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L‘âge d’or du
jazz belge

1949 - 1962

Bobby Jaspar, René Thomas,
Jacques Pelzer, Jack Sels,
Toots Thielemans, Fats Sadi.









« Les Belges sont les Américains de l’Europe. »    
    (Michel Houellebecq)


Dans les années 50, la Belgique vit à l’heure américaine et fait le choix de la modernité. En 1958, l’Atomium de Bruxelles accueille l’Exposition Universelle. Une génération de jazzmen d’exception, marqués par le bebop, va s’affirmer sur la scène européenne. Ils ont pour nom : Bobby Jaspar, René Thomas, Jacques Pelzer, Jack Sels, Toots Thielemans, Fats Sadi. Cette anthologie vous propose de découvrir leurs premiers enregistrements.    Philippe COMOY


“The Belgians are Europe’s Americans.” (Michel Houellebecq)  Belgium was living in tune with America in the Fifties, and it chose to be modern: in 1958, the Brussels Atomium would house the Universal Exhibition. And Belgium saw a whole generation of bebop-influenced jazzmen, all exceptional players, rising to prominence on the scene in Europe. Their names were Bobby Jaspar, René Thomas, Jacques Pelzer, Jack Sels, Toots Thielemans and Fats Sadi. This anthology provides the chance to discover their first recordings.
    
Philippe COMOY

L’AGE D’OR DU JAZZ BELGE (1949-1962)

Belgique Années 50
« Les Belges sont les Américains de l’Europe » (Michel Houellebecq sur son blog en 2006)
« J’aimais… ce Belge qui est mort…, le sax, Bobby Jaspar ; J’aimais bien le jazz européen : René Thomas et aussi un vibraphoniste, Sadi » (Georges Perec, Je me souviens du jazz – Jazz Magazine, Février 1979)
Sortant de la guerre et accueillant les GI, le pays se met à l’heure américaine et fait le choix de la modernité. Comme le note le fin sociologue qu’est aussi Michel Houellebecq, le pragmatisme américain convient bien au tempérament belge.
En 1958, Bruxelles et son Atomium accueillent l’Exposition Universelle, consécration de l’ouverture de la Belgique au monde.
Une génération de jeunes jazzmen d’exception, marqués par le bebop, va s’affirmer sur la scène internationale. Ses figures emblématiques : Bobby Jaspar, René Thomas, Jacques Pelzer, Jack Sels, Toots Thielemans, Fats Sadi.
Ils sont saxophoniste, flutiste, guitariste, harmoniciste ou vibraphoniste.
Ils vont imposer leur virtuosité instrumentale et leur talent de compositeur en Belgique, puis à Paris et jusqu’aux USA. Ce coffret vous propose de découvrir leurs premiers enregistrements à Bruxelles, Cologne, Paris, Rome, NYC au cours des années 50.

La « Belgitude »
« Ce territoire n’est pas grand, mais c’est un miroir à mille facettes qui présente en raccourci comme un abrégé du multiple univers. Tous les contraires s’y dressent face à face » (Stephan Zweig dans «  Emile Verhaeren  » - 1910).
Ce petit pays, si jeune (il est né en 1830), si fragile, a toujours eu une grande âme, mu à la fois par la folie des grandeurs et la hantise de sa disparition.
Riche de la confrontation fructueuse même si souvent difficile des cultures romanes et germaniques, il a toujours su renouveler son imaginaire et rester une terre de créativité et de paradoxe.
Des scènes de fêtes de Breughel aux fantaisies surréalistes de Magritte et aux masques grimaçants de Ensor, des aventures de Tintin à celles de Bob Morane, des récits fantastiques de Jean Ray aux romans noirs de Simenon, il a toujours proposé un kaléidoscope de couleurs et d’émotions.
Le jazz venu des Etats-Unis lui offre ses horizons, lointains et proches, exotiques et familiers.

La Belgique et le jazz, c’est une vieille histoire
La Belgique et le jazz se sont rencontrés, depuis bien longtemps, sur bien des plans :
- En 1846, Adolphe Sax invente l’instrument qui porte son nom
- En 1910, Django Reinhardt nait à Liberchies, même si son génie universel dépasse toute frontière
- En 1924, Félix-Robert Faecq publie « Musique magazine » le premier journal qui ouvre largement ses pages au jazz
- En 1932, Robert Goffin écrit « Aux frontières du jazz » et devient le premier écrivain-critique de l’histoire de cette musique
- En 1985, Walter Bruyninckx livre les 35 volumes de sa monumentale discographie du jazz.
Quand elle sort des douloureuses années d’occupation, la Belgique, qui va bientôt voir le Congo, source inépuisable d’imaginaire, s’éloigner, se tourne vers les USA pour y trouver un nouveau modèle fait d’optimisme et d’ouverture à la société de consommation.
La musique du jazz moderne, portée par le génie de Charlie Parker, en sera l’incarnation idéale.

Knokke-le-Zoute, juillet 1958
Alors que dans le ciel de Bruxelles brillent les sphères d’aluminium de l’Atomium, Knokke, la station chic de la côte, le Deauville belge, accueille le Festival Mondial du jazz.
Dans le casino aux murs décorés des fresques de Magritte et célébré plus tard par Brel dans « Chanson de Jacky », vont se succéder du 5 au 15 juillet les plus grands noms du jazz, de Sidney Bechet à Sarah Vaughan, en passant par Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie ou Coleman Hawkins.
A ce gotha US se joignent les belges Bobby Jaspar, Jacques Pelzer et Jack Sels que le programme du festival présente ainsi :
« Bobby Jaspar est un des très rares musiciens européens à jouir d’une réputation de premier ordre aux Etats-Unis où il s’est fixé depuis quelques 2 ans. En 56, Down Beat, la plus grande revue de jazz d’Amérique, l’élisait «  New star  » mondiale des saxes ténors ».
« Sous l’influence successive de Johnny Hodges, Benny Carter, Charlie Parker et Lee Konitz, Jacques Pelzer s’est forgé un langage d’une rare vitalité, pleine de flamme et de lyrisme. Depuis des années, il remporte la place de meilleur sax alto de Belgique ».
« Jack Sels est réputé pour être le sax ténor belge le plus proche du chef de file actuel en Amérique, Sonny Rollins. C’est un «  puncheur  » d’une exceptionnelle vigueur, ne vivant que pour sa musique. Son All Stars belge comprend Benoit Quersin et Jacques Pelzer ».
Ce festival de Knokke-le-Zoute conclut une décennie exceptionnelle qui voit le jazz belge s’affirmer sur la scène internationale.
Ce sont ces années que retrace cette anthologie autour de six figures emblématiques.
Au commencement étaient les Bob Shots
« C’est au cours de la guerre que le jazz a acquis sa plus profonde résonnance. Les hommes n’ont jamais cessé de chercher de nouveaux moyens d’évasion. Le jazz a été celui des jeunes générations de la guerre. Dans le climat de l’occupation, il a créé un monde secret, subtil, où la jeunesse a pu trouver refuge. Le jazz a formé une véritable communauté dont l’influence va grandissante. » (Journal Combat, 23 octobre 1947).
Puisque toute histoire doit avoir un début, la notre commence avec les Bob Shots.
Pendant la guerre, Pierre Robert (guitare) et Bobby Jaspar (tenor sax), enfants de la classe moyenne, avaient formé à Liège un petit orchestre amateur, le « Swingtet du Pont d’Avroy », rebaptisé en avril 44 les Bob Shots.
A l’après-guerre, Jacques Pelzer (alto sax) se joint à eux et l’aventure commence.
Avec un répertoire middle jazz/swing, souvent épaulés par Sadi, ils animent la vie des clubs liégeois, en particulier le Vénitien.
Dès 1947, ils sont les tout premiers à s’enthousiasmer pour le bebop venu d’Amérique, jouent avec Don Byas et font figure de précurseurs en Europe de ce nouveau genre musical, encouragés par leurs fans, « Les gonocoques ».
En 1948 ils ont un long engagement à l’Océan, rue Joffre à Liège, où René Thomas vient souvent jammer avec eux, et où Jack Sels remplace parfois Bobby Jaspar.
En août ils jouent au festival de Knokke pour un concert applaudi par Boris Vian qui fera régulièrement leur éloge dans la presse française :
« L’orchestre des Bob Shots, c’est une formation du tonnerre, la meilleure de ce genre sur le continent ».
« Et vivent les Bob Shots. On n’entend pas cette musique à tous les coins de rue, savez-vous … »
En mai 1949, ils jouent au Festival de jazz de Paris, avant le quintette de Charlie Parker et celui de Miles Davis. C’est une consécration.
Trois 78 tours enregistrés à Paris pour Pacific gardent la mémoire de leur musique. Mais cette époque marque aussi la fin du groupe qui va se dissoudre dans les carrières individuelles de ses brillants solistes.

Bobby Jaspar
Robert « Bobby » Jaspar nait à Liège le 20 février 1926, dans une famille d’artistes (un grand-père musicien, son père peintre).
Il apprend la clarinette et découvre le jazz.
En 1942, il entend le groupe amateur « La session d’une heure » dans lequel joue Jacques Pelzer. Il décide de former avec Pierre Robert le Swingtet du Pont d’Avroy, qui devient les Bob Shots en avril 44. Ils jouent un répertoire swing sous influence Django Reinhardt et Benny Goodman avant d’évoluer vers le bebop.
Jaspar, sous la houlette de son maitre Raoul Faisant, se tourne alors vers le sax tenor et affirme progressivement son propre style, marqué par ses rencontres avec Don Byas en 1947, et Lucky Thompson en 1948.
Il est ensuite l’un des premiers européens à intégrer l’esthétique cool d’un Lee Konitz.
Diplômé de chimie, Bobby Jaspar choisit la voie de la musique, joue en Allemagne avec Sadi, puis rejoint Paris.
Il y retrouve une petite communauté de jazzmen belges (Boland, Quersin, Sadi) qui tirent le diable par la queue.
Dès 1951 il enregistre avec Henri Renaud pour le label Saturne et fait des remplacements dans l’orchestre de Django.
En 1952, il part pour un engagement de 6 mois au dancing Les Cols bleus de Papeete, vite écourté faute de public.
Jaspar décide alors de prolonger son séjour en retrouvant son métier de chimiste. La tentation des iles, que connaitra plus tard Jacques Brel.
Il est de retour à Paris en 53 et sa carrière connait un nouvel élan : engagements et enregistrements qui font de lui une vedette du jazz européen, dont il est un « leader charismatique » (Jazz Hot 1954).
Il joue aux cotés de Sadi (dans son Big Band de la Rose Rouge), de Jimmy Gourley, de Henri Renaud, de Dave Amram, de Chet Baker …
Il compose aussi dans un style west-coast et affirme sa personnalité avec un jeu aérien et souple qui doit beaucoup à Lester Young.
En 1955, il forme un quintette avec Sacha Distel qui joue au Club Saint-Germain.
Il épouse la chanteuse américaine Blossom Dearie qui dirige alors le groupe vocal des Blue Stars.
Cela l’amène à décider du grand départ vers les USA en avril 56. Il a 30 ans.
Plus encore que ses débuts parisiens, ses débuts new-yorkais sont difficiles.
Mais la situation évolue de rencontre en rencontre, avec Gil Evans, puis Miles Davis qui le recommande à J J Johnson dont il rejoint le groupe en 1956.
Son jeu au sax trahit alors l’influence du hard bop qui a les faveurs du New-York de l’époque.
Il y ajoute la pratique de la flute, dont il deviendra un maitre.
Il enregistre plusieurs albums, notamment avec John Coltrane.
Il est élu New Star au referendum annuel des lecteurs de Down Beat en août 1956.
Pendant quelques semaines, il joue dans le quartet de Miles Davis (un titre de gloire qu’il partage avec Barney Wilen) dans un contexte d’ailleurs difficile.
De 1958 à 1960, il multiplie les engagements dans des lieux mythiques comme le Birdland ou le Village Vanguard.
Mais ce musicien pur, qui refuse tout compromis commercial, s’il est admiré du petit monde du jazz, vit dans le dénuement, la dureté de New-York, accompagné par la drogue.
Epuisé, il rentre en Europe, forme un orchestre à succès avec René Thomas pendant les années 61-62, et enregistre avec lui.
Mais l’attraction de New-York reste trop forte. Il y retourne pour hélas y trouver la mort, après une longue hospitalisation et une opération à cœur ouvert, en mars 1963.
Il est enterré, non loin de sa ville natale, au cimetière de Robermont, tout près de son ami René Thomas. Il avait 37 ans.
Personnalité attachante, Bobby Jaspar, dont la gentillesse était reconnue de tous, était un homme d’idéal, à la sincérité et la sensibilité extrêmes, dont la vie peut apparaître comme le long suicide conscient d’un homme à la recherche d’une perfection impossible.

René Thomas
Il nait en 1927 à Liège, « croissant noir de la Meuse sur le front d’un clown blanc » (Jacques Brel, Il neige sur Liège).
Son père tient une fabrique de sacs en toile de jute, dont il s’occupera un moment. Sa famille a aussi repris un café rue Entre-deux-ponts, près du Pont d’Amercœur.
René Thomas découvre la guitare auprès d’un jeune italien, son futur beau-frère. Il se prend de passion pour Django Reinhardt qu’il rencontrera plus tard et qui lui dédicacera sa photo d’un « Au futur Django belge ».
Pendant la guerre il est découvert par Raoul Faisant, le saxophoniste « père du jazz wallon ». Il joue dans l’orchestre de l’accordéoniste Hubert Simplisse et enregistre avec lui. Dès l’après-guerre, il joue avec les Bob Shots de Jaspar et Pelzer. II débarque en 1953 à Paris et rejoint la petite colonie belge déjà constituée.
Il est alors influencé par le jeu de guitare de Jimmy Raney et Billy Bauer (le compagnon de Tristano et Konitz). Il passe professionnel en 1956, laissant définitivement de côté la fabrique de sacs et la vente de voitures américaines (à cette époque la Belgique est devenue le paradis des « Belles Américaines »).
L’appel de l’Amérique est irrésistible et il y suit son compatriote Jaspar au printemps 56. Il joue dans le groupe de Sonny Rollins en 1957 et enregistre avec lui le LP Brass/Trio en 1958 (“I know a Belgian guitar player that I like better than any of the Americans I’ve heard”, Sonny Rollins, interview de Leonard Feather).
Il est de retour en Europe en 1961 et forme avec Jaspar un quintette qui sera la meilleure formation européenne de l’époque avec Daniel Humair à la batterie et Benoit Quersin à la basse (son club le Blue Note de Bruxelles est la base du groupe).
En 1962, il enregistre à Rome un album pour RCA avec Jaspar, puis accompagne Chet Baker sur le LP « Chet is back » ainsi que John Lewis pour la BO d’un film.
Les années suivantes il se partage entre des engagements dans des clubs belges (le Jazz Inn de Liège en particulier) et des invitations à accompagner en concert des jazzmen américains de passage.
En parallèle, se poursuit l’association Thomas/Pelzer que la mort de Jaspar a rapprochés, avec un répertoire aventureux comme, par exemple, des compositions d’Ornette Coleman.
Puis, avec Eddy Louis, il accompagne Stan Getz et son nouveau groupe. Il fait des tournées en Espagne avec l’organiste Lou Bennett. C’est au cours de l’une d’elle qu’il meurt d’une crise cardiaque, en janvier 75, alors qu’il vivait dans un quasi-dénuement.
Il repose dans le caveau familial au cimetière de Robermont, sur les hauteurs de Liège.
On a dit de lui que c’était un géomètre et un styliste. On a proposé l’équation : R (einhardt) + R(aney) = René. Mais, bien sûr, les choses sont plus complexes et plus riches que cela.
Ecoutons quelques témoignages :
- Stan Getz : »René est une sorte de minstrel de la guitare …Il est comme un gitan. Je veux que René soit entendu aux Etats-Unis. Il devrait être mondialement connu » (Jazz Magazine n°188).
- Toots Thielemans : « Il m’a hypnotisé chorus après chorus. Je parle de 1960. René aurait pu être un gourou ».
- Jimmy Gourley : « C’était un personnage expansif, un peu fou, déraisonnable avec ses amis : je garde de lui un immense talent naturel ».
C’était un soliste original, inventif, audacieux et dans la vie courante, un excentrique, fuyant toute convention, perdu derrière ses grosses lunettes et ne vivant que pour sa musique qu’il décrivait ainsi : « Je ne sais pas, moi, je fais des formes géométriques, des carrés, des triangles... ».
A la question : Avez-vous une attitude personnelle dans la vie ? Il répond : « Un certain laisser-aller, oui. J’essaie de ne pas avoir affaire à trop de gens. »
« Savez-vous lire la musique ? Non ; ça ne vous a pas gêné ? Non ; Comptez-vous apprendre ? Non. »
Cet écorché vif avait donné des noms à ses guitares Gibson ES 150 et ES 175 : « Bébelle » et « Crin-crin », comme à des êtres proches et amicaux.

Jacques Pelzer
Le troisième mousquetaire liégeois est né le 24 juin 1924. Comme Thomas et Jaspar, il découvre adolescent le jazz, à travers les disques de Nat Gonella et de Benny Goodman.
Lorsque la guerre éclate sa famille se réfugie à Toulouse. C’est là qu’il se fait offrir son premier saxophone alto dont il apprend à jouer en imitant Johnny Hodges.
De retour à Liège il devient membre de « La session d’une heure » où il joue du dixieland et du swing.
Il rencontre Raoul Faisant qui sera son maitre, comme il le sera pour Thomas, Jaspar et Sadi.
En 1944, à l’arrivée des Américains, il entreprend ses premières tournées, qui le mènent jusqu’en Tchécoslovaquie. Membre des Bob Shots, il découvre comme ses partenaires le bop et décortique les solos de Charlie Parker. Django dira de lui qu’ »il est le premier alto bebop européen ».
A la fin de la période Bob Shots, vers 1948, il joue avec René Thomas, mais poursuit en parallèle des études de pharmacien et s’installe même aux Thiers, à Liège.
Dès 1950 les jazzmen belges rejoignent Paris. Pelzer y séjourne fréquemment, découvre le jazz cool de Konitz et devient vite une figure marquante de la scène européenne. Il voyage en Afrique, enregistre avec des musiciens locaux à Léopoldville et en revient fasciné : « Il y avait deux endroits au monde où on pouvait aller, New York et l’Afrique, la jungle en béton et la jungle naturelle. Bobby a choisi la jungle en béton, moi j’ai fait l’Afrique » (Histoire du jazz à Liège – 1987).
De retour à Liège, il ouvre un club le Birdland et règne sur le petit monde du jazz local.
Il participe dès 1959 à l’aventure annuelle du festival de Comblain-La-Tour, dont il sera un fidèle participant. Il y croise de grands jazzmen américains comme John Coltrane.
Il s’associe avec René Thomas et enregistre avec lui le LP « Meeting », puis part jouer aux USA avec le quintet de Chet Baker, en particulier au Plugged Nickel de Chicago. Pendant ce séjour américain, il découvre Ornette Coleman et le free jazz et se lance dans cette nouvelle musique avec une totale sincérité.
De retour en Europe, il fréquente Steve Lacy en Italie et la scène free du Paris de 1968, avec Archie Shepp et Don Cherry avant de prendre ses distances. Il renoue alors avec son ancien partenaire dans Thomas-Pelzer Limited (TPL), tout en suivant les expérimentations jazz rock.
Rescapé de la scène belge, après les disparitions de Thomas et Jaspar, il perpétue la musique de sa génération en restant fidèle à la scène liégeoise qu’il n’aura jamais vraiment quittée. Il continue d’être actif (auprès de Chet Baker, de Barney Wilen puis avec sa femme Micheline à la batterie) malgré les difficultés économiques et ce jusqu’à sa mort en 1994 dans sa ville natale.

Jack Sels
Né en 1922 à Berchem, un district d’Anvers, il découvre en autodidacte le saxophone et le jazz de Lester Young.
Il fait ses débuts professionnels en 1945 et joue dans les hôtels et les casinos de la côte belge. Il rencontre les autres espoirs liégeois et bruxellois de la scène (Jaspar, Sadi …) et effectue une tournée en France avec René Thomas, Jacques Pelzer et Benoit Quersin.
En 1948 il participe avec Toots Thielemans au festival de Knokke et découvre le bebop lors du passage de Gillespie à Bruxelles. Il monte le All Stars Bop Orchestra (où son jeu montre l’influence de Wardell Gray) avec les vétérans Jay Cameron et Nat Peck, mais aussi Bobby Jaspar et Herman Sandy.
Il donne un concert à succès aux Galeries Artes d’Anvers en octobre 49, avec un répertoire fait de ses compositions, de celles de Gillespie et de Gil Fuller.
Dans la foulée, il crée Jack Sels and his chamber music, sous influence « third stream », avec un mélange de cuivres, de cordes et de bois.
De 51 à 54, il joue en Allemagne, en particulier sur les bases américaines.
De retour en Belgique, il compose en 1955 la musique du film « Meeuwen sterven in de haven » de Roland Verhavert, un des chefs d’œuvre de la nouvelle vague belge. Il participe en 58 à l’album « Jazz in little Belgium » qui présente la scène contemporaine du jazz belge.
En 1959 il est aux côtés de Lucky Thompson et de Sadi pour le EP Bongo Jazz. Il anime à la radio une émission de jazz pour la RTB et joue avec son idole Lester Young peu de temps avant la mort de ce dernier.
Mais les temps sont durs pour les jazzmen et à la fin des années 50, il se retrouve docker sur le port d’Anvers et ne pourra jamais plus vivre vraiment de sa musique. De 1958 à 1962, il enregistre sans grand succès des 45 tours de boogie-woogie et de rock (sous des pseudos divers dont on peut égrener la liste : Sam and his rockin’ five, Rockin’Sam, Sam and the Saxtones, The Twistin’Guy’s, Sam Samson and The Shufflers, Sam Knoble).
En 1961, on découvre à ses côtés un guitariste débutant Philip Catherine, alors âgé de 19 ans.
En 1966, on le retrouve acteur pour un petit rôle dans le film « Het afscheid » (L’Adieu de Roland Verhavert).
Il meurt d’une crise cardiaque dans un quasi-anonymat le 21 mars 1970.
Resté fidèle à sa ville natale, Jack Sels aura peu enregistré et n’aura pas connu un succès comparable à celui des amis musiciens de sa génération.
Il est juste aujourd’hui de lui rendre sa place à leurs côtés, comme un des grands noms du jazz belge de l’après-guerre.

Toots Thielemans
Jean Baptiste Thielemans nait à Bruxelles en 1922.
Ses parents tiennent un café « Le Trapken Af », rue Haute dans le quartier populaire des Marolles, non loin du marché aux puces. Enfant, il y apprend à jouer de l’accordéon.
En 1927, sa famille s’installe à Molenbeek-Saint-Jean. En 1929, Jean Baptiste donne des petits concerts d’accordéon, participe à des tournois et découvre l’harmonica, « la musique à bouche », comme on dit en Belgique.
Pendant la guerre, comme beaucoup d’autres jeunes, il découvre à la radio anglaise, le jazz, musique condamnée par l’occupant et donc particulièrement attirante.
A cette époque, il fait la connaissance de deux autorités en la matière, Carlos de Radzitzky et Albert Bettonville, grands amateurs et collectionneurs de 78 tours de jazz américain.
En 1941, Jean Thielemans acquiert une guitare qui devient son deuxième instrument après l’harmonica.
Il commence à jouer dans de petits groupes et grave des acétates dès 1943.
A la fin de la guerre son choix est fait, il sera musicien.
En 1945, le trompettiste Herman Sandy lui propose de rejoindre son orchestre, le « Jazz hot », qui concurrence alors les Bob Shots de Jaspar. C’est là qu’il acquiert le surnom de « Toots ».
Il joue ensuite dans plusieurs orchestres (Robert de Kers, Ruddy Bruder, …) et participe à plusieurs enregistrements. Il est alors considéré comme un instrumentiste virtuose de la scène belge.
En 1947, 9 ans avant Jaspar, Toots part à New-York, fait ses premières rencontres avec les musiciens US : Howard McGhee, Billy Taylor, Lennie Tristano et découvre le bop.
De retour en Belgique il est devenu une vedette de la scène jazz et joue avec les solistes des Bob Shots au festival de Nice en 1948.
En 1949, il est du fameux concert de Paris avec en vedettes Miles Davis et Charlie Parker. A l’occasion de ce séjour, il enregistre quelques plages pour le label Pacific, en même temps que les Bob Shots. La même année, il rencontre Benny Goodman à Rome et rejoint son prestigieux orchestre aux côtés de Roy Eldridge et Zoot Sims. Ils jouent en particulier en Suède où Toots retrouve Charlie Parker. Ils joueront ensuite ensemble quelques dates aux USA, à Philadelphie.
Fin 1952, Toots décide de s’installer aux USA, aidé par Tony Scott et démarre alors une carrière internationale à succès, à cheval sur le jazz et une musique jazzy proche de la variété. Il joue à nouveau avec Parker et Max Roach, et enregistre en décembre 1952 son premier disque américain sous le nom de Jon Tilmans. Le pianiste aveugle George Shearing lui propose d’intégrer son quintet. Toots y restera 7 ans et tournera avec lui à travers les USA.
En 1955, ils sont de la tournée Birdland All Stars avec Count Basie, Billie Holiday, Lester Young et Miles Davis. Cette même année il enregistre sous son nom son premier LP « The sound of », qui reçoit 4 étoiles (sur 5), dans Down Beat.
A partir de là, sa carrière va crescendo. Il enregistre sans cesse, va de concert en concert, pour devenir un des grands du show business, habitué des studios newyorkais, et guest star toujours sollicitée.
En 1963, il enregistre la première version de son tube « Bluesette » qui deviendra un standard. Il joue pour de nombreuses musiques de film dont le fameux Midnight Cowboy, mais aussi pour Jean de Florette.
Fait baron par le roi Albert II, il arrête sa carrière musicale en 2014 et meurt à Bruxelles le 22 août 2016, à l’âge de 94 ans.
Avec Larry Adler, il aura fait de l’harmonica un instrument reconnu à part entière. Il reste aujourd’hui un des musiciens belges les plus connus au monde.

Fats Sadi

Sadi Pol Lallemand est né à Andenne, près de Namur, en 1927.
Dès l’âge de 9 ans, il est sur scène avec un petit numéro de music-hall où il joue (déjà) du xylophone.
Comme beaucoup, il découvre le jazz avant-guerre, à travers les 78 tours de Louis Armstrong qu’il s’essaie à reproduire.
En 1941, enthousiasmé par Lionel Hampton, il adopte le vibraphone et devient le premier belge à en faire son instrument principal.
A l’après-guerre, il devient professionnel et joue pour les soldats américains avec le Sadi’s Hot Five.
Il rejoint Bruxelles, est hébergé comme René Thomas par Raoul Faisant et devient, peu à peu, le « Hampton belge ».
En 1946, il suit Faisant à Liège et y rencontre Pelzer et Jaspar. Il devient membre des Bob Shots, y joue du vibraphone et du piano, et y chante à l’occasion.
Avec eux il découvre le bebop et son vibraphoniste vedette Milt Jackson.
En 1949, il est, avec les Bob Shots, au festival de Paris où il enregistre quelques 78 tours. Il tourne en Allemagne, puis se fixe à Paris où ses débuts sont difficiles. Il doit jouer du bongo dans des orchestres « typiques » pour survivre.
Mais en 1952 il entre au Bœuf sur le Toit dans la formation d’Henri Renaud qui est l’orchestre de jazz moderne n°1 à Paris.
En avril 53, il est de la dernière session de Django. Il rejoint avec Jaspar l’orchestre de danse d’Aimé Barelli pour une tournée à travers la France.
Sa réputation de vibraphoniste est alors faite. Il multiplie les enregistrements et chante avec les Blue Stars de Blossom Dearie.
En 1953, son premier LP avec Jaspar est édité en France par Vogue et aux USA par Blue Note, où il obtient 4 étoiles dans Down Beat.
En 1955, il peut monter un big band à la Rose Rouge, toujours avec Jaspar. Il y développe ses qualités d’arrangeur et de compositeur.
IL participe en 59 au premier festival de Comblain.
En 1961 il se replie à Bruxelles et joue jusqu’en 1965 dans l’orchestre de Henri Segers.
Il mène sa carrière entre jazz, musique typique et variété en déployant ses talents d’arrangeur.
Il anime des shows à la télévision belge, accompagne des artistes de variété comme Caterina Valente, tout en continuant à enregistrer avec son quartet.
Il se retire ensuite progressivement de la scène.
A la fin des années 80, à la question « Quels sont vos projets ? » Il répond laconiquement « Dormir ».
Affaibli dès 1995, il continue de publier régulièrement quelques disques excellents comme Sadi’s Nonet en 2000.
Il meurt à Huy le 20 février 2009.
Personnage rond et truculent, souvent coiffé d’un improbable chapeau, c’est un showman aux talents d’arrangeur, de compositeur et de multi instrumentiste. Il n’aura sans doute pas eu la reconnaissance internationale que son talent appelait. Il aura contribué, après Hampton son idole, et avec Dany Doriz en France, à faire reconnaitre le vibraphone comme un instrument de jazz à part entière.

Sans oublier de saluer leur mentor
et leurs compagnons de route

Sans leur amitié et leur soutien, la carrière des 6 solistes que nous saluons n’aurait pas été aussi réussie.

Raoul Faisant
Né à Flémalle-Haute, près de Liège, en 1917, il est « le père du jazz wallon ». Aujourd’hui oublié, il fut dans les années 40, un des grands sax tenor européens.
Son grand-père avait joué avec l’orchestre de John-Philip Sousa, un des précurseurs de la musique syncopée. Dès le début des années 40, il enregistre avec les orchestres de Gus Deloof et d’Hubert Simplisse.
A son contact, toute une génération de jeunes talents, Jaspar, Pelzer, Thomas, va découvrir le jazz.
A l’après-guerre, Faisant devient professionnel et joue dans les bars du Pot d’Or et dans les bals de Liège, puis à la Redoute à Jemeppe.
Le numéro 8 de Jazz Hot le présente comme « un extraordinaire virtuose du saxophone, s’exprimant aussi bien au soprano qu’au ténor ».
Par la suite, sa carrière alternera entre jazz traditionnel et musiques commerciales à la mode.
Il sera progressivement délaissé par les tenants du jazz moderne et les amateurs de rock.
Il meurt en 1969 sans laisser derrière lui de disque à son nom.

Francy Boland
Né à Namur en 1929, ce pianiste et arrangeur est dès 1949 de l’aventure des Bob Shots avec les « modernes liégeois ».
Dans les années 50, il est à Paris un arrangeur recherché travaillant en particulier avec Henri Renaud et Sadi. Puis il mène une carrière internationale jusqu’aux USA où il travaille avec Count Basie et Benny Goodman.
En 1962 il monte le fameux Clarke-Boland Big Band avec le batteur Kenny Clarke. Cette formation enchaine les concerts et les disques à succès pendant plus de 10 ans.
Boland s’installe ensuite en Suisse et continue son métier d’arrangeur, en particulier pour Sadi ou Thielemans jusqu’à sa disparition en 2005.

Benoit Quersin

Né à Bruxelles en 1927, il est « le » bassiste de la génération dorée du jazz belge et joue un rôle prépondérant dans la diffusion du jazz en Belgique à l’après-guerre.
Il grandit dans un environnement musical classique, apprend le piano, rencontre Bela Bartok.
Mais il est surtout attiré par la musique de jazz de Fud Candrix, et monte à la Libération son premier orchestre.
Il rencontre Toots Thielemans en 1947 et se consacre dès lors exclusivement à la contrebasse.
Comme ceux de sa génération, il se convertit au bebop, s’installe à Paris et devient une figure incontournable de la scène musicale européenne.
Il enregistre en particulier avec Henri Renaud (1952), Jaspar (1953, 55, 62), Thomas (1955), Pelzer (1958).
Il côtoie les grands du jazz européens et américains comme Chet Baker.
De retour en Belgique, il participe à l’album « Jazz in little Belgium » puis à la session historique Bongo Jazz aux côtés de Sels et Thompson.
Puis il ouvre à Bruxelles un club de jazz « le Blue Note », participe au festival de Comblain-La-Tour, travaille pour la RTB et voyage en Afrique pour collecter des musiques locales pour le Musée de Tervuren.
Après cette carrière multiple et bien remplie, il disparait en 1993.

Eléments discographiques
En dehors d’acétates et autres enregistrements privés, peu de disques témoignent de l’activité des jazzmen belges en Belgique au cours des années 50.
C’est à Paris, en particulier grâce à l’activité des labels Swing et Vogue de Charles Delaunay, que seront gravés la plupart de leurs disques de cette période.
On retrouvera ensuite certains d’entre eux à Rome ou aux USA dans des étapes ultérieures de leurs carrières.
Citons pour mémoire les principaux enregistrements réalisés en Belgique au cours des années 50 :
- La série Innovation de trois 25 cm, lancée par le grand magasin bruxellois en 1955 (Henri Carels, Jacques Pelzer, Herman Sandy)
- Le 25 cm de Jacques Pelzer, Jazz for Moderns, en 1956
- Le 25 cm Jazz in Little Belgium, enregistré en 1958 à l’occasion de l’Exposition Universelle, et qui présente un panorama du jazz belge contemporain
ainsi que :
- Le EP Bongo Jazz de Jack Sels, avec Lucky Thomson enregistré à Cologne en 1959.
Bibliographie
- Dictionnaire du Jazz à Bruxelles et en Wallonie – Ed. Pierre Mardaga, 1991
- Histoire du jazz à Liège – Jean-Pol Schroeder – Ed. Labor- RTBF Liège, 1985
- Jazz in Little Belgium – Livret du coffret 2 CD – Ed. Fondation Roi Baudouin, 2003
- Histoire du jazz en Belgique – Marc Danval – Ed. Avant-Propos, 2014
- Aux frontières du jazz – Robert Goffin (Préface de Pierre Mac Orlan) – Ed. Sagittaire, 1932
- De la Bamboula au Bebop – Bernard Heuvelmans – Ed. Main Jetée, 1951
- Jazz in Little Belgium – Robert Pernet – Ed. Sigma, 1957
- Bobby Jaspar – Jean-Pol Schroeder – Ed. Pierre Mardaga, 1997
- Toots Thielemans - Marc Danval – Ed. Racine, 2006
- Ecrits sur le jazz – Boris Vian – Œuvres complètes tomes 6, 7 et 8 – Ed. Fayard, 1999-2001
- Revues Jazz Hot et Jazz Magazine, en particulier Jazz Hot 208 et 530 (René Thomas), 425 et suivants (Il était une fois le jazz belge)

Philippe COMOY
© 2020 Frémeaux & Associés

Mes remerciements à Marie-Louise Hilde et Annie Larroque



L’AGE D’OR DU JAZZ BELGE (1949-1962)


Fifties Belgium
“I liked… that Belgian who’s dead now… the sax player Bobby Jaspar. I really liked European jazz: René Thomas, and also a vibraphone player, Sadi.” (Georges Perec, “I remember jazz”, Jazz Magazine, February 1979).
Coming out of the war and welcoming the GI’s, the country went American and chose to be modern. As Michel Houellebecq, that choice sociologist, also noted, America’s pragmatism suited the Belgian temperament quite well. In 1958 Brussels and its Atomium welcomed the Universal Exhibition, which consecrated Belgium as a window on the world. A generation of exceptional young jazzmen marked by bebop would assert itself on the international stage. Its emblematic figures, players of the saxophone, flute, guitar, harmonica or vibraphone, were Bobby Jaspar, René Thomas, Jacques Pelzer, Jack Sels, Toots Thielemans and Fats Sadi. Their instrumental virtuosity and compositional talents made them household names in Belgium, and then on to Paris and as far as the USA. This anthology gives you the chance to discover their first recordings made in Brussels, Cologne, Paris, Rome and NYC in the course of the Fifties.

“Belgian-ness”
“The country isn’t big, but it’s a mirror with a thousand facets offering a short-cut like a digest of multiple universes… Everything and its opposite look each other in the eye there.” (Stephan Zweig, in “Emile Verhaeren”, 1910.)
This little country (its birth dates from 1830), so fragile, has always had a great soul, moved simultaneously by delusions of grandeur and the spectre of its disappearance. Rich through its fruitful yet so often difficult confrontation of Roman and Germanic cultures, Belgium has always succeeded in renewing its imagination to remain a land of creativity and paradox.
From the festive scenes in Breughel to the Surrealist fantasies of Magritte and the grimacing masks of Ensor, from Tintin’s adventures to those of Bob Morane, from the fantastic tales of Jean Ray to the detective novels of Simenon, the country has always offered a kaleidoscope of colours and emotions. Jazz came there from the United States to offer its horizons, distant and near, exotic and familiar.
Belgium & Jazz, an old story
Belgium and jazz came together a long time ago, and not only in one aspect:
- In 1846, Adolphe Sax invented the instrument that carries his name
- In 1910, Django Reinhardt was born in Liberchies, even if his universal genius went beyond all borders
- In 1924, Félix-Robert Faecq published “Musique magazine”, the first journal to open wide its pages to jazz
- In 1932, Robert Goffin wrote “Aux frontières du jazz”, thereby becoming the first writer-critic in the history of the music
- In 1985, Walter Bruyninckx delivered the 35 volumes of his monumental jazz discography.
When its painful years of Occupation were over, Belgium, which would soon see the Congo, an inexhaustible source of imagination, grow distant, turned to the United States to find a new model made of optimism that was open to the consumer society. Modern jazz music, carried by the genius of Charlie Parker, would be its ideal incarnation.

Knokke-le-Zoute, July 1958

While the aluminium spheres of the Atomium sparkled in the Brussels sky, Knokke, the chic coastal resort (like Belgium’s Deauville) provided a welcome for the “Festival Mondial du Jazz”. The town’s Casino, its walls decorated with Magritte’s frescoes, and a place later celebrated by Brel in his “Chanson de Jacky”, saw the greatest names in jazz follow each other onstage from July 5-15, among them Sidney Bechet, Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie or Coleman Hawkins. This “Who’s Who” of USA jazz was joined by Belgians such as Bobby Jaspar, Jacques Pelzer and Jack Sels, and they were introduced to the public in the Festival programme in these words:
“Bobby Jaspar is one of the very rare European musicians to enjoy a first-rate reputation in the United States where he has been living for some two years. In ‘56, Down Beat, the greatest jazz magazine in America, elected him the world’s “New Star” among tenor saxophonists.”
“Under the successive influences of Johnny Hodges, Benny Carter, Charlie Parker and Lee Konitz, Jacques Pelzer has forged a new language of rare vitality, full of fire and lyricism. He has been winning Belgium’s ‘best alto saxophone’ ranking for years.”
“Jack Sels has a reputation as the Belgian tenor sax closest to America’s leading player today, Sonny Rollins. He has an extremely vigorous “punch” and lives only for his music. His Belgian “All Stars” group includes Benoit Quersin and Jacques Pelzer”.
That year’s Knokke-le-Zoute festival brought to an end an exceptional decade that saw Belgian jazz impose its presence on the international scene, and those ten years are the period that this anthology retraces around six emblematic figures.

In the beginning were the Bob Shots
“It was during the war that jazz acquired its deepest resonance. Men never ceased looking for new means of escape, and the jazz played was that of the young war generations. In the atmosphere of the Occupation, it created a secret, subtle world in which young people could find refuge. Jazz formed a genuine community whose influence would grow continuously.” (In the paper “Combat”, October 23, 1947.)
Since every story must have a beginning, ours starts with the Bob Shots. During wartime, Pierre Robert (guitar) and Bobby Jaspar (tenor sax), both middle-class children, formed a little amateur group in Liège called the “Swingtet du Pont d’Avroy”. In April ‘44 they were rechristened the Bob Shots. Post-war, they were joined by alto saxophonist Jacques Pelzer and the adventure began. With a repertoire between middle jazz and swing, and often backed by Sadi, they entertained audiences at clubs in Liège, particularly “Le Vénitien”. By 1947, already, they were the first to show excitement for the bebop coming from America; they played with Don Byas and became the European precursors in this new music genre, with encouragement from fans familiarly referred to as “bacteria” (they actually called them “gonococcus”…)
In 1948 the band had a lengthy booking at the Ocean club on the rue Joffre in Liège; René Thomas often went to jam with them there, and Jack Sels sometimes stood in for Bobby Jaspar. That August they played at the Knokke festival, and their concert was applauded by Boris Vian, who regularly sang their praises in the French press, writing, “The Bob Shots group is a super band, the best of its kind on the continent,” or again, “And long live the Bob Shots. You don’t hear this music all over, you know…”
In May 1949 they played at the Paris Jazz Festival, appearing before the quintet led by Charlie Parker and that of Miles Davis. They were definitely there to stay. Three 78’s recorded in Paris for Pacific serve to revive memories of their music, but the period would also mark the end of the group as a unit, which dissolved into brilliant solo careers for its members.

Bobby Jaspar
Robert “Bobby” Jaspar was born in Liège (February 20, 1926) into a family of artists — his grandfather was a musician and Bobby’s father was a painter. Bobby learned to play clarinet and discovered jazz even before 1942 when he went to hear an amateur group called “La session d’une heure” [literally, “The one-hour session”] in which Jacques Pelzer played. Bobby decided to form a band with Pierre Robert: their “Swingtet du Pont d’Avroy” — in April 1944 they took the name “The Bob Shots” — played swing material influenced by Django Reinhardt and Benny Goodman, before they evolved into bebop.
Under the aegis of his mentor and master Raoul Faisant, Jaspar then picked up the tenor saxophone. He gradually developed his own style on the instrument, marked by encounters with Don Byas (1947) and Lucky Thompson (1948), and became one of the first Europeans to integrate the cool style of a Lee Konitz.
After graduating as a chemical engineer Bobby Jaspar decided to devote himself to music full-time, and went to play in Germany with Sadi before moving to Paris, where he met up again with a little community of Belgian jazz players (Francy Boland, Quersin, Sadi) who were all struggling to make ends meet. By 1951, however, Bobby was recording with Henri Renaud for the label Saturne and sometimes standing in with Django’s orchestra. In 1952 he went off for 6 months to play at the Cols Bleus dancehall in Papeete, Tahiti, but his gig was cut short due to a lack of audiences… and so he extended his stay by going back to his old job as a chemist… It was tempting to remain in the Pacific, as Jacques Brel would later prove.
In 1953 Bobby was back in Paris, and his career had a second lease of life: bookings and recordings came often and made him a European jazz star as well as a “charismatic bandleader” (Jazz Hot, 1954). He also played alongside Sadi again (in the latter’s Big Band at the Rose Rouge), and with Jimmy Gourley, Henri Renaud, Dave Amram or Chet Baker etc. Bobby also composed in a West Coast style that established his personality, showing an airy, flexible manner of playing that owed much to Lester Young. In 1955, he formed a quintet with Sacha Distel, and they played at the Club Saint-Germain before Bobby married the American singer Blossom Dearie, who was then leading the vocal group called the Blue Stars, and decided to emigrate to the United States. He left in April 1956 when he was 30.
Bobby Jaspar’s debuts in America were even more difficult than his early days in Paris, but little by little the situation improved after encounters with the likes of Gil Evans, and then Miles Davis, who in turn recommended him to J. J. Johnson, whose band he joined in 1956. Bobby’s sax playing showed the hard bop influence that was popular in New York at the time, and to this he added the flute, which he rapidly mastered, recording several albums, notably with John Coltrane. In “Down Beat”, the magazine’s Readers’ Poll held in August ‘56 voted Bobby its “New Star”, and for a few weeks Bobby joined the quartet of Miles Davis (a role he had in common with Barney Wilen), incidentally in a context that wasn’t easy.
From 1958 to 1960, Bobby would appear often in such legendary venues as Birdland or the Village Vanguard, but he was a pure musician who refused to compromise his playing for commercial considerations and, while admired by the close circle of jazz, he led a hand-to-mouth existence in New York accompanied by drugs. Exhausted, Bobby would return to Europe, and he formed a successful band with René Thomas, with whom he played and recorded from 1961-’62.
But the call of New York was too strong: Bobby returned to America, and it was the end of him. After a long stay in hospital and open-heart surgery, Bobby Jaspar died in America in March 1963. His body returned home to Belgium for burial in the cemetery at Robermont, close to his friend René Thomas. He was only 37. An endearing character whose generosity everyone recognized, Bobby Jaspar was a man of ideals. He was also extremely sincere and sensitive, and his life appeared to some as the long, conscious suicide of a man in search of an impossible perfection.

René Thomas

He was born in 1927 in Liège, “the black croissant of the Meuse on the forehead of a white clown”, (Jacques Brel, “Il neige sur Liège”). René’s father ran a factory that made jute sacks, and René worked there for a time; his family also took over a café on the rue Entre-deux-ponts near the Pont d’Amercœur. René discovered the guitar thanks to a young Italian who would become his brother-in-law, and developed a passion for the music of Django Reinhardt, whom he later met: the latter would autograph a photo for him with the words, “To the future Belgian Django.”
During the war, he was discovered by saxophonist Raoul Faisant, “the father of Walloon jazz”, and he played in the orchestra led by accordionist Hubert Simplisse, with whom he also recorded. As soon as the war was over, René played in the Bob Shots of Jaspar and Pelzer, and in 1953 he went to Paris to join the little Belgian jazz colony there. His influences were guitarists Jimmy Raney and Billy Bauer (who partnered Tristano and Konitz), and René turned professional in 1956, definitively abandoning the manufacture of jute bags (and the sale of American cars, since at the time Belgium had become a paradise for U.S. automobiles…)
America beckoned irresistibly, and René followed fellow-Belgian musician Bobby Jaspar in the spring of ‘56, playing in Sonny Rollins’ band a year later and recording the album “Brass/Trio” with Rollins in 1958: as the tenor-player would say in an interview with Leonard Feather, “I know a Belgian guitar player that I like better than any of the Americans I’ve heard.” Thomas went back to Europe in 1961, and with Jaspar he formed a quintet that became the best in Europe over that period (Daniel Humair played drums, with Benoit Quersin on bass, whose Blue Note club in Brussels became the band’s home.)
In 1962 he went to Rome and recorded an album with Jaspar for RCA before accompanying Chet Baker on his LP “Chet is back”, and then recording a film soundtrack with John Lewis. Over the next few years, René divided his time between club engagements in Belgium (especially the Jazz Inn in Liège) and guesting at concerts given by American jazzmen who’d come to play in Europe. In parallel he continued his collaboration with Pelzer — the pair had grown closer after Jaspar’s death — and their material was quite adventurous, with compositions by Ornette Coleman for example. Together with Eddy Louiss, he accompanied Stan Getz and his new group, and then did some tours in Spain with organist Lou Bennett. It was during one such tour in January 1975, while living in wretched conditions, that he succumbed to a heart attack. He is buried in the family vault at Robermont cemetery overlooking Liège.
People have said of René Thomas that he was both a geometer and a stylist, even proposing the equation: R (for Reinhardt) + R (for Raney) = René. But the reality is more complex, of course, as you can see from these testimonials:
- “René is a sort of minstrel of the guitar… He’s like a gypsy. I want America to hear René. He ought to be world- famous.” (Stan Getz, in “Jazz Magazine” issue 188).
- “He hypnotised me with one chorus after another. I’m talking about 1960. René could have been a guru.” (Toots Thielemans).
- “He was an expansive character, a little crazy and unreasonable with his friends. I mostly think of him as an immense, natural talent.” (Jimmy Gourley).
As a soloist he was original, inventive and daring, and in everyday life he was an eccentric who fled from the conventional, lost behind a large pair of spectacles and living only for his music, which he described as, “I don’t know, I do geometric shapes, squares and triangles…”
When he was asked, “Do you have a personal attitude in life?” his answer was, “A kind of sloppiness, yes. I try not to have to deal with too many people.” And then, “Can you read music?” “No.” “Hasn’t that bothered you?” “No.” “Do you plan on learning?” “No.”
René was a tortured soul but he gave names to his guitars, a Gibson ES 150 and an ES 175 he called them “Bébelle” and “Crin-crin”, as if they were close to him, like friends.

Jacques Pelzer
The third of these musketeers from Liège was born on June 24, 1924, and like Thomas and Jaspar he discovered jazz when he was in his teens, listening to records by Nat Gonella and Benny Goodman. When war broke out he and his family took refuge in Toulouse, where he was given his first alto saxophone as a present. He learned to play by copying Johnny Hodges. Back in Liège he joined the “One-hour session” band, playing Dixieland jazz and Swing, and met Raoul Faisant, who became his master (as he would be for René Thomas, Bobby Jaspar and Sadi.)
When the Americans landed in 1944, Pelzer began his first tours, which took him as far as Czechoslovakia. As a member of the Bob Shots, like his partners he discovered bop and dissected the solos of Charlie Parker. Django Reinhardt said that Pelzer was “the first European bebop alto.”
Once the Bob Shots period was over (around 1948), Pelzer played with René Thomas and in parallel he studied pharmacy, even becoming a chemist in Les Thiers, Liège. But by 1950 Belgian jazzmen were going to Paris, and Pelzer stayed there frequently, discovering the “cool” jazz of Lee Konitz and quickly becoming an influential figure on the European scene. He travelled to Africa to record with local musicians in Léopoldville, and came back fascinated: “There were two places in the world where you could go, New York and Africa: the concrete jungle and nature’s jungle. Bobby chose the concrete one, and me, I went to Africa.” (“Histoire du jazz à Liège”, 1987).
Returning to Liège he opened the Birdland club and ruled over the small local jazz world. As early as 1959 he took part in the annual adventure of the festival of Comblain-La-Tour, of which he would be a faithful participant. He crossed paths with great American jazzmen like John Coltrane. Associated with René Thomas he recorded the LP “Meeting” with him and then left to play with Chet Baker’s quintet in the USA, notably at the Plugged Nickel in Chicago. During this stay he discovered Ornette Coleman and free jazz, launching himself into this new music with total sincerity. When he returned to Europe, he hung out with Steve Lacy in Italy, and appeared on the free jazz scene in 1968 Paris, along with Archie Shepp and Don Cherry, before moving on. He then renewed acquaintances with his former partner in Thomas-Pelzer Limited (TPL), while continuing his jazz-rock experiments.
A survivor on the Belgian scene after the deaths of Thomas and Jaspar, Pelzer perpetuated his generation’s music by remaining loyal to the Liège scene (which he never really abandoned.) He remained active (playing with Chet Baker, Barney Wilen, and then with his wife Micheline, a drummer) despite economic difficulties, until his death in 1994 in his hometown.

Jack Sels
Born in the Antwerp suburb of Berchem in 1922, Jack Sels discovered the saxophone and jazz through Lester Young, and he taught himself to play tenor. He made his professional debuts in ‘45, playing in hotels and casinos along the coast of Belgium. There he met other young hopefuls from the jazz scene in Liège and Brussels, including Jaspar and Sadi, and he toured in France with René Thomas, Jacques Pelzer and Benoit Quersin.
In 1948 he took part in the Knokke festival with Toots Thielemans, and when Gillespie was in Brussels, Jack discovered bebop. He would found the All Stars Bop Orchestra, where his playing showed Wardell Gray influences, with such veterans as Jay Cameron and Nat Peck, but also Bobby Jaspar and Herman Sandy. Jack gave a successful concert in October 1949 at the Galeries Artes in Antwerp, playing material written by Gillespie and Gil Fuller as well as his own compositions. On the heels of that concert he set up a “third stream” group — Jack Sels And His Chamber Music — that combined brass, strings and woodwinds.
Sels would also play on U.S. Army bases in Germany between 1951 and 1954, and on his return to Belgium, in 1955 he composed the music for the film “Meeuwen sterven in de haven» directed by Roland Verhavert, one of the masterpieces in the Belgians’ new wave filmography. In 1958 he played on the album “Jazz In Little Belgium”, which presented the contemporary jazz scene in the country, and in 1958 he appeared on the EP “Bongo Jazz” with Lucky Thompson and Sadi. He also presented a radio show aired on RTB, and played with his idol Lester Young shortly before the latter passed away.
Times were even harder for jazzmen at the end of the Fifties, however, and Jack Sels found himself working as a stevedore at the Antwerp harbour. He would never again earn a real living from his playing. Between 1958 and 1962 he would make a whole series of boogie-woogie and rock titles that met with little success, under a slew of pseudonyms: Sam and His Rockin’ Five, Rockin’ Sam, Sam And The Saxtones, The Twistin’ Guy’s, Sam Samson and The Shufflers, or again Sam Knoble. But in 1961, people did discover alongside him a young guitarist named Philip Catherine, aged 19.
Five years later, Sels was given a minor acting role in Roland Verhavert’s film “Farewells” (“Het afscheid”), but he died of a heart attack on March 21, 1970, while living in almost total anonymity. Jack Sels made few recordings as he remained loyal to his native Flanders throughout his career, and never enjoyed success comparable to that of other musicians of his generation. He still remains one of the great names in Belgian jazz during the post-war era, and it is only fair to do justice to him alongside them.

Toots Thielemans
Jean Baptiste Thielemans was born in Brussels in 1922. His parents owned the café “Le Trapken Af” in the rue Haute, situated in the popular quarter of Les Marolles, not far from the capital’s flea market. He learned to play the accordion as a child, and when he was 5 the family settled in the neighbouring Molenbeek-Saint-Jean. By 1929, Jean Baptiste was giving little concerts with his accordion, entering local contests, and also discovering the harmonica, or “mouth music” as they say in Belgium.
Like many other young people, it was during the war that he discovered jazz listening to English radio; the music was all the more attractive since it was banned by the Belgium’s German occupiers… In those days there were two authorities on the subject of jazz: Carlos de Radzitzky and Albert Bettonville, both great fans and both avid collectors of American-made 78’s. In 1941, Jean Thielemans acquired a guitar, and the instrument would become his second favourite after the harmonica. He began playing in little groups and by 1943 he had already cut his first acetates. His choice was made: after the war he would become a musician.
In 1945, trumpeter Herman Sandy offered him a job with his band “Le Jazz Hot”; their rivals in those days were Bobby Jaspar’s Bob Shots. This was when Jean gained the nickname “Toots”, and he went on to play in several orchestras (led by Robert de Kers, Ruddy Bruder, etc.) and also recorded on several occasions. By now, “Toots” had a reputation as a virtuoso instrumentalist on the Belgian jazz scene. In 1947 he went to New York — nine years before Jaspar — and met American musicians for the first time, among them Howard McGhee, Billy Taylor and Lennie Tristano. He also discovered Bop.
Back in Belgium he became a star on the jazz scene, and in 1948 he played with the soloists of the Bob Shots at the Festival in Nice. The following year saw him at the famous Parisian concert starring Miles Davis and Charlie Parker, and he took advantage of his stay in the capital to record a few tracks for Pacific at the same time as the Bob Shots. He met Benny Goodman the same year (1949) in Rome and joined his prestigious orchestra alongside Roy Eldridge and Zoot Sims. The band played in Sweden and Toots met up again there with Parker. They would later play some dates together in America, in Philadelphia.
Toots decided to make the USA his home in 1952, assisted by Tony Scott, and he began a successful international career playing not only jazz but also popular music in a jazzy vein. He appeared with Parker and Max Roach again, and in December that year he made his first American disc under the name Jon Tilmans. Then the blind pianist George Shearing asked him to join his quintet; Toots would remain with them for seven years, touring throughout the USA with Shearing.
In 1955 they took part in the Birdland All Stars tour with Count Basie, Billie Holiday, Lester Young and Miles Davis, and the same year, Toots recorded his first LP under his own name, “The Sound Of Toots Thielemans”. The magazine Down Beat gave it a 4-star review, and from then on his career would grow crescendo. Toots recorded constantly, giving one concert after another, and he became a genuine showbiz star. He was a familiar sight in N.Y. studios as a highly sought-after guest musician.
In 1963 he recorded the first version of his enormous hit Bluesette, a title that has become a standard, and he did many recordings for feature films including “Jean de Florette” and the famous “Midnight Cowboy.”
Knighted a baron by Belgium’s King Albert II, Toots put an end to his career in music in 2014 and dies two years later in Brussels, on August 22, 2016, at the age of 94. Together with Larry Adler, Toots transformed the harmonica into a recognized solo instrument and today he remains one of the world’s best-known Belgian musicians.

Fats Sadi
Sadi Pol Lallemand was born in Andenne near Namur in 1927. By the age of 9 he was already appearing onstage with a little music-hall number in which he (already) played the xylophone. Like many others, he discovered jazz before the war, listening to 78’s by Louis Armstrong, whom he tried to copy. In 1941 he became a great fan of Lionel Hampton and adopted the vibraphone; he became the first Belgian to make the vibes his first instrument.
Post-war, Sadi turned professional and played for American soldiers with his band, Sadi’s Hot Five. He moved to Brussels, where Raoul Faisant gave him a roof, like René Thomas, and little by little, Sadi became “the Belgian Hampton.” In ‘46, following Faisant to Liège, he met Pelzer and Bobby Jaspar and joined their Bob Shots to play vibraphone and piano (he also sang occasionally). While with the group, he discovered bebop and the genre’s star vibraphone-player, Milt Jackson.
He appeared at the Festival de Paris in 1949 with the Bob Shots, also recording a few 78’s. He toured in Germany and then settled in Paris, where his debuts turned out to be difficult as he had to play bongos in “Latin” dance bands in order to survive. But in 1952 he joined the house band at the Bœuf sur le Toit… This band led by Henri Renaud was the N°1 modern jazz outfit in Paris. The following year, in April, Sadi played on Django Reinhardt’s ultimate session before joining Aimé Barelli’s dance orchestra with Bobby Jaspar for a full French tour. By then his reputation as a vibraphonist was second to none, and he made many recordings (and also sang with the Blue Stars vocal group led by Blossom Dearie.)
His first album with Jaspar in 1953 was released in France by Vogue and in the USA by Blue Note. It received 4 stars in Down Beat. Two years later, Sadi was able to take his own big band into the Rose Rouge (still with Jaspar), and with this orchestra he gave free rein to his qualities as a composer and arranger. In 1959 he appeared at the first Comblain festival, and in ‘61 he returned to Brussels, where he played in Henri Segers’ orchestra until 1965, while enjoying a career that steered a course between jazz, Latin music and pop while he continued his work as an arranger. Before retiring, Sadi presented shows for Belgian television and accompanied popular entertainers like Caterina Valente, while continuing to record with his own quartet.
At the end of the Eighties, when asked about his projects, his laconic reply was, “Sleep.” He reduced his engagements as he neared his Seventies but continued to release excellent records regularly, like his Nonet album in the year 2000. Sadi would pass away in Huy on February 20, 2009.
A chubby, colourful character who often wore an unlikely hat, Sadi was a showman who escaped international recognition despite his gifts as an arranger, composer and multi-instrumentalist. But together with his idol, Hampton, and Dany Doriz in France, Sadi largely contributed to make the vibraphone a jazz instrument all on its own.

Their Mentor, and their companions
Without the friendship and support of the following, the careers of the above six soloists would have no doubt not been as complete.


Raoul Faisant
Born in Flémalle-Haute, near Liège, in 1917, Faisant was known as the “Father of Walloon Jazz.” Today he is forgotten, but in the Forties he was one of the great European tenors. His grandfather had played in the orchestra of John-Philip Sousa, a precursor in the world of syncopated music, and as early as the beginning of the Forties, Faisant was recording with the orchestras led by Gus Deloof and Hubert Simplisse. A whole generation of young musicians, including talents like Jaspar, Pelzer and René Thomas, would discover jazz through Raoul Faisant. Raoul became a professional musician after the war and played in bars at the Pot d’Or and in Liège dancehalls before he appeared in Jemeppe at the Redoute. Jazz Hot magazine’s Number 8 issue referred to Faisant as “an extraordinary virtuoso of the saxophone, expressing himself equally well on soprano and tenor,” while his later career alternated between traditional jazz and popular commercial music. He gradually lost favour with supporters of modern jazz and rock fans. He would die in 1969 without a record to his name.

Francy Boland
Born in Namur in 1929, this pianist and arranger found himself in the Bob Shots’ adventure as early as 1949 along with the “Liège moderns.” In the Fifties he went to Paris as a sought-after arranger, working especially with Henri Renaud and Sadi, and then went on to the USA and an international career in the company of Count Basie and Benny Goodman, before setting up the famous Clarke-Boland Big Band with drummer Kenny Clarke in 1962. This orchestra would be successful in concerts and on records for more than a decade. After moving to Switzerland, Boland continued to work as an arranger (particularly for Sadi or Toots Thielemans) until his death in 2005.

Benoit Quersin
Born in 1927 in Brussels, Quersin became the best-known bassist in the golden generation of Belgian jazz, and he played a preponderant role in the spread of jazz throughout Belgium after the war. He grew up in a classical music environment, learning to play the piano and meeting Bela Bartok, but he was attracted the most to the jazz of Fud Candrix, and Quersin set up his own band at the end of the Occupation. He met Toots in 1947 and from then on he devoted himself exclusively to the double bass. Like others in his generation, he was a convert to bebop, and after settling in Paris he became an unavoidable figure on Europe’s music scene. Quersin recorded notably with Henri Renaud (1952), Bobby Jaspar (1953, ‘55, ‘62), René Thomas (1955) and Jacques Pelzer (1958), while appearing alongside great jazz players either European or American, like Chet Baker.
Quersin appeared on the album “Jazz In Little Belgium” and took part in the historic Bongo Jazz session alongside Sels and Thompson before he opened the Blue Note jazz club. He also appeared at the Comblain Festival, worked for the RTB, and travelled to Africa to collect local music for the Tervuren Museum. He died in 1993 after a long and fruitful career.
Discography
Apart from acetates and other private recordings, there are few discs testifying to the studio activities of Belgian jazzmen over the Fifties. Most of the records made during that period were cut in Paris, thanks especially to the prolific Swing and Vogue labels run by Charles Delaunay, but there were others made in Rome or the USA by some of the above artists in the later stages of their careers. As a reminder, the following are the principal recordings made in Belgium in the course of the Fifties:
· The Innovation series of three 10” records made in 1955 for the Brussels department-store (by Henri Carels, Jacques Pelzer, Herman Sandy)
· Jacques Pelzer’s 10” record Jazz for Moderns (1956)
· Jazz in Little Belgium, the 10” disc made in 1958 on the occasion of the Universal Exhibition, which presented a panorama of contemporary jazz in Belgium
Plus the EP Bongo Jazz, by Jack Sels with Lucky Thompson (1959), which was recorded in Cologne.

Adapted by Martin Davies
from the French text of
Philippe COMOY

Thanks to Marie-Louise Hilde and Annie Larroque


© 2020 Frémeaux & Associés


DiscographIE

CD 1

• Formation sur 1 :
Pierre Robert (ldr, g, arr), Jean Bourguignon (tp), Jacques Pelzer (as), Bobby Jaspar (ts), Francy Boland (p), Fats Sadi (vib), Jean Warland ou Georges Leclercq (b), John Ward (d)
Pacific 2325 - Paris - 13/05/1949
• Formation sur 2-3-4-5-6-7-8-9 :
Bobby Jaspar (ts), Henri Renaud (p) out on #4, Jimmy Gourley (g) out on #4, 9, Benoit Quersin (b), Jean Louis Viale (d), Fats Sadi (vib) on #4, 7, 9
Vogue LD 143 - Paris - 22/05/1953
• Formation sur 10-11-12-13-14-15-16 :
René Thomas (g), Buzz Gardner (tp), Henri Renaud (p), Jean-Marie Ingrand (b), Jean-Louis Viale (d)
Vogue LD 210 - Paris - 05/05/1954
• Formation sur 17-18-19 :
Bobby Jaspar (ts, fl) out on #17, René Thomas (g), Amadeo Tommasi (p), Maurizio Majorana (b), Franco Mondini (d)
RCA (Ital.) LPM 10324 - Rome - 10/1961

 1-
The BOB SHOTS -
Boppin’ at the doge (F. Coppieters)     2’43
 2- BOBBY JASPAR - Jeeper’s creepers (Warren)    3’28
 3- BOBBY JASPAR -
La fin d’un roman d’amour (Redding)    3’44
 4- BOBBY JASPAR -
Struttin’ with some barbecue (Armstrong)    3’33
 5- BOBBY JASPAR - Bernie’s tune
(La baronne) (Miller)    3’51
 6- BOBBY JASPAR - Tout bleu, tout bleu
(black horse) (Gilbert-Stolz)    3’37
 7- BOBBY JASPAR - Strike up the band (Gershwin)    3’14
 8- BOBBY JASPAR - Jimmy’s dream (Raney)    3’45
 9- BOBBY JASPAR - Tenor business (Jaspar)    2’39
10- RENE THOMAS - Burt’s pad (Renaud)    5’06
11- RENE THOMAS - Chicago (Fisher)    2’50
12- RENE THOMAS - Autobuzz (Thomas)    2’58
13- RENE THOMAS - Indiana (Hanley-McDonald)    2’02
14- RENE THOMAS - Get out of town (Porter)    3’29
15- RENE THOMAS - ‘Tis autumn (Nemo)    4’26
16- RENE THOMAS - Thomasia (Thomas-Renaud)    4’24
17- THOMAS - JASPAR - Oleo (Rollins)      5’02
18- THOMAS - JASPAR -
I remember Sonny (Thomas)    8’33
19- THOMAS - JASPAR -
Theme for Freddie (Thomas)     4’15


CD 2
• Formation sur 1-2 :
Jacques Pelzer (as), Herman Sandy (tp), René Thomas (g), Jean Fanis (p), Paul Dubois (b), Rudy Frankel (d)
Innovation LP2 - Bruxelles - 18/05/1955
• Formation sur 3-4-5-6-7-8 :
Jacques Pelzer (as), Herman Sandy (tp), Jean Fanis (p), Jean Warland (b), Jo de Muynck (d)
Jazz for moderns Fiesta LP56 - Bruxelles - 08/03/1956
• Formation sur 9 :
Jacques Pelzer (as), Milou Struvay (tp), Joel Vandroo­genbroeck (p), Benoit Quersin (b), Jean- Pierre Gebler (bs), Vivi Mardens (d)
Jazz in little Belgium LP, DECCA LP 123260 - Bruxelles - avril 1958
• Formation sur 10 :
Jean-Jacques «Jack» Sels (ts) arr, Jean Fanis (p), Jean Warland (b), Rudy Frankel (d)
Jazz in little Belgium LP, DECCA LP 123260 - Bruxelles - avril 1958
• Formation sur 11-12 :
Jack Sels (ts), Lucky Thompson (ts), Benoit Quersin (b), Jack Fanis (p), Ado Broodboom (tp),
Rudy Frankel (d), Fats Sadi (vib)
Bongo Jazz EP Manhattan 66126 - Cologne - 07/02/1959
• Formation sur 13-14-15-16-17-18 :
Jack Sels (ts), Lou Bennett as “Goliath” (org), Philip Catherine (g), Oliver Jackson (d)
(14-15-16) Delahay 14028
(13-17-18) Best seller 4CO 54-977554 - Bruxelles - 19/09/1961

 1-
JACQUES PELZER -
There will never be another you (H. Warren)     4’01
 2- JACQUES PELZER - Whose blues (L. Niehaus)    2’56
 3- JACQUES PELZER - Shank’s prank (S. Rogers)    4’15
 4- JACQUES PELZER - Wailing wall (D. Lamphere)    5’47
 5-
JACQUES PELZER -
Salute the band box (G. Gryce)    5’37
 6- JACQUES PELZER - Saul (H. Sandy)    3’19
 7- JACQUES PELZER - These foolish things + you and
the night and the music (Marvell-Strachay-Link)    3’56
 8- JACQUES PELZER - Confirmation (C. Parker)    7’20
 9- JACQUES PELZER -
Don’t smile (Pelzer - Quersin)    2’47
10- JACK SELS - Rain on the Grand’place (J. Sels)     2’33
11 - JACK SELS & LUCKY THOMPSON -
Ginger (J. Sels)    2’55
12 - JACK SELS & LUCKY THOMPSON -
Minor works (J. Sels)    3’32
13- JACK SELS - Thunderstorm (blues 1000)
(Orsow - Husting)    4’53
14 - JACK SELS - On stage (J. Sels)    4’06
15 - JACK SELS - Black velvet (Huffnaggle)    3’06
16 - JACK SELS - African dance (Bellson)    2’09
17 - JACK SELS - Blues for a blonde (J. Sels)    3’24
18 - JACK SELS - Bay’s way
(a wise guy) (Huffnaggle)    8’38



CD 3

• Formation sur 1-2-3-4 :
Toots Thielemans (hca), Billy Desmedt (org), Jean Hundstadt (b), Rudy Frankel (d)
(1-2) DECCA/OMEGA 21443 - (3-4) DECCA/OMEGA 21444 - Bruxelles - 15/06/1951
• Formation sur 5-6-7 :
Toots Thielemans (hca), Billy Desmedt (or g), Jean Warland (b), Rudy Frankel (d)
(5-6) DECCA/OMEGA 21538 (7) DECCA/OMEGA 21539 - Bruxelles - 3/10/1951
• Formation sur 8-9-11 :
Toots Thielemans (hca, g), Toots Mondello (ascl), Artie Beck (ascl), Carl Prager (bsax), Georges Berg (ts,cl), Tony Mottola (g), Oscar Pettiford (b), Cliff Leeman (d)
LP Columbia CL 658 - New York - Spring 1955
• Formation sur 10-12-14 :
Toots Thielemans (hca, g),Lou McGarity (tb), Al Godlis (tb), Bill Rauch (tb), Jack Satterfield (tb), Tony Mottola (g), Oscar Pettiford (b), Cliff Leeman (d)
LP Columbia CL 658 - New York - Spring 1955
• Formation sur 13 :
Toots Thielemans (hca, g), Ray Bryant (p), Wendell Marshall (b), Bill Clarke (d)
LP Columbia CL 658 - New York - Spring 1955
• Formation sur 15-16-17-18-19-20-21-22 :
Fats Sadi (vib, arr.), Roger Guérin (tp, tuba), Nat Peck (tb), Bobby Jaspar (ts), Jean Aldegon (b-cl), Maurice Vander (p), Jean-Marie Ingrand (b), Jean-Louis Vial (d), Francy Boland (arr.)
Vogue LP LD 212 - Paris - 08/05/1953
• Formation sur 23 :
Vocal Octet and orchestra : Blossom Dearie, Christiane Legrand, Nadine Young, Jeannine de Waleyne, Fats Sadi, Christian Chevalier, Roger Guérin, Jean Mercadier
Barclay EP 70027 - Paris - 1956
• Formation sur 24-25 :
Sadi (vib), Roland Ronchaud (p), Jean Warland (b), Freddy Rotier (d)
Palette EPP 7226 - Bruxelles - fin 1961

 1- TOOTS THIELEMANS -
Red devils boogie (T. Thielemans)    2’59
 2- TOOTS THIELEMANS - That’s a plenty (Pollack)    2’56
 3- TOOTS THIELEMANS -
Harmonica rag (T. Thielemans)    2’37
 4- TOOTS THIELEMANS -
Harmonica shuffle (T. Thielemans)    2’30
 5- TOOTS THIELEMANS -
At the darktown strutter’s ball (Shelton Brooks)    2’30
 6- TOOTS THIELEMANS -
Toots blues (T. Thielemans)    2’56
 7- TOOTS THIELEMANS -
Happy go lazy (T. Thielemans)    2’39
 8 - TOOTS THIELEMANS -
On the Alamo (Kahn-Jones)    2’21
 9- TOOTS THIELEMANS -
Sophisticated lady (Mills-Parish-Ellington)    3’01
10- TOOTS THIELEMANS - I let a song go out
of my heart (Mills-Nemo-Redmond-Ellington)    2’25
11- TOOTS THIELEMANS -
Stars fell on Alabama (Parish-Perkins)    3’14
12- TOOTS THIELEMANS -
Skylark (Mercer-Carmichael)    2’04
13 - TOOTS THIELEMANS -
Sonny boy (Jolson-DeSilva-Brown-Henderson)    4’27
14- TOOTS THIELEMANS -
Cocktails for two (Johnston-Coslow)    2’15
15- SADI - Sadisme (Boland)    2’29
16- SADI - Sweet feeling (Michelot)    3’33
17- SADI - Thanks a million (Whitton)    3’17
18- SADI - Big balcony (Jaspar)    3’32
19- SADI - Karin (Boitel)    3’38
20- SADI - Laguna leap (Laguna)    3’05
21- SADI - Ad libitum (Boland)    3’20
22- SADI - Ridin’high (Porter-Arr. Vander)    3’21
23- LES BLUE STARS -
Jumping at the woodside (Basie)    2’58
24- SADI - Dear old lady (Sadi)    5’13
25- SADI - Hegor (Sadi)    4’45


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