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1925-1960
Anthologie
du patrimoine phonographique
breton


La musique bretonne
à travers le regard d’Hermann Wolf





Anthologie du patrimoine phonographique breton 1925-1960
La musique bretonne à travers le regard d’Hermann Wolf
Par Jean Baptiste Mersiol

 
Ce que vous tenez entre vos mains n’est pas une anthologie de musique Bretonne comme les autres. Il serait tenté de se dire : voilà une compilation supplémentaire sur le sujet. Cependant qu’on nous laisse le soin de nous défendre d’avoir voulu suivre une quelconque mode, un courant qui résulte dans le fait qu’il est plutôt de bon ton d’éditer un disque de musique traditionnelle bretonne. Ce que vous possédez dans les mains est bien davantage qu’une simple anthologie sur cette musique. Nous avons voulu également rendre hommage à une personne en particulier, une personne qui mériterait qu’on se penche sur le regard qu’elle a eu sur cette musique : Hermann Wolf. Ce triple CD présente donc ici principalement les grands axes du label indépendant Mouez Breiz fondé en 1950 et dont la conception semble avoir été pensé bien avant.

Né le 2 février 1904, Hermann Wolf est le fils d’un Quimpérois d’origine Suisse portant le même nom. Sa mère est Vendéenne. Son oncle Henri et son père auraient suivi une formation de facteurs d’orgues. L’oncle en question retournera en Suisse tandis qu’Hermann Wolf « père » fondera un magasin de musique en 1899, place Saint Corentin à Quimper. À l’aube du vingtième siècle, celui-ci assez visionnaire semble s’intéresser à une nouvelle technologie qui fait vivre la musique d’une manière révolutionnaire : le phonographe. C’est ainsi que des rouleaux de musique et disques plats sont proposés à la vente au milieu des partitions et instruments de musique habituels. Hermann Wolff fils suit quand à lui une formation de facteur de piano à Paris chez Gaveau mais il revient rapidement à Quimper suite au décès de son père. Sa voie est toute tracée : c’est lui qui reprend l’affaire familiale. Passionné par le son, Hermann Wolf sonorise de nombreux festivals, bals et fêtes de la région de Quimper dont la fête des Cornouailles qu’il enregistrera plus tard. 1939, marque un tournant dans l’histoire du magasin Wolf, puisqu’il déménage au 6, rue Astor et y restera jusqu’à la fin de l’activité. Dans les années trente, Hermann Wolf s’était déjà approché du monde de l’enregistrement sonore en servant d’intermédiaire à la marque « La voix de son maitre ». Ce qui donna lieu à l’édition de trente 78 tours de musique Bretonne. Il est dès lors évident qu’il guidera la direction de la maison de disque et ses techniciens vers des bons interprètes. Cela conduit la marque Gramophone à notamment enregistrer, de très bons sonneurs de bombardes et binious qui œuvrent dans la pure tradition. Ces sonneurs sont plutôt jeunes à cette époque et apprennent souvent à jouer selon l’héritage oral ce qui leur confère une authenticité et une qualité plutôt exceptionnelle. À partir des années soixante, les enregistrements de sonneurs deviendront moins intéressants, ne serait ce que parce que les interprètes avaient vieillis et ne possédaient plus leur souffle d’antan. La nouvelle génération ne sembla pas non plus être aussi bonne que les précédentes, peut-être dû à la modernité et à l’apprentissage par l’enregistrement. Qui sait ?
Pour en revenir aux enregistrements de « La voix de son maître », nous ne le savons pas de source sure, mais on raconte qu’Hermann Wolf n’aurait pas uniquement servi d’intermédiaire mais qu’il aurait assisté et conseillé les techniciens durant les enregistrements eux-mêmes. Ainsi ces premiers disques sont un prélude à ce qui va suivre avec l’aventure Mouez Breiz et le premier regard du gérant Wolf. À la fin des années trente, celui-ci investit dans un appareil de gravure de « disques souples » et « Pyral » afin d’effectuer ses premiers enregistrements. Dans les années cinquante il continue d’investir énormément dans la technologie qui le passionne et est le premier même avant certaines maisons de disques Parisiennes à se procurer un magnétophone à bande. En effet, cette technique nouvelle, révolutionnaire pour l’époque, devance qualitativement la technique de gravure directe sur disque Pyral. De plus, cette technologie permet de reproduire de manière fidèle une quantité de disque d’un seul et unique enregistrement. Il fabrique cependant un disque à exemplaire unique en juillet 1950 qu’il met en écoute au magasin afin que les habitants de Quimper et les touristes venus pour l’été puissent l’écouter. Le label Mouez Breiz est presque né.
A la fin de cette même année, quatre premiers disques 78 tours sont édités sous la marque Mouez Breiz – « Exclusivité Le Chant du Monde ». L’étiquette rappelle principalement la graphie de la maison de disque Chant du Monde, ce qui laisse à penser que ces premiers enregistrements font l’objet d’un contrat de co-production ou de distribution avec la célèbre firme qui est spécialisée dans les musiques du monde. C’est Armand Haas, accompagné de Suzanne de Villiers qui a l’honneur d’enregistrer ces huit faces. Un cinquième et un sixième disque seront édités sous l’étiquette Chant du monde avant que le label Mouez Breiz ne semble voler de ses propres ailes à l’exception d’un disque toujours d’Armand Haas édité en 1952. Il s’ensuit une quarantaine de 78 tours qui verront le jour jusqu’en 1954 et de qualités authentiquement artisanales. Parmi les artistes, Hermann Wolf révèle déjà Zaig Monjarret et Eliane Pronost qui resteront des interprètes majeurs dans l’histoire du label. Disons simplement que certaines publications d’enregistrements sont d’une qualité très moyenne : les bords des sillons sont parfois vierges d’une quinzaine de seconde laissant libre place au bruit de surface, beaucoup de souffle saupoudre les enregistrements effectués en une seule prise, les fins de faces laissent entendre le découpage de la bande amorce qui a servi de master (Peut-on dans ce cas réellement parler de master ?) Ces imperfections offrent un charme fantastique pour qui sait apprécier l’artisanat, et reconnaître les difficultés et les prouesses que cela représentait à l’époque d’éditer des disques en quasi auto-production.
Dès 1954, Hermann Wolf tentera l’aventure du microsillon en publiant un premier 33 tours 25 centimètres de Zaig Monjarret mais dont il ne sera pas satisfait. Ce disque ne sera pas distribué et finalement mis au pilon. Il existerait aujourd’hui quatre exemplaires sauvés de ce disque extrêmement rare. Il s’agit de LA rareté la plus prisée chez les collectionneurs de disques de musique Bretonne. Hermann Wolf publie également de nombreux 45 tours et même des 33 tours 17 centimètres, format rare mais intéressant notamment pour les publications Hors Collection. Le premier 45 tours est attribué à Gérard Pondaven, pianiste – organiste qui accompagnera régulièrement chanteurs et chanteuses sur les disques du label. Un catalogue riche et varié de 45 tours sera publié jusqu’en 1975. Etonnement il n’existe pas énormément de publications de 33 tours 30 centimètres qui d’ailleurs ne commencent à être publiés qu’au début des années soixante. Le format 25 centimètres a vraiment été privilégié, certainement dû à des coûts moyens, moins onéreux que le 30 centimètres. Dans les années soixante-dix, le label diffusera aussi six cassettes reprenant des enregistrements du catalogue.
Au final, on compte plus de trois cents publications sur le label Mouez Breiz sorties jusqu’en 1976, année où hélas Hermann Wolf décède. Pour diverses raisons son fils Jean Wolf ne souhaite pas continuer l’activité discographique. À une époque où la musique bretonne connaît un renouveau et un réel intérêt international, ce que l’on a considéré comme l’invention du disque Breton, disparaît. Jean Wolf rééditera cependant certains disques jusqu’en 1980.
Ce n’est que vers 2015 que le label renaît par le biais d’une trentaine de publications par le label Keltia musique, qui réédite sous la forme originale des albums Mouez Breiz en compact disque et qui suscite un vif intéret. Le caractère passionnant et historique du label Mouez Breiz nous pousse aujourd’hui également à restaurer certains enregistrements tombés dans le domaine public, hélas oubliés et non réédités à ce jour. Il faut donc attribuer à Mouez Breiz le rôle de testament de la musique traditionnelle Bretonne avant son renouveau. Ce renouveau est souvent attribué à Alan Stivell et son passage à l’Olympia en 1972 qui sera publié en album. Il est vrai que la publication de ce concert marque un réel tournant dans l’histoire de la musique bretonne et celtique. De nouvelles possibilités vont s’ouvrir à ce style qui sera également popularisé par Tri Yann allant puiser ses sonorités jusque dans le rock avec Matmatah à la fin des années quatre-vingt dix et le début des années deux-mille. Et quoi de plus intéressant que de constater qu’Alan Stivell a réalisé ses premiers enregistrements officiels sous le label Mouez Breiz en 1961 ? En 1959, Herman Wolf est démarché par le père d’un certain Alan Cochevelou (futur Alan Stivell) qui accompagne à la harpe Andrée le Gouil, jeune chanteuse originaire de Pluguffan. Cette rencontre débouchera sur quatre disques 45 tours et un album. Ainsi Hermann Wolf produit le premier disque de Kan ha Diskan.
Outre le fait qu’il ait produit de la musique traditionnelle, il s’intéresse également à l’héritage littéraire de la Bretagne. Ainsi il produit deux magnifiques disques 25 centimètres de récit de Tristan Corbière et d’Anatole Le Braz. Il enregistrera quelques « stars » comme André Maurice, représentant chez Barclay mais il collabore aussi avec Michel Magne et Francis Lai. L’aventure Mouez Breiz est parsemée de belles rencontres mais on aurait tort de ne pas parler de l’aspect visuel des choses : il y a en effet, une simplicité qui se dégage de la majorité des pochettes du label. Mais quelles magnifiques pochettes ! Une majeure partie des 45 tours et nombreux 25 centimètres proposent une pochette blanche avec portait semi-entouré d’entrelacs celtiques. D’autres pochettes sont totalement illustrées par René-Yves Creston qui signe une quinzaine de pochettes. Le label Mouez Breiz est resté le même durant toutes les années de son existence : le mouton jouant de la Cornemuse (certains pensent qu’il s’agirait d’un chien). Seul varie la couleur dans laquelle le dessin et l’écriture sont représentés sur les étiquettes. Au début des années cinquante et soixante le fond des étiquettes était blanc, écrit en noir, vert, orange… mais par la suite les retirages de certains disques proposent une étiquette avec un fond noir. Les tirages du label pouvaient également varier. Ils démarraient à trois-cents exemplaires allant pour certaines productions jusqu’à plusieurs milliers, mais nous y reviendront. Bien qu’Hermann Wolf ait enregistré lui-même les disques Mouez Breiz, il lui est arrivé d’enregistrer l’album d’Ar Jentilez dans les studios de Pathé Marconi en septembre 1973. Ce disque a d’ailleurs été très couteux, sa pochette étant aussi une prouesse technique ; la deuxième édition de ce disque est dotée d’une pochette simplifiée moins couteuse à l’impression ce qui ne plaira pas du tout au groupe qui s’en plaindra. En ce qui concerne Pathé Marconi, le choix du studio en 1973 ne fut pas très difficile à faire pour cette exception. En effet la firme qui presse les disques du label Mouez Breiz depuis les années cinquante n’est autre que celle de la filiale Pathé. Déjà en 1960, la marque avait puisé dans les productions du label pour dénicher la chanteuse Eliane Pronost pour un 45 tours de quatre chansons qui paraitra sous leur marque. C’est le seul disque qu’Eliane Pronost sortira hors Mouez Breiz à cette époque là.
 
Le premier disque de cette anthologie est consacré à la tradition bretonne pure. Elle s’ouvre dans un premier temps sur l’aspect entièrement musical puisque nous y présentons des enregistrements de « Binious et de Bombardes » s’étalant de 1925 à 1932. Ces enregistrements sont très intéressants car ils représentent les musiciens qui avaient été présentés à la Maison de disque « La voix de son maître » par Hermann Wolf pour une série d’une trentaine de 78 tours. Dans la première moitié du XIXe siècle Fortuné de Boisgobey se rend en Bretagne pour y rapporter des notes. Celles-ci vont relater les précieuses informations sur la musique et les danses de la région. Il y fait la rencontre de Jacques Bihan, un sonneur qui a appris à jouer dès l’âge de 13 ans en allant dans les foires et en procédant par imitations des plus anciens qu’il voyait. Bien que Fortuné de Boisgobey soit fasciné par ce qu’il voit dans les noces, il n’apprécie guère le son du « Bigniou » qu’il qualifie « d’aigre ». Il est difficile d’avoir des indications précises sur le type d’instruments que ce dernier a entendu, tant il pourrait s’agir de plusieurs types de Cornemuses ou de Veuzes qu’il nomme « Bigniou ». Indissociable de la musique, Fortuné de Boisgobey décrit également la danse de manière précise qui s’exécute en rond en se donnant la main : « Les danses se sont formées dans le milieu de la grand’route, au beau soleil, au pied d’une charrette sur laquelle trône l’infatigable bigniou, secondé cette fois, vu l’importance de la fête par une sorte de fifre. Cette danse ne se règle guère que sur deux ou trois airs qui reviennent toujours et dont le plus connu et le plus commun est : À la nigouz, etc. La principale figure est une promenade en rond, cavalier et dame balançant en face l’un de l’autre et sautillant sur la pointe du pied en avançant de côté. » Bien que Fortuné de Boisgobey relate l’existence de bombardes et de binious, il semblerait que les premiers instruments ait déjà été fabriqués au début du XVIIIe siècle. Les choses sont encore floues à ce sujet. Mais il semblerait que la tradition « orale » ait perdurée longtemps. Du moins jusqu’en 1942, puisque la première méthode d’apprentissage ne verra le jour que cette année là. Celle-ci est l’œuvre de Hervé Le Menn, sonneur de Hanvec et fondateur en 1932 de la Kenvreuriez ar Vinioueren, première association des sonneurs bretons. Cela nous indique bien que les enregistrements que nous proposons ici sont fidèles à la tradition orale puisqu’ils n’excèdent pas l’année 1932. Même si nous avons très peu d’informations sur les exécutants de ces musiques, il faut savoir toutefois que les Frères Sciallour ont été filmés en 1934 dans le premier long métrage dialogué en Breton et réalisé par Jean Epstein.
Il n’a pas été facile de restaurer les enregistrements d’époque pour la simple raison qu’il n’existe pas à ce jour de bandes. Les « binious » étant des instruments aigus nous avons fait notre maximum pour ne pas altérer les fréquences qui souvent étaient parasitées par les craquements des disques d’époque.
Dans la tradition musicale, nous présentons également deux œuvres majeures enregistrées à l’orgue par Gérard Pondaven. Spered Santel et Pe trouz war an douar sont deux traditionnels bretons incontournables. Né en 1912, Gérard Pondaven est originaire de Recouvrance. Il reçoit une formation musicale à Brest auprès du compositeur Domingo Sangra et devient organiste à l’église Saint-sauveur de Recouvrance. En 1944, il quitte Brest pour s’installer à Quimper où il devient organiste. Il fait la connaissance de Hermann Wolf pour qui il devient accompagnateur pour les chorales et chanteurs de la maison de disque Mouez Breiz. Également compositeur et très productif, il meurt en 1968. Les notes de l’Abbé Kerrien sur la pochette du 33 tours original au sujet des deux œuvres que nous présentons ici sont très intéressantes, ainsi nous jugeons intéressant de les reproduire.
« SPERED SANTEL. – Invocation au Saint-Esprit qui se chante à l’ouverture des exercices spirituels de nos paroisses. La phrase du cantique est exposée au soprano sur un accompagnement de successions des quintes. Dans les variations, le chant est maintenu à la pédale. C’est l’accompagnement qui reçoit les enrichissements d’ornementations multiples (appogiatures, anticipations, notes répétées). Alors le thème réapparait à l’aigu dans une phrase ornée que préparaient les variations précédentes. La Toccata finale par la permanence de l’organisation rythmique expose brillamment la richesse de cette fresque musicale. »
« PE TROUZ WAR AN DOUAR. – Cette mélodie, l’une des plus vieilles du répertoire breton, se prête au développement classique que lui donne Gérard Pondaven. Les variations sont traitées en un style sévère, utilisant le procédé « Canon » à l’octave. Le dernier couplet, comme dans un immense unisson, rassemble les voix des quatre coins de l’édifice. C’est la fin de la cérémonie et déjà les bourdons scandent les accents de la mélodie. Bientôt, à l’approche des portes, les cloches aiguës s’accrochent au cantique pour lancer à la volée sur la chrétienté. « Ce bruit à travers la terre », c’est la grande nouvelle.
Noël, Noël, le sauveur est né
Noël, Noël, le monde est sauvé !
Par son mouvement et son accent, ce cantique peut-être le « Minuit Chrétien » des bretonnants. »
Outre l’aspect hautement musicologique relevé par l’Abbé Kerrien, nous comprenons que l’aspect religieux est très fort dans la musique traditionnelle bretonne. Cette spiritualité omniprésente ne pouvait être mieux exécutée que par Gérard Pondaven qui accompagnera avec brio d’autres textes liturgiques et chanteuses telles que Eliane Pronost et Zaig Monjaret.

La deuxième partie de ce premier disque est consacrée à la tradition purement littéraire. Le label Mouez Breiz a rendu hommage à plusieurs poètes
à travers ses différentes publications. L’une des œuvres maitresse du label est le 25 centimètres 3309, Hommage à Tristan Corbière. Auteur né le 18 juillet 1845 à Pouljean, il n’éditera qu’un seul recueil poétique en 1873 intitulé « Les amours jeunes » et mènera une vie miséreuse, due notamment à sa maladie osseuse. Son style demeure très cynique. Son œuvre passe totalement inaperçue à l’époque mais Paul Verlaine le met à l’honneur dans son essai « Les poètes maudits ». Il meurt à seulement vingt-neuf ans d’une tuberculose. Nous avons choisi de reproduire ici en intégralité le disque publié par Mouez Breiz qui contient 5 « œuvres » : La rapsode foraine, Le pardon de Sainte-Anne-La-Palud, Le casino des trépassés, Cris d’aveugle et Au vieux Roscoff. Ce disque est absolument exceptionnel car il associe de nombreux excellents artistes. Outre les arrangements d’orgue de Gérard Pondaven, la chorale de Landivisiau est dirigée par l’Abbé Abjean. André Maurice dit le texte avec une poigne saisissante. L’abbé Abjean, est un autre musicien qui officiera auprès des interprètes du label breton Mouez Breiz. Né le 12 octobre 1925, il décédera en 2009. Il remplacera d’ailleurs Gérard Pondaven après son décès. Il créa la chorale de Landivisiau appelée également « Kanerien Bro Leon » et créa en 1973 le « Quatuor vocal du Léon ». Il quittera aussi le label Mouez Breiz pour se consacrer lui aussi à l’édition de nombreux disques en Bretagne par la suite. Le musicologue Jean Hammond annota la pochette du disque hommage à Tristan Corbière en concluant par ces mots : « Il est bon que les poèmes de Corbière aient été accompagnés soit à l’orgue, soit par la belle chorale de Landivisiau, avec des musiques et des airs de chez nous. Soigneusement, choisis, ils s’accordent bien avec l’esprit du poète et soulignent discrètement mais avec efficacité l’atmosphère si particulière dans laquelle se meut son inspiration. Je suis heureux d’avoir eu à présenter un tel disque ; il est unique actuellement dans la production française. » En effet, il était unique à ce moment et semble toujours l’être. L’écoute de ces cinq plages sont saisissantes et en font les grandes lignes du label Mouez Breiz mais aussi de la tradition bretonne.

André Maurice enregistra d’autres disques pour le label Mouez Breiz. L’Hommage à Anatole le Braz, révèle encore un besoin de perpétuer la tradition littéraire de la Bretagne. Anatole Le Braz est né le 2 avril 1859 de son véritable nom Anatole Jean-François Marie Lebras et fut professeur de lettres et folkloriste français de langue bretonne. Il tint une part extrêmement importante dans le mouvement régionaliste breton à la fin du XIXe siècle. Professeur à la faculté de Rennes, son œuvre est principalement reconnue pour ses écrits sur la Mort. Ainsi il recueille pour son compte les récits de la légende de la mort. C’est précisément ces écrits qui font l’admiration de cet excellent écrivain qui par ailleurs pratique un brillant exercice oratoire. Anatole le Braz décède à Menton le 20 mars 1926. Mouez Breiz édite donc cinq extraits de La légende de la mort dits par André Maurice. Nous l’aurons bien compris, ce premier disque ne s’attache finalement pas tellement à l’art sonore mais davantage à la tradition ancienne de l’art breton. Ces enregistrements tentent de reproduire le plus fidèlement une musique de Binious, Bombardes et Cornemuses telle qu’elle était jouée autrefois à l’époque où le phonogramme n’existait pas encore. La seule touche de modernité que Mouez Breiz apportera à ces enregistrements de textes et de poésie lus, sera l’adaptation de thème par l’orgue ou la chorale.

Le deuxième disque de ce coffret tente de mettre la lumière sur des artistes qui ont fait à la fois les grands jours de la tradition bretonne, certains d’entre-eux participeront même à son évolution. Dans un catalogue aussi important que celui de la maison Mouez Breiz, il serait impossible de rééditer tout et de mélanger une multitude d’interprètes. Etant donné que la maison de disque Keltia s’est chargée de rééditer une partie du catalogue, il serait plutôt intéressant de se pencher vers des enregistrements anciens qui n’ont pas ou peu été réédités en CD.
Zaig Monjarret, née Zaig Le Foll a été la femme de Polig Montjaret, musicien, collecteur et membre du mouvement breton, puis créateur de la principale association de musique traditionnelle bretonne : « Bodadeg ar Sonerion ». Ses acti‑
vités ont fortement contribué au développement de la culture bretonne et de l’interceltisme. Il n’est donc pas si étonnant que son épouse eut été proposée et éditée parmi les premiers artistes du label Mouez Breiz. Il existe très peu de traces d’éléments biographiques concernant Zaig Monjarret et il semble bien hélas qu’artistiquement parlant, elle vive dans l’ombre de son mari. Elle enregistre dans un premier temps plusieurs 78 tours avant de faire l’objet de l’édition du premier microsillon 25 centimètres en 1953 pour le label Mouez Breiz qui d’ailleurs ne satisfera pas Hermann Wolf et qui sera retiré du commerce. Ainsi ses premiers enregistrements microsillon seront reportés vers 1955 avec deux premiers 45 tours que nous proposons ici. Les huit titres accompagnés à l’orgue par Gérard Pondaven sont enregistrés en une seule prise. La réverbe naturelle met en valeur la voix de Zaig malgré de grandes imperfections techniques. La bande originale, comporte beaucoup de souffle ce qui parasite la qualité d’enregistrement. Quoi qu’il en soit ces chants traditionnels sont très authentiques dans un breton à l’accent très fidèle. Un troisième 45 tours sera ensuite édité la même année. Hélas une brouille entre l’interprète et Hermann Wolf cessera toute collaboration pour un long moment.
Fort heureusement, nous possédons davantage d’informations sur Andrée le Gouil (alias Andrea Ar Gouilh) et Alan Cochevelou. Il s’agit en fait d’une véritable révélation, car ces deux artistes seront édités dès 1959 par Hermann Wolf et marqueront de manière conséquente la chanson bretonne mais seront également les pionniers du renouveau dans cet art. Andrée le Gouil, née le 13 juillet à Pluguffan aura trouvé dans sa manière de chanter le moyen d’exprimer une autre vision du monde par le fait unique d’être « breton ». C’est lors de sa rencontre avec Georges Cochevelou, qu’elle se verra proposer d’être accompagnée par le fils de ce dernier : Alan Cochevelou, futur Alan Stivell. Elle aura une influence majeure sur le jeune harpiste qui enregistrera avec elle quatre disques dans la salle à manger d’Hermann Wolf pour le label Mouez Breiz. Nous avons parlé auparavant des démarches que Georges Cochevelou avait entrepris pour que cette aventure discographique soit possible. Aujourd’hui encore, Andrée le Gouil demeure l’une des interprètes les plus importante dans la culture bretonne. Sa fille Nolwenn Korbell qui connaît également un grand succès, prolonge aujourd’hui la lignée depuis 2003.
Est-il encore utile de présenter Alan Stivell, certainement l’artiste breton le plus renommé dans le monde ? Reconnu aux Etats-Unis et au Canada en tant qu’harpiste new âge, il réalise plusieurs tournées internationales en ouvrant la voix à d’autres artistes bretons. Né le 6 janvier 1944, il passe pourtant les premières années de sa vie à Paris où il apprend le piano classique mais sans que cela ne l’intéresse vraiment. Son père qui a créé un nouveau prototype de harpe, le rend curieux et c’est précisément sur ce premier instrument qu’il fait ses armes. Il lui arrivera fréquemment au long de sa carrière de rendre hommage à ce père qui composait des musiques devenus aussi à leur manière des traditionnels bretons. Si l’on connaît l’histoire d’Alan Stivell et du renouveau breton dont on lui attribue la lancée avec son passage à l’Olympia en 1972, nous apprendrons au moins ici qu’il enregistra ses premiers 45 tours et albums sous son véritable nom pour Hermann Wolf. Son premier album a été réédité sous son label Keltia III, ainsi nous proposons de redécouvrir ici ses huit premiers enregistrements (soit les deux premiers 45 tours). Ils contiennent six chansons interprétées par Andrée le Gouil et deux pièces instrumentales. Pour des raisons pratiques Nous présenterons ici les deux pièces instrumentales l’une après l’autre après les chansons interprétées, bien qu’elles aient été parsemées sur les deux 45 tours. Ces enregistrements sont donc historiques et apparemment inédits en CD.
Certains puristes de la musique bretonne risqueraient fort de nous reprocher la sélection qui va suivre, tout comme ce qu’elle contient l’a été dans sa production initiale à Hermann Wolf. Nous présentons ici les huit chansons de Théodore Botrel enregistrées par Robert Perrin et accompagnées par Gérard Pondaven. Nous proposons ici huit versions enregistrées le 9 février 1960 du disque 25 centimètres portant le numéro 3313. Des premières versions de certaines de ces chansons avaient été initialement enregistrées pour un 45 tours édité en 1958, et qui sera réédité en 1964 dans des nouvelles versions également. Mais revenons à notre polémique. À l’époque de l’édition de ces disques, il a été reproché à Hermann Wolf de faire de la musique plus ou moins vulgarisée. Théodore Botrel a une image sans doute trop « populaire » parce qu’il est l’auteur de La Paimpolaise, chan‑son légère qui fit un énorme succès. Certaines personnes ne comprennent pas très bien ce que ce genre de répertoire vient faire au milieu de chants traditionnels bretons. Cependant il faut garder à l’esprit qu’Hermann Wolf avait pour objectif de vendre ce genre de productions principalement aux touristes et il semblerait qu’il n’ait pas eu tort de le faire, puisque ce sont précisément ces disques qui sont à l’origine de la survie du label Mouez Breiz. Si un grand nombres de disques se vendent peu ou ne sont absolument pas rentables en n’excédant pas les 300 exemplaires tirés, ces enregistrements en revanche connaissent un succès considérable. Les retirages sont très nombreux et Hermann Wolf compte bien financer d’autres disques avec l’argent des bénéfices. Il faut tout simplement se rendre compte que les chansons de Théodore Botrel ont permis aux autres disques d’exister. Cependant à l’écoute de ces disques aujourd’hui, un certain charme s’opère car les interprétations emphatiques de Robert Perrin ne manquent pas d’audace. Né le 14 septembre 1868 à Dinan, Théodore Botrel composa exclusivement en français dû au fait qu’il apprit le breton sur le tard. Il commença à écrire vers l’âge de seize ans sa première pièce de théâtre, Le poignard qu’il fit jouer à une troupe amateur dont il faisait partie. A dix-huit ans il écrit son premier recueil, le Petit Biniou. Travaillant pour la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon, il ne connaît aucun succès jusqu’en 1895 où il présente publiquement La Paimpolaise que Felix Mayol inscrira à son répertoire jusqu’à sa mort en 1941. Il y parle de Paimpol et de sa falaise, bien qu’il n’y ait aucune falaise là-bas. Il composera d’autres succès tels que Le mouchoir rouge de Cholet ou Ma p’tite Mimi. Il s’installe à Pont-Aven dès 1905 et y créé la première fête folklorique bretonne « Le pardon des fleurs d’Ajonc ». Il y décède en 1925.
Il peut paraître disproportionné de consacrer un disque entier à Eliane Pronost mais il y a plusieurs raisons à ce choix. Tout d’abord, elle est une artiste très productive pour le label Mouez Breiz et traversa les années avec toujours la même ferveur et une qualité musicale étonnante. Son chant est doux, juste mais elle possède aussi un accent breton absolument parfait. Sa voix est parfaitement adaptée à l’aspect spirituel et liturgique des œuvres traditionnelles bretonnes, celtiques et irlandaises qu’elle interprète. La qualité des enregistrements est également étonnante : datant des années cinquante ils sont réalisés certes en direct, soit dans le salon de la famille Wolf où dans des églises mais font preuve d’un soin particulier. Le choix de son répertoire est aussi très judicieux. Née à Plounéour-Trez en 1933, Eliane Pronost se passionne très vite pour le chant et intègre la chorale de Lesneven. Sa voix cristalline et au caractère exceptionnel fait qu’elle est très vite remarquée dans les concours du Bleun-brug. Elle fait des études d’infirmière avant de devenir pédopsychiatre à Rennes puis revient à Goulven. Dès 1953 elle enregistre ses premiers 78 tours pour le Label Mouez Breiz accompagnée par Gérard Pondaven mais sa rencontre avec l’Abbé Abjean lui permettra de prendre un autre tournant en s’exprimant au sein de l’ensemble choral du Léon qui deviendra ensuite le Quatuor du Léon. En 1959, elle est l’unique interprète des disques Mouez Breiz à être produit par la firme Pathé pour le 45 tours Va Breiz qui sera distribué nationalement. Elle éditera toujours de très nombreux disques pour Mouez Breiz jusqu’à la fin de l’existence du label et se produira aussi pour d’autres maisons de disques avec une soixantaine de disque et plus de dix CD en compagnie du Quatuor du Leon sous la direction de l’Abbé Abjean. Elle décèdera en juin 2007, laissant derrière elle une très grande production musicale. Claude le Menn, dira d’elle : « Sa fabuleuse voix de contre-alto, chaleureuse et cristalline ainsi que sa parfaite maîtrise de la langue bretonne a fait d’Éliane Pronost une figure emblématique du Léon ». De son coté Bernard de Parades soulignait à la fois la simplicité mais aussi l’importance d’Eliane Pronost dans les notes du 33 tours 25 centimètres 3353 montrant ainsi qu’elle se produisit occasionnellement à l’étranger dans des salles de renom international : « Parée du grand châle et de la cornette léonarde des jours de fêtes et de pardons, Eliane Pronost apparut pour la première fois en 1951 à ce Bleun Brug de Plouguerneau qui avait planté ses tréteaux en plein vent devant la mer et les rochers. Et tout de suite cette voix grave, à l’accent coloré et, chaud, sut toucher cette foule de paysans, de pêcheurs, de goémoniers, aussi de citadins de Lannilis et de Lesneven, sa ville d’enfance et de jeunesse. Et depuis elle a toujours chanté ; soit en compagnie de ces grandes chorales du Léon menées par des vicaires bons musiciens, soit en quatuor, soit en soliste soutenue d’un sobre accompagnement. Cependant, elle n’a pas enfermé son répertoire dans les limites et dans le style d’une région, mais, comme il est coutume dans le Leon depuis le début du siècle, elle a choisi parmi les meilleures chansons de Basse-Bretagne et d’autres pays celtiques : l’Ecosse, l’Irlande, et le Pays de Galles. À part une tournée en Galice et une autre en Angleterre avec un spectacle à l’Albert Hall, Eliane Pronost a surtout chanté aux fêtes bretonnes, à radio Quimerc’h et à télé-Bretagne ». Cet article est très intéressant car il relate le fait qu’Eliane Pronost ne se limite pas uniquement aux chants entièrement bretons mais aux cultures qui l’ont influencé comme l’Irlande. Ainsi n’hésitons pas à découvrir Luskell va bag, la complainte irlandaise la plus célèbre qui a récemment été utilisée pour être la musique du générique de la série : « Outlander ». Cette complainte tient bien sa place aux cotés de chants traditionnels bretons tels que Kousk, Breiz-Izel, Doiugan Gwenc’hlan, Sonit bombard, sonit biniou.
La sélection des chansons d’Eliane Pronost présentée ici ne semble pas avoir été à ce jour réédité en CD. Si certains de ses albums complets l’ont été, ici, nous avons décidé de faire une sélection parmi ses 45 tours publiés entre 1955 et 1960. Cette sélection présente un intérêt dans le fait qu’elle contient des chansons accompagnées tantôt au piano, tantôt à l’orgue. Nous présentons également des extraits du 45 tours 4568 enregistré avec la chorale des Kanerien Bro Ouelou. Ces trois configurations montrent une atmosphère différente mais qui n’altère en rien le coté solennel des interprétations d’Eliane Pronost. Pour conclure ce disque, nous avons jugé utile de publier dans son intégralité le 45 tours édité par Pathé. Sous les arrangements d’Armand Canfora, et n’étant pas une publication Mouez Breiz il n’en demeure pas moins intéressant que le reste de la production de l’artiste interprète. Il est d’ailleurs très intéressant de comparer les deux versions de Me zo ganet e kreiz ar mor que nous proposons pour en mesurer les différences dans les atmosphères mais aussi pour se rendre compte du fait que l’œuvre est interprétée dans deux tonalités différentes, ce qui est un élément majeur dans le résultat final d’une chanson. Bien que le dernier disque édité chez Pathé ne découle pas directement du regard d’Hermann Wolf, il en aura au moins été l’intermédiaire et il vient ici compléter un disque sur une artiste qui tient une place à part dans l’art traditionnel breton.
Jean-Baptiste Mersiol – décembre 2016
© Frémeaux & Associés 2017

La publication de ce coffret n’aurait pu être possible sans l’aide et la complicité de certaines personnes, qu’elles en soient ici chaleureusement remerciées. Merci à Jean et Christiane Wolf pour les témoignages précieux concernant le label familial Mouez Breiz. Merci à Christian Morvan, Armel Morgant et Gilles Kermac pour leurs lumières sur la musique bretonne. Un grand merci à Michel Colleu de l’OPCI sans qui tout cela n’aurait jamais été possible. Et enfin merci à Sarah Eddy qui de loin a su apporter sa pierre à l’édifice.

Pour en savoir plus :
OPCI, documentation sur le patrimoine sonore Breton : http://opci-ethnodoc.fr/
Le blog qui propose de nombreuses informations : https://musikebreizh.wordpress.com
Gilles Kermac, Mouez Breiz, L’invention du disque Breton, revue Armen, n° 173 du 11/2009 pp. 42-47.
Restauration et Masterisation des documents originaux : JBM Studio - Saverne



An anthology of Brittany’s cultural heritage on record, 1925-1960
Breton music as seen by Hermann Wolf
 

The set you are holding is not a collection of Breton music like any other. For those tempted to call it no more than yet another compilation, it is in fact much more than a simple anthology. In producing this set we wanted to pay homage to a man whose perspective of this music was extremely interesting, namely Hermann Wolf. These three compact discs show the principal orientations of the independent record-label Mouez Breiz, which Wolf founded in 1950 but whose conception seems to date from much earlier.

Born on February 2, 1904, Hermann Wolf bore the names of his father, a Swiss-born merchant in Quimper; his mother, a Frenchwoman, was from Vendée. Both his father and his uncle Henri served apprenticeships as organ-builders, but while his uncle returned to Switzerland, in 1899 Hermann Wolf Sr. opened a music shop in Quimper on the Place Saint Corentin. At the dawn of the twentieth century, Hermann’s father seems to have been a visionary, because he took an interest in a new technology that brought music to life in a revolutionary way: the phonograph. And that explains why piano rolls and flat discs came to find themselves on sale in his shop amidst the usual music scores and instruments. As for the son, the young Hermann would train as a piano maker at Gaveau in Paris, but on the death of his father he returned to Quimper, where his future seemed to lie in the family business, which he took over. His main interest was in sound, and he became involved in the sound installations for numerous festivals, dances and celebrations in the Quimper region, including the “Fête des Cornouailles” festival, which he later recorded. In the course of the Thirties, Wolf already approached the world of recordings when he served as an intermediary for the company “La Voix de Son Maitre”; this would give rise to the publication of some thirty 78rpm records of Breton music.
By now it was obvious that Wolf was destined to guide the record company and its technical staff towards performers of talent. This led notably the Gramophone label to record some very good bombard and biniou (Breton bagpipe) players in the best tradition. The latter were rather young musicians for the times, and had often learned to play orally, a heritage that gave them a quite exceptional authenticity and quality. Beginning in the Sixties, recordings of such instrumentalists would become less interesting, if only because the players themselves had aged and their physical capabilities, i.e. “performance”, had begun to diminish. Nor did the younger generation seem as good as its elders, perhaps due to modern methods and learning through recordings but, who knows?
As for the “Voix de Son Maître” recordings mentioned earlier, it’s said that Hermann Wolf was not merely an intermediary when the records were made: apparently he acted in an advisory capacity for the technicians and was present at the recording sessions themselves. Those first records, therefore, can be seen as a prelude to the “Mouez Breiz” adventure that followed, and consequently also the perspective of its manager, Hermann Wolf.
At the end of the Thirties, Hermann invested in a machine to manufacture Pyral and flexi discs so that he could make his first recordings. In the Fifties his enthusiasm hadn’t waned and he continued to invest in this technology: he was among the first to acquire a magnetic tape recorder, even before some of the companies in Paris. The new technique was revolutionary for the period, and in terms of quality it was ahead of the process that recorded directly onto a Pyral disc. Moreover, this technique allowed faithful reproduction of a single recording onto more than one disc. Even so, in July 1950 Wolf would manufacture a single copy that he played inside his shop in Quimper so that the local population and summer visitors could listen to it. The birth of the label Mouez Breiz was imminent. By the end of that same year, a first four 78rpm records were released on the label Mouez Breiz with the mention that they were “Exclusively for Le Chant du Monde”, a renowned company specializing in ethnic music (today’s World Music). The label’s physical appearance recalled the graphics of this latter company, so it is plausible that these first Mouez Breiz records were the result of a co-production and/or distribution agreement with Le Chant du Monde. As for the label’s artists, Hermann Wolf was already unveiling Zaig Monjarret and Eliane Pronost, and historically they would remain the label’s leading singers.
Admittedly, some of the records that went on sale were only average in quality: in some cases the edges of the groove contained a blank of some fifteen seconds’ silence, which enabled surface noise to be heard; background noise appeared on recordings made in a single sound-take; and at the end of a side could be heard the cutting of the tape-leader that had served as the master (if the word ‘master’ is permitted in this particular case.) These imperfections, however, gave a fantastic charm to the records, and it attracted all those who were appreciative of the craftsmanship involved; it also allowed others to recognize the difficulties (and prowess) involved in those days with such “self-produced” releases.
As early as 1954, Hermann Wolf was tempted by the microgroove adventure and published a first 10” 33rpm record by Zaig Monjarret, although he found it very disappointing: the record was never distributed and it ended up on the scrap heap. Only four copies are said to exist of this very rare record: indeed, it is the rarest record of Breton music sought by collectors. Hermann Wolf also published numerous 45rpm records, and even some 33rpm records in the rare 17-centimetre format that was of interest for “special” or “one-off” editions known as “Hors Collection” releases. The first 45rpm was attributed to Gérard Pondaven, a pianist and organist who regularly accompanied male and female singers on the label’s recordings. The firm published a rich and varied catalogue of 45rpm records up until 1975, and in the course of the Seventies the label would also distribute six musicassettes of recordings from the catalogue.
In all, the Mouez Breiz label would publish over three hundred references up until 1976 and the unfortunate decease of Hermann Wolf. For various reasons, his son Jean Wolf decided not to continue the firm’s record-business and, just when Breton music was going through a revival of interest (especially on an international scale), that which people considered as the invention of the Breton record simply disappeared.
It was only in around 2015 that the label was born again, thanks to some thirty releases through the label “Keltia Musique”, which reissued original Mouez Breiz albums on compact disc and aroused keen interest. Today the enthralling and historic nature of the label Mouez Breiz has encouraged us to also restore certain recordings (now in the public domain) that had unfortunately fallen into oblivion and hadn’t been reissued before now. So one can give Mouez Breiz credit for being a testament to traditional Breton music before its revival. This renaissance is often attributed to Alan Stivell and his Olympia appearance in 1972, which was published as an album. It is true that this concert recording was a release that marked a turning point in the history of Breton and Celtic music. New possibilities would open up for this style, which would also receive publicity thanks to the popular group Tri Yann, and its sound had an influence even as far as rock music, with Matmatah at the end of the Nineties and from early 2000 onwards. What could be more interesting than to discover that Alan Stivell made his first official recordings for the Mouez Breiz label in 1961?

Apart from the fact that the label produced traditional music, it also took an interest in the literary heritage of Brittany. Two magnificent 10” recordings were released of the stories of Tristan Corbière and Anatole Le Braz. A few “stars” would be recorded, such as André Maurice, a representative for Barclay, but Wolf also collaborated with Michel Magne and Francis Lai. Mouez Breiz is an adventure studded with great encounters but it would be a mistake to omit the visual aspect of the label: there was a simplicity that emanated from the majority of the label’s sleeves, but what magnificent sleeves they were! Most of the 45rpm records, and numerous 10” discs, were produced in a white sleeve with a portrait that was half-surrounded with Celtic interlacing. Other sleeves carried illustrations by René-Yves Creston (with his signature on fifteen of the latter). Mouez Breiz retained the same label throughout its existence: the sheep playing the bagpipes (some believe it was a dog). The only variation was the colour in which the design and lettering appeared on the labels.
Jean-Baptiste Mersiol – December 2016
© Frémeaux & Associés 2017



Discographie


CD 1 : Bombardes, Binious, Traditions et Patrimoine
Bombardes et Binious :

1. LE NOUVEAU & LE GAL - Sonen Ered - Er Hanveu     3’14
2. LE GUENNEC & LE BOUC - La Gavotte de Guéméné sur Scorff    3’01
3. LE GUENNEC & LE BOUC - La Dérobée de Guingamp    2’50
4. LES FRÈRES SCIALLOUR - Le Bal de Quimper    3’00
5. LES FRÈRES SCIALLOUR - Jabadao de Quimper    2’38
6. LES FRÈRES SCIALLOUR - Dérobé    2’51
7. MAGADUR PÈRE & FILS - En Dro    3’04
8. MAGADUR PÈRE & FILS - la Ridée    2’53
Traditions et Patrimoine :  
9. GÉRARD PONDAVEN - Spered Santel    8’06
10. GÉRARD PONDAVEN - Pe Trouz war an douar     4’48
11. ANDRÉ MAURICE & GÉRARD PONDAVEN - La rapsodie Foraine    7’20
12. ANDRÉ MAURICE & GÉRARD PONDAVEN - Le pardon de Sainte-Anne La Palud    6’22
13. ANDRÉ MAURICE & GÉRARD PONDAVEN - Le casino des trépassés    2’41
14. ANDRÉ MAURICE & GÉRARD PONDAVEN - Cris d’Aveugle    2’49
15. ANDRÉ MAURICE & GÉRARD PONDAVEN - Au vieux Roscoff    3’02
16. ANDRÉ MAURICE & GÉRARD PONDAVEN - La vie qui va et vient avec la mer    6’24


CD 2 : Mouez Breiz - L’héritage traditionnel
1. ZAIG MONJARRET - Er Meliner youaak    2’41
2. ZAIG MONJARRET - Er Plah En Un Ankloz    3’37
3. ZAIG MONJARRET - Dimeet Me Me mam    3’01
4. ZAIG MONJARRET - Tuchant E Harriuo En Han    3’48
5. ZAIG MONJARRET - Gwerz Penmarc’h    4’14
6. ZAIG MONJARRET - Kimiad An Ene    2’12
7. ZAIG MONJARRET - Spered an tan    2’42
8. ZAIG MONJARRET - Silvestrig    3’26
9. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Son an hañv    3’30
10. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - An tri aval ru    2’39
11. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Ar Vorerion    2’59
12. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Marzin en he gavel    3’35
13. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Son ar yar    1’56
14. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Kan an dud a vor    2’32
15. ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - En hou kavel    2’35
16. ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - An Alarch     2’45
17. ROBERT PERRIN - La Paimpolaise    2’35
18. ROBERT PERRIN - Le Chevrier des monts d’Arrée    2’54
19. ROBERT PERRIN - Les gars de Morlaix    3’11
20. ROBERT PERRIN - Fleur de Blé Noir    3’19
21. ROBERT PERRIN - Le tricot de Laine    1’53
22. ROBERT PERRIN - Dors, mam goz Arvor    2’22
23. ROBERT PERRIN - La grande câline    2’00
24. ROBERT PERRIN - Sonnez, clochers à jour    1’16


CD 3 : Éliane Pronost - Tradition
 1. Luskell va bag    3’56
 2. Piou e Glevan    2’28
 3. Kenavo deoc’h    3’09
 4. Hirvoudou    2’27
 5. Sonit Bombard, Sonit Binious    3’17
 6. Bleuniou o tremen    3’08
 7. En tu-all d’ar mor don    2’23
 8. Jesus Kroedur    1’59
 9. An tri angélus    5’49
10. Peh trouz an en doar    3’09
11. Diougan qwanc’ hian    2’26
12. Ar gwiniz gwenn    2’14
13. Va zi bihan    3’11
14. Ar mab    1’55
15. Kousk va lellig    2’17
16. Alc’ houez an eurusted    3’16
17. Kousk, Breiz Izel    3’00
18. An Durzunel    3’45
19. An Eosterienn    2’36
20. Me zo ganet e kreiz    3’32
21. Va Breiz    2’49
22. Me zo ganet e kreiz    2’54
23. An Hini Garan    2’46
24. Va Douz Anaik    2’56
Bretagne

CD 1 : Bombardes, Binious, Traditions et Patrimoine
1. Le Nouveau & Le Gal - Sonen Ered - Er Hanveu (X) - 1925 - Gramophone - K 6704 -
2. Le Guennec & le Bouc - La Gavotte de Guéméné-sur-Scorff (X) - 1927 - Gramophone - K 5127-
3. Le Guennec & le Bouc - La Dérobée de Guingamp (X) - 1927 - Gramophone - K 5080 -
4. Les frères Sciallour - Le Bal de Quimper (X) - 1932 - Gramophone - K 6706
5. Les frères Sciallour - Jabadao de Quimper (X) - 1932 - Gramophone - K 6707
6. Les frères Sciallour - Dérobée (X) - 1932 - Gramophone - K 6708
7. Magadur père & fils - En Dro (X)- 1932 - Gramophone - K 6705
8. Magadur père & fils - La Ridée (X) - 1932 - Gramophone - K 6705
9. Gérard Pondaven - Spered santel (traditionnel) - 1961 - LP Mouez Breiz 3320
10. Gérard Pondaven - Pe Trouz war an douar (traditionnel) - 1961 - LP Mouez Breiz 3320
11. André Maurice & Gérard Pondaven - La Rapsode Foraine (Tristan Corbière / Gérard Pondaven) - 1958 - LP Mouez Breiz 3309
12. André Maurice & Gérard Pondaven - Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud (Tristan Corbière / Gérard Pondaven) - 1958 - LP Mouez Breiz 3309
13. André Maurice & Gérard Pondaven - Le Casino des trépassés (Tristan Corbière / Gérard Pondaven) - 1958 - LP Mouez Breiz 3309
14. André Maurice & Gérard Pondaven - Cris d’aveugle (Tristan Corbière / Gérard Pondaven) - 1958 - LP Mouez Breiz 3309
15. André Maurice & Gérard Pondaven - Au vieux Roscoff (Tristan Corbière / Gérard Pondaven) - 1958 - LP Mouez Breiz 3309
16. André Maurice & Gérard Pondaven - La Vie qui va et vient avec la mer (Anatole Le Braz / Gérard Pondaven) (Proella) - 1959 - LP Mouez Breiz 3311


CD 2 : Mouez Breiz - L’héritage traditionnel

1. ZAIG MONJARRET– Er Meliner youank (traditionnel) - 1955 - EP Mouez Breiz - 4502
2. ZAIG MONJARRET - Er Plah en un ankloz (traditionnel) - 1955 - EP Mouez Breiz - 4502
3. ZAIG MONJARRET - Dimeet me me mam (traditionnel) - 1955 - EP Mouez Breiz - 4502
4. ZAIG MONJARRET - Tuchant e harriuo en han (traditionnel) - 1955 - EP Mouez Breiz - 4502
5. ZAIG MONJARRET - Gwerz Penmarc’h (traditionnel) - 1955 - EP Mouez Breiz - 4503
6. ZAIG MONJARRET - Kimiad an ene (Barzaz Breiz) - 1955 - EP Mouez Breiz - 4503
7. ZAIG MONJARRET - Spered an tan (Pierre Hélias / Polig Monjarret) - 1955 - EP Mouez Breiz - 4503
8. ZAIG MONJARRET - Silvestrig - 1955 - EP Mouez Breiz - 4503
9. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Son an hañv (traditionnel) - 1960 - EP Mouez Breiz 4580
10. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - An tri aval ru (traditionnel) - 1960 - EP Mouez Breiz 4580
11. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Ar Vorerion (J.-P. Calloc’h) 1960 - EP Mouez Breiz 4580
12. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Marzin en he gavel (Barzaz Breiz) - 1960 - EP Mouez Breiz 4581
13. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Son ar yar (Y.-M. Luzel) - 1960 - EP Mouez Breiz 4581
14. ANDRÉE LE GOUIL & ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - Kan an dud a vor (C. Mevel) - 1960 - EP Mouez Breiz 4581
15. ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - En hou kavel (traditionnel) - 1960 - Mouez Breiz 4580 - 1960 - EP Mouez Breiz 4581
16. ALAN COCHEVELOU (ALAN STIVELL) - An Alarc’h (Barzaz Breiz) - 1960 - EP Mouez Breiz 4581
17. ROBERT PERRIN - La Paimpolaise (Théodore Botrel) - 1960 - LP Mouez Breiz 3313
18. ROBERT PERRIN - Le Chevrier des monts d’Arrée (Théodore Botrel) - 1960 - LP Mouez Breiz 3313
19. ROBERT PERRIN - Les gars de Morlaix (Théodore Botrel) - 1960 - LP Mouez Breiz 3313
20. ROBERT PERRIN - Fleur de blé noir (Théodore Botrel) - 1960 - LP Mouez Breiz 3313
21. ROBERT PERRIN - Le Tricot de laine (Théodore Botrel) - 1960 - LP Mouez Breiz 3313
22. ROBERT PERRIN - Dors, mam goz ar vor (Théodore Botrel) - 1960 - LP Mouez Breiz 3313
23. ROBERT PERRIN - La Grande Câline (Théodore Botrel) - 1960 - LP Mouez Breiz 3313
24. ROBERT PERRIN - Sonnez, clochers à jour (Théodore Botrel) - 1960 - LP Mouez Breiz 3313


CD 3 : Eliane Pronost - Tradition
1. Luskell va bag (traditionnel écossais) - 1956 - EP Mouez Breiz 4517
2. Piou e glevan (traditionnel écossais) - 1956 - EP Mouez Breiz 4517
3. Kenavo deoc’h (J. Le Maréchal / J.P. Dantec) - 1956 - EP Mouez Breiz 4517
4. Hirvoudou (traditionnel écossais) - 1956 - EP Mouez Breiz 4517
5. Sonit bombard, sonit biniou (J. Le Maréchal / J.P Dantec) - 1956 - EP Mouez Breiz 4518
6. Bleuniou o tremen (Yvon Crocq) - 1956 - EP Mouez Breiz 4518
7. En tu-all d’ar mor don (traditionnel écossais) - 1956 - EP Mouez Breiz 4518
8. Jesus Kroedur (traditionnel) - 1957 - EP Mouez Breiz 4537
9. An tri angelus (traditionnel) - 1957 - EP Mouez Breiz 4537
10. Peh trouz an en doar (traditionnel) - 1957 - EP Mouez Breiz 4537
11. Diougan Gwenc’hlan (traditionnel) - 1957 - EP Mouez Breiz 4538
12. Ar Gwiniz gwenn (traditionnel) - 1957 - EP Mouez Breiz 4538
13. Va Zi bihan (traditionnel) - 1957 - EP Mouez Breiz 4538
14. Ar Mab (traditionnel) - 1957 - EP Mouez Breiz 4538
15. Kousk va lellig (L. Lok) - 1958 - EP Mouez Breiz 4556
16. Alc’houez an eurusted (J. Le Maréchal) - 1958 - EP Mouez Breiz 4556
17. Kousk, Breiz Izel (J. Le Maréchal) - 1958 - EP Mouez Breiz 4556
18. An Durzunel (traditionnel) - 1958 - EP Mouez Breiz 4556
19. An Eosterien (traditionnel) - 1958 - EP Mouez Breiz 4568
20. Me zo ganet e kreiz ar mor (traditionnel - 1958 - EP Mouez Breiz 4568
21. Va Breiz (traditionnel / A. Canfora) - 1959 - EP Pathé - EA 386 S
22. Me zo ganet e kreiz ar mor (traditionnel / A. Canfora) - 1959 - EP Pathé - EA 386S
23. An Hini agaran (traditionnel / A. Canfora) - 1959 - EP Pathé - EA 386 S
24. Va Douz Anaik (traditionnel / A. Canfora) - 1959 - EP Pathé - EA 386 S



Cette anthologie 3 CD présente le patrimoine phonographique breton, en mettant en lumière le formidable travail d’Hermann Wolf, éminent producteur quimpérois, fondateur de la maison « Mouez Breiz » disparu en 1976. Panorama d’œuvres rares et oubliées défrichées par le musicologue Jean-Baptiste Mersiol, ce coffret est un véritable témoignage de l’âme sonore bretonne. On remonte ainsi la piste d’enregistrements anciens de bombardes et binious (de l’époque où la transmission de la pratique instrumentale était encore orale), redécouvre des chansons de Théodore Botrel, ainsi que des musiques liturgiques et des poèmes. On découvre l’œuvre de l’organiste Gérard Pondaven et les premiers enregistrements d’Alan Stivell, alors jeune harpiste, qui accompagne la chanteuse Andrée le Gouil. Enfin le troisième CD est consacré à la magnifique chanteuse « folk » oubliée Éliane Pronost. Un ensemble diversifié de couleurs musicales qui exprime la pleine richesse de cette culture presque insulaire.   
Patrick FRÉMEAUX

This 3CD set introduces the cultural heritage of Brittany on records, and highlights the amazing work of the late Hermann Wolf (d. 1976), a producer from Quimper who founded the Breton label Mouez Breiz. This anthology is a panorama of rare and forgotten works that were unearthed by musicologist Jean-Baptiste Mersiol and represent authentic sound-evidence of the soul of Brittany: early recordings with bombards and ‘biniou’ bagpipes (dating from the days of oral traditions in instrumental practise), songs by Théodore Botrel, religious works, poems, organist Gérard Pondaven, and also the first recordings by Alan Stivell when he was a young harpist who accompanied the marvellous folk singer Andrée le Gouil. CD3 is devoted to the wonderful ‘forgotten’ folk artist Eliane Pronost, completing a range of musical colours that testify to the richness of this almost insular culture.    
Patrick FRÉMEAUX


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