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CINQ PLANÈTES ET FRÉMEAUX & ASSOCIÉS TÉLÉVISIONS présentent

Dedans le Sud de la Louisiane

Les Haricots sont pas Salés

Un film de Jean-Pierre Bruneau






“Probably my very favorite film ever on South Louisiana”
Cecil Doyle, KRVS/Radio-Acadie



« En 1972, bien avant que les bayous deviennent une attraction touristique, Jean-Pierre Bruneau avait entrepris un périple cinématographique au cœur de l’Acadie tropicale à la rencontre des plus grands musiciens cajuns et créoles de l’époque, des frères Balfa à Clifton Chénier. « Dedans le Sud de la Louisiane » avait aidé à faire découvrir l’étonnante vitalité des musiques de cet État américain pas comme les autres ainsi qu’une culture francophone fragile, attachante et unique. »    Chris Smith (Blues & Rhythm)


1 film DVD « DEDANS LE SUD DE LA LOUISIANE » :
Vingt ans avant son film culte Louisiana Blues (FA4007) Jean-Pierre Bruneau filme les grands musiciens de l’Acadie tropicale, un document exceptionnel entièrement restauré.     

Twenty years before his cult film Louisiana Blues (FA4007), Jean-Pierre Bruneau filmed the great musicians of tropical Acadia to make an exceptional documentary, now entirely restored.

1 CD audio « LES HARICOTS SONT PAS SALÉS » :
27 pistes enregistrées in situ dans les années 1970. Le plus célèbre disque consacré aux musiques cajun et créole. (Grand Prix du Disque Académie Charles Cros).    

27 tracks of field recordings made in the 1970’s. The most famous recordings of cajun and creole music.



Ce coffret regroupe deux documents historiques essentiels sur les musiques et cultures cajuns et créoles de Louisiane. Le CD et le film présentés ici sont issus des voyages du cinéaste Jean-Pierre Bruneau qui durant les années 1970 fut parmi les rares personnes à s’intéresser à la promotion de ces musiques alors méconnues et marginales. Ces dernières sont issues d’une culture francophone hybride unique et fragile qui réussit à survivre tant bien que mal dans les mondes clos des marécages et bayous du Sud de la Louisiane. Au-delà de sa valeur patrimoniale évidente, ce coffret est le témoin direct d’une période considérée comme l’âge d’or de ces musiques. On retrouve les plus grands musiciens de l’époque, devenus légendes aujourd’hui : les frères Balfa, Clifton Chenier, Bee Fontenot, Alphonse « Bois Sec » Ardoin et Canray Fontenot.    
Patrick Frémeaux & Philippe Krümm

This set contains two essential historic documents dealing with the music and culture of the Cajuns and Creoles of Louisiana. The CD and the film presented here resulted from the travels of filmmaker Jean-Pierre Bruneau, who in the Seventies was one of the rare people to take an interest in this music that was sill marginal and unrecognized at that time. The music here comes from a hybrid, fragile French-speaking culture that managed to somehow survive in the isolated world of the marshlands and bayous of southern Louisiana. Above and beyond its obvious natural heritage value, this set provides direct testimony of a period considered to be this music’s Golden Age, and features the greatest musicians of the time, all of them legends today: the Balfa brothers, Clifton Chenier, Bee Fontenot, Alphonse “Bois Sec” Ardoin and Canray Fontenot.       
Patrick Frémeaux & Philippe Krümm






Les haricots sont pas salés

Legendary Masters of Cajun and Creole Music
The historic live recordings made during informal sessions in
Acadia and Evangeline Parishes (Louisiane) in the early 70’ s
Grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros en 1975 (label Expression Spontanée - réédition en 1997 par Cinq Planètes).
Il s’agit d’enregistrements « de terrain » réalisés en 1972 à Mamou, Eunice, Basile et Lafayette, lors et pour le tournage du film de Jean-Pierre Bruneau Dedans le Sud de la Louisiane.
Notices de Jean-Pierre Bruneau ; production : Jean-Pierre Bruneau ; prise de son : Petur Hliddal et Jean-Pierre Bruneau ; pré-mastering : Jean-Pierre Bouquet (L’Autre Studio) ; Mastering : François Leymarie (Studio Sinuances).
Photos : Marilyn Mulford et Marie-Thérèse Delboulbès.

1. Pain de maïs (Cornbread) – Bee Fontenot (2’07)
Bee Fontenot (accordéon, chant) ; Dewey Balfa (triangle)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
2. La valse de la belle (The Sweatheart’s Waltz) –
Shirley Bergeron (3’01)
Shirley Bergeron (guitare, chant) ; Alphee Bergeron (accordéon) ;
Dewey Balfa (violon) ; Terry Bearb (triangle)
Enregistré le 16 février 1972, à Mamou
3. Ma négresse – Nathan Abshire (2’35)
Nathan Abshire (accordéon, chant) ; Dewey Balfa (violon, chant) ;
Will Balfa (violon) ; Rodney Balfa (guitare) ; Burkeman Balfa (triangle)
Enregistré le 16 février 1972, à Mamou
4. Les haricots sont pas salés #1 (The Snapbeans Ain’t Salty) –
Les Frères Balfa (2’21)
Dewey Balfa (violon, chant) ; Nathan Abshire (accordéon, chant) ;
Will Balfa (violon) ; Rodney Balfa (guitare) ; Burkeman Balfa (triangle)
Enregistré le 17 février 1972, à Mamou
5. Aux Natchitoches – Bee Deshotels (1’33)
Bee Deshotels (chant)
Enregistré le 16 février 1972, à Reddell
6. Tu peux cogner (mais tu peux pas rentrer) (Keep on Knockin’
[But You Can’t Come In]) – Les Frères Balfa (2’56)
Rodney Balfa (guitare, chant) ; Dewey Balfa (violon) ; Will Balfa (violon) ; Revon Reed (coups, cris)
Enregistré le 31 mars 1972, à Basile
7. Two-step des Cajuns (instrumental) – Nathan Abshire (1’48)
Nathan Abshire (accordéon) ; Dewey Balfa (violon) ; Will Balfa (violon) ; Rodney Balfa (guitare) ; Burkeman Balfa (triangle)
Enregistré le 16 février 1972, à Mamou
8. Une livre de tabac (One Pound of Tobacco) –
Les Frères Balfa (3’39)
Dewey Balfa (violon, chant) ; Will Balfa (violon) ; Rodney Balfa (guitare)
Enregistré le 31 mars 1972, à Basile
9. Madame Bosso – Shirley Bergeron (2’11)
Shirley Bergeron (guitare, chant) ; Alphee Bergeron (accordéon) ;
Dewey Balfa (violon) ; Terry Bearb (triangle)
Enregistré le 16 février 1972, à Mamou
10. La porte de la prison (The Prison’s Gate) – Bee Fontenot (2’03)
Bee Fontenot (accordéon, chant)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
11. Les barres de la prison (The Prison’s Bars) –
Canray Fontenot (2’50)
Canray Fontenot (violon, chant) ; Alphonse « Bois Sec » Ardoin (accordéon) ; Rodney Balfa (guitare)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
12. Ma chérie bébé créole (My Creole Sweet Mama) –
Dennis Mc Gee (2’38)
Dennis Mc Gee (violon) ; Sady Courville (violon) ;
Preston Manuel (guitare) ; Wallace Lafleur (chant)
Enregistré le 16 février 1972, à Mamou
13. Madame Young – Dennis Mc Gee (2’43)
Dennis Mc Gee (violon, chant) ; Sady Courville (violon) ;
Preston Manuel (guitare)
Enregistré le 16 février 1972, à Mamou
14. La danse de la limonade (The Lemonade Song) –
Les Frères Balfa (2’41)
Rodney Balfa (guitare, chant) ; Nathan Abshire (accordéon) ;
Dewey Balfa (violon) ; Will Balfa (violon)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
15. La veuve du lac bleu (The Blue Lake’s Widow) –
Bee & Ed Deshotels (2’46)
Bee Deshotels (guitare, chant) ; Ed Deshotels (violon)
Enregistré le 16 février 1972, à Reddell
16. Les deux cousines (instrumental) – Freeman Fontenot (0’53)
Freeman Fontenot (accordéon)
Enregistré le 15 avril 1972, à Basile
17. Quoi faire ? (Why?) – Alphonse « Bois Sec » Ardoin (2’52)
Alphonse « Bois Sec » Ardoin (accordéon, chant) ;
Canray Fontenot (violon) ; Rodney Balfa (guitare)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
18. Bosco Stomp – Alphonse « Bois Sec » Ardoin
& Les Frères Balfa (5’21)
Alphonse « Bois Sec » Ardoin (accordéon, chant des quatre premiers couplets) ; Dewey Balfa (violon, chant des quatre derniers couplets) ; Canray Fontenot (violon) ; Nathan Abshire (accordéon après
le quatrième couplet) ; Rodney Balfa (guitare) ; Terry Bertrand (banjo) ; Burkeman Balfa (triangle)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
19. Make It To Me – Bee Fontenot (1’50)
Bee Fontenot (accordéon, chant)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
20. J’ai fait mon idée (I Made Up My Mind) – Shirley Bergeron (3’17)
Shirley Bergeron (guitare, chant) ; Alphee Bergeron (accordéon) ;
Dewey Balfa (violon) ; Terry Bearb (triangle)
Enregistré le 16 février 1972, à Basile
21. J’ai été au bal (I Went to the Dance) – Les Frères Balfa (2’46)
Dewey Balfa (violon, chant) ; Will Balfa (violon) ; Rodney Balfa (guitare) ; Terry Bertrand (banjo) ; Burkeman Balfa (triangle)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
22. Bonsoir Moreau (Goodnight Moreau) – Canray Fontenot (2’03)
Alphonse « Bois Sec » Ardoin (accordéon, chant) ; Canray Fontenot (violon) ; Rodney Balfa (guitare)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
23. ‘Tit galop au Mamou (Gallop to Mamou) – Les Frères Balfa (2’49)
Rodney Balfa (guitare, chant) ; Dewey Balfa (violon) ; Will Balfa (violon)
Enregistré le 31 mars 1972, à Basile
24. Chère Toutoute – Bee Fontenot (2’18)
Bee Fontenot (accordéon, chant)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
25. Les maringouins ont tout mangé ma belle (The Mosquitoes Ate Up my Sweetheart) – Nathan Abshire (2’39)
Nathan Abshire (accordéon, chant) ; Dewey Balfa (violon) ;
Will Balfa (violon) ; Rodney Balfa (violon) ; Burkeman Balfa (triangle)
Enregistré le 17 février 1972, à Basile
26. Les haricots sont pas salés #2 – Accordéoniste anonyme (2’44)
Anonyme (accordéon) ; Jack Léger (frottoir) ; anonyme
(pedal steel guitar, percussions)
Enregistré le 28 juillet 1977, à Mamou, lors de l’émission
de Revon Reed, « Keun »
27. Le two-step à Jules (instrumental) – Freeman Fontenot (1’17)
Freeman Fontenot (accordéon)
Enregistré le 15 avril 1972, à Basile

Dedans le Sud de la Louisiane
“Probably my very favorite film ever on South Louisiana”
Cecil Doyle, KRVS/Radio-Acadie

Réalisation & Montage : Jean-Pierre Bruneau
Images / Directeur photo : Paul Godsmith
Assistante caméra : Sharon Sachs
Son : Pettur Hiddal
Montage additionnel : Marilyn Mulford, Bob Mills
Production : Marie-Thérèse Delboulbès
Photos : Marilyn Mulford,
Marie-Thérèse Delboulbès, Ardina Seward,
Elemore Morgan Sr., Library of Congress
Conception / Artwork couverture original :
Tania Latchman pour Cinq Planètes
Production : Cinq Planètes,
label créé et dirigé par Philippe Krümm

Site web - catalogue : www.fremeaux.com
Droits : Frémeaux & Associés

Conception de collection :
Patrick Frémeaux & Claude Colombini
Direction de collection : Augustin Bondoux
Assistante éditoriale : Anna Karsenti

DEDANS LE SUD DE LA LOUISIANE :
P 1972-2007 Jean-Pierre Bruneau -
Marie-Thérèse Delboulbès- Cinq Planètes
© 2016 Groupe Frémeaux Colombini
LES HARICOTS SONT PAS SALÉS :
P 1972-1997 Jean-Pierre Bruneau - Cinq Planètes
© 2016 Groupe Frémeaux Colombini


DEDANS LE SUD DE LA LOUISIANE,
LE FILM

Voici donc, heureusement restaurées, datant de 1972, parmi les premières images à parvenir en Europe sur cette contrée mythique, ses habitants, leur drôle de français et surtout leur musique unique et pas sophistiquée pour un rond. Dedans le sud de la Louisiane fut tourné en 16 mmm et sorti en 1974 en même temps que le disque Les Haricots sont pas salés avec des enregistrements musicaux dits « de terrain » réalisés lors et autour du tournage du film.
Alors que la culture de masse américaine dévore le monde entier, il est rafraîchissant, surprenant et même quasiment miraculeux de constater aujourd’hui la résistance et l’influence croissante de cette culture minoritaire louisianaise, issue, rappelons le, d’un des Etats les plus pauvres des USA. La Louisiane, autrefois partie considérable de l’empire colonial français, jugée indésirable par Napoléon, a mêlé des populations d’origine française, acadienne, africaine, antillaise, espagnole, allemande, majoritairement catholiques et aussi des Amérindiens appartenant aux tribus Houma et Chitimacha et des « Anglos » protestants. Résultat, une société américaine singulière ayant produit son propre melting pot mais basé sur des fondations culturelles françaises. Un melting pot qui distingue cependant deux catégories de citoyens. Tout ce qui est Blanc est considéré comme Cajun (qui s’écrit aussi Cadien et se prononce Cadjin) et tout ce qui est Noir, Créole. La musique, longtemps indifférenciée sous le vocable « French Music » reproduit cette catégorisation raciale, le terme plus récent de zydeco, désignant lui aussi la musique essentiellement issue de la communauté noire.
Ces musiques rurales, blanches ou noires, issues d’une région aussi appelée Acadiana dont la ville de Lafayette est le centre, furent longtemps méprisées par les élites louisianaises et « découvertes » bien après après la plupart des autres musiques ethniques américaines. Les premiers disques cajun, à usage strictement local, n’apparaissent qu’en 1928, vingt ans après les premiers disques de klezmer ou encore norvégien-américains, sept ou huit ans après les premiers enregistrements de blues. Les premiers collectages ethnographiques (dus à John et Alan Lomax) furent effectués à partir de 1934 mais leurs trouvailles dormiront longtemps sur les étagères de la bibliothèque du Congrès à Washington.
Jusqu’au début des années 70, seuls une poignée de Louisianais, en particulier l’enseignant Revon Reed et son ami l’avocat Paul Tate, tous deux originaires du petit village de Mamou ainsi qu’une dizaine d’aficionados « étrangers » s’intéressent à cette culture. Comme j’ai connu certains d’entre eux, voici quelques détails sur cette étrange et cosmopolite tribu :
Durant les années 50, Harry Oster un jeune universitaire juif de Boston, fils de « cantor » polonais en mal d’affectation choisit Louisiana State University à Baton Rouge, « promesse d’exotisme et de dépaysement ». Il fonde la Louisiana Folklore Society, part collecter du blues (il a notamment « découvert » Snooks Eaglin dans les rues de la Nouvelle-Orléans et Robert Pete Williams dans le pénitencier d’Angola). Ayant rencontré Paul Tate et Revon Reed à Mamou, c’est avec leur aide qu’il enregistre sur le terrain (et à compte d’auteur) ce qui deviendra le fameux album fondateur Folksongs of the Louisiana Acadians.
Autre jalon, la parution en 1952 d’une Anthology of American Folk Music qui influencera toute la « folk generation » américaine des sixties, Pete Seeger et Bob Dylan inclus. Compilation concoctée par l’excentrique beatnik new yorkais Harry Smith à partir d’obscurs 78 tours, l’anthologie contenait quelques titres cajuns de Joe et Cleoma Falcon, Colombus Frugé et Delma Lachney. Smith ne disposait d’aucune info sur ces musiciens qu’il se contente de qualifier d’« Arcadians » (sic).
À Berlin, en 1960, Benno Haüpl, un jeune homme de 15 ans d’origine autrichienne découvre la musique country et la compilation d’Harry Smith et s’entiche des morceaux cajuns. Il raconte : « Cette musique m’a beaucoup touché car j’étais non seulement américanophile mais francophile et francophone ». Il parvient à se procurer quelques disques louisianais et devenu DJ sur les ondes de la station des forces armées américaines RIAS, se souvient d’y avoir programmé des chansons cajun dès 1961. A sa mort, en 2015, il possédait la plus importante collection au monde de disques cajuns et créoles, à savoir 400 78 tours, 1.400 45 tours et 750 Lp’s.
À peu près à la même époque un autre germanophone d’origine, Chris Strachwitz (réfugié de Silésie) arpente le sud des Usa et enregistre du blues pour Arhoolie Records, le petit label qu’il a fondé à San Francisco. C’est à Houston et sur l’insistance du bluesman Lightnin’ Hopkins qu’il rencontre Clifton Chenier. Séduit, il fera de sa maison de disque un des plus importants vecteurs de popularisation des musiques cajun et zydeco et entraînera le cinéaste documentariste Les Blank (connu notamment pour Spent it Ali, J’ai été au bal, Marc & Ann) à s’intéresser à ses découvertes.
1963 : En Angleterre, l’amateur de blues Mike Leadbitter (né en Inde) crée la première revue du monde vouée au blues, Blues Unlimited. Il a pris l’habitude de contacter les petits labels américains et reçoit ainsi des galettes « cajines » qui l’intriguent beaucoup. Lui et ses collaborateurs (notamment John Broven, futur auteur du classique South to Louisiana, the Music of the Cajun Bayous), prennent l’habitude d’en traiter dans chaque numéro de la revue, laquelle, durant près d’une décennie, sera pratiquement l’unique source d’information écrite sur le sujet !
Enfin il y eut les « cousins », le québécois André Gladu (auteur d’une magnifique série de films Le Son des Français d’Amérique) et moi-même, autant séduits par la musique, le mode de vie de ces gens et leur sens de la fête que par le besoin de faire connaître au reste du monde cette miraculeuse mais bien fragile survivance francophone.
Le premier musicien « étranger » à chanter des chansons cajuns fut probablement le breton Serge Kerval – par ailleurs connu comme adaptateur de Dylan et de Victor Hugo – qui, durant la fin des sixties en parsema chaque volume de sa série sur les musiques populaires francophones. Autres popularisateurs importants le folksinger américain Roger Mason qui vivait alors en France et fit du collectage en Louisiane pour le compte du Musée des Arts et Traditions populaires en 1970 et le chanteur, compositeur et accordéoniste Gérard Dôle, père spirituel et inventeur du concept « francadien », En 1975, la première tournée des frères Balfa en France organisée par le promoteur Michel Salou et Roger Mason (et accompagnée d’une projection de DLSDLL) obtint un succès inespéré (20 000 spectateurs pour une quinzaine de dates) et contribua à la notoriété naissante de cette culture.
Durant les années 80, grâce à l’exposition médiatique dont bénéficièrent le chef cuisinier Paul Prudhomme, le peintre George Rodrigue, les musiciens Cifton Chenier, les frères Balfa, le groupe Beausoleil, ou encore le film The Big Easy, tout ce qui représentait les cultures cajun, créole ou assimilées (cuisine, musique, danse) a fait l’objet d’un phénomène de mode à travers les États-Unis et même au-delà provoquant un « rush » touristique jamais vu dans cette partie de la Louisiane. Un phénomène qui perdure, le tourisme constituant la deuxième source de revenus pour l’Etat après l’exploitation pétrolière.
Directeur musical de la station de radio publique KRVS-Radio Acadie à Lafayette et ex-résident du village de Mamou, Cecil Doyle a écrit que « Dedans le Sud de la Louisiane » capture la réalité louisianaise à un moment très spécial, une période transitoire durant laquelle notre culture restait relativement isolée, juste avant l’arrivée d’une nouvelle génération qui allait non seulement l’adopter mais surtout bâtir quelque chose de nouveau en s’appuyant sur elle ». Ainsi apparurent les « baby boomers : Zachary Richard, Michael Doucet et Beausoleil, C.J. Chenier, Buckwheat Zydeco, Wayne Toups, Beau Jocque qui ont su si bien renouveler et enrichir ce genre en l’ancrant dans leur siècle, suivis d’une nouvelle génération (Steve Riley, Geno Delafose, the Lost Bayou Ramblers, la progéniture de Marc & Ann Savoy, Bonsoir Catin, Cedric Watson, Feu Follet) qui rend la scène contemporaine autour de Lafayette si excitante. Des musiques qui ont aussi été adoptées et répandues loin de leur terre d’origine, par des groupes situés en Californie, au Japon, en Grande-Bretagne, en Hollande et en France. Caractéristique intéressante, ces formations attirent et sont soutenues par une importante et fidèle communautés de danseurs, lesquels au delà de la valse et du two step traditionnels ont développé de nouveaux pas, comme le “cajun freeze” (danse en ligne et variation sur ce que l’on appelle en France le madison). Le zydeco en tant que danse, a son style propre (et remarquable) et récemment. des influences aussi variées que jitterburg, salsa, hip-hop et free style se sont fait sentir.
Jean-Pierre Bruneau

Petite note sur l’équipe
Principal contact de l’équipe du film, Revon Reed était enseignant, journaliste (aux hebdos bilingues Mamou Acadlan Press puis Mamou Prairie dont il fut l’éditeur), homme de radio, écrivain (son légendaire Lâche pas la patate est le premier ouvrage en langue cajun) et l’un des artisans majeurs de la renaissance cadienne. Une plaque apposée à l’extérieur de Fred’s Lounge à Mamou d’où il animait son émission radio chaque samedi matin honore sa mémoire.
Le commentaire historique « off » est de Pierre Daigle également enseignant, parolier et écrivain (Tears, Love and Laughter) qui vivait à Church Point. L’image est de Paul Goldsmith qui après DLSDLL fut embauché par Bob Dylan pour Renaldo & Clara puis par Nell Young pour Rust Never Sleeps. A aussi co-réalisé le controversé documentaire The Good Times Are Killing Me avec un Nathan Abshire déclinant.
La prise de son est due à Petur Hliddal devenu par la suite spécialiste du mixage son à Hollywood (notamment sur Great Balls of Fire. Edward aux mains d’argent. Les Divins secrets des petites Ya Ya, Syriana).
Dedans le Sud de la Louisiane est le premier film du réalisateur Jean-Pierre Bruneau. Vingt ans plus tard il est revenu sur place pour Louisiana Blues. A tourné de nombreux sujets sur les musiques du monde et le Jazz en particulier pour la chaine Arte.




DEDANS LE SUD DE LA LOUISIANE,
THE MOVIE

Shot in 1972, fortunately restored, here are some of the first images to have reached Europe about this mythical land, its people, their ancient French language and most of ail their wonderful and unsophisticated music.
While the American mass culture is fast absorbing the whole planet, it is nothing short of a miracle to discover the spirit of resistance and the growing influence of a French speaking minority culture originating from one of the poorest states in the US.
Louisiana, once part of the huge French colonial empire in North America, abandoned and sold by Napoleon in 1803, kept on integrating people of different origins, French, Acadians, Africans, West Indians, Spaniards, Germans, the native Amerindians of the area such as the Houma and Chitimacha tribes and also protestant Anglos : ‘They went on to form a multifaceted society – one that, unlike other American melting pots rests upon a French cultural foundation’ wrote the noted professor Carl Brasseaux. A melting pot distinguished by two categories of citizens. For most people of this area, only White people are considered Cajuns, the Black community being called Creole. In the past the music of both groups was undifferentiated under the generic term “French Music” No so today where the music reproduces this racial categorization. And the more recent word zydeco also applies solely to the contemporary Black music of the area.
Until the late sixties, the very existence of these French speaking communities were largely unknown outside of Louisiana (the word Cajun – now also written Cadien – only appeared in French dictionaries at the end of the ‘70’s). Their music despised by the Louisiana elite as “chanky chank” was “discovered” and recorded long after other ethnic musics. The first cajun records, solely intended for local consumption, came out in 1928, twenty years after the first Klezmer or Norwegian-American records, eight years after the first blues records. The first ethnographic field recordings were done in 1934 by John & Alan Lomax but their finds were kept unnoticed on the shelves of the Library of Congress during several decades.
Only a very small group of Louisiana natives, notably Revon Reed and his friend the lawyer Paul Tate, both from Mamou as weil as less than a dozen foreign aficionados showed interest in this original culture. As I happened to know some of them, here are a few details about this strange and cosmopolitan tribe:
During the 50’s, Harry Oster, a young Jewish scholar, son of a Polish “cantor” chose a position at LSU in Baton Rouge and started collecting blues songs (he “discovered” Snooks Eaglin and Robert Pete Williams). He soon met Revon Reed & Paul Tate who convinced him to record what became the definitive album Folksongs of the Louisiana Acadians.
Another milestone was the Anthology of American Folk Music published in 1952 and a major influence for the then emergent “folk generation”. A collection of obscure 78’s recordings assembled by the excentric New York beatnik Harry Smith, the anthology included a few Cajun tunes by Joe & Cleoma Falcon, Colombus Frugé & Delma Lachney. Smith knew absolutely nothing about these rnusicians that he called “Arcadians”.
Living in Berlin in 1960, Benno Haüpl an Austrian born teenager was interested by Country music and became fascinated by the few Cajun tunes that he found in Smith’s Anthology. A DJ for the American Armed Forces Radio RIAS, he remembered airing cajuns songs there as soon as 1961. An avid records collector, he owned the largest known collection of cajun & creole music: 400 78s, 1,400 45s, 750 LPs totalizing more than 99% of all discs ever published of this genre, including many “only known copies”, since there was often a total of only 100 copies pressed.
At about the same time, another German speaker, Chris Strachwitz, a refugee from Silesia, roamed the Southern states in search of blues artists for his small label Arhoolie Records based near San Francisco. In Houston, he met Clifton Chenier, thanks to the insistance of Lightnin’ Hopkins. Hooked by Cheniers’ music, Strachwitz started to produce the richest catalog of cajun and zydeco there ever was and in the process, enlisted the filmmaker Les Blank who shot documentaries like Spent it Ali, J’ai été au bal or Yum, Yum.
1963, England. Blues enthusiast Mike Leadbitter (born in India) started the first magazine devoted to the blues Blues Unlimited. He contacted the small regional labels ail over the American South and received cajun records that tickled his fancy. He and John Broven, future author of South to Louisiana, the Music of the Cajun Bayous started reviewing that “French Music” and over a full decade, BU has been the only available printed source about cajun and zydeco music!
Then came the “cousins”, Quebecois film maker André Gladu (who did a wonderful series of film documenting the music of various French speaking groups ail over North America) and myself, both seduced by the music and the lifestyle of these cajun bayous and the desire to share with the world the beauties of this vibrant and fragile French speaking community.
The first “foreign” musician to record Cajun songs in French was probably the Breton singer Serge Kerval at the end of the ‘60’s. He was followed by the American folksinger Roger Mason who lived in France in the ‘70’s and was sent to Louisiana to do field recordings for the French Museum of Folk Arts. Another important figure of the period was Gérard Dôle, singer, composer and accordion player, in a way the spiritual father of the contemporary “Francadian” scene. But the true beginning of interest in Cajun culture in France was the very successful first tour there by the Balfa Brothers in 1975, followed by Clifton Chenier’s band a couple years later.
During the ‘80’s, thanks to media coverage of personalities like the Balfas, Clifton Chenier, the band Beausoleil, chef Paul Prudhomme, painter George Rodrigue, or the movie The Big Easy, everything Cajun (food, music and dance) became suddenly fashionable ail across the US and even further. It gave birth to a tourist rush that Acadiana had never seen before.
Cecil Doyle, music director at Lafayette’s public radio station KRVS and a one-time Mamou resident, wrote that “Dedans le Sud de la Louisiane” “captures Southwest Louisiana at a very special moment in time, a transitional period when we were still a relatively isolated culture on the cusp of a generation that would not only embrace what came before but build upon it.” That was the case with the “baby boomers” (notably Zachary Richard, Michael Doucet with Beausoleil, C.J. Chenier, Buckwheat Zydeco, Wayne Toups, Beau Jocque) who travelled wide and far, followed by a younger generation (Steve Riley, Geno Delafose, the Lost Bayou Ramblers, Marc & Ann Savoy’s offsprings, Bonsoir Catin, Cedric
Watson, Feu Follet) who make the cultural scene in and around Lafayette, so creative.
 Today one’s find zydeco and cajun bands in places like California, Japan, UK, Holland and France. Interestingly these groups often exist because they are followed and supported by a faithful dancing community that went beyond the traditional, waltzes and two steps and created new steps like the line dancing inspired “cajun freeze”. Today, cajun & zydeco
dancing can also be influenced by jitterburg or salsa, even hiphop and free style.
Jean-Pierre Bruneau


About the crew
The film crew main con‑nection was Revon Reed, a schoolteacher, journalist and publisher of two bilingual local weeklies Mamou Acadian Press followed by Mamou Prairie), live radio show host, dean of Cajun letters (he wrote the legendary book Lâche pas la patate), Cajun activist and keeper of the flame. A marker honours his memory outside Fred’s Launge ln Mamou where he ran hls weekly remote radio broadcast from 1962 to the early ‘80’s. In 2016, the radio broadcast was still taking place in the same bar (only open every Saturday morning for the occasion) hosted by Annona Balfa, daughter of ’tit fer master player Burkeman Balfa of Balfa Brother’s fame.
The “off” historie narration was done by Pierre Dalgle, also a schoolteacher, songwriter and writer (Tears Love and Laughter) who used to live in Church Point.
The clnematographer was Paul Goldsmith. After shooting DLSDLL he was hired by Bob Dylan (Renaldo & Clara) Nell Young (Rust Never Sleeps) Leon Gast (When we were Kings), He also co-directed the controversial documentary The Good Times Are Killing Me showing a declining Nathan Abshire, The sound recordlst was Petur Hliddal who did sound recording for Renaldo & Clara and later worked as sound mixer (notably for Great Balls of Fire, Edward Sclssorshands. Divine Secrets of the Ya Ya Sisterhood, Syrlana).
Dedans le Sud de la Louisiane was the first film by the director Jean-Pierre Bruneau who came back twenty years later ln Acadlana to shoot Louisiana Blues. He has made several documenta ries dealing with jazz and world music notably for the European TV channel Arte.



LES MUSICENS

NATHAN ABSHIRE (1913-1981)
Une des personnalités les plus attachantes de la musique cajun. Accordéoniste et chanteur, né à Gueydan. A joué des bals de maison avec le musicien Noir Amédée Ardoin (qui l’a manifestement influencé) et a gravé ses premiers disques en 1935. Oublié ensuite, il fit un remarquable come-back en 1949 avec son Pine Grove Blues. Il s’associa avec les frères Balfa à la fin des années 50 et joua dans de nombreux festivals de musique folk à travers les États-Unis (il a hélas toujours refusé de venir en Europe). Mort dans la misère (titre d’une de ses chansons) et « tué par les bons temps », comme le promettait la devise qui ornait sa boîte d’accordéon.
Accordion player & singer, born in Gueydan, Nathan was one of the most colorful character among Cajun musicians. He played house dances with the great Black musician Amédée Ardoin and made his first recordings in 1935 with Happy Fats. Half forgotten during WW II, he made a great come back in 1949, with his groovy Pine Grove Blues. From the late 50’s on, he teamed with the Balfa Brothers and in the 70’s crisscrossed the American folk festival circuit, but always refused to travel to Europe. As one of his songs is titled, he “died in misery” in 1981 in Basile. As the engraved motto which adorned his squeeze box case promised ‘the good times’ had finally killed him.

ALPHONSE « BOIS SEC » ARDOIN (1915-2007)
Accordéoniste et chanteur Noir né à l’Anse à Prien Noir, près de Duralde en 1914. Cousin d’Amédée Ardoin il fut métayer toute sa vie. En 1948, fait équipe avec le violoniste Canray Fontenot avec lequel il se rend au festival de Newport en 1966, année où ils gravent leur premier album Les blues du Bayou. Bois Sec et sa femme Marceline ont élevé 14 enfants dont deux (Morris & Lawrence) perpétuent son héritage musical. Et au moins deux de ses petits fils (Chris & Sean) jouent dans des orchestres zarico.
Black accordion player & singer born in l’Anse à Prien Noir near Duralde in 1914. A humble sharecropper all his life he was Amédée Ardoin’s cousin. In 1948 he teamed with fiddler Canray Fontenot. They went to the Newport Folk Festival in 1966 and cut their first album Les Blues du Bayou the same year. Bois Sec and his wife Marceline raised 14 children and two of them (Morris & Lawrence) still carry his musical legacy. And two of his grand-sons (Chris and Sean) play in zydeco bands.

LES FRÈRES BALFA
Plus connus des représentants de la musique cajun à travers le monde, le violoniste et chanteur Dewey Balfa (1927-1992), ses frères Will (violoniste), Rodney (guitariste et chanteur) et occasionnellement Burke (joueur de triangle) sont nés sur la ferme de leur père Charles, un métayer de Bayou Grand Louis, près de Mamou. Ensemble, ils ont enregistré plus d’une douzaine d’albums.
A la fin des années 40, Dewey forma les Musical Brothers et grava ses premiers 78 tours en 1951. Invité au festival de musique de Newport en 64 puis en 67 il s’en retourna transfiguré par l’expérience et décida de consacrer le reste de sa vie à préserver et faire connaître sa culture dont il était si fier.
Cet homme énergique cumu‑lait les tâches : depuis sa petite ferme à Tepatate, près de Basile, il conduisait un bus de ramassage scolaire vendait de l’assurance et des meubles pour nourrir sa famille. Le reste de son temps était consacré à jouer dans les bals, donner des interviews, recevoir des visiteurs de toutes les parties du globe, enregistrer des disques, jouer dans des films (outre de nombreux documentaires, il est apparu dans deux productions hollywoodiennes tournées en Louisiane, Big Easy et Sans Retour), produire son émission de radio, enseigner à de jeunes musiciens, animer des ateliers, donner des conférences (de l’école primaire à l’Université) et partir en tournée à travers le monde.
La mort de ses frères Will et Rodney dans un accident de voiture en 79 puis celle de sa femme Hilda n’entamèrent pas sa détermination et il poursuivit sa tâche jusqu’à la fin.
Cette grande tradition familiale est poursuivie par sa fille Christine qui dirige le groupe Balfa Toujours.
They were the most well known ambassadors of Cajun culture around the world. Fiddler and singer Dewey (1927-1992), fiddler Will, guitar, player & singer Rodney & occasional triangle player Burke were all born and raised on the sharecropper’s farm of their father Charles on Bayou Grand Louis near Mamou. Together they recorded more than a dozen albums.
In the late 40’s, Dewey formed The Musical Brothers and cut his first 78’s in 1951. Invited at the Newport Folk Festival in 1964 and again in 1967, he came back transformed by the experience. He dedicated the rest of his life with considerable success to the preservation of his culture.
A very energetic man, he was a jack of all trades: from his house in Basile, he ran a small farm, drove a school bus, and sold insurance and furniture to feed his family. With what little time remained in his day, he played dances, recorded music, gave countless interviews, entertained guests from various countries, appeared in several movies (including Hollywood’s features The Big Easy and Southern Comfort), hosted a live radio show, taught younger musicians, gave lectures and conferences (from elementary schools to universities) and toured the world with his band!
The death of his brothers Will and Rodney in a car crash in ’79 and then of his wife Hilda were terrible blows but he carried out his task until the end. The family tradition is carried on by his daughter Christine who leads the group Balfa Toujours (meaning Balfa Forever).

ALPHEE BERGERON (1912-1980) & SHIRLEY BERGERON (1933-1993)

Alphee (accordéoniste) comme son fils Shirley (guitariste et chanteur) sont originaires de Pointe Noire près de Church Point, une petite communauté rurale qui a donné naissance à de nombreux musiciens célèbres comme Angelais Lejeune et Iry Lejeune.
Dès l’âge de 13 ans, Shirley jouait de la guitare dans l’orchestre paternel appelé les Veterans Playboys. Plus tard, avec un sens poétique remarquable, il a écrit les paroles de plusieurs chansons que je groupe enregistrera pour deux albums parus sur le label Lanor de Lee Lavergne à Church point.
Accordion player Alphee Bergeron and his son Shirley are from Pointe Noire near Church Point, a community made famous by its wealth of great musicians such as Angelais Lejeune and Iry Lejeune.
Already at the age of 13, Shirley played the guitar in his father’s band The Veterans Playboys. Later he wrote remarkable lyrics for some of the songs recorded by the band on two albums for Lee Lavergne’s label Lanor from Church Point. A great singer with an ample voice, Shirley made a living selling insurance. He has also been a radio host for a Cajun show and an organizer for Church Point’s famous Mardi Gras celebrations.

BEE & ED DESHOTELS
Les Jumeaux Ed (Edward) et Bee (Elby) Deshotels sont nés au début des années 20, sur la prairie Mamou. Leur père, Marcelus Deshotels (violoniste, accordéoniste, chanteur et « raconteur de vieux contes français ») affirmait descendre de Normands venus en Louisiane lors de la Révolution Française. Outre cinq chansons dans le LP Folksongs of the Louisiana Acadians, Bee & Ed ont enregistré deux albums La Vie des Cajuns et Cajun Troubadours (comprenant aussi plusieurs compositions nouvelles) sur le label Swallow.
Twin brothers Ed (Edward) & Bee (Elby) Deshotels were born in the early 20’s in the Mamou Prairie region. Their father Marcelus Deshotels (he was a fiddler, accordion player, singer and storyteller of old French tales), traced his ancestors all the way back to Normandy who emigrated to Louisiana during the French Revolution of the late 18th century. Besides five songs which can be found on the Louisiana Acadians, Bee & Ed made two albums (including new songs they had written) on the Swallow label: La Vie des Cajuns & Cajun Troubadours.

BEE (REBY OR RAY BEE) FONTENOT (1907-1973)
« Le plus bluesy des accordéonistes, il avait une superbe voix de bariton, égale de celle de Paul Robeson » a écrit Michel Doucet dans les notes de son album Beau Solo. On trouve ici les seuls enregistrements jamais réalisés par Bee, sur le porche de sa maison de Basile, quelques mois avant sa mort. Petit métayer, conducteur d’un bus de ramassage scolaire (comme Dewey Balfa), il avait appris l’accordéon avec Amédée Ardoin et joué essentiellement dans des bals de maison. Pain de maïs (titre 1 de ce disque) était considéré par Dewey Balfa comme le chef d’œuvre de Bee Fontenot.
“He was the bluesiest accordion player under the sun and his booming baritone voice was rivaled only by Paul Robeson” wrote Michael Doucet in the liner notes of his Beau Solo album. Here are the only recordings Bee ever did, made on the porch of his house, a few months before his death. A sharecropper and a school bus driver (like Dewey Balfa) he had learned accordion playing from Amédée Ardoin and played mostly house dances. Cornbread (first track of this album) was considered by Dewey Balfa as Bee’s masterpiece.

FREEMAN (FREMONT) FONTENOT (1900-1986)
Accordéoniste, frère aîné du précédent. Tous les deux sont originaires de l’Anse des Rougeaux (tout comme Dennis McGee), une communauté située entre Eunice et Mamou.
L’humble maison dans laquelle Freeman a fini ses jours à Basile, fut d’abord école pour enfants noirs avant de devenir un petit club où Clifton Chénier à l’accordéon et son frère Cleveland au frottoir firent leurs débuts en public durant les années 40.
Accordion player, he was Bee’s older brother. They were both born and raised (like Dennis McGee) in a small community called l’Anse aux Rougeaux, located between Eunice and Mamou.
The humble shack where Freeman (name sometimes spelled Frémont) finished his life had been in the past Basile’s first Black school. It became later a small club where accordion player Clifton Chenier and his brother Cleveland on scrubboard started their career during the 40’s.

CANRAY FONTENOT (1922-1993)
La disparition du violoniste et chanteur Canray Fontenot, c’était un peu, pour reprendre les termes de l’écrivain malien Amadou Hampaté Bâ, « une bibliothèque qui brûle ». Issu d’une très importante famille de musiciens (son père Adam Fontenot était un accordéoniste réputé aussi bon qu’Amédée Ardoin mais qui n’a jamais enregistré), Canray connaissait tous les arcanes, croisements, influences des musiques créoles et cadiennes.
Avec sa mort, c’est aussi la riche tradition du violon créole qui disparaît, peut-être pour toujours, car il ne semble guère se profiler de relève. Subsistent heureusement, outre ses trois albums pour Arhoolie, ces quelques faces ainsi que celles que l’on trouve sur des compilations Rounder et Sonet.
When Canray Fontenot died, the consequences were, as Malian writer Amadou Hampaté Bâ, wrote “like a library burning”. Coming from a family of musicians – his father Adam who never recorded but was considered as important as Amédée Ardoin – Canray knew all the sources, connections and influences in Creole and Cajun music.
With his death, it is also the rich Creole fiddling tradition that seems to disappear, simply because there is apparently nobody to take over. What is left, fortunately, are Canray’s three albums on Arhoolie, and besides these few tracks, a number of titles on Rounder and Sonet.

DENNIS McGEE (1893-1989)

« Dans sa Valse du Vacher, un violoneux acadien appelé McGee se lamentait en français sur la solitude du cowboy, au son d’une mazurka du Vieux Continent, influencée à la fois par le blues et la musique des Indiens » a écrit Barry Ancelet dans Cajun Music & Zydeco. Une bonne définition des complexités qui se cachent derrière la musique cajun et de la personnalité de Dennis McGee, doyen des musiciens acadiens à sa mort à l’âge de 96 ans.
Originaire de Bayou Marron près de l’Anse des Rougeaux, Dennis McGee n’avait cessé de jouer durant 85 ans. Ses enregistrements de la fin des années 20 et du début des années 30 avec l’accordéoniste noir Amédée Ardoin eurent une influence considérable sur la musique cadienne. Une bonne partie de sa carrière s’est faite avec son beau frère, Sady Courville au 2ème violon, originaire de la Pointe Sacquette.
“In his Cowboy’s Waltz a Cajun fiddler named Dennis McGee lamented the loneliness of a cow boy’s life in French and to the tune of an Old World mazurka clearly influenced by the blues and Native American style” wrote Barry Ancelet in Cajun Music and Zydeco. This is a good definition of the complexities behind Cajun music in general and the rich personality of Dennis McGee, dean of Cajuns musicians when he died, aged 96.
Dennis was born on the Bayou Marron, near Anse des Rougeaux and never stopped playing for 85 years. The records he made in the late 20’s and early 30’s in New Orleans with Black accordionist Amédée Ardoin had a tremendous influence that helped shape the Cajun sound. The second fiddle backing him has long been his brother in law Sady Courville, who comes from Pointe Saquette.




Les chansons du film



1/ Dedans le Sud de la Louisiane
Gorgée de swing, la composition d’Alex Broussard qui donne son titre au film date de la fin des années 50 et constitue une délicieuse introduction au territoire, à l’histoire et au mode de vie de sa population. Alex était un riziculteur de Judice qui fit partie des Bayou Buckaroos avec Happy Fats et anima notamment la populaire émission de TV Mariné Show le dimanche matin sur KLFY. La chanson fut enregistrée par Alex (avec Doc Guidry et Happy Fats) dans le studio de Carol Rachou et inspira le nom du label La Louisianne (avec deux « n ») : reprise plus tard par Robert Charlebois, le groupe français Vermenton Plage puis par les Magnolia Sisters d’Ann Savoy laquelle estimait que ce morceau a vocation à devenir le nouvel hymne louisianais.
This delicious swinging tune appropriately gives its title to the film and was composed at the end of the 50’s by Alex Broussard, a rice farmer from Judice (La), once a member of the Bayou Buckaroos with Happy Fats and a TV host for the popular Mariné Show every Sunday morning on KLFY. The song was recorded by Alex (with the help of Happy Fats and fiddler Doc Guidry) in Carol Rachou’s studio and inspired the name of Carol’s new label La Louisianne (with two “n”). Cover versions of the song popped up many years later, notably by the Québécois chansonnier Robert Charlebois, the French Cajun band, Vermenton Plage and the all women group The Magnolia Sisters whose founder Ann Savoy once said that this song should be Louisiana’s national anthem.
On a flotté sur la grande mer
On a marché dedans le sable
On a passé dans les montagnes
Dans les cailloux de la Virginie,
On a trouvé les cocodris
Les cocodris de la Louisiane
On donnerait pas nos cocodris
Pour tout le reste du pays.
Ici dans le sud de la Louisiane
Les poissons flottent dans le bayou Tèche
Les canards volent dedans les mèches
Les ouaouarons dans les platains,
Les écrevisses dans les clos de riz
Les écureuils dans les grands bois
On a trouvé notre paradis
Dedans le sud de la Louisiane.
Les petites Cadjines de la Louisiane
Les meilleures cuiseuses du pays,
Les sauces piquantes, les écrevisses,
Les patates douces dans la cheminée,
Ça chante les chansons de la Louisiane
Ça bat le linge dans le bayou Tèche,
On a trouvé les petites Cadjines
Dedans le sud de la Louisiane.
Les vieux Cadjins de la Louisiane
Les meilleurs citoyens du monde,
Ça brûle du bois pour la cheminée
Ça boit du moonshine tout l’hiver,
Ça danse les polkas du vieux temps,
Les mazurkas, les valses aussi,
On a trouvé le paradis
Dedans le sud de la Louisiane.

2/ Pine Grove Blues (Ma Négresse)
Accompagné des frères Balfa au complet et en très grande forme, Nathan Abshire interprète, danse et vit littéralement son plus grand succès enregistré pour la première fois en 1949 pour le label OT. Primitif, exubérant, imbibé de blues, ce morceau contribua au renouveau de l’accordéon cajun après la deuxième guerre mondiale. Il fut repris notamment par Queen Ida, Rockin Dopsie, Clifton Chenier mais aussi les Hackberry Ramblers et Jo-El Sonnier. Sonne comme le Blues du petit chien enregistré par les frères Bréaux en 1935, à San Antonio. Canray Fontenot attribuait l’air au musicien noir Sidney Babineaux, originaire de Rayne. On peut trouver une certaine similitude au niveau des paroles de ce Pine Grobe Blues avec la sombre ballade In the Pines popularisée par Leadbelly. À ceux qui seraient choqués par le mot “négresse”, rappelons qu’il s’agit en cajun d’un terme affectueux, utilisé par des blancs entre eux (« Mon nègre, quoi c’est t’es après jongler ? »).
Backed by the full Balfa Brothers Band in top form Nathan Abshire sings, dances and plays his most popular song first recorded in 1949 for the OT label. Primitive, raw, exuberant, soaked into the blues, this tune contributed to the renaissance of the Cajun accordion after WWII. Among the many cover versions of the song, the best were by Queen Ida, Rockin Dopsie. Clifton Chenier as well as the Hackberry Ramblers and Jo-El Sonier. The lyrics have a certain similarity with the old folk lament In the Pines made famous by Leadbelly. According to Canray Fontenot, the tune appeared between WWI and WWII and came from the Black musician Sidney Babineaux from Rayne. Interestingly, Quebecois filmmaker André Gladu wrote that “the word négresse in the Cajun langage is an affectionate word but translated in English, it becomes an insult”.
Hey négresse!
Quoi q’tu veux Nathan ?
Où toi t‘as passé hier au soir, ma négresse ?
Passé la barrière, nèg !
Hey, Hey négresse !
Quoi q’tu veux, mon nèg ?
Où toi t’as passé hier au soir, ma négresse ?
Sur la barrière, nèg !
Et arrive dimanche matin
Ta robe était toute déchirée
J’vais pas t’en racheter une autre

3/ Ma Chérie Bébé Créole (My Creole Sweet Mama)

Le duo de violons Dennis McGee et son beau-frère et partenaire préféré Sady Courville réinterprètent ici avec énergie et précision cet air acadien archaïque que l’on trouve sur le premier 78 tours qu’ils aient enregistré en 1928 à la Nouvelle-Orléans pour le label Vocalion. Dennis s’en est allé en 1989 à « l’âge tendre » de 96 ans !
Duetting fiddlers Dennis McGee and his brother-in-Iaw and favourite partner Sady Courville play here with great energy and preciseness this archaic Acadian tune that they had recorded together during their first session in 1928 in New Orleans for the Vocalion label. Dennis passed away in 1989 at the “tender” age of 96!

4/ Pain De Maïs

Hum, hum, hum !
Ma chère ‘tite fille
Mets la farine de maïs au feu
Guette bien la chaudière
A cause c’est la dernière farine de maïs
On a déjà dans la maison.
Elle a été levée j’sais bien
Elle dit Mom’, mon pain est tout brûlé
Elle a dit : Comme ça comment j’vais faire ?
On a plus d’farine dans la maison
Pauv’ malheureuse.
Elle a dit : Mom prends courage
On va aller voir chez le voisin
Voir s’ils en ont pas à vendre
Elle a été, elle est revenue
La vieille femme de plantée sur sa galerie
Elle a dit : Momie non l’voisin n’avait pas
Elle a croisé ses deux mains sur sa tête
Elle a fait hum ; hum, hum, hum….
Apparu aux Usa vers 1860, l’accordéon fut d’abord massivement utilisé par les noirs puis peu à peu supplanté par la guitare qui convenait mieux au blues. Il n’en reste pas moins qu’en Louisiane, blues et accordéon ont continué à faire bon ménage comme le prouve cette étonnante et poignante chanson. Cousin de Canray Fontenot et frère d’un autre excellent musicien méconnu, Freeman Fontenot. Bee, petit métayer de Basile avait une magnifique voix de baryton et Michael Doucet lui a rendu hommage dans son album Beau Solo avec le morceau Bees Blues variation autour de Pain de maïs.
When the accordion was introduced in the US around 1860, it was first popular among the Blacks but became replaced by the guitar considered more suited to play the Blues. But not so in Louisiana where the accordion kept being associated with the Blues as proved by this heart-gripping song. Bee Fontenot was Canray’s Fontenot’s cousin and the brother of Freeman Fontenot a Iittle known but excellent musician. In his album Beau Solo, the fiddler Michael Doucet paid tribute to this song and to Bee’s remarkable barytons voice.

5/ Bogalusa Boogie (instrumental)

Superbe exemple de dialogue accordéon / frottoir (la base du zarico contemporain) par les deux frères Chenier, Clifton au chromatique et Cleveland au washboard. Ce sont les Chenier qui eurent l’idée à la fin des années 40 de redessiner l’antique planche à laver pour en faire ce plastron en aluminium sans lequel aucun groupe de zydeco n’ose se produire aujourd’hui. Ce morceau fut enregistré par le Red Hot Louisiana Band de Chenier trois ans après cette session filmée et donna son titre à l’album unanimement considéré comme le meilleur de Clifton (Arhoolie Records).
A superb accordion / frottoir duet (the basis of today’s zydeco) by the two brothers, Clifton and Cleveland Chenier. During the late 40’s the Cheniers had the idea to redesign the antiquated washboard and transform it into a much more practical aluminium vest without with no zydeco band dares to play today. This tune was recorded and renamed Bogalusa Boogie by Clif’s Red Hot Louisiana Band three years after the shooting of the film and it gave its title to the album considered as Clifton’s best (On Arhoolie Records).

6/ Bon Ton Roulet

En anglais c’est « Let The Good Times Roll », véritable devise louisianaise. Sur les pochettes de disques, transcrit du cajun /créole, ça devient « bons temps roulez » mais aussi « bon ton roula », « bon ton rouley », « bon ta ru la », des orthographes aussi variées que les versions de ce thème. Il y eut d’abord une fabuleuse chanson de Clarence « Mr Bon Ton » Garlow qui date de 1949 puis une autre du duo de rhythm & blues néo-orléanais Shirley and Lee (1956). Clifton, lui. en a choisi une troisième qui n’est pas louisianaise d’origine et fut créée par Louis Jordan en 1956. Le roi du Zydeco adorait adapter en créole de grands succès tels Hey’ tite Fille (Hey little girl de Professor Longhair) ou Moi j’ai une’ tite femme (I Got a Woman de Ray Charles et Renald Richard).
In French or in English, “Let the good times roll” is a sort of Louisiana motto. Transcribed from the French it has known various spellings “bons temps roulez”, “bon ton roula”, “bon ton rouley” or “bon ta ru la”. Many different songs bear that name: Clarence “Mr Bon Ton” Garlow had a famous one way back in 1949, the New Orleans duettists Shirley & Lee did one in English in 1956 and Clifton uses another one created by Louis Jordan the same year. The “King of Zydeco” loved to adapt Creole version of popular songs like Hey’ tite Fille (Hey litlle girl by Professor Longhair) or Renald Richard & Ray Charles I Got a Woman: Moij’ai une ‘tite femme).

7/ La danse de la Limonade

Adaptation d’une célèbre chanson créole de la Nouvelle-Orléans, Hé, là bas, notamment enregistrée par le jazz band de Kid Ory. Rodney Balfa la chante ici accompagné par Nathan Abshire. Les paroles créoles originales (Mon chè cousin (bis) mo laimin la kisine, mo manzé bien, mo boi di vin, ça pas couté moin à rien) deviennent en cajun (« moi j’aime cousin, moi j’aime cousine mais j’aime mieux la cuisinière ») et la chanson se transforme en complainte de la gueule de bois.
An adaptation of the famous New Orleans Creole song Hé, là bas that have known many versions by Kid Ory, Danny Barker, Fats Domino or Dr John. Only a few lines of the original Creole lyrics remain and the Cajuns turned the song into a sort of hangover’s lament.

8/ Les Barres de la prison
Cette triste confession d’un condamné à vie est un blues créole écrit, racontait Canray Fontenot, par le « défunt » Douglas Bellard (qui joua et enregistra vers 1930) dans un style sautillant que Canray n’aimait pas du tout. Il a donc « retravaillé » cet air à sa manière pour le rendre plus dansant. Si les frères Carrière sur l’album s’en tiennent à la version Bellard, une flopée de musiciens, notamment Chris Ardoin, Beausoleil, Horace Trahan, Bruce Daigrepont, Terrance Simien, or Courtney Granger ont tenu à perpétuer celle de Canray.
The sad confession of a convict who got a Iife sentence is another fine example of Creole blues. It was written sa id Canray Fontenot by the late Douglas Bellard who recorded it during the 30’s in a “shaky” style that Canray didn’t Iike. He reworked the tune in order to make it more suitable for dancing. The Carriere Brothers did it in the Bellard fashion in Musique Créole (Arhoolie) while the versions by Chris Ardoin, Beausoleil, Horace Trahan, Bruce Daigrepont. Terrance Simien, or Courtney Granger are closer to Canray’s style.
Good bye cher vieux pop
Good bye à mes frères et mes chères ‘tites sœurs
A c’t’heure j’suis condamné
pour la balance de ma vie
dans les barres de la prison
Moi j’ai roulé, je m’ai mis à mal faire
J’avais la tête dure, j’ai rentré dans le l’tracas
A c’t’heure j’suis condamné
Pour la balance de ma vie
Dans les barres de la prison
Ma pauv’ vieille moman
Elle s’a mis sur ses genoux
Les deux mains sur la tête
En pleurant pour moi
Elle a fait hum, hum, hum, hum
Cher ‘tit garçon
Moi j’vas jamais te revoir
Toi t’as été condamné pour la balance de ta vie
Dans les barres de la prison
Je dis : chère vieille maman
Pleures pas pour moi
Il faut que tu pries pour ton enfant
Pour essayer de sauver son âme
Des flammes de l’enfer

9/ & /10

Mes souliers rouges
La Veuve du lac bleu
Il y a z’une veuve
Elle est plus belle que toutes les autres veuves
Ses yeux sont bleus comme le bleu du ciel
Et son bec il est doux comme le doux dans le miel
La veuve du lac bleu elle a ses conditions
Allez (dire) au monde dans sa petite chanson
Elle veut se marier mais il faut l’homme veut
Bâtir et rester sur l’écore du lac bleu
Dessus le lac bleu y’a plus de chanson
Il n’y a plus de veuves, y’a plus de conditions
Il y a une maison, elle est pleine d’enfants
Dessus l’écore du lac bleu.
Dessus le lac bleu il y a z’une veuve
Elle est plus belle que toutes les autres veuves
Ses yeux sont bleus comme le bleu du ciel
Et son bec est pour moi, il est doux comme le miel
Deux airs traditionnels tels qu’on les chantait, longtemps passé, à la veillée. Les troubadours jumeaux, Bee et Ed Deshotels, étaient parmi les derniers dépositaires de ce répertoire transmis de génération en génération. Mes souliers rouges que l’on retrouve en France comme au Québec a été reprise par Zachary Richard . Elle est « rough pour chanter » comme le, dit Bee Deshotels car il s’agit d’une « randonnée » ou chanson récapitulative qui demande une excellente mémoire.
Two traditional tunes, typical of the ones being sung during the “veillées” of the past. The troubadour twins Bee & Ed Deshotels were among the last depositaries of such a repertory transmitted generation after generation. Mes souliers rouges is still known in France and in Quebec and was also recorded by by Zachary Richard. It’s a ‘rough song to sing’ says Bee Deshotels because this cumulative song known in France as “randonnée” requires an excellent memory.

11/ La danse des Mardis Gras

La tradition médiévale de la quémande la veille de carême est restée vivace en Louisiane. Aujourd’hui encore, comme à Mamou dans les années 70, on « court » Mardi Gras (jour férié en Louisiane) dans une vingtaine de communautés rurales. Masqués et déguisés, à pied, à cheval. en ouagon, en boguet, les participants respectent un rituel assez codifié mais qui varie d’un endroit à l’autre et où l’on retrouve changements de rôles « saturnaliens », déguisements animaliers et fouettage « Iupercaliens » tout comme dans la France du Moyen Âge et tels que décrits par l’historien Le Roy Ladurie. La lancinante Chanson de Mardi Gras offre quelques traits communs avec la « Guignolée » française mais s’y ajoute une nette influence celtique.
An old begging song for the day before Lent associated with a medieval tradition still alive in Lousiana. Mardi Gras is a day off ail over Louisiana and is being run in Mamou as weil as in twenty other rural communities. The Mardi Gras runners are always masked and costumed and may walk, ride horses, carts or bogeys. They follow a codified ritual that may change from one community to another but where one’s can find remnants of “saturnalian” and “Iupercalian” roles straight out of medieval Europe as described by the historian Leroy Ladurie. The lancinating song bears similarities with the old French “Guignolée” but also shows a strong Celtic influence.

12/ Mama Rosin

Pointe avancée des Caraïbes et des Antilles, la Nouvelle-Orléans voit sa musique imprégnée par la « Latin tinge » (la touche latine), le meilleur exemple en étant les morceaux de professeur Longhair. Ceci est un « tango congo », classique du répertoire cubain, écrit par Eliseo Grenet sous le titre Mama Inez et repris aussi bien par Charlie Parker que par Maurice Chevalier ! C’est de la version de ce dernier que l’étonnante chanteuse Little Yvonne Leblanc alors âgée de 14 ans semble s’être inspirée pour cet enregistrement de 1956 avec Nathan Abshire.
A Carribean and Antillean outpost. New Orleans has always been impregnated by the “latin tinge” (as examplified by Professor Longhair rumba piano style). Here’s a Cajun version of Mama Inez, a Cuban “tango congo” classic written by Eliseo Grenet that was covered by Charlie Parker as weil as Maurice Chevalier! The later obviously influenced the amazing singer Little Yvonne Leblanc then aged 14 who recorded it in 1956 for the Syro-Lebanese producer George Khoury.

13/ Canny Creek (La Robe à Rosalie)

Premiers musiciens cajuns à s’être produits en Europe (Allemagne et Suisse) en 1966 dans le cadre d’une tournée de musique country, Adam et Cyprien Landreneau interprètent ici un extrait de leur chanson favorite à double sens :
“Rosalie a perdu sa rosette
Pas loin du Canny creek et rick et rick tick
Et puis ‘garde ici et ‘garde là-bas
Elle a perdu sa rosette
L’aut’ bord du Canny creek
Demain c’est pas dimanche”.
Adam and Cyprien Landreneau were the first Cajun musicians to visit Europe (Germany and Switzerland) in 1966 as part of a Country music tour.
14/ ‘Tit Galop au Mamou
‘Tit galop, ‘tit galop au Mamou
J’ai vendu mon ‘tit mulet pour 15 sous
J’ai acheté des ‘tits souliers pour les p’tits
et une yard de ruban pour la vieille
Le galop est un pas de danse adopté dans la région durant le 19è siècle. La charmante chanson fétiche des frères Balfa est dans la veine de ‘Tit Galop à la Pointe aux Pins que Revon Reed aimait tant. Les déplacements à cheval ont longtemps rythmé la vie sur la prairie Mamou et cette culture équestre subsiste à travers Mardi Gras et les « trail rides » populaires chez les créoles noirs : « Tit galop, ‘tit galop » chante Zydeco Joe Mouton sur son album de 2006 Black Cat. On galope toujours sur la prairie Mamou.
The gallop was a dance step that came to the area during 19th century. A song in the vein of Tit Galop à la Pointe aux Pins that Revon Reed loved so much, the charming Balfa brother’s fetish song has also been covered by Steve Riley’s Mamou Playboys. Riding horses has long been part of the daily life on the prairie Mamou and this equestrian culture is still carried on, most notably on Mardi Gras Day and during the trail rides popular among Black Creoles: “Tit galop, ‘tit galop” sings Zydeco Joe Mouton on his 2006 album Black Cat. Today riders are still galloping on the prairie Mamou.





LES CHANSONS DU CD


15/ Pain de Mais (voir 4)

16/ La valse de la Belle

Chris Strachwitz a écrit que « faire un disque pour un Cajun c’était comme pour un bluesman. Il prenait un vieil air ou un thème et le transformait en improvisant de nouvelles paroles ». En voici un exemple avec ce Poche Town Waltz enregistré en 29 à Atlanta par Joe Falcon and Cleoma Breaux pour Columbia. Il contient de nouvelles paroles, très poétiques, comme « sa robe déteindue (pour fanée, passée) haillonnée » (pour en haillons).
“Making a record was apparently much the same to a Cajun musician as it was to a blues singer. The Cajun would take and old tune or theme and deliberately change it or improvise new words to it”, wrote Chris Strachwitz in American Folk Music Occasional. Here is a good example of it played off the tune Poche Town Waltz, recorded in Atlanta in 1929 by Joe Falcon & Cleoma Breaux for Columbia with new poetic lyrics.
Oh, c’est la valse de la belle
Habillée dans sa robe
Déteindue et haillonnée
C’est comme ça j’l’avais vue longtemps passé
En bas du grand chêne vert
Une orpheline qu’elle était
Oh, j’ai d’mandé pour sa main en mariage
Elle a dit : espère moi quelques années
En pleurant
L’amitié que t’as pour moi est pas perdue
C’est juste que j’suis trop jeune
Et la belle elle m’a quitté.

17/ Ma négresse (voir 2)


18/ Les Haricots

Oh mama (bis), les Haricots sont pas salés (bis)
Quand t’as vu que j’étais chaud (bis)
T’as volé mon traineau (bis)
C’est Hip et Taïaut (bis)
Qu’a volé mon traineau (bis)
Quand il a vu que j’étais chaud (bis)
Les haricots sont pas salés (bis)LCanray Fontenot se souvenait dans sa jeunesse, à Villeplatte et à Châtaignier, des groupes de Noirs se réunissaient. Ils n’avaient pas d’instruments de musique mais tapaient dans leurs mains, dansaient et chantaient les Haricots sont pas salés (qui décrivait une situation de misère extrême, où l’on n’avait même pas de lard-le-sel- à mettre dans la marmite).
Ce terme a ensuite désigné les bals de maison des Noirs puis par généralisation, l’évolution, après la 2nde Guerre Mondiale, de la musique créole de Louisiane et du Texas sous l’influence du rhythm & blues puis de la soul music. Quand il fallut écrire les haricots (prononcé les zarico) en anglais, c’est l’approximative graphie zydeco (prononcée zaédiko) qui fut adoptée.
Le morceau chanté par Dewey et Nathan constitue un mélange des paroles de deux chansons traditionnelles, Les Haricots et Hip et Taïaut (un taïaut est un chien de chasse), mélange que l’on retrouve aussi sur un enregistrement de Clifton Chénier de 1965.
Canray Fontenot remembered that during his youth when groups of Black people congregated they would often, even though they didn’t have any musical instruments, clap their hands, dance and sing Les Haricots sont pas salés. Later, shortened, the word became zarico and meant Creole Black dances. After WWII, it was anglicized and written zydeco. The song as sung here is a mixture of the lyrics of two traditional songs, Les Haricots and Hip et Taïaut, already used by Clifton Chenier on a 65’s recording.

19/ Aux Natchitoches

Sur le Natchitoches, il y a z’une brune
A qui je veux lui faire fortune
J’ai que mes dimanches pour aller la voir (bis)
Et par un beau matin je me (feutre) allé
Je l’ai trouvée sur son lit couchée
Dormez belle, sommeillez-vous ?
Belle et nos amours, je ne pense qu’à vous
Oh non ni je dors ni je sommeille
Toute la nuit je suis privée
Mon cher amant, je ne pense qu’à vous
Mon cher amant, tu marilleras nous ?
J’irai me faire bâtir un (ermitage)
Et yoù que mon manger serait d’herbages
Et que ma boisson ce seraient des pleurs
Pour deux amours qui vit en langueur
Et si que vous avez un z’habit à prendre
Prenez le donc couleur de cendres
Parce que c’est la plus triste couleur
Pour deux amours qui vit en langueur
On entend distinctement le chanteur qui tape du pied par terre, afin, disait-il « de garder le balan ».
Située au nord de l’État sur les rives de la rivière Rouge, Natchitoches (du nom d’une tribu amérindienne) est une ville historique, la plus ancienne de la Louisiane (fondée en 1714, quatre ans avant la Nouvelle-Orléans).
Si cette dramatique histoire d’amants séparés varie selon les versions discographiques (de Blind Uncle Gaspard à Zachary Richard), la présente parait incomplète. Il est vrai que la chanson, transmise oralement, a beaucoup voyagé et des paroles fort semblables ont été recueillies tant dans la vieille Acadie qu’en Touraine
We distinctly hear the singer stomping on the ground in order to keep a straight rhythm. Located in the north of the State, on the banks of the Red River, the historical town of Natchitoches got its name from an American tribe. Founded in 1714 (four years before New Orleans), it is the oldest settlement in Louisiana.
Slightly different versions of this sad history of separated lovers have been recorded (from Blind Uncle Gaspard to Zachary Richard) but this one seems to lack one stanza. Traces of the same song were found in the former Acadia as well as in the French province of Touraine.

20/ Tu peux cogner

Adaptation d’un grand succès du rhythm & blues de la Nouvelle-Orléans écrit par Dave Bartholomew en 1955 et enregistré par Smiley Lewis, Fats Domino et Little Richard.
Another Cajun version of a New Orleans rhythm & blues success written by Dave Bartholomew in 1955 I Hear You Knocking But You Can’t Come In recorded by Smiley Lewis, Fats Domino and Little Richard.

21/ Two step des Cajuns (instrumental)


22/ une livre de tabac

J’ai fait l’amour chez l’onc Bab
Ca m’a coûté un livre de tabac
L’onc Bab a brûlé jusqu’à
Sa vieille pipe est ‘venue rouge
Tante Bab a chiqué jusqu’à
Son vieux menton est ‘venu vert
Clémentine m’embêtait
Et lda veut pas de moi
Oh Prince, allons s’en aller
Moi J’attrape les capots
Et toi tu manges les poteaux…
« Faire l’amour » a ici la signification ancienne de courtiser. Dans cette chanson (que les Balfa ont apprise avec leur père Charles) tout se passe mal pour le prétendant éconduit malgré son cadeau d’une livre de tabac destiné à « flatter les vieux ». « Attraper les capots » signifie que la belle lui a donné un manteau pour signifier son refus. Et le cheval Prince qui n’a pas été soigné en est réduit à « manger les poteaux ». Sur le même air. Les Balfa chantaient aussi des Filles à Pinglette nettement moins édifiantes : « ça boit comme des trous, ça s’saoule comme des grives et ça pique comme des mules ». Cet air permet aussi d’apprécier le style d’accompagnement unique de Dewey Balfa à la guitare (instrument rythmique dans la musique cajun). Il utilisait un style compliqué d’accords ouverts, enrichi d’ornementations rythmiques et en « roulant » les basses de manière extraordinaire.
Translation of Dewey Balfa’s spoken introduction: In the old days, when a young man wanted to pay court to a girl, he naturally would travel to her home on horseback. When he reached his destination, he would tie the horse to a pole. Later, at dusk –If the young man was well accepted by the maiden’s parents- the father would bring the horse to his stable, take care of it and feed it. When done he would saddle the horse again, bring it back and tie it to the pole. It meant that the young man was welcome in the house.
In this song everything goes wrong for the suiter, rejected by his sweetheart. This tune also offers the opportunity to sample at its best the unique guitar accompaniment of Dewey Balfa (guitar is used as a rhythm instrument in Cajun music) who had a complicated open chord style, with extra up strokes in the strumming and complex bass runs.

24/ Mme Bosso

Madame Bosso, tirez-moi pas,
C’est pas moi qu’a volé tes poules
C’est Clifton, il veut pas le dire
Madame Bosso, tirez-moi pas
Madame Bosso, tirez moi pas
C’est pas moi qu’est derrière les veaux
C’est Cléofa, il veut pas le dire
Madame Bosso, tirez moi pas
Y’a une Caillette, Y’a une Lison
Y’en a une qu’a la queue coupée
Y’en a une qu’à une tache dans le front
Madame Bosso, tirez moi pas
Madame Bosso, tirez-moi pas
C’est pas moi qu’a pris vot’fille
C’est Cléofa, il veut pas le dire
Madame Bosso, tirez-moi pas
Oui, c’est lui qu’a pris vot’fille
La plus belle et la plus jolie
Moi j’suis blanc, moi j’connais pas
Madame Bosso, tirez-moi pas
Shirley Bergeron racontait : « C’est une chanson que j’ai toujours entendu. Mon vieux grand père Ozémie Bergeron dont le surnom était Mimi la chantait le soir quand il partait à pied, la canne à la main, chercher ses vaches ». Irène Thérèse Whitfield dans Louisiana French Folk Songs avait recueilli, dans les années 30 les paroles de Madame Baptiste. Tirez Moi Pas, où il était question d’un « bosso (bonhomme) après voler des poules ».
Similar words appears in the song Madame Baptiste, Don’t Shoot At Me collected in the 30’s by Irene Therese Whitfied and published in Louisiana French Folk Songs. Said Shirley Bergeron “that it is a song “I used to hear all the time, my old grandfather (nicknamed Mimi) sang it when he was going down to the woods with his walking stick to get his cows”.

25/ La porte de la prison

Priez pour moi
J’suis condamné
Pour la porte de la prison
Chère Maman
J’suis condamné
Pour la porte de la prison
Chère Maman
J’suis condamné
D’être capable de sortir
Chère Maman
Priez pour moi, par pitié
J’suis condamné pour 99 ans
Dedans la prison
Priez pour moi
Etre capable de sortir
Translation of the dialogue between Dewey Balfa and Bee Fontenot :
- Tell me about this song. When the late Douglas wrote it, he was in jail?
- No, after he left the jail. He had killed a man.
- The late Douglas had killed a man?
- In a chicken coop. Somebody trying to…
- Steal chicken! The late Douglas killed him in the chicken coop and he was sent to jail.
- Once he was in jail he wrote the song?
- No, after he left.
Ce « défunt Douglas » n’est autre que Douglas Bellard (ou Bellair), cousin de Bee Fontenot et premier musicien créole à avoir enregistré en 1928. Il grava 4 titres dont une très célèbre Valse de la prison dont voici la version de Bee. Le morceau suivant par Canray Fontenot en constitue une autre adaptation. Canray estimait qu’on ne pouvait pas danser sur la chanson de Douglas. Il l’a donc refaite à sa manière « car, affirmait-il, moi j’aime jouer la musique que le monde peut danser ». Dans l’ouvrage South to Louisiana de John Broven, Canray Fontenot raconte encore :
« Si notre son au violon est différent c’est qu’on sait le faire pleurer. Comme un bébé. Je me souviens des vieux qui me criaient – fais le pleurer comme un bébé Canray –, il n’y a que les violonistes cadiens (comme Dennis McGee) ou créoles qui peuvent faire ça ».
The late Douglas is no less than Douglas Bellard, the first black Creole to have ever recorded back in 1928. He made 4 tracks including his famous Prison’s Waltz sung here by Bee Fontenot. The following tune by Canray Fontenot has also the same origin. But Canray felt that Douglas’ version was not danceable enough and so he changed it because, he told me, ‘I like to play music on which people can dance’. ‘What I think makes our fiddle sound different is a special “crying sound” said Canray Fontenot to John Broven (quoted In South to Louisiana) I remember how the old men used to shout at me, “make it cry like a baby”.

26/ Les Barres de la prison (voir 8)


27 / & 28/ Ma chérie bébé créole (voir 3) & Madame Young

Ma Chérie Bébé Créole et Madame Young sont les deux premiers morceaux que Sady et Dennis aient enregistrés pour la marque Vocalion en 1928 à la Nouvelle-Orléans, à l’hôtel Roosevelt. L’air de Mme Young est par ailleurs surtout connu comme Colinda.
My Creole Sweet Mama and Madame Young are the two first tunes that Dennis and Sady ever recorded, back in 1928, at the Roosevelt Hotel in New Orleans. The tune of Mme Young is a better known as Colinda.

29/ La danse de la limonade (voir 7)


30/ La veuve du lac bleu (voir 10)


31/ Les deux cousines

Freeman Fontenot avait énuméré les diverses danses en vogue parmi les Créoles avant la deuxième guerre mondiale : « outre ces deux cousines (ou coudines ?), il y avait des ball & jacks, des blues, des baissé-bas, le ‘tit moreau, le number nine (ou banaille), les shimmies, la fueseille, les shoo fly », toutes disparues aujourd’hui.
Freeman listed the various dances played by the Creoles before WWII: besides these two cousins, they had ball & jacks, blues, coudines, baissé-bas, ‘tit moreau, number (or banaille), shimmy, fuseille, shoo-fly, all gone today.

32/ Quoi faire ?

En français courant, « pourquoi » a le même sens que « quoi faire ». Une autre version de la même chanson a été enregistrée par John Delafose.
In standard French, “quoi faire” translates as “pourquoi” (why). A version of the same song have been recorded by John Delafose.

33/ Bosco Stomp

Un morceau très connu, enregistré et popularisé par Lawrence Walker dans les années 50. Souvent citée dans des chansons, la petite communauté de Bosco (rarement mentionné sur les cartes) se trouve dans la paroisse de Saint-Landry. Des années 30 aux années 50, elle fut célèbre pour ses combats de coqs et ses courses de chevaux. A proximité se trouvait la plus grande salle de bal du pays cadien appelée ‘Tite Maurice (du nom de son propriétaire Maurice Richard) célébrée dans une chanson appelée Au Bal chez ‘Tit Maurice.
A well known tune recorded and made famous by Lawrence Walker in the 50’s. Often mentioned in songs, Bosco (not found on most maps) is a community in St Landry parish, known from the 30’s to the 50’s for its cockpits, horse race tracks and the largest dance hall in Acadiana, ‘Tit Maurice (named after owner Maurice Richard), celebrated in the song Au Bal Chez ‘Tit Maurice.

34/ Make It To Me


35/ J’ai fait mon idée

J’ai fais mon idée en faisant mon paquet
Ta bonne vieille maman
Elle s’a mise à pleurer
Elle m’a dit, quoi faire toi t’es comme ça ?
Moi, j’ai répondu, moi j’ai fait mon idée
Les enfants sont donnés,
Leurs papiers sont signés
Ca qui me fait du mal
C’est qu’ils vont m’oublier
Il a cassé notre ménage
C’est ça qui me décourage
C’est pour ça moi j’te dis
Moi j’ai fait mon idée
Cet air fut enregistré en 1935 par Lawrence Walker au violon (devenu célèbre plus tard comme accordéoniste) sous le titre La Femme Qui Jouait aux Cartes. Il comportait déjà l’intéressante expression « J’ai fait mon idée en faisant mon paquet » qui fut sans doute populaire autrefois car Irène Thérèse Whitfield dans Louisiana French Folk Songs a collecté dans les années 30 une chanson qui commence ainsi : « Mademoiselle, faites votre idée, votre paquet, allons à la maison ».
This tune was recorded in 1935 by Lawrence Walker playing fiddle (better known later as an accordion player) as –The woman who played cards It contained the sentence – “I made up my mind while packing my bag-that” was probably popular in the past. I.T. Whitfield in Louisiana French Folk Songs mentions a song collected in the 30’s that the starts with “Mademoiselle, make up your mind, pack your bag, let’s go home”.

36/ J’ai été au bal

Un air célèbre enregistré en 1950 par Iry Lejeune. Le banjo est un instrument rarement utilisé dans les orchestres cajuns (à l’exception peut être de celui de Happy Fats). En 1971, Dewey Balfa avait été séduit par le mélange des sons cajun/bluegrass lors d’un concert à Chicago avec le banjoïste Bill Keith. Une tentative qu’il restitue ici avec Terry Bertrand qui jouait pour la première fois avec les Balfa.
This song was recorded by Iry Lejeune in 1950. The sound of banjo picking is very rare in Cajun music and this instrument was very seldom used (with the exception of Happy Fats’ band). En 1971, Dewey Balfa gave a concert in Chicago with banjo player Bill Keith and had been thrilled by the mixture Cajun/bluegrass. Here he tried again with the help of local banjo player Terry Bertrand.

37/ Bonsoir Moreau

Oh bonsoir Moreau, oh bonsoir Moreau
Oh j’connais c’est l’heure j’m’en vas
Oh bonsoir Moreau
On a eu un bon temps
Un bon temps toute la nuit
Oh, J’connais c’est l’heure j’m’en vas
Oh, bonsoir Moreau
Oh, la lune après s’coucher
Et le soleil après lever
Et Caillette est pas tirée
Oh, bonsoir Moreau
Dans les fermes, Caillette est le nom donné aux vaches tachetées.
In Cajun farms, Caillette is a common name for a speckled cow.

38/ ‘Tit Galop au Mamou (voir 14)


39/ Chère Toutoute

Chère Toutoute
Fais pas ça avec ton nègre
Chère Toutoute
Ouh, chère Toutoute
Tu m’as promis
De r’venir avec moi
Chère Toutoute
Cette chanson, toujours populaire, fut écrite et enregistrée en 1937 par le violoniste Jean-Baptiste Fuselier d’Oberlin, en hommage à sa fille surnommée Toutoute.
This piece is an all time favourite among Cajuns. It was written and recorded in 1937 by fiddler Jean-Baptiste Fuselier from Oberlin about his own daughter, nicknamed Toutoute.

40/ Les maringouins ont tout mangé ma belle

Les maringouins ont tout mangé ma belle
Ils ont quitté que les gros orteils
C’est pour me faire des bouchons de liège
Pour boucher mes demi-bouteilles
Et ton papa semble un éléphant
Et ta maman semble un ‘tomobile
Et ton ‘tit frère semble un ouararon
Et ta ‘tite sœur semble un coin de banquette (bis)
Une autre chanson « sans rimes ni raison », à double sens, remplie d’allusions à caractère sexuel.
Another nonsense, double entendre song filled with sexual allusions.

41/ Les Haricots # 2 June, 1977

Cette autre version des Haricots (voir piste N°4) montre l’ambiance du Fred’s Lounge de Mamou et de sa célèbre émission radio du samedi matin animée par Revon Reed entre le début des années 60 et la fin des années 80. Contrairement à ce qui est annoncé, ce n’est pas Ambrose Thibodeaux qui joue de l’accordéon mais vraisemblablement Jack Léger. L’orchestre combine deux directions qui ont marqué l’évolution de cette musique : la syncope, caractéristique du traitement zarico avec le frottoir (le « washboard » !) et l’influence country avec la présence d’une « pedal steel guitar ».
In this other version of Les Haricots one can get a taste of the mood at Fred’s Lounge in Mamou, where Revon Reed hosted his famous Saturday morning radio show for 20 years. Contrary to what is being said, it is not Ambrose Thibodeaux playing the accordion but probably Jack Leger. The song combines two directions in Cajun and Creole music with the heavy fast rhythm and the use of a frottoir that caracterizes zydeco music, and the pedal steel guitar showing the country music influence. It was widely used in Cajun dances throughout the 70’s and 80’s but much less today.

42/ Two step à Jules




DISCOGRAPHY


Sauf indication contraires, tous titres enregistrés en février et avril 1972 à Mamou, Eunice, Basile et Lafayette

The Film


 1. Dedans le Sud de la Louisiane (Alex Broussard) Alex Broussard, voc, Happy Fats Leblanc, g, Doc Guidry, f, Walden « Sleepy » Hoffpauir, from the LP « French Music and Folk Songs of le Sud de la Louisanne » (La Louisianne Records) circa late ’50’s.
 2. Pine Grove Blues-Ma négresse (Nathan Abshire) Nathan Abshire, ac, Dewey Balfa f, Will Balfa f, Rodney Balfa g, Burkeman Balfa, t.
 3. Ma chérie bébé créole (Dennis McGee) Dennis McGee f, Sady Courville, f, Wallace Lafleur, voc.
 4. Pain de maïs (Bee Fontenot) Bee Fontenot voc & ac, Dewey Balfa, f.
 5. Bogalusa Boogie (Clifton Chenier) Clifton Chenier ac, Cleveland Chenier, f.
 6. Bon Ton Roulet (Louis Jordan, Clifton Chenier) Clifton Chenier ac & voc, Cleveland Chenier, f, Paul Senegal, g, Charles Goodman, b, Robert St-Julien dms.
 7. La danse de la limonade (trad) Nathan Abshire, ac, Rodney Balfa, g & voc, Dewey & Will Balfa, f.
 8. Les barres de la prison (Douglas Bellard, Canray Fontenot) Canray Fontenot, f & voc, Alphonse Bois-Sec Ardoin, ac, Rodney Balfa, g.
 9. Mes souliers rouges (trad) Bee Deshotel voc & g, Ed Deshotel, f.
10. La veuve du lac bleu (trad) Ed Deshotel, f & voc, Bee Deshotel, g & voc.
11. La Danse de Mardi-Gras (trad) Bee Deshotels, voc, Angelus Manuel, f, Savy Augustine T from Folksongs of the Louisiana Acadians recorded by Harry Oster mid ’50’s.
12. Mama Rosin (Elizeo Grenet) Little Yvonne Leblanc with Abshire Band. Nathan Abshire ac, Dewey Balfa f, Jack Miere steel g, Shelton Manuel dm 1956 Khoury’s Recordings.
13. Canny Creek (trad)    
Cyprien Landreneau ac, Adam Landreneau, f.
14. Tit Galop au Mamou (trad) Dewey et Will Balfa, f, Rodney Balfa, g.

The CD

 1. Pain de Mais (voir DVD 4).
 2. La valse de la Belle (Shirley Bergeron) Shirley Bergeron g & voc, Dewey Balfa, f, Terry Bearb, t.
 3. Ma négresse (voir DVD 2).
 4. Les Haricots sont pas salés # 1 (trad) Dewey Balfa, f & voc, Nathan Abshire, ac & voc, Will Balfa, f, Rodney Balfa, g, Burkeman Balfa, t.
 5. Aux Natchitoches (trad) Bee Deshotels, voc.
 6. Tu peux cogner (Dave Bartholomew) Rodney Balfa, g & voc, Dewey et Will Balfa, f.
 7. Two step des Cajuns (trad) Nathan Abshire, ac, Dewey & Will Balfa, f, Rodney Balfa g, Burkeman Balfa, t.
 8. Une livre de tabac (trad) Dewey Bala, f & voc, Will Balfa f, Rodney Balfa, g.
 9. Mme Bosso (trad) Shirley Bergeron, g & voc, Alphee Bergeron, ac, Dewey Balfa f, Terry Beard, t.
10. La porte de la prison (Bee Fontenot) Bee Fontenot, ac & voc.
11. Les Barres de la prison (voir DVD 8).
12. Ma chérie bébé créole (voir DVD 3).
13. Mme Young (trad) Dennis McGee f & voc, Sady Courville, f, Preston Manuel, g.
14. La danse de la limonade (voir DVD 7).
15. La veuve du lac bleu (voir DVD 10).
16. Les deux cousines (trad) Freeman Fontenot, ac.
17. Quoi faire ? (trad) Alphonse Bois-Sec Ardoin, ac & voc, Canray Fontenot, f, Rodney Balfa, g.
18. Bosco Stomp (trad) Alphonse Bois Sec Ardoin, ac & voc, Dewey Balfa, f & voc, Canray Fontenot, f, Nathan Abshire, ac, Rodney Balfa, g, Terry Bertrand, banjo, Burkeman Balfa t.
19. Make It To Me (Bee Fontenot) Bee Fontenot ac & voc.
20. J’ai fait mon idée (Shirley Bergeron) Shirley Bergeron, g & voc, Alphee Bergeron, ac, Dewey Balfa, f, Terry Bearb, t.
21. J’ai été au bal (trad) Dewey Balfa f& voc, Will Balfa, f, Rodney Balfa, g, Terry Bertrand, banjo, Burkeman Balfa, t.
22. Bonsoir Moreau (trad) Alphonse Bois Sec Ardoin, ac & voc, Canray Fontenot, f, Rodney Balfa, g.
23. Tit Galop au Mamou (voir 14).
24. Chère Toutoute (trad) Bee Fontenot ac & voc.
25. Les maringouins ont tout mangé ma belle (trad) Nathan Abshire, ac & voc, Dewey & Will Balfa, f, Rodney Balfa g, Burkeman Balfa, t.
26. Les Haricots sont pas salés # 2 (trad) June 28, 1977, probably Jack Leger acc & voc, unknown pedal steel guitar, frottoir & drums.
27. Two step à Jules (trad) Freeman Fontenot, ac.


PRESSE :

"This essential film about Cajun and Creole culture in southern Louisiana that was made in 1972 is now available on DVD. The Dedans le Sud de la Louisiane documentary focuses on the background of the French speakers in Louisiana, as well as their music and daily lives. The artists that appear on the film are part of what some have called the Golden Age of Cajun music. Some of the biggest names of the time are featured in live performances, jams and also in their daytime jobs. The impressive list includes Nathan Abshire, Alphonse Bois Sec" Ardoin, Clifton Chenier, the Balfa Brothers (Rodney & Dewey), Zachary Richard, and Canray Fontenot, many of whom have passed away.

French director Jean-Pierre Bruneau shows the melting pot that was formed when French-speaking white Acadians, expelled from Canada by the British, mixed their culture with other Europeans and the Black Creole community. The archaic French spoken in the rural areas of the Louisiana bayous was not the purest, but it managed to survive despite the increasing influence of English in the area.

This film is now a classic and a fascinating portrait of the music of southern Louisiana."

Angel Romero, WORLD MUSIC CENTRAL


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