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THE GREATEST BLUES SHOUTERS 1944 - 1955
Réf. : FA5166

THE GREATEST BLUES SHOUTERS 1944 - 1955

BIG JOE TURNER, JIMMY WITHERSPOON, LOUIS JORDAN

ARTISTES DIVERS
Direction artistique : JACQUES MORGANTINI
Label : FREMEAUX & ASSOCIES
Nombre de CD : 2
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Distinctions :
* * * * JAZZMAN / RECOMMANDÉ PAR JAZZ CLASSIQUE
"Les blues shouters sont parmi les plus grands chanteurs que nous ait donné l’Amérique noire. Leurs voix puissantes, émouvantes, et parfois déchirantes n’en finissent pas de résonner encore aujourd’hui. Jacques Morgantini, avec le concours de Jean Buzelin, nous fait revivre cette histoire par ses 40 titres les plus expressifs."
Patrick Frémeaux

Droits audio : Groupe Frémeaux Colombini SAS - Le Patrimoine Sonore - Notre mémoire collective - Histoire du Rythm N Blues et Soul Music.

Coffret 2 CD et livret 32 pages :
Big Joe Turner : Feeling so sad • Still in the dark • Poor lover’s blues • T.V. Mama • Shake rattle & roll - Jimmy Rushing : Jimmy’s blues • Somebody’s spoiling these women • Goin’ to Chicago Blues • Boogie Woogie (I may be wrong) • Every day I have the Blues - Wynonie Harris : Here comes the Blues • In the evening • Good rockin’ tonight • Bloodshot eyes • Night train - Big Joe Turner & Wynonie Harris : Goin’ home - Eddie Vinson : Somebody’s got to go • Juice head baby • Cherry red Blues • My big brass bed is gone - Jimmy Witherspoon : Spoon calls hootie • Blues in trouble • Two little girls • Jay’s blues - Sonny Parker : Sad feeling • Pretty baby • Helpless • She set my soul on fire • Worried life blues - Tiny bradshaw : The blues came pouring down • T-99 • The train kept-a-rollin’ - Louis Jordan : Let the good time roll - H-Bomb Ferguson : Give it up • You made me baby - Eddie Mack : Mercenary papa • Heart throbbing blues - Piney Brown : How about rocking with me - Roy Brown : Dreaming blues - Smiley Lewis : Lowdown.
Liste des articles de presse consacrés à ce CD :
- "Une somme des meilleurs et plus significatifs "crieurs" de blues" par Biblionline
"Les collections Frémeaux & Associés sont célèbres pour leurs compilations thématiques. Celle-ci présente une somme des meilleurs et plus significatifs "crieurs de blues". Du plus connu Big Joe Turner qui fit entendre sa voix de baryton aux côtés du pianiste Pete Johnson en pleine prohibition à Kansas City, à Jimmy Rushing chanteur attitré de l’orchestre de Count Basie. Du crooner séducteur Wynonie Harris au saxophoniste chanteur Eddie « Cleanhead » Vinson à la voix phonogénique de Jimmy Witherspoon. Tous les grands orchestres de jazz avaient leurs chanteuses mais aussi leurs chanteurs pour les ballades séduisantes ("She set my soul on fire" mais aussi pour chauffer la salle et le band avec des blues-boogies particulièrement endiablés ("How about rocking with me", aux paroles parfois sexistes ("TV Mama", "Bloodshot eyes"), à double sens ("My big brass bed is gone"), ou dans la plus pure tradition du blues "geignard" ("Helpless" avec Lionel Hampton et Sonny Parker) véritable défouloir pour la population noire qui se pressait à ces soirées. Devant l’augmentation des shouters et l’engouement du public, on organisa dans les années 45/47 des batailles de chanteurs tout comme il y avait dans les années 20 des rent- parties (compétitions de musiciens et de claquettistes). (Cf  "Goin’ home" CD 1). On doit à certains d’avoir fait évoluer le jazz du bues vers le rhythm’n’blues et le rock’n’roll ( Louis Jordan). Significatif sur le titre "The train kept-a-rollin". On entend d’ailleurs selon les titres la pulsation qui change et on reconnaît ça et là comme les fantômes du King et de The Genius. Les héritiers en droite ligne de ces blues shouters au début de leur carrière." Albi Bop - Biblionline.com
- Recommandé par le Musée du Quai Branly
"Un voyage au coeur des voix les plus célèbres du Blues." Musée du Quai Branly
- « The greatest blues shouters » par le Bulletin du Hot Club de France
       Ce double album présente les plus importants artistes d’un mode d’expression particulièrement attrayant qui marqua l’histoire du jazz. Ces blues shouters privilégiaient le dynamisme, la force expressive sans pour cela sacrifier le côté émotionnel et ils bénéficiaient généralement de l’accompagnement de jazzmen jouant dans le même esprit. Un livret copieux et intéressant donne toutes les informations voulus sur ce panorama parfaitement représentatif, le texte et la judicieuse sélection des enregistrements sont dus à Jacques Morgantini.
       Le CD 1 débute avec le champion de la catégorie, le boss, Big Joe Turner dont la voix magnifique, ardente et chaleureuse, envahit l’espace. Dans Feeling so sad, idéalement accompagné par le piano de Pete Johnson et une section de saxes, il montre à la fois énergie contenue et feeling. Sa voix nonchalante et admirablement timbrée fait merveilles dans Still in the dark et Poor lover’s blues avec robuste accompagnement orné d’une élégante pratie de piano de Harry Van Walls. Dans le titre suivant, T.V. Mama, il reçoit la réplique de la guitare d’Elmore James, quant à Shakr rattle & roll, cette interprétation dégage un swing monumental.
       Les cinq plages suivantes reviennent à l’autre géant de la spécialité, Jimmy Rushing, entendu d’abord avec le soutien somptueux du grand orchestre de Count Basie et escorté de Dicky Wells dans Jimmy’s blues. Sa voix ardente, toujours extrêmement prenante, reçoit sur Somebody’s spoiling these women le soutien de Frank Galbreath à la trompette cependant que Jimmy Shirley déroule une stimulante partie de guitare. Un orchestre all-stars, comme on en réunissait quelques fois à cette époque bénie, l’accompagne par des riffs cependant que Sammy Price s’active au piano dans Goin’ to Chicago blues et Boogie woogie. Un autre all-stars, avec généreuse contribution de Pete Johnson, l’entoure dans Everyday I have the blues.
       L’excellent Wynonie Harris possède une vitalité contagieuse. Dans Here comes the blues, son vocal partage la vedette avec le saxo ténor d’Illinois Jacquet. Il se trouve en compagnie d’Hamptoniens, dont Milt Buckner très présent au piano, dans In the evening et dans son grand succès, Good rockin’ tonight, avec Hot Lips Page à son côté. Sa fougue entrîne ses partenaires dans Bloodshot eyes et même le grand orchestre qui l’assiste dans Night train. Dans Goin’ home, il participe à un duo avec Big Joe Turner, celui-ci débute avec deux chorus puis Wynonie Harris suit pour deux autres. On notera la différence d’ampleur de leurs voix.
       Eddie Vinson occupe les quatre dernières plages du CD1. Dans Somebody’s got to go, accompagné par le grand orchestre de Cootie Williams, il donne une version convaincante du blues de Big Bill. Il attaque ses deux succès, Juice head baby et Cherry red blues, par un solo d’alto et chante ensuite d’une voix étranglée mais néanmoins éclatante. My big brass bed is gone bénéficie d’un soutien solide d’où émerge le piano de Milt Buckner.
       Le CD2 s’ouvre sur quatre plages réservées à Jimmy Witherspoon doté, lui aussi d’une voix robuste et éclatante. Avec l’orchestre qui le réléva, celui de Jay McShann, il swingue plein d’autorité Spoon calls Hootie. Un ensemble assez important dirigé par le ténor Maxwell Davis, l’accompagne dans Blues in trouble et Two little girls. Porté par les riffs d’un groupe réduit il lance un vocal plein d’envolée dans Jay’s blues.
       Se placent ensuit cinq interprétations de Sonny Parker, superbe chanteur, dont la très brève carrière explique qu’il soit parfois négligé. Associé à l’orchestre Lionel Hampton, il enregistra essentiellement entouré d’Hamptoniens (l’intégrale parue sur CD Blue Moon puis CD EPM Blues Collection, cf. Bulletins 473 et 515) voise avec le big band au complet dans l’émouvant Sad feeling. Sonny Parker se déchaîne dans Sehr set my soul on fire sur tempo vif avec solos de Johnny Board (ts), Billy Mackel (g), Al Grey (tb). Dans les interprétations en tempo lent, il s’exprime avec un profond feeling : Pretty baby (avec la connivence du guitariste Wes Montgomery), Helpless (super Hampton au vibraphone) et Worried life blues (Lit Buckner à l’orgue et Al Grey).
       Tiny Bradshaw, renommé comme chef d’orchestre, était également shouter efficace comme le prouve The blues came pouring down, avec la complicité du guitariste, t-99, avec chœur des musiciens répétant le titre et intervention préemptoire de Red Prysock qui récidive dans The train kept-a-rollin’. Après le populaire Louis Jordan qui swingue le non moins populaire Let the good times roll, arrivent trois chanteurs peu connus. Booby Ferguson débuta sous le sobriquet de Cobra Kid avant que Savoy ne le surnomme H-Bomb, en référence à une énergie communicative (Give it up, You made me baby). Eddie Mack chante en force plus qu’en nuance, accompagné par Cootie Williams dans Mercenary papa et un contingent de l’orchestre Erskin Hawkins dans Heart throbbing blues, quant à Piney Brown, il possède une voix plus sourde et statique (How about rocking with me).
       Roy Brown fut célèbre (et influent) aux USA mais la malchance voulut qu’il passe longtemps inaperçu chez nous. Sa voix se distingue par une ampleur et une chaleur remarqables ; dans Dreaming blues il chante avec un feeling empoignant. Enfin, Smiley Lewis a souvent des accents proches de Big Joe Turner et il conclut avec Low-down soutenu par la trompette de Dave Bartholomew et l’insistant piano de Tuts Washington.
       Ce passionnant panorama présente des artistes sachant ce que chanter veut dire (surtout ne pas se laisser par l’appellation shouter) donc dans aucune relation avec la quasi-totalité des consternantes vedettes vantées aujourd’hui par les médias.
A.V. – BULLETIN DU HOT CLUB DE FRANCE
- « The greatest blues shouters 1944-1955 » par Soulbag
On sait à quel point la maison Frémeaux & Associés soigne ses editions pour nous faire connaitre un artiste ou un style musical. Non seulement ils ne dérogent pas à leur règle avec cette anthologie, mais ils se surpassent. L’école des blues shouters est née dans les années 30 à Kansas City et connut son heure de gloire à l’époque où les grands orchestres sillonnaient les Etats-Unis. C’est bien sûr parce que les chanteurs devaient pousser leur voix pour se faire entendre au sein des big bands qu’on les qualifia de hurleurs/shouters. Les héros du genre furent, par ordre d’apparition, Jimmy Rushing, Big Joe Turner, Eddie Vinson et Jimmy Witherspoon. Joe Turner n’est peut-être pas le premier, mais c’est lui qui va populariser ce style et en être l’ambassadeur jusqu’à sa mort en 1984 ; toutes les facettes de son art sont ici bien représentées. En suivant l’évolution de ses cinq titres, nous pouvons comprendre comment il a contribué à la naissance du rythme & blues. Chanté de sa puissante voix au drive magistral Shake rattle & roll est l’exemple parfait du rock’n’roll naissant. C’est dans un domaine plus jazz que les trois autres évoluèrent au sein des orchestres de Count Basie, Lionel Hampton, Jay McShann et Cootie Williams. Ces quatre créateurs vont faire école, provoquant les vocations de Tiny Bradshaw, Wynonie Harris, H-Bomb Ferguson ou Sonny Parker, ici représentés, et de quelques autres. Le succès des blues shouters va décroître à mesure que le rock and roll s’étend, ils continuèrent néanmoins leur carrière. Si Louis Jordan n’appartient pas directement à cette tradition, sa présence ici est justifiée par le célèbre Let the good times roll. Pour ceux qui ne seraient pas familiarisés avec ce courant historiquement important de l’histoire du jazz et du blues, ce double CD offre, avec un confort d’écoute exceptionnel, un formidable panorama concocté par le grand connaisseur qu’est Jaques Morgantini. Vraiment jubilatoire.       
Danny « Louis » GARCON – SOULBAG
- « CD-Audio » par Croire aujourd’hui
Entre le blues et le rock’n’roll, ces chanteurs sont bouleversants. L’amplitude sonore de leur voix semble naturelle, jamais forcée. Même quand ils crient, c’est l’âme qui soupire. Derrière eux, des orchestres de très haute tenue. Un document magnifique.
P.C. - CROIRE AUJOURD’HUI
- « The greatest blues shouters 1944-1955 » par Prestige Audio Video
Après ses compilations, toutes superbes, sur le blues de la Nouvelle-Orléans, des hillbillies, de Californie, de Chicago, du Delta, Frémeaux et Associés nous offre une compil’ de choc, celle des crieurs de blues (Blues Shouters) dont la voix, tonitruante, avec ou sans micro, dominait la masse sonore d’un big band comme ceux de Count Basie, de Jay McShann, d’Illinois Jacquet, de Cootie Williams ou de Lionel Hampton. Ce sont ces « hurleurs » connus (Big Joe Turner, Wynonie Harris, Jimmy Rushing, Eddie « Cleanhead » Vinson, Jimmy Witherspoon, Sonny Parker) ou oubliés (« H-Bomb » Fergusson, Piney Brown) qui forgèrent le rock’n’roll et non pas quelque Presley. Ecoutez-les pleurer ou/et rire (« Ils m’ont fauché mon lit en cuivre, et ma nana était dedans ! »). Le blues, quoi ?
Michel BEDIN – PRESTIGE AUDIO VIDEO  
- « Un blues fort en gueule » par Regards
Dans l’histoire du blues, certains artistes occupent une place de choix, car ils ont autant participé à la genèse du rock que de la soul. Ainsi Wynonie Harris, infernal interprète de « Good rockin’tonight », adulé aussi bien par Elvis Presley que James Brown. Un blues fort en gueule, mais aussi d’une sensualité explicite, qui sentait la sueur des bas-fonds et des bordels de la Nouvelle-Orléans et plus largement du Sud des Etats-Unis. A retrouver dans cette compilation Louis Jordan ou bien Big Joe Turner, ces « héros oubliés du rock’n’roll » selon la belle formule de Nick Tosches, on sent monter la fièvre et l’ont renifle l’alcool vénéneux qui courait dans leurs veines lors de leurs prestations sur le devant d’un vieux rade des « quartiers chocolat » de l’Amérique ségrégationniste.
MARTOV – REGARDS
- « The Greatest Blues Shouters - 1944-1955 » par Les Inrockuptibles
Au cours de la décennie précédant l’avènement du rock, son fils bâtard, le blues, pétait encore des flammes. A partir de 1940, et durant quinze années, de la Californie à Kansas City, des chanteurs énergiques et chaleureux maintinrent haute la tradition vocale issue des beuglants de la prohibition et autres lieux de plaisir. Pour séduire le public le plus large possible, il convenait qu’un chant (soit le sucre des crooners, soit la sueur du blues) se fraie son chemin en devant de scène. L’évocation historique offerte ici fige dans l’histoire l’instant attendrissant où les Noirs américains parviennent à une relative aisance économique, où des vocalistes se démènent toutes cordes vocales dehors, poussés au cul par de joviales sections de cuivres et où, pour séduire le chaland, le jazz se fait parfois appeler rhythm’n’blues. Dans à peine plus d’une décennie, le rock’n’roll blanc renverra aux marchés ethniques beaucoup d’étoiles filantes de la sueur et du rythme. Mais les meilleurs (avec, en tête, le boss of the blues, ce Big Joe Turner dont l’organe, disait-on, pouvait franchir impunément plusieurs blocs) furent assez puissants pour survivre. Donc, on peut cesser quelques secondes de claquer des doigts, pour : entendre Jimmy Rushing sublimer Everyday I Have the Blues, soutenu par la section rythmique de Count Baisie (dont Freddie Green, maître guitariste qui jamais ne prit de solo) ; surveiller du coin de l’œil le crâne chauve d’Eddie « Cleanhead » Vinson, pleurant le vol de son lit en cuivre (et de la petite amie qui se trouvait dedans !) ; s’incliner devant la star du lot, un Louis Jordan déjà symbole du futur du rock’n’roll ; apprécier la mise en paroles du standard instrumental Night Train par Wynonie Harris, étincelant séducteur qui aura beaucoup chanté, et encore davantage dépensé ses cachets aux côtés des souris de nuit ; et faire les comptes… Quatorze artistes, quarante chansons, et un éternel retour vers notre gros préféré, Joe Turner qui, dans un Shake Rattle and Roll éruptif, explique benoîtement d’où nous venons tous.
Christian LARRÈDE – LES INROCKUPTIBLES
- « Mérite un boulevard dans les coeurs » par Jazz Magazine
Apparus avec les big bands des années 30, les blues shouters ont repris le flambeau des chanteuses professionnelles de blues « classique » (ou « vaudeville ») auxquelles le jazz avait prêté son concours dès les débuts de l’enregistrement. Durant leur période glorieuse, que vient borner l’explosion du rock and roll, ils se sont rendus indispensables à des formations swing de taille décroissante et ont dominé une bonne part de ce qui grouillait sous l’étiquette rhythm & blues. Cette sélection en deux CD due à Jacques Morgantini donne de ces chanteurs, du moins des principaux d’entre eux, une image à leur hauteur, ce qui n’est pas rien. Car ils figurent parmi les plus mémorables illustrateurs de la beauté du jazz et du blues quand ceux-ci cheminent ensemble et parfois se confondent. Une beauté dont Johnny Otis a pu dire qu’une « petite boîte », la télévision, lui avait lentement tordu le cou. On démarre avec le meilleur, Big Joe Turner de Kansas City, mais le vin sera presque aussi fiable ensuite puisque l’anthologie s’achève sur Roy Brown et Smiley Lewis, deux voix d’une Nouvelle-Orléans en regain de santé. Turner, barman chantant et baryton à longue portée, est aussi souverain sur tous les tempos, en compagnie de son vieux complice le pianiste Pete Johnson, à Chicago avec Elmore James (on ne se lasse pas de ce TV Mama) ou à New York chez Atlantic quand le rock s’annonce. Jimmy Rushing, qui a enregistré dès 1929 avec les Blues Devils avant de rejoindre Bennie Moten puis Count Basie, était un rondouillard optimiste capable de remettre en lice un orchestre guetté par la dépression. Mais ce maître du swing vocal, du blues et de la ballade ne craignait aucun climat, du plus lourd au plus guilleret. Basie et Sammy Price (p), le trombone Dickie Wells et le sax ténor Buddy Tate lui donnent d’habiles reparties dans les plages rassemblées ici, couronnées par un magnifique Everyday I Have The Blues de 6’18’’ gravé an 1955 avec Pete Johnson en soliste auprès de B. Tate et Emmett Berry, Jo Jones et Walter Page étant aussi de la partie. Venu de chez Hampton et Lucky Millinder, Wynonie Harris était chanteur-danseur, c'est-à-dire homme de scène. Ce « Mister Blues » de l’immédiat après-guerre, voix souple et virile assénant des paroles gaillardes sans emphases inutile, est entouré d’Illinois Jacquet, de Hal Singer ou Count Hastings. Here Comes The Blues et Bloodshot Eyes le montrent sous ses plus belles couleurs, de même que la joute qui l’oppose à Big Joe Turner dans Goin’ Home. Le sax alto texan Eddie « Cleanhead » Vinson est, avec Louis Jordan, l’un des rares shouters-instrumentistes chez qui la première de ces qualités n’éclipse pas la seconde, même si ses fameux « coups de gosier » ou effets d’étranglement portent sa marque la plus évidente. Sa version du Cherry Red Blues de B.J. Turner est de très grande classe, mais My Big Brass Bed Is Gone s’élève sans peine au même niveau par d’autres moyens. Jimmy Witherspoon, successeur de Walter Brown dans l’orchestre Jay McShann (dernier des big bands célèbres du Middle West à avoir débuté comme « territory band »), apparaît d’abord dans ce cadre d’une parfaite mise en place, puis dans deux séances de 1952 qui ont produit l’excellent Jay’s Blues, où « Spoon » salue son ancien patron sur un tempo envoûtant qu’exploite à merveille un sax ténor à l’identité incertaine. On se réjouit de la bonne représentation donnée à Sonny Parker, chanteur de chez Hampton mort à 31 ans et qu’oublient régulièrement les anthologies.
Sad Feeling, gravé à 23 ans, révèle un phrasé vocal très découpé, mais Pretty Baby – où Parker côtoie la guitare de Wes Montgomery – témoigne d’un mariage plus subtil entre la vigueur de l’attaque et la mélancolie de certaines inflexions. Parker est très bien servi par un groupe de hamptoniens où brille notamment Al Grey (tb) dans l’énergique She Set My Soul On Fire et une reprise de Worried Life Blues. Les autres chanteurs retenus (il n’y a guère eu des femmes shouters, à l’exception peut-être de « tempéraments » comme Big Maybelle ou Big Mama Thornton) vont de Tiny Bradshaw  et L. Jordan à S. Lewis en passant par les peu connus H-Bomb Ferguson et Eddie Mack (avec Cootie Williams). Chacun révèle une face distincte de cette grande lignée afro-américaine qui mérite un boulevard dans les cœurs.
Philippe BAS-RABÉRIN – JAZZ MAGAZINE
- « Une excellente introduction à l’art des blues shouters » par Jazz Classique
Cette compilation illustre l’histoire des blues shouters à travers l’œuvre des meilleurs représentants du genre. Ses mérites ne se réduisent pas à la seule qualité des interprétations, toutes remarquables. Ils tiennent aussi à l’excellence de l’accompagnement orchestral dispensé par des musiciens de la classe de Pete Johnson, Mawwell Davis, Elmore James, Harry Van Walls, Emmett Berry, Buddy Tate, Illinois Jacquet, Jo Jones et Milton Buckner, à une reproduction sonore soignée et à un texte de pochette riche en informations et en commentaires avisés. Les cinq premières faces sont consacrées à Big Joe Turner qui, avec Jimmy Rushing, a porté le genre à sa perfection. Quand on entend la puissance tranquille de sa voix dont l’ampleur fait résonner les notes de tout leur poids, ces intonations si bien maîtrisées, on comprend l’admiration que lui portaient ses collègues. Son art est illustré par trois blues somptueux Feeling So Sad, Still In The Dark et Poor Lover’s Blues. Suivent T.V.Mama, où se manifeste une entente miraculeuse entre Joe Turner et Elmore James, et Shake Rattle & Roll, son grand succès. La même magie opère avec la voix splendide et l’assurance vocale de Jimmy Rushing dont la richesse du timbre et la et la dynamique du phrasé illuminent Jimmy’s Blues et Everyday I Have The Blues. Le plaisir de l’écoute ne faiblit pas avec le chant puissant et la voix d’airain de Wynonie Harris. Sa version de Here Comes The Blues enrichie par le contre-chant d’Illinois Jacquet compte parmi les chefs-d’œuvre du blues. Une autre figure populaire de l’époque est Eddie Vinson, un excellent saxophoniste alto doté d’une voix au timbre brillant, que l’on ne présente pas aux lecteurs de Jazz Classique. Tout comme Jimmy Witherspoon dont le sex-appeal vocal fait tout le charme de Spoon Calls Hootie, le chef d’orchestre Tiny Bradshaw, et l’éminent Sonny Parker, un magnifique chanteur malheureusement décédé trop tôt qui n’a rien à envier à quiconque. Le reste de la sélection est constituée  par des morceaux de Robert « H-Bomb » Ferguson, Eddie Mack, Smiley Lewis, Piney Brown et Roy Brown, un compositeur et un vocaliste de talent qui n’a jamais été reconnu à sa juste valeur malgré l’influence qu’il a exercée sur ses collègues. On peut s’étonner de la présence de Louis Jordan qui n’est pas un blues shouter au sens strict du terme, même s’il sait, comme le signale Jacques Morgantini, forcer sa voix à l’occasion. Ils étaient nombreux à pouvoir le faire. Par ailleurs, un trompettiste non mentionné dans la discographie, est présent dans Spoon Calls Hootie. Réalisée avec un goût sûr, cette compilation s’écoute avec un grand plaisir. Elle ne s’adresse pas aux spécialistes qui possèdent tous ces titres mais constitue une excellente introduction à l’art des blues shouters.
Alain TOMAS – JAZZ CLASSIQUE
- « Un ‘best-of’ propre à séduire un public de non initiés » par Jazzman
♦♦♦♦ Puissant
La force de la voix et du blues alliée à la puissance d’instrumentistes et d’orchestres hors pairs : l’ère des crieurs de blues, les « blues shouters », qui advient à Kansas City, dans les années 1930, tient de l’âge d’or. Cette compilation signée Jacques Morgantini et Jean Buzelin regroupe quarante titres gravés entre 1944 et 1955, période encore faste mais charnière des amours du blues et du swing. Il n’est ici question que de poids lourds : Joe Turner, Jimmy Rushing, Jimmy Witherspoon, Eddie Vinson, Sonny Parker, Wyonnie Harris et quelques autres propulsés par les formations ou les musiciens de Basie, Hampton, Jay Mc Shann, Illinois Jacquet, etc. Les chants sont tendus, les orchestres à l’affût. Dès lors, libre à l’auditeur d’écouter ces disques comme on prend un train choisissant l’arrêt en station au gré des humeurs. Le dialogue entre Hampton et Sonny Parker (Sad Feeling) donne le frisson. Le rare et puissant TV Mama fait se rencontrer, plus loin, Joe Turner et Elmore James. Stop obligé au Goin’ to Chicago Blues de Rushing et Basie… avant d’attaquer et de réécouter l’énorme Every Day I Have the Blues. Plusieurs titres (Shake Rattle and Roll, Good Rockin’Tonight, Bloodshoot Eyes, etc.) ouvrent toute grande la porte au rock and roll en même temps qu’ils commencent à la fermer sur une période désormais mythique. Une notice pédagogique et enthousiaste complète ce « best-of » propre à séduire un public de non initiés. 
Christophe DRIANCOURT – JAZZMAN
- « Ces héros du blues » par Lylo
Une compilation pour (re-)découvrir la force swinguante de ces héros du blues aux voix aussi énormes que les succès bien tardifs d’un Elvis… Gloire aux héraults « colorés » morts pour le rock’n’roll. LYLO
- "Hommage mérité et bienvenue à ces chanteurs d’une autre époque." par Culturejazz
"Il y a grande chance que ce coffret soit une découverte pour beaucoup de jeunes amateurs. Shout = cri, aussi manière puissante de chanter, de « crier » le blues. L’âge d’or des blues shouters fût limité dans le temps, ils tinrent le devant de la scène principalement de 1940 à 1945… Ils avaient un pied dans le jazz et l’autre dans ce qu’on a appelé le rhythm and blues… écrit Jacques Morgantini dans son texte de présentation précisant avoir sélectionné les meilleurs représentants de ce courant musical, dont la principale caractéristique était une voix puissante (au début l’absence de microphone), un exceptionnel volume sonore. Big Joe Tuner (1911-1985) fût l’archétype de ces crieurs de blues, par sa façon unique de le clamer, le déclamer, de sa belle voix de baryton ; renommé aussi pour ses dons de création et d’invention, il est notamment ici accompagné par le pianiste Pete Johnson (Feeling So Bad et Still in the Dark) ou en compagnie du guitariste-chanteur Elmore James (T.V. Mama).
Jimmy Rushing (1903-1972) est surtout connu pour sa participation à l’orchestre de Count Basie, la plus belle machine à swing de tous les temps (son fameux Every day I have the Blues repris plus tard par son successeur, un Joe Williams plus crooner). « Mr Five by Five » (par sa corpulence, sa petite taille) fût un prodigieux swingman (Boogie Woogie, I may be Wrong) avec une voix de ténor souple et généreuse.
Dans le sillage des précédents se situe Wynonie Harris (1913-1969) à la vie mouvementée, surnommé Mister Blues. Sa puissance vocale, les paroles souvent salées de ses blues, son dynamisme ne pouvaient laisser ses auditeurs indifférents écrit Jacques Morgantini. Des cinq titres choisis très significatifs, on retiendra plus particulièrement son interprétation du fameux Night Train.
Nous retrouvons avec plaisir le chanteur et saxophoniste-alto (plutôt parkerien) Eddie « Cleanhead » Vinson (1917-1988) dont la prestation enflammée au festival de Montreux en 1974 reste pour moi inoubliable. Sans oublier les grands vocalistes Jimmy Witherspoon et Sonny Parker à la trop courte carrière. Mention enfin pour ces autres shouters que furent Tiny Bradshaw, Louis Jordan, H-Bomb Ferguson, Eddie Mack, Piney et Roy Brown, Smiley Lewis.
Hommage mérité et bienvenue à ces chanteurs d’une autre époque."
JACQUES CHESNEL - CULTUREJAZZ
- « Les vraies bases de la musique » par Blues Again
Le terme Blues Shouters est apparu avec la popularisation du blues, vers la fin de la seconde guerre mondiale. Ces chanteurs de blues se caractérisaient par leurs voix puissantes et riches qui leur autorisaient énormément de nuances. Souvent accompagnés d’un big band leur musique, flirtant avec le jazz, leur a permis d’atteindre un plus large public, blanc et noir, qui a contribué à leur succès. On retrouve les maîtres du genre : Big Joe Turner, Jimmy Rushing, Sonny Parker, Louis Jordan et quelques-uns moins connus, comme Jimmy Witherspoon ou Eddie Vinson. Ce qui frappe ici, c’est le large spectre musical de ces chanteurs : avec ‘Shake, Rattle and Roll’, Big Joe Turner annonce le rock’n’roll, tout comme Tiny Bradshaw avec ‘Train Kept A Rollin’. Leur musique annonce également ce qui deviendra le rhythm’n’blues dans les années 50, et la soul dans les année 60. Les Blues Shouters ont posé les vraies bases de la musique de la seconde moitié du vingtième siècle. Par sa diffusion plus large, ce blues a permis aux jeunes blancs la découverte du genre.  Et ces derniers de courir les clubs noirs, et d’y découvrir le vrai blues, celui des ghettos et des bayous. Mis à part l’aspect historique, tout cela reste réjouissant et agréable à écouter.
Julien DELÉGLISE – BLUES AGAIN
- « Hurler le blues avec ses tripes » par Blues Magazine
Le terme Blues Shouters est né dans les années 30 à Kansas City. A cette époque, les grands orchestres de jazz et de blues comptaient dans leurs rangs des chanteurs ou chanteuses à la voix puissante. En effet, au milieu d’un big band survolté avec une section de cuivres débridée, et devant des joueurs de poker enivrés, il fallait bien se faire entendre. A Kansas City, malgré la prohibition en vigueur, le maire décida que sa ville ne fermerait pas ses portes aux plaisirs démoniaques et charnels, à savoir l’alcool, les jeux, les prostituées, et bien entendu le blues. Ceci explique la venue de moult musiciens dans cette ville festive et lubrique, où le whisky coulait à flots, car ils étaient certains d’y trouver des contrats. Ce luxueux coffrets, comme à l’accoutumée avec la maison Frémeaux & Associés, superbement bien documenté par Jacques Morgantini, nous propose 40 titres allant de la période 44-45, des plus grands spécialistes du style chanteurs/hurleurs (shouters). Ça commence avec Big Joe Turner qui n’a cessé de son vivant de hurler le blues avec ses tripes comme si sa vie en dépendait, à l’instar d’un Howlin’Wolf dans un autre registre. On retrouve Big Joe avec des classiques tels que ‘Feelin So Sad’, ‘T.V. Mama’ ou bien avant Bill Haley ‘Shake Rattle & Roll’ qui annonce les premiers balbutiements du rock’n’roll. Vient ensuite le colossal (dans tout les sens du terme) Jimmy Rushing et sa voix de stentor. L’archétype du ‘Blues Shouter’ par excellence. Né en 1903 à Oklahoma City, ce dernier avait l’art de faire swinguer les mots comme personne, avant qu’il décède tragiquement en 1972 d’une leucémie. Wynonie Harris quant à lui a débuté sa carrière dans l’orchestre de Lucky Millinder avant de faire une fructueuse carrière dans sur des tempos trépidants comme notamment ‘Here Comes The Blues’ ou ‘Good Rockin’ Tonight’ avant qu’Elvis Presley en enregistre une version universelle du côté de Memphis. On retrouve également le saxophoniste texan Eddie Vinson dans un style gouailleur qui lui colle à la peau. Jimmy Witherspoon est aussi au programme et tient une place prépondérante au milieu des meilleurs blues shouters. Originaire de l’Arkansas, il débuta le chant dans les chœurs de l’église de son petit village natal. Chanteur convaincant à la voix de velours, à la fin 40’s Jimmy Witherspoon fut une grande vedette du rhythm & blues et obtint de nombreux hits pour les labels Modern et Federal. Viennent ensuite Sonny Parker dont la voix puissante faisait des merveilles au sein de l’orchestre de Lionel Hampton, l’incontournable Louis Jordan avec le célèbre ‘Let The Good Time Roll’, Eddie Mack, le légendaire Roy Brown et bien d’autres héros plus ou moins obscurs du style des ‘hurleurs’ de la musique du Diable, formidables vocalistes au look impeccable et à la tenue vestimentaire extrêmement soignée. Ce coffret de deux CD regorge de trésors entre blues, jazz, swing et rhythm and blues et démontre l’importance à travers l’histoire de ce courant blues capital ; Encore bravo et merci au label Frémeaux & Associés, ainsi qu’à Jacques Morgantini pour leur fabuleux travail de recherche et de conception qui rend l’objet indispensable et exaltant !
Serge SCIBOZ – BLUES MAGAZINE
Liste des crédits sur ce CD :
Williams , Turner Joe, Tate , Turner J W, Stone J, Calhoun C, Rushing Jimmy, Count Basie And His Orchestra , Lewis E, Basie Count, Chatman P, Harris W, Wynonie , Carr I, Brown Roy, Hall R, Penny H, Washington O, Simpkins I, Forrest J, Broonzy W I C, Vinson , Daylie H, Williams C, Johnson P, Glover H, Nathan S, Witherspoon J, Bass R, Mc Shann Jay, Hampton G, Parker , Parker S, Long , Mann I, Merriweather M, Bradshaw , Taub J, Tiny Bradshaw And His Orchestr , Nelson J, Kay , Bradshaw T, Moore F, Louis Jordan And His Tympany F , Theard S, Spo-de-ode , Ferguson B, Spencer O, Cootie Williams And His Orches , Smith B, Mack , Mack Eddie, Brown Piney, Lemons O
CDPisteTitreArtiste principalAuteurDuréeEnregistré en
11Feeling so sadTurner JoeWilliams 00:02:331949
12Still in the darkTurner JoeTurner Joe00:02:481949
13Poor lover s bluesTurner JoeTurner Joe00:02:461952
14T v mamaTurner JoeTurner J W00:02:491953
15Shake rattle and rollTurner JoeStone J00:03:021954
16Jimmy s bluesCount Basie And His Orchestra Rushing Jimmy00:02:561944
17Somebody s spoiling these womenRushing JimmyLewis E00:02:431952
18Goin to chicago bluesRushing JimmyRushing Jimmy00:03:381954
19Boogie woogie (i may be wrong)Rushing JimmyRushing Jimmy00:03:401954
110Everyday i have the bluesRushing JimmyChatman P00:06:181955
111Here comes the bluesWynonie Harris W00:02:581945
112In the eveningWynonie Carr I00:02:481945
113Good rockin tonightWynonie Brown Roy00:02:401947
114Bloodshot eyesWynonie Hall R00:02:431951
115Night rainWynonie Washington O00:02:331952
116Goin homeTurner JoeHarris W00:03:101947
117Somebody s got to goVinson Broonzy W I C00:03:241944
118Juice head babyVinson Daylie H00:03:141945
119Cherry red bluesVinson Turner Joe00:02:481945
120My big brass bed is goneVinson Glover H00:02:451950
21Spoon calls hootieWitherspoon JWitherspoon J00:02:461948
22Blues in troubleWitherspoon JWitherspoon J00:02:541952
23Two little girlsWitherspoon JBass R00:02:341952
24Jay s bluesWitherspoon JMc Shann Jay00:05:231952
25Sad feelingParker Hampton G00:02:471950
26Pretty babyParker SParker S00:02:451949
27HelplessParker Hampton G00:02:361951
28She set my soul on fireParker Glover H00:02:501951
29Worried life bluesParker Merriweather M00:02:551951
210The blues came pouring downBradshaw Glover H00:01:521951
211T 99Tiny Bradshaw And His Orchestr Taub J00:03:001951
212The train kept a rollinTiny Bradshaw And His Orchestr Mann I00:02:491951
213Let the good time rollLouis Jordan And His Tympany F Moore F00:02:471946
214Give it upFerguson BFerguson B00:02:321952
215You made me babyFerguson BFerguson B00:02:331953
216Mercenary papaCootie Williams And His Orches Spencer O00:02:191949
217Heart throbbing bluesMack Smith B00:03:001949
218How about rocking with meBrown PineyBrown Piney00:02:401950
219Dreaming bluesBrown RoyBrown Roy00:03:071950
220LowdownLewis Lemons O00:02:461950

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Dernière mise à jour :: 23-09-2017 03:57
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