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INTÉGRALE VOL.11 -

1952

Charlie Parker

“THIS TIME THE DREAM’S ON ME”





DIRECTION ALAIN TERCINET


Proposer une véritable « intégrale » des enregistrements laissés par Charlie Parker est actuellement impossible et le restera longtemps. Peu de musiciens ont suscité de leur vivant autant de passion. Plus d’un demi-siècle après sa disparition, des inédits sont publiés et d’autres – dûment répertoriés – le seront encore. Bon nombre d’entre eux ne contiennent que les solos de Bird car ils furent enregistrés à des fins privées par des musiciens désireux de disséquer son style. Sur le seul plan du son, ils se situent en majorité à la limite de l’audible voire du supportable. Faut-il rappeler, qu’à l’époque, leurs auteurs employaient des enregistreurs portables sur disque, des magnétophones à fil, à bande (acétate ou papier) et autres machines devenues obsolètes, engendrant des matériaux sonores fragiles ?

Aucun solo joué par Charlie Parker n’est certes négligeable, toutefois en réunissant chronologiquement la quasi-intégralité de ce qu’il grava en studio et de ce qui fut diffusé à l’époque sur les ondes, il est possible d’offrir un panorama exhaustif de l’évolution stylistique de l’un des plus grands génies du jazz ; cela dans des conditions d’écoute acceptables.
Toutefois lorsque la nécessité s’en fait sentir stylistiquement parlant, la présence ponctuelle d’enregistrements privés peut s’avérer indispensable. Au mépris de la qualité sonore.


L’intégrale CHARLIE PARKER
STUDIO & RADIO VOL. 11
“THIS TIME THE DREAM’S ON ME” 1952


«Lorsque j’ai organisé mes tournées Jazz At The Philharmonic pendant les années 40 et 50, j’ai enregistré de nombreux concerts, et pour les fans de jazz qui ne pouvaient y assister, ces disques constituaient un véritable don de Dieu. J’ai aussi réalisé que si je parvenais à graver ces prestations en public, il serait tout aussi passionnant d’inviter plusieurs vedettes et d’enregistrer une série de jam-sessions en studio. J’ai donc cherché à rassembler des musiciens qui avaient rarement, ou jamais, fait le bœuf ensemble. C’est ainsi que sont nées les Norman Granz Jam Session Series. (1). »
Johnny Hodges, Benny Carter et Charlie Parker appartenaient à son écurie. Tous trois étant présents à Los Angeles, Norman Granz décida d’organiser leur rencontre en convoquant aussi, pour faire bonne mesure, Charlie Shavers, Ben Webster, Flip Phillips, Oscar Peterson, Barney Kessel, Ray Brown et J. C. Heard. Granz considérant ce genre de détail comme superflu, un doute subsiste quant à la date exacte de l’évènement. Proposé par Bob Porter dans sa présentation du coffret « The Complete Norman Granz Jam Sessions », le 17 juin semble plausible.
Benny Carter : « Je ne me souviens pas qu’un quelconque esprit de rivalité ait présidé à cette séance. Je ne veux pas dire que nous ne sentions pas plus en compétition qu’en association. Tout s’est déroulé en douceur. Comment aurait-il pu en être autrement avec trois soi-disant géants ? (2) » Barney Kessel conserva un souvenir plus mitigé de la séance : « Je pense que chacun d’entre eux fut moins lui-même qu’il ne l’aurait été dans un autre contexte. Et, chose assez attristante, j’ai ressenti beaucoup plus de chaleur et de réceptivité de la part de Parker envers les autres qu’ils n’en manifestaient à son égard. Indéniablement ils étaient ses idoles (3). »
Bird admirait Hodges qu’il avait surnommé « Lily Pons » en référence à la fameuse soprano lyrique : « J’ai toujours tiré mon chapeau devant Johnny Hodges parce qu’il peut chanter au travers de son instrument. C’est une magnifique personne (4). » Quand à Benny Carter, ce n’était pas un étranger pour lui.
À la demande de David Stone Martin, la photographe Esther Bubley était venue au studio : « Physiquement, Charlie Parker me plût. Peut-être cela explique-t-il pourquoi il y a tant de photos de lui. Il travailla très dur et était épuisé à la fin de la séance d’enregistrement (5). » Ses clichés confirment les propos de Barney Kessel : la présence de Bird évoque celle d’un « bleu » au milieu d’une réunion d’anciens combattants. L’une des photos le montre assis sur une valise, las, le regard dans le vide, boudiné dans un costume clair qu’il n’avait certainement pas quitté pour dormir. Lui seul avait gardé sa veste…
En dépit des circonstances, Parker se surpassa sur Jam Blues, Funky Blues, What Is This Thing Called Love. Quant à la ballade du « medley », Dearly Beloved, il y fit montre d’une tendresse alors peu habituelle de sa part à cette période. Barney Kessel : « Charlie joua formidablement bien au cours de cette séance (6). » À ce moment-là, l’engagement de Parker au Tiffany Club était terminé depuis trois jours.
Pour l’occasion, Donn Trenner avait mis sur pied un trio dont il était le pianiste avec, à ses côtés, Harry Babasin à la basse et Lawrence Marable à la batterie. D’emblée Bird exigea la présence d’un trompettiste. Chet Baker : « À cette époque, je vivais à Lynnwood, en Californie. Un après-midi, je rentre chez moi et il y avait un télégramme de Dick Bock, je crois, me disant que Bird organisait, à quinze heures au Tiffany Club, une audition pour choisir un trompettiste. J’y ai foncé. Quand je suis arrivé, j’ai constaté que tout ce que Los Angeles comptait de trompettistes était là. J’ai interprété deux morceaux et Bird arrêta l’audition, m’engageant sur-le-champ. J’avais vingt-deux ans à l’époque (7). »
Chet fut traité d’affabulateur alors qu’il se contentait d’embellir quelque peu les choses. L’audition eut lieu sur le tas et mit en concurrence les instrumentistes présents dans le secteur ; une version authentifiée par un témoin, le photographe William Claxton. Chet joua The Song is You puis Cherryl et la cause fut entendue. Il confiera à Artt Frank que Parker l’avait choisi car il avait pu rejouer à l’identique l’un de ses chorus. Une prouesse qui ne se suffisait pas à elle-même. À William Claxton qui lui demandait ce qu’il trouvait chez lui, Parker répondra : « Comme celui de Bix [Beiderbecke], le jeu de Chet est doux, léger et, en même temps, direct et honnête (8). »
Au Tiffany Club, la formation dirigée par Bird accompagna occasionnellement l’excellente chanteuse - parfaitement méconnue - Helen Carr (9). De cette collaboration, il ne reste qu’une photo… Par contre a survécu une jam session conduite au Trade Winds d’Inglewood où le quintette au complet retrouva Russ Freeman et Sonny Criss qui, du coup, se sentit obligé de forcer quelque peu son talent. Déboulant au beau milieu de The Squirrel, Parker bouscula tout le monde, montrant au long des échanges finaux qu’il n’avait rien perdu de sa flamme et, sur Indiana, il signa l’une de ses plus belles improvisations de l’époque. Par contre, au début de Liza, il ne se débrouille guère mieux que ses partenaires avec les harmonies de la composition de Gershwin.     
Chet avait parfois quelque mal à mettre en ordre ses idées et à les exprimer mais les brefs contrechants qu’il sert derrière Bird, au cours de l’intro et de la coda d’Irresistible You, expliquent le choix de Parker. Il avait pressenti son potentiel, comme cela avait été le cas pour Miles Davis et Red Rodney qui, eux non plus, n’avaient guère fait leurs preuves lorsqu’il les engagea.
Aucune trace ne subsiste du passage de Parker au Lighthouse et pour cause… Venu avec un instrument hors d’usage, il rongea son frein un temps avant d’aller dans un club voisin quémander un ténor. N’ayant pas eu l’autorisation de l’emporter, il joua sur place durant deux heures. Pour la plus grande joie du Lighthouse All-Stars au grand complet, venu l’écouter… chez l’un de leurs concurrents.
Parti seul à San Francisco pour participer avec Flip Phillips à une « Battle of Saxes » au Say When Club, Bird fut contraint d’engager lui-même une section rythmique pour remplacer celle réunie par le patron du lieu. Qui, bien entendu, s’empressa de le congédier sans lui régler son cachet… Un différent de plus transmis au Local 802, Federation of Musiciens, New York. Les événements récents n’avaient fait qu’accentuer la propension de Parker à arriver en retard - parfois à ne pas arriver du tout - sur les lieux où il devait se produire. Certes, certains de ces engagements n’avaient rien de gratifiant.
Avant de regagner l’Est, en compagnie de partenaires venus de Central Avenue et de Chet à une occasion, Bird anima plusieurs « parties » plus ou moins orgiaques, organisées dans le ranch du peintre d’origine arménienne, Jirayr Zorthian. Malgré leur piètre qualité, les échos sonores conservés donnent à entendre un Parker en grande forme, dialoguant longuement avec Frank Morgan et Don Wilkerson sur Dance of the Infidels. Dans le numéro du 8 juillet 2014 du « LA Weekly », Chris Walker publia un récit haut en couleur de ces événements sous le titre de « Everybody Got Naked With Charlie « Bird » Parker at the Wildest Party in L. A. History ».

Le 20 septembre, le quartette de Parker assurait au Birdland une retransmission radiophonique, activité ne tombant pas sous le coup de la sanction promulguée à son égard par la State Liquor Authority. Ornithology à peine achevé, Bird démarra sur 52nd Street Theme qui, de simple indicatif final, se transforma à l’instigation de Bob Garrity - « Go ahead, play » - en une interprétation d’une durée égale à celle d’Ornithology. Pour répondre à la furia qui habitait Bird, Duke Jordan fit montre d’une agressivité qu’on ne lui connaissait guère.
Six jours plus tard, Bird se rendit à Harlem, au Rockland Palace Ballroom à l’occasion d’une soirée de soutien à Benjamin T. Davis ; un membre du parti communiste, collaborateur du « Daily Worker », très aimé à Harlem pour ses campagnes anti-ségrégationistes, qui avait été condamné à cinq ans de prison.
Parker n’afficha jamais la moindre opinion politique et ne dérogea pas à ce principe. Au plaisir de jouer devant un vaste public, s’ajoutait - Chan le reconnaîtra - la perspective de toucher un cachet supérieur à celui qui lui était offert d’ordinaire. Une somme bien venue car, le 10 Août, Charles Baird Parker était venu au monde.
Bird vint avec sa rythmique du moment, Walter Davis Jr., Teddy Kotick, Max Roach, augmentée du guitariste Mundell Lowe et, pour faire bonne mesure, de son orchestre à cordes et d’un hautboïste. Chan : « Le Rockland Palace était une grande salle de danse […] C’était ma première sortie après la naissance de Baird. Je possède, grâce à Bird qui brancha mon magnétophone au micro maison, un excellent enregistrement de ce concert. Bird tout nouveau père, était rayonnant et il partit comme une fusée. Il joua si fantastiquement cette nuit-là que, lorsque Paul Robeson le rejoignit sur scène, après Lester Leaps In, j’en oubliai de mettre mon appareil en marche et ratai ainsi un Water Boy a capella (10). » La soirée du Rockland Ballroom compte effectivement parmi les plus belles prestations publiques de Parker. Malheureusement aucun enregistrement digne de ce nom n’a encore fait surface.
Au tout début des années 60, un album intitulé « Bird is Free » contenant neuf morceaux de la soirée, fut édité sur le label « Charlie Parker Records ». Une compagnie fondée par Aubrey Mayhew et Doris Parker, veuve de Charlie selon la loi. En lutte ouverte avec Chan, elle n’avait pu avoir accès à sa bande. Celle utilisée était d’une grande médiocrité : les premières notes de chaque morceau manquent presque toujours, sans parler des coupes, éditoriales ou d’origine.
« Bird is Free » fait la part belle aux prestations du quintette au sein duquel la présence de l’excellent guitariste Mundell Lowe comme interlocuteur de Parker apportait une touche inédite. S’y trouvait néanmoins une version « longue » de Rocker au cours de laquelle Bird et la rythmique laissaient sur place les cordes. À côté de remarquables interprétations, hélas incomplètes, de Moose the Mooche et de Star Eyes figuraient deux mo­ments forts de la soirée, This Time the Dream’s on Me et Lester Leaps in. Deux titres utilisés, avec Cool Blues, dans la bande sonore du film « Bird » de Clint Eastwood. À partir de la bande de Chan…

« Jazz at Midnight » à l’Howard Theatre de Washington en compagnie d’Earl Swope, Charlie Byrd et Zoot Sims, un engagement au Metropolitan Hall de Philadelphie, prétexte à l’une de ces sempiternelles querelles à propos d’un cachet réduit à la portion congrue… Bird se retrouva une nouvelle fois au Birdland pour la radio. Cette fois, il y rencontrait le Milt Jackson Quartet (futur Modern Jazz Quartet) composé, en sus du leader, de John Lewis, Percy Heath et Kenny Clarke. Un How High the Moon musclé au cours duquel Bird mul­tiplie les citations, un Embraceable You feutré font regretter la brièveté de cette ren­contre.
La couverture de Down Beat du 5 novembre 1952 affichait en gros titre « Ellington’s Silver Jubilee » accompagné d’un portrait de l’intéressé. L’intérieur rassemblait des articles du Duke, de Billy Strayhorn et quantité de témoignages laudatifs. Une préface aux deux concerts prévus à Carnegie Hall le 14 novembre (à 20 h 30 et 23 h 45) pour célébrer le 25ème anniversaire de l’accession d’Ellington à la dignité de chef d’orchestre. En dehors de sa formation étaient annoncés Stan Getz, Ahmad Jamal, Billie Holiday, Dizzy Gillespie et Charlie Parker escorté de sa formation à cordes. Le deuxième concert devait être retransmis intégralement « coast to coast » par la NBC, une grande première pour un événement relevant du jazz.
Très en valeur sur Just Friends, Easy to Love et Repetition, Parker assisté de Candido Camero à la conga, rencontra Gillespie sur A Night in Tunisia. Des retrouvailles soulevant l’enthousiasme du public. Une fois de plus, Parker y tirait son épingle du jeu alors que Dizzy venant tout juste de terminer un show à l’Apollo, s’adonnait un peu trop aux pyrotechnies. En attaquant 52nd Street Theme sur un tempo très rapide, Bird déconcerta quelque peu ses partenaires…

Symphony Sid dont la réputation avait souffert d’un procès pour usage de marihuana, avait quitté New York en direction de Boston où, sur WCOP, il présentait un show proche de celui qu’il venait d’abandonner. Charlie Parker allait en être l’un des hôtes.
À deux reprises, en mai 1951 et en mars 1952, il était venu au Hi Hat à la tête de son quintette. Lors de son dernier passage, Dick Twardzik, âgé alors de 21 ans, assurait au piano les intermèdes. Bob Zieff : « Dick se posait des questions et trouvait les réponses : il ne craignait pas de prêter l’oreille à des gens qui n’étaient pas à la mode. Sa curiosité couvrait un large éventail musical. Il avait écouté des œu­vres de Delius, d’obscurs compositeurs d’Amérique du Sud et toutes sortes de choses, du Bartok, un peu de Schönberg aussi. Twardzik étudiait également le harpe. Il s’était familiarisé avec des pièces de Debussy et Ravel qui incluaient cet instrument. Tout cela était dans sa tête, une forme de réserve pour lui (11) ». Dick Twardzik affichait un credo peu conventionnel pour un jazzman : « Le développement n’est pas ma préoccupation première. L’aptitude à transposer des émotions et des ambiances perpétuellement changeantes ainsi que la liberté rythmique sont beaucoup plus importantes pour moi (12). »
Bird s’étant lié d’amitié avec lui, écoutant en sa compagnie des enregistrements de Bela Bartok qu’ils révèraient tous deux. Lorsqu’il revint en décembre au Hi Hat, Parker n’amena avec lui que Roy Hay­nes et Charles Mingus. Les rejoindrait Joe Gordon, un jeune trom­pettiste qui avait été l’interlocuteur de musiciens programmés au Hi Hat comme Thelonious Monk ou Georgie Auld. Marqué par Gillespie, il ne trouvera vraiment son style que sur la Côte Ouest. Dans l’ensemble de Shelly Manne.
Au piano, Parker avait engagé Dick Twardzik. Son originalité, évidente sur Cool Blues et Don’t Blame Me, lui attira l’hostilité de Mingus qui prenait plaisir à l’insulter sans vergogne. Et encore, Parker avait demandé à Twardzik de ne pas pousser trop avant ses recherches harmoniques au cours de ses accompagnements…
Malgré tout, le quintette au complet ira faire le bœuf au Framingham Restaurant, rejoint, pense-t-on, par Bill Wellington au ténor. Ne subsiste de l’événement qu’un I’ll Remember April de dix minutes qui terminait l’année en beauté.
Alain Tercinet
© 2016 Frémeaux & Associés

(1) Norman Granz in « Esther Bubbley & Hank O’Neal
“Charlie Parker” », Filipacchi, 1995.
(2) Morroe Berger, Edward Berger, James Patrick, « Benny Carter – A Life in American Music vol. II », The Scarecrow Press and the Institute of Jazz Studies, Rutgers University, Metuchen N. J., Londres 1982.
(3) Livret du CD « Charlie Parker Jam Session », Verve.
(4) Leonard Feather, Blindfold Test, Metronome, août 1948.
(5) (6) comme (1).
(7) Livret du CD « Bird & Chet », Fresh Sound.
(8) William Claxton, « Young Chet », Gitanes Jazz, Schirmer/Mosel, 1993
(9) Helen Carr enregistra en 1955 deux excellents albums pour le label Bethlehem, « Helen Carr » et « Why Do I Love You ». Elle disparut prématurément en 1960.
(10) Chan Parker, « Ma vie en mi bémol », trad. Liliane Rovère, Plon, 1993.
(11) Livret du CD « Allen Eager – In the Land of the Oo-Bla-Dee », Uptown.
Ami de Dick Twardzik, Bob Zieff lui avait confié les pièces, avant-gardistes pour l’époque, que Chet Baker grava en compagnie du pianiste lors de sa première venue à Paris en 1955.
(12) Liner notes de l’album « Russ Freeman / Dick Twardzik7», Pacific Jazz.

NOTES DISCOGRAPHIQUES :


JAM SESSION
Ballad Medley : chaque soliste jouant séparément une ballade, n’a été reproduit ici que Dearly Beloved interprété par Parker. Funky Blues : Phil Schaap découvrit que l’ordre des solos de Parker, Benny Carter et Johnny Hodges avaient été interverti lors de la publication.

HARRY BABASIN ALL STARS
L’édition originale, « On the Coast », donnait parmi les titres interprétés They Don’t Believe Me. Il s’agit en fait de Irresistible You, une chanson de Gene DePaul et Don Raye proche de la mélodie de Jerome Kern. Une erreur d’identification souvent reprise.

ROCKLAND PALACE
À l’origine de l’album « Bird is Free » se trouve une bande provenant d’un magnétophone tournant à une vitesse involontairement variée. Aucune rectification tenant compte des tonalités exactes ne fut faite alors, non plus d’ailleurs qu’au long  des éditions suivantes. En 1996, sous la direction de Doug Pomeroy, une grande partie de la musique jouée par Parker à cette soirée fut publiée en deux CD chez Jazz Classics Records à partir d’une source différente qui n’avait retenu que les solos de Parker. En conséquence Pomeroy effectua un certain nombre de montages avec la bande utilisée par « Charlie Parker Records » qui avait publié en 1983 une édition augmentée de « Bird is Free (19 titres) intitulée « Live at Rockland Palace ». Certaines de ces restitutions ainsi qu’une version « stéréophonique » de Lester Leaps In sont assez discutables. Il s’agit néanmoins à ce jour de la seule édition recommandable.
Lors de la vente aux enchères de la succession Chan Parker le 20 Février 2005, le lot 152 contenait la fameuse bande du Rockland Palace. Curieusement seuls 11 titres étaient répertoriés…

JUBILE ELLINGTON
Les interprétations de Parker accompagné de son orchestre à cordes au cours du premier concert existaient dans la collection de Boris Rose. En regard de la qualité du son, elles proviennent très certainement d’enregistrements privés : sur Repetition la conga de Candido Camero couvre l’orchestre.

I’LL REMEMBER APRIL
En raison de sa publication sur un même LP, «The Happy Bird » (Charlie Parker Records LP 404), nombre de discographies lient I’ll Remember April à la séance du 12 avril 1951 (Scrapple from the Apple, Lullaby of Birdland, Happy Bird Blues). Une écoute attentive permet d’identifier Dick Twardzik, Charles Mingus et Roy Haynes, ce qui situe l’enregistrement entre le 8 et le 14 décembre 1952, au Christy’s très probablement.



A genuine “complete” set of the recordings left by Charlie Parker is impossible today and will remain so for a long time to come. Few musicians aroused so much passion during their own lifetimes and today, more than half a century after his disappearance, previously-unreleased music is published, and other titles – duly listed – will also come to light. A good many contain only solos by Bird, as they were recorded – privately – by musicians wanting to dissect his style. Regarding their sound-quality, most of them are at the limit: barely audible, sometimes almost intolerable, but in fact understandable: those who captured these sounds used portable recorders that wrote direct-to-disc, or wire-recorders, “tapes” (acetate or paper) and other machines now obsolete. Obviously they all produced sound-carriers that were fragile.
Of course, no solo ever played by Charlie Parker is to be disregarded. But a chronological compilation of almost everything he recorded – either inside a studio or on radio for broadcast purposes – does make it possible to provide an exhaustive panorama of the evolution of his style (Parker was, after all, one of the greatest geniuses in jazz), and to do so under acceptable listening-conditions. However, since we refer to style, the occasional presence here of some private recordings is indispensable, whatever the quality of the sound.

THE COMPLETE CHARLIE PARKER
STUDIO & RADIO VOLUME 11
“THIS TIME THE DREAM’S ON ME” 1952


“When I was organizing my Jazz At The Philharmonic tours in the 40’s and 50’s I recorded a number of concerts, and for jazz fans who couldn’t be there those records were really God-given. I also realized that if I could record those performances in public, it would be just as exciting to invite several stars to record a whole series of jam sessions in a studio. So I tried to get musicians who had rarely jammed together, if ever. And that’s how the ‘Norman Granz Jam Session Series’ was born.” (1)
Johnny Hodges, Benny Carter and Charlie Parker all belonged to his stable. Since all three were currently in Los Angeles, Norman Granz decided to set up a meeting and, for good measure, he also summoned Charlie Shavers, Ben Webster, Flip Phillips, Oscar Peterson, Barney Kessel, Ray Brown and J. C. Heard to the session. The exact date of their meeting is the sort of detail that Granz used to find superfluous, and so it remains unknown. In his introduction to the boxed-set entitled “The Complete Norman Granz Jam Sessions”, Bob Porter gives the date as June 17th, which is plausible.
Benny Carter: “I don’t recall any sense of rivalry at the date. I wouldn’t say we felt ‘pitted’ against each other more than ‘combined’. It all went very smoothly – how else could it go with three so-called giants?” (2) Barney Kessel remembered the session with mixed feelings: “I think that each of them was less of themselves than they would’ve been in another kind of situation. The odd thing: I felt more warmth and receptivity from Charlie Parker towards the others than they did to him. That’s understandable; they were his idols.”(3) Bird’s admiration for Hodges led him to refer to the alto player as “Lily Pons”, after the famous opera soprano: “I always took off my hat to Johnny Hodges ‘cause he can sing with the horn; oh, he’s a beautiful person.” (4) Benny Carter was another of Bird’s favourites.
Photographer Esther Bubley went down to the studio at David Stone Martin’s request: “I liked Charlie Parker physically; maybe that explains why there are so many photographs of him. He worked very hard and was exhausted by the end of the record-session.” (5) Her photos confirm what Barney Kessel said: Bird’s presence reminded you of a tenderfoot at a war veterans’ reunion. One of her photographs shows him sitting on a suitcase, tired and with a vacant look, dressed in a light, tight-fitting suit that looked as if it had been slept in. And he was the only one wearing a jacket…
Despite the circumstances, Parker surpasses himself in Jam Blues, Funky Blues and What Is This Thing Called Love. As for Dearly Beloved, the ballad medley, he shows a tenderness that was hardly customary for him during that period. According to Kessel, “Charlie played wonderfully well during that session.” (6)

The recording took place three days after the end of Parker’s booking at the Tiffany Club. For the session, Donn Trenner had put together a trio with himself on piano alongside bass-player Harry Babasin, with Lawrence Marable on drums. Right from the start, Bird asked for a trumpeter to be there. As Chet Baker put it: “At that time I was living in Lynwood, California. I came home one afternoon and there was a telegram from Dick Bock, I think, that said Bird was holding auditions for a trumpet player at the Tiffany Club at 3 o’clock, so I ran up there. When I got to the club, every trumpet player in L.A. was there. I got up and played two tunes and Bird stopped the audition and hired me right on the spot. I was 22 at the time.” (7) They used to say that Chet was an inveterate liar, but all he did was dress things up a little. The audition took place on the spot; in competition were all the instrumentalists present in the area. Photographer William Claxton, who was present, authenticated that version. Chet played The Song is You and then Cherryl, and that was it. He told drummer Artt Frank that Parker picked him because he could identically reproduce one of his choruses. While that showed prowess, it wasn’t enough; when Claxton asked Bird what he saw in him, Parker replied, “Like Bix [Beiderbecke], Chet’s playing is soft and light, and at the same time, straight and honest.” (8)

At the Tiffany Club, from time to time the group led by Bird accompanied the excellent (and totally unknown) singer Helen Carr. (9) The only trace that remains of their collaboration is a photograph… On the other hand, one jam session did survive: held at the Trade Winds in Inglewood, the full quintet met up again with Russ Freeman and Sonny Criss, who now felt obliged to force his talent a little. Jumping straight into the middle of The Squirrel, Parker elbows everyone out of his way and, in the final exchanges, he shows he’s lost none of his fire: Indiana has one of his most beautiful improvisations of the period. At the beginning of Liza, however, he copes hardly better than his partners with the harmonies in this Gershwin composition.
Chet sometimes had a little difficulty getting his ideas together before expressing them, but the brief counterpoint he plays behind Bird during the introduction, and the coda, of Irresistible You suffice to explain why Parker chose him; obviously he could already hear his potential, as had been the case with Miles Davis and Red Rodney… and when he’d hired them, neither had exactly had time to prove himself either.
No trace remains of Parker’s appearances at the Lighthouse, and for good reason… Having turned up with a horn that was useless, Bird champed at the bit for a while before going off to a neighbouring club to try and borrow a tenor. Since nobody would allow him to take it out of the club, he played it then and there for two hours, to the delight and amusement of the Lighthouse All-Stars, who went over in strength to listen to him playing for a competitor…

After going alone to San Francisco — for a “battle of the saxes” with Flip Phillips, at the Say When Club — Bird was obliged to hire his own rhythm section as a replacement for the one provided by the club’s owner. The latter, of course, took care to dismiss Bird without paying his fees… and their differences were duly notified to Local 802 of the Federation of Musicians in New York. Recent events had merely accentuated Parker’s tendency to turn up late — if indeed he arrived at all — at venues where he was booked to appear. Some of his gigs were less than gratifying, of course.
Before going back East, and partnered by comrades from Central Avenue (and also by Chet on one occasion), Bird featured in several “parties” (they were more or less orgiastic affairs) held on the ranch of the Armenian painter Jirayr Zorthian. Despite their paltry sound, the echoes of them that have been preserved allow us to hear Parker in top form, and conversing at length with Frank Morgan and Don Wilkerson in Dance of the Infidels. On July 8th 2014, the “L.A. Weekly” published Chris Walker’s colourful account of those events under the title, “Everybody Got Naked With Charlie “Bird” Parker at the Wildest Party in L.A. History”.

There was a radio broadcast from Birdland on September 20th that featured Parker’s quartet, due to the fact that it wasn’t the kind of activity that fell under the ban decreed against him by the State Liquor Authority. An instant after Ornithology, Bird launches into a 52nd Street Theme that, from a simple signature-finale, is transformed at Bob Garrity’s instigation — “Go ahead, play” — into a performance that equals Ornithology. In reply to the fury that inhabits Bird, Duke Jordan demonstrates an aggressiveness that makes him barely recognizable.

Six days later, Bird went to Harlem and the Rockland Palace Ballroom for an event in support of Benjamin T. Davis, a member of the Communist Party who collaborated with the “Daily Worker” and was a much-loved figure in the Harlem community due to his anti-segregationist campaigns; Davis had been sentenced to five years in prison. Parker never displayed the slightest political opinions and made no exception for this event on principle. Because of the huge crowd, there also loomed the perspective — Chan would recognize as much — of getting his hands on a bigger fee than he’d normally receive. The money would come in handy since, on August 10th, his son Charles Baird Parker had come into the world.
Bird went up to Harlem with the rhythm section from his working band — Walter Davis Jr., Teddy Kotick, Max Roach — plus guitarist Mundell Lowe and, for good measure, his string orchestra and an oboe player. According to Chan: “The Rockland Palace was a large ballroom in the Bronx […] it was my first night out after the birth of Baird. Bird taped the microphone of my Brush Sound Mirror recorder to the house microphone, which resulted in a faithful reproduction of his sound. Bird, the proud father, was beaming and his music soared. He played so astonishingly that night that when Paul Robeson joined him on the stand after Lester Leaps in, I forgot to turn on my tape recorder and missed his a cappella Water Boy.” (10) The night at the Rockland Ballroom is counted as one of Parker’s most remarkable performances for an audience. Unfortunately, no recording of it worthy of the name has so far come to light. At the very beginning of the Sixties, an album entitled “Bird is Free” containing nine titles from that night was released on the label “Charlie Parker Records”; it was a company founded by Aubrey Mayhew and Doris Parker, who was Charlie’s legal widow. She was openly fighting with Chan and hadn’t been allowed access to her tape. The tape used was extremely mediocre: the first bars of each piece are almost always missing, not to mention the cuts, which either date from the initial recording or were made during the mixing.
“Bird is Free” leaves the lion’s share to performances by the quintet, where the presence of Mundell Lowe, an excellent guitarist, provides an original touch. There is, however, a “long” version of Rocker in which Bird and the rhythm section leave the strings standing… Alongside some remarkable contributions, unfortunately incomplete, to the titles Moose the Mooche and Star Eyes, are two of the evening’s highlights, in the shape of This Time the Dream’s on Me and Lester Leaps in. These two titles, along with Cool Blues, were used in the soundtrack of Clint Eastwood’s film “Bird”… and were taken from the tape in Chan’s possession.

After “Jazz at Midnight” at the Howard Theatre in Washington with Earl Swope, Charlie Byrd and Zoot Sims, and a booking at Philadelphia’s Metropolitan Hall that was a pretext for one of those eternal quarrels over a fee that was less than mean, Bird once again found himself at Birdland and on radio. This time he was meeting up with the Milt Jackson Quartet (the future Modern Jazz Quartet), comprised of John Lewis, Percy Heath and Kenny Clarke in addition to Jackson: How High the Moon shows muscle while Bird multiplies his quotes, and there’s also a muffled Embraceable You. Both make you sorry this meeting didn’t last longer.
Down Beat’s cover on November 5th 1952 was splashed with the title “Ellington’s Silver Jubilee”, accompanied by a portrait of the man himself. Inside the issue were articles by the Duke and Billy Strayhorn, plus a sizeable amount of praise-filled testimony, all in preface to the two concerts scheduled at Carnegie Hall for the 14th of November (at 8.30 pm and 11.45 pm) to celebrate the 25th anniversary of Ellington’s promotion to the rank of orchestra-conductor. In addition to his band, the bill announced Stan Getz, Ahmad Jamal, Billie Holiday, Dizzy Gillespie, and Charlie Parker escorted by his string ensemble. The second concert was to be broadcast in toto and “coast to coast” by NBC, which was a great first for a jazz-related event.
Much to his advantage on Just Friends, Easy to Love and Repetition, Parker, assisted by conga-player Candido Camero, faces up to Gillespie on A Night in Tunisia. Their reunion aroused the enthusiasm of the audience. Once again, Parker comes off best, while Dizzy, coming in straight after a concert at the Apollo, lets himself get overly carried away by the pyrotechnics. In attacking 52nd Street Theme at a very fast tempo, Bird nearly throws his partners out of the saddle…

Symphony Sid, whose reputation had taken a hit after he was taken to court on charges involving marijuana, had quit New York and gone to Boston where, on station WCOP, he was now presenting a show almost like the one he’d just abandoned. Bird would be one of his first guests. On two occasions (May 1951 and March 1952), Bird had taken his quintet into the Hi Hat. During his final appearance, Dick Twardzik, then aged 21, was playing piano during the intermissions. According to Bob Zieff, “Dick was questioning and reaching ; he wasn’t afraid to listen to people who were not in fashion. He was interested in a wide range of music. He’d hear things by Delius, obscure Latin American composers, and all sorts of things like Bartok, some Schoenberg. Twardzik was also studying harp. He was getting familiar with things like Debussy and Ravel pieces that involved harp. These things were in his ears, a resource sort of thing.”(11) Dick Twardzik had quite an unconventional credo for a jazz player: “Development is not my primary consideration. The ability to project ever-changing emotions or moods, plus rhythmic freedom, is far more important to me.” (12)
Bird and Twardzik had become friends after listening to recordings of music by Bela Bartok, whom they both revered. When Bird went back to the Hi Hat in December, he took only Roy Haynes and Charles Mingus with him. Joe Gordon joined them, a young trumpeter who’d partnered other musicians booked into the Hi Hat (notably Thelonious Monk and Georgie Auld.) Impressed by Gillespie, Gordon would only really find his own style once he went out to the West Coast… in Shelly Manne’s group. To play the piano, Parker hired Dick Twardzik. His originality, evident in Cool Blues and Don’t Blame Me, made Mingus hostile, and the bassist insulted him shamelessly. It was a good thing Bird asked Twardzik to keep his harmonic research to a minimum when playing accompaniment…
Even so, the quintet went off in strength to jam at the Framingham Restaurant, joined, it’s thought, by Bill Wellington on tenor. The only trace of the event is a ten-minute version of I’ll Remember April that brought the year to an excellent close.

Adapted by Martin Davies
from the French text by
Alain Tercinet


© 2016 Frémeaux & Associés
(1) Norman Granz in “Charlie Parker”, Esther Bubley & Hank O’Neal, Filipacchi, 1995.
(2) Morroe Berger, Edward Berger, James Patrick, “Benny Carter – A Life in American Music vol. II”, The Scarecrow Press and the Institute of Jazz Studies, Rutgers University, Metuchen N. J., London, 1982.
(3) CD booklet, “Charlie Parker Jam Session”, Verve.
(4) Leonard Feather, Blindfold Test, Metronome, August 1948.
(5) (6) same as (1).
(7) CD booklet, “Bird & Chet”, Fresh Sound.
(8) William Claxton, “Young Chet”, Gitanes Jazz, Schirmer/Mosel, 1993
(9) In 1955 Helen Carr recorded two excellent albums for the Bethlehem label, “Helen Carr” and “Why Do I Love You”. She died prematurely in 1960.
(10) Chan Parker, “My Life in E-Flat”, University of South Carolina Press, 1999.
(11) CD booklet “Allen Eager – In the Land of the Oo-Bla-Dee”, Uptown. Bob Zieff, a friend of Dick Twardzick, had given him some compositions (avant-gardist for the the time) ; Chet Baker recorded them with the pianist on his first visit to Paris in 1955.
(12) Album liner notes, “Russ Freeman / Dick Twardzik”, Pacific Jazz.

DISCOGRAPHICAL NOTES


JAM SESSION
Ballad Medley: with each soloist playing a separate ballad, only Parker’s Dearly Beloved appears here. Concerning Funky Blues, Phil Schaap discovered that the order of the solos by Parker, Benny Carter and Johnny Hodges had been reversed on release.

HARRY BABASIN ALL STARS
The original release, “On the Coast”, indicates They Don’t Believe Me as one of the record’s titles. Actually it was Irresistible You, a song by Gene DePaul and Don Raye that is close to Jerome Kern’s melody. This case of “mistaken identity” often reappeared in later editions.

ROCKLAND PALACE
The album “Bird is Free” initially came from a tape made on a recorder whose speed varied involuntarily. At the time, no corrections were made to reproduce the correct pitch for the titles played. Nor were any corrections made for subsequent reissues. In 1996, under the supervision of Doug Pomeroy, most of the music that Bird played on that night was released as a 2CD set (on Jazz Classics Records) from a different source preserving only the solos by Parker. Pomeroy subsequently carried out a certain number of edits in the tape used by “Charlie Parker Records”, which in 1983 had released an augmented issue (19 titles) of “Bird is Free” under the title “Live at Rockland Palace”. Some of those restitutions, together with a “stereophonic” version of Lester Leaps In, are arguable. But this is still the only recommendable edition to date. When Chan Parker’s estate was sold by auction on February 20th 2005, lot 152 contained the famous Rockland Palace tape. Strangely, only 11 titles were listed…

ELLINGTON JUBILEE
The performances by Parker with his string orchestra during the first concert were part of the collection belonging to Boris Rose. The sound quality indicates that they were most probably private recordings: in Repetition, Candido Camero’s conga drowns out the orchestra.

I’LL REMEMBER APRIL
Due to its release as part of the same LP “The Happy Bird”, (Charlie Parker Records LP 404), a number of discographies set the date of I’ll Remember April as April 12th 1951 (the session producing Scrapple from the Apple, Lullaby of Birdland, Happy Bird Blues). Careful listeners, however, can identify Dick Twardzik, Charles Mingus and Roy Haynes, which would situate the recording between December 8th and 14th (most probably at Christy’s.)



discographie - CD 1

NORMAN GRANZ JAM SESSION
Charlie Shavers (tp) ; Benny Carter, Johnny Hodges, Charlie Parker (as) ; Flip Phillips, Ben Webster (ts) ; Oscar Peterson (p) ; Barney Kessel (g) ; Ray Brown (b) ; J.C. Heard (dm).    LA, prob. 17 june 1952
1. JAM BLUES (Shrdlu)    (Clef MGC 601/mx. 802-2)    14’42
2. WHAT IS THIS THING CALLED LOVE ? (C. Porter)    (Clef MGC 602/mx. 803-3)    15’52
3. DEARLY BELOVED (J. Mercer)    (Clef MGC 601/mx. 804-2)    1’46
4. FUNKY BLUES (J. Hodges)    (Clef MGC 602/mx. 805-2)    13’29

HARRY BABASIN ALL STARS
Chet Baker (tp) ; Charlie Parker, Sonny Criss (as) ; Donn Trenner or Russ Freeman* (p) ; Harry Babasin (b) ; Lawrence Marable (dm).     Trade Winds Club, Inglewood, CA, 16/6/1952
5. THE SQUIRREL (T. Dameron)    Private recording    15’41
6. INDIANA (Donna Lee)* (J. F. Hanley, B. McDonald/ C. Parker)    Private recording    11’51

TOTAL : 73’43

Les étoiles * relient la présence ponctuelle d’un musicien ou d’un orchestre  dans un ou plusieurs morceaux d’une séance


discographie - CD 2

HARRY BABASIN ALL STARS
Chet Baker (tp) ; Charlie Parker, Sonny Criss (as) ; Donn Trenner (p) ; Harry Babasin (b) ; Lawrence Marable (dm).
    Trade Winds Club, Inglewood, CA, 16/6/1952
1. IRRESISTIBLE YOU (They didn’t believe me) (G. DePaul, D. Raye)    Private recording    6’39
2. LIZA (G. & I. Gershwin, G. Kahn)    Private recording    10’34

CHARLIE PARKER QUARTET
Charlie Parker (as) ; Duke Jordan (p) ; Charles Mingus (b), Phil Brown (dm) ; Bob Garrity (mc).
    Radio Broadcast, Birdland, NYC, 20/9/1952
3. ORNITHOLOGY (C. Parker, B. Harris)     (Radio Transcription)    5’55
4. 52nd STREET THEME (T. Monk)    (Radio Transcription)    5’01

CHARLIE PARKER QUINTET/WITH STRINGS
Charlie Parker (as) : Walter Bishop (p) ; Mundell Lowe (g) ; Teddy Kotick (b) ; Max Roach (dm) + unknown string section and oboe*.     Rockland Palace Ballroom, NYC, 26/9/1952
5. ROCKER * (G. Mulligan)    (Charlie Parker PLP401)    5’27
6. SLY MONGOOSE (L. Belasco)    (Charlie Parker PLP401)    3’42
7. MOOSE THE MOOCHE (C. Parker) (inc.)    (Charlie Parker PLP401)    4’04
8. STAR EYES (D. Raye, G. dePaul) (inc.)    (Charlie Parker PLP401)    2’28
9. THIS TIME THE DREAM’S ON ME (H. Arlen, J. Mercer)    (Charlie Parker PLP401)    6’19
10. COOL BLUES (C. Parker) (inc.)    (Charlie Parker PLP401)    3’01
11. MY LITTLE SUEDE SHOES (C. Parker)    (Charlie Parker PLP401)    4’31
12. LESTER LEAPS IN (L. Young) (inc.)    (Charlie Parker PLP401)    4’12
13. LAURA* (D. Raksin, J. Mercer)    (Charlie Parker PLP401)    3’19

CHARLIE PARKER QUINTET
Charlie Parker (as) ; John Lewis (p) ; Milt Jackson (vib) ; Percy Heath (b) ; Kenny Clarke (dm).
    Radio Broadcast, Birdland, NYC, 1/11/1952
14. HOW HIGH THE MOON (M. Lewis, N. Hamilton)    (Radio Transcription)    5’58
15. EMBRACEABLE YOU (G. & I. Gershwin)    (Radio Transcription)    3’15
16. 52nd STREET THEME (T. Monk) (inc.)    (Radio Transcription)    0’23

TOTAL : 75’ 22


discographie - CD 3

CHARLIE PARKER WITH STRINGS
Charlie Parker (as) ; unknown oboe, harp and strings ; Walter Bishop (p) ; Walter Yost (b) ; Roy Haynes (dm) ; Candido Camero (cga)*.    WNBC Radio Broadcast,, Carnegie Hall, NYC,14 - 15/11/1952
1. JUST FRIENDS (J. Klenner, S. M. Lewis)    (Radio Transcription)    3’31
2. EASY TO LOVE (C. Porter)    (Radio Transcription)    2’24
3. REPETITION*(N. Hefti)    (Radio Transcription)    6’06
 
Dizzy Gillespie (tp) ; Charlie Parker (as) ; Walter Bishop (p) ; Walter Yost (b) ; Roy Haynes (dm) ; Candido Camero  (cga).     Same place, same date
4. A NIGHT IN TUNISIA (D. Gillespie, F. Paparelli)    (Radio Transcription)    7’34
5. 52nd STREET THEME (T. Monk)    (Radio Transcription)    2’13

CHARLIE PARKER QUINTET
Joe Gordon (tp) ; Charlie Parker (as) ; Dick Twardzik (p) ; Charles Mingus (b) ; Roy Haynes (dm) ; Symphony Sid  (mc).     WCOP radio broadcast, Hi-Hat Club, Boston, 14/12/1952
6. Introduction    (Radio Transcription)    0’57
7. ORNITHOLOGY (C. Parker, B. Harris)    (Radio Transcription)    4’17
8. COOL BLUES (C. Parker)    (Radio Transcription)    5’22
9. GROOVIN’HIGH (D. Gillespie)    (Radio Transcription)    5’27
10. DON’T BLAME ME (J. McHugh, D. Fields)     (Radio Transcription)    9’03
11. SCRAPPLE FROM THE APPLE (C. Parker)    (Radio Transcription)    5’57
12. CHERYL (C. Parker)    (Radio Transcription)    5’22
13. JUMPING WITH SYMPHONY SID (L. Young)    (Radio Transcription)    2’22

CHARLIE PARKER SEXTET
Joe Gordon (tp) ; Charlie Parker (as) ; poss. Bill Wellington (ts) ; Dick Twardzik (p) ; Charles Mingus (b) ; Roy Haynes (dm).     poss. Christy’s Restaurant, Framingham, 8 - 14 december 1952
14. I’LL REMEMBER APRIL (G. DePaul /D. Raye/ P. Johnston)    (Charlie Parker PLP404)    10’31

TOTAL : 71’37

Les étoiles * relient la présence ponctuelle d’un musicien ou d’un orchestre  dans un ou plusieurs morceaux d’une séance




« Il y avait quelque chose d’inéluctable dans la façon dont jouait Bird, quelque chose de très direct, de très mélodique qui dépassait les limites de l’instrument. »    Gerry Mulligan
“There was something kind of inevitable about the way Bird played, and it was very direct and very melodic and it transcended the limitations of the horn.”    Gerry Mulligan


CD 1
NORMAN GRANZ JAM SESSION
LA, prob. 17/6/1952
 1. JAM BLUES    14’42
 2. WHAT IS THIS
THING CALLED LOVE ?    15’52
 3. DEARLY BELOVED    1’46
 4. FUNKY BLUES    13’29
HARRY BABASIN ALL STARS
Trade Winds Club, Inglewood, CA, 16/6/1952
 5. THE SQUIRREL    15’41
 6. INDIANA    11’51
TOTAL : 73’43

CD 2
HARRY BABASIN ALL STARS
Trade Winds Club, Inglewood, CA, 16/6/1952
 1. IRRESISTIBLE YOU    6’39
 2. LIZA    10’34
CHARLIE PARKER QUARTET
Birdland, NYC, 20/9/1952
 3. ORNITHOLOGY    5’55
 4. 52nd STREET THEME    5’01
CHARLIE PARKER QUINTET/
WITH STRINGS
Rockland Palace Ballroom, NYC, 26/9/1952
 5. ROCKER    5’27
 6. SLY MONGOOSE    3’42
 7. MOOSE THE MOOCHE    4’04
 8. STAR EYES    2’28
 9. THIS TIME THE DREAM’S ON ME    6’19
10. COOL BLUES    3’01
11. MY LITTLE SUEDE SHOES    4’31
12. LESTER LEAPS IN    4’12
13. LAURA    3’19
CHARLIE PARKER QUINTET
Birdland, NYC, 1/11/1952
14. HOW HIGH THE MOON    5’58
15. EMBRACEABLE YOU    3’15
16. 52nd STREET THEME    0’23
TOTAL : 75’ 22

CD 3
CHARLIE PARKER
WITH STRINGS
WNBC Radio, Carnegie Hall, NYC,
14 - 15/11/1952
 1. JUST FRIENDS    3’31
 2. EASY TO LOVE    2’24
 3. REPETITION    6’06
CHARLIE PARKER SEXTET
WNBC Radio, Carnegie Hall, NYC,
14 - 15/11/1952
 4. A NIGHT IN TUNISIA    7’34
 5. 52nd STREET THEME    2’13
CHARLIE PARKER QUINTET
WCOP radio broadcast, Hi-Hat Club, Boston, 14/12/1952
 6. Introduction    0’57
 7. ORNITHOLOGY    4’17
 8. COOL BLUES    5’22
 9. GROOVIN’HIGH    5’27
10. DON’T BLAME ME    9’03
11. SCRAPPLE FROM THE APPLE    5’57
12. CHERYL    5’22
13. JUMPING WITH SYMPHONY SID    2’22
CHARLIE PARKER SEXTET
poss. Christy’s Restaurant, Framingham,
8 - 14/12/1952
14. I’LL REMEMBER APRIL    10’31
TOTAL : 71’37



L’intégrale Charlie Parker, réalisée par Alain Tercinet pour Frémeaux & Associés a pour mission de présenter la quasi-intégralité des titres gravées en studio ainsi que des œuvres diffusées sur les ondes. Des enregistrements privés ont été écartés de la sélection pour respecter une cohérence sonore et un niveau de qualité esthétique à la hauteur du génie de Charlie Parker.   


The aim of ’The Complete Charlie Parker’, compiled for Frémeaux & Associés by Alain Tercinet, is to present (as far as possible) every studio-recording by Parker, together with titles featured in radio-broadcasts. Private recordings have been deliberately omitted from this selection to preserve a consistency of sound and aesthetic quality equal to the genius of this artist.


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