williams)     3’44
12. Bleep Blop Blues (Count Basie)     2’07
13. April in Paris (Vernon Duke - E. Y. Harburg)     3’36
14. The Song Is You (Oscar Hammerstein II - Jerome Kern)     2’45
15. Stella by Starlight (Victor Young - Ned Washington)     2’48
16. Cute (Neal Hefti)     3’37
17. I Needs to Be Bee’d With (Quincy Jones)     5’00
18. Nails (Buster Harding)     4’28
19. The Blues (traditional)     4’22
20. One O’ Clock Jump (Count Basie / Eddie Durham / Buster Smith)     1’42
Recorded by: Europe N°1 Technical Staff.
Recording Date: May 5, 1962.
Recording Place: Olympia Theater, Paris, France.
Produced by: Daniel Filipacchi, Norman Granz & Frank Ténot.
Personnel:
Trumpets: Sonny Cohn, Thad Jones, Snooky Young, Al Aarons.
Trombones: Henry Coker, Benny Powell, Quentin Jackson.
Saxophones: Marshall Royal (alto); Frank Wess (tenor, flute); Frank Foster (tenor);
Charlie Fowlkes (baritone); Eric Dixon (tenor).
Piano: Count Basie • Guitar: Freddie Green • Bass: Eddie Jones • Drums: Sonny Payne
Vocals: Irene Reid (track 19).

Dedicated to Claude Boquet, Bill Dubois, Jean Claude, Philippe Moch and the gang.
La collection Live in Paris :
Collection créée par Gilles Pétard pour Body & Soul et licenciée à Frémeaux & Associés.
Direction artistique et discographie : Michel Brillié, Gilles Pétard.
Coordination : Augustin Bondoux.
Conception : Patrick Frémeaux, Claude Colombini.
Fabrication et distribution : Frémeaux & Associés.


Ce coffret regroupe trois concerts enregistrés à Paris entre 1957 et 1962 de Count Basie, roi du swing en big band, grande légende et éternel modernisateur du jazz tout au long de sa longue carrière. Count Basie reste dans la mémoire collective celui qui, au même titre que Duke Ellington, a écrit parmi les plus belles lettres de noblesse au jazz orchestral. Alors au sommet de sa gloire (« April in Paris », « Atomic Basie », ses chefs-d’œuvre l’ont porté au rang d’icone) nous avons le plaisir de retrouver ici les pièces pour big band composées par Thad Jones, Neal Hefti ou Quincy Jones, qui sont devenues des standards du jazz. Un régal de swing et de générosité, dirigé par l’un des plus grands conducteurs d’orchestre.     Patrick FRÉMEAUX
Recorded in Paris in 1957, 1960 and 1962, this set presents three concerts by Count Basie, the jazz legend and King of Big Band Swing, who modernized jazz during his whole career. Count Basie, like Duke Ellington, will always be remembered for writing some of the finest chapters in orchestral jazz; and Basie was at his peak in the early 60’s, an iconic figure after albums like “April in Paris” or “Atomic Basie”. Here we have some of the greatest big-band pieces in Basie’s book, by composers like Thad Jones, Neal Hefti or Quincy Jones. Today these are unavoidable standards, and this set swings generously, “live” in concert, led by one of the greatest conductors in jazz.
Patrick FRÉMEAUX


La collection « Live in Paris », dirigée par Michel Brillié, permet de retrouver des enregistrements inédits (concerts, sessions privées ou radiophoniques), des grandes vedettes du jazz, du rock & roll et de la chanson du XXe siècle. Ces prises de son live et la relation avec le public apportent un supplément d’âme et une sensibilité en contrepoint à la rigueur appliquée lors des enregistrements studio. Une importance singulière a été apportée à la restauration sonore des bandes pour convenir aux standards CD tout en conservant la couleur d’époque.     Patrick FRÉMEAUX & Gilles PÉTARD

The Live in Paris collection by Michel Brillié allows listeners to hear previously-unreleased recordings (made at concerts and private- or radio-sessions) by the great 20th stars in jazz, rock & roll and song. These “live” takes, and the artists’ rapport with their audiences, gives these performances an additional soul and sensibility in counterpoint to the rigorous demands of studio recordings. Particular care was taken when restoring the sound of these tapes in order to meet CD standards while preserving the original colours of the period.     Patrick FRÉMEAUX & Gilles PÉTARD


COUNT BASIE
CD 1 : 1. Whirlybird 5’41 • 2. Little Pony 2’48 • 3. Corner Pocket 5’35 • 4. Lovely Baby 3’11 • 5. Blee Blop Blues 2’31 • 6. Nails 3’21 • 7. The Kid from Redbank 3’49 • 8. Well, Alright, OK, You Win 3’01 • 9. Roll ‘Em Pete 2’40 • 10. Gee, Baby Ain’t I Good to You 2’18 • 11. One O’Clock Jump ’57 • 12. Shiny Stockings 5’15 • 13. H. R. H. 2’31 • 14. A Little Tempo Please 2’55 • 15. Makin’ Whoopee 4’07 • 16. Who Me 3’35 • 17. In a Mellow Tone 5’48 • 18. Blues in Hoss’ Flat 4’52 • 19. Splanky 3’39 • 20. Segue in C 8’25.
CD 2 : 1. Why Not 3’15 • 2. Easy Money 5’34 • 3. Vine Street Rumble 3’53 • 4. Discomotion 3’53 • 5. Mama’s Talking Soft 4’16 • 6. Jumpin’ At the Woodside 3’40 • 7. Easin’ It 5’26 • 8. Basie 4’29 • 9. Lil’ Darlin’ 4’01 • 10. Toot Sweet 3’37 • 11. You’re Too Beautiful 3’44 • 12. Bleep Blop Blues 2’07 • 13. April in Paris 3’36 • 14. The Song Is You 2’45 • 15. Stella By Starlight 2’48 • 16. Cute 3’37 • 17. I Needs to Be Bee’d With 5’00 • 18. Nails 4’28 • 19. The Blues 4’22 • 20. One O’ Clock Jump 1’42.


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VUE DU PHARE
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Le minimum de notes pour le maximum de musique. Avec, comme ambition, le triomphe du chant dans tous ses éclats.

VIBRAPHONE JAZZ
VIBRAPHONE JAZZ
De Hampton à Burton, en passant par Jackson et Hutcherson (tiens, que des noms, ça...

THE GREATEST BLACK BIG BANDS
THE GREATEST BLACK BIG BANDS
L’ère des grands orchestres, des big bands, correspond exactement à la grande...

SWING IN EUROPE
SWING IN EUROPE
L'irrépressible frétillement du swing, venu des Etats-Unis à la fin des années 30, a été...

SAVOIR ECOUTER LE JAZZ - LE DISQUE PEDAGOGIQUE
SAVOIR ECOUTER LE JAZZ - LE DISQUE PEDAGOGIQUE
« Vous croyez que vous savez écouter le jazz, car vous savez ce qu’est un chorus, une ballade, un riff, le...

ROMANE - ROOTS & GROOVE - LIVE AT THE SUNSET CD
ROMANE - ROOTS & GROOVE - LIVE AT THE SUNSET CD
Quatre ans après le dernier disque enregistré sous son nom, Romane s’entoure d’un...

RODOLPHE RAFFALLI
RODOLPHE RAFFALLI
Rodolphe Raffalli, passé maître dans l’arrangement swinguant des grands succès...

NEW ORLEANS REVIVAL 1940-1954
NEW ORLEANS REVIVAL 1940-1954
Si la musique syncopée est jouée dans tous les Etats-Unis depuis le début du XXe siècle, c’est...

NAT KING COLE & THE QUINCY JONES BIG BAND - LIVE IN PARIS 19 AVRIL 1960
NAT KING COLE & THE QUINCY JONES BIG BAND - LIVE IN PARIS 19 AVRIL 1960
La décennie 1950 voit le grand virement dans la carrière artistique de Nat King Cole, qui...

MARCEL CAMPION - COPAIN DJANGO
MARCEL CAMPION - COPAIN DJANGO
Marcel Campion est la grande réussite internationale du monde forain. Avec l’organisation de la...

MAMBO A PARIS 1949 - 1953
MAMBO A PARIS 1949 - 1953
« Après Amours, bananes et ananas et Roots of mambo, Eric Rémy propose un nouveau...

LATCHO DROM - LIVE 2001
LATCHO DROM - LIVE 2001
Live 2001 révèle la quintessence de l’art de Latcho Drom.
Ce florilège des...

KANSAS CITY JAZZ
KANSAS CITY JAZZ
“A cette époque, je trouvais que Kansas City était un vrai paradis, l’endroit rêvé pour...

JULIEN BRUNETAUD TRIO
JULIEN BRUNETAUD TRIO
Pour son 4ème album, à tout juste 28 ans, à l’orée d’une tournée d’une...

JAZZMEN PLAY THE BLUES 1923-1957
JAZZMEN PLAY THE BLUES 1923-1957
Mode d’expression unique de la communauté noire américaine, le blues est également...

INTÉGRALE VOL. 13 “I REMEMBER YOU” 1953-1954
INTÉGRALE VOL. 13 “I REMEMBER YOU” 1953-1954
« Bird jette son génie par les fenêtres. Et puis un jour son instrument. Et...

INTEGRALE LOUIS ARMSTRONG VOL 8
INTEGRALE LOUIS ARMSTRONG VOL 8
Le Seigneur n’a fait qu’un Louis Armstrong. Ça lui a pris du temps pour le faire, et...

INTEGRALE LOUIS ARMSTRONG VOL 5
INTEGRALE LOUIS ARMSTRONG VOL 5
Cette voix qui chante dans notre désert
Cette voix qui nous offre l’inconnu
Cette voix...

I GOT A BIG FAT WOMAN - TREME BRASS BAND
I GOT A BIG FAT WOMAN - TREME BRASS BAND
Tissu urbain arraché au bayou bordant le célèbre Quartier Français, Tremé...

HARRY BELAFONTE
HARRY BELAFONTE
Le Calypso d’Harry Belafonte sera le premier album de l’histoire du disque à atteindre le...

GYPSY SWING GUITAR
GYPSY SWING GUITAR
« Son phrasé personnel a la rigueur et l’ascèse de la musique classique, allié à un sens...

GOAT RHYTHM - RP QUARTET
GOAT RHYTHM - RP QUARTET
Sur les traces du Hot Club de France, voici un jazz AOC, estampillé « Made in France », qui exprime toute la...

EDDY WAELDO
EDDY WAELDO
A 14 ans seulement, le jeune guitariste manouche Eddy Waeldo enregistre son premier album avec l’accompagnement bienveillant...

ECUME
ECUME
Le premier disque de Franck Tortiller, 15 ans avant qu'il ne prenne la direction des musiciens de l'Orchestre National de...

COTTON CLUB
COTTON CLUB
"Ce n'est pas un hasard si le nom de 'Cotton Club' en est venu à englober la notion de 'meilleur spectacle...

CLAUDE BOLLING TRIO
CLAUDE BOLLING TRIO
Le programme de concerts de Claude Bolling comporte principalement ses compositions, mais comme tous les jazzmen, il aime...

CLAUDE BOLLING BIG BAND
CLAUDE BOLLING BIG BAND
En octobre 1956, sous l’impulsion de Frank Ténot, le jeune Claude Bolling, âgé de 26 ans, constituait sa...

CINÉMA PIANO SOLO, 21 CLASSIQUES DE CLAUDE BOLLING EN PIANO SOLO
CINÉMA PIANO SOLO, 21 CLASSIQUES DE CLAUDE BOLLING EN PIANO SOLO
 “La musique de film est une petite flamme placée sous l’écran pour l’aider à...

BESAME MUCHO
BESAME MUCHO
« L’œuvre phonographique de Santos Chillemi est à la croisée de trois chemins :...

ADRIAN IAIES TRIO
ADRIAN IAIES TRIO
Nominé aux Latin Grammy Awards, Adrian Iaies nous propose une relecture jazz du répertoire de Buenos Aires et, en...

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