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PARIS MUSETTE


L’Intégrale
1990-1997







« C’était la fin des années 1980. On redécouvrait l’accordéon populaire français, pour le meilleur et encore trop souvent pour le pire qui avait pourtant dégoûté nos générations tant de l’instrument que du genre auquel il est attaché. Nous en aimions le meilleur, celui des pionniers du musette parisien (Émile Vacher, les frères Péguri et Colombo) et des rénovateurs  (Tony Murena, Gus Viseur, Jo Privat). Leurs héritiers directs étaient toujours actifs, mais leur œuvre était dispersée sur des faces souvent mal produites et supprimées des catalogues. À Patrick Tandin qui venait de monter son label La Lichère, je suggérai un jour de les réunir en studio autour du guitariste Didi Duprat, compagnon de Murena, Privat et Marcel Azzola. Patrick m’en confia la tâche que je n’aurais su mener à bien sans les conseils du guitariste Didier Roussin, notre historien. J’avais en tête le titre des expositions de Beaubourg “Paris-Moscou”, “Paris-Berlin”, “Paris-New York”. Je proposai celui de “Paris-Musette”. Dire que nous avons fait renaître le goût de l’accordéon et du musette serait exagéré. C’était dans l’air : Marcel Azzola, Marc Perrone et Richard
Galliano nous avaient devancés. Mais “Paris-Musette” fut une étincelle décisive. Le succès fut tel que Patrick Tandin nous commanda une suite en trois volumes thématiques. Seuls virent le jour les  volumes 2 et 3 (“Swing et manouche” et “Vent d’automne”) car notre élan fut stoppé par la mort de Jo Privat, Didier Roussin et Didi Duprat durant l’été 1996, suivie quatre ans plus tard de celle de Patrick Tandin. Ils sont dans mes pensées chaque fois que je réécoute aujourd’hui “Paris-Musette”, avec tous ceux qui contribuèrent à cette belle aventure. »
Franck Bergerot, 2018


PARIS MUSETTE, VOL. 1 (1990)
ACCORDÉONS CHROMATIQUES :
MARCEL AZZOLA
RAULBARBOZA
JACQUES BOLOGNESI
DANIEL COLIN
RICHARD GALLIANO
FRÉDÉRIC GUÉROUET
VALÉRIE GUÉROUET
ARMAND LASSAGNE
FRANÇOIS PARISI
JO PRIVAT
JOE ROSSI
DENIS TUVERI
FRANCIS VARIS

ACCORDÉONS DIATONIQUES :
DANIEL DENECHEAU,
MARC PERRONE

BANDONÉON :
JEAN-PIERRE COUSTILLAS

CHANT :
JACQUES MAHIEUX,
ANDRÉ MINVIELLE,
CATHY RENOIR
GUITARES ACOUSTIQUES ET ÉLECTRIQUES, BANJO :
DIDIER ROUSSIN

GUITARES ACOUSTIQUES :
JO PRIVAT JR.

PIANO :
JACQUES BOLOGNESI

BASSE :
FREDDY LEGENDRE,
JO PRIVAT JR.,
YVES TORCHINSKY

BATTERIE :
ALAIN BOUCHAUX,
FRÉDÉRIC FIRMIN,
JACQUES MAHIEUX,
JO PRIVAT JR.

PERCUSSIONS :
JEAN-LUC CEDDAHA


AVEC DIDI DUPRAT ET SA GUITARE
Les Auvergnats arri­vèrent par la gare d’Austerlitz. Ils traversaient la Seine et s’installaient dans le quartier de la Bastille. La rue de Lappe devint un véritable village auvergnat au cœur de Paris et dès 1867 elle eut son journal l’Auvergnat. Bons commerçants, les Auvergnats se firent ferrailleurs-chaudronniers et ouvrirent cafés-limonade, cafés-tabac, cafés-charbons où, après leur service de midi, garçons et filles de salle des restaurants prirent l’habitude de venir danser au son de la musette auvergnate (petite cornemuse appelée « cabrette »). On « passait la monnaie » à 5 centimes de la danse. Le bal musette était né.

Les Italiens arrivèrent par la gare de Lyon avec dans leur bagage un dangereux envahisseur d’origine germanique : l’accordéon. En 1887 pour résister aux établissements qui, usurpant l’appellation « balmusette », remplaçaient « la cabrette par des instruments Allemands ou Italiens, la bourrée par le chahut, le franc-rire par le couteau », Louis Bonnet, chroniqueur auvergnat, obtint du Préfet de Police que l’ouverture des bals-musette soit assujettie à l’emploi de joueurs de musette.

Mais le ver était dans le fruit : en 1902 Bouscatel, le roi des cabrettaires en personne, engageait l’accordéoniste Charles Péguri qui devint bientôt son gendre. Diatonique, l’accordéon restait cependant dans l’ombre de la cabrette. Il prit les devants lorsque Émile Vacher imposa le mixte (3 rangées diatoniques à main droite, série chromatique d’accords à main gauche). La cabrette ne pouvait plus suivre les modulations de l’accordéon. Le bal-musette échappait à l’Auvergne et s’emparait de la France entière.

A vrai dire il s’emparait sur brasseries et les bals se jouait sans cuivre, les silence, en écoutant la débarrasser avec Guérino l’instrument destiné à tout de Paris. Rien à voir avec les bruyantes brasseries et les bals champêtres ou « bals sous tente ». Le musette se jouait sans cuivre, les enfants n’étaient pas admis et l’on dansait en musique. Dans ce contexte l’accordéon put se débarrasser avec Guérino de « la vibration » (ce désaccord volontaire de l’instrument destiné à lui donner de la puissance).  

Les musiciens s’installaient sur l’estrade en surplomb, le patron retirait l’échelle et ils restaient là des heures à jouer au -dessus des danseurs, des connaisseurs qui savaient aussi en mélomanes reconnaître leurs idoles. Expression d’un petit peuple parisien fortement métissé, le musette était à la fois affaire de style et terrain d’échange avec les musi­ques avoisinantes : chanson, musiques latines, manouche, swing.  

Débarqué d’Amérique dans les années 20, le swing avait conquis la France mais était interdit dans les bals-musette. L’espace y était trop réduit, la danse aurait dégénéré en bousculade puis en bagarre. Les accordéonistes, derrière Gus Viseur, Tony Murena et Jo Privat, ne se privèrent cependant pas de l’interpréter chaque fois que l’occasion le permettait et en teintèrent bientôt leurs valses, soutenus en cela par les Manouches.

Les Manouches, ils vivaient sur la zone et rentraient dans Paris avec des airs de princes mystérieux, proposant les services de leurs banjos ou de leurs guitares qui swinguèrent avant toute autre. On se souvient surtout de trois frères : Sarrane, Matelo et Baro Ferret ; sans oublier ce quatrième frère qu’était pour eux Django Reinhardt, précurseur du jazz européen, qui fit ses débuts au banjo derrière les accordéonistes.
La montée du rock mit fin à cet âge d’or. Oubliant le style, le tempo, la belle pompe des Manouches, on assimila le « musette » au seul son de l’accordéon, à la vulgaire vibration, au répertoire de fin de repas de noces. Jusqu’au jour où Matelo Ferret mourut avant d’avoir pu enregistrer le disque de valses manouches que le Label La Lichère s’apprêtait à produire. On ne pouvait laisser la culture populaire parisienne sombrer plus avant dans l’oubli. Il fallait, en une grande anthologie, rassembler représentants du genre encore actifs et musiciens contemporains encore sensibles à ce patrimoine.

C’est ainsi qu’a été conçu « Paris-Musette », avec une équipe rythmique réunie autour de Didi Duprat, dernier styliste de la guitare musette qui fit sonner ses cordes derrière les personnages les plus symboliques de Tony Murena à Yves Montand. Recentrer l’attention vers la guitare, c’était revenir au style et, à sa lumière, dégager l’accordéon de l’ombre portée par sa réputation vulgaire et stéréotypée.

On leva l’impératif de la danse afin de laisser s’épanouir le potentiel musical accumulé au fil des bals. Des revivalistes aux innovateurs en passant par les derniers classiques et la valse bop, on s’adressait autant à l’oreille du mélomane qu’aux pieds des danseurs.

Le musette ayant beaucoup voyagé, d’exotismes en authen­tiques métissages, on évoqua les Italiens de Paris qui se faisaient passer pour argentins lorsqu’ils jouaient du bandonéon, les chinoiseries de Joseph Colombo, la latinité de La Foule restituée à son auteur argentin Angel Cabral, les rythmes afro qui ont remplacé le musette dans les dancings de la rue de Lappe, et bien sûr les musiciens manouches.

Nos accordéonistes durent bien se demander où nous voulions en venir lorsqu’ils furent contactés, mais chacun apporta sa pierre à l’édifice et à la veille des séances il était clair que tout le monde serait au rendez-vous et partageait la même impatience.

Tout commença un lundi matin par une série de pasos : Didi Duprat conduisit l’accordéon de Denis Tuveri comme une cavalière, lui réinventant une Espagne telle que seul peut en imaginer un ancien gamin de Ménilmontant d’avant les congés payés. On comprit tout de suite que le bon génie du musette était dans le studio.

Sept jours plus tard tout était en boîte. Nous nous sommes séparés en pensant aux disparus du musette, mais aussi à ceux toujours actifs que nous n’avions pu inviter faute de place. Aussi avons-nous refermé les portes du studio en nous promettant d’y revenir.
Franck Bergerot



Merci à Didier Roussin et François Billard pour le regard qu’ils m’ont permis sur les manuscrits de leur livre « Histoires de l’Accordéon » à paraitre aux Éditions Climats.



FLAMBEE MONTALBANAISE

Oyez la mélodie
Le fond du soir
Un café.
Ecoute, c’est le blues
Du coin le gus y joue
Du biniou
Comm’ fait Bach
Pour une chanson,
Pucelle aux ailes déployées,
Rame, langue Albatros,
Pique et trame au papier
Le cap et la falaise, balèze!
J’écoutais montalbanaise
Une envolée de braises,
Noyé, je m’eau de vie-gueur
Viseur au cœur, liqueur sœur,
A cloche-pieds, cigarette,
Une bouffée volée, yé,
Au vent de la postérité.

Allez vas-y va,
Chaloupe ta mélopée
Ma chanson de cafés,
Charlie passe Parker,
Et l’gus au biniou
Souffle aussi
Comme Black au sax.
Si le be bop à valser
Devait sceller vos nuits,
Blues et Polka piquée Temps,
Tu nous réconcilies
M’entends-tu d’accordéon?
Montech* c’était tout petit
Le paradis l’été,
Sambapathie, dada plouc,
On ramait bal d’amour flou,
Mais un souffle est dévoilé
Une poussée bleue, d’envie,
M’accroche au cœur, thank you Viseur.

Et ceux, les « griff’ le temps »
Ont mis les doigts de cordes,
Apaches et Django Mississipi
Didi guitare aussi m’a dit
Et Paris loue, Paris prie,
Le tango bord de Marne,
Chavire la valsouze Intemporelle et blues.

Goutte à goutte ces divines
My ladies valsées,
Filles et femmes tam-tam
Au fil du temps
Funambules et modernité,
Comme on jette à l’eau du calme
Un caillou ricochet,
Par ondes d’ondes là,
Passe-passe l’écho
Des papis d’au-delà du top.
Réveillez la mélodie, la chanson des cafés,
Vocalise la bop French,
Scat et valsez one more,
D’oc,
Comme un souffle dévoilé
Une poussée bleue d’envie,
Accroche au cœur, thank you Viseur.


Oyez la mélodie
Le fond du soir, un café,
Ecoute, c’est le coin
Du blues au Gus
Ça joue du biniou
Comm’ fait Bach.
Et ce be bop à valser
Devrait voler mes nuits
Blues et polka piquée Temps
Tu nous réconcilies,
M’entends-tu d’accordéon?
Réveillez la mélodie, la chanson de café,
Vocalise la Bop French,
Scat et valsez one more
D’oc,
Comme un souffle dévoyé,
Une poussée bleue, d’envie,
Accroche au cœur, thank you Viseur.

Musique : G. Viseur / Texte: A. Minvielle
*Petit village à côté de Montauban, à cheval sur le Canal du Midi.



PARIS MUSETTE, VOL. 1 (1990)

They arrived by train from the Auvergne. From the gare d’Austerlitz they crossed the Seine and moved into the Bastille district. The rue de Lappe became a veritable Auvergne village in the heart of Paris and, in 1867, began printing its own newspaper “l’Auverqnat”. The Auvergnats were good tradesmen, setting up in business as scrap metal dealers and copper-smiths, opening cafés of all kinds: cafés-limonade, cafés-tabac and cafés-charbons (cafés which sold coa!). It was here that the waiters and waitresses, after their lunchtime duties, would get up and dance to the sound of the Auvergne musette (a small bagpipe called a cabrette), for a nominal charge of five centimes per dance. The bal-musette was born.
The Italians, on the other hand, arrived at the gare de Lyon; in their luggage, a dangerous invader of germanic origin: the accordion. Some establishments freely appropriated the bal-musette label, replacing the cabrette with German or Italian instruments, the bourrée with a free for all, a jolly, good-time setting with the sinister atmosphere of the underworld. In an effort to counter this trend, in 1887, Louis Bonnet, an Auvergne chronicler of the day, obtained a writ from the Préfet de Police, forbidding the opening of any bal-musette which did not include authentic musette musicians.
But the worm was already at work: in 1902 a no lesser personage than Bouscatel, king of the cabrette-players, hired the accordionist Charles Pérugi, later to become his son-in-Iaw. Even so, as a diatonic instrument, the accordion was still very much overshadowed by the cabrette. However, it moved to centre stage when Émile Vacher started playing the accordéon mixte (three diatonic rows in the right hand, chords chromatic series basses in the left). The cabrette could no longer compete with this capacity for tonal change; the bal-musette had escaped the Auvergne and was sweeping through the whole of France.
In reality, Paris was its true stronghold. A far cry from rowdy brasseries and marquee dances in the country. There were no brass instruments in the musette, children were not admitted and the dancers pursued their pleasure attentively listening to the music. In this context, Guérino was the first to rid the accordion of the musette register (three sets of off-tuned reeds ta produce a more powerful sound).
The musicians would set up on a platform on a kind of balcony; the manager would take away the ladder leaving them for hours playing above the heads of a specialist audience, expert dancers but also connoisseurs of music revelling in the presence of their idols.
An expression of cosmopolitan Parisian life, musette was as much an affaire de style as a melting- pot of other musical forms: songs, latin and gipsy music, swing.
Swing arrived on a boat from New York in the twenties and took France by storm, but it was not allowed in the bals-musette. There was simply no room for it; the dance would have degenerated into brawls and general mayhem. But this did not prevent Gus Viseur, Tony Murena and Jo Privat and their successors from playing jazz, whenever the occasion permitted, and spicing their waltzes with swing, a tendency strongly supported by the Gipsies of course.
The gipsies lived in the nether-zones on the outskirts of Paris, coming into the city shrouded in princely mystery, offering the services of their banjos and guitars, introducing the element of swing on these instruments for the first time. Above all, we remember three brothers: Sarrane, Matelo and Baro Ferret, and a fourth brother in all but name, Django Reinhardt, a pioneer of European jazz, who began his career accompanying these accordionists on the banjo.
The arrival of rock’n’roll signaled an end to this golden age. The style, the perfect rhythm and the wonderful gipsy accompaniment faded from view. The musette became crudely identified with the sound of the accordion, its coarse vibration and wedding party repertoire … until one day Label La Lichère suggested a recording of Matelo Ferret’s gipsy waltzes, a project unfortunately never realized due to the artist’s death. We couldn’t let popular Parisian culture lan-guish in obscurity. In a substantial anthology we wanted to bring together exponents of the genre still working and active, and contemporary musicians with a feeling and respect for this cultural heritage.
This is how “Paris Musette” was conceived, with a rhythmic base centred around Didi Duprat, the last of the great exponents of the musette guitar, who has accompanied such luminaries as Tony Murena and Yves Montand. This focus on the guitar highlights the gracefulness of the accordion, an antidote to its coarse and stereotypical connotations.
We removed the dance imperative in order to let breathe the musical potential accumulated in a lifetime of bals-musette: revivalists, innovators, the last of the classical musette masters and the bebop waltz, all appealing as much ta the music-lover as ta the dance enthusiast.
As the musette flirted with the exotic and integrated authentic cross-cultural elements, we have evoked the memory of the Italians in Paris who passed themselves off as Argentinians when they played the bandonion, the chinoiseries of Joseph Colombo, the African rhythms that have replaced the musette in the dance-halls in the rue de Lappe, and, of course, the Gipsy musicians, we have also restored “La Foule” to the rightful Latin roots of its Argentinian composer Angel Cabral.
When they were first approached, our accordionists had every reason to wonder where we were headed. They all brought their own unique gift to the project and, the day before the sessions, it was obvious that everyone was impatient to get started.
It all began one Monday morning with a series of paso-dobles: Didier Duprat leading Denis Tuveri’s accordion like a dancing partner, conjuring up a picture of Spain that could only have existed in the imagination of a kid living in old Paris before holidays became an institution. We knew right away that the guardian angel of the musette was on our side.
Seven days later, it was finished. We parted company, thinking affectionately of the legendary characters of the musette who are no longer with us, and also of those still working, whom we were unable to invite for want of space. Closing the studio doors we made an unspoken promise to come back… soon.
Franck Bergerot
Traduction: John Greaves.



1. DOUCE JOIE (valse)     2’49
Gus Viseur - Éd. Beuscher
A. Lassagne (accordéon), D. Duprat (guitare),
F. Legendre (contre­basse), A. Bouchaux (batterie).

2. LA VALSE A MARGAUX (valse)     3’34
Richard Galliano - Éd. A. Astier
Le Quatuor d’Accordéons de Parisc : R. Galliano (arrgt),
J. Rossi, V. Guérouet, F. Guérouet.

3. PASSION (valse)    2’12
Joseph Colombo / Tony Murena - Éd. Salabert
D. Colin (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

4. FLAMBÉE MONTALBANAISE (valse)    2’29
Gus Viseur / arrgt Martin Cayla - Éd. M. Cayla
A. Minvielle (chant, paroles) F. Varis (accordéon)
D. Duprat (guitare) Y. Torchinsky (contrebasse)
J. Mahieux (batterie).

5. AFRO - MUSETTE (afro-valse)    4’34
Marcel Azzola / Richard Galliano - Éd. La Lichère
M. Azzola, R. Galliano (accordéon)*, D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J.L. Cedda ha (percussions).

6. AMARGURA (tango)     2’29
Droits Réservés
J.P. Coustillas (bandonéon), D. Duprat (guitare).

7. ADIOS SEVILLA (paso-doble)     2’24
Tony Murena - Éd. Beuscher
D. Tuveri (accordéon), D. Duprat (guitare).
8. ANNIE-ZETTE (valse)     2’21
François Parisi - Éd. Monde Mélody
F. Parisi (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

9. MÉLODIE AU CRÉPUSCULE    3’20
Django Reinhardt / Lawrence Riesner - Éd. EMI
D. Duprat (guitare solo), D. Roussin (guitare).

10. VALSE CHINOISE (valse)    3’13
Joseph Colombo/Georges Ghestem - Éd. Métropolitaines
M. Perrone (accordéon diatonique), D. Duprat (guitare).

11. POKER D’AS (valse bop)    3’00
Joe Rossi/Marcel Azzola - Éd. Warner Chappell
J. Rossi (accordéon), D. Duprat (guitare),
D. Roussin (guitare électrique), Y. Torchinsky (contrebasse),
J. Mahieux (batterie).

12. ACCORDÉON    2’58
Serge Gainsbourg - Éd. Sidonie
J. Mahieux (chant, batterie), D. Roussin (guitare électrique),
Y. Torchinsky (contre-basse).

13. LA VRAIE VALSE MUSETTE (valse)     2’25
Émile Vacher - Éd. Beuscher
D. Denecheau (accordéon diatonique), D. Roussin (banjo).

14. MAZURKA TZIGANE (mazurka)     2’46
Jo Privat / Armand Lassagne - Éd. SEMI
J. Privat (accordéon), D. Roussin (guitare solo),
J. Privat Jr. (guitare, basse, batterie).
15. RÊVE BOHÉMIEN    3’33
Jo Privat - Éd. Beuscher
F. Varis (accordéon, arrgt), D. Roussin (guitare électrique),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

16. A MATELO    2’34
Didier Roussin - Éd. La Lichère
D. Roussin (guitare solo), D. Duprat (guitare).

17. LA FOULE (que nadie sepa mi sufrir) (valse latine)    3’14
Angel Cabral/Enrique Diseo - Éd. Metropolitaines
R. Barboza (accordéon), D. Duprat (guitare), F. Firmin (batterie).

18. PACIENCIA! (tango) 2’45 Juan d’Arienzo / F.F.Gorrindo -
Éd. Julio Garzon, J.P. Coustillas (bandonéon), D. Duprat (guitare).

19. VIVA MURENA (paso-doble)     2’45
Denis Tuveri / Didi Duprat - Éd. La Lichère
D. Tuveri (accordéon), D. Duprat(guitare).

20. PANIQUE (valse)    2’48
Pierre « Baro » Ferret - Éd. Beuscher
M. Azzola, R. Galliano (accordéon)*, D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

21. À PARIS DANS CHAQUE FAUBOURG    3’32
René Clair - Jean Grémillon / Maurice Jaubert - Éd. Eschig
Le Quatuor d’Accordéons de Paris : J. Rossi (arrgt),
R. Galliano, V. Guérouet, F. Guérouet.
22. ENVOLÉE MUSETTE (valse)    1’50
Daniel Colin/Diego Serrano - Éd. La Lichère
D. Colin (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

23. DEPUIS QUE LES BALS SONT FERMÉS    3’57
Rachel Thoreau / Vincent Scotto - Éd. Beuscher
C. Renoir (chant), J. Bolognesi (accordéon, piano, arrgt),
D. Duprat (guitare), Y. Torchinsky (contrebasse).

Temps d’audition :    68’32

* R. Galliano 1er solo sur Afro-Musette M. Azzola
1er solo sur Panique
PRODUCTION : PATRICK TANDIN - LABEL LA LlCHÈRE 1990
PRODUCTEUR EXÉCUTIF : FRANCK BERGEROT / CONSEILLER ARTISTIQUE : DIDIER ROUSSIN
Enregistrement les 23, 24, 26, 27, 28 avril et 5, 6 juin 1990 par Patrick Chevalot assisté de François Admouchnino
à Sun Studio (sauf Mazurka Tzigane en mai 1990 par Jo Privat Jr. dans son studio personnel).
Mixage du 5 au 10 juillet 1990 par Patrick Chevalot assisté de Patrick Bataillard au Studio Ferber.
Montage : Mireille Landmann 44.1.
Cet album avait reçu le soutien de Raùl Barboza appears by courtesy of Erde Records/Germany Conception – photos : Patricia Marais.




PARIS MUSETTE, VOL. 2 (1993)

Des Batignolles à la rue de Seine

Tout a commencé par un plat du jour « chez Maria » entre les Batignolles et les Epinettes, Matelo Ferret venait de nous quitter. Tandis que je l’imaginais là-haut, jouant pour les étoiles avec Gus Viseur, Tony Murena et tes autres, les propos de Franck Berqerot gambillaient de « La Boule Rouge » au « Petit Balcon », des bals restés légendaires, de Bourrasque en Brise napolitaine, ces valses éternelles qui s’étaient si bien assimilées au fond sonore de notre enfance que nous avions cru les avoir oubliées.

Elles étaient pourtant là, palpitant encore au plus intime de nous-mêmes. Au dessert, elles me revenaient une à une à l’esprit. Au café, je fus pris dans leur tourbillon. Franck taquinait le carnet d’adresses de Didier Roussin. On l’ouvrit. On y trouva des noms de légende : Privat, Rossi, Azzola, Didi,… Didi Duprat et sa guitare ! Et d’autres encore : de grands stylistes, leurs « enfants », leurs « cousins », leurs « neveux » de banlieue, de province, d’Amérique ; des continuateurs, des rénovateurs. Il suffisait de les appeler.

C’était l’automne, Franck décrocha son téléphone. Au printemps, « Paris Musette » avait trouvé sa partition, et nous sommes allés enregistrer à Puteaux où j’ai vécu quelques-uns des plus impressionnants instants de ma vie de producteur. Le 6 juin 1990, nous avons fermé les portes du studio en nous promettant d’y revenir. « Paris Musette » ne serait que le volume 1 d’une aventure à pousser plus avant. Et déjà elle résonnait tout autour de la terre, sur les platines, sur les ondes et aussi avec les concerts-bals « Paris Musette ».

Automne 1992, nous revoilà « Chez Maria », à nouveau saisis par Ia gambille des projets. D’abord approfondir le son « Paris ‘Musette » : les rythmiques à l’ancienne revisitées par de jeunes musiciens venus du jazz moderne et entourant avec tendresse la guitare de Didi Duprat pour accompagner les solistes. Ensuite, élargir notre tour de table en donnant la parole à quelques-uns de ceux qui n’avaient pu trouver leur place sur notre volume 1. Enfin explorer le répertoire en trois chapitres et au fil des volumes 2, 3 et 4 en aborder tes tournures swing et manouches, les pages classiques du temps des guinguettes, les tentations de l’exotisme et du modernisme.

Cette fois-ci, l’enregistrement a eu lieu rue de Seine chez Alain Cluzeau, et comme à Puteaux, tous sont venus et ont joué avec l’émotion de la première fois. Je les en remercie du fond du cœur.

Patrick Tandin,1993


L•e • r•é•p•e•r•t•o•i•r•e :

accordéons chromatiques :
MARCEL AZZOLA
JACQUES BOLOGNESI
LOUIS CORCHIA
JEAN CORTI
VALÉRIE GUÉROUET
ARMAND LASSAGNE
MICHEL MAClAS
FRANÇOIS PARISI
JOE ROSSI
DENIS TUVERI
FRANCIS VARIS

accordéons diatoniques :
SERGE DESAUNAY
MARTIN O’CONNOR
MARC PERRONE

bandonéon :
JEAN PIERRE COUSTILLAS

saxophone solo :
FRANÇOIS CORNELOUP
saxophone :
JEAN PIERRE CHATY
PIERRE OLIVIER GOVIN
ERIC SEVA

violon :
JACQUES QUÉZIN

contrebasse :
YVES ROUSSEAU
YVES TORCHINSKY
JEAN PHILIPPE VIRET

batterie :
ALAIN BOUCHAUX
DENIS FOURNIER
PIERRE « TI’ BOUM » GUIGNON
JACQUES MAHIEUX

Avec
DIDI DUPRAT
DIDIER ROUSSIN
et leurs guitares

« Jazz et java copains, ça doit pouvoir se faire » chante Claude Nougaro. Et, pourtant que de va-t-en guerre de part et d’autre ! Jusqu’à la marque d’apéritif Swing qui organisait dans les années 40 des concours « Swing contre musette » ; Gus Viseur, Tony Murena et Charley Bazin défendant les couleurs du swing, Emile Prudhomme, Emile Carrara et Jo Privat celles du musette. Jo Privat, qui improvisait néanmoins volontiers sur les standards de l’époque, dit lui-même : « Il y avait un panneau dans certains bals musette Interdiction de danser le swing. Le swing pouvait être sujet à bagarres. Ça risquait d’importuner les mecs, qui dansaient serrés ». D’emblée nous voici hors sujet. Et pourtant chez Jo, comme chez Viseur et Murena, le swing est là au coeur de la valse, la valse swing celle qui nous intéresse ici.

Et les Manouches ? On leur connaît peu d’accordéonistes, mais très tôt ils furent recherchés pour leur fameux coup de médiator. C’est d’abord Gusti Malha qui fait parler de lui dès les années 20. Il accompagne Émile Vacher et Guerino. Avec le premier il compose Reine de musette, avec le second Brise napolitaine, des classiques qui relèvent plus de notre volume 3 consacré au répertoire des années 20. Mais il est également l’auteur de La valse des niglos (1), peut-être la plus authentiquement manouche des valses musette.

Dès le printemps 1928, Django Reinhardt fait entendre de fabuleux contrechants de banjo sur les disques de Maurice Alexander, Marceau et Jean Vaissade. En 1933 il est à la guitare avec Pierre « Baro » Ferret auprès de Guerino. La fameuse pompe (2) manouche est là, ainsi qu’une imagination mélodique qui préfigure la suite : le quintette du Hot Club de France et la naissance d’un jazz européen.

Certes, comme la plupart des Manouches, Django préférera aux conventions du musette la liberté d’expression acquise au contact du jazz. Il composa pourtant quelques valses tziganes (Choti, Gagoug) et quelques valses musette (Chez Jacquet et Montagne Sainte Geneviève) immortalisées par Matelo Ferret. Matelo lui-même, ainsi que ses frères Sarane et surtout Baro ont abondamment prêté leurs guitares au musette. Le répertoire du musette en a conservé à partir des années 30 certaines audaces harmoniques, certaines tournures mélodiques, des climats rêveurs d’une lourde intensité quand l’accordéon rabouine (3), un folklore fantasmé qui a inspiré les titres de plusieurs générations d’accordéonistes, d’Emile Prudhomme (Caravane rabouine) à Louis Corchia qui intitula ses valses les plus jazzy La chineuse et La roulotte. Baro Ferret, auteur de valses bebop, cosigna avec Jo Privat quelques chefs-d’œuvre parfois d’une telle audace que l’on a préféré les garder pour notre volume 4 consacré aux accents exotiques et modernes de la valse musette (La folle, Dinalie mineure). Mais l’influence la plus évidente exercée par les Manouches reste cette fameuse pompe à deux guitares qui, remplaçant le banjo, fit la réputation du bal du Petit Jardin, porta la valse à plus de légèreté et l’amena au swing à la fin des années 30.

Avant cet avènement il faut envisager le cas fort ambigu de Joseph Colombo. Quoique son âge (il est né en 1900) et son jeu d’accordéon au Bal Tabarin l’apparentent aux anciens de l’âge classique, il connut une seconde carrière de compositeur et co-signa quelques pièces d’anthologie avec l’un des maîtres de la génération suivante Tony Murena : Passion* et Indifférence. A comparer Passion avec son « sosie » enregistré aux Etats-Unis sous le titre d’Olive Blossoms par l’accordéoniste italien Pietro Frosini, on aura compris que Murena et Colombo écrivaient sous l’emprise du mal du pays, l’Italie. Un pays qui constitue probablement pour le répertoire musette la source d’inspiration la plus profonde et la plus constante. Quelle fut la part de chacun des deux compositeurs dans ces œuvres co-signées ? D’après certains témoignages il semble que l’aîné des deux ait été un grand mélodiste et qu’il ait mis à profit le sens de la variation très virtuose de Tony Murena. Toutes deux composées par Colombo seul, Germaine et Nany confortent en tout cas ce dernier dans le rôle de précurseur à part entière de la valse en mineur.

Louis Richardet, le véritable pionnier du jazz français à l’accordéon, eut peu à faire avec le musette, lui préférant la fréquentation des musiciens antillais qu’il accompagnait sous le nom de Louis de Riquez. A l’inverse, son concurrent direct, Charley Bazin, spécialiste des grands orchestres swing tels que celui de Jacques Hélian, fit ses premières armes au musette. Il s’en est souvenu lorsque dans les années 50 il composa Mirabelle. EgaIement trompettiste, il avait écouté Louis Armstrong et Bix Beiderbecke, et son penchant pour le jazz le rendit indéslrable dans tous les bals musette sauf « au bal du Petit Jardin, précise-t-il, parce que là il y avait une clientèle manouche qui appréciait le jazz ». Aussi restera-t-il en marge du triumvirat de la valse swing : Gus Viseur, Tony Murena, Jo Privat.

Originaire de Belgique, Gus « Tatave » Viseur accosta les quais parisiens à bord de la péniche paternelle. Comme Bazin et Murena il fréquentait avant la guerre le Petit Jardin où il se tailla très vite une réputation d’accordéoniste de jazz. Mais son génie de compositeur s’affirma principalement dans des valses restées légendaires : La flambée montalbanaise*, Jeannette et l’emblématique Swing valse.
Soutenu par les incontournables Ferret, il imposa le premier la valse swing, plus décontractée, plus coulée, plus légère.

Swings, tangos, pasos, javas, Tony Murena a écrit sur
tous les fronts, mais ses valses Indifférence et Passion restent les plus populaires. Valse bee boop (sic) dédiée au guitariste René Duchaussoir, La godasse anticipe sur notre volume 4** avec son deuxième motif en onze mesures et ses extra­vagantes varia­tions, peu desti­nées aux dan­seurs. Composée
en collaboration avec le tout jeune Marcel Azzola, elle fut édi­tée plus tard sous le titre d’Explosion avec un trio qui ne figure pas sur l’enregistrement original de Tony Murena.
Jo Privat enfin, le plus authentiquement lié au monde manouche, est resté jusqu’à nos jours un intarissable compositeur. C’est pourquoi outre Mystérieuse et Papillons noirs, classiques géniaux de la valse en mineur, nous lui réserverons encore une place de choix dans notre volume 4. Récemment co-signé avec Armand Lassagne, Dans ma verdine (4) trouve tout naturellement sa place sur le présent volume.

Spécialiste de l’accordéon à touches piano et auteur de la célèbre chanson Domino, Louis Ferrari co-signa Jeannette avec Gus Viseur et composa lui-même La Rabouine. Ancien compagnon de Tony Murena, dernier guitariste témoin de l’avènement de la valse swing, Didi Duprat a été depuis la création de « Paris Musette » notre guide. Il a confié à son vieil ami d’enfance, Marcel Azzola, l’interprétation de Douce réflexion, où l’on voit combien les audaces harmoniques du jazz font bon ménage avec les trois temps de la valse musette. Pas de disque musette sans java, ni paso. Nous avons donc emprunté Bis’ness à Tony Murena et l’enregistrement de Gallito en 1933 par Guerino avec Django et Baro nous a inspiré le choix de ce paso. Comme sur notre premier volume, nous avons demandé un tango au duo Coustillas / Duprat; ils ont choisi Inutil.

A travers le choix des interprètes, nous avons voulu souligner la pureté des lignes mélodiques par le dépouillement des accordéons diatoniques (Serge Desaunay, Marc Perrone), mettre en évidence le rayonnement du musette dans le monde (l’lrlandais Martin O’Connor), évoquer l’intemporalité de ces œuvres (le côté musique de chambre du duo Guérouet / Rossi, la contribution des jazzmen Francis Varis et Jacques Bolognesi, l’interprétation très libre de François Corneloup qu’il a cependant voulue conforme à l’esprit du musette, c’est à dire, selon ses propres termes, jouée à « couteaux tirés »). Du titre fort symbolique, Swing valse, Michel Macias a tiré toutes les conséquences, tandis que Denis Tuveri et François Parisi faisaient œuvre de grands stylistes. Louis Corchia, Armand Lassagne et Marcel Azzola ont interprété des œuvres portant leurs signatures. Quant à Nany, elle fut dédiée par Joseph Colombo au jeune Giovanni Cortinovis. Elle lui revient tout naturellement.
Franck Bergerot, 1993


(1) Niglos : hérisson pour les manouches, une de leurs spécialités culinaires.
(2) Pompe : accompagnement de guitare marquant tous les temps.
(3) Rabouin : ce terme désignant les Tziganes a en partie perdu sa connotation péjorative dans le milieu musical où on l’utilise pour évoquer le climat particulier de la musique tzigane.
(4) Verdine : roulotte dans le langage des Manouches.
*Ces valses figurent sur notre premier « Paris Musette » LLL 137.
** Le volume 4 ne paraitra pas, suite aux disparitions de Jo Privat, Joe Rossi, Didier Roussin et Didi Duprat à quelques semaines d’intervalles (cf. livret Paris Musette vol 3).
A lire : Histoires d’accordéon, Didier Roussin / François Billard, Ed.Climats.
A écouter : Accordéon, Paris 1913-1941, Frémeaux & Associés DH002.

01. NANY (valse)    2’ 40
Joseph Colombo - Éd. Beuscher
J. Corti (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Rousseau (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

02. MONTAGNE STE GENEVIÈVE (valse)    4’22
Django Reinhardt - Éd. Carroussel
M. Macias (accordéon), D. Roussin (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), P. Guignon (batterie).

03. JEANNETTE (valse)    2’20
Gus Viseur/Louis Ferrari - Éd. Beuscher
J. Rossi (arrangement, accordéon canal droit),
V. Guérouet (arrangement, accordéon canal gauche).

04. LA ROULOTTE (valse)    2’38
Louis Corchia - Éd. Corchia
L. Corchia (accordéon), D. Duprat (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

05. PAPILLONS NOIRS (valse)    4’12
Jo Privat - Éd. Beuscher
F. Corneloup (saxophone soprano, saxophone baryton, arrangement), D. Fournier (batterie). Avec la participation
de P.O. Govin (saxophone alto), E. Seva (saxophone ténor),
J.P. Chaty (saxophone baryton).
06. MYSTÉRIEUSE (valse)    2’27
Jo Privat - Éd. Roger Vaysse
M. O’Connor (accordéon diatonique), D. Roussin (guitare),
D. Duprat (guitare rythmique), Y. Rousseau (contrebasse).

07. LA RABOUINE (valse)    2’10
Louis Ferrari - Éd. Beuscher
F. Parisi (accordéon), D. Roussin (guitare),
D. Duprat (guitare rythmique), J.P. Viret (contrebasse).

08. BIS’NESS (java)    1’41
Tony Murena - Éd. Beuscher
L. Corchia (accordéon), D. Duprat (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

09. LA VALSE DES NIGLOS (valse)    3’20
Gusti Malha - Éd. Beuscher
S. Desaunay (accordéon diatonique), J. Quézin (violon)
D. Roussin (guitare), D. Duprat (guitare rythmique),
J.P. Viret (contrebasse).

10. GERMAINE (valse)    3’07
Joseph Colombo - Éd. Beuscher
D. Tuveri (accordéon), D. Duprat (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), P. Guignon (batterie).

11. EXPLOSION « La godasse » (valse)    2’56
Tony Murena/Marcel Azzola - Éd. Beuscher
M. Azzola (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

12. GALLITO (paso-doble)    2’04
S. Lope - Éd. Salabert
L. Corchia (accordéon), D. Duprat (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

13. INUTIL (tango)    3’31
Tito Fuggi - Droits réservés
J.P. Coustillas (bandonéon), D. Duprat (guitare).
14. MIRABELLE (valse)    2’16
Charley Bazin - Éd. Baxter
M. Perrone (accordéon diatonique), D. Duprat (guitare),
Y. Rousseau (contrebasse).

15. DANS MA VERDINE (valse)    2’53
Jo Privat/Armand Lassagne - Droits réservés
A. Lassagne (accordéon), D. Roussin (guitare),
D. Duprat (guitare rythmique), J.P. Viret (contrebasse),
A. Bouchaux (batterie).

16. SWING VALSE (valse)    3’12
Gus Viseur/Baro Ferret - Éd. Martin Cayla
M. Macias (accordéon), D. Roussin (qultare),
J.P. Viret (contrebasse), P. Guignon (batterie).

17. INDIFFÉRENCE (valse)    4’30
Tony Murena/Joseph Colombo - Éd. Beuscher
BoloVaris quartet : J. Bolognesi, F. Varis (accordéons),
J.P. Viret (contrebasse), J. Mahieux (batterie),
J. Bolognesi prend le premier solo.

18. DOUCE REFLEXION (valse)    2’18
René « Didi » Duprat - Éd.Tristan Yvon
M. Azzola (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

Temps d’audition :    52’37

PRODUCTION : PATRICK TANDIN - LABEL LA LICHÈRE 1993
PRODUCTEUR EXÉCUTIF : FRANCK BERGEROT / CONSEILLER ARTISTIQUE: DIDIER ROUSSIN
Enregistré les 3, 5, 15, 16 mars et 18, 20, 21, 22 avril 93 au Studio Acousti par Alain Cluzeau assisté de Emmanuel Payet
sauf lnutil enregistré le 13 janvier 93 au Studio On-Off par Alain Cluzeau assisté de Laurent Le Diberder.
Mixage les 1, 2, 3, 4, 8 juin 93 par Alain Cluzeau assisté de Emmanuel Payet en compagnie de Franck Bergerot et Patrick Tandin.
Assistance à la Production : Bertrand Mariaux et Frédéric Rimbert (Formation Zip Zap Management).
Montage : 44.1.
Cet album avait reçu le soutien de :
Photos / Illustration couverture : Patricia Marais.


Paris Musette, vol. 2 - Le répertoire swing et manouche (1993)
“Jazz and java(1) should be friends, that’s not asking too much” Claude Nougaro sings. And yet they went to war, when the company producing an aperitif named Swing organised Swing vs. Musette contests in the 40’s during which Gus Viseur, Tony Murena and Charley Bazin defended the Swing flag. Emile Prudhomme, Emile Carrara and Jo Privat fought under Musette colors, although Carrara and Privat also played swing. “There were No swing dancing signs in musette ballrooms” Privat recalled “Swing could provoke brawls. Guys who liked to hold their girls
tight didn’t like tnst” But for Jo as much as for Viseur and Murena, swing was at the heart of the waltz. And this is the heart of our subject: Swing waltz.
And where do the Manouches(2) come in? It’s true there are not many Manouche accordionists, but they have been in-demand for their excellent plectrum guitar playing for a long time, beginning with Gusti Malha who accompanied Émile Vacher and Gerino in the 20’s. He composed Reine de Musette with the former and Brise Napolitaine with the latter. Both of these tunes will be on our third volume about early classics of the Musette. Gusti is also the author of La Valse des Niglos(3) perhaps the most authentic Manouche Musette waltz.
Django Reinhardt played fabulous counterpoint on the banjo on recordings by Maurice Alexander, Marceau and Jean Vaissade in 1928. In 1933, he played guitar with Pierre “Baro” Ferret in the Guerino’s orchestra. This was the birth of the famous Manouche pompe(4), along with the sort of melodic imagination which anticipates the Quintet of the Hot Club of France and the birth of Euro-Swing.
Like most Manouches, Django preferred jazzistic liberty of expression to conventional Musette. Nevertheless, he composed immortal Gypsy waltzes (Choti and Gagoug) and some Musette waltzes (Chez Jacquet and Montagne Sainte Geneviève) which were immortalized by Matelo Ferret. Like Matelo and his brothers Baro and Sarane, the Manouche guitarists introduced harmonic audacity and melodic twist and turns from dreemy to heavy intensity when the accordion « rabouine »(5) This rich folklore, over-romanticized by non-Gypsies, inspired several generation of accordionists from Emile Prudhomme Caravan Rabouine to Louis Corchia who titled his most jazzy waltzes La Chineuse and La Roulotte. Baro Ferret wrote bebop waltzes. He collaborated on several masterpieces with Jo Privat like La Folle and Dinalie Mineure. They are 50 audacious that we prefer to save them for our fourth volume about the exotic and modern repertoire. But pompe, where two guitars replace the banjo is the most obvious Manouche influence, and it brings the waltz to swing in the 30’s.
Consider the ambiguous Joseph Colombo. Whatever his age (he was born in 1900) and his accordion style in the Bal Tabarin, he is obviously an old-timer from the classic epoque. On the other hand, he had e.comeback as a composer and collaborated on several number - Passion* and Indifférence - with Tony Murena, a master of the following generation. Compare Passion with the similar tune recorded in the United States in the 30’s under the title Olive Blossoms by the Italian accordionist Pietro Frosini, it is obvious that Murena and Colombo were homesick for Italy, a country which is probably the main source of inspiration for the Musette. Whatever role each collaborator actually played, according to some witnesses it seems that the older of the two was a wonderful melodicist and that he inspired Tony Murena’s virtuoso instinct for variations. In any case, two pieces composed by Colombo alone Germaine and Nany secure his role as a pioneer of the minor waltz.
Louis Richardet the first innovator of the French jazz accordion, was not very interested in the Musette. He preferred to hang out with musicians from the Antilles whom he accompanied under the name of Louis de Riquez. On the other hand, his competitor Charley Bazin, known for playing with big swing bands like Jacques Hélian, started his career playing Musette. Nevertheless in the 50’s, he revisited his toots and composed Mirabelle. Also a trumpet player, he listened to Louis Armstrong and Bix Beiderbecke and his love for jazz made him persona-non-grata in the Musette world “except”, he says “in the Petit Jardin dancing because the customers were Manouches who loved jazz”. Bazin remained an outsider in the world of the Swing Waltz which was centered around Gus Viseur, Tony Murena and Jo Privat.
Born in Belgium, Gus “Tatave” Viseur reached the quays of Paris in his father’s river barge. Like Bazin and Murena, he spent a lot of time in the Petit Jardin where he quickly acquired a reputation playing jazz accordion before World War Il. But his compositional talent manifested itself principally in the legendary waltzes La Flambée Montalbanaise*, Jeannette and the emblematic Swing Waltz. Supported by the Ferret brothers, Viseur introduced the first Swing Waltz, more relaxed, cooler, lighter.
Swing, Tango, Java, Paso: Tony Murena wrote in all styles. But his waltzes Indifférence and Passion remains the most popular. His waltz La Godasse is described as “Beep Boop” (sic!) and dedicated to the guitarist René Duchaussoir. Because of its second eleven bar verse and its extravagant variations, not comfortable for dancers, it could have been part of our volume 4. Composed in collaboration with a very young Marcel Azzola, it was released later with a verse added under the title Explosion.
Jo Privat is the most authentic connection to the world of the Manouches. His older work still wears well today, and he continues to compose. His imagination is inexhaustible. For that reason, except for his genial minor waltz classics Mystérieuse and Papillons Noirs, the majority of his work will be part of our volume 4. On the other hand, the equally recent Dans ma Verdine(6), cosigned with Armand Lassagne, is of course included on this one.
Louis Ferrari played an accordion with a piano keyboard. Composer of the well-known song Domino, he collaborated with Gus Viseur on Jeannette and wrote La Rabouine, in the rabouin style by himself. Didi Duprat longtime companion of Tony Murena and the last living witness to the coming of the Swing Waltz, has been our guide and inspiration since we began production of “Paris Musette”. He delegated the interpretation of Douce Réflexion to his childhood friend Marcel Azzola. Here we can hear how the harmonic audacity of jazz invades the 3/4 Musette Waltz. Any Musette collection would be impossible without Java and Paso so we borrowed Bis’ness by Tony Murena. And we cannot ignore Gallito, one of the first tune recorded in 1933 by Guerino, Django Reinhardt and Baro Ferret. As on our first collection, we asked the duo Coutillas/Duprat for a Tango; they chose Inutil.
Choosing our material and interpreters, we have tried to emphasize purity of melodic lines as played by diatonic accordions (Serge Desaunay, Marc Perrone); to present its international reputation (the Irishman Martin O’Connor); to evoke its timelessness (the chamber music side of the duo Guérouet/Rossi, the contribution of jazzmen Francis Varis and Jacques Bolognesi and the free interpretation of classic Musette by François Corneloup, the term of which is to play with « knife drawn »). Michel Macias has gone to the limit to bring alive the symbolic title Swing Waltz. Denis Tuveri and François Parisi make their mark as wonderful stylists. Louis Corchia, Armand Lassagne and Marcel Azzola interpret their own works and Joseph Colombo dedicates Nany to the young Giovanni Cortinovis, who makes it sound organically his.
Franck Bergerot, 1993
Traduction: Mike Zwerin

(1) Java is a dance of Musette.
(2) Manouche: a tribe of Gypsies which settled in France and Germany. Django Reinhardt was one of them.
(3) Niglo: hedgehog for Manouches, one of their culinary specialities.
(4) Pompe: a guitar accompaniement consisting of playing a chord on every beat.
(5) Rabouin: this term for Gypsies has partly lost its pejorative connotation. Musicians have come to use it to describe the poetry of the Gypsy style.
(6) Verdine: caravan in the Manouche language.
* These waltzes are on first album, “Paris Musette” LLL 137.






accordéons chromatiques :
MARCEL AZZOLA
JACQUES BOLOGNESI
LOUIS CORCHIA
JEAN CORTI
VALÉRIE GUÉROUET
ARMAND LASSAGNE
MICHEL MAClAS
FRANÇOIS PARISI
JOE ROSSI
DENIS TUVERI
FRANCIS VARIS

accordéons diatoniques :
SERGE DESAUNAY
MARTIN O’CONNOR
MARC PERRONE

bandonéon :
JEAN PIERRE COUSTILLAS

saxophone solo :
FRANÇOIS CORNELOUP
saxophone :
JEAN PIERRE CHATY
PIERRE OLIVIER GOVIN
ERIC SEVA

violon :
JACQUES QUÉZIN

contrebasse :
YVES ROUSSEAU
YVES TORCHINSKY
JEAN PHILIPPE VIRET

batterie :
ALAIN BOUCHAUX
DENIS FOURNIER
PIERRE « TI’ BOUM » GUIGNON
JACQUES MAHIEUX

Avec
DIDI DUPRAT
DIDIER ROUSSIN
et leurs guitares
« Jazz et java copains, ça doit pouvoir se faire » chante Claude Nougaro. Et, pourtant que de va-t-en guerre de part et d’autre ! Jusqu’à la marque d’apéritif Swing qui organisait dans les années 40 des concours « Swing contre musette » ; Gus Viseur, Tony Murena et Charley Bazin défendant les couleurs du swing, Emile Prudhomme, Emile Carrara et Jo Privat celles du musette. Jo Privat, qui improvisait néanmoins volontiers sur les standards de l’époque, dit lui-même : « Il y avait un panneau dans certains bals musette Interdiction de danser le swing. Le swing pouvait être sujet à bagarres. Ça risquait d’importuner les mecs, qui dansaient serrés ». D’emblée nous voici hors sujet. Et pourtant chez Jo, comme chez Viseur et Murena, le swing est là au coeur de la valse, la valse swing celle qui nous intéresse ici.

Et les Manouches ? On leur connaît peu d’accordéonistes, mais très tôt ils furent recherchés pour leur fameux coup de médiator. C’est d’abord Gusti Malha qui fait parler de lui dès les années 20. Il accompagne Émile Vacher et Guerino. Avec le premier il compose Reine de musette, avec le second Brise napolitaine, des classiques qui relèvent plus de notre volume 3 consacré au répertoire des années 20. Mais il est également l’auteur de La valse des niglos (1), peut-être la plus authentiquement manouche des valses musette.

Dès le printemps 1928, Django Reinhardt fait entendre de fabuleux contrechants de banjo sur les disques de Maurice Alexander, Marceau et Jean Vaissade. En 1933 il est à la guitare avec Pierre « Baro » Ferret auprès de Guerino. La fameuse pompe (2) manouche est là, ainsi qu’une imagination mélodique qui préfigure la suite : le quintette du Hot Club de France et la naissance d’un jazz européen.

Certes, comme la plupart des Manouches, Django préférera aux conventions du musette la liberté d’expression acquise au contact du jazz. Il composa pourtant quelques valses tziganes (Choti, Gagoug) et quelques valses musette (Chez Jacquet et Montagne Sainte Geneviève) immortalisées par Matelo Ferret. Matelo lui-même, ainsi que ses frères Sarane et surtout Baro ont abondamment prêté leurs guitares au musette. Le répertoire du musette en a conservé à partir des années 30 certaines audaces harmoniques, certaines tournures mélodiques, des climats rêveurs d’une lourde intensité quand l’accordéon rabouine (3), un folklore fantasmé qui a inspiré les titres de plusieurs générations d’accordéonistes, d’Emile Prudhomme (Caravane rabouine) à Louis Corchia qui intitula ses valses les plus jazzy La chineuse et La roulotte. Baro Ferret, auteur de valses bebop, cosigna avec Jo Privat quelques chefs-d’œuvre parfois d’une telle audace que l’on a préféré les garder pour notre volume 4 consacré aux accents exotiques et modernes de la valse musette (La folle, Dinalie mineure). Mais l’influence la plus évidente exercée par les Manouches reste cette fameuse pompe à deux guitares qui, remplaçant le banjo, fit la réputation du bal du Petit Jardin, porta la valse à plus de légèreté et l’amena au swing à la fin des années 30.

Avant cet avènement il faut envisager le cas fort ambigu de Joseph Colombo. Quoique son âge (il est né en 1900) et son jeu d’accordéon au Bal Tabarin l’apparentent aux anciens de l’âge classique, il connut une seconde carrière de compositeur et co-signa quelques pièces d’anthologie avec l’un des maîtres de la génération suivante Tony Murena : Passion* et Indifférence. A comparer Passion avec son « sosie » enregistré aux Etats-Unis sous le titre d’Olive Blossoms par l’accordéoniste italien Pietro Frosini, on aura compris que Murena et Colombo écrivaient sous l’emprise du mal du pays, l’Italie. Un pays qui constitue probablement pour le répertoire musette la source d’inspiration la plus profonde et la plus constante. Quelle fut la part de chacun des deux compositeurs dans ces œuvres co-signées ? D’après certains témoignages il semble que l’aîné des deux ait été un grand mélodiste et qu’il ait mis à profit le sens de la variation très virtuose de Tony Murena. Toutes deux composées par Colombo seul, Germaine et Nany confortent en tout cas ce dernier dans le rôle de précurseur à part entière de la valse en mineur.

Louis Richardet, le véritable pionnier du jazz français à l’accordéon, eut peu à faire avec le musette, lui préférant la fréquentation des musiciens antillais qu’il accompagnait sous le nom de Louis de Riquez. A l’inverse, son concurrent direct, Charley Bazin, spécialiste des grands orchestres swing tels que celui de Jacques Hélian, fit ses premières armes au musette. Il s’en est souvenu lorsque dans les années 50 il composa Mirabelle. EgaIement trompettiste, il avait écouté Louis Armstrong et Bix Beiderbecke, et son penchant pour le jazz le rendit indéslrable dans tous les bals musette sauf « au bal du Petit Jardin, précise-t-il, parce que là il y avait une clientèle manouche qui appréciait le jazz ». Aussi restera-t-il en marge du triumvirat de la valse swing : Gus Viseur, Tony Murena, Jo Privat.

Originaire de Belgique, Gus « Tatave » Viseur accosta les quais parisiens à bord de la péniche paternelle. Comme Bazin et Murena il fréquentait avant la guerre le Petit Jardin où il se tailla très vite une réputation d’accordéoniste de jazz. Mais son génie de compositeur s’affirma principalement dans des valses restées légendaires : La flambée montalbanaise*, Jeannette et l’emblématique Swing valse.
Soutenu par les incontournables Ferret, il imposa le premier la valse swing, plus décontractée, plus coulée, plus légère.

Swings, tangos, pasos, javas, Tony Murena a écrit sur
tous les fronts, mais ses valses Indifférence et Passion restent les plus populaires. Valse bee boop (sic) dédiée au guitariste René Duchaussoir, La godasse anticipe sur notre volume 4** avec son deuxième motif en onze mesures et ses extra­vagantes varia­tions, peu desti­nées aux dan­seurs. Composée
en collaboration avec le tout jeune Marcel Azzola, elle fut édi­tée plus tard sous le titre d’Explosion avec un trio qui ne figure pas sur l’enregistrement original de Tony Murena.
Jo Privat enfin, le plus authentiquement lié au monde manouche, est resté jusqu’à nos jours un intarissable compositeur. C’est pourquoi outre Mystérieuse et Papillons noirs, classiques géniaux de la valse en mineur, nous lui réserverons encore une place de choix dans notre volume 4. Récemment co-signé avec Armand Lassagne, Dans ma verdine (4) trouve tout naturellement sa place sur le présent volume.

Spécialiste de l’accordéon à touches piano et auteur de la célèbre chanson Domino, Louis Ferrari co-signa Jeannette avec Gus Viseur et composa lui-même La Rabouine. Ancien compagnon de Tony Murena, dernier guitariste témoin de l’avènement de la valse swing, Didi Duprat a été depuis la création de « Paris Musette » notre guide. Il a confié à son vieil ami d’enfance, Marcel Azzola, l’interprétation de Douce réflexion, où l’on voit combien les audaces harmoniques du jazz font bon ménage avec les trois temps de la valse musette. Pas de disque musette sans java, ni paso. Nous avons donc emprunté Bis’ness à Tony Murena et l’enregistrement de Gallito en 1933 par Guerino avec Django et Baro nous a inspiré le choix de ce paso. Comme sur notre premier volume, nous avons demandé un tango au duo Coustillas / Duprat; ils ont choisi Inutil.

A travers le choix des interprètes, nous avons voulu souligner la pureté des lignes mélodiques par le dépouillement des accordéons diatoniques (Serge Desaunay, Marc Perrone), mettre en évidence le rayonnement du musette dans le monde (l’lrlandais Martin O’Connor), évoquer l’intemporalité de ces œuvres (le côté musique de chambre du duo Guérouet / Rossi, la contribution des jazzmen Francis Varis et Jacques Bolognesi, l’interprétation très libre de François Corneloup qu’il a cependant voulue conforme à l’esprit du musette, c’est à dire, selon ses propres termes, jouée à « couteaux tirés »). Du titre fort symbolique, Swing valse, Michel Macias a tiré toutes les conséquences, tandis que Denis Tuveri et François Parisi faisaient œuvre de grands stylistes. Louis Corchia, Armand Lassagne et Marcel Azzola ont interprété des œuvres portant leurs signatures. Quant à Nany, elle fut dédiée par Joseph Colombo au jeune Giovanni Cortinovis. Elle lui revient tout naturellement.
Franck Bergerot, 1993


(1) Niglos : hérisson pour les manouches, une de leurs spécialités culinaires.
(2) Pompe : accompagnement de guitare marquant tous les temps.
(3) Rabouin : ce terme désignant les Tziganes a en partie perdu sa connotation péjorative dans le milieu musical où on l’utilise pour évoquer le climat particulier de la musique tzigane.
(4) Verdine : roulotte dans le langage des Manouches.
*Ces valses figurent sur notre premier « Paris Musette » LLL 137.
** Le volume 4 ne paraitra pas, suite aux disparitions de Jo Privat, Joe Rossi, Didier Roussin et Didi Duprat à quelques semaines d’intervalles (cf. livret Paris Musette vol 3).
A lire : Histoires d’accordéon, Didier Roussin / François Billard, Ed.Climats.
A écouter : Accordéon, Paris 1913-1941, Frémeaux & Associés DH002.

01. NANY (valse)    2’ 40
Joseph Colombo - Éd. Beuscher
J. Corti (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Rousseau (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

02. MONTAGNE STE GENEVIÈVE (valse)    4’22
Django Reinhardt - Éd. Carroussel
M. Macias (accordéon), D. Roussin (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), P. Guignon (batterie).

03. JEANNETTE (valse)    2’20
Gus Viseur/Louis Ferrari - Éd. Beuscher
J. Rossi (arrangement, accordéon canal droit),
V. Guérouet (arrangement, accordéon canal gauche).

04. LA ROULOTTE (valse)    2’38
Louis Corchia - Éd. Corchia
L. Corchia (accordéon), D. Duprat (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

05. PAPILLONS NOIRS (valse)    4’12
Jo Privat - Éd. Beuscher
F. Corneloup (saxophone soprano, saxophone baryton, arrangement), D. Fournier (batterie). Avec la participation
de P.O. Govin (saxophone alto), E. Seva (saxophone ténor),
J.P. Chaty (saxophone baryton).

06. MYSTÉRIEUSE (valse)    2’27
Jo Privat - Éd. Roger Vaysse
M. O’Connor (accordéon diatonique), D. Roussin (guitare),
D. Duprat (guitare rythmique), Y. Rousseau (contrebasse).

07. LA RABOUINE (valse)    2’10
Louis Ferrari - Éd. Beuscher
F. Parisi (accordéon), D. Roussin (guitare),
D. Duprat (guitare rythmique), J.P. Viret (contrebasse).

08. BIS’NESS (java)    1’41
Tony Murena - Éd. Beuscher
L. Corchia (accordéon), D. Duprat (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

09. LA VALSE DES NIGLOS (valse)    3’20
Gusti Malha - Éd. Beuscher
S. Desaunay (accordéon diatonique), J. Quézin (violon)
D. Roussin (guitare), D. Duprat (guitare rythmique),
J.P. Viret (contrebasse).

10. GERMAINE (valse)    3’07
Joseph Colombo - Éd. Beuscher
D. Tuveri (accordéon), D. Duprat (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), P. Guignon (batterie).

11. EXPLOSION « La godasse » (valse)    2’56
Tony Murena/Marcel Azzola - Éd. Beuscher
M. Azzola (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

12. GALLITO (paso-doble)    2’04
S. Lope - Éd. Salabert
L. Corchia (accordéon), D. Duprat (guitare),
J.P. Viret (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

13. INUTIL (tango)    3’31
Tito Fuggi - Droits réservés
J.P. Coustillas (bandonéon), D. Duprat (guitare).

14. MIRABELLE (valse)    2’16
Charley Bazin - Éd. Baxter
M. Perrone (accordéon diatonique), D. Duprat (guitare),
Y. Rousseau (contrebasse).

15. DANS MA VERDINE (valse)    2’53
Jo Privat/Armand Lassagne - Droits réservés
A. Lassagne (accordéon), D. Roussin (guitare),
D. Duprat (guitare rythmique), J.P. Viret (contrebasse),
A. Bouchaux (batterie).

16. SWING VALSE (valse)    3’12
Gus Viseur/Baro Ferret - Éd. Martin Cayla
M. Macias (accordéon), D. Roussin (qultare),
J.P. Viret (contrebasse), P. Guignon (batterie).

17. INDIFFÉRENCE (valse)    4’30
Tony Murena/Joseph Colombo - Éd. Beuscher
BoloVaris quartet : J. Bolognesi, F. Varis (accordéons),
J.P. Viret (contrebasse), J. Mahieux (batterie),
J. Bolognesi prend le premier solo.

18. DOUCE REFLEXION (valse)    2’18
René « Didi » Duprat - Éd.Tristan Yvon
M. Azzola (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

Temps d’audition :    52’37


PRODUCTION : PATRICK TANDIN - LABEL LA LICHÈRE 1993
PRODUCTEUR EXÉCUTIF : FRANCK BERGEROT / CONSEILLER ARTISTIQUE: DIDIER ROUSSIN
Enregistré les 3, 5, 15, 16 mars et 18, 20, 21, 22 avril 93 au Studio Acousti par Alain Cluzeau assisté de Emmanuel Payet
sauf lnutil enregistré le 13 janvier 93 au Studio On-Off par Alain Cluzeau assisté de Laurent Le Diberder.
Mixage les 1, 2, 3, 4, 8 juin 93 par Alain Cluzeau assisté de Emmanuel Payet en compagnie de Franck Bergerot et Patrick Tandin.
Assistance à la Production : Bertrand Mariaux et Frédéric Rimbert (Formation Zip Zap Management).
Montage : 44.1.
Cet album avait reçu le soutien de :
Photos / Illustration couverture : Patricia Marais.




PARIS MUSETTE, VOL. 3 (1997)
Vent d’Automne


accordéons chromatiques :
MARCEL AZZOLA
ÉRIC BOUVELLE
DANIEL COLIN
JEAN CORTI
VALERIE GUÉROUET
ARMAND LASSAGNE
ALAIN MUSCCHINI
FRANCOIS PARISI
JO PRIVAT
JOE ROSSI


accordéons diatoniques :
DANIEL DENÉCHEAU
SERGE DESAUNAY
MARTIN O’CONNOR


guitares - banjo :
DIDI DUPRAT
DIDIER ROUSSIN
contrebasses :
YVES ROUSSEAU
YVES TORCHINSKY
JEAN PHILIPPE VIRET

batterie - jâse :
ALAIN BOUCHAUX
PIERRE « TI’BOUM » GUIGNON
JACQUES MAHIEUX
ROBERT SANTIAGO

ainsi que :
EMMANUEL BEX - arrangement - accordéon - orgue Hammond - boîte à musique.
JEAN PIERRE CHATY - saxophones alto et basse
JEAN MICHEL DAVIS - xylophone - percussions
KIKI DESPLAT - cornet - vocal
MICHEL ESBELIN - cabrette - grelots
DANIEL HUCK - saxophone alto
PHIL-IPPE JACQUET - sifflet à coulisse
JACQUES QUËZIN - violon
FRANCK TORTILLIER - vibraphone


Pour répondre à l’extraordinaire élan de sympathie qui avait accueilli notre premier « Paris Musette », nous avions décidé de publier trois autres volumes, numérotés de 2 à 4, trois nouveaux volumes pour explorer thématiquement le répertoire. Notre volume 2 paru en 1993 s’intitulait « le Répertoire : Swing et manouche ». Les deux autres ne paraîtront pas.
Alors que nous préparions la sortie d’un volume 3 « Café-charbons et guinguette », ont disparu en quelques mois, quatre de nos amis. Jo Privat, le plus légendaire, le plus pittoresque (pittoresque qui fit trop souvent oublier aux médias le musicien, immense interprète et compositeur) ; Joe Rossi, le plus discret, le plus ponctuel, le plus gentil, mais peut-être aussi le plus malicieux dans le pétillement de son regard et de ses harmonies ; nos deux guitaristes enfin, Didi Duprat et Didier Roussin, les véritables pivots de « Paris-Musette ». Didi le styliste aux compétences espiègles, le poète du médiator autour duquel « Paris-Musette » avait été imaginé. Didier le primitif du futur, l’érudit du musette, le guitariste pluridisciplinaire sans les conseils duquel « Paris-Musette » n’aurait pu se mettre en place.
Ils nous manquent et cela suffit à dire notre deuil. Mais par-delà la douleur, nous avons voulu donner le jour aux bandes qu’ils avaient déjà enregistrées pour nos deux volumes à venir. Parce que l’homme résiste à la mort à travers ses œuvres. Parce que celles-ci sont une leçon pour la postérité. Parce que l’histoire qu’ont écrite les héros du musette continue à travers leurs héritiers. Parce que nous voudrions qu’à ce triste vent d’automne qui souffle depuis queques temps sur « Paris Musette » succède un bel été indien…       
Patrick Tandin, Franck Bergerot

Le volume 2 de « Paris-Musette » avait privilégié le répertoire d’inspiration swing et manouche. Pour lui faire suite, nous avions prévu d’approfondir un aspect qui n’était qu’effleuré dans notre premier volume pourtant plus éclectique : le musette des origines. Marqué jusqu’ici par le coup de plume de Didi Duprat, « Paris-Musette » s’enrichit d’une sonorité nouvelle avec les enregistrements destinés à ce qui devait être notre volume 3 « Café-charbons et guinguettes » : le Denecheau jâse musette. L’accordéoniste Daniel Denecheau, véritable Harnoncourt du premier musette, grand spécialiste d’Émile Vacher, s’était laissé séduire par le banjo de Didier Roussin dans nos studios en 1990. Décidé à poursuivre leur collaboration, ils firent appel à Robert Santiago, accordéoniste spécialiste des musiques latines, reconverti aux percussions depuis qu’il découvrit aux puces de Châteauroux un jâse (ainsi désigna-t-on les premières batteries apparues en Europe) avec tous ses accessoires et sa pissotière.

En composant pour cette formation la Valse des Barreaux verts (du nom de l’un des plus anciens bals musette auvergnat de la rue de Lappe devenu aujourd’hui temple de la salsa
à Paris, la Chapelle des Lombards), le cabrettaire Michel
Esbelin renvoie à la préhistoire lorsque, sur l’exemple du tandem Bouscatel - Charles Peguri, la cabrette commença à tolérer le voisinage de l’accordéon. Si les grelots traditionnellement attachés au pied du cabrettaire n’apparaissent qu’à la dernière reprise du thème, c’est qu’ils sont ici concurrencés par le jâse annonciateur de temps nouveaux.

Sur Avec entrain d’Émile Vacher, le jâse a définitivement écarté les grelots… et l’accordéon chassé la cabrette. On entre dans le XXème siècle. Mais la basse à corde n’a pas encore l’exclusive et, dans les studios de l’époque, les ingénieurs du son préféraient au tuba le sax basse plus précis. Imaginez la joie d’Alain Cluzeau, lorsqu’il vit débarquer dans son studio Jean-Pierre Chaty et son basse. Le jazzo-flûte et le vibraphone regardent quant à eux vers une modernité de bazar. Manque à cet attirail la pissotière. C’était le nom du porte-voix tel qu’il figurait parmi le matériel du batteur qui avait la responsabilité du refrain chanté et des annonces. Lors de l’enregistrement, Didier Roussin s’était d’ailleurs amusé à annoncer les musiciens du Denecheau jâse musette sans se préoccuper - musique d’hier, mais technique d’aujourd’hui - des solos de jazzo-flûte, xylo et sax alto qui devaient être rajoutés lors d’une séance ultérieure. Nous n’avons pas eu le cœur de remplacer la voix de notre cher Didier par les annonces qu’il était prévu de refaire, d’autant plus qu’à l’appel de leurs noms, les membres du Denecheau jâse musette bombent fièrement le torse et redoublent d’ardeur en arrière plan des solistes invités.

Avec le XXème siècle, marche et polka tombèrent en désuétude. Outre l’étourdissement de la valse à trois temps, on leur préféra les mesures à quatre temps inspirées de l’Amérique noire - fox- trot, fox-blues, fox-swing. Le deux temps de la marche persista cependant sous la forme du paso-doble, exotisme oblige. Déjà la world music ! Pour revisiter Alhambra d’Albert Huard, « l’archétype du paso doble à la française » (1), le tandem Daniel Colin - Didier Roussin fit feu de tout son humour et de sa culture sans étouffer son penchant pour le jazz et ses prises de risque, dans un esprit Primitifs du futur (voir Label La Lichère LLL 247). C’est une sorte de jam session minimaliste et fulgurante qui s’organisa en hommage aux obscurs du proto-
musette : banjoïstes (Lulu Belliard, Gaston Durand, Manuel Puig et plus particulièrement Lucien Latorre que Roussin écouta beaucoup avant cet enregistrement), xylophonistes et accessoiristes (Francesco Cario­lato auquel Jean-Michel Davis consacra une excellente étude dans la revue Percussions) et saxophonistes (mais bien que Daniel Huck ait choisi bec et anche propres à sonner musette, c’est moins la virtuosité gaillarde d’un Jules Viard qui est évoquée ici que la souplesse afro-américaine d’un Russell Procope).

On l’aura compris. « Paris-Musette» n’a pas choisi la simple voie, du revivalisme. La mémoire n’est pas ici l’objet d’une dévotion rétrograde, mais source d’inspiration poétique et d’onirisme. Ainsi, lorsque nous avons proposé à Emmanuel Bex de réécouter l’orchestre de Maurice Alexander (notamment sur la très belle Java d’un soir) avant d’arranger les Nocturnes, nous ne passions pas commande d’une copie conforme, mais nous faisions appel aux ressources du créateur. « Je vois l’esprit, avait-il modestement répondu. J’ajouterai au jâse musette un sax, un cornet, un peu de vaisselle cassée et deux-trois notes d’orgue Hammond ». Ce faisant, avec l’aide de la chanteuse et cornettiste Kiki Desplat, il extrait toute la violence expressionniste de cette chanson galvaudée, non sans oublier la tôle que l’on agitait en éteignant les lumières chaque fois que l’on jouait les Nocturnes pour faire frissonner bourgeois et touristes venus s’encanailler dans les bals musette les plus en vue.

Si la canaillerie du musette inspira la chanson française, celle-ci n’eut jamais sa place au bal musette autrement que sous la forme du refrain chanté. Pas plus que les instruments à vent réservés au bal champêtre, au dancing ou aux séances d’enregistrement. Quant aux danses, écoutons l’auteur de la Valse Brune : « Ils ne dansent pas des tangos c’est trop bête/Mais tourbillonnent à l’envers sans façon/Ils aiment mieux la vraie valse musette/Celle à l’accordéon ». Pas la lente, pas la viennoise, mais la vraie valse et aussi la java. Voilà l’ingrédient de base du bal musette.

De la valse viennoise on retrouve pourtant quelques traces dans la Brise napolitaine de Guerino, accordéoniste zingaro napolitain qui aurait traversé l’Europe en roulotte avant de s’arrêter à Paris. C’est ce zeste d’Europe Centrale que souligne Armand Lassagne en faisant appel au violon de Jacques Quézin. Ailleurs c’est l’omniprésence des racines italiennes qui s’impose, notamment à travers l’ancêtre de la java, fort bien implanté en Italie, la mazurka. Il faut noter, dans l’arrangement de Joe Rossi pour Miliana, le très lyrique contre-chant que ce dernier confie à Valérie Guérouet sur le trio. Derrière l’exotisme du titre, Rue de la Chine (en souvenir de l’hôpital Tenon où naquirent à quelques mois d’intervalle Marcel Azzola et Didi Duprat), il faut voir la tradition virtuose entre racines populaires et discipline classique dont Médard Ferrero, professeur d’Azzola et Rossi, fut l’un des pionniers. Quant à la Ritale de Jo Privat et de Giovanni Cortinovis (Jean Corti), la dédicace est claire.

Du répertoire des frères Peguri, que Jo Privat aimait à présenter comme des précurseurs du répertoire classique en citant pour exemple Bourrasque et Reproche, nous voulions souligner la modernité et mettre à l’épreuve la jeune scène de l’accordéon populaire. Parmi « ses jeunes prodiges », Éric Bouvelle et Alain Musicchini méritaient de s’exprimer hors du circuit des bals et galas.
Piqués au vif par le coup de plume de Didier Roussin et par la présence de deux grands jazzmen, le contrebassiste Yves Rousseau et le batteur Jacques Mahieux, nos deux jeunes prodiges s’échauffèrent sur Vent d’automne de Louis Peguri, le moins connu des trois frères, avant d’enchaîner dans une chase époustouflante les deux standards de Charles et Michel Peguri qu’ils connaissent sur le bout des doigts mais qu’ils n’avaient jamais eu l’occasion d’interpréter aussi librement. Du jeu haletant de Daniel Colin, Bouvelle semble avoir retenu une certaine agressivité de la phrase et montre dans la Vicieuse qu’il aurait pu mériter le surnom de « Doigts d’acier ». Plus tendre, Musicchini fait preuve d’un goût sûr et d’un sens de l’espace fort à propos dans le très aérien Vent d’automne d’Émile Carrara.

Extérieur au circuit des bals et fidèle à « Paris Musette », François Parisi rend, avec sa composition très néo-musette Roger le Vénitien, un hommage appuyé à son professeur Roger Damain, compositeur lui-même marqué par la palette harmonique des grands arrangeurs de jazz et qui préféra à la décadence du musette la compagnie des chanteurs et des poètes (de Juliette Gréco à Catherine Sauvage, de Francis Lemarque à Gérard Pierron).

Dans cette perspective qui est, depuis notre premier volume, de faire aussi revisiter le musette par des musiciens qui lui sont extérieurs, nous n’avons jamais omis la génération venue à l’accordéon par le folk et le diatonique. Ainsi, Martin O’Connor transfigure totalement Indifférence, se joue avec une légèreté pleine de malice des prétendues incapacités du diatonique, s’autorise deux exposés complets pour le simple plaisir de multiplier les variations et d’entendre à ses côtés le joli rebond de la contrebasse d’Yves Rousseau et les guitares follement complices de Didier Roussin et Didi Duprat. Quant à Serge Desaunay, il y a dans sa java Titine une poésie si particulière, ici renforcée par l’archet léger du contrebassiste Jean Philippe Viret et la théâtrale entrée d’Alain Bouchaux, que nous avions prévu dans notre projet initial de la garder pour un volume 4 regroupant exotismes et modernismes du répertoire.

C’est là aussi que devait figurer Modulante de Joe Rossi enregistrée avec Didier Roussin (qui retrouve sa guitare électrique et sa casquette de jazzman) et le défunt Trio à Boum : Frank Tortiller, Yves Rousseau, Pierre « Ti’Boum » Guignon. Une grande complicité musicale par-delà les écarts de génération pour une valse aux accents très cool, évocation pleine d’esprit d’un certain accordéon français tenté, au tournant des années 50/60, par le jazz cocktail du quintette de George Shearing.

Et c’est à Jo Privat qu’il revient d’ouvrir le bal avec une composition originale et éponyme qu’il offre à « Paris-Musette » et qui correspond exactement aux moyens qu’étaient les siens à la fin de sa vie. Les doigts n’ont plus l’agilité de la jeunesse, mais loin de desservir le souvenir du grand interprète, ils servent au mieux le grand compositeur que fut Jo jusqu’à sa mort. Poésie frissonnante, musicalité maximum et cette cadence qui fit de Monsieur Jo le roi du bal musette.
Franck Bergerot

(1) Didier Roussin dans les As du musette, jeu de cartes dessiné par Robert Crumb, Oog & Blik, Amsterdam.
Lire aussi Histoires d’accordéon, Didier Roussin - François Billard, Éd. Climats.


01. PARIS MUSETTE (valse)    3’03
Jo Privat - Didier Roussin - Droits réservés.
J. Privat (accordéon), D. Roussin (guitare solo),
D. Duprat (guitare rythmique), Y. Rousseau (b),
A. Bouchaux (drm).

02 INDIFFÉRENCE (valse)    3’25
Tony Murena/Joseph Colombo - Éd. Léon Agel
M. O’Connor (accordéon diatonique), D. Roussin (guitare solo), D. Duprat (guitare rythmique), Y. Rousseau (contrebasse).

03. MODULANTE (valse)    3’51
Joe Rossi/André Astier - Éd. musicales Intersong Tutti
J. Rossi (accordéon), D. Roussin (guitare électrique),
F. Tortiller (vibraphone), Y. Rousseau (contrebasse),
P. Guignon (drm).

04. LES NOCTURNES (valse avec refrain chanté)    4’31
R. LePeltier/Ch. Cluny/Gaston Gabaroche - Éd. Paul Beuscher
E. Bex (arrangement, accordéon, orgue hammond, boite
à musique), K. Desplat (chant, cornet) et le Denecheau Jâse Musette : D. Denecheau (accordéon diatonique),
D. Roussin (banjo), R. Santiago (jâse).
Invités : J.P. Chaty (saxophones alto et basse),
F. Bergerot (tôle, bâton de pluie).

05. AVEC ENTRAIN (marche/one-step)    2’47
Émile Vacher/Max Franey - Publications musicales Max Francy
Le Denecheau Jâse Musette : D. Denecheau (accordéon diatonique), D. Roussin (banjo), R. Santiago (jâse).
Invités : D. Huck (saxophone alto), P. Jacquet (sifflet à coulisse), J. M. Davis (xylophone), J.P. Chaty (saxophone basse).

06. LA VALSE DES BARREAUX VERTS (valse)    3’29
Michel Esbelin - Éd. La Lichère
M. Esbelin (cabrette, grelotière) et le Denecheau Jâse Musette : D. Denecheau (accordéon diatonique), D. Roussin (banjo), Robert Santiago (jâse).

07. BRISE NAPOLITAINE (valse)    2’45
Guerino/Jean Peyronnin - Éd. Arpège
A. Lassagne (accordéon), J. Quézin (violon),
D. Duprat (guitare), J.P. Viret (contrebasse),
A. Bouchaux (batterie).

08. VENT D’AUTOMNE (valse)    2’25
Émile Carrara - Éd. Léon Agel
A. Musicchini (accordéon), D. Roussin (guitare),
Y. Rousseau (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

09. VENT D’AUTOMNE (valse) Louis Pequri - Éd. Continental REPROCHE (valse)
Charles Peguri - Éd. Roger Vaysse
BOURRASQUE (valse)    4’51
Michel Peguri - Éd. Editions Jeanne Lacroix
É. Bouvelle (accordéon canal gauche),
A. Musicchini (accordéon canal droite),
D. Roussin (guitare),
Y. Rousseau (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

10. LA VICIEUSE (valse)    2’32
Éric Bouvelle/Didier Roussin - Éd. La Lichère
É. Bouvelle (accordéon),
D. Roussin (guitare),
Y. Rousseau (contrebasse),
J. Mahieux (batterie).

11. MILIANA (mazurka)    2’02
Médard Ferrero - propriété de l’auteur
J. Rossi (arrangement, accordéon canal droit),
V. Guérouet (accordéon canal gauche).

12. ROGER LE VÉNITIEN (valse)    3’13
François Parisi - Éd. La Lichère
F. Parisi (accordéon).

13. LA RITALE (valse italienne pour notre ami
François Cavanna auteur du livre les Ritals)    3’29
Jo Privat/Jean Corti - Éd. Opaline Music
J. Corti (accordéon).

14. RUE DE LA CHINE (mazurka)    2’04
Marcel Azzola/René Duprat - Éd. Roger Vaysse
M. Azzola (accordéon), D. Duprat (guitare),
Y. Torchinsky (contrebasse), J. Mahieux (batterie).

15. TITINE (java)    3’20
Serge Desaunay - Éd. La Lichère
S. Desaunay (accordéon diatonique), D. Roussin (guitare),
J. Philippe Viret (contrebasse), A. Bouchaux (batterie).

16. ALHAMBRA (paso)    2’49
Albert Huard - Éd. Albert Huard
D. Colin (accordéon), D. Huck (saxophone alto),
D. Roussin (banjo), J.M. Davis (xylophone, percussions).

Temps d’audition :    51’18

PRODUCTION : PATRICK TANDIN - LABEL LA LICHÈRE 1993-1994-1997
PRODUCTEUR EXÉCUTIF : FRANCK BERGEROT / CONSEILLER ARTISTIQUE : DIDIER ROUSSIN
Enregistré entre janvier 1993 et mars 1994 au Studio Acousti par Alain Cluzeau assisté d’Emmanuel Payet.
Mixage et montage : août 1997 par Alain Cluzeau assisté de Yannick Cayuela.
Photos : Patricia Marais, Franck Bergerot (artistes). Traduction : Elisabeth Saltet.



Paris musette, vol. 3 - Vent d’Automne (1997)

ln response to the extraordinary good reception of our first “Paris Musette”, we originally decided to release three other albums, numbered 2 to 4, in order to explore the repertoire in a thematic fashion. Released in 1993, Part 1/ was entitled “Le repertoire Swing et Manouche”, The two others are never to be released. While we were preparing the release of Part III “Cafés-charbons et guinguettes” three of our friends died within a period of a few months. The legendary and picturesque Jo Privat (the picturesque often overshadowed the musician, the amazing interpreter and composer). Discreet, punctuaf, sweet Joe Rossi, with the mischievous twinkle in his eye and his wicked harmonies. And, fast but not feast, our two guitar players Didi Duprat and Didier Roussin, the two key figures of “Peris Musette Il project. Didi, the stylist with his impish skills, who inspired “Paris Musette”. Didier, the primitive of the future, pluridisciplinary guitarist with his thorough knowledge of accordion music, whose advise was essential to the making of “Paris Musette”.
We miss them. How better express our grief? Despite our distress we have decided to release the pieces they had already recorded for the our next two albums. Because man survives through his works. Because his works are a lesson for posterity. Because the story written by the accordion heroes is continued by their heirs. Because we hope the sad autumn wind that has been blowing over “Paris Musette” for a while, will be followed by a beautiful lndian summer.
Patrick Tandin, Franck Bergerot

“Paris-Musette” Part 1 focused on the repertoire of swing and gypsy inspiration. We intended to give it a sequel : accordion music at its very beginnings, an aspect that had hardly been touched upon in Part 1. The new tones of the Denecheau Jâse Musette, primarily intended for our Part III “Cafés-charbons et guinguette”, have come to enrich “Paris-Musette” which was, up to now, largely influenced by Didi Duprat. Accordionist Daniel Denecheau, the Harnoncourt of accordion music and Émile Vacher specialist, found Didier Roussin’s banjo most appealing when they met in our studios in 1990. They decided to work together once more and called on Robert Santiago, an accordion specialist in Latin American music, who took to percussion when he saw a jâse complete with accessories and pissotière at the flee market in Châteauroux. (“Jâse” was the name of the first drums introduced into France).
La Valse des Barreaux verts - green bars waltz - was named after one of the oldest Auvergne bal musettes (public dance to accordion music) in the Rue de Lappe, nowadays the Chapelle des Lombards, the Paris Mecca of salsa. Cabrette player Michel Esbelin composed it for the group in memory of olden times when, stimulated by the duet Bouscatel - Charles Péguri, the cabrette (bagpipes made of goat skin that used to be very popular in Auvergne) started to tolerate the accordion by its side. The sleigh bells traditionally tied to the cabrette player’s foot can only be heard in the last refrain, due to the challenge of the jâse heralding a new era.
ln Avec entrain by Émile Vacher, the jâse supplanted the sleigh bells for good, and the accordion drove out the cabrette. We are now in the twentieth century. The bass does not yet play a preponderant role. Besides, the sound engineers used to prefer the bass sax which was more precise than the tuba. Just imagine Alain Cluzeau’s happiness when he saw Jean-Pierre Chaty walk into his studio with his saxophone. The jazz flute and the vibraphone, on the other hand, refer to a kind of second-rate modernness. The only missing accessory is the so called pissotière. That was a megaphone which was part of the drummer’s kit. The drummer would use it to sing the chorus and to make announcements. During the recordings, Didier Roussin had such fun announcing the musicians of the Denecheau Bal Musette without giving a thought - yesterday’s music but today’s techniques - to the jazz flute, xylophone and alto sax solos that were to be added at a later session. We originally intended to replace them with the newly recorded announcements but we did not have the heart to replace dear Didier’s voice and, on hearing their names, the musicians of the Denecheau Jâse Musette puffed out their chests and accompanied the invited soloists with such boundless enthusiasm… so we left it at that.
At the turn of the century marches and polkas became outdated. The dizzy triple time waltz and, above all, four-four times inspired by Black America - fox-trot, fox-blues, fox-swing - were favourites. The double time of the march lingered, however, in the form of the paso doble, exotics oblige. And you thought world music was something new! The duet Daniel Colin - Didier Roussin made a new arrangement of Alhambra by Albert Huard, “the epitome of French paso doble” (1), putting much humour and all their culture into it and taking care not to smother their love for jazz music and its risks, in accordance with the Primitives of the Future spirit (see Label La Lichère LLL 247). A kind of minimalist and dazzling jam session took place, paying tribute to the obscur musicians in the background of accordion music: banjo players (Lulu Belliard, Gaston Durand, Manuel Puig and above all Lucien Latorre, to whom Roussin listened a lot before this recording session), xylophone players and percussionists (Francesco Cariolato who was the subject of an excellent article by Jean-Michel Davis in the magazine Percussions) and saxophone players (but although Daniel Huck chose the proper mouthpiece and reed for accordion music, the piece recalls rather more Russell Procope’s Afro-American suppleness than Jules Viard’s lively virtuosity).
You have got the message. “Paris-Musette” is not simply case of revival. Our memories are not just backward looking. They are a source of fantasising and poetic inspiration. When we asked Emmanuel Bex to listen to Maurice Alexender’s orchestra (in particular the gorgeous Java d’un soir) before he arranged Les Nocturnes, we did not order a réplica. On the contrary, we appealed to the artist’s resources. “I see the spirit”, he answered modestly. “I’II just add a sax, a cornet stomp, some broken pots and a couple of Hammond organ notes”. And he succeeded with the help of singer/cornet player Kiki Desplat in extracting all the expressionist violence of this hackneyed song, not forgetting the iron sheet that was shaken when the lights went out each time les Nocturnes was played in order to frighten bourgeois and tourists who had come to mix with the riffraff in the most famous bal musettes.
It ls true that the coarseness of accordion music inspired French song writers, but, apart from the chorus, singings were never quite part of the bal musette. The same goes for wind instruments which were reserved for open-air dances, dance halls and recording sessions. The writer of la Valse Brune: says about dances : “They don’t do the tango, it’s too bad/But they whirl the other way round/They prefer the real waltz/The one with the accordion”. Not the slow waltz, not the Viennese waltz, but the real waltz and the java (a kind of popular waltz). That is what bal musette ls all about.
And yet, characteristics of the Viennese waltz are to be found in Brise napolitaine by the Neapolitan gypsy accordionist Guerino, who is said to have travelled throughout Europe in a caravan before settling down in Paris. It ls indeed this Central European touch that Armand Lassagne sought for when he called on violinist Jacques Quézi. Everywhere else, Italian roots prevail, notably thanks to the mazurka, an ancestor to the java which was very popular in Italy at the time. In Joe Rossi’s arrangement of Milana, the very Iyrical descant he confided to Valérie Guérouet is worth noticing. Behind the exotic title Rue de la Chine - China Street - (in memory of Tenon Hospital where Marcel Azzola and Didi Duprat were born a few months apart) popular roots are combined with classical discipline to achieve virtuoso tradition of which Médard Ferrero, teacher of Azzola and Rossi, was a pioneer. As regards la Ritale - The Wop - by Jo Privat and Giovanni Cortinovis (Jean Corti), the dedication is obvious.
Jo Privat liked to refer to the Peguri Brothers as forerunners of the classical repertoire, quoting Bourrasque et Reproche - Gust and Reproach - as an example. We wanted to stress the modernness of their repertoire and put the young generation of popular accordion players to the test. Among these “young prodigies” Eric Bouvelle and Alain Musicchini deserved to perform outside mediocre village balls and dances. Stimulated by Didier Roussin’s music and the presence of two great jazzmen, double bass player Yves Rousseau and drummer Jacques Mathieux, our two young prodigies warmed up with Vent d’automne by Louis, the least famous of the three Peguri brothers, and moved on in a stunning chase to the two standards by Charles and Michel Peguri they have at their fingertips but never had the opportunity to interpret so freely before. Bouvelle seems to have retained from Daniel Colin the swift technique, a kind of aggressiveness in his phrases and shows in his rendition of la Vicieuse that the nickname “Steel Fingers” would suit him very well. Musicchini shows more tenderness, very good taste and a pertinent sense of space in the very ethereal Vent d’automne by Emile Carrara.
With his neo-musette Roger le Vénitien, François Parisi, a regular of “Paris-Musette” who never performs in dances, pays a glowing tribute to his teacher Roger Damain. The latter was himself influenced by the harmonic palette of great jazz arrangers and preferred the company of singers and poets (from Juliette Gréco to Catherine Sauvage, from Francis Lemarque to Gérard Pierron) to the death throes of accordion music.
What we have hoped to achieve : accordion music revisited by non-specialists. We have never left out the generation of musicians who came to the accordion through folk and diatonic music. In fact, Martin O’Connor radically transforms Indifférence: with mischief and lightness he scoffs at the alleged inadequacies of diatonic music, permits himself two complete demonstrations, just for the sake of variation and hearing Yves Rousseau’s bass, Didier Roussin and Didi Duprat’s conniving guitars beside him. Serge Desaunay’s java Titine is so full of poetry, that we initially intended to keep it for Part IV, which was supposed to focus on exotic and modern pieces of the repertoire.
Modulante by Joe Rossi was also meant for Part IV. It was recorded by Didier Roussin - back with his electric guitar and jazzman hat - and the late Trio à Boum, Franck Tortiller, Yves Rousseau, Pierre Tiboum Guignon. A profound musical complicity beyond the generation gap ls the result. With its cool strains, this waltz ls a witty evocation of the French accordion in the fifties/sixties, as it was tempted by the George Shearing Quintet’s jazz cocktail.
Jo Privat has the honour of doing the opening number, an original and eponymous composition he gave to “Paris-Musette”. This piece is the perfect reflection of Jo’s skills at the end of his life. The fingers have lost the agility of youth but far from harming the memory of the great musician, they prove Jo was a great composer until his death. The shivering poetry, the maximum musicality and the timing that made him king of the bal musettes.
Franck BERGEROT
(1) Didier Roussin in Aces of accordion music, a card game designed by Robert crumb, Oog & Blik, Amsterdam and Histoires d’accordion, Didier Roussin - François Billard, Ed. Climats.




accordéons chromatiques :
MARCEL AZZOLA
ÉRIC BOUVELLE
DANIEL COLIN
JEAN CORTI
VALERIE GUÉROUET
ARMAND LASSAGNE
ALAIN MUSCCHINI
FRANCOIS PARISI
JO PRIVAT
JOE ROSSI


accordéons diatoniques :
DANIEL DENÉCHEAU
SERGE DESAUNAY
MARTIN O’CONNOR


guitares - banjo :
DIDI DUPRAT
DIDIER ROUSSIN
contrebasses :
YVES ROUSSEAU
YVES TORCHINSKY
JEAN PHILIPPE VIRET

batterie - jâse :
ALAIN BOUCHAUX
PIERRE « TI’BOUM » GUIGNON
JACQUES MAHIEUX
ROBERT SANTIAGO

ainsi que :
EMMANUEL BEX - arrangement - accordéon - orgue Hammond - boîte à musique.
JEAN PIERRE CHATY - saxophones alto et basse
JEAN MICHEL DAVIS - xylophone - percussions
KIKI DESPLAT - cornet - vocal
MICHEL ESBELIN - cabrette - grelots
DANIEL HUCK - saxophone alto
PHIL-IPPE JACQUET - sifflet à coulisse
JACQUES QUËZIN - violon
FRANCK TORTILLIER - vibraphone

Pour répondre à l’extraordinaire élan de sympathie qui avait accueilli notre premier « Paris Musette », nous avions décidé de publier trois autres volumes, numérotés de 2 à 4, trois nouveaux volumes pour explorer thématiquement le répertoire. Notre volume 2 paru en 1993 s’intitulait « le Répertoire : Swing et manouche ». Les deux autres ne paraîtront pas.
Alors que nous préparions la sortie d’un volume 3 « Café-charbons et guinguette », ont disparu en quelques mois, quatre de nos amis. Jo Privat, le plus légendaire, le plus pittoresque (pittoresque qui fit trop souvent oublier aux médias le musicien, immense interprète et compositeur) ; Joe Rossi, le plus discret, le plus ponctuel, le plus gentil, mais peut-être aussi le plus malicieux dans le pétillement de son regard et de ses harmonies ; nos deux guitaristes enfin, Didi Duprat et Didier Roussin, les véritables pivots de « Paris-Musette ». Didi le styliste aux compétences espiègles, le poète du médiator autour duquel « Paris-Musette » avait été imaginé. Didier le primitif du futur, l’érudit du musette, le guitariste pluridisciplinaire sans les conseils duquel « Paris-Musette » n’aurait pu se mettre en place.
Ils nous manquent et cela suffit à dire notre deuil. Mais par-delà la douleur, nous avons voulu donner le jour aux bandes qu’ils avaient déjà enregistrées pour nos deux volumes à venir. Parce que l’homme résiste à la mort à travers ses œuvres. Parce que celles-ci sont une leçon pour la postérité. Parce que l’histoire qu’ont écrite les héros du musette continue à travers leurs héritiers. Parce que nous voudrions qu’à ce triste vent d’automne qui souffle depuis queques temps sur « Paris Musette » succède un bel été indien…       
Patrick Tandin, Franck Bergerot

Le volume 2 de « Paris-Musette » avait privilégié le répertoire d’inspiration swing et manouche. Pour lui faire suite, nous avions prévu d’approfondir un aspect qui n’était qu’effleuré dans notre premier volume pourtant plus éclectique : le musette des origines. Marqué jusqu’ici par le coup de plume de Didi Duprat, « Paris-Musette » s’enrichit d’une sonorité nouvelle avec les enregistrements destinés à ce qui devait être notre volume 3 « Café-charbons et guinguettes » : le Denecheau jâse musette. L’accordéoniste Daniel Denecheau, véritable Harnoncourt du premier musette, grand spécialiste d’Émile Vacher, s’était laissé séduire par le banjo de Didier Roussin dans nos studios en 1990. Décidé à poursuivre leur collaboration, ils firent appel à Robert Santiago, accordéoniste spécialiste des musiques latines, reconverti aux percussions depuis qu’il découvrit aux puces de Châteauroux un jâse (ainsi désigna-t-on les premières batteries apparues en Europe) avec tous ses accessoires et sa pissotière.

En composant pour cette formation la Valse des Barreaux verts (du nom de l’un des plus anciens bals musette auvergnat de la rue de Lappe devenu aujourd’hui temple de la salsa
à Paris, la Chapelle des Lombards), le cabrettaire Michel
Esbelin renvoie à la préhistoire lorsque, sur l’exemple du tandem Bouscatel - Charles Peguri, la cabrette commença à tolérer le voisinage de l’accordéon. Si les grelots traditionnellement attachés au pied du cabrettaire n’apparaissent qu’à la dernière reprise du thème, c’est qu’ils sont ici concurrencés par le jâse annonciateur de temps nouveaux.

Sur Avec entrain d’Émile Vacher, le jâse a définitivement écarté les grelots… et l’accordéon chassé la cabrette. On entre dans le XXème siècle. Mais la basse à corde n’a pas encore l’exclusive et, dans les studios de l’époque, les ingénieurs du son préféraient au tuba le sax basse plus précis. Imaginez la joie d’Alain Cluzeau, lorsqu’il vit débarquer dans son studio Jean-Pierre Chaty et son basse. Le jazzo-flûte et le vibraphone regardent quant à eux vers une modernité de bazar. Manque à cet attirail la pissotière. C’était le nom du porte-voix tel qu’il figurait parmi le matériel du batteur qui avait la responsabilité du refrain chanté et des annonces. Lors de l’enregistrement, Didier Roussin s’était d’ailleurs amusé à annoncer les musiciens du Denecheau jâse musette sans se préoccuper - musique d’hier, mais technique d’aujourd’hui - des solos de jazzo-flûte, xylo et sax alto qui devaient être rajoutés lors d’une séance ultérieure. Nous n’avons pas eu le cœur de remplacer la voix de notre cher Didier par les annonces qu’il était prévu de refaire, d’autant plus qu’à l’appel de leurs noms, les membres du Denecheau jâse musette bombent fièrement le torse et redoublent d’ardeur en arrière plan des solistes invités.

Avec le XXème siècle, marche et polka tombèrent en désuétude. Outre l’étourdissement de la valse à trois temps, on leur préféra les mesures à quatre temps inspirées de l’Amérique noire - fox- trot, fox-blues, fox-swing. Le deux temps de la marche persista cependant sous la forme du paso-doble, exotisme oblige. Déjà la world music ! Pour revisiter Alhambra d’Albert Huard, « l’archétype du paso doble à la française » (1), le tandem Daniel Colin - Didier Roussin fit feu de tout son humour et de sa culture sans étouffer son penchant pour le jazz et ses prises de risque, dans un esprit Primitifs du futur (voir Label La Lichère LLL 247). C’est une sorte de jam session minimaliste et fulgurante qui s’organisa en hommage aux obscurs du proto-
musette : banjoïstes (Lulu Belliard, Gaston Durand, Manuel Puig et plus particulièrement Lucien Latorre que Roussin écouta beaucoup avant cet enregistrement), xylophonistes et accessoiristes (Francesco Cario­lato auquel Jean-Michel Davis consacra une excellente étude dans la revue Percussions) et saxophonistes (mais bien que Daniel Huck ait choisi bec et anche propres à sonner musette, c’est moins la virtuosité gaillarde d’un Jules Viard qui est évoquée ici que la souplesse afro-américaine d’un Russell Procope).

On l’aura compris. « Paris-Musette» n’a pas choisi la simple voie, du revivalisme. La mémoire n’est pas ici l’objet d’une dévotion rétrograde, mais source d’inspiration poétique et d’onirisme. Ainsi, lorsque nous avons proposé à Emmanuel Bex de réécouter l’orchestre de Maurice Alexander (notamment sur la très belle Java d’un soir) avant d’arranger les Nocturnes, nous ne passions pas commande d’une copie conforme, mais nous faisions appel aux ressources du créateur. « Je vois l’esprit, avait-il modestement répondu. J’ajouterai au jâse musette un sax, un cornet, un peu de vaisselle cassée et deux-trois notes d’orgue Hammond ». Ce faisant, avec l’aide de la chanteuse et cornettiste Kiki Desplat, il extrait toute la violence expressionniste de cette chanson galvaudée, non sans oublier la tôle que l’on agitait en éteignant les lumières chaque fois que l’on jouait les Nocturnes pour faire frissonner bourgeois et touristes venus s’encanailler dans les bals musette les plus en vue.

Si la canaillerie du musette inspira la chanson française, celle-ci n’eut jamais sa place au bal musette autrement que sous la forme du refrain chanté. Pas plus que les instruments à vent réservés au bal champêtre, au dancing ou aux séances d’enregistrement. Quant aux danses, écoutons l’auteur de la Valse Brune : « Ils ne dansent pas des tangos c’est trop bête/Mais tourbillonnent à l’envers sans façon/Ils aiment mieux la vraie valse musette/Celle à l’accordéon ». Pas la lente, pas la viennoise, mais la vraie valse et aussi la java. Voilà l’ingrédient de base du bal musette.

De la valse viennoise on retrouve pourtant quelques traces dans la Brise napolitaine de Guerino, accordéoniste zingaro napolitain qui aurait traversé l’Europe en roulotte avant de s’arrêter à Paris. C’est ce zeste d’Europe Centrale que souligne Armand Lassagne en faisant appel au violon de Jacques Quézin. Ailleurs c’est l’omniprésence des racines italiennes qui s’impose, notamment à travers l’ancêtre de la java, fort bien implanté en Italie, la mazurka. Il faut noter, dans l’arrangement de Joe Rossi pour Miliana, le très lyrique contre-chant que ce dernier confie à Valérie Guérouet sur le trio. Derrière l’exotisme du titre, Rue de la Chine (en souvenir de l’hôpital Tenon où naquirent à quelques mois d’intervalle Marcel Azzola et Didi Duprat), il faut voir la tradition virtuose entre racines populaires et discipline classique dont Médard Ferrero, professeur d’Azzola et Rossi, fut l’un des pionniers. Quant à la Ritale de Jo Privat et de Giovanni Cortinovis (Jean Corti), la dédicace est claire.

Du répertoire des frères Peguri, que Jo Privat aimait à présenter comme des précurseurs du répertoire classique en citant pour exemple Bourrasque et Reproche, nous voulions souligner la modernité et mettre à l’épreuve la jeune scène de l’accordéon populaire. Parmi « ses jeunes prodiges », Éric Bouvelle et Alain Musicchini méritaient de s’exprimer hors du circuit des bals et galas.
Piqués au vif par le coup de plume de Didier Roussin et par la présence de deux grands jazzmen, le contrebassiste Yves Rousseau et le batteur Jacques Mahieux, nos deux jeunes prodiges s’échauffèrent sur Vent d’automne de Louis Peguri, le moins connu des trois frères, avant d’enchaîner dans une chase époustouflante les deux standards de Charles et Michel Peguri qu’ils connaissent sur le bout des doigts mais qu’ils n’avaient jamais eu l’occasion d’interpréter aussi librement. Du jeu haletant de Daniel Colin, Bouvelle semble avoir retenu une certaine agressivité de la phrase et montre dans la Vicieuse qu’il aurait pu mériter le surnom de « Doigts d’acier ». Plus tendre, Musicchini fait preuve d’un goût sûr et d’un sens de l’espace fort à propos dans le très aérien Vent d’automne d’Émile Carrara.

Extérieur au circuit des bals et fidèle à « Paris Musette », François Parisi rend, avec sa composition très néo-musette Roger le Vénitien, un hommage appuyé à son professeur Roger Damain, compositeur lui-même marqué par la palette harmonique des grands arrangeurs de jazz et qui préféra à la décadence du musette la compagnie des chanteurs et des poètes (de Juliette Gréco à Catherine Sauvage, de Francis Lemarque à Gérard Pierron).

Dans cette perspective qui est, depuis notre premier volume, de faire aussi revisiter le musette par des musiciens qui lui sont extérieurs, nous n’avons jamais omis la génération venue à l’accordéon par le folk et le diatonique. Ainsi, Martin O’Connor transfigure totalement Indifférence, se joue avec une légèreté pleine de malice des prétendues incapacités du diatonique, s’autorise deux exposés complets pour le simple plaisir de multiplier les variations et d’entendre à ses côtés le joli rebond de la contrebasse d’Yves Rousseau et les guitares follement complices de Didier Roussin et Didi Duprat. Quant à Serge Desaunay, il y a dans sa java Titine une poésie si particulière, ici renforcée par l’archet léger du contrebassiste Jean Philippe Viret et la théâtrale entrée d’Alain Bouchaux, que nous avions prévu dans notre projet initial de la garder pour un volume 4 regroupant exotismes et modernismes du répertoire.

C’est là aussi que devait figurer Modulante de Joe Rossi enregistrée avec Didier Roussin (qui retrouve sa guitare électrique et sa casquette de jazzman) et le défunt Trio à Boum : Frank Tortiller, Yves Rousseau, Pierre « Ti’Boum » Guignon. Une grande complicité musicale par-delà les écarts de génération pour une valse aux accents très cool, évocation pleine d’esprit d’un certain accordéon français tenté, au tournant des années 50/60, par le jazz cocktail du quintette de George Shearing.

Et c’est à Jo Privat qu’il revient d’ouvrir le bal avec une composition originale et éponyme qu’il offre à « Paris-Musette » et qui correspond exactement aux moyens qu’étaient les siens à la fin de sa vie. Les doigts n’ont plus l’agilité de la jeunesse, mais loin de desservir le souvenir du grand interprète, ils servent au mieux le grand compositeur que fut Jo jusqu’à sa mort. Poésie frissonnante, musicalité maximum et cette cadence qui fit de Monsieur Jo le roi du bal musette.
Franck Bergerot

(1) Didier Roussin dans les As du musette, jeu de cartes dessiné par Robert Crumb, Oog & Blik, Amsterdam.
Lire aussi Histoires d’accordéon, Didier Roussin - François Billard, Éd. Climats.


PRODUCTION : PATRICK TANDIN - LABEL LA LICHÈRE 1993-1994-1997
PRODUCTEUR EXÉCUTIF : FRANCK BERGEROT / CONSEILLER ARTISTIQUE : DIDIER ROUSSIN
Enregistré entre janvier 1993 et mars 1994 au Studio Acousti par Alain Cluzeau assisté d’Emmanuel Payet.
Mixage et montage : août 1997 par Alain Cluzeau assisté de Yannick Cayuela.
Photos : Patricia Marais, Franck Bergerot (artistes). Traduction : Elisabeth Saltet.



Les 3 CD « Paris Musette » sont devenus les disques de référence de l’accordéon musette dans le monde entier. Initiées par Franck Bergerot et Didier Roussin pour le label créé par Patrick Tandin, ces productions avaient pour enjeu de donner les meilleures conditions d’enregistrements aux artistes majeurs d’un genre délaissé qui pourtant n’était rien d’autre que la World musique française d’avant et d’après-guerre. Paru en 1990 pour le volume 1, 1993 pour le volume 2, et 1997 pour le volume 3, ces disques furent un phénomène, relançant l’accordéon en France, au sein même des formations de World music, de jazz que de chansons françaises. Origine retrouvée, relégitimée dans un héritage populaire anobli, Paris Musette s’exporta aux États-Unis, au Canada et en Asie, avec de nombreuses tournées internationales, plus de 100 000 disques vendus et une licence au japon exploité par Sony.
Patrick FRÉMEAUX


« C’est rare, la perfection. » Les disques de l’année, Le Monde

« Swing et Manouche. Alléluia ! Que les mânes de Gus Viseur et Django se réjouissent ! Ces albums légendaires sont de retour ! Magnifiquement enregistrés, ils contribuèrent avec d’autres à remettre à la mode la tradition de l’accordéon jazz et la musique manouche. » Répertoire

« Attention, œuvre de salut public. Comme un manifeste du poids culturel des musiques populaires. »     Alex DUTILH, Le Monde de la musique


Each album in the 3CD set Paris Musette is a reference for every fan of “musette” accordion in the whole world. This series initiated by producers Franck Bergerot and Didier Roussin for the label founded by Patrick Tandin aimed to provide the best recording conditions possible for major artists in a genre that had fallen out of favour, despite the fact that their repertoire was nothing less than the ‘world music’ of France in the pre- and post-war years. The first 3 volumes in the series appeared in 1990, 1993 and 1997 respectively, and were phenomenally successful in making the accordion a desirable instrument again, not only in World and Jazz circles but also in popular song. Returning to its origins, and once again a ‘legitimate’ style, the music of Paris Musette spread to Canada, the United States and Asia, while the musicians played on world tours. The series sold more than 100,000 copies and was licensed to Sony for distribution in Japan.
Patrick FRÉMEAUX


CD1 PARIS MUSETTE, 1990 (Temps d’audition : 68’32)
1. DOUCE JOIE (valse) 2’49 • 2. LA VALSE A MARGAUX (valse) 3’34 • 3. PASSION (valse) 2’12 • 4. FLAMBÉE MONTALBANAISE (valse) 2’29 •
5. AFRO - MUSETTE (afro-valse) 4’34 • 6. AMARGURA (tango) 2’29 • 7. ADIOS SEVILLA (paso-doble) 2’24 • 8. ANNIE-ZETTE (valse) 2’21 •  
9. MÉLODIE AU CRÉPUSCULE 3’20 • 10. VALSE CHINOISE (valse) 3’13 • 11. POKER D’AS (valse bop) 3’00 • 12. ACCORDÉON 2’58 • 13. LA VRAIE VALSE MUSETTE (valse) 2’25 • 14. MAZURKA TZIGANE (mazurka) 2’46 • 15. RÊVE BOHÉMIEN 3’33 • 16. À MATELO 2’34 • 17. LA FOULE (que nadie sepa mi sufrir) (valse latine) 3’14 • 18. PACIENCIA! (tango) 2’45 • 19. VIVA MURENA (paso-doble) 2’45 • 20. PANIQUE (valse) 2’48 •
21. À PARIS DANS CHAQUE FAUBOURG 3’32 • 22. ENVOLÉE MUSETTE (valse) 1’50 • 23. DEPUIS QUE LES BALS SONT FERMÉS 3’57.

CD2 PARIS MUSETTE, LE RÉPERTOIRE SWING ET MANOUCHE, 1993 (Temps d’audition : 52’37)
1. NANY (valse) 2’40 • 2. MONTAGNE STE GENEVIÈVE (valse) 4’22 • 3. JEANNETTE (valse) 2’20 • 4. LA ROULOTTE (valse) 2’38 • 5. PAPILLONS NOIRS (valse) 4’12 • 6. MYSTÉRIEUSE (valse) 2’27 • 7. LA RABOUINE (valse) 2’10 • 8. BIS’NESS (java) 1’41 • 9. LA VALSE DES NIGLOS (valse) 3’20 • 10. GERMAINE (valse) 3’07 • 11. EXPLOSION « La godasse » (valse) 2’56 • 12. GALLITO (paso-doble) 2’04 • 13. INUTIL (tango) 3’31 •
14. MIRABELLE (valse) 2’16 • 15. DANS MA VERDINE (valse) 2’53 • 16. SWING VALSE (valse) 3’12 • 17. INDIFFÉRENCE (valse) 4’30 • 18. DOUCE REFLEXION (valse) 2’18.

CD3 Paris musette, Vent d’Automne, 1997 (Temps d’audition : 51’18)
1. PARIS MUSETTE (valse) 3’03 • 2 INDIFFÉRENCE (valse) 3’25 • 3. MODULANTE (valse) 3’51 • 4. LES NOCTURNES (valse avec refrain chanté) 4’31 • 5. AVEC ENTRAIN (marche/one-step) 2’47 • 6. LA VALSE DES BARREAUX VERTS (valse) 3’29 • 7. BRISE NAPOLITAINE (valse) 2’45 • 8. VENT D’AUTOMNE (valse) 2’25 • 9. Medley VENT D’AUTOMNE (valse) REPROCHE (valse) BOURRASQUE (valse) 4’51 • 10. LA VICIEUSE (valse) 2’32 • 11. MILIANA (mazurka) 2’02 • 12. ROGER LE VÉNITIEN (valse) 3’13 • 13. LA RITALE (valse italienne) 3’29 • 14. RUE DE LA CHINE (mazurka) 2’04 • 15. TITINE (java) 3’20 • 16. ALHAMBRA (paso) 2’49.


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Lindy Hop, Boogie… L’éclat inimitable des dernières grandes danses du Jazz dans le...

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Le panorama des formations vocales de la période swing. Daniel Nevers présente l' anthologie en 2 CD...

JAZZ LADIES 1924-1962 PIANISTS, TRUMPETS, TROMBONES, SAXES, ORGANS… ALL GIRLS BANDS
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En se limitant en grande partie aux chanteuses, les historiens du jazz ont trop souvent...

JATP - JAZZ AT THE PHILHARMONIC
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Une aura légendaire plane au dessus de l’appellation J.A.T.P. (pour Jazz at the Philharmonic), qui regroupe une...

INTEGRALE LOUIS ARMSTRONG VOL 1
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“Le jazz est la seule musique que j’aime. Et la découverte de King Oliver a été capitale pour moi...

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"Une musique qui n’est pas constamment en contraste, nuancée avec le silence, n’est...

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La musique des Bee Gees, des Eagles ou de Supertramp entre dans le répertoire jazz avec Stan Laferrière. Un...

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Fer de lance de la jeune génération lorraine, icône internationale, Samson Schmitt figure...

CINÉMA PIANO SOLO, 21 CLASSIQUES DE CLAUDE BOLLING EN PIANO SOLO
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 “La musique de film est une petite flamme placée sous l’écran pour l’aider à...

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Le répertoire du cinéma jazzifié par le Claude Bolling Big Band. De Borsalino composé par Claude...

CESARIUS ALVIM - EDDIE GOMEZ - ERIC LE LANN
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Vous voulez parler musique ? Sauf votre respect, je vous dis : silence.
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Un trésor d'amoureux (Billie et Pres) pour amoureux (vous et moi). Lady Day incarne lumineusement la nuit du jazz, le...

BARNEY WILEN
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« Il choisit de tenir un redoutable challenge : être musicien de jazz, uniquement. » Yves...

AURÉLIE CLAIRE PROST
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C’est à la croisée des mondes musicaux, le jazz, le slam, le lyrique, que la compositrice...

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